Salut-salut, finalement arrive le chapitre 5 (qui me paraît long, à moi, mais je suppose que c'est purement subjectif). Je ne me cherche pas vraiment d'excuses, mais je tiens à préciser que comme c'est la fin d'année, il y a, évidemment, des événements à ne pas louper sur les jeux, donc excusez mon rythme de parution ! D'ailleurs je bloque assez en ce moment, mais j'ai déjà écrit des chapitres qui paraîtront dans... longtemps.
Assez tergiversé, bonne lecture.
Disclaimer : Tout appartient à J. . Y compris les Diricos.
Chapitre 5 : Halloween ou une Potter ne peut rester éternellement sage.
Les semaines étaient passées à une vitesse telle que Lily n'en revenait pas d'être déjà à la mi-octobre. À dire vrai, elle ne s'en rendit compte que lorsque McGonagall se leva, en ce mercredi midi et attira l'attention des élèves en donnant un petit coup de cuillère dans son verre.
- Comme vous le savez, le bal d'Halloween approche. C'est une tradition qui perdure depuis des années, mais cette année sera différente. Un thème vous sera imposé par classes et générations. Je vous prie de vous y plier, sans quoi l'accès au bal ne vous sera pas autorisé. De plus, je conseille fortement à tous ceux qui se sentiront visés de prendre des cours de danse. Les cours de ce matin sont annulés afin que chaque directeur de maison puisse annoncer aux classes les thèmes qui leur seront imposés. Ce sera tout.
Le discours créa une réaction plutôt mitigée au sein des élèves. Curiosité, colère, joie ou étonnement, un brouhaha monstre éclata. Lily échangea un regard interrogatif avec Theonia qui le lui renvoya, mais ni l'une ne l'autre n'ouvrit la bouche. Inutile de poser à voix haute les questions qu'elles s'étaient renvoyées d'un regard.
Adrian, lui, ne se priva pas :
- Apparemment, c'est mon père qui va s'occuper de nous mettre au courant ! Il n'a rien voulu me dire quand je lui ai demandé plus de précisions, mais il avait l'air plutôt enthousiaste.
Il allait continuer sur sa lancée mais il fut interrompu par le claquement de l'ouverture brusque des portes de la Grande Salle. Entrèrent alors les directeurs de Maisons, et, dans un mouvement plutôt impressionnant de synchronisation, ils se placèrent face aux élèves, les bras croisés dans le dos. Londubat était le directeur de Gryffondor, mais il se trouvait au niveau de la table des Serpentards. De même étaient placés les autres directeurs. Slughorn pour Serpentard était devant la table des Poufsouffles, Carmichael, en charge de ces derniers étaient en face des Serdaigles, et McGonagall junior devant celle des Gryffondors.
Apparemment, ils voulaient montrer que les thèmes ne différaient pas selon les Maisons, et il y eut une certaine agitation lorsque certains le réalisèrent et le chuchotèrent à ceux alentour.
Slughorn fut le premier à poser sa baguette sur sa gorge pour amplifier sa voix et prit la parole :
- Les élèves de sixième et septième années, toutes Maisons confondues, sont priés de me suivre jusqu'à la salle de Potion. Aucune abstention ne sera tolérée, les vérifications se feront par appel.
Les élèves désignés se levèrent tous, les uns après les autres, pour suivre Slughorn vers les cachots. Adrian grommela vaguement quelque chose que Lily ne comprit pas avant de s'en aller. La rousse aperçut Rose et Scorpius dans la foule. Une fois qu'ils furent tous partis, ce fut le tour de Neville de faire de même que son aîné :
- Les élèves de quatrième et cinquième années me suivront jusqu'aux serres, où je vous annoncerai votre propre thème.
Lily et Theonia se levèrent en même temps, suivies de près par Justine et les autres Serpentards des années désignées. Elles retrouvèrent Hugo et Eric dans la foule, ainsi que Finnigan, qui n'avait pas manqué à la rousse. Celle-ci entendit vaguement Carmichael appeler les deuxième et troisième années vers le cinquième étage.
Une fois arrivés au niveau de la serre n°1, Neville s'arrêta et fit signe aux élèves de s'asseoir dans l'herbe. La terre était sèche et froide, et quelques élèves râlèrent en obéissant toutefois, la curiosité l'emportant sur le confort.
Le professeur attendit quelques secondes que les derniers bavards se taisent et annonça sans plus tourner autour du pot :
- Votre thème, pour le bal d'Halloween, sera les contes moldus. Plus précisément, vous devrez piocher, filles et garçons séparés, un morceau de parchemin dans un chapeau dont nous avons étendu le contenu. Sur ce morceau de parchemin, vous trouverez le nom d'un personnage dont vous devrez adopter l'apparence le jour venu. De plus, la majorité de ces personnages ont un compagnon ou une compagne, que vous devrez trouver et à qui vous devrez accorder deux danses.
Les réactions furent à nouveau mitigées, certains râlaient et d'autres étaient enthousiastes.
- Je rappelle que ce thème a des fins pédagogiques en effet, il vous permettra de découvrir la culture moldue, de vous mêler à des élèves d'autres Maisons, et de vous obliger à confectionner vous-même votre déguisement. Si certains ont besoin d'une motivation de plus, sachez que le plus beau couple costumé aura droit à une récompense encore gardée secrète.
L'enthousiasme, qui était minoritaire auparavant, devint la principale réaction de l'audience, même si certains grognèrent au sujet du fait d'être forcé d'être avec quelqu'un qu'on ne connaissait pas forcément ou qu'on n'appréciait pas.
Neville sortit deux hauts de forme noirs avec une bande orange. Sur l'un des deux, la bande orange était décorée d'ombres de chauve-souris animées et l'autre de rats. Il posa celui avec les rongeurs derrière lui et tint l'autre devant lui, des deux mains. De loin, ils semblaient vides.
- Les filles, venez calmement, s'il vous plaît. Les garçons, patientez.
Les appelées se levèrent et se mirent presque automatiquement en file indienne. Lily se trouvait derrière Theonia lorsque celle-ci piocha et ouvrit son morceau de parchemin. La rousse ne put cependant guère lire plus que « An… », vu que ce fut à son tour de piocher. Ce faisant, elle sentit des centaines de morceaux de parchemins engloutir sa main entière, alors que le haut de forme n'avait pas l'air si profond. Il lui rappela le sac de la mère d'Hugo. Elle en attrapa un et lorsqu'elle le sortit, elle s'empressa de quitter la file pour le lire. En l'ouvrant, elle put apercevoir une écriture fine et penchée qui indiquait dans une encre bleu nuit « Belle ».
Les parents de Lily avaient toujours élevé leurs enfants sans préférer une culture unique, si bien que les Potter avaient vu tous les Disney en partant des plus anciens jusqu'aux récents, tout en écoutant les contes de Beedle le Barde. Sa tante, Hermione, avait suivi le même exemple, ce qui fit qu'elle attendit le tour des garçons afin de consulter Hugo. Des groupes s'étaient déjà formés, discutant de ce qu'ils avaient pioché.
Les garçons furent plus bruyants dans leurs réactions, lançant des exclamations de joie ou poussant des grognements de colère. Finnigan avait apparemment reçu Iago, le perroquet accompagnant Jafar, il avait le visage pâle, arborant une expression outrée. Ayant une grand-mère moldue, il n'était pas étonnant qu'il sache de qui il s'agissait, et Lily ne put empêcher un sourire moqueur de pointer, s'attirant un regard noir et furieux du garçon. Elle crut d'ailleurs y déceler une lueur menaçante, mais elle chassa vite cette pensée quand elle vit Hugo arriver. Elle voulait absolument savoir ce qu'il avait, puisque Theonia l'avait frustrée en répondant « Secret ! » accompagné d'un clin d'œil à sa question. En plus, visiblement, après l'exemple de Finnigan, on pouvait avoir un personnage solitaire ou pas nécessairement bon. Elle était partie en direction du château, après avoir demandé l'autorisation de Neville.
Lorsque son cousin arriva, elle remarqua qu'il arborait un large sourire malicieux. Il avait passé le dernier mois à observer de loin sa cousine et savait exactement quoi faire.
Il lui fit signe de le voir en privé, et ils s'éloignèrent ensemble. Une fois assez loin, le jeune homme prit la parole :
- Tu te souviens du gage de l'an dernier à Halloween ?
- Quand tu m'as obligée à inviter tous les garçons de notre année à être mon cavalier et qu'en échange, tu invitais toutes les filles ? Et qu'au final, toutes les filles se sont retournées contre toi en croyant être uniques et que les garçons ont voulu te transformer en chair à pâté ?
- M'oui enfin passons les détails, tu veux, marmonna Hugo, renfrogné. Cette année, j'ai un gage à te proposer, reprit-il, plus enjoué. T'inquiète pas, rien de bien méchant… Tu es d'accord ?
Il lui tendit la main droite en attendant qu'elle la serre. Lily savait comment Hugo fonctionnait, et elle savait qu'elle ne saurait rien si elle n'acceptait pas d'abord. Ils échangèrent donc une poignée ferme mais amicale, ne pouvant s'empêcher de sourire à l'idée de rallumer leur fier flambeau.
- Bon, explique-moi ce que tu prévois.
- Oh rien de compliqué. Donne-moi ton parchemin, dit-il, un grand sourire espiègle accroché aux lèvres.
- Tu veux échanger nos rôles ? Interrogea Lily, éberluée. Mais qu'est-ce que tu vas gagner à t'habiller en princesse ?
- Mystère… Bon tu as accepté le challenge, alors donne-moi le parchemin.
Il lui tendit le sien et lui donna, bon gré mal gré, ce qu'il demandait.
- Belle ? De la Belle et la Bête ? Dis donc, tu as eu de la chance que ce ne soit pas Finnigan, la Bête… Bon, apparemment il faut retourner dans la Grande Salle, pour faire la mise au point. Tu viens ?
Lily acquiesça après avoir éclaté de rire. En marchant, elle ouvrit le parchemin qui dégageait encore la chaleur des mains de son cousin. Elle y lut « Dimitri » et sut immédiatement à quel dessin animé cela renvoyait. Elle savait cependant que ce jeune homme avait lui aussi une princesse et appréhendait plus ou moins la réaction de la fille qui avait eu ce rôle. Mais comme il n'était pas encore temps d'y penser, elle reporta son attention sur la réalité.
Ils étaient arrivés dans la Grande Salle, qui était déjà bondée, les élèves discutant avec animation de ce qui semblait être devenu l'événement de l'année.
La rousse prit place entre Scorpius et Theonia, comme d'habitude et vit Adrian s'approcher à son tour. Hugo embrassa sa sœur, affectueux, et repartit vers la table des Serdaigles pour rejoindre Eric.
Comme tout le monde n'était pas encore revenu, ils engagèrent la conversation.
- Alors, c'est quoi le thème des quatrième-cinquième année ? Demanda Scorpius en souriant. On n'a pas encore eu l'occasion d'en croiser !
- Des contes moldus, des déguisements faits maison et des élèves appairés toutes Maisons et tous âges confondus, résuma Lily, faisant hausser un sourcil au couple se trouvant à sa droite.
Depuis qu'ils étaient ensemble, ils avaient pratiquement toujours les mêmes réactions, et Lily trouvait ça un poil agaçant, à force.
Justine lui épargna de devoir l'avouer en s'asseyant à côté d'Adrian en leur demandant :
- Vous avez eu quoi, vous ? J'ai eu Ariel, heureusement que je m'y connais un peu. J'espère que celui qui a eu Eric est mignon. Et je sais pas encore comment je vais m'y prendre pour danser avec une queue de poisson. Bon, il faut que j'y aille, des filles de Poufsouffle m'ont proposé des conseils pour la couture.
Et elle repartit aussi vite qu'elle était arrivée, laissant pantois ses interlocuteurs. Lorsqu'ils reprirent leurs esprits, ce fut Adrian qui intervint :
- Au moins, grâce à elle, on a un aperçu plus précis de ce qui vous attend. Sans vouloir te vexer, Lily.
- Et vous, vous avez quoi ? Demanda Theonia, qui arrivait de mieux en mieux à se familiariser avec les faits que Lily lui énonçait chaque lundi.
- On doit se déguiser en créature magique. Sacré programme, non ? Je suis sûr que j'arriverai à faire la danse obligatoire déguisé en hippogriffe, ironisa-t-il.
- Une danse obligatoire ? Nous on en a deux. Et vous avez aussi une récompense pour le meilleur déguisement ?
- Oui, mais apparemment ce sera un podium, entre quatrième-cinquième et sixième-septième année. Les deuxième-troisième année doivent s'habiller avec leurs plus beaux apparats et auront un couvre-feu à vingt-trois heures. Les première année, eux, sont libres de faire ce qu'ils veulent, mais ils devront partir à vingt-deux heures.
- Parfois, je me demande où tu pêches toutes tes informations, Londubat.
- À ta place, j'éviterais de chercher, Malefoy.
Ils échangèrent un sourire cordial, sachant à quoi s'en tenir l'un avec l'autre. Ils ne s'entendaient que sur un sujet : Lily.
- Et donc, tu as eu quoi, toi, Lily ? Demanda Adrian, sincèrement curieux.
Mais avant qu'elle ait pu répondre quoique ce soit, McGonagall attira l'attention de la salle sur elle.
- Maintenant que vous avez tous eu vos consignes, qui, je le répète, sont non négociables, je vais pouvoir vous informer de comment se déroulera les semaines suivantes, puisque le bal se produira samedi prochain et s'ouvrira sur une danse des première année à vingt heures tapantes. Afin de permettre à nombre d'entre vous de se procurer ce dont vous avez besoin, deux sorties à Pré-au-Lard ont été prévues, libérant du même coup les journées concernées. Uniquement pour les quatrième années et plus.
Les plus jeunes râlèrent, l'obligeant à s'interrompre. Son regard sévère entouré de rides se posa sur eux, et ils se turent, rouges de honte.
- Les sorties à Pré-au-Lard se passeront ce vendredi à partir de dix heures et mercredi prochain à partir de onze heures et termineront à dix-sept heures pour les deux journées. Vous aurez donc le choix de rester à Poudlard le matin et d'aller en ville l'après-midi ou vice versa, ou bien tout simplement de passer la journée complète dans le lieu qui vous conviendra le mieux pour avancer sur vos déguisements.
Les élèves concernés échangèrent des regards réjouis. Ce n'était pas tous les ans qu'on vous offrait des jours de congés avec accès illimité au village d'à côté.
- Les autres jours, les cours se passeront néanmoins normalement, et nous comptons sur votre présence et votre assiduité. Enfin, comme certains d'entre vous le savent déjà, un panel de juges se trouvera au bal pour désigner les trois costumes vainqueurs de ce qui est, au final, un concours du plus beau déguisement. Les gagnants recevront une récompense à la hauteur de leurs efforts. Les résultats seront affichés dans l'entrée le lendemain, avant le départ du Poudlard Express pour ceux qui rentrent chez eux pour les vacances de Novembre. Ce sera tout. J'espère que vous vous amuserez et que tout se passera bien, afin de nous permettre de réitérer ce genre d'événement les années suivantes. Les cours reprennent à partir de maintenant.
Lily jeta un œil effaré à sa montre et vit qu'il était presque quinze heures. Elle échangea un regard éloquent avec Theonia et elles se levèrent et allèrent tranquillement à la bibliothèque, où elles firent leurs devoirs, travaillant un maximum afin de pouvoir sortir le vendredi. Elles doutaient que le professeur Binns commence un cours à cette heure-ci, étant réglé comme une horloge.
Quiconque les observait aurait pu dire qu'elles étaient très proches, voire inséparables. Mais la vérité, c'était que la malédiction de Theonia les empêchait d'avoir une telle proximité, puisque Lily devait tout recommencer chaque lundi.
- Lily ?
Elles écrivaient depuis un moment en silence, après avoir échangé leurs informations, et la rousse venait de rouler son deuxième parchemin de Potions. Il ne lui restait que les deux rouleaux de DCFM et celui de Métamorphose. Elle leva néanmoins la tête à l'appel de son prénom, qu'elle adorait par ailleurs lorsqu'il était prononcé par son amie. La raison lui échappait, mais comme d'habitude, elle ne s'était pas posé plus de questions.
- Oui ?
- J'ai réfléchi. Demain, j'aimerais te montrer quelque chose. Disons, dans le parc à huit heures ?
Lily vit qu'il était en effet temps de rentrer dans la salle commune, vu qu'elles avaient pris le dîner peu avant. C'était l'heure à laquelle elles se séparaient de manière générale, Theonia rejoignant son dortoir commun avec Rose au cinquième étage, et elle retournant chez les Gryffondors. Mais cette fois-ci, elle changerait la donne. Elle avait besoin d'une petite escapade.
- Non.
- Non ? Releva Theonia, interloquée.
Avant qu'elle se renfrogne, Lily s'empressa de reprendre :
- Maintenant. Si tu veux bien, évidemment. J'ai vraiment envie de prendre l'air.
- Quoi ? Mais les autres préfets vont commencer leurs rondes, la concierge acariâtre et les professeurs aussi, ça ne va pas être possible.
Lily sourit à l'adjectif qui désignait la concierge. En effet, cette vieille peau était d'un genre peu commun à mettre les nerfs à vifs rien qu'en ouvrant la bouche.
- Il y a un moyen. À condition que tu ne t'en serves pas contre moi, mademoiselle la Préfète.
- Franchement ? Je suis tellement curieuse de voir ce fameux moyen que la préfète en moi peut bien rester muette.
Elles échangèrent un sourire entendu.
- Alors suis-moi, on va d'abord passer par ma salle commune pour déposer mes affaires et chercher deux ou trois petites choses.
- Mais je ne peux pas rentrer dans la salle des Gryffondors. Enfin, je ne crois pas.
- Si, tu peux, on avait testé avec Scorpius. Avant qu'il sorte avec Rose, on s'entendait plus ou moins bien.
- Si on croise des personnes, elles vont se poser des questions.
- Bon, tu as fini de me remettre en question ? Fais-moi confiance, j'ai plus d'un tour dans mon sac.
Leurs regards se croisèrent et Lily s'efforça de ne pas se noyer dans ceux de son interlocutrice. Elle commençait à avoir des indices au sujet de ce qu'elle ressentait pour Theonia, mais préférait ne pas aborder le sujet avec soi-même.
Elle se leva brusquement et fit signe à Theonia de la suivre. Elles sortirent de la bibliothèque, sous le regard sévère de la vieille Mme Pince, qui était aussi aigrie que la concierge acariâtre.
D'ailleurs, à propos de concierge… Elles entendirent des pas derrière elles alors qu'elles montaient les escaliers.
- ELEVES DANS LE COULOIR APRES LE COUVRE-FEU.
La voix, stridente, fit lever les yeux au ciel à Lily, mécontente.
- Merlin, elle ne peut pas se la fermer, non ? Jura-t-elle, sans prendre garde à Theonia qui se retenait de rire.
À la place, elle la saisit par un bras, l'autre tenant ses livres, et l'entraînant dans son sillage après un bref « Viens ».
Elle s'arrêta net devant un mur qui ne présentait aucune particularité pour Theonia, et celle-ci allait demander ce qu'elle faisait, lorsqu'elle vit son amie passer à travers et sentit à son tour quelque chose de glacé dans son dos quand la rousse la tira.
Elles étaient dans la chambre où Lily avait son lit. Elle ignorait comment ça fonctionnait, mais quelle que soit l'année, même si elle changeait de chambre, ou d'étage, le raccourci la menait toujours où il fallait.
Parfois, elle avait l'impression que le château était vivant et qu'il était son complice d'escapades.
Heureusement pour elles, les autres lits étaient vides de leurs occupantes. Les Gryffondors devaient encore se trouver en salle commune.
Elle posa les livres de Theonia avec les siens après tout, étant en classe commune, elle pourrait tout à fait les lui rendre le lendemain.
Une fois fait, elle tira sa lourde valise de sous son lit, l'ouvrit et en sortit un vieux morceau de parchemin vierge et une étoffe d'une matière inconnue qui semblait lui couler entre les doigts. Lily, une fois n'est pas coutume, remercia intérieurement Albus de lui avoir laissé la cape à la fin de sa propre cinquième année. Quant à la carte, c'était James qui la lui avait confiée au début de sa deuxième année. C'était exactement à ce moment-là que ses intentions étaient devenues mauvaises.
Elle murmura la formule – non que Theonia puisse s'en souvenir, de toute façon – et elles contemplèrent le parchemin se recouvrir peu à peu d'encre noire, peignant dans les détails chaque salle, chaque couloir, chaque escalier, chaque raccourci, et surtout la position de chaque personne avec une précision à couper le souffle.
Theonia ouvrit d'ailleurs de grands yeux ébahis, et avant qu'elle ne noie Lily sous les questions, chose qu'elle faisait dès que quelque chose l'intéressait, au grand dam de la rousse, celle-ci lui fit signe de s'approcher et les recouvrit toutes les deux de la cape d'invisibilité. La brune leva un sourcil :
- Tu crois vraiment que personne ne se posera de question sur une cape lévitant seule en direction du parc ?
Lily fronça des sourcils, et, faussement énervée lui répondit :
- Sors.
L'autre, interloquée, obéit et se tourna à nouveau vers elle. Enfin, elle essaya, puisqu'elle n'arrivait plus à la voir. L'ébahissement se peignait sur son visage, mêlé d'émerveillement et d'inquiétude. Un étrange mélange. Ce dernier sentiment s'évapora quand Lily se découvrit juste derrière elle, provoquant un éclat de rire chez les deux.
Une fois que la rousse eut vérifié leur itinéraire, elles se mirent en route, évitant habilement les professeurs et la vieille concierge, et arrivant rapidement dans le parc. Elles s'éloignèrent du château en direction du lieu où Theonia avait emmené Lily la première fois.
Elles n'enlevèrent la cape qu'une fois avoir vérifié que personne ne les avait suivies – ce qui était diablement stupide, aux yeux de Lily, qui avait une foi absolue en la cape d'invisibilité – et qu'elles étaient bien seules.
- Eh bien, je commence à comprendre comment tu fais pour ne jamais te faire prendre en flagrant délit… Du moins jusqu'à il y a peu de temps, taquina Theonia, éclatant de rire quand Lily fit la moue.
Quand elle se fut calmée, ce fut à son tour de surprendre son amie :
- Ferme les yeux, Lily, ordonna-t-elle.
Celle-ci fronça les sourcils puis obéit. Après tout, l'amitié était une relation de confiance, et la curiosité la dévorait. Un silence s'installa puis elle sentit un léger poids sur son épaule gauche. Ne recevant pas d'indication quelconque, elle ouvrit les yeux et tourna la tête pour tomber nez à nez avec un bec surmonté d'énormes yeux ronds qui la contemplaient avec curiosité.
Le rapace bondit et déploya ses ailes, soulageant l'épaule de Lily, qui ne parvenait pas à détacher ses yeux de l'animal, qui lui semblait si familier. De taille moyenne, ses plumes mêlaient à la fois du brun et du blanc, ainsi que des touches de noir. Il se posa sur la branche d'un arbre proche et Lily dut plisser les yeux pour l'observer convenablement. Elle n'osa pas allumer sa baguette, à la fois de peur de gâcher l'instant que de celle de se faire repérer. Elle parvint cependant à distinguer l'ambre des yeux – qui lui rappela la couleur des yeux d'une certaine personne – et les aigrettes qui se dressaient sur sa tête. Il s'agissait donc d'un hibou. Un hibou gracieux qui avait évité de la blesser en fermant ses énormes serres sur son épaule et qui maintenant volait autour d'elle sans la lâcher du regard.
De toute évidence, il s'agissait de la forme Animagus de Theonia. Même en ayant réalisé cela, l'émerveillement de la rousse ne cessa pas. Au contraire, il redoubla. Son amie avait l'air parfaitement à l'aise sous sa nouvelle forme, elle semblait presque plus heureuse.
Le hibou fit un dernier looping aérien avant de planer vers Lily. À environ un mètre de cette dernière, le rapace se retransforma et Lily était à nouveau face à face avec Theonia.
Elle savoura quelques instants la proximité qu'avait créé son amie involontairement puis se laissa tomber en arrière et s'assit.
- Un hibou, hein ? Je me demande quelle partie de toi symbolise la sagesse et la connaissance, ironisa Lily, voulant rendre la monnaie de sa pièce à la taquinerie qui avait précédé cette révélation.
Evidemment, elle savait et avait admis aisément que le hibou, de par cette symbolique, collait parfaitement à Theonia… Qui ne manqua pas de la remettre à sa place :
- Dixit celle qui a besoin de moi pour décrocher un simple Effort Exceptionnel…
Lily agita un drapeau blanc imaginaire, en implorant la pitié silencieusement, ce qui fit rire brièvement Theonia.
- Vu que tu me le rappelles tous les lundis, je sais que tu sais que je suis un Animagus. J'ai donc décidé de te montrer ce que je suis… Et te réitérer une proposition que je t'ai sûrement déjà faite.
- OUI ! S'exclama Lily avant que son amie puisse finir de parler. J'accepte, je suis tout à fait d'accord, j'ai hâte de commencer les leçons !
Pendant un instant, Theonia fut incapable d'ouvrir la bouche, perplexe. Elle se ressaisit bien vite pour faire usage de son diabolique humour taquin :
- Je n'ai même pas fini ma phrase. Tu imagines, si j'allais demander autre chose ? Ce que tu aurais pu accepter hors-contexte ? Et si je t'avais proposé de t'enseigner l'art de la séduction pour que tu puisses l'appliquer sur Finnigan, hein ? Qu'est-ce que tu aurais fait ?
Lily ouvrit de grands yeux horrifiés.
- Pitié, pas Finnigan. Tout, mais pas Finnigan. En fait non, personne sauf…
Elle s'interrompit, surprise de son propre discours, puis reprit en changeant de sujet :
- Quoiqu'il en soit, vu le nombre de « si » dont tu fais usage, je suppose que j'avais raison, donc reprenons cela très clairement. Theonia, voudrais-tu compléter mes connaissances au sujet des Animagus et m'aider à en devenir un ?
Theonia sourit pour toute réponse et Lily l'imita. Elles restèrent un moment comme ça jusqu'à ce qu'un bruissement les fasse sursauter.
Heureusement pour elles, il ne s'agissait que d'une chauve-souris qui venait de se suspendre la tête en bas sur la branche où Theonia s'était trouvée l'instant d'avant. Cette dernière soupira de soulagement avant de reprendre, horrifiée :
- Merlin, quelle heure est-il ? Il faut rentrer au château. Vite, Lily !
Après s'être emmêlées dans la cape à plusieurs reprises – « Non, tiens-la, je prends la carte » – et plusieurs chutes qui les laissèrent embarrassées, Lily prit les choses en main et posa avec autorité la cape sur elles-deux, plia la carte après y avoir jeté un œil et décidé du trajet et la glissa dans un poche avant de se mettre en route.
Le château était silencieux au possible une fois qu'elles y furent enfin. Alors que Theonia voulait emprunter les escaliers, Lily la tira dans une autre direction. Deux raccourcis plus tard, elles se trouvaient devant l'entrée de la chambre des préfets en chef. Là, Theonia assura à la rousse qu'elle ne risquait pas de se faire prendre par Rose, puisque celle-ci dormait avec Scorpius depuis le début de l'année, et que Lysander jetait de ce fait un Silencio sur la porte de sa propre chambre, tout comme elle-même. Lily rougit violemment en imaginant ce qui avait pu pousser les deux plus jeunes à en arriver là et échangea un regard gêné avec Theonia, qui était encore collée contre elle sous la cape.
Elle souleva le tissu, les dégageant toutes les deux et recula d'un pas. Son cœur faisait des embardées qui ne lui plaisaient pas trop.
- Bon, eh bien, bonne nuit Lily, dit Theonia, rompant ce silence qui commençait à devenir tendu. Demain à la bibliothèque à treize heures.
- Pas à huit heures comme d'habitude ? Interrogea Lily, surprise.
- Vu qu'il doit être dangereusement tard, je préfère épargner ton si cher sommeil, conclut la brune avec un sourire taquin, avant de prononcer le mot de passe et de disparaître dans sa chambre à coucher.
Lily se demanda un instant si elle n'avait pas rêvé du clin d'œil que lui avait servi Theonia alors que le tableau se refermait sur elle. Elle mit ça sur le compte de la fatigue et se dépêcha de retourner à son dortoir.
Le jeudi passa comme une flèche. Lily avait pu dormir plus que d'habitude et avait passé une excellente nuit, éveillée comme endormie, ce qui l'avait rendue d'une très bonne humeur. Cette bonne humeur se renforça quand Theonia lui proposa, entre deux rouleaux de Sortilèges, d'aller avec elle à Pré-au-lard le lendemain pour commencer à fabriquer leurs costumes.
Résultat, lorsque Hagrid lui demanda de lui apporter le Dirico qui se nettoyait les plumes dans un coin, elle le fit disparaître tant elle s'y prit brusquement. Le demi-géant se contenta de froncer les sourcils et d'ordonner à Lily de venir le voir à la fin du cours, avant d'enchaîner sur une explication de la disparition de l'animal, qui avait simplement été effrayé.
Lily se renfrogna légèrement, cela la mettrait en retard pour la bibliothèque. Puis elle réalisa ce qu'elle venait de penser et se morigéna. Elle adorait Hagrid, ce n'était en rien une punition que d'aller le voir.
Elle patienta donc jusqu'à la fin du cours et attendit que tous ses camarades s'en aillent, certains se moquant légèrement d'elle ou la pointant du doigt. Ou les deux.
Le bon vieux temps où personne ne savait qu'elle était l'auteure de nombre de farces sans queue ni tête lui manquait.
Elle se dirigea vers Hagrid, qui posait tendrement le Dirico qui était revenu sur la branche basse d'un arbre à l'orée de la forêt. L'oiseau semblait calmé. Il plia sa tête sous ses plumes pour faire un somme, faisant naître un sourire attendri sur le visage du demi-géant. Ce dernier se tourna vers la rousse sans quitter son sourire et lui fit un signe de la tête pour lui dire de le suivre. Elle obéit et le suivit dans sa cabane, où elle fut invitée à s'asseoir.
D'un coup de baguette magique, Hagrid alluma un feu dans l'âtre de sa cheminée et y lança une bûche avant de s'asseoir pesamment sur une chaise à table, invitant Lily à faire de même.
- On entend beaucoup parler de toi, dernièrement, Lily. D'après Minerva, tu ne devrais pas pouvoir être distraite, vu la sanction qu'elle t'a imposée… J'en déduis donc que tu es amoureuse.
La jeune fille ouvrit de grands yeux éberlués. Le demi-géant n'était pas censé être si bon en déductions. Enfin, elle-même ne voulait pas admettre ce fait, alors que Hagrid le découvre, c'était un choc. Etait-elle si évidente ? D'autres personnes l'avaient-ils compris ? Ou pire, la personne en question ?
Hagrid dût se rendre compte qu'il avait touché un point sensible et son sourire redoubla de malice mêlée de fierté. Il décida cependant de ne pas taquiner la jeune fille plus longtemps. Il était heureux que la fille de son protégé puisse vivre une vie tranquille d'adolescente, sans avoir à, comme ce dernier, courir pour échapper aux tentatives meurtrières d'un sorcier assoiffé de sang et le vaincre.
- Quoiqu'il en soit, en tant que professeur, je dois t'avertir, jeune fille, que si ce genre d'inattention à mon cours se répète, je serais forcé de recourir à des sanctions plus sévères.
Lily acquiesça en silence, se promettant intérieurement de faire en sorte de garder ses émotions pour elle. Hagrid lui servit une tasse de thé et ils discutèrent encore un peu de Lily et de sa famille.
- Tu retournes chez tes parents, ces vacances ?
- Oui, McGona… Euh le professeur McGonagall ne m'a pas interdit de rentrer chez moi et je suis sûre qu'ils seront contents de me voir. Malgré tous les ennuis que je leur ai causés.
Hagrid éclata d'un rire franc avant de répondre.
- Ne t'en fais pas pour ça, ton père a fait dix fois pire, en son temps.
- Oui, mais lui avait de bonnes raisons de le faire.
- Inutile de te torturer à ce sujet, conclut Hagrid. Et pour les vacances de Noël ?
- Je rentre aussi, Grand-Tante Weasley organise le repas de Noël, cette année, toute la famille sera réunie, je ne vais pas louper ça.
A ce sujet, la jeune rousse était particulièrement mal à l'aise, car elle savait que Theonia, n'ayant pas de famille, passait ses vacances à Poudlard. Lors des longues vacances d'été, il se trouve qu'elle retournait à l'orphelinat où elle avait grandi pendant un mois et le mois suivant, un membre du Ministère l'ayant prise en charge dans le cadre d'un décret visant les orphelins sorciers, lui louait une chambre au Chaudron Baveur afin qu'elle passe du temps dans le monde auquel elle appartenait.
Ce décret avait d'ailleurs été mis en place lors de l'après-guerre, après que toutes les informations au sujet de Lord Voldemort, c'est-à-dire Tom E. Jedusor, aient été remontées. Plusieurs spécialistes avaient spéculé sur son passé, et outre sa relations désastreuse avec sa famille, ils avaient déduit que sa soif de pouvoir était en partie là parce que dans l'orphelinat de moldus où il s'était trouvé, il n'avait trouvé aucun alter-ego et n'avait eu aucune connaissance du monde sorcier. Depuis lors, le Ministère s'était employé à faire passer toutes sortes de décrets, forçant les directeurs d'orphelinats moldus à les contacter en cas de comportement étrange – décret, qui, d'ailleurs, n'avait pas tellement porté ses fruits, vu la tendance élevée qu'avaient les gens de trouver le moindre petit pépin étrange – mais aussi le décret visant à permettre aux orphelins sorciers d'avoir un soutien au sein du Ministère. Entre autres.
Lily ne pouvait pas s'empêcher de penser que ce décret aurait très bien pu toucher son propre père, qui, malgré la présence de son oncle et sa tante moldus, était orphelin, et lui aurait évité de vivre un calvaire en leur compagnie.
Elle remarqua que Hagrid la regardait, interrogatif, et elle se rendit compte qu'elle avait de nouveau plongé trop profondément dans ses pensées.
- Quelque chose te tracasse ?
- Non, non, répondit-elle, évasive. Tu viendras fêter Noël avec nous ? Tante Molly a dit qu'il y avait de la place pour toi, si tu venais, d'autant que Charlie sera de la fête et pourra te donner des nouvelles des petits de Norberta.
Le visage d'Hagrid se fendit à nouveau d'un immense sourire, les yeux pétillants, et Lily se demanda un instant si le demi géant n'allait pas se lever et se mettre à danser la gigue pour fêter la nouvelle. Mais, apparemment, la vieillesse avait fait de lui quelqu'un de plus calme, car il se contenta de hurler d'une voix excitée :
- ALORS LÀ, OUI !
Puis, ne résistant pas à une taquinerie, il ajouta :
- S'il reste des places, tu pourrais inviter un ou une de tes amies.
Lily se figea dans son élan d'amusement et jeta un regard noir vers Hagrid, qui se contenta de rire à nouveau et de la libérer.
- Prends soin de toi, Lily. Et profite de chaque jour comme si c'était le dernier, recommanda-t-il, encore marqué par les événements des deux dernières Guerres.
- Ne t'en fais pas Hagrid, je serai prudente, comme toujours ! S'exclama Lily, ironique.
La fin de la deuxième Guerre avait marqué une période de paix plutôt longue et Lily était convaincue qu'elle le resterait. Mais ce fut sur un regard soucieux de la part d'Hagrid qu'elle partit en direction du château.
