Bonjour, voilà finalement le (très très très long) chapitre 7, dont je suis plutôt fière, même si pour moi (pas fan des descriptions), ç'a été plutôt compliqué de l'écrire (même si je l'ai écrit tout juste les deux dernières nuits). Comme il est plutôt long, je vais espérer qu'il tienne sur un seul chapitre FFnet. Et pour mes publications, je vais essayer de me coller à un rythme mensuel.
Pour la musique finale, j'ai eu un mal fou à trouver l'idéale. J'en ai écouté énormément, allant jusqu'à subir le son de groupes que je n'aurais jamais écoutés jusque là. J'ai fini par opter par un choix de cinq, qui ne correspondent pas forcément à la description mais qui AURAIENT PU être utilisées. Je vous donne les titres très rapidement, et vous laisse décider si vous voulez écouter ou pas (je ne vais en effet pas vous forcer à écouter du MM si vous n'aimez pas).
1- Pendulum - Encoder. 2- Marilyn Manson - This is the New *hit (ou Mobscene, un choix dans un choix, haha). 3- Acylum - Alone. 4- Rammstein - Mein Teil. 5- Blutengel - Save Our Souls (ou Lebensrichter... Oui c'est bon, je vous laisse tranquilles).
J'ai opté pour les plus connues, et penchant plus pour mon genre général d'écoute musicale.

Disclaimer : Merci Mme Rowling d'avoir créé un monde aussi passionnant.

Chapitre 7 : Le bal, ou danser comme jamais tu n'as dansé de ta vie.

Lily s'était rapidement remise et était retournée en classe le lundi. Theonia avait reçu deux parchemins dans sa lettre hebdomadaire, McGonagall ayant apparemment jugé bon de tout lui expliquer elle-même, épargnant à Lily un très long discours.
Après avoir passé plusieurs heures ensemble, la brune avait décidé de garder tous les parchemins de McGonagall en sécurité et de poser une note sur sa valise ordonnant de les lire. Elle avait dit qu'ainsi, étant donné que c'était de sa main, elle s'y forcerait et comprendrait sans avoir besoin d'un rappel express de son amie. La rousse espérait fortement que cela fonctionnerait, tout en se rendant compte que c'était un souhait égoïste.

Le mercredi, elle regarda partir Theonia avec les autres – elle avait pardonné Justine à l'instant où elle l'avait vue et mangeait comme avant à la table des Serpentards. Lily lâcha un nouveau soupir puis monta à la bibliothèque, où elle s'avança dans ses devoirs – bénéficiant de l'aide des notes de son amie et tutrice – et en profita pour feuilleter quelques livres sur la mémoire. Elle n'avait pas oublié qu'elle s'était promis de trouver un remède, et il semblait que cela devenait de plus en plus urgent, vu sa propre tendance à vouloir être sans arrêt avec Theonia et sa propension à se sentir blessée quand la brune la regardait de ces yeux verts méfiants et scrutateurs, bien que mêlés de curiosité.
Elle lut quelques chapitres sur le sortilège d'Amnésie, dont on lui avait parlé en Défense contre les Forces du Mal en troisième année, et sur les mésaventures de Gilderoy Lockhart – cela l'amusa d'ailleurs de retrouver une histoire de son oncle Ron dans un livre de Poudlard –, ainsi que d'autres sur la Brigade de réparation des accidents de sorcellerie et ses Oubliators légendaires. Mais les symptômes de Theonia étaient bien différents de ce que l'auteur décrivait ni hébétude, ni regard vide, la jeune fille restait toujours alerte et consciente de ce qu'elle était et qui elle était.
Quelques heures plus tard, Lily jeta un énième livre sur le tas qu'elle avait rassemblé, avec un long soupir de lassitude et de frustration, s'attirant un regard noir de la bibliothécaire. Rien. Rien ne mentionnait ou ne sous-entendait de quelque manière que ce fut le problème de Theonia. Rien ne proposait de quelconque moyen de résolution.
Lily s'affala sur sa chaise, avec un deuxième soupir ,de désespoir cette fois. Cette année s'avérait nettement moins drôle qu'elle l'avait pensé à la rentrée. Entre la sanction lourde de conséquences de la Directrice, son amitié bancale avec Theonia – qui faisait excessivement battre son cœur d'excitation à sa seule vue – et la menace qu'elle avait reçu la semaine précédente avec Justine sous une variante d'Imperius, elle avait sa dose de soucis. C'est à cet instant précis qu'elle sentit à quel point cela avait dû être dur de vivre en tant qu'Harry Potter et elle se promit d'aller exprimer à son père ses congratulations les plus respectueuses et affectueuses.
Après avoir soigneusement rangé chaque livre qu'elle avait sorti des multiples rayonnages de la bibliothèque, elle alla manger son déjeuner, faisant le plein de protéines, sachant parfaitement ce qui l'attendait l'après-midi. Pour une fois, elle était assise à la table des Gryffondors, entourée de parfaits inconnus. Ou presque. Elle aperçut Astarian Goyle en grande conversation avec sa sœur Sphieria à sa diagonale. Les deux avaient causé un grand choc lors de la première année, pour ceux qui avaient connu les précédents Goyle, notamment les professeurs.
Gryffondors, brillants, resplendissants et l'exemple-même de la gentillesse et l'ouverture d'esprit. À tel point qu'Albus Severus avait insisté pour qu'ils viennent passer une semaine à la maison. Oncle Ron avait tellement juré qu'Hermione lui avait lancé un sortilège de Mutisme et avait tranquillement demandé aux deux enfants, à l'époque, les prénoms de leurs parents. Pour réponse, ils avaient souri avec espièglerie et avaient répondu que, oui, leur père s'appelait Gregory et avait été leur camarade. Sphieria avait ajouté que l'homme s'était longuement repenti et avait trouvé le salut avec sa femme, une sorcière Norvégienne qui lui avait fait deux beaux enfants. Sur le coup, Harry était resté autant sans voix que Ron, le sortilège de Mutisme en moins. C'était la mère de Lily qui avait brisé la glace, comme d'habitude. Elle leur avait offert à manger, à boire, et mis à part la surprise de prime abord, ils avaient passé une très bonne semaine.
Lily supposait donc en son for intérieur qu'ils étaient amis. Une idée naquit donc dans son esprit, qui lui permettrait de faire cette vérification. Elle les interpella donc, craignant quelque peu une réaction négative de leur part. Cela n'arriva pas Astarian et sa sœur se levèrent, firent le tour de la table et s'assirent chacun d'un côté de Lily.

- Salut Lily Luna, dirent-ils dans un bel ensemble.

Astarian avait des cheveux bruns courts coiffés vers la gauche, lui créant une grande mèche sur le front de ce côté-là. Il tenait de sa mère ses yeux bleus, tout comme sa sœur. Il avait un visage carré qui aurait pu paraître dur s'il n'avait pas ce regard brillant de sympathie. Les cheveux et la forme du visage étaient les seules choses qui différenciaient les deux frères et sœurs. Lèvres fines identiques, nez fins, carrures presque longilignes. L'une blonde, l'autre brun. Ils étaient tous deux Gryffondors, mais Sphieria était âgée d'un an de plus que son frère, bien que tout le monde les prenne souvent pour des jumeaux. Elle avait donc été la première Goyle à se distinguer de la longue lignée de Serpentards, suivie de près par son frère un an plus tard.

- Comment vas-tu Gryffontard ? Ou Serpendor, à toi de voir.

C'était Sphieria. Lily ne put s'empêcher de sourire tout en engloutissant tant bien que mal une énorme pomme de terre qui s'était trouvée sur sa fourchette avant qu'elle ne le remarque.
Après avoir cessé de ressembler à un hamster et avoir avalé l'aliment, avec l'exploit de ne pas s'être étouffée, elle répondit que oui, tout allait bien, omettant bien sûr de mentionner tout ce qui lui arrivait.
Elle s'était apprêtée à leur retourner la question, mais Astarian lui fit un clin d'oeil :

- Tu as besoin de quelque chose, n'est-ce pas ?

Lily se sentit ingrate. Evidemment. Elle avait seulement daigné s'adresser à eux quand elle avait eu besoin d'un service. Bon sang, combien de fois son égoïsme ne se révélerait-il qu'après-coup ?

- Oui, soupira-t-elle. Je suis désolée de ne vous adresser la parole que pour ça, vraiment.

- Ne t'en fais pas, on comprend. Seulement, pour la peine, ce ne sera pas gratuit !

Ils parlaient alternativement, chacun son tour. Astarian, Sphieria, Astarian, etc... C'était assez perturbant, parce qu'ils donnaient l'impression de n'être qu'une seule personne dans deux corps différents.

- Rien n'est gratuit, m'a-t-on appris, répliqua Lily, absolument certaine qu'elle pourrait leur donner ce qu'ils veulent. Quel est le prix ?

- Eh bien, une faveur pour une faveur, n'est-ce pas ?

- Qu'est-ce qu'on peut faire pour toi ?

- On te demandera notre service plus tard dans l'année, si tu permets.

D'accord... Là c'était vraiment, vraiment perturbant. On aurait dit qu'ils avaient déjà tout prévu. Lorsque Lily émit sa demande, elle sut qu'ils n'avait rien prévu, tant leurs regards étaient ébahis.
Ils éclatèrent d'un rire synchrone parfait.

- Qui eût cru que la dernière des Potter, dernière sorcière facétieuse de génie de sa génération, nous demanderait un service aussi... moldu ?

La rousse hésita entre se sentir flattée et se sentir vexée. Heureusement, Astarian rattrapa bien vite le coup :

- Laisse tomber le prix, ma sœur te rendra ce service, ne t'inquiètes pas. Promets-nous simplement de nous mettre dans le coup, la prochaine fois que tu feras quelque chose qui est en dehors des règles de l'école.

Lily ne sut comment exprimer sa gratitude, tout en se disant que c'était exactement ce qu'elle faisait, faire d'eux ses complices.

- Promis ! S'exclama-t-elle en enchaînant un bon millier de « merci » à la suite.

Elle se leva, plus tard, après avoir un peu bavardé avec eux de ce qu'elle attendait de Sphieria et pourquoi cela devait rester secret.
Elle se dirigea vers une salle du quatrième étage, appréhendant son après-midi. Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle vit une dizaine d'autres élèves à la mine piteuse ou gênée. Ils étaient assis sur des chaises à dossier dans un côté de la salle, tandis que le reste était vide. Le professeur McGonagall senior se tenait droite comme un piquet près du tableau à craie et du bureau poussé contre le mur où se trouvait un gramophone avec un pavillon cônique immense.
Ce que Lily ignorait encore, c'est que son père et son oncle étaient venus dans cette même salle durant leur quatrième année pour la même chose qu'elle : apprendre à danser.

- Bien, l'heure limite donnée est passée. Je vous remercie tous d'avoir su abandonner votre fierté pour le confort de votre futur et éventuel partenaire.

McGonagall commença ainsi sa leçon, mettant chaque élève en duo, et donnant ses instructions alors que le gramophone émettait une valse lente.
Lily se rendit bien vite compte qu'elle apprenait le côté féminin de la danse. Or, elle devrait jouer l'homme, lors de la soirée. Elle prit donc ce qui lui restait de courage à deux mains, lâcha le garçon timide qui lui avait été attribué, et se dirigea d'un pas qui se voulait assuré vers une McGonagall interloquée.

- Miss Potter, il ne me semble pas vous avoir dit d'arrêter.

Elle avait vite retrouvé contenance, il fallait lui reconnaître ça.

- À vrai dire, madame la Directrice, j'aurais une demande personnelle à vous faire, puis-je... ?

Le professeur sembla peser le pour et le contre dans son esprit. Puis elle lança un sort inconnu de Lily qui les enferma dans une bulle silencieuse.

- Allez-y. Qu'est-ce que vous ne me ferez pas faire, vous, les Potter...

- Je vous remercie, Professeur. Il s'agit de quelque chose de très simple, mais il se peut que vous y mettiez votre véto, et je souhaiterais que vous ne le fassiez pas.

Lily savait qu'elle s'aventurait en terrain glissant et qu'elle marchait sur des œufs, mais il fallait qu'elle atteigne son objectif. Si seulement Hugo avait suivi ce cours, cela aurait été plus simple d'intervertir, mais non, le bougre avait refusé. Elle était donc condamnée à faire la demande au professeur de danse, mais elle n'avait pas prévu que ce serait la Directrice en personne.

- Allez direct au fait, Miss Potter. Vous faites perdre du temps à vos camarades. Je ne poserai pas de questions, alors allez-y.

- J'aimerais apprendre la danse du côté de l'homme.

McGonagall lui jeta un regard choqué, qui la fit ressembler à un émeu surpris. Lily dût se retenir de rire lorsqu'elle trouva la comparaison. Elle recouvrit bien vite son sérieux, au fur et à mesure que le regard de McGonagall s'assombrissait et mutait en un regard noir qui la fusilla purement et simplement. Mais le professeur était coincé, avec sa promesse de ne rien demander et lui accorda son souhait, se disant intérieurement qu'elle ne risquait pas grand-chose, après tout. La jeune fille était déjà bien assez punie.
Lorsque le garçon qui avait été mis avec Lily eut pour ordre de jouer le rôle de la femme, cela lui plut moyennement. Très moyennement. Et c'était un euphémisme.
Mais le professeur McGonagall lui promit de lui apprendre convenablement son rôle personnellement. Cela lui tira un soupir de soulagement. C'était un quatrième année, et, apparemment, il tenait beaucoup à savoir danser.
Ce fut seulement quand Lily le prit à la hanche qu'il réalisa ce que cela signifiait, et il eut un regard honteux, embarrassé et furieux pendant tout le reste de la leçon.
Point positif, Lily dansait mieux que les autres et McGonagall l'exclut de sa remarque désappointée quand elle dit qu'elle avait l'impression d'être Barnabas le Follet et d'être en train d'apprendre la danse à des trolls.

Le dîner arriva rapidement, et avec lui, ceux qui étaient partis à Pré-au-Lard. Lily dût esquiver le bombardement de questions de Theonia au sujet de son immense fatigue avant d'aller se coucher aussitôt qu'elle eut fini son assiette, s'attirant les regards interrogatifs de bon nombre de Serpentards, habitués à la voir rester longtemps après le dessert.

Le samedi vint et les élèves n'y semblaient pas prêt. Dès le matin, un monde fou affluait dans les couloirs, et un vacarme insensé y régnait. Un Hippogriffe bleu à pois jaunes unijambiste jouant de la harpe aurait pu passer que personne ne l'aurait remarqué.
La Grande Salle avait été fermée après le déjeuner, et depuis, tous les élèves s'impatientaient encore plus qu'on ne l'aurait cru possible. Après tout, c'était un événement innovateur sans précédent, et il fallait faire la meilleure impression qu'on pouvait.
Lily avait croisé une Justine portant un cintre où était attaché quelque chose recouvert par une housse noire, à bout de bras en hauteur, et se démenant pour ne pas tomber dans les escaliers un Hugo aux cheveux nettement plus longs qu'ils étaient de base des jumeaux Scamender dans un débat silencieux où elle n'entendit que les mots « garou » et « rose », ce qui constituait en soi un mélange assez intéressant et une tripotée d'autres élèves qui s'évertuaient à se frayer un chemin, à se faire entendre ou tout simplement se contentaient de vaquer à des occupations aussi inintéressantes que bâiller bruyamment.
La rousse avait reçu son costume la veille par hibou express et avait été heureuse de constater qu'il lui allait parfaitement. Dedans, se trouvait également un mot d'encouragement de la part de la couturière, et elle n'avait pu s'empêcher de trouver cela réconfortant. Elle avait également rendez-vous avec Sphieria dans l'heure à venir dans la chambre des cinquième année. Etant donné la teneur de son costume, elle ne pouvait en effet pas se permettre de se changer en même temps que les autres, alors d'un commun accord avec la sœur Goyle, elles avaient décidé d'avancer l'heure de la préparation et de trouver un moyen de cacher la rousse jusqu'au début de la fête.
Se frayer un chemin dans la foule l'occuperait pendant au moins un quart d'heure. Pour le reste du temps, elle se rendait à la bibliothèque pour noircir de son écriture de chat certains parchemins et s'avancer pour n'avoir que très peu de travail restant pour sa semaine de vacances. Elle n'avait nullement eu l'occasion de voir Theonia ce samedi-là, celle-ci étant sans doute trop occupée avec son costume. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, mais ne pouvait s'empêcher de penser que lors de la soirée, elle danserait sans doute avec un autre et le lendemain serait le départ du Poudlard Express. Et donc qu'elle ne la verrait pas. Lily poussa un grognement bruyant qui lui attira le regard perplexe mais toujours sévère de la bibliothécaire, seule présente dans ce lieu.
Après avoir constaté que l'heure était venue de monter, la jeune fille emballa ses affaires, rangea ses supports parchemin et se rua vers un de ses passages secrets. Il lui semblait qu'elle ne les avait plus empruntés depuis un siècle, mais la vérité était que la dernière fois avait été avec Theonia, lors de leur escapade nocturne du mois passé.
Elle arriva donc à l'heure à son rendez-vous, apparaissant devant – ou plutôt derrière – Sphieria, qui, quand elle se retourna, lui demanda vivement comment elle avait fait pour sortir de nullepart.

- Secret ! Répondit Lily avec un grand sourire.

Son interlocutrice grommela vaguement puis lui demanda de s'asseoir. Elle avait préparé un espace à côté du lit de Lily, près de la fenêtre, histoire d'avoir un minimum de luminosité, où se trouvait deux tabourets, un grand et un petit, sur un grand tapis synthétique. En effet, la demande de Lily n'avait pas été sorcière – et cela avait peut-être été la raison pour laquelle Astarian avait nommé ça « moldu ». Elle avait simplement demandé à Sphieria de lui couper les cheveux et de lui faire la coupe de Dimitri, qu'elle aurait préalablement étudié. Pour ce faire, Lily avait expressément demandé par courrier à James et ses parents de lui envoyer des images des personnages du dessin animé moldu « Anastasia » d'où était tiré Dimitri. Une fois reçues, promptement envoyées par une mère interrogative, Lily les avait données à Sphieria, qui avait soupiré en disant « Aaaah les images moldues... » d'un ton nostalgique, prenant par surprise les élèves qui avaient entendu.
C'était donc la raison pour laquelle elle se trouvait là, avec une armada de produits de coiffage.

- A la réflexion, il vaudrait peut-être mieux que tu ailles mettre ton costume, pour éviter de te décoiffer en le mettant après.

Sur ces mots, elle se tourna, offrant une certaine intimité à la jeune Potter, qui avait commencé à protester de pudeur. Celle-ci finit cependant par ouvrir sa valise, et commença à se changer. Elle enfila une chemise blanche, par-dessus laquelle elle passa un gilet ouvert sans manches vert. En-dessous, un simple pantalon marron tenu par une ceinture classique purement décorative. Ses chaussures étaient des bottes masculines d'un marron plus foncé montant sur ses chevilles, et elles étaient également sur mesure. Une fois le bracelet de la montre fermé sur son poignet gauche, elle se tourna vers Sphieria qui lui sourit, reconnaissant que cet habit, bien que complètement masculin, lui allait plutôt bien.
Tandis que la jeune fille lui faisait sa coupe, la rousse tenta de faire la conversation, puisqu'elle n'avait rien d'autre à faire.

- Tu as eu quoi, toi ?

- Comme costume ? J'ai eu Raiponce, ça tombe plutôt bien. Je me suis contentée d'acheter une robe de soirée et de me procurer une potion pour faire pousser les cheveux de manière temporaire. Rien à voir avec ta potion à hérisser les cheveux...

- Vous allez me taquiner longtemps avec ça ? Demanda une Lily lasse avant de se reprendre. Et Astarian ?

- Il a eu Hercules. Ca ne lui correspond pas vraiment, mais il a dit qu'il trouverait un moyen de faire gonfler un peu ses muscles.

- Il aurait pu se déguiser en la version jeune, non ?

- Trop maigre. Ast' a une fierté, tu sais, rigola Sphieria.

- Du coup, vous allez tous les deux avoir un partenaire de danse. Mégara pour lui et...

- Un Flynn, si l'heureux élu s'en tient à l'adaptation animée et non au conte. Dans le conte, ce n'est qu'un prince, donc bonjour la complexité pour trouver un prince parmi des centaines.

- Il paraît que quelqu'un a eu Phil, le faune dans Hercules. Je le plains.

- Quoi ? Le petit rabougri avec des cornes ? En voilà un qui va s'amuser avec son déguisement. Si un septième année décide de se déguiser en Porlock, les distinguer risque d'être assez compliqué pour le jury.

- Oui ! D'ailleurs...

Et la conversation dura tout le temps qu'il fallut à Sphieria de finir son chef d'oeuvre.
Lily n'avait aucun moyen de voir le résultat, mais elle avait plus froid qu'avant, habituée à ce que sa nuque et ses oreilles soient couvertes par un fin rideau protecteur roux. Elle passa une main à l'arrière de sa tête et sentit le peu de cheveux qui lui restait, sentant l'immédiate chaleur que dégageait son crâne. Puis elle baissa les yeux et vit avec effarement toutes les mèches que lui avait coupées son amie. Celle-ci affichait un sourire satisfait. Lily espéra très fort que l'autre ne s'était pas vengée de son coup de septembre en lui taillant une haie...
Elle fut vite rassurée quand la blonde invoqua un Accio sur un miroir, où elle put contempler la réussite de son amie. Elle lança rapidement un Récurvite et les mèches de cheveux disparurent, ainsi que les taches des produits fixants que Sphieria avait utilisés. Elle ignorait d'où la jeune fille tenait son savoir, mais elle ne pouvait pas être plus satisfaite du résultat.

- Et voilà ! Et ton secret est bien gardé.

Lily ne se tarit en remerciements que lorsque l'autre lui intima l'ordre de se taire pour la quatrième fois. Puis elle se vit renvoyer de la chambre, avec pour mission de rester incognito jusqu'à la soirée. L'après-midi était avancée, mais pas encore suffisamment, et Lily n'avait pu qu'emmener sa cape. Qu'elle avait au préalable glissé dans la poche de son costume. Elle s'était glissée dessous à la sortie de la chambre et déambulait maintenant dans les couloirs, qui s'étaient un peu vidés, heureusement pour elle. Elle se dirigea donc vers le cinquième étage, où elle avait connaissance de la Salle sur Demande grâce à son père et du moyen d'y entrer grâce à sa mère.
Elle passa trois fois devant le mur avec une pensée précise en tête et entra lorsque la porte apparut. La salle avait créé un environnement reposant dans des tons verts pour donner un côté naturel à la pièce. Un grand tapis marron recouvrait presque tout le sol, un canapé trois places de couleur vert pâle et une table basse en bois massif carrée se trouvaient dessus, au milieu de la pièce. Tout autour, les murs étaient recouverts de bibliothèques murales, et sur les livres, on pouvait lire des titres tels que « Mémoire à court et long termes », « Mnémosyne, ou la mémoire à travers les siècles », ainsi que d'autres concernant un tout autre sujet, tels que « Les métamorphoses communes et animagiques : savoir faire la différence » ou «Animagi, un art ou une évolution ? ».
Lily avait d'abord songé à reprendre son entraînement pour devenir Animagus – elle avait déjà atteint un certain niveau grâce à James – mais, apparemment, ses préoccupations au sujet de Theonia l'avaient rattrapée. Elle enleva donc sa cape, prit trois ou quatre livres et s'assit dans le canapé moelleux, où elle dévora tout ce savoir et en apprit conséquemment sur le fonctionnement du cerveau selon les Moldus, et sur les possibilités qui s'offraient donc à un sorcier malin.

Le soir finit par arriver, et avec lui, l'obligation des trois danses avec quelqu'un avec qui on avait pas forcément envie d'être. Et puisque Lily ne voulait être avec une seule personne, elle était convaincue de ne pas vouloir de sa partenaire. En arrivant devant la porte de la Grande Salle, elle reconnut quelques personnages, des princesses pour l'essentiel, ainsi que certains animaux de la faune sorcière, les septième année n'y étant pas allés de main morte question réalisme. Apparemment, la salle avait été ouverte une heure auparavant pour accueillir les première à troisième années, changeant spécialement l'annonce de la Directrice. Tous étaient donc déjà dedans, attendant que les plus âgés arrivent, et dansant vaguement sur des musiques au volume plutôt bas.
La Grande Salle avait subi un sortilège d'agrandissement, et sa taille de cathédrale s'était vue démultipliée pour le temps d'un soir. La piste de danse était immense. Quelques tables et chaises avaient été mises à disposition à l'est et l'ouest – la salle était si grande qu'il paraissait plus logique pour Lily d'utiliser les points cardinaux que de simples notions de droite et gauche. À vrai dire, il devait y avoir une bonne trentaine de tables de chaque côté, mais c'était beaucoup trop loin pour qu'elle puisse le constater. Sans mentionner qu'une certaine pénombre régnait.
Lorsque la majorité des élèves fut à l'intérieur, certains couples s'étant déjà trouvés, la salle sembla s'animer. Les murs se distordaient et donnaient l'illusion de vous mettre à l'envers il y eut quelques cris de surprise. D'un coup, comme réagissant à ces cris, des citrouilles taillées s'allumèrent à quelques endroits en hauteur de la salle, se dirigèrent en volant vers la troupe d'élèves, riant diaboliquement, tandis que d'autres s'allumaient tour à tour, éclairant les grandes toiles d'araignée plus que réelles accrochées partout, rendant la salle à la fois sombre et orangée, comme devait l'être toute décoration d'Halloween... Le côté vivant en moins. Des fantômes passèrent au-dessus de la foule en hurlant, le Baron Sanglant laissant goutter le sang qu'il transportait sur les élèves, leurs cris se mêlant à ceux des coup de tonnerre violent retentit, faisant trembler l'endroit. Puis tout cela s'arrêta en un instant, comme si tout avait été normal, la salle s'éclaira à plusieurs endroits de bougies simples, une musique lente démarrant, invitant les jeunes gens à danser.
Lily devait encore trouver son Anastasia.
Elle vit Justine, les cheveux soigneusement coiffés, le haut du corps dans un justaucorps moulant couleur chair, glissée dans une longue queue de poisson aux écailles brillantes arc-en-ciel flotter avec grâce en tournant avec un prince Eric sous le charme, dans une chemise blanche et un pantalon simple. Elle n'avait pas pu identifier le garçon sous ses traits, mais elle se dit que Justine devait être amplement satisfaite. Pas loin, elle vit qu'un Loup-Garou fortement bien réussi la tenait à l'oeil, tenant par les hanches une Harpie absolument horrible. Une Licorne tentait de danser avec un Hippogriffe, causant une longue série de cris de protestation.
Finnigan était venu, plein de morgue et de défiance, portant trois plumes rouges sur la tête et... un bec. Qui le rendait nettement moins rebelle.
Une très jolie Demiguise à la fourrure argentée dansait avec un Fléreur à la fourrure tout aussi magnifique qui se tenait sur deux pattes... Et il fallut un certain temps à Lily pour réaliser qu'il s'agissait de Rose et de Scorpius. Plus loin, elle aperçut Sphieria qui avait enroulé ses longs cheveux blonds autour de son cavalier, un Flynn plutôt viril, bien déguisé, qui avait l'air désabusé. Lorsqu'elle vit Astarian, elle se demanda où il avait trouvé le temps de gonfler autant ses muscles, alors qu'il tenait dans ses nouveaux bras fortement musclés une Mégara comblée de joie. Il était resté brun, ce qui ne gâchait pas le tableau, bien au contraire.
Si un jour on lui avait dit que Lily trouverait Hugo belle, elle aurait ri au nez du devin. Parce qu'il était belle. Une Belle belle. C'était très redondant et insensé, dit comme ça, mais il portait une somptueuse robe jaune qui laissait voir ses épaules dénudées et son torse imberbe pour l'occasion. Ses cheveux avaient été teints en bruns et montés en un chignon. Et si Lily n'avait pas su que c'était Hugo, elle ne l'aurait pas deviné, tant le maquillage et le déguisement était réussi. Son partenaire n'avait rien trouvé de mieux que de se déguiser en Bête version velue.

- Dimitri ?

Lily se retourna, notant au passage qu'elle connaissait cette voix, et tomba des nues en voyant qui était celle qui l'avait appelée. Anastasia. Aussi connue sous le nom de Theonia Withdrawn. Dans une robe à bretelles jaune pâle, avec un grand décolleté, à demi dissimulé sous un large collier de perles blanches, des nœuds bleu pâle sur sa nuque et le bas de son dos, paraissant légèrement plus grande en raison des talons, et aux cheveux bruns délicatement coiffés en une longue queue de cheval volumineuse. Qui ouvrit de grands yeux ambre éberlués. Mais qui ne s'écarta pas quand Lily prit l'initiative de s'approcher et de la saisir par la taille d'une main, l'autre dans la sienne, leurs visages face à face.
Cette proximité était nouvelle, mais Lily n'allait pas se plaindre. Elles se mirent à danser, et après un léger temps, elles le firent dans un bel ensemble. Passé le choc et l'exaspération, Theonia se mit à chuchoter :

- Il faudra m'expliquer comment tu en es arrivée à être un personnage masculin.

- Un coup de Hugo, répondit simplement Lily, qui avait désormais compris les machinations de son cousin malicieux.

- Je vois... Et est-ce qu'il était prévu que tu tombes sur moi ?

Lily attendit qu'elles tournent trois fois sur elles-même avant de répondre.

- Je pense que oui, même si je l'ignorais moi-même.

- Et je suis supposée me sentir rassurée ?

- Désolée. Si cela te dérange tellement, faisons les trois danses puis je partirai, fit Lily la gorge nouée.

- Non. En fait, cela m'arrange plutôt. Toi au moins, tu auras la patience de me raconter cette soirée.

Le regard de Lily se perdit dans le vide par-dessus l'épaule de sa cavalière, qu'elle menait parfaitement. Elle ne pouvait s'empêcher de penser que la convaincre, deux semaines plus tard, que c'était elle son cavalier et non un garçon, lui serait bien plus compliqué que ne le laissait entendre la belle brune. Elle n'en fit cependant pas la remarque, restant silencieuse.
Elle était nerveuse. Nerveuse, énervée, presque attristée. Hugo avait mal calculé son plan. Et alors que la deuxième danse s'achevait et que la troisième débutait, Theonia posa doucement son front sur le sien, lui offrant un regard caramel doux et réconfortant. Et d'un coup, la soirée de Lily prit une tournure bien moins déprimante. Elle ignorait ce que signifiait ce geste pour Theonia, mais elle n'allait pas se poser plus de questions. Elle allait profiter de l'instant, peu importe les éventuelles conséquences. Elle se fit plus entreprenante et posa ses mains sur les hanches de sa cavalière pour la rapprocher d'elle. Celle-ci suivit le mouvement et croisa ses bras posés sur les épaules de Lily derrière sa tête, leurs nez se touchant presque.
Lorsque la lente musique s'arrêta, un silence presque assourdissant s'installa, les forçant à se séparer à regret.
Lily, encore à moitié dans sa bulle de bonheur, vit les professeurs présents lancer des sorts, et alors que certains élèves s'allumaient – comme des torches rouges – ils émirent le message que tous ceux ayant été marqués étaient priés de sortir et aller se coucher. Il s'agissait apparemment des plus jeunes, et si certains protestèrent, la plupart obéirent sans se poser des questions, bâillant à qui mieux mieux.

- Donc il ne reste plus que les troisième à septième années, énonça-t-elle.

Cela lui fit bizarre d'entendre sa propre voix après tous les sentiments qui l'avaient traversée la seconde d'avant.

- Non, juste les quatrième à septième années. C'était les troisième années, là. Les plus jeunes sont sortis un peu avant la deuxième danse.

C'était Adrian, apportant deux gobelets de jus de citrouille, en tendant un à Theonia et l'autre à Lily. Il portait un costume-cravate tout simple, et quand elle l'interrogea à ce sujet, il lui répondit qu'il s'était changé pour la fin de la soirée. Il avait demandé si c'était possible au professeur McGonagall, et celle-ci avait accepté. En effet, faire la fête dans un costume de centaure était une chose qu'il n'avait pas voulu tenter.
Lily trempa ses lèvres avec reconnaissance dans le liquide frais qui se trouvait dans le gobelet et commença à boire. Elle faillit s'étouffer sur la remarque suivante d'Adrian, moqueuse et presque acerbe :

- Bien sûr, vous étiez trop occupées à vous faire les yeux doux pour vous en rendre compte.

Lily toussa trois ou quatre fois, faisant rire le jeune homme. Theonia se contentait de rougir en silence, un demi-sourire aux lèvres.

- Bon je vous laisse, j'ai de beaux et belles Serpentards à divertir, moi ! Au fait, ça te va super bien, les cheveux, Lily.

Avant qu'elle ne puisse le remercier, la gorge encore irritée, il s'en fut. D'un commun accord visuel, elles allèrent s'asseoir à une table, contemplant en silence les professeurs faire la chasse aux éventuels résistants marqués à la lumière rouge. Tout autour, la plupart des élèves étaient eux aussi à l'arrêt, mangeant ou buvant ce qui se trouvait à disposition sur les tables. Certains élèves âgés quittèrent la Grande Salle, fatigués ou appelés par un autre devoir – cette remarque lui vint du fait de voir Rose et Scorpius s'éclipser.
Une fois n'est pas coutume, Lily n'avait pas faim, son estomac étant encore rempli de sentiments contradictoires à cause de (grâce à ?) Theonia. En revanche, elle avait soif, et elle remplit à nouveau le gobelet de jus de citrouille à l'aide d'une cruche posée sur la table. Elle en proposa à sa cavalière qui accepta et elles burent ensuite dans un silence embarrassé. Ni l'une ni l'autre ne savait quoi dire.
Alors que la rousse ouvrait la bouche dans une tentative inutile de conversation, les portes de la Grande Salle claquèrent dans un vacarme assourdissant, les bougies s'éteignèrent toutes en même temps, comme soufflées par un vent de tempête inexistant, créant une atmosphère nettement plus sombre que jusqu'à peu. Ne subsistaient que les lueurs des citrouilles, les toiles d'araignée, qui, étrangement, étaient phosphorescentes... Et des rires étant émis d'un peu partout dans la salle, faisant penser aux sorcières moldues qui étalaient de cette manière leur machiavélisme. Sauf que là, personne de vivant ou de présent ne riait.
Les élèves restants contemplaient les alentours, regardant le plafond – recouvert d'un drap noir que Lily n'avait jusque-là pas remarqué –, cherchant un éventuel coupable, un sorcier avec sa baguette pointée sur la salle, par exemple. Mais rien. Les professeurs s'étaient surpassés.
Dans cette noirceur, teintée d'ombre de lumière en forme de sourires distordus, Lily distinguait à peine le visage de Theonia. Elles se rapprochèrent de la piste de danse, et rejoignirent leurs camarades, tous réunis au même endroit. La rousse sentait le dos de la main de Theonia contre la sienne, et fut tentée de la saisir.
Mais, au même moment, comme si son hésitation avait été un signal de départ, une musique violente, sombre, hypnotique, jaillit de tous les côtés de la salle, explosive, au volume si élevé que Lily crut que ses oreilles opteraient pour la grève immédiate.
Puis, il lui sembla, en raison des basses, que son cœur rejoignait le rythme de la musique, et elle sentit dans le même temps une chaleur au niveau de sa gorge et de sa cage thoracique, chaleur qui lui donna le courage de suivre le mouvement des autres élèves, qui avaient, pour la plupart, déjà commencé à danser, se déhancher, suivant les notes dures mais étrangement entraînantes de cette musique...

Theonia l'avait précédée dans son mouvement mais elles dansèrent, sans s'arrêter, leurs mains s'étant trouvées et leurs doigts s'étant entrecroisés dans le même temps, ne se déliant aucune fois au cours de cette soirée-là, aussi étrange qu'elle fut pour une école d'un tel prestige, frôlant presque à plusieurs reprises la débauche.