Coucou chers éventuels lecteurs ! Voilà le chapitre 2 de cette histoire, vu que j'ai enfin atteint le chapitre 5 dans mon écriture. Bonne lecture, et ne faites pas la même erreur que moi, ne tombez pas dans la déprime qui accompagne chaque fin d'année !
PS. Comme dans ma fanfic RWBY, je vais commencer un système de propositions de musiques (selon mon humeur). Deux choix pour deux spécificités. Avec un peu de chance, vous pourriez écouter les deux, vu la longueur du chapitre.
- Rythmique : The Servant - Orchestra
- Calme : Hammock - All is Dream And Everything is Real
PS2. J'ai dû reposter (deux fois) en raison de problèmes de mise en page, désolée T_T
PS3. Merci aux reviewers, ça fait super plaisir d'être suivie et lue !
Disclaimer : Tout appartient à J.K. Rowling, à part Theonia (et certaines inventions de mon cru...).
Chapitre 2 : La plaisanterie, ou comment voir tourner aigre sa propre création.
Lily avait reçu son emploi du temps, et il était plutôt léger. Pour le moment, puisque les heures qu'elle avait de libres seraient probablement réservées à des séances de révision en vue des BUSE qu'elle passerait fin d'année. Mais elle préférait éviter de penser à ça et de se focaliser sur le moment présent. Qu'elle passait justement à concocter – au sens propre, d'ailleurs, à en juger le chaudron qui se trouvait devant elle – son nouveau plan pour pourrir la vie des professeurs.
Pour l'occasion, elle ratait deux heures d'Histoire de la Magie en compagnie des Serdaigles, mais elle n'en avait cure. Les seuls qui noteraient peut-être son absence seraient les espions de cinquième année au service du préfet de Serdaigle. Et encore. Le professeur Binns n'avait jamais vraiment fait attention à ses élèves et se contentait simplement de traverser son tableau noir avant de commencer à lire son cours, d'une voix lente dénuée de passion. Lily se demandait parfois s'il lisait vraiment le programme qu'il fallait à chaque classe ou s'il déblatérait simplement ce qu'il avait sous la main sans en tenir compte.
Elle se sentait toutefois plus coupable de faire rater ses cours de Défense Contre les Forces du Mal – communément appelés cours de DCFM – à Hugo, à la fois car il s'agissait d'une matière importante, mais aussi parce que Victoire le tenait à l'œil, même par le biais de Teddy et que ses parents sauraient immédiatement. Mais le jeune homme avait insisté, arguant que sans lui, ce ne serait pas possible. Et c'était le cas, pour une fois.
Lily préparait une potion que les Oiseaux Moqueurs en parchemin magique de l'oncle Georges transporteraient et verseraient dans chaque classe où elle les avait préalablement placés à l'aide de la cape invisible la nuit passée.
Hugo était chargé d'aller à la serre et à la réserve de potions pendant qu'il y avait cours pour chercher les ingrédients nécessaires. Elle lui avait confié la précieuse cape pour l'y aider, et il tenait de sa mère un sac qui pouvait tout contenir grâce à un Sortilège d'extension indétectable. Hermione était directrice du Département de régulation et création des nouveaux sortilèges, un département créé après la guerre, suite à l'apparition de nouveau sortilèges et contre-sorts, raison pour laquelle elle était aussi libre de ce point de vue-là. Elle ignorait qu'elle aidait sa nièce du même coup.
A côté de la jeune fille, qui se trouvait dans la Salle sur Demande transformée en une espèce de cachot numéro deux, en mieux équipé – elle avait trouvé les queues de rat et les ingrédients les plus basiques assez aisément –, se trouvaient déjà de petits flacons remplis d'une mixture verdâtre. En effet, elle avait déjà terminé la première potion la veille, soit le lendemain de la rentrée.
Actuellement, elle s'attaquait à une potion de niveau avancé, mais elle avait un don pour les potions dont son père était très fier d'afficher. De plus, elle testait toujours ses potions sur un Cobaille, une des inventions de Georges qui avait tout d'un être vivant, à part sa longévité. Il était activé pour dix minutes, le temps de verser une goutte du mélange dessus et d'en voir l'effet. Si le Cobaille mourrait avant la fin des dix minutes, la potion était un échec. L'invention avait été testée et approuvée par le Ministère de la Magie qui n'hésitait pas eux-mêmes à en faire usage. Et les Cobailles faisaient partie du set de farces et attrapes que Georges lui offrait tous les ans.
La porte s'ouvrit et un Hugo échevelé apparut avec un grand sourire plaqué sur le visage. Il avait l'air griffé au niveau de la joue mais il lui apporta les ingrédients sans un mot. Il prit le temps de reprendre son souffle, en observant Lily qui était concentrée dans la concoction de sa potion mystère. Lui-même ignorait encore quelles étaient les mixtures que Lily avaient choisies, mais il savait que le lendemain, il devrait encore s'arranger pour sécher, sans quoi il en serait victime lui aussi. Il savait aussi que sa cousine, elle, devrait être présente, et que, donc, elle n'avait pas choisi quelque chose de trop conséquent.
- Alors, tu t'es fait quoi à la joue ? Demanda-t-elle, levant brièvement les yeux après un long silence où l'on entendait uniquement le liquide bouillir et être mélangé.
- Une des fichues plantes du professeur Londubat qui a tendu sa liane assez agressivement quand j'ai marché sur une de ses feuilles.
- Je vois, Neville frissonnerait de t'entendre parler ainsi de ses plantes adorées. Allez, Hugo, le dîner ne va pas tarder à être servi, passe à l'infirmerie pour soigner ça avant d'aller à la Grande Salle !
- Ca marche. Ne tarde pas trop longtemps, partenaire !
Il adorait l'appeler comme ça, ça donnait une dimension tellement plus secrète et importante à ce qu'ils faisaient. Il fila vers l'infirmerie, laissant la cape d'invisibilité et le sac près de Lily, qui en aurait besoin pour sortir, quelques heures plus tard. Son absence au repas serait couverte par Hugo, qui prétexterait des nausées à quiconque poserait des questions. Et le « quiconque » en question serait probablement Finnigan, qui cherchait la moindre faille sans la trouver.
La potion dans son chaudron prenait une délicieuse couleur nacre, qui rappelait à Lily les vacances d'été qu'elle avait passé à la plage et les coquillages qu'elle y avait trouvés. L'odeur qu'elle dégageait lui était inexplicable, un mélange de brûlé – rappelant les feux d'artifices magiques qu'elle avait tirés dans la Grande Salle en troisième année, en l'hommage de feu son oncle, dont l'anniversaire de la mort venait d'arriver – ainsi que l'odeur de la pluie sur la terre. Quant à la troisième senteur, elle ne parvenait pas à l'identifier. Elle haussa les épaules, et bien qu'elle soit certaine de sa réussite, sortit un Cobaille de son sac.
C'était une espèce de souris en papier qui émit un léger « squick » on ne peut plus réel lorsqu'elle prononça la formule d'activation (« Testus »). Elle versa une goutte de la mixture nacrée dessus et attendit patiemment une dizaine de minutes, alors que la petite souris de papier se frottait contre sa main, réclamant des caresses. Au bout desdites minutes, le papier s'embrasa doucement, enveloppant la bestiole, lui garantissant un accès au paradis des Cobailles. C'était donc un succès.
La jeune fille versa tranquillement la potion dans chaque petit flacon – assez petits pour que des oiseaux de parchemin magique puissent les porter et assez friables pour qu'ils se brisent en atterrissant d'une certaine hauteur.
Une fois terminé, Lily sortit un casse-croûte du sac et mangea un sandwich qui entre deux tranches de pain subtilisées le midi-même se trouvait du jambon cru, des asperges et du fromage, ainsi qu'une sauce légère. Elle avait pris ce qui se trouvait à sa portée, sans pour autant penser aux conséquences. Mais au final, ce n'était pas mauvais, et elle était heureuse que, pour une fois, elle n'ait pas confondu la sauce avec du chocolat et donc qu'elle se soit épargné un sandwich écœurant au chocolat et au camembert.
Les cuisines de Poudlard s'étaient en effet ouvertes à l'importation de nourriture étrangère, et il n'était donc pas rare de voir des mets européens à table. Lily trouvait ça plutôt positif dans le sens où elle adorait découvrir et qu'elle saturait des puddings et autres cheese-cakes.
Une fois certaine que la nuit était là, et après avoir emballé ses flacons précieusement, elle sortit de la Salle sur Demande, et alla placer, à l'aide de Wingardium Leviosa murmurés, les objets de son passage à l'action. Une fois satisfaite, et ayant repéré la place qu'elle prendrait en cours de métamorphose, elle sortit et en utilisant deux-trois passages secrets, retrouva la chaleur de son lit douillet sans croiser personne. Parfait.
- Alors, Potter, ces nausées, ça va mieux ? Interrogea Finnigan de son ton habituel, dédaigneux et méprisant.
Comme prévu, il avait été fouiner. Merci Hugo. Qui était d'ailleurs absent à cet instant-là. Où pouvait-il bien être ?
- Oui, merci de t'en inquiéter, Finnigan, je ne te savais pas si attentionné, répondit la jolie rousse avec un sourire innocent, entraînant le fou rire nerveux de plusieurs Gryffondors ainsi que de Serdaigles ayant entendu la conversation.
Le brun ne sut que répondre et se contenta d'un grognement de frustration avant de sortir de la Grande Salle.
Adrian choisit ce moment-là pour s'asseoir à côté de Lily.
- Bien joué. Je me demande vraiment parfois pourquoi tu n'es pas chez les Serpentards. J'espère que ton coup valait la peine de toutes ces absences, conclut-il à voix basse avec un clin d'œil complice.
La jeune fille lui lança un regard interrogateur, faussement innocent. Il se pencha vers elle et chuchota à son oreille :
- Heureusement que Lysander est mon meilleur ami et que j'ai un tant soit peu d'influence sur lui et ses sous-fifres, sans quoi ton absence d'hier aurait été signalée… Tu m'en dois une, Potter.
Elle sourit largement et lui répondit de la même manière après un bref bisou sur la joue, provoquant des sifflements et des encouragements dans toute la salle – Lily était plutôt populaire, sans vraiment s'en préoccuper :
- Entendu, Londubat. Je te la rendrai, comme il se doit. Et ne t'en fais pas, tu devrais être satisfait de la tournure des choses dès la première heure de cours. D'ailleurs, si j'avais un conseil, manque cette heure-là, tu devrais pouvoir trouver quelque chose de plus productif à faire de ta journée.
- Merci, demoiselle. Je considère ta dette remboursée. Bonne journée, sourit-il en se levant et en retournant s'asseoir près de Scorpius qui lui lança un regard soupçonneux.
Il s'apprêtait d'ailleurs à lui tirer les vers du nez quand son attention fut détournée par Rose qui arriva, se pencha vers lui et l'embrassa tendrement.
Le regard de Lily se porta plus loin et vit la fille qui l'avait remise à sa place dans le train, Theonia Withdrawn. Leurs regards se croisèrent l'espace d'un instant, mais Lily détourna vite le sien pour se concentrer sur son petit déjeuner, qu'elle avait à peine entamé. Elle vit aussi à cet instant qu'un hibou tendait sa patte vers elle, avec un « Hou » insistant. Il avait les plumes marron, donc elle sut instantanément que le parchemin qu'elle dépliait venait de ses parents.
Pensons à toi, ne fais pas trop de bêtises. Nous t'aimons, Papa et Maman.
Le mot était bref mais il réchauffa le cœur de la jeune fille, qui sourit au « trop ». Ses parents n'étaient donc pas assez naïfs pour penser qu'elle serait sage et ne l'exigeaient pas d'elle. Elle les adorait. Elle griffonna un « Je vous aime aussi, faites une bise à Albus Severus de ma part. » avant de replier le parchemin et le confier au hibou, qu'elle caressa brièvement en lui tendant un morceau de viande crue. Il l'avala goulûment avec reconnaissance avant de s'envoler.
La jeune fille vida son assiette, avec son appétit habituel, et partit en classe de Métamorphose. Comme prévu, la porte était close et des élèves – Gryffondors et Serpentards confondus – attendaient déjà devant. Justine Smith était assise contre le mur, discutant allègrement avec une autre Serpentard dont Lily ignorait l'identité. Finnigan parlait lui aussi avec vivacité avec des Gryffondors qu'elle ne connaissait pas, mais qui la saluèrent quand elle arriva, provoquant l'énervement de Myron. La jeune fille leur répondit de la main avec un petit sourire, par pure politesse.
Lorsque Mars McGonagall, que la plupart des élèves appelaient Mars pour éviter la confusion avec la directrice, arriva et ouvrit la porte, Lily s'empressa de choisir la place prévue. Peut-être avec un peu trop d'empressement, parce que Finnigan la bouscula, entraînant un déséquilibre temporaire qui l'obligea à se rattraper à la table la plus proche. Un garçon de la bande de Finnigan avait pris sa place, et la plupart des autres étaient prises. Elle s'assit donc là où elle s'était rattrapée… Aux côtés de Theonia Withdrawn qui l'ignora avec superbe.
Bon. Tout ne se passait pas comme prévu. Mais Lily avait prévu une certaine marge d'erreur, d'où le choix des potions. Elle avait hésité à faire du Veritaserum, mais cela aurait joué en sa défaveur dans un cas comme celui-ci où elle serait en contact direct avec la potion. Sans compter que le Veritaserum prenait un mois de préparation et que son usage était quasiment illégal hors autorisations spécifiques.
Alors que Mars parlait tranquillement du Sortilège d'Apparition et de ses propriétés, Lily décomptait les secondes dans sa tête.
Trois… Deux… UN…
Les Oiseaux Moqueurs lâchèrent les flacons tous ensemble dans quinze salles différentes. Ils tombèrent tous si vite que personne n'eut le temps de réagir. Les cheveux de certains se levèrent tandis que d'autres se contentaient de se frotter contre le premier venu en disant « mon amour ». Mars avait reçu les deux mixtures sur la tête et courait maintenant hors de la salle, les cheveux hérissés en criant « mon aimée, je m'en vais te trouver ! ».
Finnigan avait eu le même traitement et serrait contre lui un de ses amis en lui murmurant des mots doux alors qu'il essayait de s'échapper, les cheveux pointant dans tous les sens. Lily, heureusement pour elle, avait pris l'antidote de la potion nacrée en prévision – sa marge d'erreur – mais n'avait pas pris celui de la verte pour ne pas être grillée. Sa voisine avait les cheveux qui formaient un équivalent de la roue d'un paon en brun uniforme, excepté une mèche blonde que Lily n'avait pas encore remarqué. Elle ignorait pourquoi elle notait tous ces petits détails au sujet de ce qui semblait être une future ennemie. Withdrawn avait les yeux grands ouverts et contemplait la salle d'un air ahuri.
Alors que tout le monde autour d'elles courait dans tous les sens, à chercher l'amour ou en essayant d'aplatir ses cheveux, criant et hurlant leur détresse, professeurs compris, la brune leva un regard noir vers Lily qui eut envie de reculer prudemment. Elle était évidemment toujours assise, donc ce n'était pas possible. Apparemment, le fait que ses cheveux forment un pilier roux sur sa tête ne l'innocentait pas tant que ça. Elle déglutit et plaça une légère blague avant de prendre la fuite :
- Tu permets ? Je vais aller chercher l'amour de ma vie !
Et elle détala le plus vite possible. Deuxième erreur. Si la première avait été de s'asseoir au mauvais endroit, du moins. Parce qu'à cet instant, elle fonça sur Teddy, qui la retint un instant :
- Tu n'aurais pas vu Victoire ?
Elle soupira de soulagement en secouant la tête négativement. Cependant, cette rencontre importune l'empêcha de rentrer sagement en salle commune, puisque McGonagall – la directrice, cette fois – choisit cet instant pour prononcer un discours après avoir amplifié sa voix.
- QUE TOUT LE MONDE AILLE A LA GRANDE SALLE. LES AMOURS DE CHACUN S'Y TROUVENT, AINSI QUE LES CONTRESORTS NECESSAIRES A LA SITUATION. TOUS LES COURS SONT SUSPENDUS JUSQU'À NOUVEL ORDRE.
Lily grimaça à cause du volume qui lui vrilla les oreilles. Au moins, elle avait réussi son coup. Par contre, elle doutait de plus en plus de son innocence parfaite, surtout en entendant la remarque de McGonagall après qu'elle eut « éteint » sa voix.
- Si j'attrape celui ou celle qui a fait ça…
Lily déglutit et suivit l'énorme mouvement de foule qui s'était fait vers la Grande Salle. Les tables de chaque maison avait été poussées, laissant l'unique table des professeurs au milieu de la salle. Hagrid, le professeur Londubat et Slughorn étaient assis là, chacun avec un antidote probablement tiré de la réserve de Slughorn ou fraîchement préparé, et des bandages. Apparemment, le fait que chacun se fonce dedans pour trouver son amour n'avait pas fait que des heureux et beaucoup de personnes s'étaient battues pour d'autres, en oubliant – fort heureusement – qu'ils étaient des sorciers.
La plupart des élèves se dirigèrent sagement vers la table et prirent les antidotes, les faisant redevenir « normaux ». Certains s'évanouirent, d'autres s'assirent simplement sur le sol en pierre de la Grande Salle.
Mars McGonagall rentra, escorté de deux armures du château que son arrière-grand-tante dirigeait à l'aide de sa baguette. Il semblait comme fou et essayait d'échapper aux gants de fer de son escorte. Il eut droit à double dose d'antidote, tout comme ceux qui avaient reçu les deux mélanges sur la tête, ce qui le calma immédiatement. Il s'assit en tailleur et tint sa tête en gémissant.
Lily était certaine que de cette blague-là, James en entendrait parler. Elle déglutit encore une fois et alla prendre sa dose d'antidote sous le regard soupçonneux d'Hagrid. Il n'était pas dupe, et devenait de plus en plus avisé avec l'âge. Elle baissa le regard tandis qu'elle sentait ses longs cheveux retomber un à un sur son dos.
Elle vit Adrian pas loin qui l'invitait à venir. Elle s'assit donc près de lui, alors que dans la Grande Salle, des groupes assis se formaient. La foule pour les antidotes, elle, s'amenuisait.
- Alors là, bravo, je félicite l'organisateur de la farce, fit Adrian d'un ton neutre, sachant qu'il était écouté.
Il souriait néanmoins.
- Il va avoir sa page dans la Gazette, à ce rythme, ce plaisantin, rigola-t-il en voyant Carmichael courir vers Pompom P. Pomfresh, l'infirmière – fille de la précédente –, en lui déclarant sa flamme. J'espère qu'il ne se fera pas chopper, conclut-il, le regard dans le lointain.
Adrian la fixa droit dans les yeux et elle y lut de l'amusement mêlé d'inquiétude.
- Tu sais, je suis vraiment déçu que tu n'aies pas été touchée par le philtre d'amour, j'aurais adoré que tu me fasses ta déclaration, plaisanta-t-il pour détendre l'atmosphère.
En effet, Lily était vraiment mal à l'aise et ne savait pas quoi répondre. Adrian lui lança un regard désolé avant de se laisser tomber en arrière et de s'allonger sur la pierre, les bras croisés sous la tête. Il avait forcément trouvé un moyen d'être innocent aux yeux des professeurs, vu qu'il était présent dans la salle depuis le départ. Ce n'était certainement pas un Serpentard pour rien. Malgré l'unification des Maisons, les clichés collaient encore à la peau des élèves, mais pas pour rien. Les réfléchis allaient toujours à Serdaigle, les patients et généreux à Poufsouffle, les courageux et têtes brûlées à Gryffondor et, bien sûr, les plus rusés voire manipulateurs allaient à Serpentard. Même si certains choisissaient entre deux Maisons, le Choixpeau lisait toujours l'esprit des jeunes gens.
La foule finit bientôt par se tarir et les groupes d'élèves discutaient silencieusement entre eux. McGonagall senior se plaça au niveau de la Grande Porte, vers laquelle tout le monde était tourné.
- Très chers élèves, voici le bilan de cette plaisanterie qui vient d'avoir lieu. Car, oui, il s'agissait en effet d'une plaisanterie et non d'une attaque quelconque. Et si certains étaient prêts à en féliciter le concepteur, voilà qui devrait les refroidir. Quarante-cinq blessés dont côtes fêlées, bras et jambes cassés. Soixante-cinq élèves ayant subi des effets secondaires tels que maux de tête ou nausées violentes, deux professeurs profondément atteints autant dans leur amour-propre que dans leurs sentiments – et je ne permettrai pas que cela soit dédaigné – et, enfin, trois cas de traumatismes crâniens dus à l'agressivité de certains quant à la recherche ou à la protection de leur amour. Heureusement que vous aviez oublié que vous étiez des sorciers, sans quoi cela aurait pu virer au meurtre, tonna-t-elle, visiblement en colère. Toute personne ayant des informations sur la ou les personnes qui auraient pu préparer cela est invitée à me les livrer dans l'heure dans mon bureau. Celui ou celle ayant prévenu la Gazette est aussi invité à venir me voir. Ce sera tout pour le moment. Ce soir, j'annoncerai les mesures prises à l'encontre du ou des plaisantins. Allez chacun dans vos salles communes vous reposer.
Sur ces mots, elle ouvrit les portes d'un grand coup de baguette magique et s'en alla d'un pas rapide, furieuse. Un silence prudent et choqué flottait dans la salle.
Lily se sentait vraiment mal. Elle savait qu'elle avait réussi son coup, mais elle savait aussi que les conséquences n'avaient pas été prévues, et qu'elles faisaient d'elle quelqu'un de mauvais. Elle se leva donc et se dirigea vers les dortoirs, ignorant les cris de Rose et Scorpius qui l'interpellaient, inquiets. Elle vit Adrian se diriger vers eux, les interrompant, ce qui lui permit de prendre un énième raccourci à travers un mur illusoire, qui la mena directement dans le dortoir des filles Gryffondors. Heureusement pour elles, il n'y avait que les filles qui pouvaient y entrer, elle avait essayé de faire entrer Hugo, mais il se prenait le mur.
D'ailleurs, elle espérait qu'il allait bien.
Première arrivée dans le dortoir, elle prit un parchemin dans sa valise, ainsi qu'une de ses plumes de cours et se mit à écrire fébrilement.
Cher James,
J'ai définitivement gagné le pari, tu pourras le constater dans la Gazette, ou l'entendre via ton « réseau de connaissances », comme tu appelles ça. Heureusement que tu avais prévu la modalité « renvoi inclus », parce que sinon j'aurais vraiment tout perdu. Je pense que je suis en route pour mon exclusion définitive de Poudlard.
J'ai préparé deux potions, les ai testées sur les Cobailles, et les ai confiées aux Oiseaux Moqueurs de l'oncle Georges, qui les ont lâchées sur les élèves et les professeurs. Je n'avais pas prévu qu'il y aurait autant de blessés. Je sais que ce n'est pas une excuse, c'est simplement la vérité.
Je songe sérieusement à me rendre auprès de McGonagall. Je n'ai jamais souhaité que faire une blague, jamais songé à blesser quiconque.
J'espère que j'aurai ton soutien face aux parents,
Je t'embrasse,
Ta sœur qui t'aime.
Elle plia le mot, le confia à sa chouette, qui était justement perchée à la fenêtre et lui murmura d'aller retrouver son frère.
James travaillait à la filiale des Farces pour Sorciers Facétieux de Weasley & Weasley de Pré-au-Lard, donc le message arriverait vite. Lily savait que c'était un message de détresse pitoyable, surtout avec le mal qu'elle venait de faire, et toute la détresse qu'elle avait créée. Mais elle avait désespérément besoin de présence, de son frère, celui qu'elle avait choisi pour modèle et dont elle était bien plus proche qu'Albus Severus.
La réponse ne se fit pas attendre. La chouette tapa à la fenêtre de son bec, obligeant Lily à sortir de sous la couette où elle était douillettement installée depuis une heure, à se triturer les méninges pour savoir quoi faire.
La réponse était brève mais rassura Lily.
Arrive. Ne fais rien. A plus tard.
James
