Cet OS a été écrit dans le cadre des Nuits du FOF, pour plus de précisions, vous pouvez bien sûr m'envoyer un PM ou aller voir sur notre formidable forum francophone !

Le thème était ici « Orage »

Une nuit d'orage...

Une si belle nuit. Couleur d'orage. La pluie venait de s'abattre sur la ville, les nuages pleuraient de tout leur corps, des sanglots déchirants qui dévalaient les rues, s'infiltraient entre les pavés inégaux, formaient des petits lacs dans leurs creux, éclaboussant au passage les rares passants. Accoudé à la fenêtre de son appartement, Draco regardait les gens, la vie, la nuit. La lune et les étoiles qui luisaient dans ce noir d'encre. Tout ce qu'on pouvait observer par une belle nuit d'orage. Tout ce qui pouvait le ramener à la réalité. Sans y parvenir. Il restait les yeux dans le vague, le vague à l'âme et l'impression de faire une connerie. Ou plutôt de s'apprêter à faire une connerie.

Sérieusement, il n'y pensait pas ? Débarquer chez elle, lui déballer ce qu'il avait sur le cœur ? Non, impossible. Une vraie connerie. Une véritable folie. Elle lui rirait au nez, elle lui dirait de se mêler de ses affaires, de l'oublier, de ne plus l'approcher. Elle lui dirait qu'elle, ne l'aimait pas, qu'elle, ne ressentait rien pour lui. Elle lui dirait qu'elle, n'était pas prête de tomber amoureuse d'un Mangemort. Aussi sang-pur fut-il. Non. Une vraie connerie. Il ne pouvait pas faire ça, ça n'était pas possible. Il allait se ridiculiser. Elle allait l'humilier. Et si lui n'avait qu'inventer tout ce qu'il avait cru comprendre de ses gestes ? Et s'il se faisait des films ?

Si un jour on lui avait dit qu'il douterait avant d'aller rendre visite à une femme, il aurait ri aux éclats devant l'outrecuidance de l'impudent. Sérieusement, un Malfoy qui se défile ? Enfin, si, un Malfoy qui se défile, ça c'était commun, il n'y avait qu'à voir son père, mais un Malfoy qui se défile devant une femme, ça, jamais ! Et sûrement pas lui. Surtout pas lui. Le prince des Serpentards. Que pouvait-il bien faire de ça maintenant que leurs études étaient finies depuis des années, maintenant que personne ne se souvenait plus du grand Draco Malfoy autrement que pour les exploits macabres de son père et pour son soi-disant courage à lui en tant qu'espion ? Courage qu'on n'avait reconnu que du bout des lèvres. Non, décidément, c'était une belle connerie. Et pourtant, Merlin qu'il en rêvait de la faire...

Il observa encore le paysage de ces immeubles se découpant dans la nuit. Une étoile filante passa. Il fallait faire un vœu non ? C'était pas ça que disait Granger ? Le jour de la Bataille, il y en avait eu une, et il l'avait entendu murmurer cette croyance moldue. Est-ce que ça l'aiderait, lui ? Encore une de ces idioties. Bien sûr que non, ça ne l'aiderait pas. Qui y croyait encore à part cette folle de Granger ? Pas lui en tout cas. Mais si ça pouvait marcher... Si seulement il pouvait faire un tout petit vœu, comme celui de ne pas être rejeté par la seule femme qui l'intéressait et qui s'intéressait vraiment à lui depuis cette fichue Guerre... Si seulement ça pouvait lui donner du courage. Merlin, il n'était pas un Gryffondor, et ça se voyait ! Si seulement pour une fois, il pouvait avoir l'impression de ne plus être ce pleutre qu'il était trop souvent... Allez, par Merlin, il n'était pas un Malfoy pour rien !

Ça faisait des heures qu'il était devant cette satanée fenêtre, des heures passées à observer la rue, à chercher ce qui pourrait le retenir, ou au contraire, ce qui pourrait le décider à partir. Ça faisait des heures qu'il avait enfilé cette chemise gris clair, ce pantalon noir qui lui allait comme un gant et cette veste noire toute simple. Des heures qu'il s'était coiffé, parfumé, pomponné. Et des heures qu'il se disait qu'à force de passer sa main dans ses cheveux dans un geste machinal, il était en train de tout ficher en l'air. Alors il se décolla enfin du carreau, sur lequel il avait laissé une jolie trace de buée. Il attrapa un peigne sur sa table de nuit toute proche, se recoiffa rapidement, avant que son courage ne s'envole. Puis s'approcha de la cheminée qui occupait une bonne partie du mur en face de sa fenêtre. Prit le petit sac sur son rebord, jeta quelques poussières de poudre de Cheminette et cria son adresse. La sienne. À Elle. À celle à qui il allait enfin se dévoiler entier. À celle en face laquelle il tremblait déjà de se retrouver. Il s'engouffra enfin dans les flammes avant de le regretter de nouveau. Et se retrouva projeté dans son salon. Trébucha sur son tapis, se cogna contre une table basse. Il avait déjà fait plus classe comme entrée. Pas gagnée cette affaire... une porte s'ouvrit en grand. Évidemment, elle avait dû l'entendre, avec le boucan qu'il avait réussi à faire.

« Draco ? Mais...Que fais-tu ici ? Et à cette heure ? Ça va ? Que se passe-t-il ? » Et elle, pas du tout inquiète de voir un homme débarquer dans son salon, trouvait le moyen de lui demander s'il allait bien, comme si elle n'avait pas remarqué son entrée fracassante...

« Euh... Je... Je voulais... Quelle heure est-il ? Non, aucune importance. Je... Merlin, c'est bien la première fois que je perds mes mots moi... »

« Tu veux peut-être t'asseoir ? Viens, à côté de la fenêtre, là oui, voilà, on va être mieux comme ça, tu vas pouvoir me dire ce qui te tracasse. » Elle était vraiment trop gentille, lui qui se dépatouillait encore, et elle qui le prenait par le bras pour l'installer sur un fauteuil confortable. Il se faisait l'effet de Weasley devant Granger à Poudlard, tiens. Il regarda par la fenêtre, la même lune brillait chez elle que chez lui. Lui porterait-elle chance ? Si seulement...

« Je... Voilà, je... Merlin, je suis pathétique ainsi ! Je débarque chez toi à l'improviste, en plein milieu d'une nuit, alors que ça fait des mois que nous ne nous sommes plus parlés, alors qu'on ne s'est pas vus tant de fois que ça, alors qu'on se connaît à peine, je débarque là, je bégaie comme un idiot, je ne trouve plus mes mots... Je ferais mieux de partir, je crois... Je ne suis pas sûr que tu aies envie d'entendre ce que je voulais te dire, maintenant que tu m'as vu dans toute ma splendeur... Mais si je pars, je vais encore le regretter, je le sais, ça fait des heures que j'hésite, que je me demande si je dois venir, et je crois bien que je vais faire la plus grosse bêtise de toute ma vie... Je voilà, je... Merlin, il faut que ça sorte. Voilà, Astoria... Je crois que je suis tombé amoureux de toi... Je sais, je suis pathétique... »

« Pour quelqu'un de pathétique, je te trouve très bien moi... » Et elle osait s'approcher de lui ? Avec ce qu'il venait de lui dire ? Elle ne reculait pas ? Elle ne le jetait pas dehors ? Elle ne riait même pas ? Elle ne... Et il n'eut pas le temps de continuer sa pensée, le moment le plus merveilleux de sa vie était en train de se passer, et celui-ci, il ne pouvait pas se permettre de le rater...Elle l'embrassait ! Elle était complètement folle, oui, ça devait être pour ça...

Bon, vous avez le droit de me taper si ça ne vous plaît pas, je comprendrais, mais seulement par review !