Bonjour à tous. Comme toutes les trois semaines désormais, voici un nouveau chapitre de l'Héritier du D. J'espère qu'il vous plaira.

En attendant, je remercie tous ceux qui m'ont laissé une review, cela m'a beaucoup fait plaisir.

Pour information, j'ai vingt six chapitres déjà écris, donc, pour le moment, j'ai un peu d'avance.


On dira qu'un jour au moins est passé entre le départ de Little Garden et le début de ce chapitre, ne serait ce que pour que le virus ait le temps d'incuber.


Chapitre 8

Le lendemain, tout le monde était rassemblé sur le pont du Vogue Merry, chacun vaquant à ses occupations habituelles : Zorro s'entrainait avec ses poids malgré ses blessures, Usopp faisait des projets de voyage avec Luffy en se promettant de visiter l'île d'Erbaf ensemble Vivi s'occupait de Karoo en lissant soigneusement ses plumes, quant à Nami, elle était accoudée contre le mat du navire, l'eternal Log Pose menant vers Alabasta posé à côté d'elle. Elle observait le calme reposant mais presque inhabituel sur le navire des Pirates au Chapeau de Paille tant l'agitation était le maitre mot à bord. Mais elle ne s'en plaignait pas : pour le moment, elle avait bien besoin de calme pour parvenir à se concentrer malgré sa fièvre qui grimpait. Elle ne devait surtout rien laisser paraître si elle ne voulait pas que les autres s'inquiètent et insistent pour qu'elle se repose.

Elle se redressa quand elle vit son amie approcher d'elle, un air soulagé sur le visage tandis qu'elle fixait l'eternal Log Pose sur le sol qui représentait tous ses espoirs d'arriver à temps à Alabasta. Les deux jeunes filles se mirent à discuter tandis que Sanji leur servait des en-cas : la discussion de la veille les avait beaucoup rapprochées et désormais, il y avait une grande familiarité entre elle. Vivi avait encore mal à la tête à cause du coup que Nami lui avait donné pour lui apprendre à ne pas dire des bêtises mais elle n'y songeait plus : elle était heureuse de se savoir tellement soutenue par les amis de Luffy. Le temps était beau mais avec un vent constant, selon Nami, le navire arriverait vite à Alabasta. En bref, rien ne semblait obscurcir la joie teintée de soulagement de la jeune princesse. Mais hélas, elle avait espéré trop tôt.

À ses côtés, Nami venait brusquement de s'évanouir, la fièvre galopante qui l'avait envahie depuis la veille avait fini par venir à bout de la résistance de la jeune fille. Aussitôt, tout l'équipage se rassembla autour de leur navigatrice et l'escortèrent dans sa chambre en la fixant, terrifiés par l'état de faiblesse de leur amie. Bientôt, la rouquine fut allongée sur son lit avec des couvertures, Vivi agenouillée à ses côtés tandis que les garçons étaient au garde à vous, attendant qu'on leur donne un ordre, n'importe lequel, qui pourrait soigner leur amie. Malheureusement, la princesse n'était pas médecin et la seule personne qui avait quelques connaissances médicales était celle qui en avait le plus besoin pour le moment. Aucun des garçons n'avait jamais été malade durant leur vie et donc expliquer les syndromes de Nami. De plus, cette dernière refusait qu'on détourne leur route et avait argumenté en montrant un journal qu'elle avait caché et qui révélait que la rébellion d'Alabasta s'intensifiait, à la grande frayeur de Vivi.

Puis sans attendre les protestations de ses camarades, la jeune navigatrice était sortie pour vérifier si le Vogue Merry allait toujours dans la bonne direction. Sachant que c'était Zorro qui était aux commandes, la réponse était évidemment négative et la jeune fille, déjà épuisée par sa maladie, s'était effondrée en entendant les explications de navigation données par le sabreur. Puis, soudainement, la jeune fille avait regardé la mer d'un air fiévreux, observant les nuages, sentant le vent sur sa peau brulante de fièvre, attentive uniquement à l'océan et à des signes qu'elle seule pouvait distinguer. Puis elle avait ordonné d'une voix sans réplique de changer de cap et sans discuter ses ordres, tout l'équipage avait obéi, peu désireux de contrarier la rouquine déjà mal en point. Mais sans qu'elle y prenne garde, Luffy s'était approché d'elle et avait posé sa main sur son front avant de la retirer tant il était stupéfait par la chaleur qui émanait de son amie.

"Nami, tu ne peux pas continuer comme ça, on doit trouver un médecin maintenant. Je n'ai peut-être jamais été malade mais même moi, je sais que ce n'est pas bon quand tu brûles comme ça ! J'ai l'impression de toucher Ace !"

"Qui ça ?" Murmura Nami un peu éberluée par le flot de paroles qui s'échappait rapidement de son capitaine.

"Pas d'importance. Pour le moment, l'important, c'est de te soigner !"

"Non, l'important, c'est d'arriver à Alabasta pour cesser la révolte de provoquer des centaines de milliers de morts." Riposta la rouquine en soutenant le regard du garçon au chapeau de paille.

"Vivi ? Toi qui es la première concernée, qu'est ce que tu en dis ?" Demanda Luffy d'une voix impassible.

"Si nous voulons arriver assez vite pour stopper la rébellion, nous n'avons pas une minute à perdre. Nous devons trouver un médecin sans perdre un instant pour que notre navigatrice soit de nouveau en forme pour nous amener à bon port !"Affirma catégoriquement la jeune princesse.

"Tu vois Nami ? Vivi a fait le même calcul que moi." Déclara Luffy avec un sourire rassurant. "Maintenant retournes te coucher et…"

"Mon dieu, c'est quoi, ça ?!" Hurla soudainement Usopp, les yeux exorbités.

Ça, c'était un gigantesque cyclone qui se trouvait à l'horizon : les vents violents qui tourbillonnaient soulevaient des vagues immenses. On avait l'impression de se trouver devant une tornade gigantesque prête à tout dévaster sur son passage sans laisser le moindre survivant. Et ce monstre d'eau et de vent se trouvait précisément à l'endroit où le Vogue Merry aurait été si Nami n'avait pas changé brusquement de cap, épargnant ainsi à leur navire d'être réduit en miettes par l'ouragan.

"Incroyable, murmura Luffy.

Le jeune garçon naviguait depuis des années sur Grandline et plusieurs de ses petites embarcations avaient coulés à la suite du temps imprévisible qui faisait partie des dangers de la route de tous les périls. Il avait vu et survécu à de nombreuses tempêtes dans cet océan et ce, depuis qu'il avait neuf ans. Bien qu'il soit piètre navigateur, le jeune capitaine en savait long sur Grandline et même les gigantesques cyclones comme celui qu'ils venaient d'éviter n'apparaissaient pas tous les jours mais ils étaient encore plus difficiles à prévoir que la météo ordinaire. Et pourtant, sa navigatrice était parvenue à prévoir la catastrophe rien que par un pur instinct ! C'était du jamais vu.

"Dis, tu n'aurais pas des ancêtres sirènes ou hommes poissons, par hasard ?" Demanda t-il alors qu'il portait la jeune fille à moitié inconsciente dans sa cabine.

"Tu te fiches de moi ?" Murmura sa navigatrice en frissonnant.

"Pas du tout, c'était un compliment. Je n'ai encore jamais vu quelqu'un connaissant mieux l'océan que toi à part eux ! Et certains peuvent être sympas, tu sais."

"J'oublie parfois que tu connais mieux ce monde que moi…Tu pourrais peut-être me raconter certaines de tes histoires pendant que je me repose, d'accord ?"

"Sans problème !" Sourit Luffy avant de faire un geste vers Zorro et Vivi enjoignant l'un de prendre les commandes et l'autre de vérifier qu'ils prennent la bonne direction. Zorro était son second non officiel et Vivi avait voyagé au cours de son infiltration de Baroque Work : il pouvait leur faire confiance.

Pendant toute la nuit, le jeune capitaine veilla sa navigatrice, lui racontant des histoires quand elle se réveillait. Il parlait surtout de ses voyages comportant des informations qui pourraient intéresser la navigatrice expérimentée qu'elle était. Quand la jeune fille s'éveillait de son sommeil sans repos et qu'elle parvenait à ouvrir ses paupières alourdies par la fatigue, la première chose qu'elle voyait était le visage de son capitaine qui lui souriait d'un air réconfortant, lui assurant qu'elle s'en sortirait. Durant ses brèves périodes d'éveil, il lui racontait les récits de ses périples, les îles merveilleuses qu'il avait abordées, les phénomènes météorologiques insolites qu'il avait croisés lors de sa route. Il choisissait toujours les histoires qui capteraient son intérêt ou qui la ferait sourire et la jeune fille trouvait cela touchant.

Quand le froid s'était fait plus vif, il avait apporté des couvertures en plus et avait monté le chauffage pour ne pas qu'elle ait froid. Il lui décrivait également la météo du dehors pour que la jeune navigatrice soit rassurée quant à la route qu'ils prenaient. Selon le jeune capitaine, le temps était froid et neigeux, sans grand changement, ce qui signifiait qu'ils ne tarderaient pas à trouver une île d'ici un ou deux jours. Le jeune garçon, expérimenté par ses années d'aventures sur Grandline, se faisait un plaisir de lui donner toutes sortes d'informations pour qu'à l'avenir, elle puisse se guider sans son aide. Le seul regret de la jeune rouquine était de ne pas être suffisamment en forme pour écouter aussi attentivement qu'elle le voulait.


Au matin, Sanji et Vivi étaient entrés pour avoir des nouvelles : le thermomètre indiquait que la température de Nami continuait de monter lentement au point d'approcher les 41°. La malade n'avait pas assez de force pour boire la soupe concoctée amoureusement par Sanji et Luffy était trop inquiet pour se soucier de manger, ce qui était une première pour le cuisinier de l'équipage. Ils entendirent des exclamations au dehors et, quelques instants plus tard, le navire fut violemment secoué par ce qui semblait être des vagues conséquentes. Luffy, qui avait enroulé ses bras autour du lit de Nami pour éviter qu'elle ne soit secouée, lança un regard à Sanji lui ordonnant d'aller voir ce qui se passait tandis qu'il s'assurait que la malade n'avait pas été trop malmenée.

Puis, Luffy alla discrètement jeter un coup d'œil par la porte laissée entrouverte par le prévoyant Sanji. Apparemment, le Vogue Merry venait d'être abordé par de biens étranges pirates. Les yeux rapides de Luffy estimèrent le nombre d'adversaires (une petite armée), leur force (pas bien grande), les membres de son équipage qui courraient le plus grand risque (aucun à part peut-être Usopp), les opposants les plus forts. À la vue du capitaine de l'équipage au Jolly Roger portant une couronne, Luffy se tendit brutalement et une sombre lueur apparut dans son regard habituellement joyeux. Alors que Vivi jetait également un coup d'œil à la scène, le jeune capitaine sortit de la cabine comme une flèche, sauta par dessus la balustrade, atterrit sur le pont et prépara son GomGom Rocket le plus dévastateur sans même attendre que son adversaire se prépare à l'affronter avant de l'expulser de son navire avec son attaque ravageuse.

Prenant ça comme le signal indiquant qu'ils pouvaient enfin se débarrasser des enquiquineurs qui venaient de les aborder, Sanji et Zorro, d'un air joyeux, commencèrent à faire le ménage sur leur navire, envoyant les soldats par dessus bord. Ces derniers étaient de toute façon trop occupés à s'inquiéter pour leur chef et ne donnèrent pas du fil à retordre aux deux garçons qui se lancèrent dans une de leurs joutes habituelles pour savoir qui abattrait le plus d'ennemis. Quand le navire s'éloigna à la recherche du type que Luffy venait de balancer par dessus bord, le jeune capitaine réajusta son chapeau en marmonnant qu'il devait encore dix-neuf coups à ce type. Aucun membre de l'équipage n'osa l'interroger sur la question et chacun haussa les épaules avant de se remettre au travail en espérant que Nami n'avait pas été trop dérangée par le bruit…


Le lendemain matin, le Vogue Merry arriva en vue d'une île hivernale et passa rapidement l'estuaire d'une rivière à moitié glacée. Les arbres étaient couverts de neige, les gigantesques montagnes à l'horizon dominaient l'île. Cela semblait être un endroit paisible, où il ne devait pas se passer grand chose, pourtant le nez affuté de Luffy sentait dans l'air une vague odeur de brulé, comme s'il y avait eu un incendie récemment. Son Haki et son sens de l'observation lui permettaient également de percevoir des silhouettes de personnes qui les observaient et se rassemblaient en un lieu donné. Vraisemblablement, le comité d'accueil ne serait pas là pour leur souhaiter la bienvenue.

Évidemment, Luffy ne s'était pas trompé sur les intentions de ceux qui les avaient observés : de toute évidence, les habitants de cette île ne voulaient rien avoir à faire avec les pirates et ne désiraient qu'une seule chose : qu'ils déguerpissent. Mais Luffy avait un Nakama à soigner de toute urgence et il n'avait pas l'intention de rebrousser chemin. Bien vite, des éclats de voix avaient retenti, puis les premiers coups de feu avaient été tirés par les gardes. À partir de ce moment là, Luffy n'avait plus le choix : refusant que son équipage soit blessé, il n'y avait qu'une seule solution, celle de mettre les adversaires hors d'état de nuire maintenant. Le jeune capitaine lança donc une décharge de Haki royal et la majorité des personnes sur le rivage s'évanouirent, à la plus grande stupéfaction de celui qui semblait être leur chef. Sa stupeur ne s'arrêta pas là car il vit le jeune garçon responsable de cela débarquer tranquillement et s'incliner profondément devant lui en disant :

"Pardonnez moi pour mon acte mais je ne voulais pas qu'un autre de mes Nakamas soit blessé. Ne vous inquiétez pas, vos hommes sont juste évanouis. Nous voulons juste consulter un médecin pour notre navigatrice et ensuite nous repartirons sans faire d'histoire, je vous le jure en tant que capitaine."

Devant une telle demande, le chef de la garde de l'île ne put que s'incliner.

Plus les minutes passaient, plus Dalton avait la conviction qu'il avait déjà vu deux des membres de cet équipage au Chapeau de Paille et il lançait des regards continuellement curieux au capitaine et à la jeune fille aux cheveux bleus qui l'accompagnait. Quand il avait posé la question à la jeune demoiselle, celle-ci avait aussitôt dénié le connaître mais le chef de la garde civile voyait bien qu'il s'agissait d'un pauvre mensonge. Le capitaine, quant à lui, était plus préoccupé par l'état de la malade et plutôt que d'attendre une hypothétique arrivée de la seule médecin du pays, il préférait se rendre directement au château où elle résidait.

Quelques minutes plus tard, le garçon et un de ses compagnons étaient partis vers la montagne avec sur son dos la jeune malade, tandis que ses deux autres compagnons restaient dans le village à l'attendre. Ils en profitèrent pour discuter et bien vite, la conversation porta sur l'étrange navire qu'ils avaient croisé et le garçon au long nez fit une description très détaillée de leur principal agresseur et Vivi murmurait pour elle même avec un soupçon de colère dans la voix qu'il s'agissait bien du même homme qu'elle avait croisé au Conseil des Rois. Dalton fut interpellé par les paroles de la jeune fille et soudain, se rappela enfin où il avait aperçu les deux jeunes gens.

En se souvenant de ces événements, il sentait une vague de honte l'envahir à la pensée de la punition injuste qu'il avait dû donner à un enfant qui n'avait alors fait que son devoir en protégeant une princesse de la brutalité et de la bêtise de Wapol. Le jeune garçon qui portait désormais un chapeau de paille se souvenait il de lui comme de celui qui l'avait châtié si sévèrement ? Parviendrait il un jour à lui pardonner cela ? Dalton en doutait au fond de lui même : il ne méritait pas le pardon de ces deux adolescents qui avaient un sens de l'honneur et des responsabilités mille fois plus grand que ne l'aurait jamais l'ancien roi de Drum. Le jeune capitaine aurait été tout à fait en droit il y a quelques heures, de le battre à plate couture pour ce qu'il lui avait fait subir mais au lieu de cela, le jeune homme s'était incliné avec respect et avait simplement supplié qu'on secoure sa camarade.

Et à présent, ce jeune garçon était parti avec la jeune malade sur son dos avant qu'il n'ait eu le temps de lui confier ses regrets. Mais quelque part, le chef de la milice civile sentait que le capitaine ne le laisserait pas s'excuser et poursuivrait sa route en oubliant le mal qu'il lui avait fait bien à contrecœur. En tout cas, c'est l'impression qu'il donnait et il était certain que la jeune fille aux cheveux bleus qui contemplait, inquiète, les montagnes de Drum agirait exactement de la même manière.


Quelques heures plus tard…

Luffy avait finit par arriver péniblement au bord de la falaise des Drum Rookies. Il n'avai pas eu énormément de mal à se débarrasser des lapins géants qui semblaient infester les collines enneigées de l'île : une bonne décharge de Haki avait suffi. Mais ils avaient rencontré un autre problème en la personne de Wapol qui avait réussi à retourner dans son ancien royaume. Luffy espérait de tout son cœur qu'il ne soit rien arrivé à ses amis restés au village mais pour le moment, la priorité était restée Nami et seulement Nami.

En temps normal, Luffy n'aurait eu aucun mal à battre ce roi de pacotille et ses deux gardes présomptueux mais la moindre secousse pouvait être fatale à Nami. Sanji avait donc décidé de prendre le relais et de battre les trois hommes pendant que le jeune capitaine poursuivait sa route vers son objectif. Cela aurait pu fonctionner : Sanji était un excellent combattant et était parfaitement capable de battre des adversaires comme ça. Seulement, ses ennemis avaient utilisé un coup bas : au lieu de le combattre lui, ils avaient visé Luffy et en particulier Nami qui gisait inconsciente sur le dos du garçon au chapeau de paille. Handicapé par ce poids, Luffy avait cherché à prendre le coup à la place mais au final, c'était Sanji qui avait servi de bouclier humain, interceptant les flèches qui leur était destinées. Luffy n'avait pas eu d'autre choix que de prendre son ami sous son bras avant de pousser un immense cri de rage et de fureur, suffisamment puissant pour déclencher une petite avalanche pour emporter momentanément leurs adversaires.

Après cela, Luffy était arrivé en bas de la montagne et avait commencé sa pénible ascension, pieds nus, les mains dépourvues de gants, retenant ses amis par les dents, quelques liens formés à partir de son manteau déchirés et sa force de volonté pure. Mètre par mètre, il avait escaladé la montagne, sans prendre en compte les multiples blessures que causait le gel. Les gerçures n'étaient rien pour lui comparées aux souffrances de ses amis et ce fut dans un état exténué que le jeune garçon au chapeau de paille parvint au sommet avec ses deux amis. Mais alors que la victoire semblait assurée, la couche neigeuse commença à s'effondrer et le groupe serait certainement tombé dans le vide sans la main secourable d'un étrange inconnu…


Plusieurs heures après…

Luffy s'était éveillé le premier, affamé comme n'importe quel garçon en bonne santé qui venait de gravir une montagne de plusieurs milliers de mètres et qui venait d'avoir une bonne nuit de repos. Comme toujours dans ces moments là, la faim avait aussitôt prit le dessus sur sa raison et il s'était rué sur la première chose qui ressemblait à de la nourriture, à savoir le malheureux renne humanoïde qui les soignait, lui et Sanji. S'en était suivi une folle course poursuite à travers le château qu'il avait visité en long, en large et en travers au passage de la folle équipée. À la fin, ce fut les coups conjoints du renne sous forme humaine et d'une vieille femme qui vinrent à bout de l'obstination de Luffy qui dû abandonner son projet de casse-croute…

Après un bref repas qui permit au jeune garçon de reprendre ses esprits et à agir de façon un peu plus rationnelle, Luffy put enfin à s'enquérir de l'état de Nami et de Sanji. Ses amis étaient gravement atteints mais selon la fringante grand-mère (qui, au passage, détestait être appelée vieille femme), ils seraient bientôt remis sur pied d'ici quelques jours. Le jeune capitaine avait été terriblement soulagé de savoir ses amis sauvés et avait abondamment remercié la doctorine pour ses soins et avait aussitôt demandé si elle voulait bien joindre son équipage. La demande fut évidemment refusée par un vigoureux coup de pied mais Luffy ne se laissait pas intimider et continua d'argumenter en disant que "puisqu'elle se conduisait comme une pirate, alors autant aller jusqu'au bout". Cette fois, le jeune capitaine fut visé par des haches et des armes de cérémonie bien aiguisées et il décida de ne pas trop insister…pour le moment.

Luffy arriva donc dans la cour enneigée du château où se trouvait également le jeune renne qu'il avait poursuivi quelques minutes auparavant. Sans aucune hésitation, le jeune garçon avait amorcé la conversation avec son habituelle bonhommie :

"Salut, moi, c'est Luffy ! Désolé d'avoir tenté de te manger tout à l'heure mais j'avais vraiment faim, shshsishishi !"

"Heu ? Tu me parles ? Après que tu m'ais vu faire ça tout à l'heure ? Tu n'as pas peur de moi ?" Interrogea le jeune renne interloqué.

"Bien sûr que non ! Pourquoi serais je effrayé par toi ?" Demanda Luffy un peu perplexe.

"Mais parce que je suis un monstre ! Tu n'as pas vu tout à l'heure comment je me suis transformé ? D'abord je suis un renne au nez bleu, ensuite j'ai mangé le fruit de l'hominidé et je suis devenu une bête de foire et personne ne m'accepterait !"

"Tu es un monstre et alors ? Il y a plein de monstre dans ce monde, tu sais ! Tu n'es pas le seul à avoir mangé un fruit du démon ! Moi aussi, d'ailleurs, je suis un monstre, regarde" Déclara Luffy en étendant sa joue démesurément tout en affichant un immense sourire devant les yeux grands ouverts du jeune renne. "Et puis, ce n'est pas aux autres de décider que tu es un monstre mais bien à toi ! Où que tu ailles, à partir du moment où tu cherches à mener une vie de liberté, il y aura toujours des gens pour te traiter de monstre ou de démons ! Il faut juste apprendre à ne pas les écouter et à mener sa vie comme tu l'entends !"

Sans que Luffy le sache, ses paroles résonnaient fortement dans le cœur de Chopper qui se mit à renifler en tentant de cacher ses larmes : il avait l'impression d'entendre celui qu'il considérait comme son père, Hilluluk dans les mots de son patient et il avait du mal à dissimuler son émotion. Mais Luffy s'en était aperçu et demanda :

"Et bien quoi ? Tu sembles avoir une histoire lourde. Si tu veux la rendre plus légère, tu devrais peut-être me la dire, non ?"

Et pour la première fois de sa vie, Chopper raconta le récit de sa rencontre avec le docteur charlatan Hilluluk, les mois durant lesquels ils avaient lié une forte amitié, l'idéal de son mentor de soigner son pays, mais aussi sa maladie incurable. Il n'oublia pas de narrer son l'erreur terrible quand il avait cru soigner son bienfaiteur alors qu'en fait il raccourcissait inexorablement son espérance de vie et enfin l'ultime sacrifice de cet homme étrange à l'âme de pirate ainsi que ses dernières paroles et la promesse pour le jeune renne de devenir le meilleur médecin du monde.

Luffy écouta toute son histoire l'air grave, sans l'interrompre une seule fois, attentif aux moindres détails du récit de Tony Tony Chopper. Ce dernier avait terminé son histoire en larmes en racontant comment la doctorine l'avait pris comme apprenti malgré son erreur monumentale. Luffy se leva alors et ajusta son chapeau en souriant puis il fixa le magnifique drapeau de pirate à la tête de mort parsemé de pétales de fleurs de cerisier qui flottait sur la plus haute tour du château et affirma avec fierté :

"Ce type était formidable, ça c'était un vrai pirate, un homme fidèle à ses convictions ! J'aurais aimé le rencontrer !"

"Je crois que lui aussi, il aurait aimé te connaître puisque tu es un vrai pirate !" répliqua Chopper en pouffant de rire.

Puis, d'un seul coup, il se redressa et se mit à renifler dans l'air tandis que son regard s'obscurcissait et un grondement animal s'échappait de sa bouche. Il reconnaissait cette odeur, celle de l'homme qui avait osé se moquer de son ami alors qu'il venait de se sacrifier pour son pays. Sous sa forme de renne, il sortit en galopant pour voir arriver Wapol escorté de sa garde d'élite qui venait de gravir la montagne. Luffy, qui l'avait suivi, s'immobilisa avec un sourire carnassier : il réajusta son chapeau de paille pour dissimuler son visage et fit craquer ses poings : aujourd'hui, il allait enfin rendre à ce type la monnaie de sa pièce.


Au même moment, Nami cherchait à sortir du lit sur lequel elle était allongée depuis plusieurs heures : elle en avait déjà assez de rester couchée et il lui fallait absolument trouver un moyen d'échapper au paiement exigé par la doctorine : après tout n'est pas pirate qui veut. Alors qu'elle se dirigeait vers la porte, elle entendit soudainement des bruits de combat et la jeune fille se précipita vers la fenêtre : dehors, deux combats semblait prendre place : le premier avec un type étrange qui semblait constitué de deux personnes contre le renne humanoïde qui l'avait si gentiment soigné. L'autre combat était entre Luffy et un homme à la mâchoire de fer et Nami ne put s'empêcher de remarquer qu'il était à sens unique. Luffy jouait avec son adversaire : il aurait très bien pu se débarrasser de son ennemi d'un seul coup bien placé mais à la place, il semblait se contenter de le frapper à plusieurs reprises avec violence mais jamais fatalement.

Prenant un manteau, elle alla d'abord jeter un coup d'œil à Sanji qui voulait se joindre à la bagarre lui aussi. Jugeant que les méthodes de la vieille doctorine avait du bon, finalement, elle lui asséna un grand coup sur la tête pour l'assommer et l'empêcher d'aggraver ses blessures. Puis, elle sortit de la chambre et commença à descendre les escaliers en cherchant d'éventuels trésors quand elle vit arriver celui qui avait été le combattant de son capitaine : apparemment, il était le roi de ce pays sans nom et il s'indignait devant l'état du château complètement envahi par la neige et la glace. Puis, malheureusement, il la remarqua et l'interpella aussitôt en se rapprochant d'elle à grands pas:

"Et toi ! Qui es tu ?"

Nami dissimula sa légère inquiétude sous son masque de Nami la Voleuse et répondit en jouant son rôle :

"Moi ? Je suis la concierge de son excellence et il y a beaucoup de ménage à faire ici, votre altesse !"

Pendant ce temps, elle nettoyait le roi de la plupart de ses effets personnels : bijoux, clés, argent, papiers personnels, sceau royal…

"Ça c'est bien vrai !" Répliqua le roi qui ne devait pas être une lumière au niveau intelligence…"Maintenant, je dois aller ouvrir la salle d'arme et engloutir les armes qui s'y trouvent ainsi, ce freluquet ne pourra rien contre moi !"

"Ah," Marmonna Nami sous sa barbe inexistante en contemplant la clé qu'elle venait de chiper " ce n'était pas celle de la salle du trésor…"

"Eh toi !" S'exclama Luffy en entrant dans la cour du château, "il me reste justement un dernier coup à te donner ! Profites en car il va t'envoyer vers d'autres cieux !"

"Non ! Ne me fais pas de mal ! Comment oses tu ? Je suis le roi du royaume de Drum ! Porter la main sur moi est un crime de lèse majesté et si tu crois que le Gouvernement Mondial va rester insensible à cette affaire…"

"Peu m'importe que tu sois un roi, un dieu ou un Tenryubittos ! Je suis un pirate et je n'ai de comptes à rendre qu'à moi même !"

Puis, d'un Gom Gom Rocket, il envoya voler le roi déchu bien loin de l'île de Drum, délivrant ainsi tout un pays.


Quelques heures plus tard, la doctorine, assise dans la cour du château en compagnie de Dalton, surveillait les préparatifs pour le dernier coup d'éclat de son vieil ami Hilluluk. Avant cela, elle s'était assurée que tous ses patients n'aient pas fait de bêtises et soient convenablement alités, même si elle ne se faisait pas d'illusions : ils étaient des pirates et partiraient quand bon leur semblerait. Elle haussa un sourcil quand elle vit le petit capitaine pirate avancer vers eux en souriant de toutes ses dents :

"Bonjour à nouveau, je suis venu vous prévenir qu'on allait embarquer Chopper avec nous dans notre équipage !"

"Je suppose que vous lui avez demander son avis…"Commença Dalton en souriant.

"Bien sûr que non mais il va quand même venir pas vrai ? Il est le fils adoptif de deux pirates de cœur, bien sûr qu'il va nous suivre ! C'est un bon médecin et en plus il a sept transformations ! Il est trop cool pour ne pas être parmi notre équipage !"

"Le connaissant, je suis sûr qu'il va accepter", ricana la vieille doctorine en plaçant un sac dans un traineau, "Après tout, seul un vrai homme croit en son drapeau pirate et c'est un homme, un vrai de vrai…"

"Et bien comme ça c'est parfait ! Je pense qu'il viendra de lui même vous faire ses adieux…"commença Luffy.

"Une petite minute, jeunot, j'aimerais savoir ton nom histoire de pouvoir suivre les aventure de mon apprenti à la trace…" Intervint la vieille femme tout en lançant quelques couteaux pour que les hommes sortent les canons plus rapidement.

"Je n'ai pas honte de mon nom. C'est Monkey D Luffy et un jour, ce nom sera celui du Seigneur des Pirates !"

"Incroyable, il en reste encore ? C'est bien, cela, la lignée n'est pas encore éteinte et la Volonté du D est toujours en action…" Murmura la doctorine.

"Tu en sais beaucoup mais je n'ai pas le temps de t'interroger plus, tant pis ! Eh, Mr Dalton, merci pour votre aide !"

"C'est moi qui te suis redevable, surtout après ce que je t'ai fait il y a six ans. Sans toi et ton amie, je n'aurais jamais compris ce que serait la vraie monarchie."

"Ah… à ce sujet, il vaudrait mieux que vous évitiez de nous mentionner elle et moi ensemble sinon on pourrait avoir beaucoup d'ennuis avec le Gouvernement Mondial. Vivi n'est pas sensée protéger des porteurs du D, même il y a six ans. " Expliqua Luffy.

"Nous avons une trop grande dette envers vous. Maintenant, notre seule priorité est de chercher à reconstruire ce pays sans son ancien roi."

"Vous pourriez essayer un truc qui s'appelle démocratie ! C'est quelque chose que mon père et ses amis cherchent à mettre au point dans les pays où ils vont : là bas, le peuple décide qui est son dirigeant !"

"J'y penserais !" agréa sérieusement Dalton avec un sourire sérieux.

"Bon, à plus ! J'espère qu'on se reverra, Homme Bison, grand mère !"

Et ce fut poursuivit par des haches et des couteaux que l'équipage prit son départ. Chopper avait à peine eut le temps de faire son petit discours avant de se retrouver également la cible de la fureur de la doctorine et bientôt, à bord du traineau, ils partirent vers la baie où les attendait le Vogue Merry tandis que les canons bombardaient un étrange produit dans les airs, formant un halo prenant la forme d'un gigantesque cerisier en fleurs aux sakuras roses tombant comme des pétales sur la neige blanche : un spectacle féérique et enchanteur que nul n'oublierait jamais et prouvant à tous que même au plus froid de l'hiver, les cerisiers pouvaient fleurir et réchauffer les cœurs désespérés.


Voilà, ce chapitre est terminé.Le prochain chapitre verra l'apparition de Ace et d'un autre personnage que je vous laisse le soin de deviner.

Vos reviews me font toujours plaisir, alors n'hésitez pas, que ce soit des commentaires ou des critiques.