Et voilà la suite tant demandée ! On m'a fait beaucoup remarquer que je posais beaucoup de questions sans donner de réponses dans les chapitres précédents, mais honnêtement, vous vous attendiez à quoi avec une histoire classée romance ET mystère ? Un peu de logique, bon sang ! XD

Et puis je dois avouer que ça m'amuse (un peu ?) de vous faire mariner ...

Peut importe, vous vouliez des réponses, et bien vous en aurez dans ce chapitre.

Bonne lecture ^^


Chapitre 3 : Hermione

Des yeux noisette, un grande intelligence dans le regard et des cheveux aux boucles folles.

Pas de doute, c'était Hermione.

Et tandis qu'Harry était toujours incapable de la moindre réaction, elle donna un rapide coup de baguette sur sa gorge, ainsi que sur sa cape qui disparu instantanément.

- Parfait ! dit-elle. C'est beaucoup mieux comme ça.

Harry réalisa alors que sa meilleure amie avait modifié le timbre de sa voix, et que c'était pour cela qu'il ne s'était douté de rien jusqu'ici. Des milliards de questions fusaient dans son esprit : comment l'avait-elle retrouvé ? Pourquoi toute cette mise en scène ? Pourquoi se cachait-elle du ministère ? Et comment savait-elle qu'il allait venir ? Son cœur battait à cent à l'heure, et c'était comme si un feu d'artifice s'était déclenché dans son cerveau. Il avait envie d'exploser de joie, de crier, de hurler même ! Hermione était là, juste sous ses yeux ! C'était peut-être le hasard, ou peut-être pas, mais en fin de compte qu'est-ce que ça pouvait lui faire ?!

Hermione était là ! Elle était !

- Par la barbe de Merlin, je n'arrive pas à y croire ! Toi ! Ici ! C-c'est juste ... incroyable ! Donc, si tu es là c'est que ... tu arrives à me voir ?! s'exclama-t-il. Enfin, bien sûr que tu me voies, mais pas comme les autres me voient ! Quand ils me regardent ils ne me reconnaissent pas, donc ils me voient mais pas tel que je suis, moi ... Alors que toi, tu me voies vraiment ! Tu comprends ce que je veux dire ?

En effet, il aurait put être plus clair. Mais comment vous dire qu'actuellement son cerveau faisait les montagnes russes, et que donc Harry avait un peu de mal à être cohérent.

Hermione fronça les sourcils.

- Je suis désolée, mais je ne comprends pas ... Qu'est-ce que je suis censée voir que les autres ne voient pas ?

- Et bien ... moi. Tu es censée me voir tel que je suis, moi, répondit le brun avec nettement moins d'enthousiasme. Tu ne me reconnais pas ?

- Comment ça ? Est-ce qu'on s'est déjà rencontrés ? Pourtant je n'oublie jamais un visage ...

Et là, ce fut la douche froide.

Elle non plus ne savait pas qui il était.

Puis pendant un moment, Harry eut envie de tout lui expliquer. Lui dire qu'en fait ils s'étaient déjà rencontrés, qu'il était Harry Potter son meilleur ami à Poudlard, qu'il avait été obligé de partir à la fin de la guerre et qu'aujourd'hui il rentrait, mais qu'apparemment personne ne le reconnaissait, elle y comprit.

Mais ce n'était pas une bonne idée. Il se souvenait parfaitement de sa rencontre avec Ginny et Drago la veille, et de la façon dont ils l'avaient mit dehors. Et il ne voulait pas qu'il se passe la même chose. Pas avec Hermione.

Elle était beaucoup trop importante pour qu'il prenne ce risque.

- Oh non, nous ne nous sommes jamais rencontrés, mentit-il. Je t'ai prit pour quelqu'un d'autre, désolé.

Hermione le regarda en plissant légèrement les yeux, et Harry put deviner qu'elle rangeait cette conversation étrange dans un coin de sa tête, et qu'elle y reviendrait sûrement plus tard. Puis elle lui sourit, et lui tendit la main.

- Dans ce cas je me présente. Je m'appelle Hermione Wea- ... Granger. Hermione Granger.

- Et je m'appelle Marcus, Marcus Davis, dit Harry en sortant le premier prénom qui lui passait pas la tête.

Et il lui serra la main, comme on pourrait le faire avec quelqu'un qu'on rencontrait tout juste, ce qui lui fit une drôle de sensation, puisque par le passé ils avaient plus l'habitude de se prendre dans les bras. Se ressaisissant, il ajouta :

- Alors Hermione, est-ce que vous pourriez m'expliquer ... tout ça ? demanda-t-il en se forçant à la vouvoyer.

- Par "tout ça", tu entends le ministère à tes trousses, moi-même qui vient te prévenir de leur arrivée, et notre transplanage en urgence ? dit-elle avec un sourire en coin.

- Plus ou moins, oui.

- Aucun problème, je le ferais dès que nous serons à l'intérieur.

- A l'intérieur ? Comment ça à l'intérieur ?

- Et bien à l'intérieur de chez moi, bien sûr. Au fait, inutile de me vouvoyer.

- Comme tu voudras, répondit Harry avec un sourire et une pointe de joie.

Sur ce, Hermione tourna les talons et l'invita à le suivre, ce qu'il fit bien volontiers. Ils traversèrent quelques rues sans croiser une âme qui vive, et arrivèrent finalement devant une maison typiquement londonienne, gardée par une grande porte en bois. Elle sortit une clé de sa poche, tourna la poignée qui s'ouvrit avec un léger "Cric-crac", et le fit entrer. C'est alors qu'il remarqua ... qu'elle ne portait pas d'alliance. Pourtant, il avait bel et bien vu sa photo de mariage avec Ron quand il s'était introduit chez Ginny ... alors pourquoi n'avait-elle pas de bague ? Il nota cette question dans un coin de son esprit, et se contenta d'observer l'intérieur.

Tout était clair, lumineux, certes bien moins luxueux que la maison de Ginny et Malefoy, mais tout de même accueillant. Il ne put retenir un sourire en voyant l'immense bibliothèque qui se trouvait dans le salon, ainsi que le vieux poster des canons de chudley, l'équipe favorite de Ron, affiché dans la cuisine.

- Hum, Hermione, tu laisses souvent entrer des inconnus chez toi ? fit Harry avec un rire jaune, sachant pertinemment qu'il n'était pas vraiment un inconnu.

- Absolument pas, répliqua-t-elle, mais les ennemis du ministère sont mes amis. Et de plus, ils ne penseront jamais à venir te chercher ici grâce à mon poste au ministère, donc pour l'instant tu es en sécurité.

Elle l'invita alors à s'asseoir sur un vieux canapé, tandis qu'elle-même se plaçait en face de lui dans un fauteuil. Pour être honnête, Harry trouvait la situation assez surréaliste. Il y a quelques minutes, il était dans ce qu'il restait du chemin de traverse, et en quelques secondes il s'était retrouvé pourchassé, puis sauvé in extremis par Hermione, pour finalement se retrouver chez elle alors qu'elle ne savait même pas qui il était ...

Allez savoir pourquoi, il sentait un sérieux mal de crâne commencer à pointer le bout de son nez ...

- Très bien Marcus, dit Hermione avec un immense sérieux. Tu dois bien te douter que si tu es là, ce n'est pas pour rien. Je t'ai aidé, et j'aimerai qu'en échange tu répondes à quelques questions ...

Il ne tiqua pas quand elle l'appela Marcus, même s'il avait envie de hurler tellement cela lui faisait pas.

- D'accord, mais à la seule condition que tu répondes aux miennes, répliqua le survivant, sachant que c'était l'occasion ou jamais d'avoir quelques éclaircissements sur tout ce qui avait attiré son attention jusqu'ici.

- Ca me va. Je vais commencer dans ce cas.

Elle le scruta de ses yeux noisette, plantant son regard dans le sien avec un calme olympien. Harry déglutit.

- Qui es-tu réellement ? demanda-t-elle brusquement. Tu as hésité beaucoup trop longtemps avant de me donner ton prénom, donc je suppose que tu m'as mentit. J'ai raison ?

- Hum ... J-je ...

Harry avait l'impression d'être au pied du mur, comme s'il était prit à son propre jeu. Il ne pouvait pas le lui dire. Pas comme ça. Il avait peur qu'elle ne comprenne pas et qu'elle le prenne pour un fou.

- C'est bien ce qu'il me semblait, fit Hermione triomphante en voyant son air hésitant, tu m'as bel et bien mentit sur ton identité. Tu n'es pas obligé de répondre à cette question, je voulais juste confirmer mes soupçons. D'ailleurs moins j'en sais, moins j'aurais de choses à dire si on m'interroge. A ton tour de me demander quelque chose.

Poussant un profond soupir de soulagement, le sorcier réfléchit quelques instants, et décida de commencer par le commencement.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé au chemin de traverse ? Pourquoi est-il dans un tel état ? demanda-t-il.

La jeune femme le regarda avec des yeux ronds, comme s'il avait perdu l'esprit ou qu'il venait d'une autre planète.

- Tu n'es pas au courant ?! s'étonna-t-elle. Pas du tout ? Mais qu'est-ce que tu as fait ces dernières années ?! Tu as vécu dans une grotte ?

- Je croyais que c'était à toi de me répondre, et pas l'inverse, fit-il avec un sourire malicieux.

- En effet, tu comprends vite, dit Hermione sur le même ton. Dans ce cas je vais tout t'expliquer dans les grandes lignes : il y a deux-trois ans environ, aux alentours de minuit, un sorcier inconnu a réussit à détruire le passage du chemin de traverse, et a ensuite trouvé le moyen d'y faire rentrer les moldus opposés à notre existence. Quand on y pense, c'était assez facile, puisque nous n'avions jamais prit la peine de protéger le passage, le sortilège repousse-moldus semblait suffisant. Ils étaient quelques dizaines selon le rapport du ministère, mais vu les dégâts qu'ils ont causé ils devaient être nettement plus nombreux. Une sorte de "chasse aux sorcières" à commencé, plusieurs bâtiments ont brûlés, de nombreux sorciers sont morts, dont certains de mes proches. Apparemment, ils sont venus avec des armes à feu, des cocktail Molotov et des armes blanches. Si tu veux mon avis, tu as bien fait de ne pas te trouver sur place ce soir là. Et le lendemain, quand les sorciers sont venus faire leurs achats comme d'habitude, tout ce qu'ils ont trouvé c'était des ruines, des flammes, et des cadavres jonchant le sol. Cette attaque de moldus est restée gravée dans les esprits, et a prit le nom de "Grande Purge", à cause de ce que les moldus nous ont fait. Voilà, tu sais tout.

Harry était estomaqué. C'était donc ça la grande purge dont il entendait parler depuis son arrivée ? Honnêtement, il n'aurait jamais put croire une telle chose, s'il n'avait pas vu les dégâts de ses propres yeux.

- Mais comment ont-ils put déjouer le sortilège repousse-moldus du chaudron baveur ? s'étonna-t-il. Et puis d'ailleurs, comment est-il possible que tous ces moldus soient au courant de notre existence ? Et pourquoi vouloir nous tuer ?

Son amie hocha la tête de gauche à droite.

- Désolé, mais c'est à mon tour de poser une question maintenant.

Harry contint tant bien que mal sa frustration, mais écouta tout de même.

- Alors, j'aimerai savoir ... si je peux voir ta baguette ? S'il te plait, Marcus.

Le survivant s'étonna de cette question, mais la lui passa tout de même.

Lorsqu'Hermione eut le petit morceau de bois dans les mains, ce fut comme si elle avait un électrochoc. Elle resta silencieuse de longues minutes, tandis qu'au fur et à mesure ses yeux se remplissaient de larmes. C'est alors qu'Harry comprit. Peut-être qu'elle ne le reconnaissait pas, mais cela ne l'empêchait pas de reconnaître sa baguette. Le cœur cognant dans sa poitrine, il croisa son regard, et plongea ses yeux dans les siens. Pendant un instant, il se demanda si, peut-être, ce détail allait permettre à Hermione de faire le lien avec lui, de comprendre qui il était, de réaliser qui se tenait en face d'elle ...

- M-Marcus ... où est-ce que tu as trouvé cette baguette ? demanda la sorcière d'une voix nouée.

Et à nouveau, le fait qu'elle ne le reconnaisse pas lui fit l'effet d'une douche froide.

- Désolé, mais c'est à mon tour de poser une question, répondit-il afin de se donner le temps de trouver une excuse.

Hermione lui offrit un petit sourire, et attendit qu'il parle.

- Donc comment est-il possible que les moldus connaissent notre existence et qu'ils veuillent nous tuer ?

Sa meilleure amie prit une grande inspiration, et dit :

- Cette fois-ci l'explication remonte à beaucoup plus loin dans le temps. Peu après la chute de V-Voldemort, Shacklebolt a été élu Ministre de la magie, et les procès de tous les anciens mangemorts ont commencé. Bien entendu, certain d'entre eux s'étaient enfuis, et il a fallu du temps pour les retrouver, mais le problème n'est pas là. Le ministre a voulu punir tous, je dis bien absolument tous les complices de Voldemort. Et cela incluait aussi les détraqueurs. Pour eux, la punition a été extrêmement sévère. Ils ont été expulsés du ministère, ainsi que d'Azkaban, mais également de toutes les zones où il pouvait y avoir la moindre présence humaine, et ce pour les deux cents prochaines années. Or comme tu le sais, ces créatures se nourrissent de la joie et des sentiments humains, et les bannir ainsi des villes c'était comme les priver de leur "source d'énergie", si on peut dire les choses ainsi. Il y a eut quelques attaques mineures des détraqueurs sur des sorciers, mais ensuite ils se sont attaqués au moldus, puisque contrairement à nous ils ne sont pas capables de se défendre contre eux. Une sorte de jeu du chat et de la souris à commencé avec les aurors, et au bout de quelques années les détraqueurs ont fait la pire erreur de toute l'histoire de la magie ... Complètement affamés, ils se sont regroupés en masse et se sont attaqués à plusieurs villes moldues, à plusieurs endroits simultanés dans toute l'Angleterre. De cette façon, ils voulaient sûrement surcharger les aurors ... Mais le plus grave, c'était qu'en plus de les attaquer, ils avaient décidé de se rendre visible aux moldus, ce qui a créé une panique générale chez les aurors, autant que chez les non-sorciers. Le ministère a essayé tant bien que mal de réparer cette vengeance de la part des détraqueurs, mais avec l'efficacité des médias moldus et d'internet, même les plus puissants sorts d'oubliettes n'ont pas été assez efficaces. Les moldus ont été plus rapides que nous, et de fil en aiguille ils ont tout découvert, puisque le Ministre Moldu a décidé de tout leur avouer afin de rétablir le calme dans la population. Quand au sortilège repousse-moldus, nous pensons que c'est un des membres du ministère qui l'a retiré, puisque seules les personnes y travaillant savent comment il a été mit en place.

- Et j'imagine que les moldus ont assez mal prit le fait qu'une communauté sorcière vive avec eux depuis tout ce temps ? dit Harry avec ironie.

- Alors là, tu n'imagines même pas à quel point ils l'ont mal prit. Ils nous ont accusé de tout ce qui était possible et imaginable, disant que nous les manipulions, que nous avions lancés ces détraqueurs sur eux, que nous étions à l'origine de la crise économique, des catastrophes naturelles, des maladies, que nous tirions les ficelles du gouvernement ...

- Mais c'est faux ! C'est totalement faux !

- Evidemment ! Mais que veux-tu ? Les gens ont toujours eut peur de ce qu'ils ne connaissent pas et ne peuvent pas maîtriser, et la peur, ajouté aux médias qui caricaturaient tout pour faire du chiffre, ainsi que l'influence des réseaux sociaux n'ont pas joué en notre faveur. Au fil des années, de nombreux sorts ont été interdits, et il ne nous reste plus que les sorts dit "inoffensifs".

Harry fronça les sourcils.

- Qu'est-ce qui a été interdit par exemple ?

- Et bien par exemple on ne peut plus faire de confudo, de petrificus totalus, d'expulso, de legitimens, de stupefix, de bombarda maxima ... en bref, tous les sorts jugés "potentiellement dangereux" par les moldus. Et pour être sûr que nous respections tout cela, le ministère a été obligé de suivre à la trace toutes les baguettes déclarées. Au moindre écart, il a l'obligation de livrer le sorcier en question aux autorités moldues. En clair, Shacklebolt se retrouve pieds et poings liés.

C'est alors qu'Harry réalisa quelques chose.

- Mais alors c'est pour ça que le ministère est à mes trousses, parce que j'ai utilisé ma baguette sur deux gardes du corps ... Et maintenant ils veulent ma peau !

Horrifié, Harry comprit rapidement dans quel pétrin il venait de se mettre. Mais après tout, ce n'était pas de sa faute, il n'était au courant de rien il y a quelques secondes. Mais un autre problème se posait. Si le ministère était réellement à ses trousses, il fallait qu'il parte au plus vite s'il ne voulait pas mettre Hermione en danger à cause de lui.

- Ne t'inquiète pas, Marcus. Ils ne te retrouveront pas, dit Hermione comme si elle avait lut dans ses pensées.

- Comment tu peux en être aussi sûre ?

- Tout simplement parce que le sort qui permet de tracer ta baguette leur indique uniquement où tu te trouves à un instant t, plus précisément au moment même où tu te sers de ta baguette. Mais dès l'instant où tu disparais et où tu changes d'endroit, ils ne peuvent pas te retrouver. C'est pour ça que je t'ai fais transplaner jusqu'ici.

- Oh, je vois. Ils ne sont pas très efficace, en fin de compte.

- Oui, et c'est volontaire ! Cela permet à Shacklebolt de jouer le jeu, tout en protégeant la communauté sorcière le mieux possible. Je pense que lui-même n'apprécie pas toute ces restrictions sur la magie et sur le mode de vie des sorciers. D'ailleurs en général, les aurors ne poursuivent pas très longtemps un coupable, mais te concernant ... je pense qu'ils n'abandonneront pas de si tôt.

- Et pourquoi ça ?

Hermione se pencha alors vers lui, lui parlant comme si elle lui confiait un secret.

- Mais parce que cette baguette que tu m'as montrée n'est pas la tienne, je me trompe ? Est-ce que tu sais au moins à qui elle appartient ?

Ca y est, on y arrivait. Les questions gênantes allaient commencer.

- Non, je ne sais pas à qui elle appartient, mentit Harry.

- Cette baguette, commença Hermione en articulant chaque mot, est la baguette d'Harry Potter, le survivant, celui qui s'est sacrifié pour nous et a affronté V-Voldemort il y a sept ans. Sauf que tu n'es pas Harry. Et en utilisant cette baguette sur le sol anglais, tu as attiré l'attention du ministère, qui ne sait plus quoi penser de cette histoire. Normalement je ne devrais pas être au courant de tout cela, mais je ne suis pas stupide. Quand le ministre vous convoque pour vous poser des questions sur ce qu'il s'est passé il y a sept ans, ce n'est pas sans une bonne raison. C'est comme ça que j'ai compris qu'ils allaient être à tes trousses, donc la seule chose que j'avais à faire, c'était d'arriver avant qu'ils ne te trouvent.

- Et c'est pour ça que tu avais une cape et que tu as modifié ta voix. Il ne fallait pas qu'ils te reconnaissent, puisque tu n'es rien sensée savoir.

- Tout à fait.

Harry était en admiration devant l'esprit de déduction d'Hermione. Il savait déjà qu'elle était intelligente, mais là elle s'était vraiment surpassée. Et s'il ne la connaissait pas aussi bien, elle lui ferait presque peur. Presque ...

- Tu es brillante Hermione, sincèrement.

- Je suis juste logique et très pragmatique, rien de plus. Maintenant, à toi de répondre à toutes mes questions. Comment as-tu eut cette baguette ? Est-ce que ... est-ce que tu as vu son propriétaire ? Est-ce que tu as vu Harry ? Est-ce que tu sais s'il est encore en vie ?

Harry déglutit difficilement. Il mourrait d'envie de tout lui dire. Mais il ne pouvait pas.

- J'ai récupéré cette baguette dans une boutique en France. Mais je n'ai jamais vu son propriétaire, mentit le sorcier.

- En France ? Sérieusement ?! Mais comment ... comment a-t-elle put arriver là-bas ?

Harry ne répondit pas, le visage fermé. Les sourcils froncés, l'air concentrée, Hermione réfléchissait intensément. Il pouvait presque voir les rouages de son cerveau s'activer devant ses yeux.

- En tout cas, cela signifie une chose, dit-elle alors que son visage semblait s'illuminer. Si tu as cette baguette, mais que le ministère pense quand même que c'est Harry qui a jeté les sors, alors cela veut dire qu'elle lui appartient toujours, et cela signifie ... cela signifie ... qu'il est encore en vie ...

Elle avait dit cette dernière phrase dans un souffle, comme si elle peinait à y croire. Le visage de la sorcière passait sans cesse de la joie, à la surprise et à l'incompréhension, mais malgré tout Harry ne l'avait encore jamais vu aussi radieuse.

- Il est en vie ... murmura-t-elle. Il est là, quelque part ... Je n'y croyais plus ...

Elle était dans un tel état que s'il avait put, Harry l'aurait immédiatement prise dans ses bras. Il était complètement déchiré, puisque chaque seconde qui passait lui rappelait douloureusement qu'il n'était rien de plus qu'un simple inconnu à ses yeux. Pour elle, il n'était que Marcus Davis, cet homme qu'elle avait aidé afin d'avoir des informations sur Harry.

- Tu tenais beaucoup à lui, n'est-ce pas ? demanda-t-il.

Hermione lui offrit un maigre sourire.

- Evidemment que je tenais à Harry, et tu ne peux même pas imaginer à quel point. Je fais partie des personnes qui le connaissaient le mieux.

- Je suis sûr que lui aussi tenait beaucoup à toi, dit-il d'une voix coupée.

Mais Hermione ne sembla pas remarquer l'émotion dans sa voix, tant elle était perdue dans ses souvenirs.

- Oui, il tenait à moi. Comme on tient à une amie, ou à une sœur je suppose.

Harry baissa la tête, sachant pour sa part que ce n'était pas vraiment le cas, qu'au fond c'était un peu plus que ça. Mais ce qu'il ne vit pas, c'était que de son côté, les mots "sœur" et "amie" avaient également déchirés Hermione.

Un silence s'installa entre eux, uniquement perturbé par le tic-tac d'une horloge suspendue au mur.

Ce fut la jeune sorcière qui le rompit au bout d'un long moment.

- Dis-moi Marcus, pourquoi est-ce que tu n'apprends tout ça que maintenant ? Même dans les campagnes les plus reculées on ne parle que de la purge et des restrictions du ministère ...

Le brun se tortilla sur place, un peu mal à l'aise.

- Disons que j'ai été absent un long moment ...

- Et où est-ce que tu étais ? fit-elle avec curiosité.

Il hésita quelques instants.

- Désolé, mais je ne peux pas te répondre.

Hermione le fixa un petit moment. Il savait qu'elle adorait les mystères, et qu'elle ne manquerait pas de faire quelques recherches sur lui. Peut-être finirait-elle par découvrir la vérité, mais étrangement une part de lui le redoutait un peu. Non pas parce qu'il ne voulait pas qu'elle comprenne tout, mai plutôt parce qu'il avait peur de sa réaction quand elle comprendrait qu'il lui avait mentit.

Elle le fixait toujours, mais cette fois-ci avec un air un peu étrange.

- Tu vas peut-être trouver ça bizarre, mais ... j'ai comme l'impression qu'on s'est déjà rencontrés ... dit-elle.

Le survivant retint son souffle. Leurs yeux ne se quittaient pas, et il avait presque l'impression qu'Hermione pouvait lire en lui, comme si une part d'elle savait, ou croyait savoir qui il était. Il n'osait pas faire un geste, par peur de briser ce moment, par peur qu'encore une fois, il se fasse de faux espoirs et qu'elle ne le reconnaisse pas.

- Ah oui ? C-c'est étrange ... bredouilla-t-il

- Oui ... c'est étrange ... murmura-t-elle, les yeux toujours rivés dans les siens. C'est comme si je te connaissais déjà, mais ... je n'arrive pas à mettre le doigt dessus ...

Elle le fixa encore quelques secondes, et dit :

- Est-ce que tu étais à Poudlard ? Je ne me souviens pas t'y avoir croisé, mais il faut dire qu'à l'époque j'avais beaucoup de choses à gérer, alors peut-être que je t'y es déjà vu sans vraiment y faire attention ...

- Heu ... J-je ...

Il déglutit difficilement, ne sachant que faire, partagé entre la peur de tout lui avouer et celle de n'avoir jamais le courage de le faire ... Puis, au bout d'un long moment, il prit son courage de Griffondor à deux mains, et décida finalement de se jeter à l'eau. Parfois, il ne fallait pas attendre les évènements, il fallait les provoquer.

- Ecoute Hermione, je sais que ça va te sembler difficile à croire, mais il faut que tu m'écoutes attentivement, dit-il.

Elle hocha la tête, ne le quittant pas des yeux.

- Je t'ai mentit Hermione, en fait je ne m'appelle pas Marcus, je ...

Cric-Crac !

Ils sursautèrent tous les deux, arrachés brusquement à leur discussion. Heureusement ce n'était qu'un simple bruit qui les avait interrompu, rien de plus ...

Pourtant, Hermione eut soudain un air de panique, et le regarda avec horreur. Harry lui aussi venait de comprendre. Ce bruit, ce "Cric-crac", c'était celui de la serrure de la porte qui venait de s'ouvrir. Quelqu'un venait de rentrer, et déjà des pas s'approchaient dans leur direction. Tout comme lui, Hermione réagit au quart de tour et se saisit immédiatement de sa baguette, et d'un commun accord ils s'approchèrent de l'entrée à pas de loup, afin d'identifier l'intrus.

Et quand Harry vit qui se trouvait sur le pas de la porte, il se mit à sourire. Mais Hermione, de son côté, fut plus horrifiée qu'autre chose.

Là, juste devant eux, enlevant tranquillement son manteau et ses chaussures, se tenait une tête rousse facilement reconnaissable ... Ronald Bilius Weasley.

Instantanément, son amie lui saisit le bras et le tira en arrière.

- C'est Ron, mon mari ! murmura-t-elle paniquée.

Son regard se porta alors sur l'horloge, et elle constata qu'il était seulement midi.

- C'est étrange, il ne devrait pas encore être là ...

Puis soudain, l'horrible réalité sembla la percuter de plein fouet, et elle dit au sorcier avec un air encore plus stressé que tout à l'heure :

- Par la barbe de Merlin ! Marcus, si jamais il te voit ici, avec moi, tu peux tirer un trait sur ta vie !

Harry ouvrit des yeux ronds, sous le choc.

- M-mais pourquoi ? On n'a rien fait de mal.

Hermione balaya ses protestations d'un revers de la main.

- Peu importe. C'est compliqué. Va te cacher, il ne faut pas qu'il te voie ! Et surtout ne fait pas de bruit !

Reprenant ses esprits, et ne comprenant pas pourquoi diable il devrait se cacher de Ron, il regarda rapidement autour de lui.

- D'accord, dit-il, je veux bien me cacher, mais où ?

Hermione, plus stressée que jamais, se tordait les mains dans tous les sens. C'est alors que Ron s'avança vers eux, voulant visiblement entrer dans le salon. Etouffant un cri, la jeune femme saisit brusquement le bras d'Harry, et le tira avec elle dans un couloir, puis vers un escalier qu'il n'avait pas remarqué jusqu'ici.

- Hermione, qu'est-ce que tu fais ? murmura-t-il.

- J'improvise !

Ils grimpèrent les marches quatre à quatre, et même s'il ne comprenait pas la situation, Harry pouvait sentir toute la tension émaner d'Hermione et venir l'atteindre à son tour. Une fois à l'étage, elle ouvrit la première porte qu'elle trouva, mais qui se trouva malheureusement être la chambre du couple. Autant dire que c'était une pièce nettement plus compromettante qu'un simple salon ... Pestant contre elle-même, elle recula brusquement en fermant la porte. Mais Harry, qui la suivait de près, lui rentra dedans, chancela, fit un pas en arrière, et percuta à son tour un grand vase qui avait la merveilleuse idée de se trouver sur son chemin à ce moment précis !

Se regardant avec horreur, les deux complices virent le vase rouler sur lui-même, lentement, tout en se dirigeant droit vers les escaliers. D'abord complètement figé, Harry finit par réagir et essaya tant bien que mal de l'empêcher de tomber, mais il était déjà trop tard. Le vase dévalait maintenant les escaliers dans un boucan monstre, et à chaque marche Harry se maudissait mille fois pour sa maladresse ...

Bim ! Bam ! Bim ! Boum ! Bam ! Clang !

Et le vase se brisa en mille morceaux.

Hermione se planta devant lui, le fusillant littéralement du regard. Il pouvait presque voir ses cheveux bouclés se dresser sur sa tête tellement elle était en colère.

- Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans "ne fais pas de bruit" ?! s'énerva-t-elle tout en tentant de ne pas crier afin de ne pas attirer l'attention.

- D-désolé ... il ne coutait pas trop cher, j'espère ? fit-il avec un mélange d'humour et de nervosité.

- Pourquoi ?! T'as l'intention de me rembourser quand tu seras mort ?!

Harry ne trouva rien à répondre. D'autant plus qu'ils avaient maintenant un autre problème. Parce que même si Ron ne les avait pas vus, il n'était pas sourd pour autant.

- Hermione ? appela-t-il. Tu es là ? C'est toi qui a fait tomber le vase ?

- Euh oui, désolée, ce que je peux être maladroite ...

Mais on entendait la nervosité dans la voix de la sorcière à des kilomètre à la ronde, et le survivant était sûr que Ron ne croyait pas une seule de ses paroles.

La jeune femme regarda rapidement autour d'elle, puis ouvrit de nouveau la porte, et entra dans sa chambre en tirant Harry derrière elle. Il n'eut même pas le temps de comprendre ce qu'il se passait que déjà, elle avait ouvert la penderie, et le fourra à l'intérieur par la force. Il se tortilla vainement dans l'espoir de trouver une position un peu moins inconfortable, puisqu'il était beaucoup trop grand pour ce meuble.

Maintenant coincé entre deux manteaux, le sorcier la regarda d'un air perdu.

- Ecoute Marcus, je suis vraiment désolée de devoir te faire ça, mais je n'ai pas le choix, dit Hermione rapidement. Surtout, ne bouge pas avant d'avoir mon signal, c'est bien clair ?!

Harry hocha la tête. Il tenait à peine debout, et il mourrait de chaud, mais avait-il vraiment le choix ?

- Hermione ? A qui est-ce que tu parles ? demanda Ron d'un ton nettement plus soupçonneux et où on sentait une pointe de colère.

- A personne, Ron. Je t'assure !

Ils entendirent alors des pas monter depuis les escaliers. Hermione lui jeta un dernier regard, contenant à moitié des excuses et des remerciement pour son silence.

Puis elle ferma la porte sans faire de bruit, et il se retrouva plongé dans le noir.


Pendant ce temps, au ministère de la magie.

- Comment ça il vous a échappé ?! s'exclama Shacklebolt. J'espère que vous avez une TRES BONNE explication, Robards, ou je vais SERIEUSEMENT penser à donner votre poste à quelqu'un d'autre !

Gawain Robards, chef des aurors, savait qu'il aurait mieux fait de rester chez lui. Il aurait été tellement mieux, au près de sa femme et de son fils, à lire tranquillement devant la cheminée ... Mais non ! Au lieu de cela, il se retrouvait convoqué dans le bureau du ministre, et devait lui expliquer comment et pourquoi il avait laissé échapper cet individu au chemin de traverse, que Shacklebolt en personne lui avait demandé de ramener coûte que coûte ...

- S'il nous a échappé, c'est parce qu'il a réussit à s'enfuir avant même que nous ayons finit de fouiller les boutiques, expliqua-t-il.

- Les boutiques ?! Quelles boutiques ?!

Prescott, qui jusqu'ici se tenait dans l'ombre du ministre, se racla la gorge et déclara :

- Monsieur Robards parle des boutiques du chemin de traverse, monsieur le Ministre. C'est là-bas que notre ... individu ... a été repéré tout récemment.

Shacklebolt hocha la tête, et indiqua au chef des aurors de continuer.

- Comme vous l'aviez demandé, dit Robards, j'ai mis mes meilleurs hommes sur le coup, mais s'il nous a échappé ce n'est pas à cause de leur incompétence ...

- Ah oui ?! le coupa le ministre. Dans ce cas c'est à cause de quoi ?! Allez-y, je vous écoute, dites-moi pourquoi vos hommes sont capables de retrouver les plus dangereux mangemorts de tous les temps, mais ne sont même pas capables de retrouver un pauvre type qui fait ses courses ?!

Le chef des aurors se sentit blessé par cette remarque, mais n'en montra rien.

- Mais tout simplement parce que le "pauvre type qui faisait ses courses" avait un complice, monsieur le ministre.

- Un complice ? Comment ça un complice ? Vous avez put l'identifier ?

- Non monsieur, je l'ai seulement aperçut dans un boutique, couvert par une cape. Et le commerçant qui était sur place n'a pas put voir son visage. Ils ont transplané avant que nous puissions les rattraper.

Le ministre gratta nerveusement la barbe de trois jours qui commençait à apparaître sur ses joues, tout en réfléchissant. Ces derniers temps, il dormait mal, et était complètement absorbé par ce qu'il avait appelé en son fort intérieur " l'affaire Harry Potter ".

- Très bien, dans ce cas vous pouvez y aller, Robards.

- Hum, si je peux me permettre monsieur, si vous tenez vraiment à retrouver cette personne, je pourrais continuez les recherches de mon côté à condition que vous me donniez son nom ...

A cette remarque, Shacklebolt tressaillit, et cogna du point sur son bureau, ce qui renversa la tasse de thé qui y était posée.

- C'EST HORS DE QUESTION ! VOUS M'AVEZ COMPRIS, ROBARDS ?

- Monsieur le ministre, calmez-vous ... supplia Prescott d'une toute petite voix.

Ce dernier prit une grande inspiration, et continua d'un ton calme.

- Ecoutez-moi bien, monsieur le chef du bureau des aurors, vous devez comprendre qu'officiellement, cette conversation n'a jamais eut lieu. Tout comme ma demande de retrouver précisément cet homme. Et il est absolument hors de question que je vous donne plus de détails. Pour cette affaire, je vais devoir vous demander de me faire une confiance totale, et d'obéir aveuglément. Dans un premier temps, tout du moins.

Gawain Robards resta figé pendant quelques secondes, puis il finit par hocher la tête, et il prit congé du ministre de la magie.

Lorsque la porte se ferma derrière lui, Shacklebolt poussa un énième soupir tout en s'enfonçant profondément dans son fauteuil en cuir. Il se massa les tempes, comme si ce simple geste allait lui permettre de tout remettre en ordre dans son esprit.

- Hum, monsieur le Ministre, au point où nous en sommes, est-ce que nous ne devrions pas coopérer avec les forces de police moldues ? Je suis sûr qu'ils pourraient nous aider ...

Le ministre leva les yeux au ciel devant le manque d'intelligence de son employé.

- Prescott, vous me désespérez un peu plus à chaque seconde qui passe ... dit-il. D'après vous, que se passera-t-il si jamais les moldus se mettent comme nous à chercher le propriétaire de la baguette de monsieur Potter ?

- Je ... je ne sais pas ...

- Et bien, dans ce cas, ils voudront l'interroger, et nous savons tous les deux que nous ne voulons pas ça.

- Ah bon ? Nous ne voulons pas ça ?

- Pour la centième fois Prescott, si jamais les autorités moldues l'interrogeaient, nous savons tous les deux que nous n'entendrions plus jamais parler de cet homme mystère. Or, si nous le retrouvons sans qu'ils ne le sachent, nous pourrons non seulement l'interroger de façon calme et non violente, mais aussi avoir peut-être des informations sur Harry Potter si ce n'est pas de lui qu'il s'agit, et en plus le protéger si cela s'avère nécessaire ...

Le visage joufflu de Prescott se mua en un "O" d'étonnement, alors qu'il comprenait enfin ce que voulait faire le ministre.

- Et dans ce cas, que faites-vous du complice caché sous une cape ? Vous avez une idée de qui cela pourrait être ?

Il réfléchit pendant plusieurs minutes, avant de déclarer :

- Honnêtement, Prescott, je n'en sais absolument rien ...


De retour chez Ron et Hermione.

Hermione ferma la porte de la chambre derrière elle.

Elle était mal.

Elle était très, très mal.

Et lorsqu'une tête rousse apparu en haut des escaliers, elle se maudit intérieurement pour avoir agit ainsi sans réfléchir.

- Tout va bien, Hermione ? lui demanda Ron avec suspicion.

- Oui, bien sûr, pourquoi ça n'irait pas ?

Elle n'osait pas bouger. La sorcière restait devant la porte, espérant de cette façon empêcher Ron d'entrer. Même si en agissant ainsi, elle ne faisait qu'attirer son attention sur cette fameuse chambre ...

Tout ça pour un type que tu viens à peine de rencontrer ... pensa-t-elle. Franchement ma vielle, tu deviens de plus en plus impulsive, et apparemment c'est mauvais pour toi.

Et voilà que la voix de la raison, celle qui parlait comme Harry dans son esprit, faisait aussi des siennes ...

- Pourquoi est-ce que tu rentres aussi tôt ? Demanda-t-elle. Je ne t'attendais pas avant ce soir.

- J'ai bouclé mon dossier plus vite que prévu, et mon chef m'a autorisé à rentrer exceptionnellement. Pourquoi ? Ca te pose un problème que je sois là ? Je vous dérange, peut-être ?

Hermione connaissait bien cet air et ce ton là. Ron avait toujours été jaloux, et ça ne s'était pas arrangé avec le mariage. Quand il était comme ça, il était non seulement blessé, mais en plus il se laissait complètement emporter par ses émotions, pour finir par s'excuser pendant des heures une fois qu'il avait retrouvé ses esprits. Hermione connaissait ce petit manège par cœur, et il l'agaçait de plus en plus. D'ailleurs, son comportement était le sujet d'une bonne partie de leurs disputes.

- Tu ne me déranges pas, j'étais seule, affirma-t-elle avec aplomb.

- Oh, vraiment ? dit le roux sur un ton de colère. Tu n'as pas l'air contente de me voir, et comme par hasard je te trouve soit disant seule dans la chambre. Personnellement, je trouve ça assez suspect, tu ne crois pas ?

Et voilà, c'était exactement ce genre de réaction qu'Hermione redoutait.

- Alors maintenant je n'ai plus le droit d'aller dans ma propre chambre, dans ma propre maison, c'est ça ?! s'énerva-t-elle. Déjà que tu fais une crise quand je parle avec mes collègues, ou quand le boulanger me dit bonjour ... C'est à peine si je peux avoir une vie sociale sans que tu sois sur mon dos, à me surveiller et à me dire qui fréquenter ou non ! Tu m'étouffes, Ron ! Et crois-moi, si jamais tu continues à être aussi panaro, je vais vraiment finir par partir de cette putain de maison !

Un silence lourd s'installa entre eux. Elle avait répondu à sa provocation. Elle n'aurais pas dû. Ron la fixait de ses yeux bleus, et Hermione ne baissait pas le regard. Elle était plus forte que ça, et si Ron devait laisser exploser toute la colère qu'elle le voyait retenir, et bien qu'il le fasse, elle en avait vu d'autres. L'ambiance était électrique.

De longues et pesantes secondes passèrent, puis, peu à peu, le visage de Ron finit par se détendre. Il prit une grande inspiration et dit avec un ton plus doux :

- Hermione ... tu me jures sur la tête de Merlin que tu ne me mens pas ? Tu étais bel et bien seule ?

- Oui, Ron. J'étais seule.

Elle n'aimait pas lui mentir, mais en l'occurrence elle n'avait pas le choix.

- Et tu étais dans la chambre quand je suis arrivé, c'est bien ça ? C'est pour ça que tu n'étais pas dans le salon ?

- Oui, c'est pour ça.

La jeune femme se détendit un peu plus. Ron semblait plus apaisé, contre toute attente elle avait réussit à le canaliser.

Mais, alors qu'elle pensait la partie gagnée, son mari s'avança brusquement vers elle, le visage soudain plein de rage. Sous l'effet de la surprise, elle poussa un cri, et en une fraction de seconde elle se retrouva projetée contre la porte, tandis que Ron plaquait violemment ses deux mains de chaque côté de son visage. Il la dominait de toute sa hauteur, respirant avec difficulté. Sous son air remplit de colère et de dégout, Hermione se sentit incroyablement petite, et comme prise au piège.

- SI TU ETAIS DANS LA CHAMBRE DIS MOI COMMENT LE VASE DU COULOIR A PUT TOMBER ?! lui hurla-t-il au visage.

Son visage était déformé par une douleur sans nom, elle ne l'avait jamais vu dans un tel état. Comment avaient-ils put en arriver là ? Eux qui étaient si amis par le passé, comment avaient-ils put ... ? Sentant une peur sournoise monter en elle, et son cœur cogner un peu plus fort, elle essaya tant bien que mal de rester calme.

- R-Ron ... arrête, t-tu me fais peur ... bredouilla-t-elle

Mais pour toute réponse face à sa détresse, le roux se mit à ricaner.

- Pas de ça avec moi, Hermione. Allez avoue ! Tu étais avec ton amant, en train de prendre du bon temps, et tu as voulu le faire partir en douce ! Seulement je suis arrivé au mauvais moment, et maintenant il se retrouve piégé dans la chambre ! Je me trompe ?! C'est ça, hein ?! AVOUE !

Hermione se sentit profondément blessée qu'il puisse la croire capable d'une chose pareille. Il ne l'avait jamais accusée de le tromper, et cette perspective lui faisait apparemment perdre le peu de sang froid dont il disposait.

- Mais enfin, Ron ! Je n'ai pas d'amant ! C'est ridicule, arrête un peu ! Et éloigne-toi de moi !

Mais il n'entendait rien, comme absorbé par sa douleur.

- Il y a quelques années je t'aurais crue, mais maintenant ... qu'est-ce qui me dit que tu n'en as pas prit un uniquement pour que j'accepte ta demande de divorce ?!

Et voilà, on y revenait. Ron remettait toujours ce sujet sur le tapis pendant leurs disputes. Hermione eut une pensée pour Marcus qui devait tout entendre depuis son armoire, puis répondit d'un ton qu'elle voulait calme :

- Crois-moi Ron, ce n'est pas mon genre. Jamais je ne te ferais un coup pareil, même en plein divorce. Et je veux que tu saches que ça me blesse que tu m'en croie capable.

Le rouquin se mit à bouillonner, rien ne semblait le convaincre. Alors, profitant du fait qu'Hermione avait baissé sa garde, il ouvrit brusquement la porte sur laquelle elle était appuyée, et déboula dans la chambre, manquant de faire tomber la jeune femme en arrière.

- Ron ! Arrête ! Mais arrête enfin !

En temps normal, Hermione aurait trouvé la situation ridicule, et se serait moquée de son mari, attendant le pied ferme qu'il avoue s'être trompé. Seulement voilà, ses doutes lui paraitraient nettement moins ridicules quand il verrait Marcus enfermé dans l'armoire. N'osant pas bouger, elle sentit le désespoir l'envahir. Ron fouillait absolument partout, que se soit dans la salle de bain reliée à leur chambre, sous le lit ou derrière les rideaux. Sans le vouloir, presque par réflexe, Hermione jeta un œil inquiet vers l'armoire. Il fallait qu'elle trouve une excuse, et vite. Il fallait qu'elle se sorte de cette situation, ou sinon c'était Marcus qui allait déguster. Mais elle avait beau essayer, son cerveau refusait de fonctionner.

Elle ne voyait aucune solution.

C'est alors que Ron surprit son regard, et se tourna vers la penderie. Lorsqu'il vit la crispation d'Hermione, il lui offrit un sourire narquois, fier de son coup, et il prit sa baguette en main tout en posant l'autre sur la poignée ...

Puis il l'ouvrit violemment, et son visage resta de marbre quand il vit ce qu'il y avait à l'intérieur.

Hermione retint son souffle.

Ils était fichus. Marcus allait passer un sale quart d'heure alors qu'il n'y était pour rien.

- Il n'y a personne, s'étonna Ron.

Hermione fit de son mieux pour cacher l'immense soupir de soulagement qu'elle laissa échapper.

Marcus était partit.

Ses pensées se portèrent alors vers cet homme étrange, avec qui elle se sentait si à l'aise sans pour autant le connaître. Cet homme qu'elle déchiffrait comme un livre ouvert, et qu'elle était persuadé d'avoir déjà rencontré ... Et tandis que Ron, plus déconfit que jamais, s'excusait encore et encore, la Griffondor porta son regard vers la fenêtre.

Elle était ouverte.

Or elle était persuadée de l'avoir fermée. Elle en aurait mit sa main à couper.

Un sourire se dessina sur ses lèvres. Décidément, ce Marcus semblait réserver son lot de surprises ...

Ses pensées dérivèrent un peu, et elle se mit à repenser aux yeux de cet homme qui s'était échappé de son armoire. Elle était sûre de les avoir déjà vus, de les avoir déjà croisés, ils avaient une couleur si particulière ...

Soudain, elle fronça les sourcils. Quelque chose n'allait pas.

Elle n'arrivait pas à se souvenir de la couleur de ses yeux.

Pourtant ce n'était pas compliqué, un vrai jeu d'enfant ! Alors pourquoi ne s'en souvenait-elle pas ? Et étrangement, plus elle essayait de se concentrer sur leur couleur, et plus cette dernière lui échappait. Peu à peu, ce fut son visage qui devint flou et se troubla dans son esprit. Son image lui glissait entre les doigts, un peu comme lorsqu'on essaye de se souvenir des détails d'un rêve à son réveil ... Mais pourquoi son cerveau réagissait-il ainsi ? Ce n'était pas normal.

Elle se rappela brusquement la réaction qu'il avait eut lorsqu'elle avait enlevé sa capuche, et qu'il avait put voir son visage.

" Est-ce que tu me vois ?" lui avait-il demandé.

Cette question lui avait semblée tellement étrange, et pourtant maintenant que son apparence lui échappait, elle semblait avoir un sens caché. Comme si, elle, plus qu'aucun autre, aurait dû comprendre quelque chose. Comme si elle aurait dû voir quelque chose chez lui, quelque chose d'invisible aux yeux des autres. Pendant un moment, elle avait eut cette impression, ce sentiment qu'elle le connaissait, et elle avait faillit mettre le doigt dessus ... jusqu'à ce que Ron n'arrive.

Mais qu'est-ce que je suis sensée voir ? se demanda-t-elle.

Pendant son raisonnement, Ron avait continué de s'excuser.

- ... et je sais que je ne suis pas parfait, mais je te promets de faire des efforts, Hermione. J'aurais dû te croire quand tu disais être seule, pardonne-moi. Et tu sais, je suis sûr que si tu me laissais une dernière chance, je pourrais te montrer que je peux être celui qu'il te faut, et qu'on pourrait laisser cette stupide histoire de divorce derrière nous ...

Les dernières paroles de son discourt firent réagir la jeune femme. Elle ne faisait même plus attention à ses sautes d'humeur, à ses crises de jalousies qui se finissaient toujours par des heures d'excuses, pour ensuite recommencer le lendemain. Elle ne faisait plus attention à leur disputes incessantes, à leurs conflits, à leurs désaccords. C'était presque devenu leur routine. Une tasse d'engueulades le matin, avec un zeste de mauvaise foi et une bonne louche de non-dits. Leur relation devenait presque toxique, et elle n'en pouvait plus.

- Je te l'ai déjà dit Ron, et je ne changerai pas d'avis. Ce divorce n'est pas stupide, il est nécessaire. Et crois-moi, ce sera beaucoup mieux pour nous deux, déclarât-elle.

Elle fit alors demi-tour, afin d'échapper à cette ambiance et à cette conversation qui ne lui plaisaient pas. Mais Ron la retint par le bras, et lui demanda d'un ton suppliant, presque douloureux.

- Mais pourquoi ?! Pourquoi est-ce que tu veux divorcer ? Qu'est-ce qui ne vas pas entre nous ? Pourquoi est-ce que tu refuses de me le dire ?

Elle ne prit même pas la peine de répondre. Soit Ron se voilait la face, soit il essayait vraiment de réparer les pots cassés, malgré son mauvais caractère. Mais, et c'était triste à dire, de son côté elle ne voulait même plus essayer.

- Hermione, s'il te plait, dis-moi à quel moment ça a arrêté de marcher entre nous ...

La jeune femme sentit ses yeux devenir plus humides. Elle s'était mentit à elle même pendant des années, et elle avait mentit à Ron. La vérité, c'était qu'elle n'était pas amoureuse, et qu'elle ne l'avait jamais été. Mais, complètement aveuglée par le chagrin, elle s'était bercée d'illusions ... Et voilà où elle en était aujourd'hui.

On récolte toujours ce que l'on sème, et elle l'apprenait à ses dépends.

- Je suis désolée Ron, dit-elle. Mais entre nous, ça n'a jamais marché.

Elle savait qu'elle lui brisait le cœur, une fois encore. Elle savait que ces paroles lui avaient fait mal. Mais elle ne pouvait plus mentir. Elle ne voulait plus faire semblant.

Alors elle détourna les yeux, évitant autant que possible ce regard océan braqué sur elle.

Et, sans un mot de plus, elle quitta la pièce.


Et voilà ^^

J'espère ne pas avoir été trop longue pour poster ce chapitre, et j'espère vous avoir donné quelques réponses. Bien sûr, on ne sais toujours pas ce qu'a fait Harry pendant tout ce temps, ni quel est cet "ordre de Merlin" dans le titre. Mais un peu patience, vous aurez des réponses un jour !

S'il a des choses qui ne sont pas claire, parce que je ne développe pas assez ou autre, n'hésitez pas à me le dire et à me poser des questions.

Vous pouvez aussi me laisser des reviews pour m'encourager !

On se retrouve au chapitre 4 ! ;)