GENRE : Action, Fic écolière, tranche de vie et futur slash.

PARING : DRARRY MOTHER FUCKER !

RATING : M voire Ma

BÊTA : Blitzz, est la meilleure de chez meilleure d'abord ! \O/

NOTE : • Les personnes ne m'appartiennent bien sûr pas, tout est à notre grande et respectée J.K. - Enfin, il y a quelques OC qui sont de moi.

Bonne lecture ~ !


- Chapitre 53 -

Samedi après-midi, Sirius et Remus se présentèrent à la Salle sur Demande pour répondre à la requête d'Harry. Le jeune homme ignorait comment cela s'était goupillé, mais au moins le double des élèves présent le lundi soir était à cette réunion/cours de soutien/conseil de guerre. Peut-être était-ce l'optique de retrouver l'ambiance des cours de Remus qui les avait attirés ici. En tant qu'ancien professeur de Défense très apprécié, l'ancien maraudeur - à l'aide de son sempiternel complice Sirius Black - transforma ce cours en une énorme salle de jeu. Jambenconton, sort de chatouille, sort réduisant les vêtements, tout ce qui était marrant... et assez étrange pour surprendre un adversaire assez longtemps pour mettre en place une défense plus poussée. Sans en avoir l'air, les élèves de chaque année et de chaque maison - Zabini et Draco avaient ramené quelques Serpentards de première à quatrième année, des élèves neutres.

Assez rapidement, l'ambiance s'était détendue et des groupes d'années proches s'étaient formés, quelques élèves voletant d'un groupe à l'autre pour aider leurs camarades. Parmi ses élèves se trouvait Mickael Sharps, et Harry savait qu'il ferait un des gardes de ces groupes parfaits. Après tout, il s'était retrouvé dans sa tête sans pourtant l'avoir voulu et on pouvait avoir confiance en ses actions.

Hermione, dans un coin de la Salle sur Demande, listait frénétiquement le nom des élèves qui passaient d'un groupe à l'autre, ceux en qui on avait le plus facilement confiance, dans le sens avoir une confiance pour sa protection, pour sa vie. Son regard ressemblait à celui d'un aigle, acéré, qui relevait autant d'informations qu'elle pouvait voir.

Et Harry observait le tout d'un air un peu fier. C'était idiot, n'est-ce pas ? Ce n'était pas comme s'il était un professeur, ce n'était même pas comme si il avait amorcé ce groupe cette année, bien au contraire. C'était Hermione qui l'avait fait, avec Ron et Neville. Ce n'était qu'un groupe d'étude qui dérivait rapidement à des cours de défense pour une guerre où malheureusement les élèves étaient en première ligne. Mais c'était une vision simple des choses : Dans son esprit, dans ses tripes, il était celui qui devait tous les sauver, tous les protéger. Mais maintenant qu'il savait ce qu'il était... Le réceptacle d'un bout d'âme de Voldemort condamné à trépasser pour que ce dernier meure définitivement. Et pour cela, ils devaient pouvoir s'en sortir seuls, sans qu'il soit sur leurs dos pour les protéger et les reprendre à chaque fois. Certes, il pouvait le faire aujourd'hui ; mais sur le champ de bataille, ils seront livrés à eux-mêmes.

Harry n'avait aucun doute que Dumbledore s'occupera de Voldemort quand Harry sera... parti - mais lui non plus ne pouvait s'occuper de tous les enfants à la fois.

Alors voir une telle cohésion entre les personnes des différentes maisons, même les petits Serpentards, qui souriaient et riaient ensemble tout en apprenant à se défendre, ça faisait chaud au cœur.

.

Zabini - Blaise, Harry devait prendre l'habitude de l'appeler Blaise -, Ron, Neville, Draco, Luna, Hermione et lui-même étaient tranquillement installés dans les appartements de Harry et Draco. Ils étaient sortis de la Salle sur Demande depuis quelques minutes et Neville leur exposait l'idée qu'il avait eue.

Blaise avait été surpris que tous - excepté Draco bien entendu - se permettent de tout lui raconter, mais Harry avait simplement haussé les épaules en déclarant qu'il était de toute manière digne de confiance à son sens - même si le Gryffondor était le seul à savoir qu'il avait fait un serment pour ne rien pouvoir dire - et les autres avaient simplement hoché la tête, prenant ses dires pour argent comptant.

Après une bonne demi-heure à survoler ce plan qui prenait peu à peu forme, les étudiants avaient commencé à vider les lieux, tout d'abord Ron et Neville - comme si le fait d'arriver en avance à la Grande Salle allait permettre à Ron de pouvoir manger plus - puis Luna, Hermione et Blaise, pour qu'au final, il ne reste plus que Harry et Draco en tête à tête.

Cela faisait à peine une semaine que les deux jeunes gens sortaient ensemble et mise à part Harry qui venait quémander quelques câlins, et Draco qui venait l'embrasser sans prévenir, rien n'avait changé entre eux. Enfin, presque.

Harry, la tête sur les genoux d'un Draco perdu dans la lecture des notes que Hermione avait laissé sur leur table, appréciait la situation, le silence agréable qui planaient entre eux et était aux bords du sommeil. Il aurait très bien pu s'endormit, mais il ne pouvait pas s'y résoudre. Parce qu'à chaque fois que Draco passait à un nouveau parchemin ou en reprenait un pour le relire, il passait distraitement ses doigts dans les cheveux de Harry, sans même qu'il ne le réalise. Et ça, ça valait de l'or, il ne voulait surtout rien rater. Il était tellement bien qu'il osa bouger un peu pour se rapprocher du torse de Draco, bougeant pour rouler sur son flanc, l'arrière de sa nuque bien au chaud contre le torse du Serpentard, les doigts de se dernier frôlant sa nuque.

- On devrait aller manger, lui murmura-t-il au bout de plusieurs minutes.

Il avait totalement délaissé les parchemins pour passer et repasser ses doigts dans ses mèches de cheveux. Harry l'entendit marmonner qu'on ne pouvait définitivement rien faire pour une disposition pilaire telle que celle-ci et sourit légèrement.

- N'ai pas envie... marmonna-t-il.

- Tu ne dois pas te coucher le ventre vide, lui reprocha Draco.

Harry rouvrit un œil et bougea la tête pour observer son visage aux sourcils froncés.

- On peut demander à Dobby de nous apporter quelque chose à manger.

- Tu veux qu'on reste ici ?

- Hm... Juste tous les deux, proposa Harry d'une petite voix timide.

Même s'il était à moitié endormi - il n'avait pas pu résister aux bras de Morphée - il aperçut parfaitement le sourire qui s'épanouit sur les lèvres de Draco, et y répondit avec moins d'intensité due au sommeil. Il leva la main et caressa le coin de ses lèvres redressées.

- Ça te dit ? S'enquit-il en essayant de déterminer s'il ne le monopolisait pas trop.

Draco ne lui répondit pas verbalement, préférant plutôt se pencher pour brosser ses lèvres des siennes. Harry ferma les yeux et soupira de plaisir contre sa bouche, souriant à moitié.

- Parfait, murmura-t-il.

Non, il n'avait pas cette impression que des papillons dansaient et virevoltait dans son ventre.

.*.

- Dis-moi les choses clairement, Potter.

Harry leva le nez de son magasin de quidditch. Deux semaines déjà qu'il sortait avec Draco et voilà qu'il prenait déjà toute la place sur le canapé, étant ainsi 'obligé' de poser ses mollets sur les cuisses du Serpentard. Qui avait grogné, bien entendu, il ne serait pas Draco sans un reniflement dédaigneux envers lui. C'était autant étonnant qu'agréable de constaté que l'amitié qu'ils avaient construite durant toute l'année leurs donnait des libertés avec l'autre qu'ils ne se seraient jamais permis si du jour au le demain ils étaient passés du stade "Je te hais. Cordialement, la direction." à " Je t'attire dans un couloir sombre pour te voler un baiser et disparaître sans te laisser le temps de te remettre de tes émotions."

Alors Harry fixait le Serpentard qui évitait pourtant son regard, fixant l'âtre de la cheminée face à lui, surpris qu'il ne développe pas son questionnement.

- De quoi tu parles ? S'enquit Harry en fronçant les sourcils.

Il ferma sa revue et la posa sur ses jambes tendues.

- Malfoy ?

Ce dernier se tourna enfin vers lui, le visage grave. Oh, masque en place, rien pour rassurer Harry.

- Est-ce que tu doutes encore de moi ? Demanda le Serpentard d'une voix glaciale.

Harry se crispa et fronça un peu plus les sourcils.

- De quoi tu parles, exactement ?

Draco soupira, visiblement t excédé et Harry se redressa. Il sentait mal la conversation qui allait suivre, et son instinct lui faisait rarement défaut.

- Je parles du fait qu'aussi discret et pudique que tu sois, tu te comportes avec moi comme tu t'es comporté avec Rickers, cracha-t-il ce nom presque honnit.

Il se redressa à son tour pour se mettre debout et Harry récupéra ses jambes. Le Gryffondor fixa son petit ami, la bouche entrouverte.

- Qu'est ce que tu sous-entends exactement, en disant cela ? Grinça-t-il des dents.

La colère commençait à enfler en lui, gonflant dans sa poitrine comme si c'était un organe à part entière, qui repoussait tous les autres pour prendre le plus de place possible, le laissant à l'étroit dans son propre corps. Draco le fixa, comme cherchant une réponse sur son visage.

- Est ce que tout ça, expliqua-t-il en agitant la main entre eux deux, n'est pas un autre de tes plans pour... Je ne sais pas, avoir accès à ma tête ?

Harry hoqueta sous le choc avant qu'un rire jaune et amer ne le secoue.

- Je n'arrive pas à le croire, ricana-t-il en se passant une main sur le visage, le cœur lourd.

- Mets toi à ma place, Potter, asséna Draco d'une voix sombre.

Le Gryffondor baissa sa main et le fusilla du regard.

- Et qu'est ce qui te fait croire que ce n'est pas comme ça comme je suis comme je suis en couple ? Gronda-t-il.

Malfoy leva les yeux au ciel en croisant les bras sur sa poitrine, les poings serrés.

- Tu es sorti avec Sharps, Potter.

Harry serra les mâchoires.

- Et ?

- Même si l'école ne le savait pas, j'ai l'œil. Et tu ne t'es jamais comporté avec lui comme tu le fais avec moi.

- Alors c'est ça ? Je suis trop quoi ? Trop content d'être avec toi ? Trop tactile, trop proche de toi peut-être ?

Énervé, Harry sauta sur ses pieds, le cœur battant la chamade et une envie de bouger qui le secouait. Enfin, bouger, pas vraiment. Il avait juste envie de frapper Malfoy comme jamais il ne l'avait fait auparavant. Et ce n'était pas lui, mais sa colère et l'autre se mêlaient pour lui tordre les entrailles et le rendre furieux.

- Tu n'es qu'un connard, si tu me trouves trop envahissant, il y avait d'autres moyens de me le dire !

Refusant d'avoir a faire une seconde de plus à Malfoy, il quitta les appartements précipitamment, direction le parc pour se calmer.

Malfoy ne le retint pas.

.*.

Harry avait envie de pleurer. Mais il ne ferait pas ce plaisir à Malf- Drac- A lui, merde.

Il ne...

Dès qu'il était sorti et que le vent plutôt frais avait claqué sur son visage, il s'était dégonflé. Sa colère avait disparu, ne lui laissant qu'un amer sentiment de détresse.

Il ne voulait pas s'embrouiller avec Draco. Il ne voulait pas que le Serpentard lui en veuille, ou qu'il le trouve envahissant. Certes, Draco n'avait pas tort, Harry était plus... Tactile avec lui qu'il ne l'avait été avec Mickael. Après tout, avec le Poufsouffle, il expérimentait encore, il laissait Mickael faire, engageant un contact que très rarement, encore un peu à la recherche de ses limites et de ses envies. Avec Rickers, il s'était... Totalement lâché. Il avait ravalé sa timidité pour coller au mieux aux envies du Serdaigle, aussi avilissantes avaient-elles été. Harry avait parfaitement interprété son rôle, il savait ce qu'il avait fait, mais savait aussi et surtout que d'une certaine manière, ça n'avait pas été lui. Il était convaincu d'avoir fait la bonne chose et ne regrettait rien, qu'importe si les gens le traitaient de pute.

Sauf Draco. Il n'avait pas le droit, pas lui.

Harry soupira en se laissant tomber dans les gradins du stade de Quidditch. Il se prit la tête dans ses mains, insensible au froid. Il ne ressentait que la tempête dans son cœur et son âme. Il avait envie de vomir.

Certes, passer d'un extrême à l'autre en matière de relation n'était sûrement pas très sains. Mais d'une certaine manière, ça avait permis à Harry de savoir rapidement ce qu'il voulait et attendait dans une relation.

Alors oui, il recherchait la présence de Draco. Oui, il essayait d'intercepter ses sourires qu'il ne laissait fleurir que dans leurs appartements. Il grappillait le plus possible tout ce que Draco pouvait lui offrir, cherchant aussi les limites du Serpentard pour ne pas le mettre mal à l'aise ou le faire se lasser de lui trop vite.

Draco était un foyer flamboyant et Harry était frigorifié.

Le Gryffondor lâcha un rire amer.

À quel moment exactement s'était-il autant attaché au jeune homme, à celui qui avait été son épine dans le pied depuis des... Des siècles ?

Réponse, depuis aussi longtemps qu'il se souvienne. Oh, certes, pas comme il l'entendait aujourd'hui, mais Draco avait été toujours une constante dans sa vie. Il suffisait de voir comment Harry avait réagi l'année dernière quand Draco voulait devenir... Personne pour lui. Harry avait inconsciemment trouvé un moyen et une raison de le garder auprès de lui, d'une manière ou d'une autre.

Peut-être était-il égoïste.

Sûrement d'ailleurs, constata-t-il en ricanant amèrement, au bord des larmes. Et pathétique par la même occasion.

Le jeune homme se redressa en prenant une grande inspiration pour calmer la tempête qui faisait toujours rage en lui. Il ne devait pas se laisser abattre et surtout laisser Draco avec cette fausse impression. Il fallait qu'il lui explique... Sans pour autant lui dire exactement pourquoi il était si friand de lui. Se sentait-il capable de lui dire qu'il tenait beaucoup à lui, dans le style... Beaucoup, beaucoup ? Harry n'en savait trop rien. C'était encore un peu tôt pour parler de sentiments, du moins le trouvait-il - Cela ne faisait que deux semaines qu'ils étaient ensemble, par Merlin ; même s'ils s'étaient tournés autour un peu plus... - ...

...

Bon, d'accord, Harry avait des sentiments pour Draco. Ca avait toujours été le cas, et ça le sera sûrement toujours, il l'avait dans la peau, c'était plus fort que lui.

Mais l'assumer ? Le lui dire maintenant ? Non, Harry n'en était pas capable pour le coup. Parce que d'un autre côté, s'il en était si friand, c'était parce qu'il n'avait plus beaucoup de temps... Il avait à peine dix-sept ans, il avait des rêves d'amour éternel qui se fanaient peu à peu en constatant qu'il n'avait plus beaucoup de temps, parce qu'il était condamné à mourir, par tous les saints.

Voilà qu'il se mettait à jurer à la moldue, il était fichu.

Il avait besoin de parler de tout ça avec quelqu'un. Ou tout du moins... Il avait besoin de se changer les idées. Harry ne se sentait pas encore capable de retourner auprès de Draco pour lui faire face.

La mort dans l'âme, il remercia tout de même tous les saints ainsi que Merlin et même la grande Morgana d'avoir encore son parrain et son... oncle de cœur pour pallier à ce néant affectif qu'avaient créé ses parents, et que les Dursley avaient brillamment creusé.

.

Le château était gigantesque, bien trop pour à peine trois-cents élèves. Et il y avait un nombre impressionnant de salles de classe qui n'étaient pas utilisées, ainsi que des appartements de professeurs. Harry ignorait si à l'époque, les quatre fondateurs avaient vu trop grand, ou si à l'époque il y avait plus de sorciers qu'il y en a aujourd'hui. Ou peut-être était-ce parce que Poudlard était l'école de sorcellerie la plus vieille, et qu'elle accueillait avant des élèves de tous les horizons.

Toujours est-il que, Remus et Sirius avaient tous deux élu domicile à l'école. Officiellement, comme professeur remplaçant et comme sécurité renforcée du château. Officieusement, pour être présent pour Harry et surtout la chasse aux horcruxes. Il n'y avait qu'eux deux, Dumbledore et Severus d'au courant. Cela faisait peu de monde, et c'était une opération secrète de grande envergure. Après tout, les bouts d'âme de Voldemort étaient dispersés dans tout le Royaume-uni, Pays de Galle et Irlande compris.

C'était d'ailleurs dans les appartements de Sirius qu'ils étaient tous réunis si Harry en croyait la carte du Maraudeur - et cette dernière n'avait jamais tort. Depuis l'histoire avec Draco et Rickers, Harry avait pris l'habitude de toujours ce parchemin précieux sur lui, qu'importe l'endroit, qu'importe la situation. Alors d'un pas décidé, il se rendit aux appartements de son parrain.

Ce fut Remus qui lui ouvrit. S'il sourit en l'apercevant, il prit rapidement une mine soucieuse quand il observa le jeune homme. Ce dernier ravala un soupir. Il devait avoir une de ses têtes, si Remus s'inquiétait autant...

- Louveteau, qu'est-ce qu'il y a ?

Harry était prêt à tout déballer, sa prise de bec avec Draco, la colère qui n'était pas la sienne et qui pourtant prenait de plus en plus possession de lui - ou tout du moins, le réalisait-il mieux maintenant -, ses peurs, ses doutes, ses envies ; mais au dernier moment, il se dégonfla. Il offrit un sourire qui ressemblait plus à une grimace à son ancien professeur de défense.

- J'avais... Eh bien, j'avais besoin de prendre l'air. Et puis j'ai vu que vous étiez tous là, alors... Me voilà.

Le Loup-garou remarqua bien qu'il évitait la question, mais eut la présence d'esprit de ne poser aucune question. Il s'écarta plutôt pour laisser le Gryffondor entrer, posant une main réconfortante sur son épaule, lui disant clairement " Si tu as besoin de parler, je suis là. "

Et juste avec ça, Harry commença à se sentir mieux.

Dans le salon, il fut accueilli par un Sirius souriant, agréablement surprit de le voir ici, subtilement installé contre le professeur de potion qui sirotait sa tasse de thé mine de rien, tous deux installés face à Dumbledore qui mangeait des gâteaux avec un air de gamin heureux. Cela fit sourire Harry, qui s'installa sur un fauteuil.

- Désolé de venir sans prévenir, souffla le Gryffondor en remerciant d'un signe de tête Sirius qui lui tendait une tasse de thé chaude.

- Ne raconte pas n'importe quoi, je suis très content de te voir ici, je pensais que tu allais passer le week-end entier avec Draco, s'amusa son parrain en jouant des sourcils.

Harry réussit à garder son sourire en place, mais il était sûr que malheureusement, son regard le trahissait. Parce que tout de suite, Sirius fronça les sourcils et Severus en haussa un.

- Qu'est-ce qui se passe, ma petite coccinelle ?

Harry roula des yeux et sourit plus franchement.

- Tu n'arrêteras donc jamais...

- Nope, jamais ! Alors ?

- On a eu... un différend.

Le jeune homme but une gorgée son thé puis se racla la gorge en se redressant.

- Comment se passe la chasse aux horcruxes ? Demanda-t-il plutôt, voulant dévier la conversation.

C'était une mesure totalement bancale, puisque personne ne fut dupe, mais ils eurent la gentillesse de ne pas insister. Dumbledore se redressa.

- Nous étions justement en train d'en discuter.

Harry hocha la tête - il s'en doutait après tout - et attendit qu'il développe.

- Il y a quelques mois encore, je serais allé seul détruire les protections que Tom a posées sur ses bouts d'âmes, mais ces jeunes gens ne veulent même pas me laisser faire ! Se plaignit le Directeur en observant Harry d'un air complice derrière ce faux air de gamin boudeur.

Le jeune homme eut un rire alors que Sirius partait dans un discours, déclarant que quatre sorciers étaient toujours mieux qu'un seul, malgré toute la puissance que pouvait avoir le Directeur.

- Vous allez bientôt en détruire quelques-uns ? S'enquit-il.

Le silence qui suivit lui donna la réponse.

- Vous alliez y aller, devina-t-il en se redressant.

Sirius hocha la tête.

- En effet, nous comptions y aller tout à l'heure... Et peut-être rentrer demain soir.

- On ignore encore combien de protections ont chaque horcruxe, on ne sait pas combien de temps cela prendra, alors... Continua le Directeur.

- Je veux en être.

- Absolument hors de question ! S'écria Sirius en se redressant.

Harry vit Severus passer une main contre le dos de son parrain et sourit un peu.

- Ce n'est pas une question, ni une requête. J'en serais, que vous le vouliez ou non.

- Harry...

- Non Rémus. Je suis un horcruxe moi-même, je crois que tu ne comprends pas ce que je ressens. Ce n'est pas une critique, l'empêcha-t-il de parler en levant la main. C'est juste une constatation. Depuis que je le sais, je me rends bien compte que j'ai cette... colère, qui n'est pas la mienne et qui me prend quelques fois. Ce n'est pas moi, c'est Lui, je sais qu'il n'est pas conscient, mais j'ai définitivement un bout d'âme de lui en moi et pour l'instant, je ne peux rien faire contre ça. Par contre, je peux être présent et jouer un rôle dans la destruction de tous les autres. Ça me ferait du bien de constater par moi-même que, même avec un bout d'âme de lui en moi, je peux tout de même le détruire.

Le jeune homme se tut, haletant. Le silence se fit, tous l'observaient, différents sentiments inscrits sur leur visage. Fierté, surprise, un peu de tristesse aussi... De la colère aussi, sûrement pas contre Harry, mais contre la situation dans son ensemble, et le jeune homme ne pouvait qu'être d'accord.

- Très bien, décida le directeur, qui avait sûrement été le seul à acquiescer à la requête de Harry. Alors nous allons partir tout de suite.

- Tu devrais aller dire à quelqu'un que tu seras hors du château jusqu'à demain.

Harry secoua la tête. Si ses amis s'inquiétaient, il s'excuserait. S'il ne revenait pas... Eh bien, dommage.

Le Gryffondor était trop amer pour réfléchir calmement à la situation, ne réalisant pas qu'en effet, il pouvait très bien ne pas revenir.

.*.

Draco ravala une grimace d'angoisse.

Harry avait totalement disparu, Hermione, Weasley, Luna ou même Neville ignoraient totalement où il pouvait bien être.

Sirius était introuvable. De même que Severus. Et McGonagall s'occupait de la direction de l'école. Quelque chose n'allait pas.

Draco n'avait jamais autant regretté ses paroles qu'en cet instant. Samedi après-midi, il avait ruminé sa colère. Le repas était arrivé et il avait raconter à mi-mot à Blaise le pourquoi il était ainsi renfrogné. Il n'avait pas jeté de regard à la table des Gryffondors, ne voulant pas voir la tête de nœuds qu'était son petit-ami. Il n'avait ainsi pas constaté qu'il n'était pas présent.

Durant le repas, il s'était calmé, assez tout du moins pour envisager l'idée de vouloir mettre les choses au clair avec le Gryffondor. Alors il l'avait attendu, bien installé dans les canapés de leurs appartements.

Mais Harry n'était pas venu. A cet instant, Draco avait cru que le jeune homme boudait dans les dortoirs des rouges et ors, alors il était allé se couché énervé.

Et il s'était réveillé énervé. Il avait sauté sur Hermione pour savoir " où est cet abruti de pote Poty, j'ai besoin de mettre deux trois choses au clair avec lui ! "

La jeune femme l'avait regardé, perdu.

" - Je croyais qu'il était avec toi. "

Je croyais qu'il était avec toi. La phrase qui ne présageait rien de bon, jamais.

Draco avait attendu toute la journée que le Gryffondor leur fasse l'honneur de sa présence, mais il était désespérément absent.

Et Draco commençait sérieusement à s'inquiéter. Pour dire vrai, il s'était inquiété dès le moment où Harry avait quitté les appartements, mais trop pris dans sa colère, il avait étouffé ce sentiment de protection pour ce Gryffondor 'qui ne le méritait pas, par Merlin'.

Par Morgana, qu'il regrettait. Mais ça allait être la fête de Harry quand celui-ci rentrera.

« S'il rentre » lui murmura une voix insidieuse et moqueuse qui ressemblait désagréablement à celle de Lucius.

Non... Harry ne risquait rien, n'est-ce pas ? Il devait se terrer quelque part dans le château - après tout, il connaissait beaucoup plus de passages secrets que Draco ; oui, oui, c'était ça. Monsieur faisait la tête, il était quelque part dans le château.

Il le devait !

.

Draco s'était endormi dans un des canapés, au coin du feu, sans même le réaliser. Et ce fut des bruits dans le salon qui le réveilla.

Le corps groggy, mais l'esprit alerte, le Serpentard se redressa brusquement.

A côté de son bureau, un Harry Potter à l'allure très fatiguée se bataillait avec son pull pour le passer au-dessus de sa tête, mais le tissu ne voulait pas coopérer. Ou bien était-ce ses membres qui avaient pris un jour de congé. Le Gryffondor semblait ne pas l'avoir remarqué, trop fatigué. Draco se leva en silence et pied nus, se glissa jusqu'au jeune homme pour l'aider à se dépêtrer de ce vêtement récalcitrant. Le Gryffondor poussa un soupir de soulagement quand il fut libéré et posa enfin son regard sur Draco. Le feu qui ronronnait toujours dans la cheminée, seule source de lumière des appartements en ce moment, faisait danser des ombres douces sur son visage, comme l'ombre de ses cils sur ses joues.

Draco l'observa un instant alors que le Gryffondor souriait, sûrement un peu gêné, mais aussi soulagé de le voir.

- Hey... Murmura-t-il.

Le Serpentard ne répondit pas, mais soupira de soulagement, toute la tension qu'il avait accumulée depuis la veille s'évadant de lui.

- Où est-ce que tu étais ?

Sa voix n'était pas tranchante, mais le fait qu'il venait tout juste de se réveiller faisait ressortir toute l'inquiétude qu'il avait accumulée.

Harry s'humidifia les lèvres et déglutit.

- J'avais besoin d'un peu d'air... Commença-t-il.

- Un petit accrochage et tu fuis pendant deux jours ?

- Draco, ne commence pas s'il te plait, soupira Harry, rappelant à Draco à quel point il semblait fatigué.

Le Serpentard ferma un instant les paupières et soupira à son tour.

- Pardon.

Il rouvrit les yeux pour voir Harry le regarder avec émotion. Il rouvrit la bouche pour argumenter, mais fut coupé par le jeune homme qui se glissa contre lui, une main sur sa joue pour l'embrasser.

La tension quitta définitivement Draco et il se vautra dans l'allégresse qu'une simple touche du Gryffondor lui procurait.

Ils s'embrassèrent de longues minutes, un baiser lent, profond et chaud, agréable, comme... Ça sentait la maison. Le réconfort.

- Je n'aurais pas dû partir sans rien dire, concéda Harry quand il se détacha.

Il pressa son front contre le sien.

- Mais j'étais tellement énervé que tu... Que tu insinues que je me joue de toi. Tu ne réalises pas à quel point ça peut faire mal.

Draco frissonna et passa ses bras autour de Harry pour le serrer contre lui. Le Gryffondor poussa un petit bruit de contentement et se terra contre son torse. Le Serpentard glissa sa main contre la nuque du Gryffondor qui pressa son visage contre son cou.

- Je suis désolé, murmura-t-il de nouveau.

Draco ne s'était jamais autant excusé que depuis qu'il fréquentait Harry, depuis qu'ils s'étaient mis d'accord pour la trêve, en fait. Mais surtout, la différence notable entre les quelques excuses qu'il avait présentées auparavant et les excuses d'aujourd'hui, c'était qu'aujourd'hui il était sincère.

Son petit-ami soupira contre lui et passa ses bras dans son dos pour serrer ses hanches.

- C'est vrai que j'ai fui... Et puis, Dumbledore avait besoin de moi pour quelque chose...

- Une action de l'Ordre ? S'enquit Draco.

Le Gryffondor hocha la tête.

- Et tu vas bien ?

Il ne voulait pas vraiment savoir ce qui s'était passé, juste si Harry allait bien. Ce dernier rit doucement et se détacha pour l'embrasser. Draco se sentit lui aussi sourire.

- Tout va très bien, je te le promets, lui murmura Harry contre ses lèvres. Mais... mais on parlera plus sérieusement demain, d'accord ?

Le Gryffondor allait dire autre chose, mais fut arrêté par un bâillement. Le Serpentard sourit doucement et déposa un léger baiser sur le bout de son nez.

- Va te coucher, lui ordonna-t-il à voix basse.

Harry hocha la tête, mais ne le lâcha pas pour autant. Il garda les yeux clos et soupira un peu.

- Hm... Je peux dormir avec toi ? S'enquit-il d'une toute petite voix.

Le Serpentard fit la moue.

- Hm, je ne sais pas. Est-ce que tu as été gentil ?

Le Gryffondor rouvrit les yeux et haussa un sourcil.

- Tu es sérieux ?

Ils s'observèrent quelques instants avant que le Gryffondor ne se mette à rire un peu nerveusement. Il sourit, comme un rayon de soleil, et Draco leva les yeux au ciel.

A ce rythme là, il ne pourra jamais rester en colère contre lui bien longtemps.


Voici donc, rien que pour vous, la première dispute de couple de ces deux zigotos, et une partie de la chasse aux horcruxes. Et la semi-réconciliation. Chapitre un peu plus sombre, j'en consens, mais on arrive bientôt à la fin, ça s'accélère. Plus que dix chapitres ;)

J'espère que ce chapitre vous a plus ! Je vous dis à lundi pour un chapitre un peu... 'caliente', si vous voyez ce que je veux dire ;)

Plein de bisous~ 'Win