GENRE : Action, Fic écolière, tranche de vie et futur slash.
PARING : DRARRY MOTHER FUCKER !
RATING : M voire Ma
BÊTA : Blitzz, est la meilleure de chez meilleure d'abord ! \O/
NOTE : • Les personnes ne m'appartiennent bien sûr pas, tout est à notre grande et respectée J.K. - Enfin, il y a quelques OC qui sont de moi, hm. Vous verrez en temps voulus.
Bonne lecture ~ !
- Chapitre 50 -
Draco ouvrit doucement les yeux, papillonnant sous la lumière du soleil qui venait de le réveiller. Il roula sur le dos pour s'étirer lentement, gémissant alors que les courbatures de la veille se faisaient sentir. Les mains au-dessus de la tête, il sentit le matelas affaissé à ses côtés et tourna la tête pour rire doucement. À ses côtés, endormi comme un bien heureux, Harry Potter était allongé sur le ventre et avait pris en otage un de ses oreillers, sur lequel il bavait. Il ronflait un peu, la bouche entrouverte, et le nez plissé. Draco le fixa quelques instants avant de réaliser qu'il était en train de sourire. Le Serpentard fronça les sourcils en réfléchissant, surprit par ce qu'il venait de faire sans même le réaliser. Il se passa une main dans les cheveux en fixant le plafond.
La veille, ils étaient rentrés chez Sirius pour y passer la fin du week-end. Si le parrain du Gyffondor les avait taquinés sur l'improbabilité de leur premier rendez-vous, les deux jeunes gens n'avaient rien laissé s'échapper et n'avaient même pas parlé entre eux, jusqu'au matin. Sirius avait contacté Severus, que ce dernier prévienne leurs amis de ce qui s'était passé et où les deux jeunes gens étaient. Et les deux étaient d'ailleurs désormais en détention : tous les soirs pendant une semaine à partir du Lundi. Superbe. Et arrivé au soir, Harry s'était attardé dans la chambre de Draco, jusqu'à ce que le Gryffondor s'écroule de fatigue.
Draco ne l'avait pas réveillé pour le sortir de son lit - ça faisait déjà un moment qu'il voulait l'y mettre, ne l'oublions pas ! - et il avait bien fait. Parce que la présence du jeune homme était la bienvenue, Draco n'avait pas eu envie de dormir seul, et heureusement. Dans la nuit, il s'était réveillé deux fois, en proie à des cauchemars poignant où Lucius Malfoy se révélait être un des mangemorts qui avaient attaqué la veille et qui l'attrapait, ou attrapait Harry, pour les torturer pendant longtemps, très longtemps - et quelquefois la petite Laura, dont les cris l'avaient glacé jusqu'aux os.
Mais quand il s'était réveillé, Harry avait toujours été contre lui d'une manière ou d'une autre, utilisant son torse comme oreiller une fois, une jambe entre les siennes une autre fois, ou encore l'ayant attiré contre lui. Harry était une véritable pieuvre. Et Draco trouvait ça adorable.
Le Serpentard soupira et roula sur son côté gauche pour observer le jeune homme dormir.
Ce garçon... enfin, cet homme maintenant. Il le rendait totalement fou. Pas d'une mauvaise manière - enfin, s'il en croyait Lucius Malfoy, c'était le cas -, mais il le rendait Poufsouffle. Et un peu plus Gryffondor.
La veille... la veille, il avait totalement paniqué sur le chemin de Traverse. Il n'était pas un combattant, il n'avait pas les tripes pour. Mais Harry l'avait compris, il le savait depuis bien longtemps et lui avait délégué le soin des blessés. Grâce à son envie de devenir Medicomage, Draco connaissait les sorts de soins les plus basiques et facile depuis quelque temps déjà.
Mais si Harry n'avait pas été là ? Sans doute n'aurait-il même pas pensé qu'il pouvait aider. Il aurait trouvé une cachette et y serait resté jusqu'à la fin des combats.
Peut-être que le jeune homme le rendait plus téméraire, mais... Mais d'une certaine manière, jamais Draco ne s'était senti aussi bien. Il avait mal partout, oui, mais il avait récupéré ces courbatures en aidant des gens, en sauvant même pour la plupart s'il en croyait les dires des medicomages... Par Merlin, il s'était même occupé d'une enfant trop jeune pour aller à Poudlard et avait même réussi à la calmer. Il se sentait... bien.
Doucement, Draco se rapprocha pour observer le visage de Harry, à quelques centimètres du sien. Le Gryffondor commençait doucement à se réveiller, en témoignait son visage plissé et ses marmonnements. Le blond avait dormi plusieurs fois - enfin, quelquefois - avec lui, il connaissait un peu ses habitudes de sommeil. Et puis, de toute manière, Draco était du genre à relever de petites informations comme ces dernières. Il glissa ses deux mains sous son oreille et attendit que le Gryffondor émerge.
Le jeune brun fronça d'abord les sourcils en grognant contre la lumière et Harry enterra son visage dans l'oreiller. Puis il bougea sous les draps, une de ses mains lâchant l'oreiller pour s'agiter au-dessus de son oreille, comme s'il allait faire fuir le soleil de cette manière, et Draco ricana. Son rire sortit définitivement Harry, qui entrouvrit un œil brumeux. Son regard eut un tout petit peu de mal à se focaliser, mais dès qu'il réalisa que Draco était là, juste face à lui, son œil s'éclaira et se fit pétillant, joyeux.
- Hey, marmonna-t-il, étouffé par l'oreiller.
Draco se permit un sourire.
- Bien dormi ? S'enquit-il doucement.
Harry sourit en fermant les yeux, s'étirant sur le lit et Draco sentit la jambe du jeune homme pressée contre la sienne.
- Hmoui. Toi ?
Draco évita de répondre pour plutôt réfléchir à cette soudaine envie de repousser le Gryffondor pour s'allonger sur lui. Oui, il avait envie de le câliner, et c'était inacceptable. Depuis quand Draco Malfoy voulait faire le chat en demande des papouilles à Harry Potter, hm ?!
- Tu es réveillé depuis longtemps ? S'enquit ledit Harry Potter en se frottant le visage pour se défroisser.
- Hm, je te regardais dormir, s'amusa le Serpentard.
Harry le regarda en haussant un sourcil.
- Ah oui ? Eh bien. C'est un comportement très inquiétant, Monsieur Malfoy Black. Un début de comportement de stalkeur, c'est vraiment très inquiétant.
Draco leva les yeux au ciel avec un sourire et donna une pichenette sur le front du Gryffondor, qui se mit à pouffer. Le Gryffondor, tout sourire et presque alerte, attrapa son bras pour l'attirer à lui et l'embrasser légèrement. Hm, Draco n'avait rien contre. Si Harry lui donnait une bonne excuse pour se câliner, eh bien... Oui, il n'allait pas être contre. Alors le Serpentard sourit en l'embrassant doucement à son tour, se coulant contre lui.
Ils restèrent quelques minutes allongés l'un contre l'autre, même si Harry l'avait attiré sur son torse pour l'y allonger d'office. Rien de poussé, pas de caresse et à peine quelques baisers légers. C'était... Domestique, plus qu'agréable. Draco n'y aurait jamais pensé, mais hm. Qui était-il pour se refuser quelque chose d'aussi agréable que ça ? Parce que bon, Harry et sa main enfouie dans ses cheveux, ses doigts frôlant quelques fois sa nuque, c'était... Draco frissonna et papillonna des yeux. Entre ça et le cœur du Gryffondor qui battait doucement contre son oreille, il était à deux doigts de se rendormir.
La main de Harry pressa son épaule alors que le jeune homme bâillait.
- On devrait se bouger un peu, non ?
- C'est dimanche, grogna Draco en plissant le nez.
- Hm. Je n'avais pourtant pas l'impression que tu étais du genre à faire des grasses matinées, s'amusa Harry.
- Je suis particulièrement bien accompagné aujourd'hui, que veux-tu, sourit le Serpentard en se cachant pour que l'autre ne le voie pas.
Mais apparemment, c'était trop lui demander.
- Ah oui ?
Le sourire du brun transperçait sa voix comme jamais. Draco grogna un peu, exaspéré par ses propres propos. Ce fichu Gryffondor allait avoir sa mort sur la conscience. Ledit Gryffondor bougea dans le lit pour poser une main dans son cou et l'embrasser doucement, d'une lenteur exaspérante alors qu'il faisait augmenter la température corporelle de Draco de quelques degrés. Mais où Harry avait-il appris à embrasser de la sorte ? Il était autoritaire, intrusif et arrivait à rendre le tout langoureux et érotique.
Peut-être que Draco gémit, hum hm. Aucun commentaire, merci bien.
Bon. D'accord, le sourire de Harry était joueur avec une petite pointe d'amusement, alors le Serpentard le fusilla du regard, c'était tout à fait dans son bon droit !
- Allez, bougeons-nous avant que Sirius ne s'inquiète. Imagine qu'il nous trouve comme ça, s'amusa le brun en haussant un sourcil.
Draco renifla.
- Eh bien je lui dirais que tout est entièrement de ta faute, que tu es le seul coupable, déclara-t-il en croisant les bras sur sa poitrine, défiant Harry du regard.
Ce dernier, au-dessus de lui, sourit un peu plus - alerte, beaucoup trop Serpentard, BEAUCOUP TROP ! Sonna l'instinct de Draco - et baissa le regard.
- Hm, j'en suis le seul fautif, tu es sûr de toi ?
Draco eu le malheur, que dis-je, L'HORREUR, de se sentir rougir alors que le Gryffondor soulignait son petit... afflux sanguin de ses parties basses, et repoussa le jeune homme avec un grognement indigné. Harry, qui aurait pourtant dû s'attendre à cette réaction - ou à une cousine - cria de surprise et bascula du lit, tombant sur le sol.
Toujours allongé sur le matelas, dans le silence le plus complet de la pièce, Draco cligna des yeux en fixant le plafond et se mordit les lèvres pour s'empêcher de rire aux éclats.
- ... Aïe. J'ai mal, lui parvint la voix détachée de Harry au sol.
Draco se laissa aller.
.*.
Harry passa une main sur son torse pour lisser les plis de sa chemise. Draco et lui se préparaient à retourner à Poudlard, après avoir passé le week-end ensemble dans la maison de Sirius, la même où ils avaient passé le Noël précédent. Ils s'étaient... les deux garçons avaient passé l'après-midi à discuter légèrement ou à passer juste leur temps côte à côte, en silence - l'un lisant ou se reposant simplement et leurs blessures de la veille étaient désormais toutes guéries.
Et ça embêtait Harry.
Non pas qu'ils sachent passer du temps ensemble sans que le silence ne soit dérangeant, désagréable ou lourd. C'était agréable, c'était doux, c'était domestique et jamais Harry n'aurait pensé pouvoir vivre ça avec Draco Malfoy Black. Et c'était génial.
Non, le "souci", c'était que Draco et lui n'avaient justement pas discuté de ce qu'ils étaient. Draco lui avait fait comprendre que non, il n'en avait que faire de ce que sortir avec Harry Potter voulait dire - soit Voldy qui respire contre sa nuque -, mais le Gryffondor ne lui avait rien dit. Il ne lui avait pas expliqué à quel point il voulait être avec lui. Ce qui s'était passé la veille...
Ça avait totalement remis en cause la vision du monde de Harry. Il était un horcruxe, il était destiné à mourir pour emporter Voldemort avec lui, ou du moins permettre de le rendre mortel pour que quelqu'un s'occupe de lui. Sirius lui avait dit de ne pas y penser, de Vivre, et rien d'autre, de profiter. Et Harry voulait en profiter, voulait profiter de Draco et de sa présence, de sa personne, de tout ce qu'il pouvait lui offrir. Mais est-ce qu'il était assez égoïste pour laisser Draco s'attacher à lui pour ensuite l'abandonner comme ça, parce qu'il allait forcément passer par la case " mort, du style définitif. ".
- Je peux te parler quelques instants ? Déclara-t-il en s'arrêtant à côté de Draco.
Le Serpentard se redressa - il était en train de regarder les livres de la bibliothèque du salon de Sirius - et haussa les sourcils. Il voyait le malaise sur son visage, alors il hocha la tête.
- Qu'est-ce que j'ai fait ? Fit-il mine de ne pas s'inquiéter.
Harry secoua la tête en souriant.
- Non, non. Tu n'as rien fait, c'est... C'est moi.
Draco se figea et l'observa. Son visage se ferma, son regard se glaça et Harry écarquilla les yeux.
- Oh par Merlin, non ! Pas dans ce sens-là, pas tout ! Ne t'imagine pas n'importe quoi, grinça-t-il des dents.
Il se rapprocha.
- Non, ce que je voulais dire, c'était que... jusque là, hier était pour voir si ça pouvait fonctionner, non ?
Draco hocha la tête, mais son masque était toujours en place. Harry inspira et se frotta la nuque.
- On voulait aller... Lentement, c'est comme ça qu'on voulait faire les choses, n'est-ce pas ?
Aucune réponse, mais le coin de sa bouche tiqua et les muscles de son cou se contractèrent. Harry sourit, un peu contrit.
- Eh bien, je ne veux pas. Allez doucement, je veux dire. On se connaît assez, je veux juste être avec t-
Draco ne le laissa pas terminer et l'embrassa, ses mains fermement pressées sur ses hanches, un coup de dent dans la lèvre inférieur, un baiser brûlant. Harry déglutit quand le Serpentard cessa de le malmener - il n'avait jamais dit qu'il n'avait pas aimé, bien au contraire.
- Euh... D'accord, oui. Qu'est-ce que ça veut dire en fait ? Grimaça-t-il, un peu perdu.
Draco offrit un petit sourire mesquin.
- Je vais bien m'occuper de toi.
- Euh... D'accord.
Harry cligna des yeux.
- Mais attend, quoi ? Couina-t-il presque.
Draco le jaugea du regard, une moue soucieuse sur son visage - comme s'il cherchait à savoir avec un regard s'il méritait son intérêt.
- Hm, je pense que ça pourrait le faire. Peut-être. Si tu es un brave garçon.
Harry haussa les sourcils et ouvrit la bouche.
- Excuse-moi ? S'offusqua-t-il.
Draco joua des sourcils et se détourna, les mains dans ses poches pour quitter la pièce - direction, la cuisine.
- Oy, attends-moi, toi ! Cria Harry en soufflant comme un taureau énervé.
Qu'est-ce qu'il croyait, Malfoy ?! Que ce petit connard pouvait se permettre de faire son gars pompeux et imbuvable, comme si Harry allait le laisser faire ?! Eh puis, quoi encore ?! Le Gryffondor allait le remettre à sa place, il était Harry Potter, pas un-
Avant de rentrer dans la cuisine, le Survivant s'arrêta et prit une profonde inspiration. La colère faisait bouillir ses veines, une vague de rage bouillante qu'il savait ne pas être la sienne - pas véritablement en tout cas. C'était la partie d'âme de Voldemort qui le submergeait - maintenant qu'il était au courant, il arrivait à reconnaître quand ces bouffées de colère qui le prenaient n'étaient pas les siennes. Il perdait le contrôle, mais personne ne le contrôlait véritablement.
Mais il détestait ça.
Beaucoup plus calme, cherchant à calmer les battements de son cœur, qui tambourinait furieusement dans sa poitrine, il pénétra la pièce, la tête penchée sur le sol pour éviter le regard de Draco - s'il faisait attention à lui.
- Est-ce que je suis une sorte de trophée pour toi ? L'accomplissement de toutes ses années, avoir Harry Potter à son bras ?
Il s'adossa au comptoir, le regard toujours sur le sol, et un bruit de verre malmené résonna dans la pièce, le faisant sursauter. Harry osa enfin relever la tête et à côté de l'évier, le Serpentard avait toujours sa main sur son verre et le regardait comme une bête curieuse, même avec une petite pointe de colère.
- Excuse-moi ? Siffla Draco en plissant des yeux, le fusillant du regard.
Mal à l'aise, Harry renifla et haussa les épaules en croisant les bras sur son torse.
Le Serpentard ne le quitta pas des yeux et commença à se rapprocher. Une boule dans la gorge, le jeune homme essaya de déglutir sous le feu glacial du regard de son ... compagnon, camarade, futur amant, ou peut-être même ex-futur-amant, au vu de ce qui était en train de se passer.
- Tu te fiches de moi là Potter, n'est-ce pas ? S'inquiéta visiblement Draco en se rapprochant.
Harry refusa de répondre - enfin, ne put répondre - une boule dans la gorge. Quoi ? C'était si incroyable que ça ?
- Eh bien, je...
- Harry... Soupira le Serpentard.
- Non, mais c'est juste...
Harry lui lança un regard gêné. Draco leva les yeux au ciel et esquissa un sourire. Il s'arrêta juste devant le Gryffondor, l'emprisonnant contre le comptoir en posant ses mains sur ce dernier, de chaque côté des hanches du jeune homme. Ce dernier dégluti, le ventre noué et un regard un peu trouble et perdu posé sur lui.
- Quoi ? Bafouilla-t-il en se mordillant la lèvre.
- Je suis un trophée à moi tout seul, renifla le jeune blond en haussant un sourcil.
Harry fronça les sourcils, perdu. Draco le fixa et soupira.
- Bien, je ne le dirais qu'une seule fois, ouvre bien grand tes oreilles : Tu n'es pas un trophée, je tiens vraiment à toi, d'accord ? Clama-t-il en le regardant dans les yeux.
Le Gryffondor faillit s'étouffer avec sa salive.
- Hm... Tu peux-
- Non, je ne le répéterais pas, grogna Draco en levant une main, un sourcil haussé.
Harry s'humidifia les lèvres et un petit sourire se dessina sur son visage.
- D'accord, murmura-t-il.
- Bien. Et rentre-le toi bien dans le crâne, assena le Serpentard en lui tapant le milieu du front avec son index.
- Ok, ok, d'accord, rit-il un peu.
Draco sourit rapidement avant de se reculer.
- Sérieusement Potty, dit-il doucement. Tu n'as pas à avoir des insécurités pareilles.
Le Serpentard ne le quitta pas des yeux et Harry gigota un peu, extrêmement gêné.
- Comme si je pouvais contrôler ce genre de choses, bougonna-t-il.
Le Serpentard l'observa, comme s'il cherchait à déterminer s'il était sérieux. Mais Harry n'avait jamais été aussi sérieux que tout de suite. Le Gryffondor s'humidifia les lèvres et se détacha du comptoir pour s'approcher de Draco. Il le regarda, une moue tristounette sur le visage et le Serpentard leva les yeux au ciel. Il l'attira à lui et Harry se blottit contre son torse.
- Un câlin... Sérieusement, Potty ? Murmura Draco contre ses cheveux.
- Va falloir t'y habituer. Je t'ai dit que je voulais pas aller en douceur... marmonna-t-il en fermant les yeux.
Draco souffla un rire contre son oreille et passa une main dans ses cheveux, en douceur. Harry frissonna et sourit un peu. Son cœur se calma et sa colère - qui vrombissait encore sous sa peau - s'étiola définitivement.
Les deux jeunes gens restèrent de longues minutes enlacés dans la cuisine, respirant au même rythme.
Harry n'avait pas besoin qu'ils y aillent doucement tous les deux, qu'ils prennent leur temps. Ron avait raison, avec eux deux, ils ne faisaient jamais dans la dentelle. C'était toujours tout ou rien, et Harry voulait tout avec Draco. Tout. Alors à quoi bon ? Par Merlin, ils avaient passé des mois à s'apprivoiser, il connaissait tout de lui ; ils connaissaient tout de l'autre. Ils n'avaient pas besoin de... Enfin, c'était parfaitement clair dans sa tête.
Ils avaient passé des années à se prendre la tête ? C'était le cas.
Ils ne se supportaient que depuis quelques mois ? Ils ne se connaissaient réellement depuis encore moins de temps ? Et alors ? Harry n'avait pas vraiment longtemps devant lui, de toute manière...
Le Gryffondor se secoua.
- Est-ce que je vaux le coup ? Marmonna-t-il contre son épaule.
Draco caressa doucement entre ses omoplates.
- Tu veux dire, au-delà de ton aspect trophée ?
Le Survivant, toujours contre lui, frappa ses côtes.
- Connard.
- Je fais de mon mieux, Potty, je te l'ai déjà dit, ricana Draco.
Harry soupira, mais avant qu'il ne se détache, le Serpentard resserra ses bras autour de lui.
- Aux premiers abords, je te dirais qu'on est en train de faire une grosse connerie. Je veux dire, sur le papier... On part de très loin.
Le Gryffondor inspira doucement et hocha la tête après quelques secondes de réflexion.
- Hm, pas faux.
- Mais tu sais à quel point j'aime les défis, s'amusa ensuite le blond.
Harry sourit un peu.
- Moui... Même si de méchants messieurs en noirs essayent de me tuer ?
- Ils essayent de me tuer tout autant.
- Tu n'es pas la cible numéro un à abattre, gronda Harry en fronçant les sourcils.
- Ça dépend de qui tu parles.
Le Gryffondor se détacha - il était temps, même s'il serait bien resté contre Draco encore un peu - et fronça les sourcils en le regardant.
- Le patriarche Malfoy ? Répondit-il simplement. Ou encore ma tante maternelle ? Et d'ailleurs, même mon oncle maternel aussi - crois-moi. Mon refus de perpétuer la lugubre tradition familiale m'a mis en tête des personnes à abattre pour eux, expliqua Draco très naturellement.
Harry fronça les sourcils puis soupira.
- D'accord... On forme un couple très intéressant, railla-t-il en levant les yeux au ciel.
Draco souffla un rire discret.
- On peut dire ça comme ça. D'ailleurs, maintenant que l'on s'est mis d'accord, nous deux...
Harry focalisa son attention sur lui.
- Je te le dis, même si tu dois t'en douter ; après tout, tu n'es pas idiot... commença Draco en levant le menton.
Harry croisa les bras, eut un petit sourire et haussa un sourcil, l'air de dire " Ah oui... ? C'est nouveau ça ? Tu ne disais pas ça, il y a encore quelque temps~ ". Le serpentard leva les yeux au ciel en retenant un sourire puis continua en le regardant d'un air sombre et sérieux.
- Je suis quelqu'un qui ne partage pas.
Le gryffondor cligna des yeux avant de froncer les sourcils.
- J'espère que tu réalises que ça va dans les deux sens...
- Oh oui, tout à fait.
Un gloussement les fit sursauter tous les deux - enfin, Harry plus que Draco - et les deux élèves se tournèrent vers la porte de la cuisine. Là, adossé à l'encadrement, Sirius les regardait, tout sourire.
- Oh, bah non, ne vous arrêtez pas en si bon chemin !
- Tu es là depuis quand ?! S'offusqua Harry en se mettant à rougir furieusement, sous le regard goguenard de Draco.
- Oh, assez pour t'embêter jusqu'à ce que tu ais des cheveux blancs, crois-moi petite loutre.
- Tu n'as pas encore fait le tour des animaux ?
- Non, la semaine prochaine, je m'attaque aux insectes, s'amusa Sirius en tirant la langue.
- Tu es insupportable, soupira Harry en passant une main sur son visage.
- Je suis l'oncle agaçant qui vient casser le coup des amoureux.
- OH PAR MERLIN !
Tout comme ce matin, un rire fit frissonner Harry, qui jeta un regard qui se voulait noir à son définitivement-futur-amant, qui riait librement derrière sa main en les fixant tous deux.
- Malfoy, chut, gronda Harry en fronçant les sourcils.
- Vous êtes incroyables, souffla ledit Malfoy en secouant la tête.
Harry leva les yeux au ciel et grogna quand Sirius s'approcha pour abattre son bras sur les épaules de son filleul, le serrant contre lui presque douloureusement.
- Bon, je ne venais pas pour vous embêtez, mais plutôt pour savoir si vous étiez près à retourner à l'école, comme deux bons studieux élèves qui ne font pas le mur pour aller au chemin de Traverse le jour où une attaque terroriste y est orchestrée, hm ?
Harry soupira et secoua la tête.
- Puisqu'il faut à tout prix y aller...
Sans aucun doute qu'ils allaient de nouveau être le centre d'attention de toute l'école. Peut-être que ses amis n'avaient rien dit quand à l'endroit où ils étaient - parce que ce ne faisait aucun doute que leur absence à tous deux avait été remarquée -, mais une simple rumeur pouvait enfler, des spéculations totalement folles pouvaient se créer, et ça allait sans doute leur retomber sur le bout de son nez. C'était toujours pour sa pomme, ces conneries...
Avec une moquerie, Sirius les poussa tous les deux dans le salon pour qu'ils partent par le réseau de cheminette, qui avait un accès direct au bureau du Directeur. Harry inspira et prit son courage à deux mains. Après tout, il avait fait face la veille à des mangemorts entraînés, ce n'allait pas être quelques élèves qui allait lui faire peur.
N'est-ce pas ?
.*.
Draco renifla un rire en apercevant Harry sortir de la cheminée du bureau du Directeur, titubant hors de l'âtre et éternuant, couvert de suie. Attendrit - non, pas attendrit, il se moquait, c'était diff... Oui, d'accord. Draco était attendit, contents ? - le Serpentard s'approcha pour l'aider à se tenir debout et l'épousseta.
- Comment tu fais ton compte ? Marmonna-t-il en ébouriffant ses cheveux, surpris par toute la suie qui s'y trouvait.
Harry crachota quelques cendres et s'essuya les yeux.
- Mais j'en sais rien...
- Messieurs...
Les deux élèves se tournèrent vers le bureau du Directeur où ce dernier était assis, et Draco frissonna. Adieu le gentil papy, bonjour le vainqueur de Grinderwald.
- Monsieur, commença Harry avec une grimace, se triturant les doigts.
Albus Dumbledore leva la main et le Gryffondor se tut. Le directeur les regarda tour à tour avant de soupirer, se passant une main sur son visage. Il perdit son air grave et leur offrit même un petit sourire contrit.
- Je me doute que ce qui s'est passé hier n'était pas votre faute, mais vous pouvez comprendre aisément que je ne peux laisser votre virée à Londres impunie.
Les deux élèves hochèrent précipitamment la tête.
- Sirius nous a dit que nous étions collés toute la semaine, et c'est normal, s'exprima enfin Draco.
Dumbledore hocha la tête, son regard de nouveau pétillant.
- J'ai cru comprendre que vous aviez profité pour aller chercher ta nouvelle baguette, Harry ?
Le Gryffondor hocha vivement la tête, son visage rayonnant. Il présenta sa baguette sombre - plus sombre que celle de houx qu'il avait précédemment - au directeur, qui la regarda sans la prendre en main.
- Et j'ai aussi eu des retours comme quoi tu l'avais brillamment utilisé, s'enquit le vieil homme.
Harry se frotta la nuque.
- Il fallait bien... On vous a dit tout ce qui s'était passé ? Interrogea-t-il.
Dumbledore hocha la tête.
- Ce matin, une une spéciale de la Gazette du Sorcier a été distribué et a fait grand bruit... Vous êtes sur toutes les lèvres de l'école, s'amusa-t-il.
Harry grogna et se prit le visage dans les mains.
- Par Merlin, qu'est-ce qu'il peut y avoir dans cet article... geint-il.
Draco le regarda en souriant, amusé, mais comprenant parfaitement son exaspération. Si pendant longtemps les élucubrations du journal sur le Survivant le faisaient bien rire, maintenant... Bon, il n'allait pas se mentir, ça le faisait toujours rire. Mais puisque la majorité de la population croyait ce qui était écrit, cela faisait en fait un peu peur.
- C'est pourquoi...
Les deux garçons se jetèrent un coup d'œil avant de reporter son attention sur le visage souriant du directeur. Draco frissonna. Il ne savait plus vraiment ce qu'il préférait : L'air du grand sorcier qui pouvait détruire quiconque d'un claquement de doigts - bon, d'accord, d'un petit geste de baguette, mais l'image était la même - ou cet air calculateur de vieux fou - ce n'était pas parce que le Serpentard n'était pas pour Voldemort qu'il devait soudainement arrêter d'attribuer des sobriquets à ce sorcier.
- J'accorde vingt-cinq points à Gryffondor pour tes sorts de défense envers des terroristes, protégeant une grande partie de la population du Chemin de Traverse, Harry.
Le blond cacha une grimace. Une telle préférence... mais ce n'était pas étonnant, c'était comme ça depuis des années, Draco n'avait pas-
- J'accorde ensuite vingt-cinq points à Serpentard pour des sorts de soins parfaitement exécutés qui, à en croire les autorités compétentes, ont sauvé de nombreuses vies ce jour-là.
Draco cligna des yeux.
Ok, ça s'était étonnant.
Pardon, de quoi ? Il pouvait répété, le vieux fou ?!
L'air amusé de ce dernier qui semblait se délecter de sa surprise le piqua dans son ego et il eut presque envie de renifler dédaigneusement, mais le coup d'épaule et le sourire éclatant de Harry brisèrent cette envie aussi facilement que si ça avait été une bulle de savon.
- Enfin, j'accorde vingt-cinq points à ces deux maisons, pour le parfait exemple de cohésions et de travail en équipe que je voudrais voir plus souvent dans cette école, soupira-t-il à la fin.
Harry jeta un coup d'œil à Draco avant de se mordiller la lèvre.
- C'est gentil monsieur, mais vous n'êtes pas obligé. Je veux dire...
Il se mit à chercher ses mots, mais Dumbledore l'empêcha de continuer sa phrase.
- En plus du fait que vous méritez ses points, c'est le geste qui est le plus important. Je veux par là montrer qu'en dehors de l'école, les maisons n'existent plus et que les tensions dans l'école ne devraient pas exister pour cette raison. De plus, en ces temps de guerre...
Il n'avait pas besoin d'en dire plus, Harry tout comme Draco comprenaient parfaitement.
- Maintenant, je vous invite à retourner... Eh bien, faire ce que vous faites habituellement les dimanches soirs, s'amusa le directeur.
Les deux jeunes gens hochèrent la tête.
- Bien que je serais vous, j'irais de ce pas voir les personnes qui me sont chères et qui se sont sans aucun doute inquiétées... Déclara-t-il avec un regard entendu.
Harry eut un sourire et acquiesça.
.
Les deux jeunes gens prirent la direction de leur appartement jusqu'aux escaliers, où Harry laissa Draco pour se diriger vers la salle commune des Gryffondors. Draco le regarda grimper quelques marches avant de l'arrêter.
- Hm, une dernière chose Potter.
Le jeune homme se retourna vers lui, quelques marches en hauteur.
- Si ça fonctionne entre nous et qu'on construit quelque chose... Tu m'appartiens, sourit Draco d'un air suffisant - bah oui, ça faisait quelque temps déjà qu'il essayait de lui faire comprendre, mais avec ce qu'il s'était passé pas plus tard que tout à l'heure dans la cuisine, Draco préférait dire les choses clairement.
Le brun plissa des yeux, ainsi que ses lèvres. Puis il sourit d'un air mesquin.
- Oh non, je ne crois pas, Malfoy. Ça, c'est hors de question. Je ne t'appartiendrais jamais.
Draco sourit de la même manière.
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Oh oui, il le savait. Bien entendu, et c'était bien ça qui faisait frissonner Draco. Oh oui, bien sûr que Harry Potter lui plaisait, il lui plaisait même beaucoup, aussi bien physiquement - il aurait fallu être aveugle, et encore - que mentalement ; Mais cette indépendance, cette fougue du pur Gryffondor qu'il était et surtout ce fait que Harry le connaissait aussi bien, ces pires défauts notamment ; le fait qu'il ne s'était jamais écrasé ou abaissé face à lui, restant tête haute et l'affrontant comme son égal ... Qu'il ne mâchait pas ses mots... Un félin indomptable. Par Merlin, bien sûr que Harry Potter ne lui appartiendrait jamais - et c'était ça... C'était exactement ça. Draco allait devoir se battre chaque jour pour le garder à ses côtés - non.
Il allait devoir se battre chaque jour pour mériter d'être à ses côtés. Et Draco avait toujours aimé les défis.
REPONSE AUX REVIEWS :
Je répondrais aux reviews plus tard dans la journée.
bien le bonjour ! Je n'ai toujours pas dormi, je suis fatigué, mais je vous passe le chapitre ! J'espère qu'il vous a plu ! En tout cas moi... Dodo'
Je vous embrasse ! Et à jeudi pour la suite :)
xoxo, 'Win
