Hello cher lecteur/lectrice ^^ Voilà enfin la suite tant demandée ! Merci beaucoup pour vos commentaires sur le prologue, ils me vont droit au cœur ! J'espère que ce chapitre vous plaira tout autant. Je le dédie à Sarah, Julien, et à Alex et à sa fanfiction ;)
Bonne lecture !
Chapitre 1 : Les fantômes du passé
- Et puis-je savoir qui vous êtes, monsieur ? demanda la secrétaire d'un ton sec.
- Je m'appelle Harry. Harry Potter.
En entendant ce nom, la femme descendit ses lunettes carrées sur le bout de nez, regardant le survivant par en bas tout en relevant un sourcil. Elle le regardait avec un immense sérieux, comme si elle tentait de le percer à jour. Soudain très mal à l'aise, Harry ne savait plus où se mettre. Son regard le transperçait littéralement, comme s'il était brusquement mis à nu.
Puis, d'un seul coup, sans prévenir … elle explosa de rire.
- Ahahahahaaaha ! Harry Potter ! Alors celle-là on ne me l'avait jamais faite ! Non mais j'hallucine ! Ahahah !
Alors que quelques secondes plus tôt, elle se tenait bien droite dans une posture crispée, la secrétaire était maintenant pliée en deux, se tenant les côtes tellement elle riait. Elle frappait du poing sur la table, riant à peine gorge et faisant tellement de bruit que des regards indignés se tournaient vers eux.
De son côté, Harry était bouche-bée. C'était un changement si radical dans son comportement qu'il se demanda s'il avait toujours la même personne en face de lui ...
- Heu … celle-là non plus on ne me l'avait jamais faite … dit-il les yeux écarquillés.
Avant, quand les gens découvraient qui il était, ils le dévisageaient, le regardaient avec admiration ou avec mépris selon les rumeurs qui circulaient sur lui. Mais jamais, au grand jamais quelqu'un n'avait explosé de rire en entendant son nom !
Au bout de plusieurs minutes de fou-rire, la secrétaire avait les joues rosies et des mèches de cheveux s'échappaient de son chignon serré. Elle dû même retirer ses lunettes pour essuyer les larmes qui perlaient à ses yeux. Peu à peu, elle finit par se calmer, ne laissant plus échapper qu'un léger rire de temps en temps.
C'est alors qu'elle dit sur un ton plus neutre, mi-amusé mi-irrité :
- Bon, assez plaisanté. Fichez-moi le camp sinon j'appelle la sécurité.
- Quoi ?! s'exclama Harry. Non mais attendez, je suis vraiment Harry Potter !
- Mais oui mais bien sûr, et moi je suis la fée Morgane … marmonna-t-elle d'un ton mortellement ennuyé, se concentrant sur un des nombreux dossiers qui jonchaient son bureau.
- Je vous jure que suis Harry Potter ! Bon, je reconnais que ça peut sembler difficile à croire, puisque j'ai été absent … un petit moment. Mais je ne mens pas, vous n'avez qu'à voir ma cicatrice !
Sur ce, Harry releva les cheveux qui lui couvraient le front, et montra la fine cicatrice qui avait fait une partie de sa célébrité. Si ce n'était pas une preuve, ça !
Mais la secrétaire ne daigna même pas lever le nez de son dossier, et répondit avec plus de froideur :
- Bien, je vais vous dire quelque chose qui peut paraître évident pour tout le monde sauf pour vous, apparemment. Harry Potter est mort il y a maintenant 7 ans, et sauf erreur de ma part, vous êtes bien vivant alors qu'il se trouve six pieds sous terre. Il est donc impossible que vous soyez qui vous prétendez être.
Harry prit une grande inspiration. Il sentait que la conversation allait être très, très longue.
- Sauf que, chère madame, dit-il avec une politesse exagérée, je ne pense pas que beaucoup de personnes sur cette terre puissent dire qu'elles ont une cicatrice sur le front en forme d'éclair, laissé par un mage noir après qu'il ait tué ses deux parents !
Après coup, le jeune sorcier réalisa qu'il avait finit par hausser le ton. Il se calma et attendit une réaction de la part de la secrétaire. Au bout de quelques secondes, oh miracle, elle finit par lever les yeux sur sa cicatrice. Ses yeux noirs se plissèrent avec une attention redoublée, puis elle déclara :
- En effet, d'ailleurs elle est plutôt bien imitée. Mais il suffit d'un simple sortilège pour la reproduire, et vous ne seriez pas la première personne à vous faire une fausse cicatrice et à modifier votre apparence. D'ailleurs pour votre information, j'ai déjà vu des photos d'Harry Potter dans la gazette du sorcier, et vous ne lui ressemblez pas du tout. Maintenant, dernier avertissement, sortez d'ici sinon je vais réellement appeler la sécurité.
Reste calme Harry, reste calme …
Il devait se rendre à l'évidence : la secrétaire ne changerait pas d'avis.
- Au fait, la sortie, c'est par là, précisa-t-elle avec un sourire forcé tout en lui indiquant les portes vitrées derrière lui.
Il regarda un instant autour de lui. Les employés semblaient venir de toutes les directions à la fois, à tel point qu'on se serait crut dans une fourmilière. Mais en regardant plus attentivement, il put constater qu'un peu plus loin sur sa droite, se trouvaient deux portes d'ascenseurs, semblables à celles du ministère de la magie. Harry décida de jouer le jeu. Il salua la secrétaire avec un sourire innocent, puis fit demi-tour et se dirigea vers la sortie. Voyant qu'il écoutait ses instructions, et qu'il ne lui causerait plus de problèmes, la femme se concentra sur son travail.
Mais une fois les portières ouvertes, Harry mit un pied dehors … et piqua un sprint vers les portes d'ascenseur !
- Hey ! Qu'est-ce que vous faites ?! Attendez ! Sécurité !
Une fois embarqué à l'intérieur, il appuya comme un demeuré sur le bouton de fermeture des portes, qui se bloquèrent juste avant que trois types en costar noir - et au moins deux fois plus larges que lui - ne se pointent. Harry appuya ensuite sur un étage au hasard, et commença à monter.
Il poussa un profond soupir de soulagement et ne put empêcher un sourire satisfait d'apparaître sur son visage. Bon, certes il venait de se mettre la sécurité à dos, ce qui le mettait – une fois de plus dans sa vie – dans un sale pétrin. Mais une fois qu'il aurait parlé avec Ginny, celle-ci leur expliquera calmement les choses et tout rentrera dans l'ordre, il en était persuadé.
A l'idée qu'il allait bientôt revoir Hermione, Ginny, Ron, ainsi que l'ensemble des Weasley, Harry sentit un élan de joie l'envahir. Il revenait enfin dans sa famille d'adoption ! Certes, il redoutait un peu leur réaction, mais au bout de quelques minutes – ou plutôt quelques heures, selon lui – d'explications, ils finiraient forcément par comprendre le pourquoi du comment.
Prenant son courage de Griffondor à deux mains, il s'accrocha à l'une des poignées qui pendait au plafond, et pointa son doigt vers les boutons de l'ascenseur. Mais soudain il se figea, la main suspendue en l'air.
- Par la barbe de Merlin … il y a vingt-neuf étages ?! Non mais ils plaisantent j'espère ?! s'exclama-t-il
Tout ce qu'Harry savait de Ginny, c'était qu'elle était la patronne d'une grande multinationale, nommée O.C.M.M, dont le siège était à Londres. Il ne savait pas ce que ce sigle signifiait, ni ce que la rousse faisait exactement, mais ce qu'on pouvait dire, c'était que sa carrière avait décollée ! L'immeuble était entièrement neuf, et les pièces étaient extrêmement lumineuses. Harry n'osait même pas imaginer le nombre d'employés qu'il devait compter, surtout si le building avait vingt-neuf cinq étages !
Mais à présent, le sorcier se retrouvait face à un problème délicat: à quel étage se trouvait-elle ? Parce que s'il les essayait tous les uns après les autres, il pouvait être certain que la sécurité l'aurait retrouvé avant qu'il n'ait le temps de dire Quidditch !
Très bien, réfléchit un peu Harry … Que ferait Hermione ? se demanda-t-il
Il prit quelques minutes pour réfléchit, tandis que l'ascenseur montait encore et toujours. Puis il eut comme une illumination, et appuya sur le tout dernier étage, le numéro vingt-neuf. Logiquement, la patronne était la personne la plus haut gradée, ce qui signifiait qu'elle devait se trouver tout au sommet, n'est-ce pas ? Donc Ginny était forcément au dernier étage !
Ce fut assez fier de sa déduction qu'Harry attendit patiemment la montée de l'ascenseur.
Quand les portes s'ouvrirent de nouveau, le sorcier eut le souffle coupé. Devant lui, une immense baie vitrée donnait une vue incroyable sur Londres, ses buildings et le centre ville … de quoi vous faire tourner la tête. Dans cette salle, des documents ensorcelés s'empilaient eux-mêmes en plusieurs pilles bien rangées, tandis que les salariés, absorbés par des courbes et des tableaux sur leurs ordinateurs, travaillaient assidument.
Harry fronça les sourcils, interloqué. Cela faisait déjà plusieurs fois qu'il remarquait que les sorciers utilisaient des objets moldus : il n'en avait pas vu un seul sans téléphone ou sans ordinateur. Pourtant, ils n'en avaient jamais eut besoin … Mais un autre détail le travaillait depuis un moment déjà : cette entreprise se trouvait en plein centre de Londres. Le Londres moldu.
Et ça, c'était vraiment étrange.
Pourquoi venir s'installer ici ? Il n'osait même pas imaginer la puissance magique nécessaire à l'utilisation du sort repousse-moldu. On parlait tout de même d'un building … en plein milieu de Londres !
Il faudra que je demande des explications à ce sujet … se dit-il.
Un peu hésitant, le survivant sortit de l'ascenseur, et marcha un peu au hasard. Les employés ne l'avaient pas encore remarqué. C'est alors qu'il arriva devant une grande porte en bois de chêne, laissée entrouverte. Il glissa la tête dans la pièce, et vit droit devant lui, assit devant un immense bureau ...
- Malefoy ?!
Le blond leva les yeux vers lui, puis le regarda avec un mélange de surprise, de méfiance et de dégoût :
- Je peux savoir ce que vous faites là ?
- Et bien je crois que c'est évident, non ? Je suis revenu !
Harry poussa la porte, le sourire aux lèvres. Et oui, même le simple fait de revoir Malefoy le faisait sourire … comme quoi sa maison et ses camarades lui avaient vraiment manqués. Il se mit alors à observer la pièce dans laquelle il venait d'entrer. Au fond se trouvait encore une baie vitrée, et tout au long des murs des dizaines et des dizaines de dossiers étaient soigneusement rangés dans des étagères. Le tout était incroyablement propre. Rien ne dépassait. Tout était carré.
- Sortez de mon bureau immédiatement … dit Malefoy d'un air menaçant.
- Chéri ? Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda une voix féminine
A ce moment là, Harry vit une tête rousse sortir d'un bureau qu'il n'avait pas remarqué auparavant, juste sur sa gauche. Elle avait utilisé une porte qui communiquait entre les deux pièces. Quand elle croisa son regard, la femme se stoppa net, et le regarda avec stupeur.
- Ginny ! s'exclama Harry. Je suis vraiment content de te revoir, ça faisait longtemps !
Harry était tout sourire, mais les deux autres en face de lui semblaient au contraire assez énervés. Harry les regarda l'un après l'autre, soudain un peu intrigué.
- Je n'aurais jamais cru que vous finiriez ensemble. Vous formez un joli couple.
- Comment êtes vous monté ici ? fit Malefoy d'un ton agressif
- J'ai prit l'ascenseur … répliqua le brun en haussant les épaules.
Ginny, qui semblait jusqu'ici complètement figée, se reprit et dit d'une voix ferme :
- Ecoutez Monsieur, vous n'avez rien à faire ici. Je ne sais pas qui vous a laissé entrer et pour être honnête, ça m'est complètement égal. Je vais appeler la sécurité et vous allez partir sur-le-champ.
Harry était sous le choc. Secouant la tête pour se reprendre, il s'approcha d'eux et dit :
- Mais enfin c'est moi ! C'est Harry ! Vous ne me reconnaissez pas ? Je sais que ça fait longtemps que je suis parti mais je n'ai pas tant changé que ça non plus …
- V-vous êtes … quoi … ? bredouilla la rousse
- C'est ridicule ! la coupa Malefoy. Harry Potter est mort et enterré !
- Pourtant, sauf erreur de ma part, je suis bien vivant !
Harry était un peu irrité. La secrétaire aussi ne l'avait pas reconnu. Est-ce qu'ils le faisaient tous exprès ?
- Très bien, j'appelle la sécurité.
Malefoy se rendit vers son bureau, et appuya sur un bouton rouge qui se mit à clignoter. De son côté, Harry était complètement déboussolé. Il s'approcha de Ginny.
- Ecoute-moi, s'il te plait ! s'exclama-t-il
La jeune femme recula d'un pas, comme si elle se sentait agressée. C'était comme si elle avait peur de lui, comme s'il n'était … qu'un inconnu !
- Ginny, on a passé quasiment toute notre scolarité tous les deux, fit Harry tout en essayant de rester calme, ne me dit pas que tu as oublié à quoi je ressemble ?
- Je sais parfaitement à quoi ressemblait Harry, mais vous n'êtes pas lui.
Harry sentit la colère monter. Pourquoi était-elle aussi distante ? Pourquoi le rejettaient-il ainsi ?
- Mais pourtant c'est bien moi ! s'exclama le brun. Aux dernières nouvelles je me ressemble, et je me suis toujours ressemblé !
Le brun se fit la réflexion que ce n'était pas tous les jours qu'on pouvait dire ce genre de phrase ...
- Très bien, dit Drago avec un air ironique. Donnez-nous une seule preuve que vous êtes bien Potter.
- Une preuve ?! Vous voulez une preuve ?! répliqua Harry sur le même ton. Oh, je ne sais pas, laissez-moi réfléchir ... Ah si, je me souviens ! Ce n'est pas grand-chose bien sûr, juste un petit souvenir que m'avait laissé un mage noir …
Harry faisait mine de réfléchir intensément, espérant les faire réagir. Mais en face de lui, le couple le regardait comme s'il avait perdu la tête. Sentant un brasier de colère s'éveiller en lui, il cria :
- Je parle de ma CICATRICE ! Vous le faites exprès ou quoi ?!
- Beaucoup de personnes se sont fait une fausse cicatrice … commença Ginny d'un ton doux
- JE LE SAVAIS DEJA, MERCI ! explosa Harry
Cette fois-ci, il était vraiment hors de lui. Et il ne savait que trop bien quels étaient les effets de la colère sur son comportement. Il se reprit instantanément, calmant sa respiration le plus possible comme il avait apprit à le faire ces dernières années, et se répétant inlassablement : Calme-toi Harry, calme-toi. Souviens-toi de ce que te disait ton maître, tu dois trouver une constante … trouver … une … constante …
Alors il se concentra sur les battements de son cœur, et peu à peu finit par se calmer. Une fois qu'il eut reprit ses esprits, il ouvrit les yeux et dit d'une voix plus apaisée :
- Vous savez quoi ? Si vous ne me croyez pas, vous n'avez qu'à appeler Ron, Hermione où Molly. Vous verrez que vous serez convaincus. C'est la seule chose que je vous demande. Ensuite je vous laisserai tranquilles.
A ce moment là, le visage de Ginny se ferma, et Malefoy posa une main compatissante sur son épaule. La jeune femme releva la tête, et dit d'un regard vide, comme si elle se parlait à elle-même :
- Mes parents et deux de mes frères sont morts depuis quelques années déjà. Ils ont été victimes de la Grande Purge.
- A-Attends … quoi … ?
Harry eut l'impression qu'une enclume lui était tombée dans l'estomac. Molly et Arthur Weasley ? Morts ?! Mais comment, et pourquoi ? Qu'est-ce que c'était que cette Grande Purge ? Et lequel de ses frères était mort en plus de Fred ? Dire qu'il n'avait pas été là pour ses amis … Il avait des centaines de questions qui lui brûlaient la langue, mais tout ce qu'il put dire, c'était à quel point il était désolé. Cependant, Ginny ne semblait pas l'entendre ...
- Pourquoi personne ne réagit quand on appelle la sécurité ?! aboya Drago aux employés, ce qui eut pour effet de se faire lever l'un d'entre eux, qui se munit immédiatement d'un téléphone.
- Une minute, vous allez réellement me chasser ?! réalisa Harry
- Et comment ! répliqua Malefoy
L'ancien Serpentard l'empoigna par le bras, et essaya de le mettre dehors. Harry, réagissant au quart de tour, se dégagea vivement et se saisit de sa baguette. La pointant sur lui, il dit :
- Pas de ça avec moi Malefoy ! On va discuter tranquillement, et vous finirez par comprendre que je ne suis pas un imposteur.
Ils le regardèrent soudain avec un air horrifié.
- Je rêve où c'est une baguette que pointez sur moi ? fit Drago, la voix tremblante
- Non, comme tu peux le voir c'est un cure-dent ! répliqua Harry avec insolence. Mais EVIDEMMENT que c'est une baguette ! Vous êtes profondément débiles où vous le faites exprès ?
- Vous êtes au courant que me menacer avec une baguette est totalement illégal ? fit le blond d'un air désinvolte. Vous voulez finir à Azkaban ?
- Hein ?! Comment-ça ?
Malefoy se mit alors à rire, se moquant de lui.
- Ca vous arrive de lire les infos ? Ou vous êtes encore plus timbré que je pensais ?
- J'ai été absent pendant sept ans, et là où j'étais il n'y avait pas de presse locale, répliqua Harry, irrité.
- Comme par hasard … fit le blond d'un ton mielleux. Ca vous arrange parce que ça colle avec votre petite histoire, n'est-ce pas ?
- Sérieusement Malefoy, tu le fais exprès ? T'as des yeux ? T'as un cerveau ? T'es bien sûr d'avoir fait la connexion entre les deux ?! Ne me dit pas que tu me reconnais pas, je ne te crois pas une seule seconde !
Drago semblait bouillonner intérieurement.
- Ok, ok. On va tous se calmer, d'accord ? dit Ginny en s'interposant entre eux. Ecoutez, ajouta-t-elle en regardant Harry, la meilleure solution c'est que vous partiez et que …
Sur ce, elle posa une main sur son épaule, mais celui-ci réagit violemment, comme s'il avait reçut une décharge.
- MAIS JE N'AI PAS ENVIE DE PARTIR ! explosa-t-il
A son ton, à la façon dont il avait prononcé cette phrase, Drago et Ginny sentirent qu'il y avait comme un sens caché, quelque chose qui devait l'avoir marqué pour qu'il réagisse aussi violemment. Réalisant qu'il était en train de péter les plombs une seconde fois, Harry secoua la tête, comme s'il avait mal au crâne.
- Ecoutez, je … je ne voulais pas réagir comme ça.
- Je vous donne une dernière chance de dégager … fit Drago, menaçant.
- Chéri, attend …
C'est alors que la sécurité arriva. C'étaient les trois mêmes types qu'Harry avait semé devant l'ascenseur.
- C'est pas trop tôt, cracha Drago. Virez-moi ce cinglé d'ici !
- Vous n'êtes vraiment pas obligés de faire ça. Je ne suis pas dangereux.
- Vraiment ? Dans ce cas pourquoi est-ce que vous menacez mon mari avec votre baguette ?! s'exclama Ginny
Les trois gardes sortirent des armes moldues, et les braquèrent sur lui. Sérieusement ? Des armes moldues ? Mais pourquoi ils n'utilisaient pas leurs baguettes ? Tout cela n'était pas logique ... Les ignorant complètement, Harry insista une dernière fois :
- Ecoutez, dites-moi juste où se trouvent Ron et Hermione ! J'aimerai les revoir …
Drago se mit à rire.
- Ne comptez par sur nous pour vous donner la moindre information ! Et puis d'ailleurs, même si vous étiez réellement Harry Potter, je ne vous dirais pas où ils se trouvent parce que ça m'étonnerait qu'ils aient envie de vous voir …
Quelques peu choqué par cette révélation, Harry entendit toute fois Ginny marmonner que concernant Hermione, cela restait à voir, ce à quoi Drago répondit par un léger rictus.
Harry sentit soudain l'un des gardes tenter de le maîtriser en lui faisant une clé de bras. Harry réagit au quart de tour, et se dégagea tant qu'il le pouvait encore. Une fois en face du garde, il le stupéfixa sur le champ. Les deux autres, qui semblaient paralysés par la peur n'eurent pas le temps de réagir, et Harry leur lança immédiatement deux expulso. Ils volèrent sur toute la longueur du couloir, et atterrirent avec fracas sur des étagères, pour finir ensevelis sous une pille de documents.
- Attrapez-le ! Mais attrapez-le ! criait Drago
Le brun était extrêmement tendu, il s'attendait à ce que les employés combattent à leur tour, et à avoir des dizaines de baguettes pointées sur lui. Mais il ne passait rien. Ils étaient tous figés, et il n'y avait pas une seule baguette à l'horizon …
Harry n'attendit pas plus longtemps, et se réfugia dans l'un des ascenseurs, dont il faillit casser le bouton tellement il le martelait. Après s'être demandé pourquoi personne ne sortait sa propre baguette pour l'arrêter, il vit les portes se fermer devant lui, et jeta un dernier regard à Ginny et Drago.
Une fois qu'il eut disparu, Ginny poussa un profond soupir. Drago s'approcha doucement d'elle.
- Ca va ? Tu n'as rien ?
- Oui, ne t'en fait pas. C'est juste que cette histoire me rappelle de mauvais souvenirs.
- En tout ça on peut dire une chose : c'est que ce type est vraiment stupide de penser une seule seconde que son petit plan allait marcher.
- Ahah ! C'est sûr. D'autant plus qu'il ne ressemble pas à Harry.
- Non, pas le moins de monde.
- Mais en tout cas une chose est sûre …
- Ah oui ? Laquelle ?
Ginny le regarda droit dans les yeux, et dit d'un ton grave :
- Si ce type se balade avec sa baguette sur lui, c'est que c'est soit un rebelle, soit un fugitif.
- Tu as raison. Nous devons être prudents. Mais si jamais il revient il aura à faire à moi, je refuse qu'on te fasse du mal.
Ginny lui offrit un beau sourire en coin.
- Comme si j'avais besoin de toi pour me défendre … Je te signale au passage que je suis parfaitement capable de te battre en duel.
- Est-ce que c'est un défi ? fit-il d'un air amusé
- Peut-être bien … répliqua-t-elle sur le même ton
Puis soudain son sourire se fana, et son regard se fit plus trouble. Drago connaissait les expressions de Ginny par cœur, et il se doutait bien que ce faux Harry Potter avait rouvert de vieilles blessures et fait remonter de vieux souvenirs. Alors il ouvrit en grand ses bras, et elle s'y glissa avec un soupir. Entourant avec affection ses petites épaules, le jeune homme plaça un baiser sur sa tête, et la sentit immédiatement se détendre.
Qu'est-ce qu'il pouvait l'aimer, sa petite tornade rousse …
Pendant une fraction de seconde, Drago imagina sa vie sans elle. Le monde serait nettement plus gris, sans saveur, sans joie de vivre. Alors, tout en la serrant contre lui, il se fit la promesse silencieuse de toujours veiller sur elle, et ce à n'importe quel prix …
Harry avait du mal à respirer. Il avait la tête prise dans un étau.
Il sentait peu à peu une colère et une rage qu'il connaissait bien monter en lui, dangereusement. Ces émotions, il avait apprit à les maitriser durant ces sept dernières années, et il savait parfaitement à quel point elles pouvaient être destructrices.
Dans ces moments là, il n'était plus vraiment lui-même.
Des flash revenaient en boucle dans son esprit, alimentant encore et encore le brasier de colère qu'il sentait brûler au creux de son ventre.
« Ahahahahaaaha ! Harry Potter ! Alors celle-là on ne me l'avait jamais faite ! » « Je suis vraiment Harry Potter … » « Mais oui mais bien sûr ... »
Mais pourquoi est-ce que personne ne le croyait ? Est-ce qu'ils ne voulaient pas de lui ? Est-ce qu'ils l'avaient oublié ?
Cette simple idée lui fit l'effet d'une lame en plein cœur. Ils ne pouvaient pas l'avoir oublié. Pas eux. Pas ses amis. Pas sa famille. Ce n'était pas possible, il y avait forcément une explication. Mais alors pourquoi réagir comme ça ?
« Vous ne seriez pas la première personne à vous faire une fausse cicatrice … au fait, la sortie, c'est par là » « Mais enfin c'est moi ! C'est Harry » « Je sais parfaitement à quoi ressemblait Harry, mais vous n'êtes pas lui. »
Le problème, ce n'était pas qu'ils ne se souvenaient pas de lui, mais plutôt qu'ils ne le reconnaissaient pas. Mais pourquoi ? Pourquoi ? Il n'avait pas tant changé que ça, pourtant …
« Une preuve ? Vous voulez une preuve ? » « Ma CICATRICE ! »
Soudain, une pensée horrible lui traversa l'esprit : Ils ne m'aiment pas, ils m'ont rejeté, ils sont mieux sans moi … Puis, brusquement, Harry se reprit : Non, non ! Ce n'est pas vrai, ils ne m'auraient pas fait ce coup là, pas eux !
Mais inlassablement, la petite voix de sa conscience prenait un malin plaisir à le torturer. Les mêmes pensées lui traversaient l'esprit, encore et encore …
Es-tu bien sûr d'être qui tu es ? lui disait sa conscience. S'ils ne t'ont pas reconnu, c'est qu'il doit y avoir une raison ... Peut-être es-tu mort ? Peut-être es-tu encore dans ce cercueil, où tes proches vont pleurer à ton anniversaire … mais peut-être qu'ils ne vont même pas sur ta tombe, parce qu'on fond de toi tu sais qu'ils sont mieux sans toi …
Harry venait de sortir de l'ascenseur, tenant à peine sur ses jambes. Il était complètement en train de perdre de contrôle, ce qui ne lui était pas arrivé depuis cinq ans. Il fallait qu'il se reprenne, il fallait qu'il fasse taire ces pensées qui le torturaient …
Tu ne leur manque pas, tu ne leur as jamais manqué. Depuis toutes ces années, tout ce que tu voulais c'était rentrer chez toi, mais eux n'ont jamais voulu de toi. Ils ne t'on jamais aimé … c'est à cause de toi que leur familles sont mortes … C'est à cause de ça que Ron et Hermione ne veulent pas de toi …
Il s'était mit à trembler de tous ses membres. Il passait sans cesse du chaud au froid, de la tristesse à la colère et à la rage. Son cœur s'emballait de plus en plus, et tout autour de lui lui donnait mal au crâne. Les visages des passants étaient déformés, horribles, comme s'ils hurlaient. Les bruits des klaxons résonnaient douloureusement dans son crâne, le bourdonnement des conversations était insupportable, il n'en pouvait plus de ce bruit, de tout ce bruit …
Il me faut une constante … Je dois trouver … une ... constante …
CRIIIIIIIIIIIIIIIC !
- Non mais qu'est-ce qu'il fout en plein milieu de la route ?! Aller dégage le claudo !
Harry revint brusquement à lui. Il était en plein milieu de la route, juste devant le building d' O.C.M.M. Ignorant les insultes du conducteur qui venait de freiner en toute urgence, il courut de l'autre côté du trottoir, complètement déboussolé. Par la barbe de Merlin, mais comment était-il arrivé là ? Son dernier souvenir était l'image de Ginny et Drago alors que les portes d'ascenseur se fermaient ... Est-ce qu'il avait réellement marché jusque là sans s'en rendre compte ?
Le brun poussa un profond soupir. C'était la deuxième fois en quelques minutes qu'il pétait les plombs. Avant de revenir à Londres, Harry avait apprit à gérer ce genre de "crise. Mais là … il était complètement perdu.
Souviens-toi de ce que tu as appris … tu dois trouver une constante … trouver une constante … se répétait-il
Mais tout autour de lui, il n'y avait que du chaos. Des coups de klaxons, des discussions hasardeuses, des crissements de frein, des annonces publicitaires, des chiens qui aboyaient. Déjà, il sentait son esprit le torturer à nouveau …
Ils ne t'aiment pas, ils ne t'on jamais aimé … ils n'ont fait que t'utiliser, tout ce qu'ils voulaient c'était sauver leur peau … ils t'ont sacrifié …
Au fond de lui, Harry savait que c'était faux, mais une part de son esprit était persuadée du contraire. Il ne pouvait pas laisser cette part avoir le dessus, il ne pouvait pas la laisser gagner. Il se souvenait encore des paroles que lui avait répétées son maître pendant les sept dernières années : « Toute ta vie, tu devras lutter contre toi-même. Il n'est jamais bon de revenir d'entre les morts, Harry. Tu dois t'en aller … pour leur sécurité … »
« Harry Potter est mort et enterré … mort et enterré … mort et enterré … mort et enterré … »
« MAIS JE NE VEUX PAS PARTIR ! »
Il secoua la tête, comme si cela pouvait chasser ces phrases de son esprit. Au final, son maître avait eut raison. Dès son retour chez lui, il avait pété les plombs. Soudain, au milieu de l'agitation de la ville, Harry perçu un bruit constant, régulier, apaisant.
C'était de l'eau qui s'écoulait au près d'une fontaine.
Titubant, des points lumineux dansant devant les yeux, Harry se dirigea vers ce son, cet unique son, tandis que peut à peu son esprit semblait s'apaiser. Une fois arrivé devant, il se laissa tomber à terre, complètement épuisé. Il avait l'impression qu'on venait de lui lancer des dizaines de doloris, et ses muscles ne répondaient plus.
Peu à peu, le ruissellement de l'eau finit par l'apaiser. Les pensées qui le torturaient semblaient glisser le long de son corps, et s'en aller loin de lui. Un calme incroyable s'empara de lui, et les battements de son cœur s'apaisèrent. Il était comme dans une bulle de tranquillité, un havre de paix. Il se sentait en sécurité.
Même s'il savait parfaitement que ce n'était que temporaire, et que sa colère risquait d'éclater à tout moment.
Plusieurs minutes passèrent, il était bercé par le ruissèlement de l'eau ...
Maintenant qu'Harry avait les idées claires, il pouvait réfléchit plus calmement. Et le bilan était simple : il avait complètement perdu le contrôle. Se confronter à son amie, et se faire rejeter de cette façon par elle, comme s'il n'était qu'un inconnu … cela l'avait beaucoup trop affecté. Il s'était sentit complètement abandonné.
Une autre parole de son maître lui revint à l'esprit : « Si tu veux rester toi-même, tu dois avoir une attache, une bouée qui te maintienne hors de l'eau. »
Et il venait de perdre toutes ses attaches. Molly et Arthur était morts, ainsi qu'un autre des Weasley. Ginny l'avait renvoyé comme un malpropre. Elle ne l'avait pas reconnu.
Se penchant au dessus-de l'eau, Harry observa son reflet. Il n'avait pas l'impression d'avoir tant changé que ça, pourtant. Il avait le même corps un peu maigre, les mêmes lunettes, le même visage, les mêmes yeux verts.
Alors qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ?
Il n'en savait rien. Il était complètement perdu.
Il regarda autour de lui, tout en essayant d'ignorer les regards des passants qui le prenaient sûrement pour un dépressif, à rester penché ainsi au-dessus de l'eau. Il se releva péniblement, et essuya ses vêtements pleins de poussière. Il ne savait pas quoi faire. Il n'avait nulle part où aller.
Il ne savait pas où se trouvaient ses deux meilleurs amis, qui de toute façon ne semblaient pas vouloir de lui. Cependant, il lui avait semblé entendre Ginny marmonner qu'Hermione ne serait pas du même avis. Mais quand bien même il savait où ils se trouvaient, il se demanda pourquoi Ron en particulier ne voudrait pas le voir. Mais en tout cas, il lui restait un peu d'espoir : peut-être que ses deux amis allaient le reconnaître ... N'est-ce pas ?
Parce que franchement, c'était complètement stupide que Ginny ne le reconnaisse pas, il se demandait même si elle ne l'avait pas fait exprès ... ? Non … ce n'était pas son genre. Pour Drago, cela restait à voir. Mais pas Ginny.
Il fallait juste qu'il trouve un moyen de lui parler seul à seul, plus calmement, afin qu'elle comprenne qu'il n'était pas dangereux, et qu'elle réalise qu'il était bien Harry.
Et il fallait aussi qu'il trouve un endroit où dormir.
C'est alors qu'il eut un éclair de génie. Square Grimmaurd était à quelques rues d'ici, si sa mémoire était bonne. Il n'aurait plus qu'à dormir dans la maison de son parrain … enfin, sa maison pour être plus exact.
Il se releva péniblement, et se mit en route.
Pendant quelques minutes, Harry avança comme un automate, perdu dans ses pensées et ressassant sans cesse la conversation étrange qu'il avait eut avec Ginny et Drago. Il devait malheureusement reconnaître qu'il s'était (un peu ?) emporté, et que cela n'avait sûrement pas joué en sa faveur. Mais pourquoi un tel rejet ? Pourquoi devait-il se sentir aussi seul ?
Il avait l'impression d'être abandonné.
Au fur et à mesure de ses réflexions, il se dit que tout compte fait, ce n'était peut-être pas une si bonne idée que ça de revenir dans la maison de son parrain. Cette maison évoquait pour lui la perte de Sirius, ainsi que la peur du retour de Voldemort, et la chasse aux horcruxes …
Secouant la tête pour chasser toutes ces idées négatives, Harry arriva finalement devant chez lui. Se retrouver ainsi devant ces maisons, entre le numéro onze et le numéro treize lui fit un drôle d'effet, mais il invoqua tout de même dans son esprit : 12, Square Grimmaurd.
Soudain, entre le numéro onze et le numéro treize, alors qu'il y a quelques minutes il ne se trouvait rien, Harry pouvait à présent voir le numéro douze. C'était comme si la maison s'était insérée entre les deux autres.
Et quand le survivant vit ce qu'il avait à présent sous les yeux, il retint son souffle.
La dernière fois qu'il était venu là, la maison était comme à l'abandon : murs décrépits, fenêtres crasseuses et porte délabrée. Mais là, les choses avaient tellement changées qu'Harry dut s'y reprendre à deux fois pour être sûr qu'il avait bien le numéro douze sous les yeux.
Les murs étaient à présent d'un rouge brique éclatant. Les fenêtres étaient en bon état, le toit avait été refait, et la porte en bois de chêne était tout simplement magnifique. Rien à voir avec le taudis d'autrefois. Harry s'approcha prudemment, un peu impressionné. Il tourna la poignée, et constata que la porte était fermée. C'est alors que son esprit percuta.
Si la maison a été rénovée, c'est parce que quelqu'un habite ici. Quelqu'un s'est installé dans ma maison … mais qui ?
Piqué par la curiosité, et aussi légèrement irrité que quelqu'un s'invite plus ou moins chez lui (même si, considérant le fait que tout le monde le croyait mort, il ne pouvait pas vraiment en vouloir à cette personne), Harry se demanda qui pouvait décider de vivre ici, dans une maison avec une histoire pareille.
Il sortit sa baguette de sa poche le plus discrètement possible. Après tout, il ne voulait pas d'une autre scène avec des gardes qui le visaient avec des armes moldues, tout ça parce qu'il faisait quelque chose d'aussi naturel que de respirer. D'ailleurs, après réflexion, il se demandait bien pourquoi les gens avaient réagit de cette façon. Ils avaient eut peur de lui, et de ce qu'il pourrait faire, alors qu'il y a quelques années sortir une baguette était tout à fait naturel … encore une question dont il devra trouver la réponse …
Coupant court à ses réflexions, il jeta un « Alohomora » sur la poignée, qui s'ouvrit avec un léger déclic. Et quand il entra dans la maison, il eut un deuxième choc. L'intérieur aussi avait été refait.
La maison sombre, lugubre et peu accueillante qu'il avait connue n'avait plus rien à voir avec celle qu'il avait sous les yeux. Tout était lumineux, chaleureux et on s'y sentait bien. De belles peintures étaient accrochées aux murs, des lustres en cristal pendaient au plafond, et au sol d'immenses tapis égayaient la pièce. Il referma la porte, et jeta un hominum revelio. Il n'y avait personne. Se baladant à travers les nombreuses pièces de la maison, Harry hallucinait à chaque fois qu'il entrait dans une nouvelle pièce. Ceux qui vivaient là avaient redonné de la vie à cet endroit, et cela lui faisait chaud au cœur.
Au fil des pièces qu'il traversait, Harry était assaillit par les souvenirs. Il se souvenait des noëls qu'il avait passé ici avec l'ordre du phénix. Il se souvenait de son parrain, brisé par son séjour à Azkaban, mais qui parvenait de nouveau à sourire. Il entendait encore les éclats de rires résonner dans les pièces, entre les farces des jumeaux et les soirées passées à discuter avec Ron et Hermione.
A la simple pensée qu'il pourrait enfin revoir la jeune femme, un immense sourire illumina le visage d'Harry.
Par Merlin, qu'est-ce qu'elle lui avait manqué …
En passant dans un couloir au hasard, son regard s'arrêta sur un détail en particulier. Plusieurs photos étaient posées sur une commode. Le jeune homme les prit et les regarda avec plus d'attention. Sur chacune d'entre elles, on voyait Ginny et Drago qui se regardaient amoureusement. On les voyait tantôt buvant un verre au sommet d'un building, sur le London Eye ou encore devant la tour Eiffel. Ils avaient l'air heureux, et vu le nombre de photos ce devait sûrement être eux qui vivaient ici à présent.
Sur une autre de ces photos, on pouvait voir Drago habillé en costard ainsi que Ginny vêtue d'une longue robe blanche. Ils avaient des sourires immenses, et semblaient au comble du bonheur. Harry en déduisit facilement que c'était leur photo de mariage. Tout autour d'eux se trouvait la famille Weasley au complet, excepté Fred qui était mort pendant la bataille de Poudlard. On pouvait d'ailleurs voir Georges sur le côté gauche, son bras posé sur des épaules imaginaires, au dessus d'une chaise vide, comme s'il faisait une accolade à une personne imaginaire.
Il se comporte comme si Fred était avec eux, remarqua Harry avec un sourire triste.
Et apparemment, Molly et Arthur étaient morts eux aussi, ainsi qu'un autres des frères Weasley, mais ils étaient encore au complet sur cette photo. Le cœur d'Harry se serra à cette pensée. Cette famille incroyable, qui l'avait accueillie comme l'un de ses membres, n'avait jamais arrêté de souffrir … et il en était en partie responsable.
C'est alors qu'il remarqua une autre chaise vide, sur le côté droit de la photo. Ron se tenait juste à côté, son bras autour des épaules d'Hermione. En y regardant de plus près, Harry remarqua que sa meilleure amie, bien que souriante, jetait tout de même des regards tristes en direction de cette chaise inoccupée. Il regarda ce détail sans comprendre, quand la réalité le rattrapa brusquement.
C'est sûrement ma chaise qu'elle est en train de regarder, se dit-il avec un pincement au cœur. Pour eux, je suis mort depuis des années …
Son regard se porta ensuite sur une autre photo, placée un peu en retrait. Cette fois-ci, ce n'était pas Ginny qui était en robe blanche. C'était Hermione. Et Ron était en train de l'embrasser. C'était une photo de leur mariage.
En voyant cela, une pointe de jalousie et de frustration s'empara du survivant. Il ne prit même pas le temps de regarder la photo plus en détail, et partit brusquement dans une autre pièce.
En même temps, tu t'attendais à quoi ? lui souffla la petite voix de sa conscience. Ron et Hermione sont faits l'un pour l'autre. Lui au moins, il pouvait la rendre heureuse. Contrairement à toi...
Oui. C'était vrai. Hermione n'aurait jamais été heureuse avec lui. Toute sa vie, la seule chose qu'il lui avait apportée, c'était des problèmes.
Il passa plusieurs heures à se balader dans cette maison, quand soudain une voix se fit entendre :
- Non mais tu te rends compte ? Me parler sur ce ton ! A moi ! Comme si je n'étais qu'une simple gamine …
Harry sursauta. Ginny venait de rentrer. Et visiblement, elle n'était pas seule.
- A ta place, je lui aurais donné un coup bien placé, et il aurait finit K.O sur le sol, répondit Drago avec assurance.
Harry descendit les escaliers le plus silencieusement possible. Vu que sa relation avec ces deux là était assez … tendue … il ne voulait pas aggraver les choses en leur faisant croire qu'il s'introduisait chez eux pendant qu'ils n'étaient pas là. Il les observa de loin, tout en veillant à ne pas se faire remarquer.
Ginny regarda Drago d'un air amusé.
- Tu n'aurais pas osé le frapper, c'est l'un de nos plus gros clients.
- Oui, je sais … Mais rien ne m'empêche de savourer ma victoire imaginaire sur ce sale type !
Il y eut alors un silence.
- Est-ce que tu vas bien ? demanda Drago avec douceur.
- Oui. Non. Je ne sais pas ... soupira la rousse
- C'est parce que tu repenses à la Purge ?
- …
- Ginny, je sais que c'est douloureux, mais tout ça est derrière nous maintenant. Je sais parfaitement ce que ça fait d'avoir un passé compliqué. Tu te demandes sûrement ce que tu aurais put changer, comment tu aurais put mieux prévoir les choses pour leur éviter de mourir … Mais il faut que tu saches que tu n'y pouvais rien. Personne n'a prévu la Grande Purge. Et personne n'aurait jamais put la prévoir.
- Je sais … mais je n'arrête pas de me dire que si j'avais été là …
- Tu serais sûrement morte à l'heure qu'il est, la coupa Drago. Mais en attendant tu es là, bien vivante, et tu dois continuer d'avancer. Pour eux. Pour moi. Et pour toi aussi.
Ginny se mit à sourire, et prit la main de son mari.
- Merci Drago. Ce que tu dis me fait du bien.
Parce qu'il sentait qu'il était de trop – et aussi parce qu'il ne voulait pas se faire repérer – Harry sortit discrètement de la maison, la tête pleine de questions sans réponses.
Et voilà ^^ J'espère que ce chapitre vous a plut !
Est-ce qu'il était trop court ? Trop long ? A vous de me le dire !
Au passage, comme vous avez put le voir, Harry semble légèrement perturbé ...
N'hésitez pas à me laisser des reviews, positives ou négatives, avec vos questions, vos conseils, et vos théories ^^
A plus !
