Avant de commencer à lire, je préfère vous prévenir, sortez la boîte à mouchoirs…
Chapitre 19 : L.O.V.E.
L… is for the way you look at me
O… is for the only one I see
V… is very, very extraordinary
E… is even more than anyone that you adore…
Love is all that I can give to you
Love is more than just a game for two
Two in love can make it
Take my heart and please don't break it
Love was made for me and you
(Nat King Cole)
oooOOOooo
… En tant que dépositaire du testament de M. Davenport, je vous convie à l'ouverture de ses dernières volontés. M. Davenport Jr. insiste sur votre présence et se fera un plaisir de vous accueillir en personne. Une voiture viendra vous prendre à 17 heures très précises à votre domicile. Merci de prévoir un nécessaire de voyage…
Quand la voiture déposa Aram Mojtabaï devant le perron, il regarda avec effarement la propriété immense qui s'étendait sous ses yeux. Le bâtiment était majestueux et s'inspirait du style victorien. Le parc tout autour était en harmonie avec l'ensemble sous les feux du soleil couchant. Visiblement, une armée méticuleuse de jardiniers entretenaient les parterres tirés au cordeau et les pelouses parfaitement coupées.
Un maître d'hôtel vint à lui et l'invita à le suivre. De plus en plus intrigué, Aram lui emboîta le pas. Il traversa le vestibule somptueusement décoré et pénétra dans un salon où attendaient déjà trois autres personnes en discussion autour d'un verre.
Il les reconnut immédiatement. Même s'il ne les avait pas vus depuis longtemps, il lui était impossible d'oublier ses amis.
« Aram ! »
« Don… »
« Toi aussi, on t'a demandé de venir ? »
Aram hocha la tête en serrant la main tendue du Directeur Adjoint du FBI, son supérieur, qu'il croisait plus ou moins régulièrement, puis tomba dans les bras de Samar Navabi, qui travaillait à présent aux Nations-Unies à New York en tant que conseiller pour la Sécurité d'Israël.
« Samar ! C'est bon de te revoir ! »
« Aram, comment vas-tu ? Maïssa et les jumeaux vont bien ? »
« Ils grandissent et font notre fierté. Spencer est en dernière année au MIT et Angela finit son droit à Harvard. »
« Des têtes bien faites, comme leur père. »
Aram se tourna vers le vieil homme aux cheveux gris qui venait de parler et lui fit un grand sourire.
« Monsieur… »
« Pas de ça, Aram. C'est Harold maintenant ! »
« La retraite a l'air de bien vous réussir. »
« Le secret, ce sont les petits enfants, Aram, il n'y a rien de tel pour vous rajeunir… »
Aram se mit à sourire et les regarda tour à tour. Don servit un verre au nouvel arrivant.
« Que fait-on tous là au juste ? »
« Nous nous demandions qui pouvait être le mystérieux Monsieur Davenport. Aucun de nous ne le connaît. Toi ? »
Aram secoua la tête.
« C'est quelqu'un que nous avons en commun en tous cas. Ça fait beaucoup de monde, mais ce nom ne me dit rien, donc… Son fils n'est pas sensé nous recevoir ? »
Comme s'il n'avait attendu que cet instant, la porte s'ouvrit et un jeune homme pénétra dans la pièce. Grand, la silhouette élancée mise en valeur par un costume sur mesure, il s'approcha d'eux en souriant d'un air aimable.
« Madame, Messieurs, c'est un plaisir de vous recevoir ici. Je vous remercie d'avoir répondu à l'invitation de Maître Selznick. Elle nous rejoindra tout à l'heure pour l'ouverture du testament de mon père. »
« Monsieur Davenport, nous sommes désolés pour le décès de votre père, mais… la vérité, c'est que nous ignorons tous de qui il s'agit et pourquoi nous sommes là. »
« Peut-être que le nom de Reddington vous rafraîchira la mémoire ? »
Ils eurent tous un hoquet de surprise et observèrent le jeune homme pendant quelques secondes. Châtain clair, les yeux bleus clairs, ils reconnurent l'expression légèrement ironique du criminel dans ses traits, car il ressemblait indéniablement à son père.
« Reddington ? Mais je croyais… » Commença Cooper.
« … Qu'il était mort depuis longtemps ? Non, mon père nous a quittés il y a cinq jours… Paisiblement, il est allé rejoindre ma mère, que vous avez tous connue sous le nom d'Elizabeth Keen. »
Il y eut des réactions étonnées et des visages atterrés. Seul Aram n'était pas surpris, il avait été sans doute l'un des derniers membres de l'unité spéciale à parler à la jeune femme avant qu'elle quitte les Etats-Unis.
« Elizabeth ? Elizabeth est morte ? Quand ? » Demanda Ressler.
« Il y aura bientôt vingt ans… Et je suis sûr que vous mourez d'envie de connaître la fin de l'histoire. Venez… »
Il les invita à prendre place autour de la cheminée, où il leur resservit tous un verre.
« Je m'appelle James Scott Keen-Reddington, je suis né à Edinbourg en Ecosse, il y a vingt quatre ans, quelques semaines après le décès présumé de mon père… »
Le fils de Reddington parlait d'une belle voix nuancée où transparaissait parfois une pointe d'un accent britannique de la plus pure souche. Il avait été indéniablement élevé en Europe. Ses manières, ainsi que son maintien, étaient ceux d'un jeune homme qui avait reçu une bonne éducation.
« … Mon père n'avait pas prémédité sa disparition. Il a vu en l'attaque dont il a fait l'objet près d'Inverness, une opportunité qu'il a saisie. Discrètement, il a pris contact avec une de ses employées, une dénommée Vanessa Cruz, qui était une spécialiste du maquillage des scènes de crime et de l'ADN. Elle conservait de façon cryogénique un double que mon père lui avait demandé de faire, un homme avec les mêmes caractéristiques physiques que lui, qu'elle a transformé selon les procédés scientifiques d'Eric Trettel. Ce nom vous dit quelque chose, n'est-ce pas ? »
Cooper, Aram et Ressler se regardèrent.
« Trettel ? Ne serait-ce pas celui que Reddington appelait l'Alchimiste… ? » Demanda Cooper.
« Oui, c'est lui. Mais cet homme est mort il y a longtemps… » Affirma Ressler.
« Il avait laissé des dossiers de travail que mon père a récupérés. Cruz a amené le double et l'a jeté à la mer, puis a laissé le temps faire son œuvre. Blessé, mon père est resté cacher dans le phare de Tarbat Ness à la pointe de Dornoch pendant quelques semaines, avant de partir pour exécuter son plan. »
« Qui était de faire quoi ? » Demanda Ressler.
« Se débarrasser des derniers membres de Shell Island, l'organisation criminelle qu'il présidait. Il ignorait lequel de ses associés avait commandité son meurtre. Un par un, il les a faits tomber et s'est emparé de leurs business sous un nom d'emprunt, Arn Björn Erickson… »
« Erickson ! Vous voulez dire que votre père était le… le Viking ?! » Demanda Ressler, surpris.
« Lui-même. »
« Impossible. Le Viking a été retrouvé mort il y a une dizaine d'années. »
« Je peux vous assurer que mon père était bien cet homme. Celui dont vous avez retrouvé le corps a endossé cet alias de façon… providentielle. »
« Don… » Intervint doucement Aram. « Il n'existe aucune photo du Viking. Personne n'a jamais vu son visage. Il n'a jamais pu être formellement identifié. »
« Mon père ignorait que sa mascarade durerait aussi longtemps. Il pensait refaire surface quelques mois après son départ et reprendre son identité. C'était sans compter sur de nouvelles difficultés et un drame qui l'a… anéanti. »
Un discret coup se fit entendre à cet instant et la porte s'ouvrit. Une métisse d'une grande beauté entra dans la pièce, accompagnée d'une femme d'une soixantaine d'années et d'un homme qu'ils reconnurent immédiatement. Dembé s'approcha d'eux, une mallette à la main, alors que Samar se levait et venait à sa rencontre.
« Dembé ! »
« Bonjour Samar… »
L'Iranienne le serra dans ses bras. L'homme de main de Reddington lui avait sauvé la vie et ils étaient restés en contact de façon irrégulière après toutes ces années. Il salua les autres convives et indiqua la jeune femme.
« Permettez-moi de vous présenter ma petite fille, Elie, qui est aussi la femme de James… »
La jeune beauté les salua tour à tour, puis James Reddington passa son bras autour de sa taille, en présentant la femme âgée, debout aux côtés de Dembé.
« Et voici Carole Clark, l'épouse de mon père. »
Intrigués, ils observèrent tous la vieille dame, très digne, un peu stricte, dans son tailleur noir.
« Nous nous sommes déjà croisées, n'est-ce pas ? » Demanda Samar.
« C'est exact, Samar Navabi. C'est moi qui vous ai transporté à Seattle, Donald Ressler et vous, quand vous avez arrêté le Révérend Lan Crawford. »
« La pilote de l'hélicoptère. »
Ressler hocha la tête en se souvenant. Crawford était l'un des derniers blacklistés de Reddington, un fou de Dieu qui avait embrigadé et lavé le cerveau de milliers de jeunes gens en leur promettant le Paradis après l'Armageddon.
« Ainsi, Reddington et vous étiez mariés ? » Demanda Ressler.
« C'était bien avant qu'il rencontre Liz, et c'était un arrangement secret uniquement formel, Monsieur Ressler. Elizabeth Keen a été le seul grand amour de Raymond Reddington… »
Elle fit un geste en direction des sofas.
« … Prenez place, je vous en prie… James, continue s'il-te-plaît. »
Ils s'installèrent tous. Le jeune homme reprit son récit.
« Ma mère n'était pas au courant des intentions de mon père. Je vous laisse imaginer combien sa disparition soudaine a été pénible pour elle. » Il se tourna vers l'Africain. « Je vais laisser Dembé vous raconter… »
« Il faut que vous sachiez qu'aucun d'entre nous n'était au courant de ce que Raymond avait fait. Il nous avait laissés des instructions très précises en cas de décès. Nous les avons suivis et avons donc récupéré son corps pour qu'il ait une sépulture décente. Il a été rapatrié aux Etats-Unis et son enterrement s'est tenu dans la plus stricte intimité, en ma présence, celles d'Elizabeth, Carole et de Kate Kaplan… Nous ignorions tous à ce moment là qu'il était en fait bien vivant. Ça a été un moment particulièrement douloureux pour Elizabeth. Elle était effondrée… perdue. Il était toute sa vie… »
Dembé s'arrêta un instant et eut un sourire en se remémorant leur rencontre.
« Vous les avez connus, sans savoir quel était leur lien réel. Vous avez tous supposé qu'il était son père mais c'était bien plus complexe que cela. Raymond et Elizabeth, c'est une histoire incroyable qui avait commencée un quart de siècle avant leur rencontre en 2013, alors qu'elle n'était qu'une enfant, dans des circonstances tragiques pour l'un comme pour l'autre. »
Dembé raconta de sa douce voix grave comment Red avait sauvé la vie de Liz, comment il l'avait confiée à son meilleur ami, Sam, combien il avait regretté de ne pas l'avoir élevée, comment il l'avait alors protégée de loin, jusqu'à ce qu'il s'allie au FBI pour combattre l'ennemi implacable qui l'avait privé de sa vie et de sa famille. Il raconta le Fulcrum, puis la cavale de Liz et Red, les moments de doute et de bonheur furtif, combien ils avaient résisté contre l'attirance qu'ils ressentaient l'un pour l'autre, et à laquelle ils avaient finalement cédé. Il raconta comment cet amour avait changé le criminel, lui donnant la force de combattre la Cabale et de se battre pour Elizabeth et pour son fils. Il parla enfin du désespoir d'Elizabeth à la mort de Red, du vide incommensurable, de son chagrin inconsolable et de son refus de renoncer à la vie pour James. »
« Qu'est-elle devenue? »
« Elizabeth est restée quelques semaines aux Etats-Unis. Elle n'arrivait pas à croire que Raymond n'était plus là. Puis elle est finalement retournée au Venezuela avec James, à l'orphelinat du Père Joachim, là où elle avait vécu heureuse et où elle savait qu'elle serait entourée. »
« Je l'ai vue avant son départ… » Intervint Aram qui se tourna vers James. « … Elle m'avait confiée une mission : falsifier vos analyses de sang si elle parvenait au FBI. »
« Aram, tu savais ? » Demanda Ressler.
« Oui. Mais quelle importance ça avait pour le FBI ? Monsieur Reddington avait été déclaré mort… Je l'ai fait dans votre intérêt, James. Il ne fallait pas que des gens mal intentionnés fassent le lien entre votre père, Elizabeth et vous. »
James Reddington hocha la tête.
« Et je vous en remercie, Aram. Vous étiez l'ami de ma mère, un ami très cher, et mon père vous a toujours tenu en haute estime. »
Aram eut un faible sourire.
« J'ai toujours considéré que votre père avait une personnalité très complexe et très rare. Nous avons eu une conversation un soir, dans un cimetière, devant une tombe vide… » Aram parut ému en évoquant le souvenir. « … Il m'a honoré de sa confiance en me laissant entrevoir à quel point Elizabeth comptait pour lui. »
Ressler et Cooper regardèrent bizarrement Aram, tandis que Samar esquissait un sourire triste.
« Reddington aurait fait n'importe quoi pour Elizabeth… » Dit doucement l'Iranienne. « Et je crois qu'elle aussi était prête à tout pour lui. Elle l'a longtemps ignoré, ou a choisi de l'ignorer, parce que ce genre de dévotion lui faisait peur et qu'elle avait traversé tellement de moments difficiles à cause de lui. Elle a mis du temps avant de comprendre pourquoi il agissait ainsi et de le voir sous un nouveau jour. »
« Raymond avait besoin d'elle, mais ne voulait pas la forcer à faire quoi que ce soit contre son gré. Il voulait l'amener à voir la vérité d'elle-même, aussi désagréable fût-elle pour lui » Reprit Dembé. « Pour un homme aussi dévasté, qui avait déjà perdu sa famille et de nombreux proches, Elizabeth était sa seule raison de vivre… Après sa mort, il n'a plus jamais été le même. »
« Que s'est-il passé ? » Demanda Cooper.
« Elle a été victime d'un accident stupide. Le médecin est arrivé trop tard et n'a rien pu faire. » Répondit Dembé. « James avait presque cinq ans. Le Père Joachim m'a appelé et je suis allé le chercher au Venezuela. J'avais promis à Raymond de m'en occuper si jamais il arrivait quelque chose. Deux semaines après le décès d'Elizabeth, un homme épuisé a sonné un soir à ma porte. C'était Raymond... Il n'était plus que l'ombre de lui-même… »
oooOOOooo
Vingt ans plus tôt…
Reddington replia la lettre qu'il venait de lire et la rangea avec absence dans sa poche.
« Il arrive un moment dans la vie où l'on réalise que rien ne sera plus jamais pareil. Le temps se divisent alors en deux parties : avant et après… »
Reddington porta la main à son visage qui n'exprimait rien, aucun chagrin, aucune douleur. Il nageait dans un voile cotonneux où rien ne l'atteignait.
« C'est la seconde fois que cela m'arrive, Dembé. Et je suis toujours autant démuni… » Il contempla le vide devant lui. « C'est étrange, combien nos cœurs brûlent sous les feux de la passion et soudain, deviennent glacés. »
Dembé s'alarma de voir son frère dans cet état de désolation. Avec une barbe de plusieurs jours, il portait des vêtements froissés qui sentaient la sueur, le tabac froid et l'alcool. Raymond Reddington, qui prenait tellement soin de lui, avait pris dix ans d'un seul coup et accusait très nettement plus que son âge. Mais plus que son aspect physique, c'était son état psychologique qui inquiétait Dembé. Cette sorte d'hébétude, d'indifférence et de calme avant le déchaînement des éléments…
« Je pensais… je pensais que j'aurai le temps de terminer ce que j'avais entrepris… C'était une lamentable excuse. En réalité, je repoussais toujours le jour où j'aurai à retrouver Elizabeth. J'avais peur… peur qu'elle ne me pardonne pas ce que je lui avais encore fait endurer. Je me disais qu'elle avait une nouvelle vie, qu'elle était heureuse, qu'elle avait assez souffert par ma faute, et que c'était mieux ainsi, qu'elle vive loin de moi et de mon cortège de malheurs... »
« Raymond… Elizabeth n'a jamais cessé de t'aimer. Je suis sûr qu'elle aurait fini par te pardonner. Ne te l'a-t-elle pas suffisamment prouvée au fil de toutes ses années ? »
Reddington secoua la tête, pas du tout convaincu.
« Je lui ai surtout démontrée que je ne voulais pas faire partie de sa vie. C'est ça qu'elle ne m'aurait pas pardonné. »
« C'est de ça dont tu t'es convaincu ? » Demanda Dembé. « Que t'éloigner d'elle était la meilleur des options ? La peur n'explique pas tout. Pourquoi as-tu œuvré à ton propre malheur ? Pourquoi as-tu ruiné tes chances d'être enfin heureux ? »
« Tu crois que je ne sais pas pourquoi ? » S'écria Red dans un sursaut de lucidité. « La vérité, c'est que je n'ai jamais mérité Elizabeth ! Je n'avais pas le droit de l'aimer ! »
« Pas le droit ? Comment ça, pas le droit ? Et qui en avait décidé ainsi ? »
« Moi ! Dembé... Moi !... C'était ma punition pour tout le mal que j'ai fait autour de moi ! Je ne méritais pas le bonheur qu'elle m'apportait ! Je ne méritais pas d'être à ses côtés, de l'aimer et d'en être aimé ! »
Dembé le regarda avec incrédulité, comprenant soudain l'ampleur des dommages et le dégoût que ressentait son ami pour lui-même.
« Oh, Raymond… Comment peux-tu dire une chose pareille ? Elle savait ce que tu étais, et surtout, ce que tu n'étais pas ! Elle t'avait accepté tel que tu étais. Elle t'aimait avec tout ton génie, tous tes travers et toutes tes faiblesses ! »
« Je suis un être malfaisant et violent. Je sème la terreur et la désolation derrière moi. Rien… Ni personne… ne pourra racheter ce que j'ai fait ! »
« Si, il y a encore une personne… James. Ton fils. Celui d'Elizabeth. Le fruit de votre amour… C'est un innocent que tu vas sacrifier au nom de tes sacro-saints principes d'autodestruction ? Lui aussi, tu vas le punir pour des crimes dont son père est responsable et qu'il n'a pas commis ? Lui aussi va devenir une victime collatérale ? Ce n'est qu'un petit garçon de quatre ans, Raymond, un enfant… »
Reddington fit la grimace et baissa la tête. Son code de l'honneur l'interdisait de…
« Ne noircis pas le tableau. Tu feras un bien meilleur père que moi, Dembé… »
« C'est toi, son père. C'est de toi dont il a besoin. »
« Non… »
« Alors pourquoi es-tu venu ici ce soir ? Pour le voir ? C'est ça, n'est-ce pas ?… Pour le voir et l'abandonner juste après ? »
« Non, je veux… » Red secoua la tête, confus. « … Je ne sais pas ce que je veux… »
« Tu ne verras pas James, Raymond. Pas si tu fuis tes responsabilités d'homme. Pas si tu t'en vas encore lâchement… »
« Dembé, arrête… »
« Tu devras me passer sur le corps, tu entends ? Tu ne le verras pas car tu n'es pas digne d'avoir un fils, Raymond Reddington ! Tu as perdu ce droit sur lui le jour où tu as abandonné sa mère et où tu l'as laissée élever James seule, en la laissant croire que tu étais mort ! »
« ARRÊTE ! »
Reddington s'était soudain levé face au Soudanais qui le dépassait largement d'une bonne tête. Pourtant, le rapport de forces physique s'était inversé. Reddington irradiait de colère à peine contenue et serrait les poings. L'Africain l'avait poussé exactement là où il voulait pour le faire réagir, là où il savait que cela faisait mal. Dembé fit bravement face au regard furieux de son aîné et attendit.
La respiration lourde, les deux hommes s'observèrent farouchement en silence pendant quelques secondes. Le moindre geste pouvait avoir des conséquences irréparables. Finalement, ce fut Reddington qui baissa les yeux et sembla perdre brusquement de cette énergie électrique qui l'avait fait se dresser. Lourdement, il se détourna de Dembé, et ferma les yeux brièvement. Le silence se prolongea, tendu.
« Lui a-t-elle seulement parlé de moi ? Est-ce qu'il sait qui je suis… ? »
La tension redescendit un peu, mais Dembé resta vigilant.
« Tous les jours. Elle lui a montré des photos. Je suppose qu'à son âge, il doit t'imaginer vivant quelque part, dans un pays lointain. »
« Vivant ? Il pense à moi comme quelqu'un de vivant ? »
« Oui. »
Reddington soupira.
« Je ne suis plus qu'une coquille vide, Dembé. Qu'est-ce qu'un homme comme moi pourrait lui apporter ? »
« Ce que tu m'as apporté à moi. De l'amour, du respect et de la confiance. Tu as fait de moi quelqu'un de bien. Je sais que tu en es fier. Tu en feras de même avec ton fils. »
« Je ne sais pas si je trouverais la force, Dembé. »
L'aveu d'impuissance de l'homme qui avait été si plein d'énergie, si plein de vie grâce à Elizabeth, émut Dembé. Il posa la main sur l'épaule de Red.
« Tu la trouveras. Il le faut. Pour lui, pour toi. Consacre-lui toute ta volonté, toutes tes espérances, et il te redonnera le goût de vivre. C'est un petit garçon qui a besoin d'amour et de la présence de son père! Ne le laisse pas seul. Vous avez besoin désespérément l'un de l'autre… Donne-lui une chance et donnes-toi cette chance… »
Perdu, Red fut soudain secoué par un sanglot. Ce fut comme si le barrage émotionnel qu'il retenait, cédait d'un coup. La plainte de bête blessée qui sortit de ses lèvres s'éleva et Dembé fut sur lui immédiatement.
Combien de temps l'Africain serra t-il Reddington contre lui avec force ? Les deux hommes restèrent enlacés jusqu'à ce que Red se calme. Dembé le fit assoir et lui apporta un whisky. Finalement, Red demanda :
« Je peux le voir ? »
« Il n'est pas ici. Il est avec Carole et Kate. »
« Demain ? »
« Oui, tu le verras demain... Je vais prévenir les femmes. Kate va t'en vouloir et Carole va probablement te tuer… »
« Je ne l'aurai pas volé... Vous m'avez tous tellement manqué. »
Dembé eut un regard triste. S'il savait combien il leur avait manqués…
« Viens, Raymond, tu as besoin de dormir… »
Le lendemain, Raymond Reddington avait retrouvé un semblant de contrôle sur lui-même. Ce ne fut pas sans appréhension cependant, qu'il fut accueilli par les deux femmes silencieuses à sa sortie de voiture.
« Kate, Carole, je suis désolé. »
Carole s'avança la première et colla une claque sur la joue de Red, qui ne broncha pas et la regarda, repentant. Pour faire bonne mesure, elle lui en colla une seconde sur l'autre joue. Il finit par hocher la tête, mais cela ne la calma visiblement pas.
« Fils de pute, je te jure que si tu me refais un coup pareil, je te pends par les couilles et je te les fais bouffer une par une ! »
Malgré son langage fleuri, l'ancienne Navy Seal était sérieuse. Reddington se contenta de hausser un sourcil, mais ne dit rien. Il avait eu ce qu'il méritait. Il jeta un coup d'œil vers Kate Kaplan, qui l'observait de façon glaciale, et eut immédiatement l'impression d'être un gosse de huit ans pris en faute.
« Bonjour Ka… »
Le dos rigide, M. Kaplan se détourna avant qu'il ait fini et rentra dans la maison. Red resta la main tendue vers elle. Il se tourna vers Dembé, mais l'Africain lui fit un signe de tête négatif. Ce n'était pas gagné…
« Venez… »
Carole les emmena dans un salon confortablement meublé que Reddington commença à arpenter de long en large. Il était incroyablement nerveux. Carole le regardait, comme si elle n'arrivait pas à croire qu'il était devant elle, en chair et en os.
« Arrête, tu vas creuser une tranchée à force d'aller et venir… »
Il s'arrêta, pour repartir à nouveau quelques secondes plus tard. Carole Clark eut un soupir et alla lui préparer un verre de scotch. Quand elle le lui présenta une minute plus tard, il l'ignora totalement et la prit dans ses bras pour la serrer contre lui.
« Carole, je suis réellement, profondément désolé… » Lui dit-il avec émotion. « Je ne suis qu'un imbécile qui n'a pas compris tout le mal… »
« Shhh… Tu m'expliqueras plus tard, d'accord ? »
Quand Carole lui caressa doucement la nuque, Red sut qu'elle l'avait pardonné, une fois de plus. Quand il la regarda, elle le dévisagea avec les larmes aux yeux. Elle pensait à Elizabeth. A lui, surtout. Il hocha la tête pour lui signifier que tout irait bien. Mais elle le connaissait trop bien et n'était pas dupe. Rien ne serait plus comme avant…
Un discret coup à la porte alors se fit entendre. Monsieur Kaplan entra, accompagnée d'un garçonnet blond comme les blés. Reddington sut sans l'ombre d'une hésitation qu'il avait son fils en face de lui. Le petit garçon était son portrait craché quand il avait eu son âge. Dembé se leva et alla vers l'enfant pendant que Kate Kaplan restait près de la porte, toujours murée dans son silence.
« James, je veux te présenter quelqu'un. Voici Raymond Reddington… C'est ton papa et il est venu te chercher. »
Le petit garçon de quatre ans et demi observa Red avec timidité et curiosité. Deux petits yeux bleus comme l'azur le dévorèrent comme seuls les jeunes enfants savent le faire, et il eut un pincement au cœur en reconnaissant tout Lizzie dans ce regard. Il ravala les larmes qui lui étaient montés aux yeux.
« Tu es mon papa ? »
« Oui, James. »
Sa voix lui parut sourde, tellement il était ému. Il déglutit péniblement, en se sentant coupable. Comment avait-il pensé un seul instant à abandonner son fils ? A renoncer à… vivre… Il refusa d'aller par là.
« Tu es vieux pour être mon papa. » Remarqua l'enfant, avec un sérieux sans rapport avec son âge.
Bien que pris à contre-pied par le commentaire de l'enfant, Red ne put s'empêcher de sourire pour la première fois depuis qu'il était arrivé.
« Il n'y a pas d'âge pour être père, James. »
L'enfant sembla réfléchir et finalement, accepta la réponse.
« Tu es venu me chercher ? »
La petite voix était tellement incertaine, fragile, et en même temps si pleine d'espoir, que Red sentit son cœur fondre. Il tendit la main vers le petit garçon avec un sourire, et ouvrit ses bras.
« Oui, James… Viens là, mon bonhomme… »
Red l'accueillit en serrant l'enfant fort contre lui. Quand il releva des yeux emplis de larmes, il croisa le regard de Kate Kaplan, qui se contenta de hocher la tête sans un mot. Malgré son chagrin, il savait désormais qu'il vivrait pour son fils et mettait toute son énergie à le protéger. Et cette fois ci, il se promit d'y parvenir.
oooOOOooo
Dembé termina son récit et un grand silence se fit. Discrètement, Carole Clark essuya une larme pendant que James Reddington demeurait la tête baissée.
« Raymond n'a plus jamais été le même après le décès d'Elizabeth, comme si toute sa joie de vivre était partie avec elle. Il a continué à traquer des criminels, mais peu à peu, il s'est désintéressé de tout cela, pour ne plus se consacrer qu'à James. »
Le jeune homme releva la tête, encore visiblement ému.
« Très tôt, ensemble, nous avons parcouru le monde entier. Raymond m'a montré ce qu'il avait promis de faire découvrir à Elizabeth et m'a appris tout ce que je sais… C'était un père merveilleux, attentionné et terriblement protecteur. Il n'a pas attendu le moment où je pourrais découvrir la vérité pour me révéler des pans entiers de sa vie. Très tôt, j'ai su qu'il était un homme dangereux, avec un passé sombre. Je ne l'en aimais pas moins... Alors que j'avais douze ans, il a abattu froidement un assassin qui a tenté de nous tuer… Cet homme s'appelait Tom Keen… »
Abasourdis, les anciens membres de l'Unité Spéciale se regardèrent en silence.
« Je me souviendrai toujours du visage de cet individu. Je crois qu'il n'avait plus toute sa raison. Ce jour-là, mon père m'a fait promettre de ne pas marcher sur ses traces. »
« Reddington a continué ses activités illégales ? » Demanda Cooper.
« Non, son empire a été divisé. Ce qui pouvait être vendu, l'a été en faveur d'associations caritatives, dont Dembé s'est occupé. Des actions humanitaires ont ainsi été conduites discrètement. Ce qui avait peu de valeurs, a été concédé à ses ennemis qui s'en sont emparés avec avidité. Ces actions ont contribué à renforcer la thèse de sa mort. La plupart des moyens dont mon père disposait, ont servi de toute façon dans son combat contre la Cabale. »
« Et vous ? Comment vivez-vous ? »
« Je suis avocat, Monsieur Ressler. »
« Il me semble vous avoir vu aux Nations-Unies. »
« Effectivement, il m'est arrivé d'y intervenir, Samar Navabi pour servir des causes qui me tiennent à cœur. »
Dembé reprit la parole et montra la mallette avec laquelle il était entré.
« Donald, vous trouverez ici des dossiers sur lesquels Raymond a travaillés. Il y a des documents classifiés qui remontent aux années quatre-vingt et qui expliquent la machination dont il a été l'objet. Alan Fitch n'était pas son supérieur à cette époque, mais a été mis au courant de son rôle véritable. Sans le cautionner, il protégeait Raymond jusqu'à ce qu'il s'implique dans l'extraction de certains ex-membres du KGB, dont il a utilisé les informations contre le gouvernement américain, au milieu des années quatre-vingt-dix… Des disques durs compilent l'ensemble des opérations que Raymond a ensuite mises en place pour asseoir sa notoriété dans le monde criminel, en tant que Concierge du Crime. Vous y retrouvez les noms qui figuraient sur sa Liste et qu'il vous a livrés. »
« Pourquoi me donnez-vous tout ça ? »
« Ce sont les volontés de mon père, M. Ressler. Pour ma part, je trouve qu'il est temps qu'il soit réhabilité… »
« Réhabilité ? C'était un traître et un criminel. Il ne sera jamais réhabilité. »
James Reddington s'approcha lentement de Ressler. Les deux hommes s'affrontèrent du regard.
« Je possède les originaux de ces documents. Je pense que les journalistes seraient fortement intéressés par des révélations impliquant le gouvernement américain. Apprendre qu'un certain nombre d'agents ont été trahis et sacrifiés par leur propre pays depuis une dizaine d'années, au nom de la Sécurité Nationale, devrait faire réfléchir la Maison Blanche à deux fois… » James Reddington eut un sourire. « … Et ne croyez pas que ce soit de l'histoire ancienne. Même vingt cinq ans après, tout peut ressortir et générer un tapage de grande ampleur, comme le Fulcrum et la Cabale l'ont fait en leur temps… »
« C'est du chantage ! »
« Vous croyez ?... Mon père a sauvé la démocratie de votre pays. Je dirais que le prix à payer est fort peu élevé en comparaison des dégâts que pourrait causer un nouveau scandale. Des gouvernements sont tombés pour moins que cela. »
« Jamais personne ne reconnaîtra officiellement son rôle. »
« Une recommandation à titre posthume devrait faire l'affaire. »
« Seul le Président accorde ce privilège. »
« Soyez éloquent, Donald Ressler. Je suis sûr que vous trouverez les mots pour convaincre vos supérieurs de la nécessité de faire entrer l'Amiral Reddington au Panthéon des héros de cette nation. »
James eut alors un sourire insolent qui rappela irrésistiblement son père. Ressler fit jouer sa mâchoire nerveusement. Il n'avait rien oublié de l'animosité qu'il avait ressentie pour Reddington durant toutes ces années. Il n'avait pas oublié non plus que le criminel lui avait sauvé la vie dans un moment critique... Le jeune homme en face de lui n'avait pas baissé les yeux une seule seconde et attendait une réponse.
« Je vais voir ce que je peux faire. » Lâcha finalement Ressler.
Reddington se contenta de hocher la tête.
« Maître Selznick doit être arrivée. Je vais aller la chercher. »
James revint quelques minutes plus tard avec une femme proche de la soixantaine. La lecture du testament fut une formalité. Outre les différents biens transmis aux bénéficiaires et les donations, elle confirma les volontés de Raymond Reddington quant aux documents à transmettre au F.B.I. Au moment de conclure, James l'interrompit :
« Veuillez me pardonner, Amanda, j'ai ici un autre document, signé de la main de mon père en ma présence, ainsi que celle de Carole Clark et Dembé, qui reprend les dispositions que vous avez citées, et qui concerne un autre bénéficiaire. »
« Un autre bénéficiaire ? »
La notaire leva un sourcil interrogatif et prit le dossier. Rapidement, elle se mit à parcourir les différents paragraphes qu'elle connaissait déjà, jusqu'à parvenir à l'addendum. La notaire tressaillit brusquement et releva vivement la tête.
« C'est impossible… Jamais je n'ai lu un tel tissu… d'inepties… Dites-moi que ce n'est pas… »
Visiblement incrédule, la notaire regarda tour à tour la famille du défunt pour les entendre la contredire, mais ils se contentèrent tous de la dévisager avec le plus grand sérieux. Les anciens membres de la Force Spéciale s'agitèrent sans comprendre. Dembé prit doucement la parole :
« Il a été très difficile de vous retrouver, Jennifer, mais votre père n'a jamais perdu l'espoir de vous revoir un jour... Ce fut chose faite, il y a douze ans. »
Il y eut un moment de flottement. La notaire se figea et balbutia :
« Vous devez me prendre pour quelqu'un d'autre… Je ne suis pas cette… Jennifer… Je ne la connais pas… »
« Nous savons qui vous êtes. Votre vrai nom est Jennifer Reddington. Vous êtes la fille de Carla et de Raymond Reddington, née à Annapolis en juillet 1981. »
En entendant ce nom surgi de son passé, la vieille femme se mit à pâlir, trop choquée pour parler et secoua la tête. Dembé poursuivit :
« Quand votre père a disparu en 90, vous avez bénéficié du programme de protection des témoins, jusqu'au jour où vous avez changé à nouveau de nom pour ne pas qu'il vous retrouve... Vous vous êtes ensuite mariée et avez suivi votre mari à l'étranger où vous avez vécu pendant de nombreuses années. Après sa mort, vous êtes revenue aux Etats-Unis et vous avez épousé un autre homme, Paul Selznick. »
« Non, mon Dieu… » Répéta la notaire, visiblement paniquée. « … J'ai travaillé plus de dix ans avec M. Davenport, et jamais… jamais… »
« Notre père a respecté votre volonté, Amanda… » Commença James. « … Vous ne vouliez avoir aucun contact avec Raymond Reddington. Vous n'avez donc eu aucun contact avec lui... Miles Davenport, en revanche, pouvait vous fréquenter. »
La vieille femme ouvrit de grands yeux et se mordit la lèvre.
« James, vous saviez ?… »
« Non, Raymond ne me l'a appris que lors de la rédaction de cet acte. J'ai toujours pensé qu'il vous tenait en haute estime, que c'était une lubie de vieil homme qui se permettait de vous traiter avec un paternalisme bienveillant… »
« Mon Dieu… » Bouleversée, la notaire avait les larmes aux yeux. « Mon Dieu, c'est dément… Je… Si vous voulez bien m'excuser… »
Maître Selznick se leva et quitta le salon précipitamment. James Reddington la suivit quelques secondes plus tard.
« Amanda !… Amanda, attendez ! »
C'était sous ce prénom que James avait toujours connu cette femme. La notaire s'arrêta et accepta de se retourner.
« Quel que soit ce que Raymond vous a fait subir, à votre mère et à vous, ce qu'on vous a dit de lui par la suite, notre père n'était pas l'homme foncièrement mauvais qu'on vous a décrit. Il a été forcé de vous quitter pour vous protéger toutes les deux. Ce fut un choix difficile qui l'a déchiré toute sa vie. Il a dû sacrifier son bonheur avec sa famille et vivre avec cette blessure à vif pour le restant de ces jours... Même ainsi, il n'a jamais cessé de penser à vous et de vous aimer… »
Amanda Selznick laissa couler les larmes qu'elle retenait depuis un moment.
« Toutes ces années, je lui en ai tellement voulu… jusqu'à le haïr… »
« Je comprends, mais ne laissez pas votre jugement ternir l'image que vous avez réellement de lui. J'ai vu combien vous étiez devenus proches. Vous avez appris à le connaître et à l'apprécier. »
« Je ne sais pas si je pourrais lui pardonner cette dernière trahison… »
« C'est la colère et la douleur qui vous font parler ainsi, mais il n'y a rien à pardonner… Il voulait simplement renouer des liens avec vous, sa fille... »
« Je sais… » Amanda Selznick prit une profonde inspiration. « Quand je vois ce qu'il a fait de vous, James, je suis sûre qu'il a été un bon père… » Amanda eut un pauvre sourire. « Vous êtes quelqu'un de bien… Comme Dembé… Des hommes droits. »
James s'approcha d'elle et lui prit les mains.
« Ne vivez plus avec la hantise du passé. Pensez aux moments merveilleux que vous avez eus ensemble ces dernières années. Chérissez ces instants car vous avez vu le vrai Raymond Reddington. Il n'y a rien d'autre à retenir. »
« Avec le temps, peut-être… Merci, James. »
Emu, Reddington regarda partir la vieille femme, puis retourna dans le salon. Les cinq autres personnes le regardèrent entrer avec anxiété.
« Ça va, James ? » Demanda Ellie, inquiète.
« Tout ira bien... J'en suis sûr. » Le jeune homme eut un sourire triste et marcha vers le décanteur. « Si vous le voulez bien, je voudrais porter un dernier toast à la mémoire de mon père et à celle de ma mère… »
Il les servit tous généreusement.
« En souvenir d'une autre époque… A Elizabeth et à Raymond ! »
FIN
Voilà, cette histoire est terminée. J'espère qu'elle vous a bien plus et je vous remercie pour vos commentaires. Pour ma part, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire, même dans les moments difficiles où il a fallu se creuser un peu la tête pour y mettre de la cohérence et trouver de nouvelles idées. Je suis arrivée exactement où je voulais, en me tenant à mon idée initiale.
En bonus, je vous propose de lire en épilogue la lettre qu'Elizabeth a adressée à Red et qu'il a lue le soir où il est allé chercher son fils chez Dembé.
Je ne voulais pas l'inclure dans le récit directement. Elizabeth n'avait jamais perdu l'espoir que Red soit encore vivant… Sachez que Red l'a conservée précieusement et l'a léguée à son fils, avec le journal qu'Elizabeth a tenu en Amazonie…
