Chapitre 17 : Sledgehammer
Show me round your fruit cages
'Cause I will be your honey bee
Open up your fruit cages
Where the fruit is as sweet as can be
I want to be your sledgehammer
Why don't you call my name
I'm going to be-the sledgehammer
This can be my testimony
I'm your sledgehammer
Let there be no doubt about it
(Peter Gabriel)
oooOOOooo
Elizabeth trouva Red près de la piscine, en train de fumer une cigarette et de faire les cent pas pour se calmer. A sa mine sombre, il réfléchissait et se battait contre ses démons intérieurs. La jeune femme redoutait ce qu'il en sortirait. Il était temps de l'apaiser.
« Monsieur Kaplan a appelé. L'opération s'est bien déroulée. Carole est à présent sous surveillance, en soins intensifs. On en saura plus dans la mâtinée. »
Tendu, il ne répondit pas et se contenta d'écraser son mégot dans le cendrier, toujours en lui tournant le dos. Il but ensuite une rasade de whisky pendant que Lizzie approchait, lui passait les bras autour de la taille et posait le front contre sa nuque.
« Et moi, je suis là. Tout va bien, Red, je suis là, près de toi, avec toi… J'ai besoin de toi, comme tu as besoin de moi… »
Elle répéta ces mots comme un leitmotiv jusqu'à ce qu'ils posent des mains rassurantes sur les siennes et que le silence s'installe, seulement troublé par les bruits nocturnes du vent léger, le clapotis de l'eau, et le ronflement léger de la pompe de la piscine qui tournait en permanence. Elizabeth eut soudain une idée.
Elle s'écarta de lui et commença à se déshabiller. Elle portait encore la tenue de camouflage trop grande fournie par Denton et voulait s'en débarrasser rapidement pour oublier sa soirée mouvementée. Intrigué, Reddington se retourna et la vit qui enlevait son pantalon.
« Qu'est-ce que tu fais ? »
« Il m'a fallu plusieurs lunes pour comprendre qu'il y avait de la beauté dans la nuit. Pas besoin de toit, nous sommes chez nous sous les étoiles... »
Machinalement, il leva la tête et repéra l'Etoile du Nord dans le ciel. Elle n'avait pas tort, pourtant la seule boussole qu'il connaissait, était juste en face de lui.
« … Et j'ai toujours rêvé de prendre un bain de minuit…»
Quand il la regarda à nouveau, elle avait enlevé ses sous-vêtements et se tenait nue à quelques mètres, sans aucune pudeur. Red ouvrit la bouche et la dévisagea en déglutissant, époustouflé par sa beauté.
« Tu es belle à damner un saint, Lizzie… »
« Tu en vois un ici ?
Red eut un sourire sardonique et leva un sourcil méphistophélique.
« C'est bien ce qu'il me semblait. Tu te joins à moi, démon, ou tu restes dans ta tenue de manchot ? »
Joueur, le criminel considéra son gilet noir et sa chemise blanche, puis s'approcha d'elle.
« Manchot ? Tu vas voir si je suis manchot… »
Avec un rire, Elizabeth battit en retraite, tout au bord de la piscine.
« Lizzie… » Grogna t-il.
« Où est donc passé le grand aventurier Reddington ?... » Le défia-t-elle. « … Celui qui fait la bringue jusqu'au petit matin dans les bordels de Saigon ? Où est l'illuminé qui erre dans un désert d'Arizona, nu sous la lune, en plein hiver ?... »
Piqué au vif, Red se redressa. Il commença lentement à avancer vers elle de façon féline.
« Ne me tente pas, diablesse… »
« … Je veux le marcheur infatigable des hauts-plateaux himalayens, le plongeur qui nage au milieu des requins du Pacifique... »
Tout en faisant le tour de la piscine derrière Lizzie qui maintenait la distance, il enleva son gilet et se débarrassa de ses chaussures vernis… Même éloigné de lui, la jeune femme ressentait sa formidable présence. Y avait-il une seule chose en ce monde que Raymond Reddington ne faisait pas de façon sexy ?
« Où est le brigand au cœur tendre qui kidnappe sa fiancée ?... Où est le séduisant pirate à la recherche de son trésor le plus précieux ?... »
Un splash ! sonore interrompit les diatribes de Lizzie. Elle le regarda nager sur le fond, traverser l'entière largeur de la piscine en apnée pour venir surgir à ses pieds. Il portait encore sa chemise blanche et son pantalon noir !
« Je crois que je l'ai trouvé !… » S'écria-t-il triomphalement.
D'une main ferme, il agrippa la cheville de Lizzie et tira pour l'entraîner dans l'eau. Elizabeth cria en basculant en avant, peu désireuse de résister. Quand elle refit surface, le criminel la prit dans ses bras en riant doucement. Elle passa ses mains derrière la nuque de Red et entoura sa taille de ses jambes, puis l'embrassa sur les lèvres.
Le baiser prit rapidement un tour passionné alors que les mains du criminel la caressaient avec avidité. Le souffle déjà court, Elizabeth s'entendit gémir sous ses assauts et s'abandonna aux sensations produites par la bouche et la langue de Red contre sa peau brûlante.
Avec une fierté toute masculine, Red se familiarisa avec le corps plus rond de Liz, explora ses courbes harmonieuses. C'était grâce à leur amour qu'elle portait leur enfant, qu'elle redonnait un sens à sa vie, qu'elle concrétisait le même rêve que tous les deux avaient. En ces temps de chaos, c'était un vrai miracle, ô combien fragile… Fidèle à sa philosophie, il repoussa les nuages noirs au loin. Plus rien ne comptait en cet instant que la satisfaction de leurs plaisirs. Il allait lui faire l'amour jusqu'à ne plus pouvoir bouger, jusqu'à sombrer dans un sommeil sans rêves…
La poitrine de Lizzie était parfaite. Plus ronde, plus lourde, plus réceptive aussi, elle appelait aux baisers les plus passionnés. Red saisit délicatement chacun des globes d'albâtre dans ses mains, puis les lécha et les mordilla, apportant une attention particulière à chacun des larges tétons marron qui pointaient. En l'espace de quelques secondes, les reins d'Elizabeth s'embrasèrent de désir. Involontairement, elle arqua son bassin pour entrer en contact avec lui. Red gémit et répondit de la même manière. C'était une douce torture…
« Je te veux en moi, Raymond… Prends-moi maintenant ! »
Red eut un sourire devant l'impatience d'Elizabeth, mais il avait d'autres plans pour eux. Malgré son propre désir à satisfaire, il se força à ne rien précipiter. Il glissa une main entre eux, dans l'entrejambe de Lizzie, qui frissonna devant le contact et gémit de plus belle. Red étouffa un grognement quand il sentit à quel point elle était prête pour le recevoir.
Red glissa son index et son majeur en elle et lui caressa le clitoris lentement. Avec une succession de coups de rein, Lizzie s'empala énergiquement sur les doigts de Red en rejetant la tête en arrière. Elle était si sensible, si proche qu'il se contenta d'appuyer sur le petit bout de chair devenu tout dur et de recroqueviller ses doigts en elle.
Cela suffit. Elizabeth se tendit et explosa en un formidable orgasme qui la secoua violemment durant de longues secondes. Fasciné, Red l'observa alors qu'elle s'abandonnait, complètement défaite et prodigieusement satisfaite. Encore haletante, vidée de toute force, elle ouvrit les yeux et murmura :
« Red… Oh, Red, ce que tu viens de me faire… »
« Tu n'as eu que ce que tu méritais, petite allumeuse… »
Ils s'embrassèrent tendrement et restèrent enlacés quelques secondes en silence.
« Je voudrais que tu me fasses l'amour encore et encore jusqu'au petit matin… »
« Ferais-tu partie de ces femmes insatiables durant la grossesse ? Si c'est le cas, tu vas me faire avoir des regrets… »
« Qui te dit que je ne suis pas constamment insatiable ? »
« Lizzie, devant une telle réponse, je ne peux que m'interroger sur ta façon de satisfaire tes besoins dans un orphelinat catholique, durant ces six derniers mois... » Il laissa les mots en suspension, sachant parfaitement qu'elle n'avait eu aucun amant durant sa grossesse. « … Alors ? »
Il eut sa réponse quand il la vit rougir délicieusement et sourit. Elle protesta :
« Six mois d'abstinence, c'est long… »
« N'aie pas honte. Tous les soirs, je m'endormais en pensant à toi, à tout ce que je voulais te faire. Plus d'une fois, je me suis livré à des jeux virtuels avec ton corps, mais ma main ne remplaçait, ni ta bouche, ni tes autres orifices... »
Les pupilles à nouveau dilatées, Elizabeth fit un 'o' avec ses lèvres en comprenant ce qu'il impliquait. Elle était loin d'être prude mais jamais elle n'avait été aussi loin avec Tom dans la sexualité de son couple.
Il se mordit la joue suggestivement, établissant implicitement qu'il aimait le sexe épicé. Etait-elle choquée ? Serait-elle prête à faire ce voyage avec lui quand elle aurait accouché ? C'était ce qu'il mourrait d'envie de découvrir, à compter qu'elle accepte.
« Et toi ? Pendant ces six mois ?... » Contre-attaqua-t-elle. « … Est-ce que tu as ?... Je veux dire, tu n'es pas sorti avec quelqu'un d'autre ? »
« Pourquoi voudrais-je quelqu'un d'autre auprès de moi alors que mon cœur t'appartient ? »
« Et Lorraine… Weller ? »
« Pour donner le change, comme a dû te l'expliquer Carole. Il ne s'est rien passé... » Il l'observa attentivement. « Et tu sais ce que je pense de la jalousie, Lizzie… »
« J'ai le droit d'avoir ce genre d'incertitudes » Se défendit-elle en boudant.
« Tu ne me fais pas confiance. »
« Raymond, tu ne fais pas un mystère de toutes tes rencontres occasionnelles et du plaisir que tu en retires. Tu es un homme charmant, séduisant, un vrai gentleman et tu es riche. Les femmes ont tendance à être naturellement attirée par toi, que tu le veuilles ou non. Donc la tentation est grande… »
« C'est vrai… »
Elizabeth roula des yeux devant sa suffisance et son admission. Il se mit à rire doucement, avant de reprendre avec sérieux :
« … Mais ça ne veut pas dire que je désire combler le vide de ton absence avec une autre femme. Il n'y a que toi qui compte, Lizzie. Et il n'y aura jamais que toi et notre enfant. »
Elizabeth le crut. Sa dévotion exclusive s'exprimait encore et toujours. Elle l'embrassa et ne résista pas à l'envie de le mordiller doucement dans le cou quand elle y nicha sa tête. Il ferma les yeux et grogna doucement. Si elle savait l'effet que cela lui faisait. Il ne voulait plus qu'une chose, profiter d'elle et la dévorer…
« Je t'aime, Red. »
« Viens alors, on a du retard à rattraper. »
Il la porta dans ses bras quand il sortit de l'eau, et quand bien même il dégoulinait, il s'aventura dans la maison et monta l'escalier rapidement pour la déposer dans la salle de bains.
Pendant qu'il se débarrassait de ses vêtements trempés, elle entra dans la douche pour se rincer. Elizabeth ne s'inquiéta pas quand il ne la rejoignit pas. Il était allé fermer toutes les issues et mettre l'alarme.
Nu comme un ver et grelottant, elle le vit entrer et se précipiter vers la douche alors qu'elle se séchait. Elle sortit en peignoir et alla s'allonger sur le grand lit en l'attendant.
Alors que l'eau coulait dans la pièce voisine, elle accepta de laisser les souvenirs de cette longue journée remonter à la surface. Malgré la fatigue, tout était encore trop vivace dans son esprit pour qu'elle puisse dormir. D'expérience, elle savait qu'elle finirait par tomber d'épuisement, après de longs pleurs nerveux, exactement comme le faisaient les enfants. Elle espérait que du sexe libérateur dans le lit de l'homme qu'elle aimait, la conduirait plus facilement dans les bras de Morphée.
Il sortit de la salle de bain adjacente comme il était entré, à un détail près : il arborait une magnifique érection. Elizabeth se surprit à saliver à la vue de son membre turgescent fièrement dressé. Dans son bas-ventre, des bouffées de désir naquirent à nouveau. Fascinée, elle le regarda s'avancer vers elle comme un félin prêt à bondir sur sa proie et écarta inconsciemment les cuisses. Le peignoir s'ouvrit…
Le regard irrémédiablement attiré par la chair qu'il entrevoyait sous le tissu, Red s'agenouilla devant Lizzie et posa ses lèvres sur le petit triangle de cuisse exposée. Elle ferma les yeux sous ses baisers et le laissa en déposer d'autres sur son autre jambe. Lorsqu'il remonta plus haut, elle leva les genoux et posa les talons sur le bord du lit, puis elle écarta lentement les cuisses. Reddington apprécia la vue.
« Mmm… Sais-tu que ton clitoris est engorgé sous l'effet combiné de tes hormones et de ton désir ?... C'est une vision enchanteresse qui mérite qu'on s'y attarde quelques secondes… »
Il souffla doucement dessus et Elizabeth tressaillit. Son pouls s'accéléra et sa respiration devint immédiatement plus laborieuse. La jeune femme força ses mains à ne pas bouger et agrippa la couverture.
« La bien nommée Origine du Monde… »
Intriguée, Elizabeth releva la tête pour le voir se pencher sur elle. Avec son pouce, il fit délicatement des cercles sur le petit bout de chair pendant qu'il glissait sa langue pointue entre ses lèvres, les écartait pour se délecter de sa cyprine. Elizabeth se mit immédiatement à gémir et s'ouvrit davantage.
« Red… »
« …Mmm… Exquis… On dirait un nectar à base de fleurs de printemps… si parfumé. »
Il continua à laper avec assiduité pendant que Lizzie gémissait sans retenue, en basculant son bassin, en rythme avec la langue de Red. Il la dévisagea et vit qu'elle avait fermé les yeux et qu'elle se mordait la lèvre inférieure. Ses mains se tordaient sur la couverture, en proie à une montée vertigineuse de plaisir.
Avec son autre main, Red inséra un doigt dans le vagin de Liz et eut la surprise de la voir convulser immédiatement en prononçant son nom dans un cri strident. Le corps de la jeune femme s'arc-bouta pendant qu'il insérait un second doigt et prolongeait son deuxième orgasme de la soirée en continuant à la pénétrer en allant et venant lentement.
« Oh, Red… Red… » Parvint-elle à dire entre deux halètements, quand la vague reflua.
Sa poitrine se soulevait rapidement et elle sentait ses oreilles bourdonner sous la force de son plaisir. Red la laissa reprendre pied en l'observant, heureux de lui avoir procuré une telle jouissance. Et il ne l'avait pas encore prise…
Il se coucha près d'elle et la prit dans ses bras. Tranquillement, Elizabeth redescendit de son nuage. Elle enleva son peignoir et ils s'installèrent sous les draps en reprenant leur position initiale. Ils échangèrent un tendre baiser, puis un autre, et Red promena sa main sur ses seins. Il aimait leurs lourdeurs, leurs rondeurs fermes, et la largeur de leurs auréoles. C'étaient comme deux gâteaux d'anniversaire avec deux cerises perchées sur le dessus. Il se pencha et en suça un, pendant que sa main caressait l'autre. Les tétons durcirent et se tendirent pendant qu'il les malaxait doucement.
« Raymond, je t'en prie, c'est trop sensible. J'ai l'impression que… »
Il continua néanmoins à sucer, lécher, mordiller, pendant qu'Elizabeth laissait échapper de nouveaux gémissements de plaisir. La main de Red descendit à nouveau vers l'entrejambe de Lizzie et s'arrêta à mi-parcours, comme si elle découvrait un nouveau territoire. Red releva la tête. Pour la première fois, il posa sa main sur le ventre rebondi et l'observa en silence avec fascination. Elizabeth le laissa explorer, curieuse de voir ce qu'il allait faire.
« Est-ce que tu le sens bouger ? » Demanda-t-il au bout d'un moment.
« Bien sûr… »
Elizabeth posa sa main sur la sienne et le laissa parcourir ses nouvelles formes. Sur le visage de Red apparurent diverses émotions, de l'incrédulité à la joie, en passant par l'espoir et la déférence.
« C'est un miracle… » Murmura-t-il.
« … Que tu as rendu possible » prononça-t-elle sur le même ton intime. « Merci, Red. »
« C'est une fille ou un garçon ? »
Oubliés leurs ébats, il semblait dans sa bulle et Elizabeth s'en amusa. Si ses ennemis le voyaient, il n'en reviendrait pas de voir que le Concierge du Crime était frappé par les foudres de la paternité.
« Je n'en sais rien. Tu préfèrerais quoi ? »
« Fille ou garçon, ça m'est égal. Je prendrais ce qui arrivera avec bonh… Oh ! Je l'ai senti ! Là ! »
Elizabeth se mit à rire. Effectivement, bébé venait de bouger et de décocher un coup de pied dans son estomac. Emerveillé, Red se mit à genoux et positionna sa main à l'endroit où il avait senti le mouvement. Et cela recommença. Red se mit à rire.
« Ça y est, le festival débute… » Commenta Elizabeth.
« C'est gênant ? »
« Non, pas pour l'instant. Angela, mon docteur, m'a dit qu'il a encore la place pour se tourner… Continue à parler que bébé se familiarise avec ta voix. »
« Je doute que, dans son espace aquatique, les sons lui parviennent clairement. »
« Les vibrations de ta voix grave, si. Ce sont les hautes fréquences que bébé perçoit moins bien. Sauf les miennes. »
« Alors je vais pouvoir lui raconter quelques histoires… »
« Si c'est pour le calmer et l'endormir, alors je suis d'accord, tant que ce ne sont pas des familiarités ou des contes orgiaques, dont toi seul as le secret... »
« Lizzie, je sais me tenir. Il s'agit de notre enfant tout de même… »
Elizabeth lui adressa un regard qui en disait long sur ce qu'elle pensait de ses histoires. Red secoua la tête et commença à embrasser son ventre.
« N'écoutes pas ta mère, petit être. Elle ne sait pas apprécier la transmission orale à sa juste valeur… Hé ! »
Red se redressa soudain, interloqué. Lizzie le regarda, mi figue-mi raisin.
« Quoi ? »
« Ce petit insolent vient de me donner un coup de pied dans la mâchoire ! »
Le rire d'Elizabeth explosa. Red secoua la tête, incrédule, et fit la moue.
« Il n'y a plus de respect de nos jours. »
« C'était un avertissement sans frais. Si c'est un garçon, il est aussi protecteur que son père et me défend déjà comme un grand...» Elle remarqua la tête qu'il faisait. « … Serais-tu vexé ? »
« Tout à coup, Lizzie, je n'ai plus du tout envie de te partager avec ce monstre de tyrannie ! »
« Mon pauvre chéri, il va pourtant falloir t'y faire. »
Un sourire chaleureux s'élargit sur le visage de Red et ses yeux brillèrent de plaisir.
« Tu m'as appelé chéri ? »
« Mm-mm… Et j'aimerais que mon chéri s'occupe de moi, pendant que bébé lui laisse encore du temps à me consacrer. »
Red se coucha près d'elle avec satisfaction. Mais alors qu'il l'embrassait doucement, il se redressa soudain :
« Lizzie, je te préviens… je ne changerai pas ses couches. »
« Si tu le changes pas, alors tu ne feras pas son bain. »
Outragé, Red s'insurgea.
« Me priver du bain ? Tu n'as pas le droit ! C'est le meilleur moment de la journée avec bébé ! »
« Pour le meilleur et pour le pire, Red… »
Elizabeth essaya de l'imaginer devant une table à langer. L'image sembla cocasse de prime abord, parce qu'elle le voyait plutôt emprunté, en costume trois-pièces et Fedora sur la tête. Mais une autre vision s'imposa bien vite à elle, dans laquelle Red embrassait les petits pieds roses tendus vers lui et parlait doucement à bébé de sa voix apaisante. Elle se dit qu'il allait faire un père formidable.
« Très bien. » Dit-il. « Je te concède le change, mais seulement pour les petites commissions… »
« Non, non, non… »
« Allez !… »
Red lui fit un grand sourire charmeur et elle éclata de rire en songeant soudain au sens du mot « négociation ». La milonga et le baklava lui semblaient bien loin dorénavant. Scènes de la vie domestique... Voilà ce à quoi nous en sommes réduits… Finalement, cette normalité est notre prix à conquérir, songea-t-elle en souriant… Nous finirons par l'avoir.
« Alors ? » Demanda-t-il avec espoir.
« Pas question. Chacun prendra son tour, et ne t'avises pas de te dérober, sinon… »
« Sinon ?... Elizabeth Keen, des menaces ne te mèneront nulle part avec moi ! »
Red fondit sur elle à l'improviste et captura ses mains, qu'il lui mit au dessus de la tête. Pour la forme, elle gigota pour se libérer, tout en sachant que ses efforts étaient futiles, parce qu'elle riait en même temps. Le souffle court, il réussit enfin à la neutraliser et elle ne bougea plus.
Ils s'observèrent un moment et Lizzie remarqua la lueur grandissante de désir dans les yeux dilatés de Red, ainsi qu'une indubitable érection contre sa cuisse. Cette situation de dominance l'excitait au plus haut point. Et elle aussi, elle devait l'avouer. Lui appartenir ainsi, en étant réduite à l'impuissance était un sentiment nouveau pour elle. Lizzie savait aussi qu'il serait le seul devant lequel elle accepterait d'abdiquer une partie du contrôle auquel elle s'astreignait. Tout entre eux se résumait à une question de confiance. Il en serait toujours ainsi.
Elizabeth se passa nerveusement la langue sur les lèvres et souffla doucement :
« Attaches-moi les mains si tu veux… »
Red se figea encore plus et exhala un soupir tremblant qui en dit long sur ses pensées les plus intimes. Il ressentit une nouvelle vague d'excitation dans ses testicules et se frotta contre elle pour qu'elle se rende compte de l'effet que ces quelques mots avait sur lui. Le sourire espiègle et gourmand de la jeune femme suffit à lui tout seul pour signifier qu'elle était partante.
Satisfait de la réaction de Lizzie, Red tourna la tête en cherchant les liens adéquats. Il se leva et revint quelques secondes plus tard avec deux de ses cravates en soie.
« Je ne vais pas trop serrer pour que tu puisses te détacher si tu le souhaites. »
Le criminel fit les nœuds sur ses poignets et elle s'y accrocha pour les éprouver. Il repoussa les couvertures et la découvrit entièrement pour la contempler tout son saoul.
« Tu es splendide, Lizzie… »
« Fais-moi une promesse, Red… »
« Laquelle ? »
« Partage tes fantasmes avec moi, même les plus osés… »
« Quand tu seras prête, mon amour… Et seulement quand tu le voudras. »
Il s'allongea près d'elle et laissa ses mains vagabonder légèrement pendant de longues minutes sur le corps de Liz. Elles allaient et venaient, sûres d'elles, palpaient, s'attardaient, repartaient… Elizabeth ferma les yeux et ne tarda pas à trembler et à soupirer à nouveau sous ses gestes patients. Quand les lèvres de Red se refermèrent sur un sein, elle inspira violemment et se tordit en se frottant les cuisses l'une contre l'autre pour apaiser la tension qui augmentait au creux de son bas-ventre. Le mouvement n'échappa pas à Red qui s'acharna sur le second téton, puis remonta vers sa gorge, à la recherche d'un point bien précis qui, il le savait, la rendait folle.
« Tu es d'une telle sensibilité, Lizzie… » Commença-t-il sensuellement. « L'odeur enivrante de ta peau… tes seins dressés glorieusement vers le ciel… Ton corps entier, tourné vers le plaisir… Tu es la perfection même… »
Pendant qu'il parlait, il trouva ce qu'il cherchait et s'acharna, alors que le monde s'écroulait autour de Lizzie. Elle se mit à tenir des propos incohérents. Elle avait beau se tordre, tirer sur ses liens en gémissant, rien n'y faisait. Elle ne pouvait échapper aux frissons qui parcouraient son corps, qui s'était recouvert d'une fine pellicule de sueur. Du feu liquide coulait dans ses veines.
« Tu aimes ce que je te fais ?... Je veux te voir jouir au son de ma voix, Lizzie, au contact de mes mains sur tes seins... » Il les pinça doucement et elle se mit à crier, puis à gémir. « … Je veux te sentir tressaillir, je veux t'entendre dire mon nom au comble de la passion… »
Il reprit ses caresses avec ses lèvres et sa langue jusqu'à ce que Lizzie ne soit plus réduite qu'à une masse gémissante, haletante, perdue, qui le suppliait de mettre fin à ses délicieuses tortures. La boule de plaisir grandissait dans son bas-ventre. Plus rien d'autre n'existait que l'homme qui lui prodiguait ces vagues qui montaient, montaient…
« Jouis pour moi, mon amour… »
Il lui malaxa les seins, puis les pinça. Avec un regard choqué, le cœur battant, Elizabeth partit, comme si elle n'avait attendu que son ordre. Elle cria son nom, au paroxysme de la félicité et gémit longuement, incapable de faire un geste.
Red la détacha, puis posa un baiser sur l'épaule de Lizzie. Il la laissa reprendre tranquillement ses sens et se caressa pour soulager la tension dans sa verge. Il était temps de passer aux choses sérieuses…
« Ça va ? »
« Oui… Merveilleusement bien. »
« Je n'en ai pas encore fini avec toi, Lizzie. Lève tes jambes. »
Red se positionna entre les cuisses de sa compagne et avec un sourire canaille, il posa les pieds de Lizzie sur ses épaules, de chaque côté de sa tête. Ainsi offerte à ses soins, Elizabeth sentit une nouvelle décharge de désir la traverser.
« Je vais t'assommer avec une enclume… Si c'est désagréable, tu me le dis et je te ramasserai à la petite cuillère… »
Incertaine, Elizabeth leva un sourcil en soupçonnant qu'il faisait référence à des positions du Kâma-Sûtra. Du moins, elle l'espérait… Lentement, il promena son érection dans la fente de son jardin d'amour, l'enduisant de secrétions intimes, puis se glissa dans son fourreau humide et brûlant. Red avait oublié combien elle était étroite. A peine son gland engagé, il grogna en se retenant de s'y enfoncer sauvagement. A cette pensée, il sentit sa verge prendre encore plus de volume et il bascula le bassin involontairement en avant. Lizzie eut un petit cri de surprise et rejeta la tête en arrière. Cela faisait trop longtemps qu'il n'avait pas fait l'amour, mais pour elle, il saurait se retenir et l'emmener au paradis. Mentalement, il se mit à réciter des suites de chiffres pour se calmer et lui laisser le temps de s'ajuster à sa taille.
Red commença ensuite à aller et venir doucement en elle jusqu'à ce qu'il soit presque totalement installé au fond d'elle. Puis il s'arrêta, heureux de leur union.
« Tu vas bien ? » Demande-t-il encore.
« Oui. »
« C'est bon d'être à la maison, Lizzie… »
« Continue, Red, ne t'arrêtes pas… »
Avec l'accord de Liz et un accès total à son corps, Red se mit à pomper. Très vite, il sut qu'il perdrait la bataille de la raison... Plus il s'enfonçait en Lizzie, plus il se sentait entraîner vers son côté animal. Plus elle l'accueillait au fond d'elle et plus il avait envie de la faire sienne et de la pilonner sauvagement. Le bruit régulier de leurs deux corps qui s'unissaient, mêlés à leurs grognements et à leurs gémissements ne faisaient qu'amplifier leurs désirs violents…
Red la tenait désormais par les hanches et alternait rythme lent et rythme plus intense. Devant lui, Elizabeth balbutiait et geignait sous l'intense plaisir qu'elle recevait. Il la sentit d'un coup se contracter autour de son pénis et soudain, elle se tendit et cria, en proie à un nouvel orgasme. Elle eut du mal à reprendre sa respiration et ce fut comme si elle hyper-ventilait en étant secouée de sursauts involontaires intenses.
Red l'entendit jouir et eut un grondement rauque qui déchaîna ses instincts. Il n'était plus capable de penser correctement. Son cerveau était totalement bloqué sur la satisfaction de son désir qui se situait en un point précis de son anatomie. Son pénis était dur comme un rock, tendu vers un seul objectif : jouir au plus profond de Lizzie et se répandre en elle. Cette pensée occultait tout.
Reddington rejeta la tête arrière, ferma les yeux, agrippa les hanches de Lizzie et donna tout ce qu'il pouvait. Il se mit à grogner comme un animal, augmenta la cadence de ses coups de reins, pompa en elle comme un fou en proie à une frénésie sexuelle impossible à satisfaire. En cet instant, il n'était plus question de gentillesse ou de tendresse, mais d'un besoin vital et primitif.
Elizabeth n'était qu'une frêle poupée emportée dans une folle chevauchée, ballottée par un étalon furieux. Dans son état semi-lucide, Red n'entendit pas Lizzie hurler à nouveau son plaisir encore plus intensément. Il ne la vit pas non plus, immédiatement après, être secouée par des pleurs devant l'intensité des émotions qui l'avait encore emportées.
Chaque coup de bassin dans le pelvis de la jeune femme amenait Red un peu plus près de son orgasme. Il sentait la chaleur de sa semence lui brûler les bourses, remonter le long de sa verge et se répandre dans tout son corps. Il savait qu'il ne tiendrait plus très longtemps mais il ne voulait pas jouir tout de suite.
Ses grognements avaient fait place à des plaintes presque désespérées. Au bord de l'asphyxie, Red continua sur sa lancée et s'imagina dans Lizzie, allant et venant en elle comme un piston bien huilé, en train de la posséder complètement et de l'inonder de son amour à chaque salve… Ce fut suffisant pour qu'il explose à son tour…
« AHHH, AHHH, AHHH….. AHHH »
Il se tendit et grogna bruyamment en ressentant douloureusement le premier jet de son éjaculation libératrice. Totalement focalisé sur ses besoins, Red continua à pomper dans la chaleur du fourreau, au rythme des spasmes suivants, qui élicitaient des gémissements intenses de plaisir et des sursauts involontaires de sa part.
Sous lui, Elizabeth respirait de façon erratique, en tentant de calmer les battements désordonnés de son cœur et les sanglots qui la secouaient encore. Elle n'avait pas la force de bouger et resta ainsi, à attendre que Red revienne vers elle.
Jamais elle ne l'avait vu jouir aussi intensément. Diable, même elle, n'avait jamais connu un tel raz-de-marée de plaisir ! Deux fois pendant l'acte ! Red s'était déchaîné ! C'était comme s'il avait été libéré de son vernis policé, possédé par l'animal sauvage en lui… Et elle avait adoré ça !
Avec tendresse, elle lui caressa le cuir chevelu et Red redressa la tête en riant doucement, encore essoufflé, encore sur son nuage. Il se désengagea d'elle et s'abattit à ses côtés, en sueur, totalement vidé.
« Ouah, c'était… »
« Je sais… Le marteau, pas l'enclume… Je suis mort, Lizzie. »
« Pas mieux… »
Ils se mirent à rire doucement. Pris de remords, Red s'inquiéta soudain de sa férocité.
« Je n'ai pas été trop brutal ? »
« Non, c'était comme il fallait… Je crois qu'on en avait besoin tous les deux… »
« Viens là. »
Elizabeth se tourna vers lui et posa sa tête sur sa poitrine. Il lui embrassa le front et ils restèrent silencieux un moment, à flotter dans le bien-être post-coïtal. Elle joua avec les poils de son torse et écouta son cœur reprendre un rythme normal.
« J'ai une bonne nouvelle pour toi… » Dit-il enfin. « Dans une semaine, dix jours tout au plus, tu seras exonérée. »
Elizabeth se redressa, tout d'un coup.
« C'est vrai ? Tu es sûr ? »
« Absolument. Ta venue a un peu précipité les événements mais j'ai désormais toutes les cartes en main. Demain, ou plutôt tout à l'heure, je contacterai Cooper et Ressler avec des preuves suffisantes pour faire faire tomber les derniers membres influents du Conseil de la Cabale aux USA. Interpol et les Services de Renseignements Britanniques, allemands et français vont recevoir un fichier avec des noms. En Europe aussi, le ménage va être fait. L'Asie devrait suivre ensuite. Les journaux vont se faire l'écho de ces scandales et faire des révélations. Il va y avoir des remaniements dans les conseils d'administration des grandes multinationales. Et ce n'est qu'un début. »
« Merci… Qu'est devenu le Directeur ? »
« Tu n'as plus à te soucier de lui. »
« Tu n'en es pas resté là, n'est-ce pas ? L'enterrer dans un trou quelque part ne suffisait pas. »
Red ne répondit rien et se contenta de se perdre dans la contemplation du plafond.
« Marvin et les informaticiens ont fait un travail formidable. Je pense que je vais tous leur offrir quelque chose de spécial pour les récompenser de leurs efforts. »
Lizzie n'insista pas. Il lui suffisait de savoir que l'homme qui voulait sa perte, était à présent hors d'état de nuire.
« Tu as bien travaillé. Toi aussi, tu mérites une récompense. »
« Ces six mois ont été très productifs, c'est vrai. Savoir que tu vas bientôt retrouver ta liberté et ta place suffit à mon bonheur… » Il se mit à bailler à s'en décrocher la mâchoire. « … Je crois qu'on ferait bien de dormir, Lizzie. »
« Je reviens. »
Elizabeth lui donna un baiser sur la joue, se leva et passa rapidement dans la salle de bain. Quand elle revint se coucher à peine deux minutes plus tard, elle le trouva déjà endormi. Elle reprit sa position de grande cuillère avec lui et ferma les yeux.
Une minute plus tard, elle dormait à son tour.
A suivre…
Plus que 2… Ou encore 2, selon votre humeur… et le marathon va s'achever.
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