Chapitre 8 : Petit détour au Ministère

- Edomo ... quoi ?! demandèrent Ron et Harry d'une même voix

- Edomo Identitem, répéta patiemment Hermione. C'est ce sortilège qui a masqué l'apparence d'Harry à nos yeux. Et le contre sort ne pouvait être jeté que par l'auteur du sortilège, ou par quelqu'un qui a un lien émotionnel avec Harry.

- Et donc ... c'est toi qui a finit par comprendre qui il était ... remarqua Ron en fronçant les sourcils.

- Oui. J'ai eut plusieurs fois une impression de déjà vu, et de fil en aiguille j'ai put faire le lien, principalement grâce au livre. Toi aussi tu as sûrement ressentit quelque chose de ton côté Ron ...

Le rouquin fronça les sourcils, puis se remémora sa rencontre avec son ami, lorsqu'il était encore sous l'effet du sortilège.

- C'est vrai, maintenant que j'y pense. Je me sentais très proche de Marcus, et donc de toi Harry, mais sur le coup ça ne m'a pas intrigué plus que ça. C'est vrai que quand Hermione m'a parlé de sa théorie, j'ai voulu la croire pendant un moment mais ça me semblait tellement improbable que ...

Sa phrase resta en suspens. Tout comme Hermione, il venait de remarquer qu'Harry était perdu dans ses pensées, comme s'il ne faisait pas partie de la conversation. La sorcière s'apprêtait à lui demander ce qu'il lui arrivait, quand le brun prit la parole, le regard vague.

- Tout ça ... murmura-t-il. Tout ça était à cause d'un sortilège ? D'un simple petit sortilège ... Mais ... mais pourquoi ? Pourquoi voudrait-on me faire ça ?

Il semblait vraiment dépité, presque blessé.

- Tu veux dire que pendant tout ce temps, tu n'étais même pas au courant ? s'étonna le rouquin.

- Absolument pas ! Et pendant un moment ... pendant un moment j'ai cru que vous ne vouliez pas de moi, ou ... que vous m'aviez oublié ... C'est cruel quand on y pense ... J'ai vécu avec vous pendant plusieurs jours, sans que vous ne me reconnaissiez. C'était ... c'était horrible ...

Ron, comprenant la douleur de son ami, posa une main compatissante sur son épaule, tandis qu' Hermione le regardait les larmes aux yeux. Alors elle glissa instinctivement sa main dans la sienne, pour le réconforter. Lui faire comprendre qu'il n'était plus seul, qu'elle était là pour lui. Elle ne pouvait pas faire grand chose d'autre, mais c'était toujours mieux que rien. Et ce petit geste, si innocent quand on y pense, lui procura une sensation absolument merveilleuse, comme une vague de réconfort et de bien être.

Sa peau était douce. Sa main, tiède et rassurante. Harry ne cherchait pas son regard, mais elle n'avait pas besoin de le voir pour deviner qu'il se sentait un peu mieux, ou du moins c'était ce qu'elle espérait. La respiration du sorcier lui semblait plus calme, et un poids semblait avoir quitté ses épaules, qui s'étaient affaissées en un soupir. Quand il serra sa main un peu plus fort dans la sienne, elle sentit sa respiration se couper pendant un instant, et son cœur s'emballer. Comment faisait-il pour avoir autant d'effet sur elle ? Après tout ce n'était que sa main, ce n'était qu'un petit geste, mais cela suffisait pour lui faire perdre tous ses moyens ... Elle se mit à sourire. Maintenant qu'il était là, tout ne pouvait que s'arranger, elle en était certaine.

C'est alors qu'Hermione sentit un regard braqué sur elle. Elle tourna les yeux, et vit Ron fixer leurs deux mains, toujours liées. Son regard bleuté était incroyablement froid.

Harry sembla lui aussi s'en apercevoir, et par réflexe et d'un accord silencieux ils s'éloignèrent l'un de l'autre.

La réalité venait de les percuter de plein fouet.

Hermione était encore mariée. Ce qu'elle venait de faire n'était pas correct. C'avait été plus fort qu'elle, mais elle ne pouvait pas. Pas devant Ron.

Un léger silence plana, et une sorte de malaise se mit en place. Ron ne disait rien, seule sa mâchoire se contractait de temps à autre. La jeune femme n'osait pas bouger, elle respirait à peine, puis finit par briser le silence avec un léger raclement de gorge.

- Hum ... je ... je crois que nous devrions prévenir le ministre de ton retour, Harry.

Le brun leva les yeux du sol, où ils étaient restés fixés pendant ce long silence. Il croisa brièvement le regard d'Hermione, mais n'osa pas la regarder trop longtemps.

- Oui, je pense que ce serait une bonne idée. Ils sont à ma recherche depuis un moment, et je n'ai pas envie d'être considéré comme un fugitif, un criminel ou je ne sais quoi d'autre.

Ils acquiescèrent tous les deux, et commencèrent à s'en aller quand Harry s'arrêta net. Il venait de remarquer que contrairement à eux, Ron ne bougeait pas, ne disait rien, et les regardait à peine.

- Ron ? demanda-t-il. Tout va bien ? Tu ne viens pas avec nous ?

- Non.

Harry et Hermione se regardèrent, perplexes.

- Quelque chose ne va pas ? demanda la jeune femme.

- Tout va très bien.

Nouveau silence. Hermione se sentait de plus en plus coupable. Elle n'aurait pas dû être aussi proche d'Harry juste devant Ron, puisque maintenant il était en colère, cela se voyait à ses oreilles qui viraient au rouge. Il semblait se contenir assez difficilement, il luttait contre lui-même.

- Dans ce cas, nous ... nous allons y aller.

- Parfait, dit-il.

- Ron tu n'es pas obligé d'être aussi désagréable, fit remarquer la sorcière qui commençait à s'énerver.

- Je ne suis pas désagréable, répliqua-t-il d'un ton qui disait tout le contraire.

Hermione retint avec difficulté la colère qui montait progressivement en elle. Certes, c'était de sa faute s'il était dans cet état. Mais ce n'était pas non plus une raison pour enfoncer le clou, et en rendre les choses encore plus gênantes pour tout le monde !

- Et au passage, livrer Harry au ministère est une idée complètement stupide.

La jeune femme, sentant son calme l'abandonner un peu plus, croisa les bras, sur la défensive.

- Ah oui ? Et pourquoi ça ?!

- Une fois que le ministre aura obtenu les informations qu'il veut, qu'est-ce qu'il fera à ton avis ? Laisser Harry repartir bien gentiment, après avoir prit une tasse de thé avec lui ? Crois-moi, ce n'est pas une bonne idée.

- Mais comment ça ? Il faut bien le prévenir, on ne va tout de même pas le cacher ici tout le reste de sa vie.

- Sauf que si le Ministère apprend qu'il est en vie, il n'hésitera pas à l'utiliser comme outil de propagande !

Harry et Hermione ouvrirent des yeux ronds.

- Ron, demanda Harry, depuis quand tu t'intéresses à la propagande et à la politique ?

Le rouquin ne releva pas, ne quittant pas Hermione des yeux.

- Si jamais il se présente au ministère, Harry sera présenté comme le héro, l'espoir du monde sorcier ! Celui qui nous sauvera tous ! Et le ministre s'attribuera tous les mérites ! On en parlera dans la Gazette, il y aura des journalistes, des interviews ... Je ne pense pas qu'Harry aie envie de vivre ça. Après tout il en a assez bavé toute sa vie, et un peu de tranquillité pour une fois ne ferait de mal à personne !

- Ron tu dis n'importe quoi ! s'exclama Hermione. Harry est considéré comme un fugitif, il a des aurors aux trousses ! C'est trop dangereux de le garder ici ! Et plus nous attendrons, plus nous serons considérés comme suspects nous aussi !

- Merci bien, je ne suis pas stupide ! Je dis juste que nous pourrions au moins attendre un peu. Et d'ailleurs, peut-être que si ce sortilège était jeté sur lui, c'est parce qu'il devait justement rester caché !

- Comment ça ?! s'étonnèrent les deux autres.

- Et bien ... peut-être que ce sortilège était sensé le protéger, je ne sais pas ...

- N'importe quoi ! De quoi devait-il être protégé ?

- Je n'en sais rien, je n'ai jamais été doué pour la divination ! D'ailleurs quand j'y pense, peut-être que ce n'est pas lui qu'il faut protéger, mais nous ...

- Nous ?! s'exclama Hermione, scandalisée. Je n'ai jamais entendu quelque chose d'aussi stupide de ta part, Ron ! C'est complètement absurde, Harry ne ferait de mal à personne !

- Ah oui ?! cracha le rouquin.

Sur cette dernière remarque, Ron regarda Harry droit dans les yeux. Il n'avait jamais été aussi froid avec lui, même lorsqu'ils étaient en colère l'un contre l'autre. Et ce regard, celui avec lequel il transperçait son meilleur ami, était remplit de question implicites. Est-ce que tu es capable de faire du mal à quelqu'un, Harry ? Est-ce que tu es capable de me faire du mal à moi, ton meilleur ami ? Parce que c'est ce que tu es en train de faire. C'est ce qu'Hermione et toi êtes en train de faire.

Harry avait parfaitement saisit le message, mais il n'osait pas répondre.

- Très bien, dit Hermione. J'en ai assez. Nous allons au ministère, que cela te plaise ou non !

- Parfait.

- Parfait !

- Parfait !

- CA SUFFIT !

Ron et Hermione se figèrent. Ils ne s'étaient même pas aperçus qu'ils avaient haussé le ton, et Harry venait de les rappeler à l'ordre.

- Est-ce que vous pourriez arrêter de vous disputer, ne serait-ce que pour deux petites minutes ?

Harry ne put s'empêcher de remarquer que malgré le temps, certaines choses ne changeaient pas, et leurs disputes ne faisaient visiblement pas exception à la règle.

- Pardon Harry, c'est juste ... commença Hermione.

- ... le divorce ? acheva Ron d'un ton sec.

Un ange passa. Hermione se fascinait pour ses chaussures, et Harry n'osait même pas respirer tellement l'ambiance était brusquement devenue glaciale.

- Hum ... je crois ... je crois que nous allons y aller, dit Harry tout bas. Je ne voudrais pas avoir d'ennuis avec la justice ...

- Très bien ... dit Ron. Fait comme tu veux. Pour ma part je vais rester là. Je vais envoyer des hiboux à Ginny, Charlie, Percy, Bill et Neville. Eux aussi doivent être au courant.

- Bonne idée, approuva Harry. A tout à l'heu-

Vlam !

Ron venait de claquer la porte juste sous leur nez. Harry et Hermione se regardèrent. La colère de la jeune femme avait fait place à de la tristesse et de la culpabilité.

- Harry je ... je suis désolée pour cette scène, c'était ridicule.

- Ne t'en fait pas. Ron est un peu tendu, c'est tout. Et puis tu n'as rien à te reprocher, ce n'est pas comme si on sortait ensemble ...

Dans un premier temps il se mit à rire, puis son rire mourut dans sa gorge.

Mais pourquoi avait-il dit ça ?!

Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

De son côté, Hermione ne trouva rien à répondre. C'est vrai, après tout Harry et elle n'étaient pas un couple ... Il n'y avait rien entre eux, n'est-ce pas ? Il n'avaient toujours été ... que des amis. De simples amis. Des amis proches, très proches même. Mais ... rien de plus. Peut-être ... peut-être qu'Harry ne l'aimait pas comme elle l'aimait ? Peut-être que ses sentiments n'étaient qu'à sens unique ? Peut-être qu'elle était la seule à sentir cette légère ambiguïté dans leur relation ? La seule à se demander comment aurait été sa vie à ses côtés, et non aux côtés de Ron ...

- On ... on y va ? demanda-t-elle.

- Oh, hum ... oui ...


Harry était un crétin.

Alors qu'il attendait avec Hermione devant le bureau du ministre de la magie, il en était persuadé, c'était un crétin. Et même un crétin de première classe, le meilleur parmi les meilleurs !

Ce n'est pas comme si on sortait ensemble ...

Non mais franchement !

Il était en colère contre lui-même. Les yeux fixés sur la chevelure bouclée d'Hermione, il pestait intérieurement. Et en même temps, il réfléchissait. Il essayait de faire le point.

Ils ne sortaient pas ensemble, certes. Mais de son côté ce n'était pas l'envie qui manquait. Pendant toutes ces années, l'absence d'Hermione avait laissé un immense vide dans sa vie. Marcus avait tellement entendu parler d'elle qu'il se demandait comment son ami avait fait pour le supporter. Et maintenant qu'elle était là, juste devant lui, c'était encore pire. Ou encore mieux, selon le point de vue.

Qu'est-ce qu'il ne donnerait pas pour ... une simple soirée avec elle, à l'écouter parler et rire ? Ou pour se réveiller à ses côtés le matin, et voir ses cheveux dans un pire état que d'habitude ? Bon, c'est vrai qu'il ne les avait jamais vus au réveil, mais il était persuadé que ses cheveux étaient encore plus emmêlés ... Ou alors il pourrait s'asseoir à côté d'elle, et la regarder lire. Puis en avoir assez, et décider de l'embêter jusqu'à ce qu'il parvienne à détourner son attention, et qu'elle explose de rire.

Son rire ... Qu'est-ce qu'il aimait entendre son rire ...

Tout ce qu'il voulait c'était passer du temps avec elle. Lui donner l'impression qu'elle était la seule fille au monde, qu'il n'y avait toujours eut qu'elle. Ce qui était vrai, en un sens. Ils se connaissaient depuis suffisamment longtemps pour pouvoir dire qu'il n'avait jamais aimé qu'elle. Mais comment aurait-il pu le savoir à l'époque ? L'amour est un sentiment compliqué, indéfinissable. On peut expliquer comment fonctionne l'amitié, comment fonctionne la loyauté. Mais l'amour ... c'est autre chose. Et c'était sûrement pour cela qu'il avait mit autant de temps à comprendre.

Oh, pouvoir passer du temps avec elle ... Juste une journée, quelque heures, quelques minutes ... Pour se sentir heureux, enfin ...

- Harry ? Il y a quelque chose de drôle ?

Hermione le regardait avec un mélange de surprise et d'amusement. Sans s'en rendre compte, alors qu'il pensait à elle un grand sourire avait étiré les lèvres du jeune sorcier.

- Non, non ... je réfléchissais, c'est tout.

- Et tu réfléchissais à quoi pour sourire de la sorte ?

- A ... un sujet important. Très important, même.

- Ce n'est pas une réponse, Harry, dit-elle en souriant.

- Bien sûr que c'est une réponse, répliqua-t-il avec amusement.

Hermione s'apprêtait à ajouter quelque chose, quand soudain la secrétaire arriva, et s'adressa à elle :

- Mrs Weas- ... Granger, Mr Shacklebolt accepte de vous recevoir.

- Merci, Agatha, dit-elle. Et quand à toi ...

Elle pointa son index juste sous son nez, en plissant légèrement les yeux avec un mélange de malice et de suspicion.

- ... nous reprendrons cette discussion plus tard. Je vais te tirer les vers du nez, et enlever ce petit sourire insolent de ton visage.

Harry ne put s'empêcher de rire.

- Mais avoue Hermione, tu l'adores mon petit sourire insolent !

- Je ... bon, d'accord. Je plaide coupable !

Ils entrèrent tous les deux dans le bureau en riant, tandis que la secrétaire regardait Harry passer devant elle d'un air ahurit. Elle ne lui avait pas vraiment porté d'attention jusqu'ici, et ce ne fut que lorsqu'il se trouva sous son nez qu'elle crut voir ... Elle crut voir ...

Une fois qu'ils eurent fermé la porte, elle resta immobile pendant quelques minutes, puis se laissa tomber sur son fauteuil. Elle devait avoir rêvé. Ce n'était pas ... ce n'était pas Harry Potter, le Harry Potter, qui venait de passer devant elle. Oui elle ... elle venait d'halluciner ... elle avait juste besoin de vacances ...

De très, très longues vacances.


Shacklebolt était tranquillement installé devant son bureau, quand Hermione ouvrit la porte et entra.

- Ah Hermione, dit-il, je suis ravi de te revoir. Qu'est-ce qui me vaut ... ?

Soudain, il se figea. Elle n'était pas seule. Elle riait avec un homme à sa droite. Et c'est homme n'était pas n'importe qui.

- Par la barbe de Merlin ... articula très lentement le ministre. Harry Potter ...

Le concerné hocha la tête poliment, et c'est ce moment que choisit Prescott pour entrer à son tour dans le bureau, les bras chargés de documents.

- Monsieur le ministre, je voulais vous parler deee-NON D'UNE BOUSE DE DRAGON !

Tous ses documents venaient de tomber au sol, et il se contentait de rester là, immobile, les bras branlants et la bouche grande ouverte. En ce moment même, il ressemblait trait pour trait à un poisson.

- Bonjour ! lui dit Harry avec un grand sourire innocent, comme si la situation était tout à fait normale, ce qui évidemment le fit blêmir encore plus.

Hermione ne put s'empêcher de pouffer. Shacklebolt, qui semblait parfaitement maître de lui-même, comme s'il n'y avait rien d'exceptionnel, les invita à s'asseoir devant lui. Prescott pendant ce temps avait retrouvé ses esprits, et ramassait ses papiers un à un, éberlué, fixant Harry comme s'il pouvait s'évaporer d'un instant à l'autre.

- Alors comme ça vous êtes réellement en vie ? Je pense que désormais plus ne pourra me surprendre de votre part, Monsieur Potter.

La façon dont il abordait le sujet, comme s'il maîtrisait parfaitement la situation, était assez impressionnante. Ce n'était pas pour rien qu'il était devenu ministre. Il se trouva alors vers Hermione d'un air neutre.

- Depuis combien de temps étiez-vous au courant ?

- Au courant de quoi ? répliqua-t-elle. Que vous le recherchiez, ou qu'il était vraiment Harry ?

Le ministre ouvrit la bouche, puis la ferma, la rouvrit et la referma à nouveau. Il semblait plus que perplexe, son masque de sérieux était tombé en une fraction de seconde.

- Je ... Je ne comprends pas, dit-il. Que voulez-vous dire ? Que Monsieur Potter n'était pas lui-même ?

Hermione sembla hésiter un moment. Elle ne comprenait pas encore tout, mais elle avait bien comprit qu'Harry avait encore beaucoup de choses à cacher, et peut-être qu'il voulait justement en cacher une partie au ministre de la magie. Elle se tourna vers lui, le regard légèrement inquiet. Mais d'un simple regard Harry lui donna son accord silencieux, et après avoir prit une grande inspiration la jeune femme expliqua toute l'histoire aux deux hommes.

De longues minutes passèrent. Cela faisait maintenant une heure qu'Hermione parlait sans relâche, interrompue par-ci par-là par Shacklebolt qui lui demandait des précisions, cherchait à voir si elle se contredisait, s'il y avait des failles dans son récit, et donc si elle essayait de lui cacher quelque chose. Mais Hermione n'avait plus aucune raison de mentir, et bientôt elle arriva au bout de son récit.

Une fois qu'elle eut terminé, le regard du ministre passa de l'un à l'autre plusieurs fois. Il avait croisé ses mains, ses bras appuyés sur ses coudes et semblait littéralement les transpercer du regard, comme s'il cherchait à percer chaque secret qu'il pouvait potentiellement détenir.

- Très bien, finit-il par dire. Je vous remercie Hermione. Je pense maintenant que nous allons écouter la version de Monsieur Potter.

Harry se figea instantanément.

- Je n'ai rien à ajouter, Monsieur le ministre, dit-il en plantant son regard dans le sien.

A cette remarque, celui-ci se leva brusquement de sa chaise, les poings sur la table. Il semblait d'un seul coup nettement moins calme, et nettement moins enclin à les écouter parler patiemment. Instinctivement, Hermione attrapa la main d'Harry sous la table.

- Comment ça vous ne pouvez rien dire ?! Vous ne pouvez pas disparaître du jour au lendemain, puis réapparaître sept ans plus tard sans donner d'explications !

Le ton était monté. Harry ne comprenait pas pourquoi le ministre, qui pouvait paraître si calme au premier abord, se mettait en colère à ce point.

- Est-ce qu'une de vos lois m'oblige à justifier tous mes déplacements au près de vous ? répliqua Harry avec sarcasme.

Shacklebolt prit une grande inspiration. Une très grande inspiration.

- Ecoutez-moi bien, Potter. On ne disparaît pas sans une bonne raison. Et surtout pas vous ! Vous n'êtes pas n'importe qui ! Vous êtes le survivant !

- Il n'est pas seulement le survivant, je vous signale, s'opposa Hermione. C'est un être humain comme les autres, et rien ne l'oblige à vous donner d'explications !

- Entièrement d'accord ! renchérit Harry. Je ne vais quand même pas devoir demander votre permission chaque fois que je dois partir en vacances ou boire un jus de citrouille !

- Vous ne comprenez pas !

Le ministre se passa les mains sur son visage, comme pour s'éclaircir les idées.

- Mr Potter est officiellement déclaré mort. Et un peu de notre espoir, voire même la figure la plus importante de notre espoir est mort en même temps. Mais puisque vous êtes ici, en chair et en os, cela change tout ! Avec les temps qui courent, cette information est une bombe ! Les gens voudront en savoir plus, il voudront connaître votre passé ... Ce que vous avez fait pendant ces sept ans ne regarde que vous, Monsieur Potter, cependant ...

Il laissa planer un silence, comme pour appuyer sa phrase.

- ... cependant on ne disparaît pas sans raison. Même vos plus proches amis n'étaient au courant de rien. Donc la question que je vous pose est la suivante : aviez-vous une bonne raison de partir ? Etes-vous partir pour fuir quelque chose, ou quelqu'un ? Etes-vous partit de votre plein gré ? Ou alors est-ce nous que vous avez fuit ? Avez-vous quelque chose à cacher, quelque chose de dangereux, quelque chose qui mette en péril la communauté sorcière ?

Il marque de nouveau une pause, puis acheta sur cette question :

- Ce que je vous demande, Monsieur Potter, c'est si vous êtes partit parce que vous étiez dangereux pour nous ?

- Non ! protesta Hermione. Mais qu'est-ce que vous avez tous à penser une chose pareille ?! Nous parlons d'Harry, pas d'un monstre !

Mais Harry de son côté n'avait rien répondu. Il avait tout écouté, en silence, sans broncher. Et maintenant il regardait Hermione prendre sa défense, avec un air si fermé et si distant, que même elle se mit à douter. Puis, après une horrible minute de silence absolu, il répondit calmement, parfaitement conscient des trois paires d'yeux rivées sur lui.

- Je n'en sais rien.

Il y eut un nouveau silence. Personne ne s'attendait à cette réponse.

- Comment ça tu n'en sais rien ? demanda Hermione doucement. Tu es en train de dire que tu es parti sans raison ?

- Non, ce n'est pas ça.

Le sorcier à lunettes poussa un soupir.

- Si je suis parti, c'est pour une bonne raison. J'étais parfaitement conscient de ces raisons à l'époque, et malheureusement je ne peux toujours pas vous en parler aujourd'hui.

- Mais dans ce cas qu'est-ce que tu ne sais pas ?

- Je ... je ne sais pas si je suis dangereux ou non.

On n'entendait plus que le tic-tac de l'horloge. Harry ne bronchait pas. En ce moment même, il ne tenait pas compte du ministre et de Precott. Il regardait Hermione. C'était Hermione qui comptait à ses yeux. C'était la façon dont elle allait réagir face à ce qu'il venait de dire. Ce qu'il redoutait par dessus tout, c'était qu'elle le regarde différemment. Avec peur, horreur, dégoût peut-être. Qu'elle le regarde comme s'il était condamné, comme s'il n'était plus lui-même. Ou pire encore, qu'elle le regarde avec pitié.

Et en effet, le regard d'Hermione changea.

Mais de la façon qu'il redoutait.

Son regard était parfaitement calme et serein. Pas de doute, pas de peur. Juste une confiance totale et absolue, ponctuée d'un léger sourire.

- Harry, tu ne serais jamais revenu si tu pensais être réellement dangereux, dit-elle.

- Monsieur Potter, je crois que vous nous devez des explications, ajouta Shacklebolt.

- Je ne peux pas vous en donner.

Le ministre commençait à perdre patience.

- Donc si je comprends bien, dit-il, vous avez survécu au sortilège de mort, mais ne pouvez pas nous dire comment. Vous êtes parti pour une bonne raison, mais ne pouvez pas nous dire pourquoi. Puis vous revenez, nous dites que vous êtes peut-être un danger, sans pouvoir nous en expliquer les raisons et les causes ?

- Euh ... oui. C'est à peu près ça ...

Shacklebolt se rassit en poussant un profond soupir. Il sentait un mal de crâne pointer le bout de son nez, et toute cette histoire l'agaçait sérieusement.

- Monsieur Potter, ce que vous me dites est très grave. Et dans d'autres circonstances, je n'aurais pas hésité à utiliser du véritaserum pour vous faire parler. Cependant j'ai d'autres chats à fouetter, et comme le dit Mrs Weasley, si vous êtes revenu ce n'est sûrement pas pour nous causer des problèmes. Vous pouvez donc repartir. Je vous laisserai dire ce que vous voulez à la Gazette du sorcier, dites-leur que vous avez fait le tour du monde, ou inventez autre chose, peu importe.

Harry fut très surpris pendant un moment, et il put voir qu'Hermione également se demandait pourquoi le ministre les laissait repartir aussi facilement. Mais ils ne posèrent pas plus de questions, se levèrent de leurs sièges et quittèrent le bureau sans plus d'explications.


- J'ai beau tourner et retourner la situation dans tous les sens, je ne comprends pas !

Harry et Hermione marchaient l'un à côté de l'autre dans les couloirs du ministère. Comme la jeune femme connaissait bien les lieux, elle s'était arrangée pour passer par les endroits les moins fréquentés, de sorte à éviter qu'Harry se fasse dévisager par tous les sorciers qui allaient croiser son chemin.

- C'est vrai qu'il aurait put utiliser du veritaserum, dit Harry.

- Non, il n'aurait pas put. C'est interdit.

Harry s'arrêta net, forçant Hermione à s'arrêter elle aussi.

- Comment ça ?!

- Le veritaserum a été interdit lors de l'accord passé avec les moldus. Comme un certain nombres d'autres potions d'ailleurs ...

Harry eut soudain l'impression de voir plusieurs points lumineux danser autour de lui, et sa tête tourna légèrement. Puis le vertige passa, et il continua sans trop y faire attention.

- Je préfère l'ancien monde moldu, avoua-t-il. Peut-être qu'à l'époque il fallait vivre caché, mais au moins il n'y avait pas toutes ces règles pour nous empêcher de vivre normalement ...

- Oui, je suis d'accord, approuva Hermione.

Son amie continua à parler, mais Harry ne l'écoutait plus. Il avait soudainement du mal à respirer, un poids lui écrasait douloureusement la poitrine. Tout se mettait à tourner autour de lui, et peu à peu les images de son environnement se mirent à se déformer ... Oh non ! pensa-t-il avec panique. Pas encore, pas maintenant !

- Ou alors peut-être qu'il va essayer de te suivre, dit Hermione toujours perdue dans ses pensées. Il va sûrement envoyer l'un de ses aurors pour t'espionner, et essayer de découvrir ce que tu caches. Il faudrait que ... Harry ? Tout va bien ?

Il se sentait à présent tellement mal qu'il s'était mit à trembler, et avait dû s'accrocher au bras d'Hermione pour s'assurer qu'il n'allait pas tomber. C'était encore une crise. Il sentait peu à peu son cœur s'emballer, son corps passer du chaud au froid et sa respiration se faire plus saccadée. En face de lui, Hermione commençait vraiment à s'inquiéter. Elle essayait de lui parler, de le faire réagir, mais sa voix se faisait de plus en plus distante. Elle était comme déformée, elle ne l'atteignait pas. Tout ce qu'Harry ressentait, c'était ses jambes qui ne le soutenaient plus, ce bruit suraigu qui lui perçait les tympans, et cette douleur horrible et insoutenable qui traversait tout son être.

Avant même qu'il ne comprenne ce qu'il se passait, il réalisa qu' Hermione l'avait amené dans une pièce sur le côté. Personne ne l'occupait. Il distingua vaguement une table rectangulaire, et des sièges de part et d'autres.

- Harry ! Harry répond-moi qu'est-ce qu'il se passe ?!

A cause du rythme irrégulier de sa respiration, il avait du mal à s'exprimer. Son esprit, luttant contre les vagues d'émotions négatives qui l'assaillaient de toutes part, répétait inlassablement : une constante, une constante ... souviens-toi de ce que tu as apprit, trouves une constante ...

Tout se mettait à tourner dangereusement autour de lui, l'entraînant dans un tourbillon qui lui donnait une nausée horrible. La lumière l'aveuglait au point de lui brûler les yeux, et les battements affolés de son cœur résonnaient dans ses oreilles.

C'est alors qu'Hermione prit son visage en coupe entre ses mains, et planta son regard dans le sien. Dès cet instant, il ne vit rien d'autre que leur couleur chocolat.

- Harry ... qu'est-ce que je dois faire ?

Il essaya de reprendre ses esprits, il aurait voulu lui dire que cela allait passer, mais la vérité était qu'il tremblait de plus en plus, qu'il avait de plus en plus mal. C'était comme si des mains invisibles lui déchiraient la peau, le torturaient de l'intérieur. Il avait Il avait l'impression que tout autour de lui allait exploser, qu'il allait mourir, qu'il allait ...

- Harry ... Harry ... regarde-moi ... murmurait Hermione.

Sa voix état douce, calme, apaisante. Il lui fallait une constante, une chose à laquelle se raccrocher, pour ne pas perdre la tête, pour rester dans la réalité ... Alors il n'écouta que son instinct, et attira Hermione contre lui pour la serrer dans ses bras.

Elle eut d'abord une exclamation de surprise, amis en voyant dans quel état il était, tremblant de toute part en semblant souffrir le martyr, elle s'hésita pas et le serra à son tour de toutes ses forces. Elle colla son front contre le sien. Contrairement au sorcier, qui semblait sous l'effet de la fièvre, sa peau était fraîche. Sa respiration était calme. Son souffle, qu'il pouvait sentir contre son visage, était régulier.

Il restèrent ainsi de très longues minutes, sans bouger. Harry avait finit par fermer les yeux, se concentrant sur chaque détail, sur chaque sensation pour la graver dans son esprit. Ses cheveux tombaient de tous les côtés, et venaient chatouiller son visage. Son nez n'était qu'à quelques millimètres du sien. Il sentait ses bras autour de lui, son corps collé contre son torse. Peu à peu, leurs respirations eurent le même rythme, et Harry se mit de nouveau à trembler légèrement.

Mais cette fois-ci ce n'était pas à cause de la crise. Cela faisait plusieurs minutes qu'elle était passée.

Il tremblait parce qu'il venait d'ouvrir les yeux, et que son regard s'était porté sur les lèvres d'Hermione. La jeune femme ne bougeait toujours pas, le tenant dans ses bras avec un air de plénitude. Mais lui, il ne voyait que ses lèvres, ses près des siennes, et il ne sentait que son souffle, qui allait finir par lui faire perdre la tête. Il déglutit. Sa gorge était sèche. Il n'avait jamais remarqué à quel point Hermione pouvait lui sembler frêle au creux de ses bras. A quel point cette femme si forte et si sûre d'elle pouvait, en ce moment précis, sembler si vulnérable. C'était une contradiction ... intéressante. Et vraiment très attirante, pour être honnête.

Comment réagirait-elle s'il l'embrassait, là, maintenant, tout de suite ?

Est-ce qu'elle le voyait ... comme il la voyait elle ?

Il voulait l'embrasser à en perdre le souffle. Il voulait enfouir sa tête au creux de son coup. Était-ce mal ? Est-ce qu'il ne devrait pas ... s'éloigner d'elle ?

Il ne fallait pas oublier Ron.

Soudain, Hermione ouvrit les yeux à son tour. Harry eut alors l'impression qu'il allait devenir complètement dingue. Pourquoi le regardait-elle de cette façon ? Avec autant ... d'intensité ? Ils retinrent tous les deux leur souffle. Ils semblaient peu à peu prendre conscience qu'ils étaient seuls. Absolument seuls.

- Tu te sens mieux ? murmura-t-elle.

- Oui. Merci, Hermione. Merci.

Ils se regardaient toujours. Leurs regards étaient comme aimantés. Ils s'éloignèrent un peu, mais ne parvenaient toujours pas à regarder ailleurs.

- Hermione, je crois qu'il faudrait que l'on ait une discussion.

Il fallait qu'il lui dise, d'une façon ou d'une autre. Mais peut-être qu'elle n'avait pas la tête à ça, surtout en ce moment ? Peut-être qu'il se trompait sur toute la ligne ?

- Je suis d'accord, dit-elle. J'aimerais que tu m'explique ce qu'il vient de se passer.

- Tu veux dire ... ma "crise" ?

- C'est ça ...

Mais ce n'est pas de ça dont je voulais te parler ... pensa le brun.

- J'imagine que là non plus, tu ne peux rien dire ? demanda Hermione.

- Je ... non ... désolé ...

Elle poussa un soupir, prit les mains d'Harry dans les siennes, et le regarda droit dans les yeux.

- Harry, je comprends parfaitement que tu ne puisses pas parler de certaines choses, même si j'aimerais que tu me fasses assez confiance pour te confier à moi ...

- Ce n'est pas une question de confiance. Je ne peux pas te parler de certains détails des sept dernières années, c'est tout.

Hermione le regarda alors d'une façon étrange, comme si elle parvenait peu à peu à comprendre quelque chose.

- Harry ... est-ce que ... est-ce que tu ne peux en parler à personne parce que tu as fait un serment inviolable ?

Un silence plana, le sorcier prit un air grave.

- Oui, avoua-t-il dans un souffle. Pas un seul mot concernant ce qu'il m'est arrivé ne doit franchir mes lèvres.

Suite à cette phrase, quelque chose sembla se briser en Hermione. Ses yeux se remplirent de larmes, et avant même qu'Harry n'aie le temps de réagir elle avait enfouis son visage entre ses mains, tout en tentant d'étouffer ses sanglots. Harry était complètement désemparé. Elle s'était effondrée en une fraction de seconde, et il ne comprenait pas pourquoi. Il la serra contre elle une seconde fois, et tout en caressant ses cheveux il lui murmurait des paroles réconfortantes à l'oreille. Quand elle lui sembla un peu plus calme, il lui demanda ce qui l'avait mise dans un état pareil.

- C-c'est juste que ... j-j'ai peur pour toi. Je m'inquiète pour toi, et quand je t'ai vu dans cet état j'ai vraiment eut peur de te perdre une deuxième fois. Tu semblais ... possédé. Complètement ailleurs. Et le fait de ne pas savoir ce qu'il t'arrive, que tu ne puisses pas me le dire, même si tu n'as pas le choix ... ça m'inquiète encore plus.

- J'ai parfois l'impression que tu passes ta vie à t'inquiéter pour moi, Mione ...

- Mais parce que c'est le cas, espèce d'idiot ! dit-elle dans un mélange de rires et de larmes.

- Je suis un idiot ? Moi ? dit-il avec un sourire amusé. Tu es plutôt gentille je trouve. J'ai plus l'impression d'être un crétin sans cervelle, avec un don pour me mettre dans des situation desquelles je ne peux pas me sortir sans toi.

- Tu n'es pas un crétin sans cervelle, s'amusa la sorcière. Pourquoi tu te dénigres comme ça ?

- Parce qu'au moins je réussis à te faire sourire, dit-il en lui caressant la joue.

Hermione se mit à rougir, et le serra à nouveau contre lui. Harry sentait son cœur battre de plus en plus fort.

- Tu m'as manqué, murmura-t-elle.

- Toi aussi ...

C'est le moment où jamais, se dit-il. Il faut que je sache. Il faut que je sois sûr que je ne me suis pas bercé d''illusions pendant sept ans ...

- Tu sais Hermione, dit-il, la première fois que je t'ai revue, j'ai vraiment réalisé que les sept dernières années avaient été ... une éternité.

La jeune femme ne répondit pas, toujours serrée contre lui. Elle écoutait. Harry avait un peu de mal à réaliser ce qu'il était en train de dire, mais après tout ce temps à attendre, il n'en pouvait plus.

- Et pourtant, continua-t-il, entre nous c'est comme ... comme si ...

- Comme si on s'était quittés la veille ? proposa Hermione tout en évitant son regard.

- C'est ça. C'est exactement ça. On est toujours aussi proches. Je veux dire, bien sûr nous avons toujours été proches, mais j'ai l'impression ... enfin je me demande si ... si ...

C'est alors qu'Hermione se détacha de lui. Elle se mit à le regarder dans les yeux, avec une étrange lueur dans le regard.

- Si quoi ? demanda-t-elle.

Harry ne trouvait plus ses mots. C'était nettement plus simple quand elle ne le regardait pas, parce que là il était complètement en train de perdre ses moyens ...

- Si nous ne devrions pas faire attention à notre comportement face à Ron.

Non non non ... ce n'est pas ça que je voulais dire ...

- Euh ... oui ... c'est vrai qu'il était assez froid tout à l'heure ... dit-elle en hésitant.

- On dirait presque qu'il soupçonne quelque chose, tenta le sorcier à lunettes.

- Parce qu'il y a quelque chose ?

Cette question pouvait être interprétée de plusieurs façon différentes. Mais prononcée sur ce ton là, avec ce qui ressemblait à du doute et de l'espoir dans les yeux de la jeune femme, l'interprétation était simple. Elle lui demandait s'il y avait quelque chose. S'il pouvait y avoir quelque chose. Mais, comme un idiot, tout ce qu'il trouva à répondre fut :

- Non. Il n'y a rien.

Ce qui était vrai, en quelque sortes. Officiellement, il n'y avait rien. Il n'y avait jamais rien eut.

- Je ... je vois ...

Hermione s'éloigna alors de lui, évitant son regard le plus possible. Elle n'avait pas comprit. Il s'était mal exprimé. Alors qu'elle apprêtait à sortir de la pièce, Harry se leva rapidement et se plaça devant elle pour lui bloquer le passage.

- Harry ? Mais qu'est-ce que tu f- ...

Il ne lui laissa même pas le temps de répondre. Sans réfléchir, il se jeta à l'eau ...

Et il l'embrassa.

Ses lèvres étaient incroyablement douces, telles qu'il les avaient rêvées. Dans un premier temps, sous l'effet de la surprise, Hermione ne réagit pas. Il eut peur de recevoir une gifle monumentale pour ce qu'il venait de faire, et un léger doute s'insinua dans son esprit. Mais ses doutes furent rapidement balayés, lorsqu'elle se mit elle aussi à répondre à ce baiser.

Elle passa ses mains derrière sa nuque, tout en se collant contre lui. Harry était le plus heureux des hommes, et il sentait peu à peu un feu d'artifice exploser en lui. Il glissa une main au creux de ses hanches, pour la rapprocher un peu plus de lui. Elle n'émit aucune protestation, et tout en appuyant un peu plus leurs lèvres, les deux amis, ou plutôt les deux amants, ne purent s'empêcher de sourire.

Maintenant, il y avait quelque chose.


Et voilà ^^ Alors ? Satisfaits ? Frustrés ?

Envie de connaître la suite ? Ce sera au chapitre suivant ...

(En ce moment même j'ai vraiment l'impression d'être sadique ^^)

A plus !