Chapitre 5 : La fin

Les vacances passèrent très rapidement, sûrement parce que c'était les premières que j'appréciais vraiment, mais aussi, parce que le Seigneur des Ténèbres ne me convoqua plus des vacances. Mes Serpentards avaient passés d'agréables vacances sans ma présence, et moi d'agréables en présence d'Harry. Nos journées se résumaient à faire l'amour, aller dans la Salle-sur-Demande pour s'entraîner mutuellement pendant environ trois à quatre heures, manger, et refaire l'amour avant de dormir un peu.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin, expression moldue utilisée par Harry. Et la reprise des cours mit fin à notre bonheur hivernal. Harry ne pouvait plus être tout le temps dans mes appartements, ils devaient reprendre son masque froid et de plus en plus souvent vide. Les vacances Dumbledoriennes finirent aussi, il revint trois jours après la reprise des cours pour retrouver un Harry encore plus distant. Mais le plus inquiétant pour moi, c'était surtout l'absence de Drago Malfoy.

Il n'était pas revenu à la rentrée, et malgré une lettre envoyée à son père par Minerva, la directrice adjointe, aucune nouvelle depuis. Pour moi, la raison était simple, nous ne reverrions pas Drago Malfoy avant qu'Harry l'ait remplacé dans les draps du Lord, s'il ne le tue pas après cela.

C'est donc dans une ambiance tendue que passa le mois de janvier, entre les réunions de l'Ordre, celle avec Dumbledore qui s'inquiétait de plus en plus pour Harry, les brèves étreintes avec Harry en plus des « Illusions » et les réunions avec le Seigneur des Ténèbres lui-même.

J'étais devenu le bras droit du Lord mais je ne savais que très peu de choses. Je n'étais plus impliqué dans les Raids car ceux-ci étaient faits pour entraîner les nouveaux avec des Mangemorts présents à temps plein. Je réussissais à avoir quelques informations en tendant l'oreille de temps à autre, mais rien de plus. Il s'est avéré que le Seigneur voulait Harry le plus rapidement possible, de ce fait, il ne m'impliquait dans rien d'autre qui pourrait faire faillir ma mission.

Comme je l'avais prévu, je revis Drago, toutes les semaines pour mon entretien quotidien avec le Lord sur mes « Illusions » de la semaine. Le Lord adorait voir Harry prendre du plaisir et c'en était déconcertant, je ne pensais jamais voir le Lord d'une humeur aussi étrange, limite joyeuse à chaque fin de souvenir. Au fil des semaines, j'avais demandé à Harry de ne plus rien mettre sous sa tenue. Ce que le Lord avait particulièrement apprécié.

Drago était toujours sous la robe du Lord, il en ressortait parfois en Copie-Potter et parfois lui-même. Quand il était lui, il recevait toujours un Doloris. Quand il était Harry, le Lord lui demandait toujours de confirmer qu'il « aimait écarter les cuisses en gémissant pour avoir une queue au plus profond de son cul », et Drago confirmait à chaque fois en répétant cette même phrase.

Mais le pire de ce mois de janvier fut sans conteste la réunion surprise à laquelle j'ai été convoqué le lundi 12 au soir.

Flash-back

Tous les plus fidèles devaient être présents, encapuchonnés, le genou à terre et l'oreille attentive. Même Drago Malfoy était présent, mais totalement reconnaissable puisqu'il n'avait pas le droit à la tenue officiel du Mangemort. Le plus surprenant est quand il fit venir Lucius Malfoy, encore et toujours nu, toujours aussi maigre et l'air encore plus malade que la dernière fois que je l'ai vu. Il nous fit mettre en rond autour de lui, ce que nous fîmes, sans un mot. Je priais silencieusement pour qu'il ne nous demande pas de le violer. Mais il avait prévu bien pire.

Un loup-garou arriva, marchant sur ses deux pattes arrière, donc ayant pris la potion tue-loup. J'avais vu Remus dans ma jeunesse, bien malgré moi d'ailleurs, mais celui-ci semblait bien plus grand et plus fort. Greyback, sans aucun doute. Il donna un coup de pied à Lucius qui regardait autour de lui sans comprendre l'air hagard et peureux.

- Mes chers fidèles ! Fit le Lord dans une introduction étrangement joyeuse, comme à chaque fois qu'il nous prévoyait une surprise qui renouvelait ma série de cauchemars habituels. Greyback m'a fait part d'une envie plutôt surprenante le mois dernier. Une merveilleuse idée qui, en plus de nous divertir ce soir, nous aidera très certainement à nous débarrasser d'un traitre. Siffla-t-il de colère sur la fin.

La foule approuva sans hésiter, bien que perdant très certainement leurs souffre-douleurs préférés. Mais personne ne discute les paroles du Maître, sauf si c'est la mort qu'il cherche. Il demanda à Nott de lui verser une potion dans la bouche et fit signe à Greyback de commencer et se positionna tout près de moi, juste devant Lucius, quelle joie d'être le bras droit du Seigneur des Ténèbres… J'avais le droit au premier rang !

Je vis avec horreur un sexe d'une taille inhumaine sortir du prépuce du loup-garou, il attrapa Lucius qui essayait de ramper pour fuir et s'enfonça dans sa bouche avec force. Nous pûmes tous entendre Lucius suffoquer et gémir de douleur. Puis le loup-garou le retourna et se frotta contre ses fesses, Lucius cria et pleura mais rien ne l'arrêta. J'aurais aimé fermer les yeux et me boucher les oreilles, mais je ne pouvais pas. D'une parce que le Lord à côté de moi m'aurait vu, et de deux parce que dans ce silence de mort, nous n'entendions que les supplications de Lucius et les grognements sourds du loup-garou.

Sans prévenir, Greyback pénétra Lucius, et alors qu'il hurlait de douleur il ne put s'empêcher d'en demander plus. La lumière fut dans mon esprit, la potion, c'était une potion de luxure. Je n'en compris pas l'utilité avant que les hommes de l'assistance ne demandent au loup-garou d'y aller encore plus vite avec « cette catin qui ne demande que ça ! ». Greyback le prit dans plusieurs positions différentes, ne le faisant que souffrir encore plus à chaque mouvement. Lucius criait sa douleur, ne cessant que sous l'effet de la potion qui le poussait à demander qu'il continue.

- Il est comme son fils ! Ricana le Lord à mon oreille. Il n'en a jamais assez !

Je pus sortir un rire, un rire étranglé mais dans le bruit ambiant cela ne s'entendit pas. La petite surprise, que je qualifierai plutôt de scène d'horreur, dura bien longtemps. Beaucoup trop longtemps. Lucius saignait de plus en plus, de par son anus mais aussi des nombreuses plaies que le loup-garou se plaisait à lui faire sur le corps. Puis dans un dernier cri de Lucius, le loup-garou hurla ce qui semblait être de plaisir, et nous pûmes tous voir une quantité impressionnante de sperme sortir de l'anus de Lucius pourtant encore investi du sexe énorme du loup-garou.

Puis il n'y eut plus aucun son, le loup-garou se retira et renifla sa proie. Je n'avais pas besoin d'aller plus près pour constater l'état de Lucius, il était mort. Et j'étais plus qu'impatient de retourner dans mes cachots pour enfin pouvoir vomir.

Fin du Flash-back

Et c'est avec ces images d'horreurs que le mois se finit. Harry et moi sentions que la fin de notre « Illusion » était de plus en plus proche. Le Seigneur des Ténèbres s'impatientait, mais surtout, nous avions commencé à recevoir des lettres pour nous prévenir de certains Raids. Je n'avais pas été tenu au courant pour les trois quarts d'entre eux, et nous nous demandions bien qui nous aidait ainsi. Nous avions agi le plus discrètement possible mais le Seigneur des Ténèbres commençaient à se douter d'un traitre dans ses rangs, Merlin merci, je n'étais pas soupçonné, j'avais bien assez à faire comme ça.

- Ce matin, Hermione m'a donné du Véritasérum. Me fit Harry un soir de février.

- Et que lui as-tu dit ? Demandai-je sachant parfaitement qu'il avait pu y résister.

- Rien, j'ai fait comme si tout était normal. Dit-il simplement avant de rire. Tu aurais vu sa tête ! Hermione Granger rater une potion ! Quand elle comprendra que c'est simplement parce que je me suis entraîné à y résister, elle va me tuer ! Fit-il de plus en plus bidonné.

- T'es un vrai gamin ! L'accusai-je en souriant malgré tout.

- Vous ne me disiez pas ça, hier, Professeur. Fit-il soudain beaucoup plus sérieux. Quand je vous ai pris… Où ça déjà ? Fit-il innocemment alors que je grognais. Sur le bureau ? Sur la table basse ?

- Sur le plan de travail de mon laboratoire ! Grognai-je de mécontentement. On a gâché la potion par ta faute ! L'accusai-je méchamment en griffonnant de colère un T sur une copie que je n'avais même pas lue.

- Severus ! Qui aurait pu prévoir que tu pouvais éjaculer tellement fort qu'une partie irait dans le chaudron ? Fit-il très sérieusement avant de rire de ses propres mots.

- Espèce de crétin ! Marmonnai-je en continuant à me venger sur mes copies.

- Mais oui, moi aussi je t'aime ! Dit-il négligemment. Au fait ! Ajouta-t-il en me regardant dans les yeux. Je vais au lit !

- Il n'est que vingt-deux heures, Harry ! Tu as quelque chose de prévu demain ?

Il défit le nœud de sa cravate tout en la gardant et commença à enlever les boutons de sa chemise tout en se dirigeant vers la chambre.

- Qui t'a parlé de dormir ? Demanda-t-il innocemment en rentrant dans la chambre.

- Insolent ! Murmurai-je en abandonnant mes copies sans aucun remords. Il aura ma peau.

HPSS HPSS

Je ne savais pas ce qui me surprenait le plus, que Drago Malfoy soit encore vivant à l'heure qu'il est, qu'il ait réussi à se traîner jusqu'à Poudlard ou bien qu'il ait demandé à parler en privé avec Harry.

Il avait échappé au Seigneur des Ténèbres en pleine nuit, il avait réussi à transplaner à Pré-Au-Lard et avait traîné son corps épuisé jusqu'à la cabane d'Hagrid. Il n'avait pu aller plus loin et avait réussi à frapper assez fort pour réveiller le demi-géant.

C'est donc un Dobby affolé et inquiet de nous réveiller à une heure pareille, car Dumbledore lui avait demandé de trouver Harry pour aller à l'infirmerie parce que Drago Malfoy refusait tout traitement et tout soin avant de parler à Harry. Et Dumbledore m'avait passé un appel de cheminette pour que je vienne le rejoindre à l'infirmerie pour une affaire urgente. Cela faisait maintenant une heure qu'Harry s'était enfermé dans l'infirmerie. De puissants sorts empêchaient quiconque d'écouter la conversation.

- Je vous ai dit qu'il est puissant ! Me fit Dumbledore victorieusement. Je n'arrive même pas à assouvir ma curiosité, c'en est assez frustrant. Dit-il sans se départir de son sourire fier. Un bonbon ? Demanda-t-il à Poppy qui était plus qu'outrée d'avoir été jetée dehors par un gamin de 17 ans et moi-même qui n'attendait que le retour d'Harry. Ce sont des bonbons moldus, tête brûlée. Sa pique, mais on finit par si habituer ! Fit-il joyeusement.

Poppy secoua la tête dans tous les sens en levant les bras au ciel, semblant demander à Merlin et les Quatre Fondateurs, pourquoi elle était en dehors de l'infirmerie avec ce vieux fou. Cela amusa beaucoup ledit « vieux fou ». Moi j'étais juste exaspéré, mais j'en avais bien trop l'habitude.

Harry ressortit la mine déconfite et d'une pâleur à faire peur, environ quinze minutes plus tard. Poppy n'eut pas besoin de l'autorisation pour foncer droit dans l'infirmerie, pouvant enfin soigner un patient qui en avait plus que besoin.

- C'est pour bientôt. Fit Harry en me regardant. On va devoir faire la dernière « Illusion ».

- Illusion ? Demanda Albus sans comprendre.

- On a beaucoup de choses à vous dire, Professeur. Fit Harry en soupirant.

- On ferait mieux d'aller dans un endroit un peu plus approprié. Dis-je en regardant autour de nous.

- Allez dans mon bureau, je vais voir Poppy pour savoir comment va notre jeune ami. Fit Dumbledore en rentrant dans l'infirmerie.

Harry et moi avancions d'un même pas, plongés dans nos pensées nous regardons à peine le chemin. Nous le connaissons par cœur de toute manière, et c'est sans même m'apercevoir de tout ce chemin parcouru que nous sommes déjà dans le bureau directorial à attendre Albus.

- C'est pour quand ? Demandai-je simplement.

- Quelques heures, quelques jours. Samedi au plus tard. Dit-il en haussant les épaules.

- Trois jours. Constatai-je à haute voix. Tu sais qu'il ne va sûrement pas cautionner. Dis-je après un long silence.

- Si tu savais comme j'en ai rien à faire ! Fit-il en riant.

- Tu n'en as rien à faire de quoi, mon garçon ? Demanda le directeur qui était soudainement apparu derrière nous.

- De votre consentement. Fit simplement Harry.

Albus le regarda sans comprendre, puis son regard se posa sur moi et il comprit qu'il lui manquait quelques informations. Je n'avais jamais vu Albus ne rien comprendre à une situation et même si c'était en pareille circonstance, cela valait vraiment le coup d'œil ! Si un jour je déprime, si je ne suis pas mort, je me repasserai l'image de sa tête à cet instant. La confusion d'Albus disparu quand il prit un nouveau bonbon tout en s'asseyant sur son fauteuil.

- Si vous commenciez par le début ? Demanda-t-il simplement en s'installant confortablement, oui la conversation allait être longue.

Et Harry parla, il commença par le début, son arrivé à Square Grimmaurd l'été dernier. Puis notre histoire qui a débuté, en édulcorant beaucoup, ce qui m'empêchait de passer pour un gros salop, je lui en suis reconnaissant. Puis notre reprise, ce fameux jour où je suis rentré à moitié mort d'une réunion punitive avec le Lord. Pourquoi on leur avait tout caché, pour les protéger et pour se protéger mutuellement.

La mission que le Seigneur des Ténèbres m'avait donnée et que je n'avais pas voulu faire au début, puis le fait que c'est lui-même qui m'avait poussé à monter tout ce que l'on appelait maintenant « Illusion ». Plus Harry parlait et plus Dumbledore devenait blanc, pendant un instant je crus même qu'il était mort si ce n'est ses yeux qui s'agrandissait au fur et à mesure du monologue d'Harry et sa bouche qui pendait lamentablement.

- Par Merlin, Godric et tous les autres… Fit-il d'une voix blanche. Je suis passé à côté de tout ça ?

Il nous regarda avec une incrédulité que je ne pensais jamais voir sur quiconque. Merlin, c'est cette image-là que je regarderai en cas de déprime !

- J'ai bien peur que oui, Albus. Dis-je sans pouvoir me départir du ton joyeux dans ma voix, ainsi que du petit sourire qui ornait mes lèvres. Mais je dois dire que nous avons été grandement aidés. Par les elfes de maisons notamment.

- Merlin ! Fit-il en se levant si soudainement que je faillis sursauter. Mais c'est pour ça que vous avez à peine râlé pour Noël ! Fit-il d'une voix accusatrice en se tournant vers moi. Tout ce temps perdu à essayer de trouver ce qu'il avait bien pu t'arriver ! Fit-il à l'encontre d'Harry cette fois, puis il reprit avec un hoquet de stupeur encore plus grand. Et quand j'ai parlé du combat au corps à corps !

Il s'écroula sur son fauteuil rouge de honte et Harry se retint à grande peine d'exploser de rire, pour ma part je ne retins pas un petit ricanement plus que moqueur.

- Je dois vous féliciter, Albus. Dis-je d'une voix presque joyeuse. Je dois avouer que je n'ai jamais tenu pareil conversation à double sens sans que vous nous trahissiez. Le Seigneur des Ténèbres était plus que fier et vraiment content de mon travail. Dumbledore qui semble dire au Survivant qu'il approuve ce que je lui fais subir. Dis-je en levant les yeux au ciel.

- Je ne cautionne absolument pas ! Fit-il sévèrement. J'aurais pu vous aider ! Couvrir les sorties d'Harry, calmer les esprits ! J'avais Minerva tous les jours dans mon bureau !

Il énuméra une liste de ce qu'il aurait pu faire pour nous aider. Et Harry se retenait encore de rire. Pour ma part, j'étais totalement décontenancé. J'avais pensé qu'il ne cautionnerait jamais notre relation, alors qu'au contraire il semblait approuvé mais était surtout en colère de n'avoir rien vu. Puis il se tourna vers Fumseck.

- Et toi ! Dit-il accusateur. Tu n'aurais pas pu me dire ça au lieu de me faire croire qu'Harry était toujours dans la Salle-sur-Demande !

Le Phœnix sembla se moquer de lui et s'envola jusqu'au fauteuil d'Harry sur lequel il s'installa pour se faire gentiment caresser par le Survivant.

- Je n'avais donc pas rêvé, je l'avais bien vu ! Fit-il en me lançant un regard accusateur. Tu es un bon Phoenix ! Fidèle et serviable !

- Plus envers toi qu'envers moi apparemment ! Fit Dumbledore bougon.

- Parlons de Drago Malfoy. Dis-je pour rediriger la conversation sur ce que je ne savais pas.

- Oui. Fit Harry semblant se reprendre. Malfoy était devenu…

- L'esclave personnel. Dis-je pour aider Harry qui ne trouvait pas de mot plus convenable.

- Oui, de Voldemort. Il m'a avoué n'avoir jamais eu envie de le rejoindre mais n'avait pas vraiment le choix. Il ne voyait nulle part où aller. Il m'a dit que c'était lui qui avait envoyé plusieurs messages pour nous annoncer les lieux et dates de plusieurs attaques.

- Mais comment ? Demanda Albus.

- Il semblerait que Voldemort déraille complètement depuis que Malfoy prend la potion de Polynectar.

- Comment ça ? Demandai-je semblant tout de même comprendre un peu avec tout ce que j'ai pu voir.

- Tu m'as dit qu'il envoyait des Doloris à Malfoy que quand il était sous sa vraie apparence et pas quand il était moi, n'est-ce pas ? Demanda-t-il simplement alors que je hochais la tête pour qu'il poursuive. Eh bien, cela continuait après. Au lit. Il était presque constamment sous mon apparence et en était plutôt soulagé puisque ce n'est qu'ainsi que Voldemort le traitait bien, même plutôt amoureusement selon ses propres mots.

- Il est tombé amoureux de toi ? Dis-je en cachant une pointe de jalousie, une voix me disait qu'Harry était à moi et personne d'autre.

- Amoureux, non. Fit Harry très sérieusement. Attiré, oui. Il aime mon corps, ma jeunesse et mon caractère, enfin, ce qu'il en sait.

- Oui, parce que s'il savait vraiment… Dis-je taquin en oubliant quelques secondes que Dumbledore était là.

Ses yeux s'ouvrirent comme des billes, je ne sais pas si je me passerai de revoir ce visage surpris à l'avenir. Il faudrait qu'on tente de faire bien plus de farces à Dumbledore, c'est une chose dont je pourrais vite ne plus me passer.

- Voldemort parlait à Malfoy comme si c'était moi. Il lui disait qu'il semblait que j'aimais beaucoup « me faire prendre » par toi. Me fit-il. Il parlait parfois des Raids avec les Mangemorts alors qu'il n'était pas loin ou qu'il faisait semblant de dormir. Et il a refusé que quiconque le touche à par lui, il ne le laissait jamais seul avec un autre. Puis il y a eu le soir de la mort de son père, Voldemort l'avait amené pour qu'il voie ce qu'il se passerait pour lui à la prochaine pleine lune. Il ne voulait pas que quelqu'un ait vent de ce qu'ils avaient fait ensemble, car Voldemort est persuadé qu'il m'aura avant la prochaine pleine lune.

- Comment a-t-il fait pour s'évader ? Demanda Albus.

- C'est sa mère. Fit tristement Harry. Elle était à « disposition » dans les geôles, elle comme d'autres femmes Sang-Pur apparemment. Et le premier qui en met une enceinte peut l'épouser. Fit-il dégouté. Elle a eu le droit de sortir pour annoncer « L'heureux évènement » à son fils. Elle a réussi à le faire s'échapper avec un Portoloin, ils en ont caché dans chaque pièce au cas où ce genre de chose arriverait mais Drago n'en avait pas connaissance avant aujourd'hui.

- Pourquoi n'est-elle pas avec lui ?

- Nagini est arrivée et sa mère a lâché le Portoloin pour se jeter sur le serpent, elle a réussi à le tuer mais n'a pas eu le temps de prendre le Portoloin.

Le silence s'abattit dans la pièce, pour cette mère qui avait sûrement sacrifié sa vie pour son fils. Si elle n'était pas morte à l'heure qu'il est, c'est qu'un sort pire que la mort l'attendait.

- Je contacte les membres de l'Ordre pour leur dire de se tenir prêts.

- Oui. Nous, nous allons jouer la dernière scène de l'Illusion au cas où Severus serait appelé. Car si on y va tout de suite, il ne fait aucun doute qu'il passera ses nerfs sur nous et ce devant du public. Or, nous ne voulons absolument pas qu'on nous voie. Dit-il simplement.

Après quelques paroles échangées sur les prochains jours qui nous attendaient, Harry et moi sommes repartis dans notre lit, sans réellement réussir à dormir.

HPSS HPSS

Le Seigneur ne m'avait pas appelé, cela ne voulait pas dire que c'était bon signe. Je fais apparaître le bracelet en cuir noir qu'Harry m'a offert, je le caresse doucement du bout des doigts et je prie silencieusement pour que tout se passe bien. Tout doit bien se passer.

J'aurais très bien pu agir avec sang-froid, resté impassible devant la guerre qui allait bientôt se terminer. Les battements de mon cœur auraient pu être plus calmes et la sueur ne me coulerait pas dans le dos comme le rappel d'une peur que je n'avais pas ressentie depuis longtemps. Si j'avais été seul, j'aurais pu être l'homme que j'avais été avant chaque réunion avec le Lord. Le sort qui m'attendait aurait pu être sans importance, que je revienne vivant ou mort n'aurait rien changé.

Mais tout était différent. Tout. Et ce, par une seule et unique personne, Harry Potter. Tout a toujours tourné autour de lui. Je pourrai rire d'une telle vie ironique, mais aujourd'hui, il n'y a pas que ma seule vie en jeu, il y a la sienne. Il y a notre avenir. Maintenant que j'ai goûté au bonheur, je ne veux plus le lâcher. Ce n'est même pas pour la guerre ni pour le monde sorcier, c'est égoïstement pour moi seul.

Harry entre dans la pièce dans sa tenue de Gryffondor, la toute dernière illusion va pouvoir commencer. Je regarde Harry pendant que mon cœur se serre, de douleur et de peur. Je m'avance vers lui et l'embrasse, comme si c'était la dernière fois, car ça l'est peut-être…

HPSS HPSS

Je m'avance d'un pas sûr jusqu'aux portes de la salle du trône, le château est presque désert. Nous avons su par Drago qu'un Raid était tenu aujourd'hui, ils devaient très certainement être tous sur les lieux, sauf Voldemort qui ne s'y montrait que rarement. Nous avions décidé de venir aujourd'hui, un jour avant ma réunion hebdomadaire avec le Lord. Je ne savais si c'était une bonne idée, mais avoir moins de monde dans les pattes était mieux pour notre plan.

Je marque un très léger temps d'arrêt devant les portes, vérifiant mes boucliers d'Occlumencies. Je sens une très légère caresse sur ma main et je finis par ouvrir les portes. Tout se jouera dans les minutes qui suivent. Mais rien ne se passa comme prévu, pourquoi cela se serait passé comme nous l'avions voulu ? C'était pourtant simple, je devais rentrer et enlever la cape d'invisibilité d'Harry pour que le Lord le voie complètement brisé et vide. Ce que nous nous efforcions de montrer dans nos « illusions » aux files des semaines qui se sont écoulées.

Mais il a fallu que le Lord soit en colère, il y avait déjà trois corps inertes à ses pieds. Je comprends mieux pourquoi les gardes semblaient pâles comme la mort. Ce qui n'était pas prévu, c'était que le Lord s'en prenne directement à moi, son bras droit, seul moyen d'avoir véritablement l'Élu dans son lit. Le sortilège de mort fusa vers moi alors que j'eus à peine le temps de sortir ma baguette.

Le premier choc fut de voir le Lord s'écrouler au sol, le deuxième fut d'entendre un bruit sourd à mes pieds. J'étais vivant, mais…

- Harry ! Suppliai-je en m'agenouillant pour retirer la cape de mon amour. Non, non… Non !

Harry était mort, là à mes pieds. Il s'était mis en travers du sort ! Je ne me demandais même pas pourquoi le Seigneur des Ténèbres s'était effondré, un sort d'Harry ? Peu importe, vraiment… Je prends Harry dans mes bras, aucun souffle, son cœur ne bat plus. Le constat est clair mais je refuse d'y croire, ce n'est pas possible, pas Harry, pas comme ça. Et dire qu'il n'y a personne pour me tuer !

- Pourquoi t'as fait ça, Harry ? Murmurai-je à son oreille, comme s'il allait me répondre. Je pouvais mourir, je ne mérite pas la vie, pas ton amour. Et sûrement pas ton sacrifice…

J'avais oublié un détail dans ce plan complètement fou, Harry. J'avais oublié le facteur malchanceux d'Harry. Merlin, c'était de ma faute ! Pourquoi avions-nous tant attendu ? Pourquoi est-ce qu'Harry m'avait dit qu'il n'était pas prêt avant ce jour ? Il l'était, j'en étais quasiment certain, en plus je l'aurais aidé ! Pourquoi semblait-il attendre quelque chose ? Tant de questions sans réponses, tant de culpabilité ! Je regarde le corps du Lord, il est mort presque si simplement, comme le mortel qu'il est…

Et Harry… Non, Harry ne méritait pas d'y laisser sa vie. Et notre vie à deux ? La maison que nous aurions achetée ensemble ? Son envie de devenir professeur ? Je lui aurai laissé décorer les cachots, même en rouge Gryffondor si ça peut le faire revenir à la vie ! Nous aurions même pu aller dans les étages, pour voir le terrain de Quidditch. Puis, nous n'en avions pas encore parlé, mais il veut certainement des enfants, on en aurait eu par adoption ou par cette nouvelle potion qu'un potioniste allemand a créée.

Un éclair de colère me traverse le corps. Tout ça à cause de ce monstre abject ! Il aura définitivement détruit ma vie, ma seule raison de vivre ! Je regarde ce corps qui me dégoute, cette chose qui brise tout ce qui l'entoure ! Je lève ma baguette et la dirige vers le corps de ce montre, il est mort mais ce n'est pas assez ! Il doit disparaître définitivement de la surface de la Terre !

J'entends la porte s'ouvrir derrière moi alors que d'un informulé je lance un puissant sortilège de magie noire, puis un deuxième et encore un autre… J'extériorise ma colère, peu importe qui est là, peu importe si l'on essaie de me tuer, tant mieux même. C'est en sueur que je finis par abaisser ma baguette, le corps du Lord est en feu, s'il était vivant il sentirait ses organes exploser un à un et ne pourrait prononcer un mot car j'avais lancé un sortilège complexe de paralysie sur ses organes vitaux. S'il était vivant, il souffrirait mille morts, mais il ne l'est pas ! Il est mort trop simplement, trop rapidement !

Une main se dépose sur mon épaule, une main de réconfort et non celle d'un ennemi. Je n'ai pas besoin de me retourner pour savoir à qui appartient cette main, c'est celle d'Albus. Il faisait partie de l'équipe de dix personnes qui devaient arriver les premières, une seconde équipe se tenait prête au moindre signal alors que tous les autres se trouvaient à l'adresse qu'avait indiquée Drago pour le raid.

Mon regard ne cessait de regarder le corps de ce monstre, ma haine retomba d'un coup au fond de mon estomac. Rien ne ramènerait Harry, rien. Et c'est ce que cette main me rappelait durement, je n'avais aucune envie de me retourner pour voir ce regard triste. Je ne voulais pas revenir à la triste réalité, j'étais de nouveau seul, sans avenir.

- Je suis désolé, Severus. Fit la voix triste d'Albus.

Alors que je baissais la tête, un cri de souffrance me la fit relever. Le corps du Seigneur des Ténèbres bougea et le cri qui n'avait duré qu'une seconde à peine se transforma en gémissement à peine audible, puis tout cessa. Dans un espoir fou, je baisse les yeux pour tomber dans les yeux émeraude pleins de vie d'Harry. Je tombe à genou en lâchant ma baguette.

- Ne me refais plus jamais ça ! Sale gamin ! Dis-je hors de moi, en le prenant dans mes bras.

- Promis. Murmura Harry à mon oreille.

Un bruit nous alerta alors que nous entendions de nouveau les sorts fuser. J'eus juste le temps d'attraper ma baguette que je sentis la désagréable sensation d'un Portoloin m'emmenant loin d'ici. Sans réfléchir j'attrape Harry par le bras, où que j'aille et où qu'il aille, nous resterons ensemble.

L'impression d'être attrapé par le nombril s'arrêta aussi rapidement qu'elle avait commencé. Je me relève brusquement tout comme Harry, baguette à la main, pour découvrir que nous sommes dans mon salon.

- Le bracelet ! Dis-je à Harry en comprenant soudainement ce soudain transplanage.

Harry chancela un peu et manqua de s'écrouler par terre. Je le rattrape rapidement et l'assieds sur le canapé.

- Une mort et un transplanage en si peu de temps, c'est beaucoup trop. Plaisanta-t-il. Nous devrions les rejoindre. Fit-il après quelques minutes.

Je n'avais pas envie qu'il y retourne, je ne voulais pas risquer de le perdre une nouvelle fois. Mais il fallait que je sois lucide, Harry ne resterait jamais ici, autant que je sois à côté de lui. Alors que j'hochais la tête en me levant, Dobby apparut devant nous.

- Dobby est désolé. Mais Monsieur Dumbledore a demandé à Dobby de retrouver Maître Harry et son compagnon pour leur dire qu'ils les attendaient dans son bureau. Fit l'elfe de sa voix criarde avant de repartir sans un mot de plus.

Harry et moi nous regardons avant de sourire de soulagement. C'est fini ? Est-ce qu'en à peine une heure tout peut se terminer ? Apparemment oui. Avant que je n'aie pu faire un geste pour aider Harry à se relever, celui-ci sauta sur moi pour m'embrasser longuement. Toute la peur et l'inquiétude transperçaient dans ce baiser, mais il y avait aussi notre soulagement et notre bonheur. Après ce baiser qui a transmis bien plus que tout ce que nous aurions pu dire, Harry et moi restons quelques instants, front contre front, savourant les bras de l'autre autour de soi. J'écoute avec soulagement sa respiration. Albus peut bien attendre quelques minutes de plus.

HPSS HPSS

- Heureux de vous voir en pleine forme ! Fit Dumbledore en nous voyant rentrer dans son bureau. Asseyez-vous. Fit-il en nous montrant les deux chaises qui attendaient. Les bracelets de Sirius j'imagine ?

- Comment savez-vous ? Demandai-je suspicieux.

- Il m'en avait parlé, bien sûr ! Fit Albus en souriant. Il me les avait même amenés pour que je vérifie qu'aucune magie noire n'était présente dans ses bracelets. Il ne voulait rien offrir à son filleul qui pouvait lui nuire. Ajouta-t-il simplement avec une pointe de tristesse dans la voix.

- Que s'est-il passé après notre départ ? Demanda Harry pour couper court à la discussion.

- Disons simplement que certains Mangemorts partis en raid avaient fui le champ de bataille pour revenir en sécurité. Fit simplement Albus. Les barrières anti-transplanage que nous avions posées les ont empêchés de repartir et la deuxième équipe est arrivée peu de temps après. Le combat s'est terminé relativement vite.

- Des morts ? Demandai-je sachant qu'Harry n'arriverait pas à le demander.

- De notre côté, aucun. Des blessés, rien qui ne peut se soigner ! Fit-il en voyant l'air inquiet d'Harry. Les Aurors, les habitants et nos membres de l'Ordre ont parfaitement bien œuvré, les Mangemorts qui sont revenus étaient soit novices ou blessés, ou les deux. Nous n'avons donc pas eu grand monde à combattre de notre côté. Beaucoup, surtout des jeunes, se sont rendus d'eux-mêmes. Je n'ai pas encore le compte rendu de ceux partis au village, il va falloir attendre. Fit gravement Albus.

Malgré la victoire et l'air paisible d'Albus, il semblait avoir pris dix ans. Il n'est pas facile de faire une guerre, même quand on est un puissant sorcier tel que lui. Cette guerre pesait sur beaucoup d'épaules, Merlin soit loué, elle est derrière nous maintenant. Et ce, grâce à Harry.

- Et vous ? Demanda Albus interrompant mes pensées. Que s'est-il passé ?

- Voldemort a lancé le sortilège de mort sur Severus alors que nous avions à peine passé les portes. Fit Harry en haussant les épaules, comme si tout cela était normal. J'ai pris le sort à sa place.

Albus sembla pensif pendant un instant, même pas choqué de cette révélation. Puis, je compris pourquoi.

- Vous le saviez ! Accusai-je froidement en regardant Albus. Il devait mourir ? Grondai-je de colère en me rappelant la peur que j'avais eue.

- Severus, auriez-vous accepté d'emmener Harry à Voldemort en sachant qu'il devait le tuer ? Me demanda très sérieusement Albus.

- Non ! Bien sûr que non ! M'énervai-je.

- Je devais mourir. J'étais un horcruxe, Severus. Me fit la voix douce d'Harry.

Ces simples mots jetèrent un froid en moi. Un horcruxe, j'en avais entendu parler, un souvenir très lointain me revint. J'avais dû ouvrir un des livres de magie noire de ma mère.

Un horcruxe, objet contenant une partie de l'âme de la personne qui le crée. Le sorcier ne peut diviser son âme qu'après avoir commis le crime suprême, le meurtre.

Car un meurtre brise votre âme, et tout le monde sait parfaitement que le Seigneur des Ténèbres avait tué de très nombreuses personnes. Plus j'y pense et plus cela me semble logique, Harry parle la langue des serpents, il avait un lien avec le Seigneur des Ténèbres. Ma colère retomba, on ne peut détruire un horcruxe qu'en détruisant l'objet qui la contient. C'est déjà un miracle qu'Harry ait survécu au sortilège de mort une fois, mais deux…

Nous parlons encore un moment, Dumbledore nous annonça officiellement le décès de Narcissa Malfoy. Ces restes ont étés retrouvés dans la chambre du Lord, près du cadavre de Nagini. Le Lord était sans doute devenu fou en apprenant la mort de son serpent et m'avait attaqué juste par haine ou folie. Les jeunes Mangemorts avaient dit qu'il était devenu fou un peu plus chaque jour, mais que les anciens suivaient ses ordres quoi qu'il veuille.

Ils avaient décidé de lancer tout de même l'attaque sur le village puisque le Lord semblait tuer tous ceux qui l'approchaient. Ils espéraient ainsi le voir retrouver la raison. Mais le Lord avait brisé son âme de trop nombreuses fois, et l'étrange attirance qu'il avait pour Harry n'avait fait que le rendre un peu plus fou. En réalité, ce n'était pas une étrange attirance, c'était une véritable obsession. Finalement, heureusement qu'il n'avait pas pu l'approché qui sait ce qu'il aurait pu faire ?

Sur le chemin de retour à nos cachots, Harry m'avait pris la main, ce que je n'avais pas empêché. Une première dans notre relation, prendre le risque de se faire prendre tout en sachant que si c'était le cas, cela n'aurait finalement pas grande importance

- C'est fini ? Demanda Harry en s'asseyant sur le canapé.

Je le regarde, ce jeune homme que j'avais pendant un temps pensé si confiant de lui. Il a l'air presque incertain, comme si tout ce pour quoi il était né venait enfin de s'accomplir et qu'il n'avait donc plus rien à faire. Je comprenais ce sentiment, j'avais le même…

- La guerre est finie. Dis-je en comprenant moi-même à ce même instant qu'il n'y aurait plus rien. Plus de rendez-vous chez les Mangemorts, plus besoin de m'agenouiller devant un fou. Plus de comptes à rendre. Plus besoin de faire semblant d'être un sadique assoiffé de pouvoir. Continuai-je de dire alors que je me rendais compte à ce moment précis de tout ce que je pouvais faire à présent.

- Tu as toujours adoré être un sadique. Fit Harry en souriant.

- C'est vrai. Avouai-je de bonne grâce en me retournant vers lui, une idée sadique en tête. Sans cela je ne pourrai plus te punir. Dis-je en m'approchant dangereusement de lui. Je ne pourrai pas t'entendre me supplier…

Je surplombe mon corps du sien, ses yeux brillent de désir. Je me sens bien, serein, comme je ne l'ai jamais été auparavant. Je comprends qu'en réalité, je me sens enfin libre. Libre de l'aimer, libre d'être accepté pour qui je suis, libre de faire ce que j'ai réellement envie de faire en me foutant bien de ce que pourra me dire le monde entier. Sauf Harry.

- T'entendre grogner de frustration…

Je m'approche encore plus près de lui, sa respiration se fait un peu moins irrégulière mais il se contrôle assez bien.

- T'entendre me demander d'y aller encore plus fort et plus vite… Dis-je en sortant très discrètement ma baguette pour nous dévêtir tous les deux. J'ai envie de t'entendre Harry, j'ai envie que tu veuilles plus, encore et toujours plus. Murmurai-je à son oreille.

Je me frottais à son érection avec délectation. Il me regardait sans dire un mot, buvant mes paroles, essayant de contrôler son corps qui commençait doucement à trembler sous le mien. D'un autre mouvement rapide, je lui attrape les mains en le plaquant de tout son long contre le canapé. Je lui tiens fermement au-dessus de la tête alors que je continue d'onduler pour frotter nos deux sexes.

- J'en voudrais toujours plus, avec toi. Finit-il par dire en mettant ses jambes autour de mon bassin pour me rapprocher encore plus de lui.

- J'espère bien, Harry. Dis-je en le regardant de nouveau dans les yeux pour une déclaration que je ne fais que très rarement. Parce que je t'aime, Harry. Chaque fibre de mon corps te veut. Mon côté sadique veut que tu me supplies. Mais un côté romantique que je ne me connaissais pas veut des mots doux. Avouai-je sans m'en rendre compte, les mots sortant naturellement de ma bouche, je sentais que j'avais besoin de tout dire, même si ce n'était qu'une fois dans ma vie, dans nos vies. Et mon cul, Harry. Si tu savais à quel point j'aime te sentir au fond de moi. J'en ai véritablement besoin. Quand tu me fais l'amour mais aussi quand tu me baises jusqu'à me faire oublier qui je suis.

Je savais qu'Harry essayait de garder tout son contrôle pour attendre chacun de mes mots, mais le plaisir devait embrumer son esprit comme il le faisait avec le mien. Je lâche une de ses mains mais Harry ne bouge pas, je sais que s'il le voulait il pourrait parfaitement m'immobiliser pour faire de moi ce qu'il veut. Mais ce qu'il veut en ce moment, c'est que cette situation continue. Je place mon sexe contre son entrée et m'enfonce légèrement en lui avant de reprendre sa main pour le maintenir fermement collé au canapé.

- J'en ai autant envie que de te baiser moi-même. Dis-je en m'enfonçant encore un peu plus, lentement puisque je ne l'ai même pas préparé. Je suis fou. Dis-je sans aucune moquerie. Fou de ton corps mais aussi de celui que tu es vraiment. Avouai-je avec tant que sincérité que cela m'étonna moi-même. Je t'aime tellement. Et le pire c'est que je ne te le dirai jamais assez. Je ne te mérite pas.

Harry m'attira à lui sans aucune douceur, enfonçant d'un coup toute ma longueur en lui. Je le sentis se tendre sous la douleur quelques secondes mais aussi pousser un soupir de soulagement une fois au fond de lui. Heureusement qu'il s'était lancé un sort de lubrification car je le sens encore plus étroit que quand je le prépare, comme si je pouvais lui faire du mal au moindre coup de reins, ce que je ne voulais absolument pas.

- Ne redis jamais que tu ne me mérites pas, Severus Snape. Fit Harry en commençant lui-même à onduler en dessous de moi. Tu me mérites plus que n'importe qui sur cette planète et même ailleurs. Fit-il en me regardant dans les yeux. Je t'aime et personne ne pourra m'enlever ça. Pas même toi.

Je ne savais pas comment nous pouvions rester aussi sérieux alors que le plaisir prenait de plus en plus de place dans nos esprits à chaque coup de reins. Harry s'empalait lui-même, mais je le rejoignais aussi avec violence. Nous avions besoin l'un de l'autre, besoin de nous prouver que nous resterions là l'un pour l'autre. Sûrement était-ce à cause de cela que nous parlions de nos sentiments avec tant de sincérité.

- On est libre de s'aimer. Et je t'aime, n'en doute jamais. Fit Harry alors que je lui relâchais les mains.

Je n'eus pas les mots pour une telle déclaration, mes bras allèrent enserrer son corps alors que les siens firent de même avec mon cou. Un baiser vint sceller nos déclarations et c'est avec frénésie que nos deux corps se rejoignirent dans l'espoir fou de ne faire qu'un.

Nous avons uni nos corps de très nombreuses fois, parfois tendrement et amoureusement, et d'autres fois beaucoup plus sauvagement. Personne ne nous revit jusqu'au lendemain soir. La défaite du Lord Noir nous paraissait déjà bien loin, comme si nous avions franchi une étape tellement importante qu'elle avait semblée durer des années. Cette nuit avait été une nouvelle promesse, celle d'un amour éternel. Promesse que nous avions toujours eu peur de nous avouer, parce que l'un comme l'autre ne savait pas s'il serait là demain.

HPSS HPSS

La défaite du Lord avait fait grand bruit et la fête avait duré une semaine. Mais même après cette semaine la joie était partout. Le monde semblait enfin revivre, tout comme Harry et moi. Des élections d'urgence avaient étés débutées et c'était Kingsley Shacklebolt qui faisait office de Ministre provisoire, poste qui lui serait sûrement attribuée officiellement après les votes.

Et puisque Dumbledore avait commencé les vacances avec deux semaines d'avance, pour que tout le monde puisse fêter ça et fasse le deuil de leurs proches décédés sur le champ de bataille, j'avais suivis Harry jusqu'à Gringotts.

J'attendais donc dans la salle d'attente richement décorée, le temps qu'Harry accepte ses droits et devoirs de Lord. Chose que l'on ne peut faire que seul.

- Bonjour, Monsieur Snape. Me fit un gobelin qui s'était arrêté devant la porte après avoir jeté un coup d'œil à la salle d'attente dans laquelle j'étais seul. Voulez-vous accepter votre héritage, Monsieur Snape héritier de la grande et noble maison Prince ?

- Accepter mon héritage ? Répétai-je sans comprendre. Ma mère a été reniée. Dis-je amèrement. Je ne peux prétendre à aucun héritage Prince.

- En réalité, votre héritage a été bloqué par vos grands-parents sous certaines conditions. Fit le gobelin comme si cela était évident.

- Je ne vois pas ce que cela change pour moi. Dis-je en essayant de rester calme, il n'est jamais bon d'avoir un gobelin contre vous.

- Alors si vous voulez bien me suivre... Il serait mieux d'en parler dans un endroit plus privé. Me dit-il d'un air revanchard.

Je me lève en me courbant en signe de remerciement. Déjà que ça commence mal entre nous, si en plus je n'y mets pas du mien, on ne s'en sortira jamais ! Surtout qu'il a l'air de vouloir m'aider à débloquer un héritage auquel je n'ai jamais eu le droit.

Je le suis dans un bureau pas très loin de la salle d'attente. Le bureau contient de nombreux tableaux, sorcier comme moldus et d'une grande valeur aux vues des noms inscrits en bas de chaque tableau. Je reste debout le temps qu'il me dise de m'asseoir.

Il s'assied et me regarde longuement, je me demande même s'il va m'autoriser à m'asseoir ou me jeter dehors dans la seconde. Contre toute attente, il me fit signe de prendre le siège en face de lui.

- Je suis Roght, le gobelin en charge de vos coffres. J'ai pris connaissance de l'héritage Prince il y a de nombreuses années de cela et je savais parfaitement que vous étiez le seul et unique héritier. Dit-il d'une voix monocorde. J'attendais simplement que de par votre comportement, vous puissiez prétendre avoir le droit à votre héritage. Continua-t-il toujours d'une voix morne.

- Quel comportement devais-je avoir ? Demandais je, surpris qu'il y ait une possibilité, même infime que je puisse ouvrir les droits à mon héritage.

- La condition pour que vous puissiez accéder à votre héritage est un acte aussi important que l'affront qu'a fait votre défunte mère à vos grands-parents.

J'aurais aimé rire, un rire amer et froid. L'affront de ma mère... Si mon père n'avait pas été un immonde salopard, je pourrais dire gène qu'épouser un moldu n'est pas une honte. Ma mère n'a tout simplement pas choisi le bon.

- Le fait que vous ayez défait le Seigneur des Ténèbres joue très certainement en votre faveur. Continua le Gobelin passant son index sur un coin de son bureau pour faire apparaître une trappe. Il n'y a qu'un seul moyen pour le savoir. Passez la bague de Lord à votre pouce.

Il sortit un dossier assez épais, ainsi qu'un écrin de taille moyenne. Je pouvais voir un blason avec un P, hommage au nom de Prince comme aux potions.

Le gobelin me tendit l'écrin que je pris sans montrer ma crainte. Dans le cas d'un héritier mettant une bague que sa famille a jugée indigne de lui, et approuvée par la magie elle-même, la bague rejette totalement la personne. Cela peut simplement être une impossibilité de mettre la bague jusqu'à de puissants sorts assez douloureux. J'ai même entendu parler d'un héritier qui avait perdu une partie de sa magie, le rendant ainsi presque cracmol ! Mais rien n'a été prouvé.

J'hésite quelques instants... Ai-je le droit de mettre cette bague ? Est-ce que ma famille m'aurait de nouveau accepté ? Il est vrai que j'ai tué le Seigneur des Ténèbres, bien que sans vraiment le faire exprès puisque je croyais qu'Harry l'avait tué. Mais sans qu'on me demande mon avis, j'avais été projeté au rang de Sauveur de Monde Magique à cause d'Harry, d'Albus mais également de Maugrey Fol'oeil qui était présent, ainsi que d'Arthur Weasley.

Je prends délicatement la bague entre mes doigts, je suis assez fier de ne pas trembler parce que le calme apparent que je manifeste est totalement factice. C'est avec une douceur extrême que je glisse l'anneau à mon pouce en la priant silencieusement de ne pas me faire trop de mal.

Contre toute attente, l'anneau s'ajuste automatiquement à mon doigt. Je regarde mon pouce, presque surpris que cela ait été aussi simple. Une vague de magie s'empare de mon corps, la magie de mes ancêtres, j'ai comme la sensation que la bague est heureuse d'avoir un nouveau propriétaire.

S'en suivirent une très longue heure à signer moult documents, reprenant les droits et devoirs d'un Lord, avec en prime le droit à un stage à Gringotts pour m'aider à gérer ma fortune. C'est donc plus riche que jamais, avec en plus une petite maison de famille que le gobelin me dirige vers mes nouveaux coffres. Mes coffres, parce qu'en plus j'ai deux voûtes en plus du coffre que j'ai ouvert à mon entrée dans le monde magique.

- Voûtes 532. Fit le gobelin en m'amenant à ma première voûte, la deuxième se trouvant juste à côté.

Je sors du petit wagonnet qui me retourne le cœur à chaque fois, même les moldus font mieux ! Et je regarde la porte de ma voûte, semblable à une porte classique sauf que le gobelin dû poser sa main sur la porte pour l'ouvrir. Et la porte s'ouvrit, laissant apparaître ce que les gobelins appellent une voûte et non un coffre.

Personne ne peut savoir quelle est la différence entre un coffre normal et une voûte, car les possesseurs de voûte semblent tellement exagérer que cela ne parait pas réel. Pourtant, alors que je regarde ce qui n'est autre que ma première voûte, mes biens, je ne peux que me dire qu'ils sont loin d'exagérer. Cinq fois plus grand qu'une salle des coffres classiques, trois fois plus hauts. Je peux voir de très nombreux tableaux, des robes de mariage, homme comme femme, de très nombreux bijoux, des pierres précieuses comme des topazes, des rubis ou des diamants plus grosses qu'un œuf de dragon. Mais il y avait de très nombreux coffres dont je n'aurai jamais le temps de faire l'inventaire complet avant une bonne semaine. Ce qui m'attira le plus, et ce qui me fit définitivement passer le pas de la porte fut les très nombreuses étagères de potions et d'ingrédients. Un Potioniste comme moi ne pouvait qu'être heureux, surtout que tout était parfaitement conservé.

Je recule de quelques pas, tout cela ne peut être possible, n'est-ce pas ? Je me retourne pour voir le gobelin qui est resté sur le pas de la porte, dos tourné pour me laisser un peu d'intimité. Je lui en suis reconnaissant, car je ne pourrai à l'heure actuelle, retirer la stupéfaction sur mon visage.

Je regarde une dernière fois tous ses objets, ingrédients et potions que je ne peux emporter avec moi aujourd'hui et me dirige vers le gobelin pour lui dire d'une voix parfaitement habituelle et dépourvue de surprise que nous pouvons voir la deuxième voûte. Il m'y conduisit rapidement, puisque c'était tout simplement la voûte d'à côté et le même manège recommença. J'aurais dû m'attendre à la découverte que j'allais y faire, mais je n'avais même pas remarqué qu'il manquait quelque chose dans la première voûte. Bien trop impressionné par ce qu'elle contenait. C'est donc totalement ébahi que je découvris une voûte remplie exclusivement de Gallions et de Mornilles.

Je sors ma bourse de ma poche mais m'aperçois sans peine qu'elle ne pourra contenir beaucoup d'argent. Elle peut contenir jusqu'à cent Gallions, je n'ai jamais eu besoin de plus, j'avais acheté cette bourse avec ma première paie en tant qu'enseignant, cet argent servant essentiellement à acheter des ingrédients rares. Mais j'avais sous les yeux une véritable fortune et après tant d'années à galérer pour le moindre Gallion, les ingrédients pour potion et livres rares coûtant extrêmement cher, je n'avais pas envie de me priver.

- Vendez-vous des bourses ? Demandai-je simplement.

- Bien sûr ! Fit le gobelin.

Il me fit signe de le suivre et nous sortons dans le couloir, la porte se refermant automatiquement derrière moi. Nous avançons jusqu'à un mur qui semble parfaitement identique aux autres jusqu'à ce que le gobelin passe son doigt dessus pour laisser apparaître une petite porte. Nous y entrons, la pièce n'est pas plus grande que ma chambre, mais bien assez pour y entreposer les très nombreuses bourses présente.

Le gobelin me laissa regarder tranquillement les nombreux choix qui s'offraient à moi. Je remerciais à nouveau silencieusement le gobelin de me laisser seul, j'avais besoin de prendre le temps de digérer les informations sur cet héritage que je n'attendais plus. Et aussi de savoir ce que je devais prendre pour m'en servir au mieux, sans avoir à revenir sans cesse ici pour y chercher de l'or.

Mais ici, pas de bourse bas de gamme, la moins chère à 20 Gallions et 17 Noises, transporte jusqu'à cinq cents Gallions. Il y en a pour tous les goûts, ceux qui veulent étaler leur fortune et impressionner et ceux bien plus discrets qui se rapprochent plus d'une bourse classique. Je me tourne sans hésiter vers une bourse en peau de dragon d'une très bonne qualité mais discrète. Son prix est très élevé, plus de 400 Gallions, mais elle offre un accès direct à mon coffre, ainsi je n'aurai jamais à venir à Gringotts pour venir chercher de l'or et seul moi pourrait retirer de l'argent de ma bourse.

Je prends la bourse et une autre exactement identique prend place, ingénieux système. Je me dirige vers le gobelin qui retire magiquement le prix de la bourse de mon coffre, et d'une incantation qu'il me fait réciter le blason des Prince apparaît sur le médaillon qui pend de la cordelette fermant la bourse.

Je me retrouve plus d'une heure plus tard à attendre de nouveau, Harry, dans un état second réfléchissant encore à tout ce qu'il venait de se passer. Dans ma poche une nouvelle bourse qui coûte presque mon salaire ! Ce n'était certainement pas avec mon salaire de 455 Gallions 2 Mornilles et 26 Noises que j'aurais eu la folie d'acheter cette bourse, surtout que depuis le retour du Lord j'avais dû lui donner plus de la moitié de mon salaire et Merlin sait que les bons ingrédients sont chers. Surtout qu'il ne me les finançait jamais, pourquoi l'aurait-il fait d'ailleurs ?

Harry arriva encore deux heures plus tard, lui aussi avait un regard perdu et songeur. Je comprenais sa détresse, lui aussi avait vécu comme un moins que rien, même alors que sa propre famille avait de l'argent il n'avait eu que le strict minimum, et encore. Et là, il devait être bien plus fortuné que moi. Des rumeurs circulaient comme quoi il serait la troisième plus grosse fortune d'Angleterre, la grande question du moment était, avec qui le Sauveur du monde magique allait-il se marier ? Il était loin de la vérité en nommant Hermione Granger, Ginevra Weasley et Luna Lovegood.

HPSS HPSS

Les vacances étaient passées avec des nouvelles plus ou moins bonnes. On avait ainsi appris que Drago Malfoy était complètement rétabli, surtout des blessures internes au niveau anal et des plaies plus ou moins profondes comme des griffures sur le corps en plus d'un état de fatigue à la limite de l'épuisement.

Percy Weasley était décédé trois jours après son arrivée à Ste Mangouste, il avait pris un sort à la place de sa jeune sœur et aucun Médicomage n'avait réussi à soigner le jeune homme. Trois de mes Serpentards, dont Crabbe et Goyle qui n'étaient même pas revenus à la rentrée de septembre, étaient décédés alors qu'ils étaient dans l'attaque du village. À se demander comment ils n'étaient pas morts avant puisqu'ils savaient à peine tenir une baguette et retenir un sort. Le troisième fut Pansy Parkinson, elle avait été appelée peu de temps avant notre arrivée. C'était elle qui rapportait les moindres faits et gestes d'Harry à Poudlard, elle était morte d'un Avada Kedavra. Son corps faisait partie de ceux que j'avais vus en entrant dans la salle du trône, juste avant qu'Harry s'effondre lui aussi sous le sort. Ce n'est que deux semaines plus tard que nous avons appris, après fouille de ses affaires, qu'elle donnait des informations erronées ou incomplètes au Lord. Elle enlevait certains souvenirs de son esprit, Harry souriant, ou Harry sous sa cape d'invisibilité et cette fois où Harry m'avait attendu pour soigner mes blessures. Elle n'avait rien dit de tout cela, elle l'avait habilement caché.

Drago Malfoy quitta le château la veille de la reprise des cours, laissant dernière lui une seule et unique lettre adressée à Harry. Cela le surprit autant que moi-même de savoir qu0e son dernier geste avant de partir était une lettre pour lui, mais il est vrai qu'ils avaient étés liés par une mission sordide et par une guerre d'adolescent qui n'aurait pas dû avoir lieu d'être.

Les mois passèrent, chacun faisant son deuil. Kingsley avait été élu, sans grande surprise, Ministre de la Magie. Harry ne dormait presque plus dans son dortoir, se contentant de rejoindre ses amis en se levant jusqu'à tard le soir. Nous n'avions pas abandonné nos nombreuses parties de jambe en l'air partout dans le château. Savoir que nous ne risquions plus la mort si nous étions pris nous enlevait un poids des épaules, et rajoutait une touche d'excitation en plus car nous étions moins sur nos gardes. Ce n'est que vers la fin d'année de Ginevra Weasley nous découvrit en pleine action dans une salle de classe. Un voile de tristesse était passé devant ses yeux et elle avait fait demi-tour en laissant tomber la carte du Maraudeur qu'Harry avait laissé à Ronald Weasley pour le week-end.

La fin d'année arriva, Harry obtenu son diplôme sans aucune difficulté. J'avais laissé mon poste d'enseignant pour une année sabbatique. Harry et moi avions besoin de nous trouver, d'être ensemble et de rattraper toutes ses années où nous n'avons fait que survivre. Ses amis seraient bien sûr invités à nous rejoindre pour quelques jours dans les différents pays que nous allions visiter, mais sinon nous serions enfin seuls pour vivre notre amour que nous avons dû cacher pendant tant de temps.

HPSS HPSS

Un soir, après un bon repas, devant une cheminée alors que la fenêtre juste à côté indiquait clairement qu'il neigeait toujours dehors, Harry sortit un écrin tout en longueur.

- Cela fait un an aujourd'hui que nous avons eu notre première nuit d'amour. Fit-il avec douceur en me regardant amoureusement. Je n'ai jamais été aussi heureux que depuis ce jour. Et je pense que ce cadeau sera le plus à même d'exprimer cet amour.

Il ouvrit l'écrin et je vis avec surprise un bracelet tout en argent avec un magnifique cygne pris entre les mailles. L'exacte réplique de celui d'Harry.

- Tu as voulu reproduire le bracelet de ma famille ? Demandai-je ému.

- Non, Severus. Affirma-t-il avec un doux sourire. C'est le bracelet de ta famille. Je l'ai retrouvé dans mon coffre avec une lettre.

Il me tendit la lettre sans un mot de plus. L'écriture était fine et penchée, mais c'était bien une écriture d'homme.

« Mise en gage le 26 Aout 1863 par Marius Prince. Lui sera rendu quand il aura pu rembourser totalement sa dette envers la maison Potter. Sur l'honneur de la maison Potter, ce bijou ne pourra être vendu à qui que ce soit. Il ne pourra qu'être rendu à l'un des membres de la famille Prince. Si la dette n'a pu être remboursée, je m'engage à rendre ce bijou à la famille Prince en 1963.

Darius Potter, le 31 Aout 1863»

Mon ancêtre avait donc dû mettre en gage ce collier par souci d'argent, mais pourquoi ne l'avait-on pas récupéré ? Mon coffre était plein à craquer, on n'aurait certainement pu racheter notre dette. Je ne compris pas avant de lire une deuxième note, juste en dessous de la première. Une écriture plus droite, une écriture que j'avais aperçue parfois et qui ressemblait un peu à celle d'Harry.

« Moi, James Potter ai cherché pendant de nombreuses années les descendants de la famille Prince sans jamais en trouver un seul. Mais pour l'honneur de la maison Potter, je n'abandonnerai pas mes recherches. La somme de 20 000 Gallions est déclarée offerte généreusement à la famille Prince et le bracelet sera gracieusement rendu à son héritier légitime.

James Potter, le 7 Juillet 1981»

- Le bracelet te revient de droit. Fit Harry. Et si tu le veux bien, je voudrais que tu le portes… C'est un ensemble bracelet et collier pour se lier. Tu m'as offert le collier comme une promesse d'engagement et je pense qu'elle ne peut être que plus complète avec le bracelet, non ? Fit timidement Harry.

- Je ne peux qu'être d'accord avec toi. Dis-je en revenant un peu à la réalité sans pour autant montrer mes émotions. Mets-le-moi. Demandai-je simplement en tendant mon poignet gauche.

Harry prit doucement le bracelet et me le mit. Je sentis immédiatement une chaleur m'envelopper, l'amour partout autour de moi et surtout, en moi. Puis quand tout se calma, je pris l'écrin que j'avais caché dans ma poche. Ce bijou tout aussi symbolique que j'avais acheté il y a plus d'un mois de cela.

- Harry Potter, voulez-vous m'épouser ? Demandai-je un genou à terre.

Harry écarquilla les yeux et mit deux secondes de plus avant de me sauter au cou en me répétant sa réponse affirmative dans une litanie sans fin. J'étais heureux, véritablement heureux mais j'avais chaud, très chaud. Chaque endroit qu'Harry touchait me brûlait de l'intérieur, chaque baiser allumait un feu en moi.

- La norme veut que je puisse mettre l'anneau à ton doigt ! Grognai-je gentiment pour qu'Harry se calme un peu.

Il ria mais se calma en s'asseyant sur mon ventre, me laissant allongé sur le tapis devant la cheminée. Il me tendit sa main et j'y mis doucement l'anneau avant qu'il vienne m'embrasser de nouveau. Ses mains glissèrent sous ma chemise et un chemin de feu sembla s'inscrire sous ma peau.

- Harry ! Hoquetai-je. J'ai… Merlin, j'ai chaud ! Dis-je alors qu'il soulevait sans honte ma chemise.

- Je vais enfin pouvoir me venger alors… Fit-il en léchant délicieusement l'un de mes tétons.

Mon corps se cambra, ma tête partie en arrière, mon buste en avant et mes mains s'accrochèrent désespérément à Harry. Il remonta pour m'embrasser et sans que je puisse le sentir, puisque mon corps était déjà en feu, Harry put glisser discrètement sa main dans mon pantalon. Ses doigts touchèrent directement mon gland et c'est dans un hurlement d'extase que je jouis en tremblant de tout mon corps.

Et dire que cela ne faisait que commencer… Mais je ne connaissais pas de meilleure façon d'atteindre la folie.


Je sais que vous êtes certainement déçu de ne pas en savoir plus pour Drago, mais ne vous en faites pas, il fera une apparition dans l'épilogue ;)

Merci à tous de votre lecture !