Chapitre 5 : Partir ou rester

- Fait attention Harry, fait attention. Nous t'avons accordé trois jours pour faire ton choix. Si d'ici demain soir tu ne t'es pas décidé, je jure sur ma vie que te trouverai, et je te ramènerai par la force s'il le faut.

Puis l'ombre disparu aussi discrètement qu'elle était arrivée.


Harry était prit dans un tourbillon de couleurs de de formes allant à toute allure, le monde se tordait et se déformait autour de lui tandis qu'il serrait le corps inanimé d'Hermione contre lui comme si sa propre vie en dépendait. Une fraction de seconde plus tard, la sensation d'écrasement disparu, et ils apparurent dans un craquement sonore devant la porte de Ron et Hermione.

Harry mit un peu de temps à se remettre du transplanage, et une fois en état de réfléchir correctement il se concentra sur Hermione qui reposait encore dans ses bras.

- Hermione ?! s'exclama-t-il. Hermione, tu vas bien ? Répond-moi je t'en prie !

Mais elle ne réagissait pas. C'était à peine s'il l'entendait respirer. Heureusement que le sort ne les avait pas touchés directement, sinon il n'imaginait même pas dans quel état elle se serait trouvé actuellement ... Il passa une main dans ses cheveux bouclés, afin de les dégager de son visage et de mieux juger son état. Elle en ressortit poisseuse et pleine de sang, ce qui ne fit qu'aggraver sa peur et sa panique. Hermione avait besoin d'un médicomage, et vite. Seulement avec le ministère à leurs trousses, Harry hésitait sur l'attitude à adopter. Sans oublier le fait que si les aurors comprenaient qu'ils avaient blessé l'un d'entre eux, ils feraient sûrement le tour des hôpitaux lors de leurs recherches.

Il n'avait donc qu'une seule solution : soigner lui-même Hermione, en implorant Merlin pour qu'il ne fasse pas quelque chose de travers.

Soudain, la jeune femme poussa un léger gémissement, et remua la tête.

- Hermione, tu m'entends ?! s'exclama Harry. Reste avec moi !

Ses yeux papillonnaient et elle était très pâle, mais elle bougea tout de même la tête de haut en bas pour montrer qu'elle avait entendu. Collée contre son torse, elle jetait de petits regards aux alentour comme pour essayer de comprendre où elle se trouvait.

- Parfait, dit Harry avec un immense soulagement. J'ai transplané devant chez toi, mais je vais avoir besoin de ton aide si je veux ouvrir la porte. Est-ce que tu peux tenir debout ?

Elle essaya de parler mais les mots se coincèrent dans sa gorge, donc elle dû de nouveau hocher la tête. Harry ne savait pas si elle avait réellement conscience de ce qu'il se passait, mais tant qu'elle répondait et réagissait un minimum au son de sa voix cela lui convenait. Une fois Hermione sur ses pieds, elle chancela un moment et s'accrocha à lui pour ne pas tomber. Il passa un de ses bras autour de ses épaules pour lui servir d'appui, puis le survivant sortit sa baguette, la pointa sur la serrure et dit :

- Alohom- ...

Il s'arrêta brusquement. Hermione venait de l'interrompre en posant la main sur sa baguette. Il essaya d'ignorer le fait que la blessure de son épaule saignait si abondamment que le sang glissait le long de son bras, laissant quelques tâche de sang sur le sol ainsi que sur sa baguette. Elle se mit à murmurer quelque chose, et il dû se pencher et se concentrer à l'extrême pour comprendre ce qu'elle essayait de lui dire.

- Trop ... dangereux ... lâcha-t-elle dans un souffle. Prends ... la ... mienne ...

Dans un premier temps il la regarda d'un air perplexe, puis la réalité le rattrapa brusquement. Quel crétin il faisait ! Dans la précipitation, il avait voulu utiliser sa propre baguette, et donc indiquer leur nouvel emplacement aux aurors ! Sans l'intervention d'Hermione ils auraient été surplace en une fraction de seconde ! Se maudissant intérieurement, il prit la baguette d'Hermione, qu'elle avait faite tomber au sol, et jeta finalement son alohomora. La porte s'ouvrit en un déclic, et il pénétra à l'intérieur aussi rapidement que possible tout en soutenant la jeune femme. A peine entré, il se dirigea immédiatement vers le canapé, où il y installa son amie tout en évitant de la brusquer ou d'aggraver ses blessures. Quand son regard se porta de nouveau sur elle, il constata qu'elle avait de nouveau perdu connaissance. Il ne pouvait compter que sur lui-même. Harry se précipita alors vers la bibliothèque en espérant y trouver un livre sur les sorts de soin, mais soit Hermione n'en possédait pas soit il était beaucoup trop nerveux, et le stress lui faisait perdre tous ses moyens. C'était une sensation horrible, et même en temps de guerre il ne s'était jamais trouvé dans un tel état de panique.

- Réfléchit Harry, réfléchit ! répétait-il tout en se frappant le crâne de la paume de la main. Tu connais forcément un sort pour soigner les blessures ... Allez, allez, réfléchit un peu ! Tu ne peux pas la laisser dans cet état !

Soudain, il fut frappé d'une illumination. Mais évidemment ! Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Il se rua vers son amie, s'accroupit près d'elle, et tout en passant sa baguette le long de ses blessures, il murmura :

- Vulnera Sanentur ... Vulnera Sanentur ...

Intérieurement, Harry remercia son ancien professeur de potions pour lui avoir fait découvrir cette formule. Certes, à l'époque c'était suite à un duel avec Malefoy qui avait mal tourné, mais aujourd'hui elle sauvait la vie d'Hermione. Peu à peu, ses plaies se refermèrent, certes avec assez peu d'efficacité puisqu'il n'utilisait pas sa propre baguette, mais au moins il n'avait pas aggravé les choses. Il fit de même pour sa blessure au bras, qui fit lentement place à une peau toute neuve. Puis quand il eut terminé il posa une main sur le front d'Hermione ...

Mais à peine avait-il touché sa peau qu'il la retira vivement. Elle était brûlante de fièvre ...

- Hermione, tu es toujours avec moi ?

Seul le silence lui répondit. Il pensait qu'à cause du fait que la baguette de la sorcière ne lui répondait pas parfaitement, le sort de soin n'avait pas été aussi efficace que prévu. Certes elle ne saignait plus, mais elle était toujours aussi pâle, et était maintenant en train de trembler sous l'effet de la fièvre.

- Par Merlin, mais qu'est-ce que j'ai fait ? gémit Harry avec désespoir.

Tout ça pour avoir fait apparaître une fleur sur sa propre tombe ... Non mais quel crétin !

Tout en reprenant Hermione dans ses bras, Harry culpabilisait comme jamais. Encore une fois, quelqu'un était blessé à cause de lui, parce qu'il n'avait pas été assez prudent. Lui qui avait toujours pensé que c'étaient les problèmes qui venaient à lui, il venait de se prouver qu'il était également assez stupide et irresponsable pour les créer lui-même. Et tout cela retombait sur Hermione.

En fait, en cet instant même, il s'était rarement autant détesté ni autant dégoûté.

Une fois parvenu à l'étage, il ouvrit la porte de la chambre et installa Hermione sur son lit. Il en profita pour lui retirer sa veste et ses chaussures, remit en place la couverture et descendit chercher une bassine d'eau froide et un linge. Parce qu'évidemment, les sorciers étant fidèles à eux-mêmes, ils n'utilisaient sûrement pas de doliprane contre la fièvre ... Mais pourquoi ne s'était-il jamais intéressé aux sorts de soin ?

Pestant encore et toujours contre lui-même, il utilisa un récurvite pour nettoyer les tâches de sang sur le canapé et devant l'entrée, puis il retourna voir Hermione. Elle ne réagissait toujours pas. Lentement, presque avec affection, Harry humidifia le linge et le déposa sur son front. Rien qu'à ce simple geste, elle lui parut plus détendue, ce qui lui permi également de pousser un soupir de soulagement.

Le survivant resta silencieux de longues minutes.

Peu à peu, tout en humidifiant son front, son esprit se mit à divaguer et à rêver d'une autre vie, une vie où il n'aurait pas été obligé de partir.

Il la contemplait, détaillant chaque partie de son visage, en admiration devant la femme incroyable qu'elle était devenue. Au fond, Hermione était toujours la même, sa personnalité n'avait pas changé. Elle avait mûri, tout comme lui. Le temps avait passé, et pourtant face à elle il était comme plongé sept ans en arrière. En fait plus il la regardait, plus il sentait au fond de lui que rien n'avait changé. Il y avait toujours ce lien entre eux, cette connexion incroyablement forte qui le faisait retenir son souffle quand il la voyait. Peut-être que s'il avait comprit plus tôt, les choses auraient put être différentes. Peut-être qu'Hermione se serait faite appeler Mrs Potter, qui sait ? Peut-être qu'ils auraient put être heureux, si sa vie n'était pas aussi compliquée ? Parce que même sans savoir qui il était, même en le considérant comme un inconnu, Hermione devait avoir sentit leur proximité, il en était certain.

Poussant un profond soupir, Harry prit sa petite main dans la sienne, s'approcha de son visage et se mit à murmurer :

- Je suis sincèrement désolé Hermione, tout est de ma faute. Si je n'avais pas utilisé ma baguette ... si j'avais été plus prudent on n'en serait pas là. En fait, on n'en serait pas là du tout si je n'avais pas eut cette idée stupide de vouloir revenir vous voir après tout ce temps ...

Il prit une grande inspiration, sentant un nœud douloureux naître dans sa gorge. S'il avait été plus attentif, il aurait peut-être vu la main de la sorcière bouger imperceptiblement, preuve que, même si elle ne pouvait pas répondre dans son état, cela ne l'empêchait pas de tout entendre et de tout mémoriser.

- Je n'aurais pas dû revenir ... Il ne m'a fallu que deux jours pour t'attirer de nouveaux problèmes, alors imagine ce que cela donnera dans un mois ... et apparemment tu as réussit à faire ta vie sans moi, donc ... donc ... je pense que je vais m'en aller ...

Il serra sa main un peu plus fort. Sa vue se brouilla, il était déchiré. Il ne voulait pas repartir, mais il ne pouvait pas se permettre de prendre le moindre risque.

- Et ... je ne sais pas pourquoi personne ne me reconnaît, mais c'est sûrement mieux ainsi, dit-il. Ce sera moins douloureux pour tout le monde ... vous êtes mieux sans moi ...

Harry déposa alors un baiser à la commissure de ses lèvres, puis il s'éloigna d'elle à regret et s'assit dans un fauteuil. C'était décidé, il allait repartir. Il savait pertinemment qu'il n'était pas la cause de tous les malheurs du monde, mais être la cause de son malheur à elle était beaucoup trop dur à supporter.

Bien sûr, il n'allait pas l'abandonner dans cet état. Dès qu'il serait persuadé qu'elle allait mieux, qu'elle était totalement hors de danger, il s'en irait.

Et cette fois-ci, il avait la ferme intention de ne jamais revenir.


Ginny et Drago se jetèrent un énième regard plein de sous-entendus. Ron venait de leur raconter sa récente dispute avec Hermione. Ils l'avait écouté jusqu'au bout, sans jamais l'interrompre. Et tout ce à quoi il avait droit comme réponse, c'était leur silence et un regard de leur part ... Génial ...

- Et à la fin de notre "discussion", elle a ajouté que de toute manière ça n'avait jamais marché entre nous, ajouta le rouquin pour combler le vide.

Mais à nouveau, cette remarque ne provoqua aucune réaction de leur part. Il y eut un silence assez long, puis enfin Drago se mit à prendre la parole.

- Tu sais Ron, je suis d'accord avec elle sur ce point. Hermione n'a jamais vraiment été à toi, et ce n'était qu'une question de temps avant que vous ne parliez de divorce ...

Cette remarque lui fit l'effet d'une douche froide.

- Je te demande pardon ?! s'exclama Ron. Qu'est-ce que tu insinues quand tu dis qu'elle n'a jamais été à moi ?

Ginny leva les yeux au ciel.

- Les gars, je vous signale qu'une femme n'est pas un objet, et qu'elle n'appartient à personne. Ensuite, soit un peu honnête avec toi-même Ron... Quand tu y réfléchis, le fantôme d'Harry a toujours plané au-dessus de votre couple. Hermione n'a jamais tourné la page, c'est la pure vérité.

- Mais elle ne me parle jamais de lui ! Ou est-ce que tu vas chercher cette histoire de fantôme au-dessus de notre couple ?!

- Justement Ron ! protesta Ginny. Vous n'avez jamais parlé d'Harry, et les seules fois où Hermione a parlé de lui, c'était il y a des années pour dire qu'elle était persuadée qu'il n'était pas mort ! D'ailleurs tout le monde se moquait d'elle, tu te souviens ? Quand tu y réfléchis, elle n'a jamais parlé d'Harry au passé, et elle ne s'est jamais séparé de son vif d'or. En fait elle n'a jamais fait son deuil, c'est aussi simple que ça.

Ron se renferma sur lui-même. Il n'aimait pas ce que sa sœur lui disait. Il n'aimait pas ses paroles, mais pas seulement parce qu'elles lui faisaient mal. Il ne les aimait pas parce qu'une part de lui savait qu'elle disait la vérité, et qu'il se voilait juste la face depuis le début. Seulement voilà, malgré tout il était encore et toujours amoureux d'Hermione. Complètement, totalement, désespérément amoureux.

- Hermione n'était pas amoureuse d'Harry, ajouta-t-il avec un air borné. Il m'avait juré sur sa vie qu'ils étaient comme frère et sœur, et qu'elle ressentait la même chose de son côté ...

Ginny poussa un soupir d'exaspération.

- Je sais Ron, je sais. Tu me l'as déjà raconté plusieurs fois. Mais quand est-ce qu'il te l'avait dit exactement ?

- Hum ... si je me souviens bien, c'était le jour où je les ai retrouvé pendant notre septième année. Nous venions tout juste de détruire le médaillon ...

Après réflexion, Ron se demanda si Harry ne lui avait pas mentit, à l'époque. Après tout, le rouquin les avait abandonnés sous l'effet de l'horcruxe, était revenu plusieurs mois plus tard, et avaient finit par se retrouver face à son pire cauchemar, qu'Harry avait aussi bien vu que lui. Le médaillon leur avait montré Harry et Hermione s'embrassant, lui disant qu'il n'était rien, qu'il n'avait jamais compté. Comment, après une telle vision, son meilleur ami aurait-il put lui parler de ses sentiments pour Hermione, si tant est qu'il en avait ? Il n'en aurait jamais parlé, c'était aussi simple que ça. Il aurait fait passer le trio avant lui. Parce que si Harry lui avait dit qu'il aimait Hermione, alors Ron en était persuadé, il serait repartit sur le champ ...

Croisant une nouvelle fois le regard de sa sœur, Ron finit par céder.

- Très bien, je veux bien admettre que peut-être, et je dis bien peut-être, Harry aimait Hermione. Mais je n'ai jamais eut l'impression que c'était réciproque, ils m'ont toujours dit le contraire ...

- Bien sûr, dit Ginny. Mais peut-être qu'ils s'aimaient l'un l'autre sans le savoir ? J'ai eut le temps d'y repenser après toutes ces années, et ils n'ont jamais été frère et sœur comme tout le monde le disait. Il y a toujours eut quelque chose de plus. Et je pense que nous avions put lire entre les lignes, nous nous en serions rendu compte.

Ron resta silencieux. Bien sûr qu'à l'époque il se doutait de quelque chose, évidement qu'il avait été jaloux quand ils se prenaient dans les bras, ou qu'Hermione passait sa main dans les cheveux d'Harry ... mais il avait finit par se convaincre du contraire ... ou alors peut-être s'était-il voilé la face inconsciemment ...

- Hermione n'était pas amoureuse d'Harry, répéta-t-il d'un air buté.

- A l'époque, c'est peut-être ce qu'elle aurait répondu. Mais je pense qu'aujourd'hui ce sera différent. Tu devrais en parler avec elle, ajouta Drago.

L'ancien griffondor regarda le blond en silence. Même si son beau-frère ne lui parlait pas souvent, quand il le faisait c'était généralement pour aller droit au but. Et au fond de lui il savait qu'il avait raison, qu'il devait parler à Hermione. Même s'il avait peur se la réponse, une part de lui avait besoin de savoir.

Ron jeta un coup d'œil à l'horloge hors de prix qui trônait au mur. Il était presque minuit. Cette conversation avait été longue et fastidieuse, il était épuisé, mais cette fois-ci il n'avait pas l'intention d'ignorer Hermione pendant plusieurs jours, comme à chacune de leurs disputes. Cette fois-ci, il allait suivre le conseil d'un serpentard, et rentrer chez lui pour avoir une conversation en privé avec sa femme.

Il prit alors congé des Malefoy.

Drago lui serra la main et Ginny lui offrit un beau sourire, puis il utilisa leur poudre de cheminette pour rentrer chez lui. Il disparut dans un souffle de flammes vertes, qui ne dégageaient cependant aucune chaleur. Une seconde plus tard, il était dans son salon.

Son regard se porta sur le fauteuil dans lequel Hermione était assise lorsqu'il était partit. A cette heure ci, elle devait sûrement dormir, et ne devait pas s'attendre à le voir renter avant le lendemain. Jugeant qu'il était plus raisonnable de dormir sur le canapé et d'attendre son réveil, il commença a rassembler ses affaires quand un détail attira son attention.

Cela faisait trois ans qu'Hermione et lui étaient mariés, cinq ans qu'ils vivaient ensemble, et près de quatorze ans qu'il la connaissait. Autant dire qu'il connaissait ses habitudes par cœur, et qu'il savait à quel point elle tenait à ses livres. Sa bibliothèque était toujours parfaitement rangée, chaque livre avait sa place, rien ne dépassait. Mais ce soir là, des dizaines de livres trainaient un peu partout, et étaient mal rangés. Comme si quelqu'un les avait sortis précipitamment ...

En temps normal, Ron aurait laissé passer ce détail, mais ces temps-ci avec les relations compliquées entre les sorciers et les moldus, avec les détraqueurs qui couraient librement dans la nature, sans oublier sa légère tendance à la jalousie, il réagit au quart de tour et se saisit de sa baguette.

Peut-être y avait-il quelqu'un, ou peut-être était-il juste paranoïaque, mais il voulait en avoir le cœur net.

- Hominum revelio !

Ron se mit alors à voir deux silhouettes par transparences à travers les murs. L'une d'entre elles était une femme allongée dans leur lit, probablement Hermione, et l'autre était un homme assis dans un de leurs fauteuils. Ils semblaient dormir tous les deux. Sentant son sang se mettre à bouillir en sachant qu'un intrus se trouvait chez lui, et qui plus est dans SA chambre avec SA femme, le gryffondor monta les escaliers avec toute la discrétion dont il était capable. Il poussa la porte lentement, retenant son souffle, seulement éclairé par sa baguette qui produisait une faible lueur.

L'homme en face de lui dormait d'un sommeil agité, inconscient de la présence du rouquin. Ron s'apprêtait à lui donner la raclée de sa vie, quand soudain l'homme en question se releva, et le menaça avec sa baguette. Un peu déstabilisé pendant un moment, le rouquin se reprit bien vite et le menaça à son tour.

- Qui êtes-vous ?! demanda-t-il

L'homme ne répondit pas, et plaça un doigt sur ses lèvres pour lui intimer le silence, tout en désignant Hermione.

- Je n'ai pas l'intention de me taire ! s'exclama Ron.

Hermione remua légèrement, mais ne réagit pas plus que ça au son de sa voix. L'homme se rapprocha de lui, et lui chuchota :

- Elle est blessée, il faut qu'elle se repose. Je suis resté à côté d'elle pour la surveiller.

Ron eut l'impression de recevoir une douche froide.

- Elle est blessée ? chuchota-t-il. Mais pourquoi ? Et comment ?

L'homme lui proposa de sortir de la chambre, ce qu'il fit tout en gardant un œil sur lui, on ne sait jamais. Mais en le regardant de plus près, Ron réalisa qu'il l'avait déjà croisé quelque part ...

- Une minute, dit-il, vous êtes l'homme que j'ai croisé chez moi ce matin et à qui j'ai donné du chocolat, je me trompe ?

- Non, c'est bien moi, répondit l'homme avec un sourire tout en fermant la porte derrière lui. Je m'appelle Marcus.

- Et moi Ron, dit-il en lui tendant la main.

Il ne lui faisait toujours pas confiance, mais s'il était bel et bien là pour surveiller Hermione, alors les choses étaient différentes. Marcus lui expliqua qu'il avait croisé Hermione au cimetière, mais qu'ils avaient été attaqués parce que le ministère était à sa recherche. Il lui expliqua ensuite qu'il avait transplané au seul endroit sûr qu'il connaissait, à savoir chez eux.

- Comment saviez-vous où nous habitons ? demanda Ron avec méfiance et une pointe de jalousie. Vous êtes déjà venu ? Vous connaissez Hermione depuis longtemps ?

Mais là encore, Marcus le rassura. Il ne connaissait Hermione que depuis deux jours, quand celle-ci l'avait sauvé in extremis des agents du ministère sur le chemin de traverse. Si Ron ne savait toujours pas que penser de cet homme qui avait un don incroyable pour attirer les ennuis, quelque chose l'inquiétait cependant. Hermione était toujours dans un sale état, et même si elle avait reçu des soins de premier secours, sans l'avis d'un médicomage on n'était sûr de rien.

Cependant, Marcus étant recherché, il pouvait parfaitement comprendre son hésitation à faire venir directement un médicomage, ou même à se rendre à l'hôpital le plus proche. Il lui était déjà très reconnaissant de porter secours à sa femme. Sans attendre une seconde de plus, Ron sortit son phélétone, ou plutôt son téléphone portable et composa le numéro du médecin. Il avait toujours un peu de mal à s'habituer à toute cette technologie moldue, et préférait de loin utiliser un hibou. Mais le ministère ayant décidé que l'intégration des sorciers au monde moldu et à leur culture était un grand pas pour apaiser leurs relations, il s'était retrouvé plus ou moins forcé (plutôt plus que moins, à vrai dire) d'utiliser un téléphone pour communiquer. Ce qu'il trouvait, au passage, complètement ridicule.

Au bout du dixième essai, il parvint enfin à utiliser le petit boitier, et le médicomage lui assura qu'il serait sur place d'un moment à l'autre.

- Tu ferais mieux de te cacher quand il arrivera, dit-il à Marcus. Même s'il ne vous voit que quelques minutes, on n'est jamais assez prudent.

- Entièrement d'accord.

- Vous n'avez qu'à vous cacher dans le placard à balais, à condition que vous ne fassiez rien tomber.

- Désolé, mais je n'ai jamais aimé les placards à balais, répondit Marcus avec une grimace. Je pense plutôt que je me cacherai sous ma cape.

Ron resta bouche bée lorsqu'il vit cet homme sortir une cape d'invisibilité de son sac. Mais passé l'euphorie de voir un objet aussi rare juste sous ses yeux, une immense vague de nostalgie l'envahit brusquement, lui plombant le moral.

- Un très bon ami à moi avait une cape du même genre ... murmura-t-il plus pour lui-même que pour son seul et unique auditeur.

Suite à cette remarque, Marcus se contenta de le fixer quelques secondes sans rien dire, puis il détourna les yeux, et tout en gardant la tête baissée il mit la cape d'invisibilité sur ses épaules, et disparu. Ron ne comprit pas l'air triste qui était apparu soudainement sur son visage, et d'ailleurs il n'eut même pas le temps d'y réfléchir que déjà le médicomage avait transplané devant chez lui, et sonnait à la porte.

Il eut à peine le temps d'ouvrir que médecin se jetait littéralement à l'intérieur, comme s'il était plus pressé que jamais. Dès le premier regard, Ron sut qu'il n'aimait pas cet homme. Il avait une allure stricte, des joues extrêmement creuses et des membres rachitiques. Sa petite barbe poivre et sel était taillée en pointe, ses petits yeux gris vous scrutaient avec méprit, et son dos était légèrement courbé. Sans oublier la moue légèrement dédaigneuse qu'il arborait.

- Alorsditesmoiousetrouvelapatiente ? demanda-t-il à toute vitesse.

- Je ... je vous demande pardon ? répliqua Ron qui n'avait pas comprit un mot de tout cela.

Le médecin poussa un soupir, et répéta en articulant avec exagération, un peu comme pour se moquer de lui.

- Pourriez-vous, je vous prie, m'indiquer où se trouve ma patiente ... ? A moins que tout ceci ne soit une blague et qu'il n'y ait aucun malade dans cette maison ? Quoique en vous regardant de plus près il est possible que vous soyez malade, mais je suis désolé de vous apprendre que la stupidité ne se guérit pas ...

S'il n'avait pas été là pour soigner Hermione, Ron lui aurait mit une droite sans la moindre hésitation. Mais au lieu de cela, il contint sa colère et tout en lui offrant le plus hypocrite des sourires, il l'invita à le suivre.

- C'est à l'étage, suivez-moi.

Gardant ses remarques pour lui, ainsi que son envie de meurtre, Ron mena l'homme jusqu'à la chambre où se trouvait Hermione toujours endormie. Après avoir jeté un regard scrutateur dans la pièce, le médecin porta son attention sur la jeune femme, et commença à l'examiner en silence. De temps en temps, il émettait cependant des "Mm-mh", des "je vois", ou des "ah oui, tout de même" qui mettaient Ron un peu plus sur les nerfs.

C'est alors qu'il entendit la voix de Marcus lui chuchoter à l'oreille avec malice :

- Si tu veux je peux lui faire un croche-pied dans les escaliers, ce serait avec plaisir !

Ron se mit à pouffer, à la fois parce qu'il était nerveux mais également parce que l'idée lui plaisait. Un peu. Beaucoup. Enormément même. Mais il secoua tout de même la tête de gauche à droite, ce qui eut pour effet de faire grogner de frustration son nouvel ami.

Après plusieurs minutes, le médicomage se releva, griffonna quelques mots sur un papier et le tendit à Ron sans un mot.

- Alors ? Qu'est-ce qu'elle a ? Rien de grave, j'espère ?

- Non, rien de grave, mais uniquement parce que je suis intervenu, répondit-il d'un air hautain. Vous avez certes soigné ses blessures extérieures, mais elle a également plusieurs blessures internes à soigner. De plus je ne sais pas avec quelle baguette vous avez jeté ce sort, mais vous feriez mieux d'en changer, elle ne vaut rien. A moins que le problème ne vienne du sorcier qui l'utilise ? Après tout, ce n'est pas à n'importe qui que l'on enseigne l'art délicat de la médecine ...

Comme s'il était fier de sa remarque, le médicomage repartit la tête haute avec un petit sourire satisfait.

- Donnez-lui juste ce remède toutes les quatre heures, et si jamais elle devient trop agitée je vous donne un puissant somnifère.

- Pourquoi est-ce qu'elle serait agitée ? s'étonna le roux

- A cause de la fièvre, peut-être ? Mais peut importe, si vous faites les choses correctement, même si j'en doute, elle sera sur pieds d'ici demain soir.

Ron n'aimait vraiment pas ce ton que le médicomage employait avec lui, comme s'il n'était qu'un enfant.

- Parfait. Je ne vous raccompagne pas, j'imagine ? demanda-t-il avec le plus de calme possible.

- Ne vous donnez pas cette peine, répliqua-t-il en arrachant presque l'argent des mains de Ron.

- Dans ce cas au plaisir de ne jamais vous revoir ! lança soudain Marcus depuis la cape.

Le médecin se retourna brusquement, fit face à l'air innocent et amusé de Ron, puis marmonna quelque chose dans sa barbe qui ressemblait vaguement à une insulte, et s'en alla pour de bon. Une fois seuls, Marcus retira la cape et les deux complices explosèrent de rire.

- Non mais quel sale type ! s'exclama Marcus. Ou est-ce que tu es allé le chercher ?

- Nulle part, c'est ma sœur qui me l'a conseillé. Apparemment c'est l'un des meilleurs de Londres.

- Ah oui ? En tout cas il ne donne vraiment pas envie de tomber malade !

- Je ne te le fais pas dire ! Je n'imagine même pas combien d'enfants il a dû traumatiser ...

- Sans oublier les parents !

Ils se mirent à rire de nouveau, et Ron posa une main amicale sur son épaule.

- En tout cas merci beaucoup d'avoir aidé Hermione, je connais peu de personnes qui en feraient autant.

- C'est normal.

Sans savoir pourquoi, Ron se sentait très à l'aise de Marcus, un peu comme s'il le connaissait depuis toujours. Certes, il savait pertinemment que ce n'était pas le cas, mais en tout cas il l'aimait déjà. Il venait de se faire un nouvel ami.

- Bon, je crois qu'il est temps pour moi de partir, dit Marcus. Veille bien sur elle.

Ron le regarda sans rien dire, tandis qu'il rassemblait ses affaires dans son vieux sac à dos et se préparait à sortir. Mais vu son allure fatiguée et un peu négligée, sans oublier les vêtements abimés qu'il avait sur le dos, il ne lui fallu pas longtemps pour comprendre qu'il n'avait nulle part où aller.

- Ou est-ce que tu vas ? lui demanda-t-il. Chez des amis ? De la famille peut-être ?

Les épaules de Marcus s'affaissèrent d'un coup, il semblait vraiment épuisé.

- En fait je n'ai plus de famille depuis bien longtemps, et quand à mes amis ... disons que la situation est compliquée.

- Et pourquoi ça ?

- Et bien ... je ne les avais pas revus depuis plusieurs années, et nos retrouvailles ne se sont pas passées comme prévu ...

- Ils t'ont mis à la porte, c'est ça ?! demanda Ron avec stupeur.

- Plus ou moins, c'est compliqué, c'est tout. De toute façon ça n'a plus d'importance, je m'en vais. Je n'aurais pas dû revenir.

Le rouquin l'observa quelques secondes, et dit :

- Ne dit pas que ça n'a pas d'importance, je te connais à peine mais je vois bien que tu tiens à eux. Et tu n'es pas obligé de partir tu sais, peut-être que tes amis ont seulement besoin de temps ?

Marcus resta silencieux, il évitait son regard. Son sac sur le dos, la main sur la poignée de porte, on aurait dit qu'il se retenait de faire ou de dire quelque chose. Mais Ron eut plus l'impression qu'il ne savait ni où aller, ni quoi faire. Et c'est pourquoi il lui tendit la main avec sourire.

- Si tes amis ne veulent pas de toi, alors dans ce cas ce sont des imbéciles, tout simplement, déclara-t-il. Je refuse de laisser partir comme ça. Si tu veux, tu peux passer la nuit ici ... en fait tu peux rester chez moi autant que tu voudras. Tu peux aussi utiliser la salle de bain à l'étage, ainsi que la chambre d'amis.

Marcus le regarda avec un air de profonde reconnaissance, et il le remercia avec beaucoup d'émotions dans la voix.

- Tu sais Marcus, ajouta Ron, parfois les gens ont juste besoin d'une deuxième chance. Peut-être que si tu retournais parler à tes amis, ils verraient les choses différemment ?

Mais malgré sa remarque, il lui répéta de nouveau que les choses étaient compliquées, et qu'il valait mieux pour ses proches qu'il reparte. Ron en fut très attristé. Il avait rarement vu quelqu'un d'aussi seul ...

Malgré le regard insistant du rouquin, il ne dit pas un mot de plus, et se rendit dans la chambre d'amis. Ron ne savait pas quoi faire. Il se sentait très proche de cet homme, et une part de lui sentait qu'il ne fallait pas qu'il reparte. Mais après tout que pouvait-il faire de plus ? C'était son choix, et il n'avait pas le droit de s'y opposer. Alors, malgré l'étrange sensation qui lui nouait le ventre, Ron se rendit dans la chambre à coucher, et passa la nuit à veiller sur Hermione.


Harry n'avait pas réussit à trouver le sommeil. Toute la nuit, les paroles de Ron avaient tournées en boucle dans sa tête. Toute la nuit, il avait fait face à un gros dilemme : partit ou rester. S'il restait, peut-être qu'avec le temps ses amis finiraient pas le reconnaître, ou qu'il comprendrait pourquoi il était devenu comme invisible à leurs yeux, et qu'il trouverait une solution. Peut-être même que ce serait Hermione qui trouverait cette solution, et avec son esprit brillant cela ne l'étonnerait pas le moins du monde. Peut-être qu'il pourrait également revoir Neville et Luna, il pourrait renouer son amitié avec Ron ...

Seulement le ministère était à ses trousses. Il s'était fait passer pour quelqu'un qu'il n'était pas, et cela lui attirait déjà des ennuis. Que se passerait-il si le ministère réussissait à l'attraper ? Et si au contraire il se retrouvait à devoir fuir toute sa vie, pourrait-il imposer cela à ses amis ? En seulement deux jours, Hermione avait été blessée par sa faute.

Il avait déjà perdu beaucoup trop d'être chers, comme ses parents, Sirius, Lupin, Tonks ...

Il ne voulait pas revivre ça.

Il ne voulait surtout pas avoir d'autres vies sur la conscience, même en sachant que tout n'était pas entièrement de sa faute.

Sa décision était prise.

Dès les premiers rayons du soleil, il rassembla ses affaires et décida de s'éclipser discrètement. Il savait que Ron s'occuperait bien d'Hermione, et même si cela le déchirait de devoir partir en cachette, une part de lui lui disait que c'était le bon choix. Cependant, malgré toute sa volonté il ne put résister à l'envie d'aller voir Hermione une dernière fois. Il poussa la porte doucement, faisant le moins de bruit possible. A sa gauche, Ron s'était assoupit sur le fauteuil, et s'était mit à ronfler paisiblement.

Sur la pointe des pieds, il s'approcha d'Hermione qui était encore endormie. Sous les premiers rayons du soleil, elle semblait avoir meilleure mine, et ses cheveux aux boucles folles encadraient son visage pâle. Cette vision lui coupa le souffle quelques instants, puis il s'approcha d'elle et déposa un baiser sur son front.

Harry réalisa alors que c'était la deuxième fois qu'il lui disait au revoir.

Devoir la quitter elle, plus que n'importe qui d'autre, s'avérait beaucoup plus douloureux que prévu.

Il quitta finalement la pièce, descendit les escaliers, se rendit dans l'entrée, tourna la poignée de porte et sortit de chez eux. Il resta sur place un long moment, incapable de faire le moindre geste, incapable de faire un pas en avant. Et tandis qu'il hésitait encore, une ombre l'observait au coin de la rue. Evidemment, Harry n'en savait rien, et il ne savait pas non plus qu'il s'agissait de la même ombre qui les avait suivis au cimetière ...

Tout comme lui, l'ombre ne bougeait pas. Elle se contentait d'observer sa cible.

Puis, Harry prit une grande et profonde inspiration, et tout en se forçant à ne pas regarder en arrière, il s'éloigna de ses amis de toujours.


Gawain Robards, chef des aurors, se retrouvait de nouveau convoqué chez le ministre de la magie. Et de nouveau, il aurait largement préféré être chez lui.

- Ne me dites pas qu'ils se sont encore échappés ... ? demanda Shacklebolt avec exaspération.

- C'est exactement ce que je viens de dire, répliqua-t-il.

- Ne prenez pas ce ton avec moi, Robards !

Le chef des aurors se reprit bien vite, puis continua sur sa lancée :

- Donc, comme je vous le disais, l'homme en question n'était pas seul, tout comme la première fois. Une femme se trouvait avec lui il me semble. Je peux vous dire qu'elle avait des cheveux bouclés, mais nous étions beaucoup trop loin pour l'avoir identifiée précisément. Cependant, même si nous ne les avons pas touché directement de façon totalement volontaire, nous pensons avoir réussit à blesser l'un des deux fugitifs.

- Je vois, et est-ce que vous avez fait le tour des hôpitaux ?

- Evidemment, mais nous n'avons rien trouvé qui sorte de l'ordinaire.

- Et vous avez regardé les morgues ?

Robards prit un air horrifié, et s'exclama :

- Mais pourquoi irions-nous voir les morgues ? Ils sont seulement blessés, et de plus vous nous avez demandé de les capturer, pas de les éliminer !

- Je sais Robards, je sais ... J'ai simplement l'impression que nous sommes au pieds du mur, et que plus nous essayons de comprendre moins tout ceci devient clair ! Vous devez comprendre que nous ne pouvons négliger aucune possibilité.

Shacklebolt prit sa tasse pour avaler une gorgée de thé brûlant, puis constata avec frustration qu'elle était vide. Il constata également qu'il en était à sa troisième tasse, et qu'il n'était que neuf heures du matin ...

Soudain, un timide raclement de gorge se fit entendre, brisant le silence pesant de ce bureau. C'était Prescott, qui semblait avoir une remarque à faire.

- Qu'y a-t-il ? Vous avez une question ? demanda le ministre

- Une théorie monsieur, mais je ne suis pas sûr de ce que j'avance ...

- Essayez quand même, au point ou nous en sommes ...

Le petit homme grassouillet se racla de nouveau la gorge, et commença d'une voix un peu timide :

- Et bien voilà ... hum, par où commencer ? En fait, ce qui m'a mit la puce à l'oreille est le fait que la femme en question avait les cheveux bouclés, ce qui n'est pas le cas de tout le monde dans cette ville, donc cela limite le champ des possibilités ...

Shacklebolt fronça les sourcils, intrigué, et incita son employé à continuer.

- D-de plus, nous ne devons pas oublier que l'attaque en question a eut lieu dans un cimetière, mais pas n'importe lequel ... dans ce cimetière, c'est monsieur Potter lui-même qui a été enterré ... Evidemment, vu sa célébrité il est possible que des personnes veuillent se recueillir sur sa tombe, mais monsieur le ministre vous devez reconnaître que ce serait une énorme coïncidence ...

- Je ne vois pas où vous voulez en venir Prescott ... dit-il

- Monsieur le ministre, connaissez-vous beaucoup de femmes aux cheveux bouclés, qui se rendraient devant la tombe de monsieur Potter ?

Shacklebolt resta interdit quelques secondes, tellement les choses lui paraissaient claires à cet instant précis.

- Par la barbe de Merlin ! s'exclama-t-il. Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Prescott, vous êtes un géni ! Si votre théorie est juste, vous aurez droit à une prime !

Le petit homme eut au moins la décence de rougir, et ajouta comme pour confirmer son hypothèse que la femme en question n'était pas venue travailler ce matin, pour cause de problèmes de santé.

Robards, qui se tenait au milieu de la conversation, essayait de suivre le raisonnement des deux hommes, mais bien malgré lui il était plus perdu que jamais. Et cela, plus que tout le reste, le frustrait énormément.

- Est-ce que l'un d'entre vous pourrait m'expliquer ... ? demanda-t-il légèrement énervé.

- Désolé Robards, mais votre coopération s'arrête là, répondit le ministre. Merci pour votre aide précieuse, vous pouvez disposer.

Pestant dans sa barbe, le chef des aurors était contraint d'obéir, malgré sa curiosité naturelle et son envie d'en savoir plus sur cette affaire étrange. Lorsqu'il quitta la pièce, et qu'il se rendit dans son bureau de l'autre côté du ministère, il ne put ni voir le sourire entendu qu'échangeaient Shacklebolt et Prescott, ni entendre la dernière remarque du ministre :

- Très bien Prescott, je crois que nous allons devoir rendre une visite surprise à Mrs Granger-Weasley ...

Les deux hommes échangèrent un regard entendu, puis le ministre utilisa une tasse de thé pour créer un porte-au-loin. Ils posèrent chacun une main sur l'objet en question, et une fraction de seconde plus tard le bureau se retrouva complètement vide, uniquement perturbé par le lointain tic-tac d'une horloge.


Et voilà pour ce chapitre ^^

J'espère qu'il vous aura plut, et comme d'habitude laissez moi des reviews (positives ou négatives) !

On se revoit au chapitre suivant !