Cet OS a été écrit dans le cadre des Nuits du FOF (en décalé), le thème était « faim ». Le texte pourrait heurter un peu, je le mets en K+, j'ai choisi de parler de Fenrir Greyback…
DELECTATION ASSOUVIE
Il avait faim. Cette sensation le tenaillait, le prenait aux tripes. Il n'avait pas le choix, il fallait qu'il trouve quelque chose à manger. Cette envie devenait trop prenante, trop envahissante, trop enivrante. Il ne rêvait que de ça, il n'en dormait plus.
Il se releva rapidement, écarta la couverture qui le couvrait de toute façon à peine. Quelqu'un poussa un grognement quelque part. Il l'ignora. Ses sens lui disaient qu'il dormait encore, et que personne n'allait le déranger. Il n'était pas d'humeur de toute façon. Il était prêt à en tuer un s'il s'avisait de se mettre en travers de son chemin.
Il n'en pouvait plus, de ces incapables qu'il était obligé de mener. Il aurait voulu une vraie armée, une vraie équipe, une vraie meute. Tout ça n'était pas digne de lui, vraiment pas. Mais il n'avait pas le choix. Et il devait obéir. Ce que ça pouvait l'agacer ça aussi. Obéir. Comme si c'était son genre. Il était un Alpha par Merlin !
Il n'obéissait à personne, ne prenait ses ordres de personne et servait là où son intérêt le menait. Il se fichait comme d'une guigne de la politique, des jeux de pouvoir, tant qu'il avait suffisamment à manger, suffisamment à gouverner, et qu'on le considérait enfin à sa juste place. Tant qu'on le prenait pour ce qu'il était : le plus grand loup-garou de tous les temps.
Il sortit de leur quartier général et huma l'air. Une nuit d'automne. Il pouvait sentir l'air frais lui chatouiller le museau, l'odeur des champignons, des sapins et de la terre humide dans laquelle s'enfonçaient ses griffes. Il pouvait sentir la sève des arbres qui saignaient de leur dernier entraînement. Il entendait les animaux qui frémissaient de peur à son approche, et courraient se cacher.
Il faisait peur. Il était le roi de cette forêt. Le plus dangereux des animaux. La plus monstrueuse des bêtes. Et il en était fier. Il releva la tête et vit le quart de lune luire dans l'obscurité. Il n'était plus dépendant d'elle. Il savait se transformer sans elle, et même rester sous cette forme aussi longtemps qu'il le voulait. Il était puissant. Il était fort. Il était intelligent. Il avait su accepter totalement ce don, que certains appelaient malédiction.
Ceux-là n'étaient pas conscients de la chance qu'il avait. Il possédait des armes dans le prolongement même de son corps, ses muscles saillaient et roulaient sous sa peau, comme une machine bien huilée. Ses sens étaient plus aiguisés que jamais. Son pouvoir de terreur était renforcé. Il n'avait jamais aimé la magie et n'avait pas besoin de ce bâton de bois pour faire peur et assurer sa légitimité. Il n'avait pas besoin de cet artifice pour imposer sa supériorité. Il était un Alpha.
Il ricana, et son rire résonna dans le silence de la nuit fraîche. Il avança, prit le parti de courir pour se dépenser, sentir le vent frôler sa fourrure, les branches d'arbres l'éviter, et la rapidité avec laquelle il se déplaçait. Il s'immobilisa soudainement. Là. Il avait enfin trouvé son repas.
C'était incroyable de facilité. Il aurait presque été déçu. C'était presque un coup à changer de proie. Mais il avait trop faim. Ça lui tenaillait le ventre, il en avait besoin. Il s'approcha tout doucement, se camouflant à travers les branchages. Il huma l'air. Oui. C'était bien ça. Un couple. Ou des amis ? Il n'en savait rien. Ils dormaient dans la même tente. Pas d'enfant, dommage. Il s'approcha encore, évitant de faire craquer les branches sous ses pas. La surprise n'en serait que meilleure.
Il en rêvait. Les chairs dans lesquelles il allait pouvoir mordre avec délectation. Les tissus se déchirant sous ses crocs et ses griffes. Les hurlements rapidement arrêtés. Le sang qui bouillonne. Dévale sa gorge et emplit son estomac. Calme ses ardeurs. Pour quelques heures, quelques jours s'ils étaient si savoureux qu'ils en avaient l'air. La faim qui ne le tiendrait plus. La bête avait faim, elle avait soif, et il comptait bien la satisfaire. Elle était sa force. Sa puissance.
Il bondit enfin et attaqua. Un véritable festin se présentait à lui, il ne fallait pas le faire attendre.
