Épilogue
Quinze ans plus tard
- Lily ? Appela une voix grave tout près de l'oreille de l'enfant.
L'enfant se détourna de ses parents pour regarder le monsieur à côté d'elle. Il était grand, bien plus grand que cette petite fille de six ans, mais il était jeune et ressemblait un peu à son cousin Teddy.
- Tu veux une chocogrenouille ? Demanda l'homme en reculant doucement, faisant bien attention à reculer légèrement sans être remarqué dans cette foule.
Il regarda les deux hommes au loin, il ne devait pas échouer. Ça serait son plus gros coup, son dernier en Angleterre. C'était un spécialiste du kidnapping pour enfant, lui et son complice étaient toujours imbattables, mais ce qu'il aimait le plus, c'était les petits extras qu'il avait, surtout avec les petites filles…
- Non. Fit la jeune enfant en souriant. Je dois demander à papa s'il veut bien. Dit-elle calmement en se retournant pour aller vers ses parents.
Non ! Elle ne devait pas s'échapper, un rapide coup d'œil autour de lui, lui fait penser qu'il aurait peut-être le temps de l'attraper pour courir jusqu'à une zone de transplanage de l'Allée des Embrumes. Il n'est pas loin d'une ruelle sombre, et s'il tarde, son complice déguisé en enfant perdu ne pourra distraire le couple plus longtemps. Il peut même voir l'un d'eux lever les yeux pour chercher leur fille des yeux. Sans réfléchir, il attrapa l'enfant par l'épaule dans le but de la pousser dans la ruelle.
Il n'a pas le temps de faire plus car la sensation d'un Portoloin se répand en lui, l'instant d'après il se retrouve avec une main serrant dangereusement sa gorge et une baguette sur la joue.
- Que comptais-tu faire avec ma fille ! Fit Severus Snape d'un ton glacial.
La petite fille pleurait dans les bras de son deuxième père, l'homme lui avait fait très peur. Elle cacha sa tête dans la robe de sorcier d'Harry Potter, son deuxième père.
Les sorciers autour d'eux levaient les yeux au ciel de tant de bêtises. Aucun n'interviendrait pour l'aider, l'aider à quoi d'ailleurs ? Personne n'est assez fou pour s'en prendre à l'un des enfants du couple de Sauveurs du monde sorcier. Tout le monde avait appris au fil des années que jamais vous ne vous retrouviez en mauvaise posture avec les Lords Black-Potter-Prince sans l'avoir mérité. Et au vu de l'aura noire qui entourait l'un d'eux, quoi qu'il ait fait, cet homme l'avait mérité. Son complice était déjà parti en laissant son ami se débrouiller seul.
- Rien du tout ! Se défend-il difficilement. Je voulais juste lui offrir du chocolat.
- S'il n'y avait eu aucun danger pour ma fille, le Portoloin de secours ne se serait pas déclenché ! Fit l'homme en resserrant un peu plus sa poigne autour du cou de l'homme.
- Que se passe-t-il ici ? Fit une nouvelle voix, tout aussi grave et dangereuse.
- Cet homme avait en tête de transplaner avec ma fille pour réclamer une rançon. Fit Severus Snape en continuant de regarder dans son esprit. Et malheureusement pour lui, il n'avait pas que cette idée en tête ! Dit-il rageusement en serrant encore sa main.
- Severus ! Fit Harry pour le sortir de sa colère.
Severus relâcha l'homme après que l'Auror ait mis sa main sur l'épaule du jeune homme qui voulait kidnapper l'enfant. Il se recula légèrement et n'eut que le temps d'attraper sa fille qu'Harry lui jeta presque dans les bras, son mari jeta un sort sur le jeune homme, le faisant s'écrouler au sol en se tenant les parties génitales. Il se pencha en l'attrapant par le col de son t-shirt en le regardant d'un air mauvais qu'Harry Potter n'abordait jamais contrairement à son compagnon qui adorait prendre cet air, surtout en public.
- Ne t'avise pas de t'approcher de ma famille à moins d'un kilomètre. Fit-il rageur. Tu vas partir d'ici. Et si je te croise ne serait-ce qu'une fois, une mèche de cheveux ou un cil qui traîne. J'espère pour toi que tu te bats mieux que Voldemort.
Même après tant d'années, alors que le jeune homme n'avait jamais connu la guerre, étant né juste après sa fin, il frissonna d'horreur. Qui ignorait ce qu'avaient accompli les deux Lords Black-Potter-Prince ? Personne. Et le nom de Voldemort inspirait toujours autant la peur, même pour ceux qui n'avaient pas vécu la guerre.
Le jeune homme, trop heureux de repartir entier, outre cette douleur atroce à l'entrejambe, se releva d'un bond et partit en courant.
- Pap' ? Fit la voix de Lily, d'où l'on entendait encore les quelques sanglots qui se calmaient enfin. Le monsieur va pas revenir me faire mal ? Demanda-t-elle en la regardant de ses grands yeux verts.
- Non, Lily. Fit son Pap' en lui embrassant le front. Je te promets qu'il ne reviendra jamais.
- Harry… Pourquoi tu l'as laissé partir ? Murmura Severus à l'oreille de son mari en essayant de retenir sa colère.
- Le problème est réglé ? Fit l'Auror, surprit que cela ait été aussi simple.
- Oui, merci Ron. Fit Harry en se tournant une demi-seconde pour regarder son ami Ron qui avait revêtu sa tenue d'Auror pour partir prendre sa garde de nuit.
- Pas de problème, mon pote. Moins de paperasse, mais faudra que tu m'expliques ! Fit-il en partant.
- Tu vas m'expliquer ? Demanda Severus toujours en colère d'avoir laissé partir cet homme immonde qui avait voulu s'en prendre à sa propre fille, sa chaire et son sang ! Tu n'as pas vu ce qu'il s'imaginait faire à Lily ! L'accusa-t-il.
- Je ne peux qu'imaginer. Fit calmement Harry qui comprenait la colère de son époux mais ne voulait pas se disputer avec lui en pleine rue et encore moins devant leur fille. Allons à l'animalerie choisir un animal pour ta fille et je t'expliquerai à la maison.
- D'accord. Consentit Severus après avoir longuement regardé Harry.
Severus remarqua que l'enfant perdu était parti mais ne chercha pas plus de réponses que cela, peut-être avait-il enfin retrouvé ses parents.
Harry parla des animaux avec sa fille, essayant de mêler Severus à la conversation, les animaux avaient fait complètement oublier l'évènement à Lily et finalement, c'est tout ce qui comptait. Ils repartirent le sourire aux lèvres en voyant leur fille émerveillée d'avoir un boursouflet violet entre les mains.
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- Maintenant, tu vas m'expliquer ! Fit Severus, aussi calme qu'il le put, une fois enfermé dans son bureau.
Lily montrait fièrement son boursouflet à ses frères, Arthur et Nolan, Harry savait donc qu'ils auraient la paix pour une bonne demi-heure.
- Sev, tu étais tellement en colère que tu n'as pas vu le petit garçon partir. Dit-il calmement.
- Et ? Demanda Severus, suspicieux. Ne me dis pas que c'était son complice ? Fit-il d'une voix dangereuse.
- Je pense que si. Je lui ai lancé un sort de traçage et nous irons le retrouver ce soir, ils seront sûrement ensemble. Affirma Harry en regardant son mari se détendre sans pour autant perdre son air grognon.
- Tu aurais pu me le dire !
- Quand ? Rétorqua Harry avec un sourire moqueur. Entre ta crise de papa poule aiguë ou celle de tueur sanguinaire réclamant vengeance ?
- Je ne faisais pas de crise de papa poule aiguë ! Fit Severus de mauvaise foi, mais en retrouvant toute sa bonne humeur.
- Mais bien sûr que si tu la faisais ! Fit Harry en venant embrasser son si grognon époux. Mais ne t'inquiète pas, j'ai défendu ton honneur avec un petit sort que j'ai lu un jour dans un livre…
- Oui. Fit Severus d'un sourire sadique et heureux. C'était quel sort ? Ça avait l'air d'être sacrément douloureux au niveau de l'entrejambe ! Fit-il d'un ton joyeux.
- Oh, pas grande chose. Répondit Harry d'un air désinvolte en partant vers la porte pour rejoindre ses enfants. Je lui ai simplement tout enlevé !
- Tout… Tu… Tu peux faire ça ? Fit-il d'une voix blanche.
- On dirait bien ! Ria Harry en partant, laissant son mari pâle comme la mort, une main sur la partie la plus sensible de son anatomie.
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Harry et Severus avaient retrouvé l'homme, le soir même, dans une petite maison d'une banlieue moldue.
- Mais, vous l'avez déjà fait ! Fit la voix désespérée d'un homme.
- À un homme qui se l'était enlevé en transplanant ! Répondit un autre homme en colère. Votre façon d'agir me laisse à croire que vous avez sûrement mérité de n'avoir plus d'appareils génitaux ! Fit-il avec colère.
Harry et Severus qui écoutaient sagement derrière la porte étaient stupéfaits. Ils avaient parfaitement reconnu la voix de celui qui avait voulu kidnapper et agresser leur fille, mais également celle de l'autre homme.
La porte s'ouvrit soudainement sur la voix qu'ils avaient reconnue, et sans même se concerter Harry et Severus lancèrent tous deux un Stupefix. L'un toucha l'homme du Chemin de Traverse, l'autre toucha un homme assis sur un canapé.
- Je me disais aussi… Il n'y a vraiment que vous deux pour lancer un sortilège d'ablation génital. Fit Drago Malfoy d'un air moqueur.
- Je n'ai rien fait. Se défendit Severus à contrecœur. Bien que cela ne m'aurait pas dérangé. Dit-il d'un ton menaçant en regardant les deux hommes stupéfixés.
Drago Malfoy recula pour les faire entrer. Ce qu'ils firent rapidement pour ne pas attirer l'attention du voisinage. Sans un mot, Severus vérifia d'un Legilimens rapide que le deuxième homme était bien le complice du premier. Après avoir confirmé cela, Drago et Harry sortirent le temps que Severus règle ses comptes.
Harry et Drago étaient donc dehors en train de marcher tranquillement. Aucun des deux n'était à l'aise, ils faisaient tous deux faces à un passé enterré depuis plus ou moins longtemps. Harry ne voyait plus rien du Drago Malfoy qu'il avait connu à Poudlard, il avait l'air plus décontracté et avait quelque chose d'heureux qui émanait de lui. Comme s'il avait enfin trouvé le bonheur, ce qui était sûrement le cas pour être ainsi. Ses cheveux étaient toujours blonds mais légèrement plus foncés, coupant ainsi avec la tradition Malfoy des blonds platine.
- Merci. Commença Drago.
- Pour ? Fit le brun pris par surprise.
- Avant… J'étais qu'un con. Avoua-t-il simplement en haussant les épaules. Je suivais aveuglément mon père et quoi qu'il m'ait dit, je l'aurais fait. C'était dur. Mais j'ai appris à penser par moi-même, j'ai compris que j'avais mis mes espoirs de grandeurs dans les mains d'un fou…
- Je comprends. Fit Harry pour ne pas gêner trop son ancienne Némésis. Dans la mesure du possible. Mais, je comprends. On fait tous des erreurs, surtout quand on est gosse. Et je pense que tu les as compris, de la façon la plus cruelle qu'il soit. Dit-il simplement en essayant de pas aller dans les détails. Mais je te répète ce que je t'ai dit en quittant l'infirmerie. Je n'aurais jamais voulu ça, même à toi. Fit Harry en se rappelant leur entrevue à l'infirmerie, quinze ans plus tôt.
Drago repensa pour la première fois depuis des années à ses vacances de l'horreur, comme il les appelait. Son père l'avait violé sans aucun remords et était revenu plusieurs fois devant le Seigneur des Ténèbres qui adorait voir cela. Puis il y avait ses très nombreuses fois avec le Lord, alors qu'il était toujours sous Polynectar. Il avait compris ce que deviendrait Harry Potter s'il venait à tomber dans les mains du Lord, pourtant, alors qu'il était en colère de tenir cette place, bien qu'il en voulait à Harry, il ne lui souhaitait pas cette place. Le Lord était pourtant doux, outre la première fois devant Severus Snape et son père, il ne lui avait jamais vraiment fait mal, contrairement à son père.
Il devait même avouer qu'une fois la potion de luxure prise, il prenait énormément de plaisir, et c'est sûrement cela qui avait été le plus dur à accepter pour lui. Il se faisait violer par le mage noir, mais il avait pris du plaisir, joui et même supplié pour en avoir plus. Il s'était très longtemps détesté d'avoir pris autant de plaisir, il se dégoutait même encore parfois quand il y pensait. Mais même si c'est un monstre qui vous touche, on ne peut pas toujours empêcher son corps d'adolescent de réagir. Il n'était qu'un jeune homme avec des points sensibles qui n'avaient jamais été touchés avant cela, sans oublier qu'il était bien souvent drogué...
- Tu as trouvé ce que tu cherchais en France ? Demanda Harry.
- J'ai mis longtemps à trouver, mais oui. Fit Drago en souriant sincèrement. J'ai fait des études de Médicomagie et j'ai rencontré ma femme, Léa. Dit-il réellement heureux. Je suis devenu assez doué dans ma spécialisation, les blessures par sortilège. Je suis venu ici car l'un des deux hommes connaissait un ami de Léa. Léa étant enceinte, je ne voulais pas qu'elle vienne, et j'ai donc atterri ici. Fit-il simplement.
- Médicomage, une femme, un enfant et un deuxième en route. Fit Harry pensivement. Je crois que tu as réussi ta vie. Fit-il en souriant.
- C'est certain. Fit Drago fier de sa famille et de sa carrière. Et toi ? Avec Severus Snape ?
- Eh oui. Je n'ai pas voulu te le dire à l'infirmerie, mais nous avions monté tout un stratagème pour le Lord. Fit Harry en repensant lui aussi au passé. Et nous sommes restés ensemble, c'est parfois laborieux mais… On est vraiment heureux. Avoua Harry. Severus fait désormais de la recherche et je donne des cours de combat à l'académie d'Aurors. Mais notre plus belle réussite est nos enfants. Arthur, Nolan et Lily. C'est d'ailleurs pour Lily que nous sommes là, les deux hommes ont essayé de la kidnapper. Et apparemment, au moins l'un d'eux voulait lui faire du mal… Fit Harry de telle sorte que Drago comprit de quelle façon.
- Snape va les tuer. Fit le blond sans que cela ne semble plus le toucher.
- J'ai confiance en lui. Répondit Harry en espérant sincèrement que ça ne soit pas le cas. Pourquoi es-tu de retour en Angleterre ? Demanda-t-il pour changer de sujet.
- Je voulais partir, loin de tout ça. Avoua-t-il. Mais, mon fils Nathan a eu 9 ans, nous voulions qu'il connaisse un peu l'Angleterre et pratique un peu plus la langue, car il ira à Poudlard. Léa a eu une mauvaise expérience à Beauxbâtons et voulait donc qu'il vienne ici. Je pense qu'il était temps de revenir. Pour… Tourner la page.
Drago n'avait pas avoué que s'il était parti, c'était surtout à cause d'Harry Potter. Il n'aurait pas supporté de le voir dans tous les journaux, il avait été dans son corps pendant bien trop longtemps. Le Lord avait adoré le prendre face à un miroir. Il était d'ailleurs bien content qu'Harry ait autant changé, il ne se reverrait pas face au miroir avec le Lord chaque fois qu'il le verrait. C'était une chose qui l'avait stressé depuis sa décision de revenir en Angleterre. Aujourd'hui, il était enfin rassuré.
Ils revirent Severus revenir vers eux d'un pas assuré, comme à son habitude. Il s'approcha de son mari et l'embrassa jalousement en lui tenant la main. Il n'avait pas l'habitude d'être aussi démonstratif devant quelqu'un, surtout un presque inconnu. Mais voir les deux marcher l'un à côté de l'autre, comme des amis, l'avait fait rendre jaloux pendant un instant.
- Tu ne les as pas tués, j'espère ? Demanda Harry d'un air soucieux.
- Tu m'as rendu trop gentil ! Grogna Severus Snape.
Cette réplique eut le don de faire sourire Drago Malfoy. Il comprit qu'ils étaient réellement fous amoureux l'un de l'autre, même s'ils le cachaient bien. Un amour éternel, comme celui qu'il avait avec Léa.
Ils se séparèrent sans chercher plus loin, aucun des trois ne se doutait que c'était le début d'une longue amitié permettant de guérir les dernières blessures de Drago Malfoy. Qui aurait pensé que Nolan Potter deviendrait le meilleur ami de l'un de ses copains de chambre, Nathan Malfoy, premier Gryffondor de la lignée Malfoy ? Certainement pas leurs parents.
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- Tu ne me l'avais pas décrit comme ça ! Fit Léa Malfoy en regardant son mari, les sourcils froncés.
- Ce n'était pas ainsi quand je suis parti. Répondit simplement celui-ci en s'avançant doucement tout en tenant fermement la main de son fils.
Drago Malfoy était avec sa petite famille dans l'atrium du Ministère, et autant dire qu'une chose de taille avait changé aux yeux du blond. Ils étaient simplement venus aux Départements de la coopération magique Internationale pour confirmer leur diplôme de Médicomagie français et pouvoir ainsi travailler à Ste Mangouste. Drago n'avait pas pensé une seule seconde que l'ancien monument eut le droit à quelques changements en l'honneur d'un passé que personne ne devait oublier. La statue géante d'un sorcier avait été remplacée par deux sorciers, et par n'importe qui. Severus Snape et Harry Potter se tenaient l'un à côté de l'autre, la baguette pointée vers un même ennemi.
Le monument central avait lui aussi connu un changement, mais le changement se trouvait en dessous des statues, sur le pilier en marbre sur lequel il reposait. Il y avait des noms, beaucoup de noms, sorciers comme créatures magiques.
Drago ressentit une certaine émotion en s'approchant du monument, il commença à lire, essayant de voir s'il avait connu l'un d'eux. Certains lui disaient vaguement quelque chose, d'autres étaient de parfaits inconnus. Il y avait notamment Lavande Brown qu'il avait vaguement vu et Cédric Diggory. Puis il vit le nom de Daphné Greengrass, elle n'était pas vraiment une amie, mais elle était dans son année, dans sa maison. Son cœur se serra de douleurs, pour elle, pour tous.
- Regarde, Papa ! Fit son fils en désignant un peu plus loin un nom sur le pilier. Y a grand-mère !
Drago avança d'un pas tremblant jusqu'à son fils, son cœur battant douloureusement dans sa poitrine. Pourquoi auraient-ils inscrit le nom de sa mère dans cette liste de personnes décédées pendant la seconde guerre dans des conditions héroïques ?
« Narcissa Malfoy, née Black »
L'homme vacilla et ne put rester debout que grâce à sa femme qui bien qu'enceinte de quatre mois, avait réussi à maintenir son époux. Il passa les doigts sur les aspérités du marbre formant le prénom et nom de sa mère. Les larmes lui coulèrent naturellement des yeux alors que son fils entoura son corps de ses bras pour réconforter son père qui était bouleversé pour une raison qu'il ne comprenait pas encore.
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Cinq ans plus tard
- Allez, Pap' ! Supplia Nolan à son père. Nathan n'a jamais entendu cette histoire !
- Oh oui ! S'il te plait tonton ! Demandèrent d'une même voix Rose et Hugo.
- Vas-y, Harry. Supplia à son tour Hermione. Sinon, on va en entendre parler toute la soirée ! Soupira-t-elle dramatiquement, faisant rire ses enfants qui approuvèrent d'un signe de tête.
Harry se leva de son fauteuil et se plaça devant la cheminée. Il n'avait jamais eu autant de monde pour écouter une histoire que ni lui ni Severus n'auraient pensée si passionnante aux yeux de leurs enfants, neveux et nièces. Il regarda ses meilleurs amis, Ron et Hermione, qui furent toujours présents à ses côtés, quoi qu'il arrive. Leurs enfants, Rose et Hugo, représentant parfaitement leurs parents au même âge. Il y avait dans un coin, Ted et Victoire qui avaient fini par former un couple après autant d'années à se tourner autour. Lily était assise à côté de Nathan. Harry n'avait que peu de doute quant au fait qu'ils finiraient ensemble d'ici quelques années.
Puis son fils, Nolan, meilleur ami de Nathan. Et pour finir Arthur qui du haut de ses 16 ans semblait un peu blasé d'entendre une nouvelle fois cette histoire qu'il connaissait par cœur. Mais Harry ne se laissait pas prendre, son Serpentard de fils savait parfaitement cacher aux yeux des autres le fait qu'il adorait l'entendre parler de ses histoires avec son père, mais la brève lueur dans ses yeux ne trompait jamais ses parents. Le regard s'attarda sur un homme avec lequel il n'aurait jamais pensé devenir ami un jour, Drago Malfoy. Il était assis dans un fauteuil avec sa femme blottie contre lui et leur fille de quatre ans endormie entre eux.
Harry savait que ce qu'ils adoraient par-dessous tout, c'était la magie qu'il avait développée un peu plus au fil des années. Et Harry pouvait déjà voir que Nolan n'attendait qu'une chose, qu'il en mette plein la vue à Nathan. Il était fier d'avoir un père puissant, et bien qu'Harry et Severus aient toujours appris à leurs enfants que la puissance n'était pas tout, il était assez fier d'éblouir ses enfants. Il sortit une petite boule en verre, création des jumeaux Weasley, qu'il jeta à terre. Une douce fumée sortit et il put commencer son histoire. La fumée forma Poudlard ainsi que trois petites silhouettes, on reconnaissait assez bien le trio, et une autre plus grande un peu plus loin, Severus.
- Hermione, Ron et moi étions étudiants à Poudlard…
Deux heures plus tard…
La forme d'un dortoir apparu, celui des Gryffondors, ainsi que les trois amis. Hermione et Ron étaient sur le lit de ce dernier, et Harry sur le sien.
- La bataille finale était le lendemain et je voulais parler à Ron et Hermione puisque je pensais ne pas m'en sortir. Fit Harry en sachant qu'à présent, ils étaient tous assez grands pour entendre la vérité sur son histoire. Les plus grands la connaissaient déjà. Je leur ai dit : « Je suis amoureux de Severus Snape, peu importe que vous approuvez ! Je l'aime et cela ne changera jamais. Mais vous êtes mes meilleurs amis, alors même si cela prendra du temps, j'espère que vous l'accepterez. »
Le personnage représentant Ron s'évanouit lamentablement sur le sol, et tout le monde ria, même Ron. Le regard d'Harry se tourna vers Hermione qui souriait chaque fois que le moment de cette histoire arrivait, il avait dit une chose à Hermione à cet instant, une chose qu'il n'avait jamais dit à personne. Hermione n'avait jamais rien dit, mais on pouvait voir dans ses yeux l'air rieur qu'elle évitait d'aborder. Plus les années passaient, plus Hermione s'imaginait la tête de Severus quand il apprendrait cela, sûrement outré et en colère de ne pas l'avoir su plus tôt. Tout cela pour cacher simplement l'émotion qu'il ne voudrait pas montrer, car il est certain qu'il serait profondément ému.
- Hermione m'a dit d'une voix choquée : « Je comprends que tu n'es rien dis à Ron, il a la capacité d'une petite cuillère… »
- Hé ! Je n'ai jamais dit ça ! S'offusqua Hermione avant de rougir furieusement. Enfin… C'était pas dans cette discussion ! Et en plus, tu m'imites toujours aussi mal !
Tout le monde ria de plus belle et alors qu'Hermione faisait semblant de bouder, Ron l'embrassa tendrement pour la réconforter.
- Bon d'accord ! Fit Harry d'un air dramatique. Elle m'a simplement dit : « Pourquoi tu ne nous en as pas parlé plus tôt ? », alors je me suis levée à mon tour pour le regarder, je voulais qu'elle comprenne toute l'importance de ce que j'allais lui annoncer, tout ce que cela allait impliquer. « Si je m'en sors pas, Hermione. Je veux que tout le monde sache que je l'aime, que je l'ai aimé. Peu importe les réfractaires, peu importe ceux à qui ça ne plait pas. Je veux que tout le monde sache que je l'aime comme un fou, que j'aimerais faire ma vie avec lui, avoir une maison et des enfants. »
- Tu ne nous as jamais dit ça. Murmura Teddy en regardant son parrain puis Severus.
Tout le monde tourna le regard vers Severus, même Harry, mais à par lui, tout le monde le détourna. Ce n'est pas à cause d'un regard noir lancé de sa part, mais plutôt d'une chose qu'ils n'avaient vu que le jour de son mariage. Parce que non, ils n'avaient pas été là pour la naissance d'Arthur, ni lors de la première rencontre avec Nolan juste avant de signer les papiers d'adoptions, ou encore à la naissance de Lily. Severus était ému, et c'était une émotion tellement rare et intime pour tous qu'ils détournèrent les yeux, leur laissant ce moment d'intimité.
Harry continua son histoire jusqu'à la fin, omettant seulement ce qui ne regardait personne que les principaux acteurs de ses évènements. Il raconta même sa mort, sans dire qu'il avait vu ses parents lui disant qu'ils l'aimaient quoiqu'il arrive et quoiqu'il décide : « même si c'est pour te mettre avec Severus Snape », dixit son père. Comme depuis qu'ils étaient enfants, Harry avait tout de même raconté la fois où Drago était revenu d'une « mission » particulièrement dangereuse pour donner des informations capitales et que Narcissa Malfoy avait tué le serpent de Voldemort, une chose capitale puisque le serpent faisait que le Lord était pratiquement invincible.
Drago fut touché de cette histoire, à la façon dont le racontait Harry et vu le peu de réactions des personnes et enfants autour de lui, il comprit que c'est une chose qu'il avait dit dans toutes ses histoires. Il n'y eut que son fils et sa femme pour le regarder fièrement, il était un héros à leurs yeux et cela chamboula un peu le blond, il ne s'était jamais vu ainsi.
Il n'apprendra que deux ans plus tard, quand Nathan lui enverra une lettre de Poudlard, qu'il étudie en histoire la Seconde Guerre Sorcière et qu'il est cité dedans. Drago ira acheter le livre que son fils avait dû acheter, relatant l'histoire de la Seconde Guerre des sorciers, et il apprendra qu'une page entière lui est consacrée. Ce jour-là, il comprendra pourquoi le nom de sa mère avait été inscrit sur le pilier du ministère, pourquoi ses patients n'avaient jamais émis d'objections à ce qu'un Malfoy les touche, pourquoi on lui parlait toujours avec un profond respect. Tout cela était grâce à Harry Potter, c'est lui qui avait fait connaître son histoire, lui qui s'était battu pour que le nom de sa mère figure parmi les noms des morts héroïques. En bas de cette page est écrit en écriture manuscrite : « Auriez-vous eu le courage de vous détourner d'un chemin que l'on a déjà tracé pour vous dès votre naissance ? C'est ce qu'a fait Drago Malfoy, ce n'est jamais simple d'aller contre nos principes et il mérite tout mon respect pour y être parvenu. » Drago retournera la livre et découvrira le nom de l'auteur, Harry Potter.
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Severus Snape traînait son mari jusqu'à leur chambre. Celui-ci était presque porté par Severus, épuisé, vidé de sa magie. Il fit tomber sans douceur son mari sur le lit avec un rire moqueur quand celui-ci grogna de mécontentement. Severus savait parfaitement qu'il devait être épuisé après avoir relaté une grande partie de leurs vies en magie.
- Fatigué. Réussit-il à dire.
- Cinq heures à raconter notre histoire, tu m'étonnes ! Fit-il moqueusement. Mais tu sais que tu auras affaire à ma vengeance, si ce n'est pas ce soir, ça sera demain… Fit dangereusement Severus en déshabillant son mari.
- Pourquoi ? Balbutia Harry presque endormit.
- Pour ce que tu as dit à Hermione, et que tu ne m'as jamais rapporté. Fit Severus avec une boule d'émotion dans la gorge.
- Tu aurais dit que j'étais encore trop sentimental. Répondit Harry juste avant de s'endormir.
Severus finit de le déshabiller et l'allongea correctement dans le lit avant de se déshabiller lui aussi pour se blottir contre son époux.
- Mais j'adore quand tu es sentimental. Avoua Severus à son bel endormi. Je t'aime tellement Harry.
Il l'embrassa sur la tempe et s'endormit le sourire aux lèvres. Les vingt dernières années étaient définitivement les meilleures de sa vie. Il ne fait aucun doute que toutes celles qui suivraient seraient tout aussi magnifiques...
Fin
Merci à vous pour votre lecture et vos reviews (Je remercie ici, hitori auquel je n'ai pas pu répondre)
J'espère que cette histoire vous à plu, en tout cas j'ai pris énormément de plaisir à l'écrire et à vous la faire lire.
À une prochaine !
