Cet OS a été écrit dans le cadre des Nuits du FOF, en décalé, le thème était « lac ». Bonne lecture !
PASSE-MURAILLE
Parmi tous les endroits qu'elle fréquentait, Mimi n'aurait su dire lequel était le plus désagréable. Le plus agréable au contraire était facile à deviner, il s'agissait de la salle de bain de préfets bien sûr ! Elle pouvait y contempler à son aise, cachée au milieu des bulles de mousse parfumée et des pétales de fleurs, les corps musclés des jeunes préfets masculins. Ils la faisaient rêver, exposant ainsi et uniquement pour elle l'ensemble de leur corps, se mettant à nu autant pour se laver que pour se prêter à son observation silencieuse.
Oh elle n'était pas dupe, elle savait bien que la plupart du temps, ils ne se doutaient pas de sa présence. Et même, quand ils s'en rendaient compte, certains avaient la ridicule idée de se cacher derrière quelque mousse ou serviette. Comme si elle n'avait jamais vu un homme nu ! Elle était peut-être jeune lorsqu'elle était morte, et elle n'avait pas connu grand-chose d'autre que les cours et les brimades, mais depuis sa mort, elle s'en donnait à cœur joie.
Le jeune Diggory par exemple, était très appétissant. Harry Potter était le plus sympathique, il arrivait à peu près à discuter avec elle, même si elle voyait quelques rougeurs s'installer sur son visage à chaque fois. Pas de doute, elle lui faisait de l'effet. Il était un peu pâle de peau mais il était pas mal quand même.
Cet endroit était cependant à peu près le seul à être agréable. Avez-vous déjà essayé de passer dans les tuyaux des cuvettes de toilettes ? Au milieu des excréments et autres déchets ? Dans les tuyaux des cuisines aussi, qui charriaient une eau si sale qu'elle en devenait marron. Le jeune fantôme n'appréciait pas beaucoup.
Les toilettes des filles étaient assez tranquilles, sauf quand Harry Potter et ses amis avaient fait des expériences en potions, elle aurait bien voulu pimenter le tout en y renversant des ingrédients de son cru, mais elle n'avait pas réussi. Tout ce qu'elle savait faire bouger, c'était les portes des toilettes, les robinets et les chasses d'eau, quand elle était vraiment en colère. Souvent c'était Peeves qui l'avait embêtée, pour ne pas changer, et elle inondait complètement les toilettes. De toute façon, personne n'y venait jamais, c'était à croire qu'on la fuyait !
Le dernier endroit dans lequel elle se promenait souvent était le lac. Celui-là, elle ne savait pas trop où le caser. Dans les endroits sympas ou glauques ?
D'un côté, il y avait des herbes aquatiques qui vous accrochaient et essayaient de vous enfermer dans leurs lianes, il y avait des hommes tritons assez peu aimables, qui détestaient lui parler d'ailleurs, et la nuit, le lac était d'encre, on n'y voyait rien du tout, ce qui n'était pas très accueillant.
De l'autre, il y avait les sirènes qui étaient si belles qu'elle n'arrivait pas à en être jalouse, il y avait des poissons rigolos, des algues de toutes les couleurs, le calmar était même assez sympathique quand on évitait de lui chatouiller les tentacules. En plus, si elle se mettait à la surface de l'eau, juste dessous, comme invisible, elle pouvait voir l'ensemble du parc, la forêt interdite, les serres de botanique, le château de l'extérieur, avec ses grandes tours et ses hauts murs, et tous les élèves. Ils passaient près d'elle, sans remarquer qu'elle était là et elle n'osait pas se montrer, de peur de s'envoler par un coup de vent trop fort.
C'était agréable de regarder toute cette vie qui débordait d'animation, d'écouter les discussions, d'essayer d'entrapercevoir des intrigues. C'était frustrant aussi, d'être à l'écart, de ne pas pouvoir en faire partie, marcher auprès d'eux, aller en cours et discuter des garçons qui lui plaisaient. C'était frustrant de les voir si heureux et puis partir avec des connaissances plein la tête quand elle était condamnée à rester ici et à ne plus pouvoir faire de magie.
Elle avait bien essayé, les premiers temps, mais elle était attachée à ces lieux, et même en se concentrant, elle n'arrivait ni à en partir, ni à faire même un tout petit peu de magie. Pas même un sort de lévitation, alors qu'elle-même pouvait léviter comme bon lui semblait, c'était dire l'ironie !
Non, le lac, vraiment, c'était mi-figue, mi-raisin !
