Cet OS a été écrit dans le cadre des Nuits du FOF, pour plus de précisions, vous pouvez m'envoyer un PM ou aller voir sur notre merveilleux forum. Le thème était ici « toilette »

Une toilette de princesse

Depuis le début de la matinée, Astoria s'activait. Ça n'était pas facile. Elle était seule, personne ne l'aidait. Ou plutôt, personne ne voulait l'aider. Sa propre famille ne viendrait que par obligation. Pour ne pas salir plus encore le nom des Gengrass. Comme si ce nom avait encore une valeur, après la Guerre. Ils vivaient dans une illusion et elle n'avait pas la force de les en sortir.

Qu'à cela ne tienne, elle ne devait pas penser à ça, pas maintenant, pas aujourd'hui. Ce devait être le plus beau jour de sa vie et elle ne comptait pas se le laisser gâcher par sa propre famille. S'ils ne voulaient pas venir, qu'ils en viennent pas. Ils ne lui manqueraient pas. Enfin, si, elle avait besoin de sa sœur comme témoin tout de même. Elle n'avait pas le choix, elle avait peu d'amis. Son deuxième témoin serait Pansy. Elle s'entendait très bien avec elle et il n'était pas question de la laisser de côté. Elle aurait besoin d'elle. Elle n'avait pas voulu qu'elle vienne auparavant pour l'aider à organiser le mariage, elle en avait déjà assez fait tout au long des préparatifs et elle n'allait pas prendre un jour de congé pour ça. D'ailleurs, ils avaient choisi avec Draco de faire ça un soir, justement pour tous ces soucis de congés.

Les temps n'étaient pas cléments pour ceux qui un jour avaient été dans le camp de Voldemort. On le leur faisait payer chaque jour. Il était déjà bien assez difficile de trouver un emploi comme ça, sans en plus risquer de le perdre pour une bête histoire de mariage. De toute façon, ils seraient très peu nombreux. D'abord parce qu'il n'était pas question de faire un de ces mariages de Sang-Pur avec des centaines d'invités mais pas un seul qui soit réellement un ami et ensuite parce que personne ne voulait y aller.

On ne pouvait pas dire que le nom des Malfoy fut très apprécié après la Guerre. Tout le monde voulait oublier cette famille qui avait donné bien plus que son honneur à la magie noire. Tout le monde voulait oublier cet homme enfermé dans la prison la plus horrible qu'il puisse exister et cette femme qui était morte de ne pas supporter la nouvelle vie qu'on lui proposait. Et par dessus tout, tout le monde voulait oublier leur enfant qui si jeune s'était engagé dans la magie noire, plus par non choix qu'après réflexion. Aujourd'hui, le nom des Malfoy n'était plus sur aucune lèvre quand avant il brillait de son éclat noble. Aujourd'hui, il était maudit, traîné dans la boue.

Et elle, avait choisi de l'adopter. Elle, était allée vers cet homme que plus personne n'approchait. Elle, avait eu envie de se battre pour lui, pour l'aimer et pour l'apprivoiser. Elle avait sans doute été la seule à tenter ce pari. La seule à tenter cette folie comme avaient dit sa famille. Depuis qu'elle avait fait ce choix, elle n'entendait presque plus parler d'eux. Mais elle s'en fichait. Car celui qui serait bientôt son époux était tout ce qui comptait à ses yeux.

Et il n'était sûrement pas ce salaud que tous décrivaient. Il n'était sûrement pas ce lâche que les gens se plaisaient à voir. Il n'était pas cet homme avide de pouvoir qu'on croyait connaître. Du moins, il n'était plus cet homme-là. Elle ne niait pas qu'il l'avait été, à une époque, et qu'elle ne l'aurait sans doute pas approché s'il l'avait encore été. Mais la Guerre l'avait marqué lui aussi. Elle l'avait blessé, profondément. Elle l'avait fait grandir trop vite. Il avait perdu ses illusions, ses rêves, ses envies. Il y avait perdu l'envie de vivre aussi.

Elle ne se prenait pas pour une héroïne. Elle n'était qu'une femme amoureuse. Cela suffisait amplement. Elle avait simplement cherché à le connaître, à découvrir qui il était vraiment. Sans faux-semblants. Sans se cacher. Sans mentir. Elle ne voulait pas de ce masque qu'il s'obstinait à porter encore devant les autres. Cet artifice, réminiscence d'une autre époque, trompait son monde, mais pas elle. Elle ne se faisait pas avoir par ce sourire triste qu'il avait parfois, disant qu'il avait bien mais montrant qu'il allait mal. Il avait encore du mal à se mettre à nu devant elle. Peut-être avait-il peur qu'elle s'enfuie, qu'elle s'échappe s'il montrait ce qu'il était vraiment. Mais elle le savait déjà. Elle connaissait déjà tous les maux qui le taraudaient, toutes les peurs qui le réveillaient la nuit.

Et elle allait lui montrer. Si aujourd'hui, elle voulait que ce jour soit parfait, si elle courrait à droite et à gauche depuis le matin, aidée des elfes heureusement, si elle mettait autant de coeur dans ce mariage, c'était pour lui prouver qu'elle ne le lâcherait pas, qu'elle ne le laisserait pas tomber, qu'elle l'aimait et que c'était non négociable.

Et elle devait quand même l'avouer, c'était aussi pour faire la nique à tous ces gens qui se permettaient de les juger. Ils avaient payé leurs dettes, on ne rachetait pas une faute mais ils avaient tout fait pour l'effacer quand même. Alors ils avaient eux aussi le droit d'être heureux. C'était en tout cas ce que proclamaient les idéaux à la fin de la Guerre. Alors pourquoi cela ne s'appliquerait-il pas à eux ?

Elle n'avait convoqué aucun journaliste, fait aucun communiqué de presse, refusé toute interview de la part de ces rapiats qui n'attendaient qu'une faute de leur part pour en faire leurs choux gras. Cette victoire, elle serait dans sa tête, dans son cœur. Elle aurait la satisfaction de se dire qu'ils pouvaient tous aller se faire voir et qu'elle ne comptait pas les attendre pour être heureuse.

Enfin, une heure avant la date prévue de l'office, elle s'enferma dans sa chambre. Tout était prêt. Il ne manquait plus que les quelques invités et Draco. Et elle. Elle se devait d'être prête à l'heure, prête pour son bonheur. Elle ouvrit enfin son armoire et sortit sa toilette. Elle aurait la plus belle robe dont elle aurait pu rêver. Elle serait une princesse, comme dans ces contes pour enfants qu'on lisait. Le vêtement était d'un blanc immaculé, brodé çà et là de petites perles. Elle avait fait dans la simplicité. Elle ne voulait pas de ces toilettes guindées, hors de prix, avec des effusions de de perles, des bouillonnements de tissus à n'en plus finir. Elle voulait quelque chose de simple. Elle n'était pas là pour se montrer, elle était là pour se marier. Et cette robe était parfaite pour l'occasion.

Elle se regarda dans son miroir, une fois maquillée et habillée, et sourit. Elle était jolie. Elle était ce qu'elle rêvait d'être depuis toute petite. Et si ça ne plaisait pas aux autres, tant pis pour eux, elle, serait heureuse.