Secrets et secondes chances

Disclaimer : Cette fanfiction appartient à Dragongirl16, et je ne fais que la traduire avec sa permission. Bien évidemment, rien ne m'appartient, et l'auteure Dragongirl16 ne se fait pas d'argent avec cette fanfiction. L'univers de Harry Potter appartient à J.K. Rowling.

Un grand merci à Coralie pour sa relecture de ce chapitre.

Merci également aux reviewers du chapitre 4 : crystal of shadow, Morgane93, Poussy, Eterna de Solary, schelma1984 et Scarjoy !

Bonne lecture !


Chapitre 5

Curieusement, il n'y eut ni la trace ni l'écho de la moindre Beuglante en provenance d'un certain Lucius Malefoy le lendemain. Harry s'était attendu à ce que l'homme réagisse devant la blessure de son fils – mais, lorsqu'Harry lui avait posé la question, Drago lui avait rétorqué avec une pointe de dédain :« Je ne suis pas un bébé, Harry. Je ne cours pas raconter à mon père des accidents stupides. »

Dans les jours qui suivirent, Harry passa une bonne partie de son temps à se cacher à chaque fois qu'il apercevait Gilderoy Lockhart au bout d'un couloir. Il lui était encore plus difficile d'éviter Colin Crivey, mais le garçon était inoffensif. C'est juste que Harry détestait la poussée d'adrénaline que Colin déclenchait en lui à chaque fois qu'il le prenait par surprise.

Rogue était une autre personne qu'Harry tenait à éviter. Les blessures causées aux Serpentard de deuxième année avaient provoqué la fureur du Maître des Potions à l'encontre de Lockhart – ou, du moins, c'est ce que disaient les rumeurs. Mais personne n'avait vraiment eu besoin d'écouter les rumeurs, car plusieurs élèves (dont Harry) avaient assisté de visu à l'altercation entre Rogue et le professeur de Défense dans un couloir. Rogue avait semblé prêt à se battre, mais Lockhart l'avait ignoré en le gratifiant d'un sourire et d'un clin d'œil appuyé. Harry avait espéré plus que tout que Rogue lui lancerait un sort, mais l'homme s'était contenté de tourner les talons, les poings serrés.

Harry ne comprenait toutefois pas pourquoi il croisait tout le temps Rogue dans les couloirs. L'année précédente, c'était bien normal qu'il patrouille, avec Quirrell qui rôdait dans les lieux. Harry avait fait de même, bien des années plus tard, à la fin, quand les troupes d'Hammerstein s'étaient démultipliées. Harry, incapable de dormir, avait alors pris l'habitude de faire le tour de leurs campements de fortune, tentant de se calmer les nerfs par ce biais.

Le reste des cours de la semaine ne fut qu'une révision des leçons de première année. Harry céda à l'insistance d'Hermione et ils organisèrent une session de révision intégrale des bases pour le week-end – s'entraîner ne faisait pas de mal, et ça aiderait sûrement Harry à dompter sa magie et à accroître son contrôle.

Harry ne fut pas fâché de voir le week-end arriver. Avec Hermione et Neville, il avait l'intention d'aller rendre visite à Hagrid le samedi matin – Drago, lui, était déjà passé chez le garde-chasse avec Théo et, curieusement, Blaise Zabini. On va devoir garder un œil sur lui, se rappela Harry. Juste au cas où.

Ce jour-là, cependant, Harry fut brutalement réveillé à une heure beaucoup plus matinale qu'il ne l'aurait souhaité. Quelqu'un le secouait sans ménagement. Il décocha un violent coup de poing, guidé par l'instinct plutôt que par la prudence. Il y eut un cri, puis une voix familière prononçant son nom.

« Harry, Harry ! dit Fred, pas très loin de sa tête. Réveille-toi, mon pote. Désolé hein, Dubois a perdu la tête.

– Qu'essqiya ? bredouilla Harry d'une voix ensommeillée, l'esprit perdu entre ses rêves et ses souvenirs. C'est qui ? Il est où ? On peut s'enfuir…

– Harry », insista Fred en lui touchant prudemment l'épaule. Harry ouvrit lentement un œil, sentant le sommeil le quitter définitivement. « Allez, réveille-toi. Debout !

– Mais pourquoi, bon sang ?

– Séance d'entraînement ! » lui annonça le rouquin en tirant sur son bras pour l'extraire du lit.

Harry s'assit et vit la carrure massive de Dubois près de la porte, qui semblait se recroqueviller face à un objet que tenait George.

« Allez viens, Harry. Dubois est ultra déterminé.

– Oh, pour l'amour de Merlin, protesta Harry en s'affaissant sur son lit après avoir jeté un coup d'œil en direction de la fenêtre. Le soleil est à peine levé, bordel !

– Bien vu, lui dit Fred en lui ébouriffant les cheveux. Résigne-toi, avant de réveiller toute la tour.

– Trop tard », grogna Ron depuis son lit.

Harry leva les yeux au ciel. Il s'accorda un dernier, long, moment à espérer pouvoir se rendormir, avant de se lever et de se tourner vers Fred, qui lui tendit sa robe de Quidditch et une cape pour avoir plus chaud.

Ils arrivèrent dans les vestiaires peu de temps avant les autres. Harry s'assit contre un banc, la tête contre le mur, et partagea un regard irrité avec Alicia Spinnet, une élève de quatrième année qui occupait un des postes de poursuiveur. Les deux autres membres féminins de l'équipe (également poursuiveurs), Katie Bell et Angelina Johnson, s'assirent autour d'Harry, ce dont il leur fut reconnaissant. Dubois n'osait jamais provoquer ces dames.

« Bien, bien, vous êtes tous là ! s'exclama Dubois en claquant des mains, l'air dément. Avant d'aller sur le terrain, je voulais vous montrer mon nouveau projet d'entraînement. J'y ai travaillé tout l'été et, croyez-moi, avec ça, on va gagner… »

Dubois déroula un immense dessin représentant un terrain de Quidditch, sur lequel étaient tracées dans des couleurs différentes toutes sortes de lignes, de flèches et de croix. Il sortit sa baguette magique, tapota le dessin et aussitôt, les flèches se mirent à bouger en se tortillant comme des chenilles. Tandis que Dubois se lançait dans de grandes explications, Fred Weasley laissa sa tête tomber sur l'épaule d'Alicia et se mit à ronfler. L'explication de ce dessin dura vingt minutes, mais il y en avait un autre en dessous, puis un troisième. Harry se laissa emporter dans un demi-sommeil, avec en fond sonore le flot continu de paroles du capitaine de l'équipe.

« Alors ? demanda enfin Dubois, faisant sursauter Harry. Tout est clair ? Vous avez des questions à poser ?

– Oui, dit George qui venait de se réveiller lui aussi. Pourquoi tu ne nous as pas raconté tout ça hier avant qu'on aille se coucher ?

– Écoutez-moi bien tous, répliqua Dubois, courroucé. L'année dernière, on aurait dû gagner la coupe de Quidditch. On était de loin la meilleure équipe. Malheureusement, des circonstances indépendantes de notre volonté… »

Harry, mal à l'aise, se tortilla sur son banc. Lors du dernier match de l'année, il était évanoui à l'infirmerie, privant ainsi de sa présence son équipe, qui avait subi sa plus grande défaite depuis trois cent ans.

« Donc, cette année, nous devrons nous entraîner plus que jamais… Et maintenant, allons expérimenter notre nouvelle stratégie sur le terrain ! » s'écria Dubois en saisissant son balai et en se précipitant dehors.

L'équipe le suivit dans un long bâillement.

Ils étaient restés tellement longtemps dans les vestiaires que le soleil était maintenant bien levé. Un peu de brouillard était encore suspendu au-dessus de l'herbe dans le stade. Lorsqu'il pénétra sur le terrain, Harry vit Hermione et Neville assis dans les tribunes à côté de Colin Crivey.

« Vous n'avez pas encore fini ? dit Neville, étonné.

– On n'a même pas commencé, répondit Harry. Dubois a passé son temps à nous expliquer sa nouvelle technique. »

Il enfourcha son balai et donna un grand coup de pied sur le sol. Le balai s'éleva aussitôt vers le ciel. L'air frais du matin qui lui fouettait le visage réveilla Harry plus efficacement que le long bavardage de Dubois. Retrouver le terrain de Quidditch lui procura une sensation merveilleuse. Il s'éleva à pleine vitesse et tourna autour du stade en faisant la course avec Fred et George.

« Qu'est-ce que c'est que ce drôle de bruit ? demanda Fred alors qu'ils prenaient un virage serré.

– Colin ! lui cria Harry.

– Qu'est-ce qui se passe ? demanda Dubois en fonçant vers eux, sourcils froncés. Pourquoi il prend des photos, celui-là ? Je n'aime pas ça. C'est peut-être un espion de Serpentard qui s'intéresse à nos nouvelles techniques d'entraînement.

– Il est à Gryffondor, dit Harry.

– Et les Serpentard n'ont pas besoin d'espion, ajouta George.

– Qu'est-ce qui te fait dire ça ? répliqua Dubois avec mauvaise humeur.

– Ils sont là en personne, répondit George en montrant du doigt un groupe d'élèves qui venaient d'arriver dans le stade, vêtus de robes vertes, leurs balais à la main.

– Alors ça ! C'est incroyable ! s'indigna Dubois. J'ai retenu le terrain pour nous ! On va voir ça ! »

Dubois fonça en piqué et la colère le fit atterrir plus brutalement qu'il ne l'aurait voulu. Harry, Fred et George le suivirent.

« Flint ! hurla Dubois à l'adresse du capitaine de Serpentard. Le terrain nous est entièrement réservé, ce matin ! On s'est levés à l'aube exprès pour ça ! Alors tu t'en vas, maintenant ! »

Harry regarda Marcus Flint. Il n'a pas eu une adolescence facile. Harry grimaça devant son visage digne d'un troll. Il savait que le jeune homme allait sortir de cette phase, tout comme il allait arrêter de persécuter les autres élèves, pour finir dans la même équipe professionnelle de Quidditch qu'Olivier Dubois. Ginny me disait souvent que Flint suivait Olivier partout, se rappela Harry. C'est bizarre comme les choses changent.

« Il y a suffisamment de place pour tout le monde », répondit Flint tandis qu'Harry mettait pied à terre.

Angelina, Alicia et Katie les avaient rejoints. Il n'y avait pas de filles dans l'équipe des Serpentard qui faisait front, épaule contre épaule, en toisant les jeunes filles d'un air narquois. Harry lança un regard noir aux adolescents, énervé par leur comportement.

« Ah bon ? dit Flint. Pourtant, j'ai un mot signé du professeur Rogue. Regarde : "Je, soussigné professeur Rogue, donne à l'équipe de Serpentard l'autorisation de s'entraîner aujourd'hui sur le terrain de Quidditch afin de former leur nouvel attrapeur."

– Vous avez un nouvel attrapeur ? dit Dubois d'un air distrait. Où ça ? »

Flint jeta un coup d'œil à son équipe.

« Malefoy, t'es où ?

– Malefoy… ? » murmura Fred.

L'équipe de Serpentard s'écarta et Drago fut poussé devant. Le deuxième année était plus petit que ses coéquipiers – même si Harry savait que ça n'allait pas durer longtemps. Drago avait fini presque aussi grand que Ron, si Harry ne se trompait pas.

« Voici Drago Malefoy, notre nouvel attrapeur. Son père a par ailleurs fait un magnifique cadeau à notre équipe », dit Flint avec un sourire suffisant. Il ne quitta pas du regard Dubois tandis que ses joueurs exhibaient leurs balais flambant neufs.

Harry, lui, observait Drago. Le blondinet avait les yeux rivés au sol et les joues roses, et tenait fermement son Nimbus 2001 contre lui.

« Le tout dernier modèle, il est sorti le mois dernier, continua Flint. Je peux te dire qu'il est bien meilleur que le vieux 2000. Quant aux Brossdur, ils ne tiennent pas la comparaison. »

La rage de Dubois était presque palpable.

« Oh, regardez, dit Flint en dirigeant son regard sur le côté. Le terrain est envahi. »

Harry se tourna et vit une petite foule de Gryffondor s'approcher d'eux, ainsi que quelques Serpentard. Il distingua rapidement Théo et Zabini, ainsi que Ron, qui était accompagné de Dean et de Seamus. Entre eux, se tenaient Hermione et Neville. Hermione avait l'air d'essayer de calmer une dispute entre Ron et Théo. Colin Crivey les suivait, à quelques mètres de distance.

« Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi vous ne jouez pas ? demanda Ron à ses frères. Et qu'est-ce qu'ils font là, eux ?

– On doit entraîner notre nouvel attrapeur, répliqua l'un des joueurs de Serpentard. Et on va essayer les nouveaux balais que le père de Malefoy vient de nous offrir. »

Harry vit Drago se crisper.

« C'est… Ils sont… C'est des… bredouilla Ron, bouche bée.

– Pas mal, non ? dit Flint en penchant son balai vers Dubois pour le lui faire admirer. Les meilleurs du marché. Mais peut-être que l'équipe des Gryffondor va réussir à trouver un peu d'or pour acheter de nouveaux balais, elle aussi. Vous pourriez donner vos Brossdur 5 à une tombola. Il y a peut-être un musée que ça intéressera. »

Les Serpentard (excepté Drago) éclatèrent d'un rire sonore.

« Au moins, aucun joueur de Gryffondor n'a payé pour faire partie de l'équipe, rétorqua Ron. C'est pour leur talent qu'on les a choisis.

– Personne ne t'a demandé ton avis, à toi, espère de traître à ton sang ! » éructa un des Serpentard plus âgés.

Cette remarque provoqua l'agitation générale. Drago se tourna vers le joueur en lui criant dessus. Flint dut séparer deux autres membres de l'équipe. George retenait Ron, tandis que Fred plongeait en avant pour éviter à Drago de goûter le poing d'un Serpentard en cinquième année. Alicia se précipita pour les aider, tandis qu'Harry éloignait le blondinet des autres.

« Je n'ai rien voulu de tout ça, lui dit Drago en s'agrippant à son bras. Je te le jure. J'ai juste dit à Mère que je voulais essayer d'entrer dans l'équipe de Quidditch cette année et Père a… Des fois il fait des trucs comme ça sans rien dire et Flint m'a nommé attrapeur et…

– Tout va bien, lui assura Harry en lui tapotant l'épaule.

– Comment oses-tu ?! » hurla Alicia.

Harry se tourna immédiatement vers elle, et vit la jeune fille en train de protéger sa poitrine d'une main, face à un Serpentard en sixième année au regard lubrique.

« Tu vas payer pour ça ! » cria Seamus. Il sortit sa baguette et la pointa sur le visage de l'adolescent. Une détonation retentit alors dans tout le stade et un jet de lumière verte jaillit de sa baguette. Il aurait atteint sa cible si un des poursuiveurs de Serpentard n'avait pas plaqué Seamus au sol, faisant faire à la baguette un vol plané… Et le sort dévia pour frapper Harry en plein ventre.

Merde, fut tout ce qu'eut le temps de penser Harry, avant de se retrouver à quatre pattes à vomir de la bile dans l'herbe.

Ce fut le chaos. Harry, lui, put difficilement se concentrer sur autre chose que ses haut-le-cœur. Il crut entendre Drago crier, puis tout d'un coup Neville se trouva à ses côtés, une main sur son épaule, à lui parler d'un ton rassurant. Il entendit encore d'autres cris, mais c'était un vrai méli-mélo pour Harry tandis que son estomac se tordait de douleur, encore et encore, lui donnant l'impression d'essayer de vomir tous ses organes.

Ce fut avec un certain soulagement qu'Harry accueillit l'obscurité lorsqu'il s'évanouit de douleur.


Harry se réveilla dans l'infirmerie. Il avait immédiatement reconnu l'endroit à son odeur si particulière. Il se sentait éreinté, et sa tête pulsait au rythme des battements de son cœur. Je pense que j'ai battu un nouveau record concernant ma rapidité d'admission à l'infirmerie. Ses muscles lui faisaient mal, comme s'il avait subi une dizaine de sortilèges Doloris. Il essaya de s'asseoir, mais découvrit que la douleur suscitée n'en valait pas la peine.

Bon, au moins je n'ai pas vomi des limaces, positiva-t-il. Par Merlin, ce pauvre Ron avait été mal durant des heures et des heures. Je pense que je préfère vomir du sang à des limaces, je n'ai jamais pu supporter ces bestioles.

Il se frotta les yeux pour mieux les décoller et tendit un bras pour attraper ses lunettes. Tout était flou – mais c'était normal. Il grimaça en sentant le goût amer qui subsistait dans sa bouche. Le vieux sang, c'est vraiment dégueu, clama-t-il intérieurement tout en se relevant péniblement sur un coude pour atteindre du bout des doigts ses lunettes, qui étaient posées sur la table de chevet. Il les glissa sur son nez.

« M. Potter. »

Harry se tourna vivement en entendant la voix de Rogue. Il s'agrippa aux couvertures. « Mon… Monsieur. » Comment avait-il pu ne pas remarquer sa présence dans la pièce ? À part s'il a utilisé un sortilège de Désillusion, réalisa Harry en sentant un frisson lui parcourir l'échine. S'il a utilisé ce sortilège, est-ce qu'il aurait pu lire dans mon esprit ? Est-ce que mon bouclier était bien en place ? J'étais endormi… Je… Harry garda soigneusement son regard au niveau du torse de l'homme, évitant ses yeux.

« Je veux avoir votre version de ces bêtises, Potter, afin que tous les coupables puissent être punis », dit Rogue. Son ton fit frissonner Harry. Quand Rogue se mettait en colère – vraiment en colère – il criait rarement. Au contraire, il devenait très, très silencieux.

« Euh… » commença Harry avant de grimacer, anticipant déjà la remarque acerbe du professeur. Il leva les yeux vers lui lorsque le silence se prolongea. Il ne va pas me crier dessus ? Harry cligna lentement des yeux, interloqué.

« On était sur le terrain, finit-il par dire. Enfin, je veux dire l'équipe de Gryffondor. Dubois nous a fait lever tôt pour l'entraînement et puis l'équipe de Serpentard est arrivée avec une note disant qu'ils avaient eux aussi la permission d'utiliser le terrain… » Pas si vite ! se gourmanda Harry en se rappelant les conseils de son instructeur lors de sa formation d'Auror. Quand tu fais un compte rendu à quelqu'un, ne te précipite pas pour tout dire d'un coup. Énonce les faits, clairement et simplement. « Dubois et Flint se lançaient des piques – enfin, Flint provoquait Dubois, mais Olivier était tellement en colère à propos du terrain à partager qu'il n'a pas réalisé ce qui se passait. Puis Hermione, Neville, Théo, Zabini, ainsi que Ron, Dean et… Seamus ? Oui, Seamus, ils sont tous venus sur le terrain eux aussi. Des fois Ron vient regarder ses frères s'entraîner.

– Un résumé fascinant, Potter, mais j'aimerais savoir qui exactement a fait quoi, d'après vos souvenirs. »

Harry baissa la tête au point qu'il sentit ses épaules monter vers ses oreilles.

« Quelqu'un a insulté Ron de traître à son sang, dit Harry avant que Rogue ne puisse le réprimander sur sa mauvaise posture. Un batteur de Serpentard, mais je ne connais pas son nom. Il a des cheveux châtains et des taches de rousseur. Flint a dû s'interposer entre ses poursuiveurs. George tenait Ron. Fred a protégé Drago d'un Serpentard plus âgé. Puis Katie s'est fait, euh… », fit Harry en mimant une main devant son torse, « tripoter ? Je ne sais pas qui a fait ça, mais Seamus a essayé de leur lancer un sort. Il s'est fait plaquer au sol au même moment, sa baguette s'est envolée et le sort m'a touché par accident. » Par Merlin, à m'entendre j'ai vraiment douze ans. Mortifié, Harry enfonça ses mains dans les couvertures. Je ne sais pas pourquoi, mais être en présence de cet homme me donne toujours l'impression d'être un idiot.

« Donc, d'après vos souvenirs, toute cette histoire a été causée par la maison Serpentard.

– Non ! s'exclama Harry. Elle a été causée par un idiot. Un garçon qui ne fait que répéter des choses qu'il ne comprend pas. » Il se mordit la lèvre et détourna le regard. « Monsieur. Désolé, monsieur. Je ne voulais pas être… Désolé.

– Vous vous croyez vraiment important », dit Rogue avec un rictus méprisant.

Harry garda consciencieusement la bouche fermée en regardant ailleurs.

« Votre version des faits correspond à celles qui ont été émises jusqu'à présent. M. Malefoy est déterminé à ce que tous ceux qui ont déclenché cette bagarre soient punis. Il a bien sûr ajouté que M. Weasley le benjamin et M. Finnigan devraient également être punis. »

Harry haussa les épaules.

« Vous n'êtes pas d'accord ?

– Non, avoua Harry. Enfin, pas vraiment. Ron n'a pas aidé les choses, mais ce n'est pas lui qui a insulté tout le monde pour déclencher la bagarre.

– Et vous ne blâmez pas M. Finnigan.

– C'était un accident.

– Et si le sort avait atteint sa cible présumée ?

– Alors oui, bien sûr, il devrait être puni.

– Mais vous ne pensez pas qu'il devrait l'être pour vous avoir blessé. »

Harry se raidit. « C'est… Je n'ai pas… Ce n'était qu'un accident, vraiment. »

Rogue déposa une fiole sur la table de chevet. « C'est pour votre estomac. Prenez-en une gorgée avant chaque repas, jusqu'à ce qu'elle soit vide. Ignorez ces instructions à vos risques et périls. Le sort de M. Finnigan aurait pu vous tuer, Potter. »

Harry ne put réprimer un petit rire douloureux. « Je pense que ça prendra plus que ça, monsieur », dit-il en esquissant un geste vers le petit flacon.

Une poigne puissante encercla soudainement son poignet. Ce mouvement brusque fit sursauter Harry, dont les yeux se rivèrent à ceux de Rogue. Pourquoi est-ce qu'il – ne me tapez pas, non…

Rogue le relâcha d'un coup. « Ne buvez cette potion qu'avant vos repas, Potter. La prendre maintenant serait aussi néfaste pour votre organisme que de ne pas la prendre du tout. Écoutez bien Mme Pomfresh, Potter. » Sur ces paroles, l'homme se redressa et partit.

Harry l'observa s'éloigner en fronçant les sourcils. Cette petite bagarre a dû le perturber, il n'est pas comme d'habitude. Il ne s'est même pas moqué de moi. Puis Mme Pomfresh arriva et Harry consacra toute son attention à l'empêcher de le consigner à l'infirmerie pour le reste de la semaine.


Après moult supplications, Harry réussit à convaincre Mme Pomfresh de le laisser partir. Il arriva avec Hermione et Neville dans la Grande Salle pile au moment où le dîner apparaissait dans les plats. Harry apprit, en écoutant les rumeurs d'une oreille, que la moitié de l'équipe de Quidditch de Serpentard avait reçu une retenue, tout comme Ron, Seamus et Dubois, ce dernier ayant fini par en venir aux mains avec Flint. Les deux adolescents en question se lançaient des regards noirs depuis leurs tables respectives.

Ron et Seamus étaient en retenue avec Lockhart, ce qui fit ricaner Harry malgré lui. Ron lui lança un regard aussi aiguisé qu'un couteau, les yeux rouges. La retenue des Serpentard allait être supervisée par Filch, ce qui était une sacrée surprise. Les deux Maisons avaient perdu vingt points à cause de la bagarre.

Ce fut sur le chemin du retour vers son dortoir qu'Harry entendit la voix. Il s'arrêta pour mieux l'écouter, tandis que Neville et Hermione continuaient d'avancer.

« Viens… Viens à moi… que je te déchire… que je t'écorche… que je te tue… »

Oh putain. Harry sentit son souffle se perdre sans sa gorge. Il est là. Le Basilic est déjà dehors.