Cet OS a été écrit dans le cadre des Nuits du FOF, en décalé, et le thème était « courage ». Le personnage que j'ai choisi s'est imposé à moi, il fallait quand même lui rendre justice !
DERRIERE LE MASQUE
Quand il avait été réparti à Gryffondor, il n'avait pas bien compris pourquoi. C'était une maison pour les courageux, pour ceux qui avaient envie de sauver le monde, de démontrer leur bravoure, pour ceux qui étaient forts. C'était la maison de ses parents, et sans doute de sa grand-mère bien qu'elle ne le lui ait jamais dit. C'était la maison dont il aurait pu rêver, oui.
Mais ça n'était pas celle dans laquelle il aurait dû se retrouver. Ça n'était pas celle qui lui convenait. Et le choixpeau s'était forcément trompé, ça n'était pas possible autrement. On disait qu'il ne se trompait jamais mais là, si, forcément. Il n'avait pas pu délibérément l'envoyer à Gryffondor.
C'est vrai, du haut de ses onze ans, même lui savait que ça n'était pas sa place. Et il le voyait tous les jours. Il était maladroit, étourdi, pas très bon en magie de plus. Il n'excellait dans aucun cours, à part en Botanique parce qu'il adorait cette matière. Mais essayez donc de vous battre avec une truelle et un peu de terre !
Si, il aurait pu déraciner une mandragore et la planter dans le visage de son agresseur, pour lui percer les tympans. Encore fallait-il avoir une mandragore sous la main. Et puis ça n'était pas au programme de l'année, ils verraient ça plus tard, il avait juste vu ces propriétés dans son livre.
Il était studieux, ça n'était pas le problème. Non, le problème c'était qu'il n'était tout simplement pas courageux. Il avait toujours peur de mal faire les choses, il n'avait aucune confiance en lui. On lui aurait dit que ses chaussettes étaient dépareillées, même s'il était sûr que ça n'était pas le cas, il les aurait vérifiées dix fois avant de se rendre compte que c'était une blague. D'ailleurs, les Serpentards l'avaient bien compris et ils passaient leur temps à se moquer de lui, pour s'amuser. Et il n'était même pas capable de leur répondre.
Quand il avait entendu que Harry, Ron et Hermione préparaient encore un mauvais coup, il s'était endormi sur le fauteuil de la Salle Commune, dans l'espoir de se réveiller à temps pour les en empêcher. Oh il ne comptait pas leur jeter un sort, de toute façon, il se tromperait sûrement, mais il voulait les empêcher de faire une bêtise, les raisonner. Leur maison allait encore perdre des points et même s'il n'était pas pour grand-chose dans leur compte final, ça l'embêtait beaucoup. Ils n'avaient pas tous travaillé durement pour rien.
Et puis il les avait entendus. Il ne savait pas ce qui l'avait pris mais il s'était dressé contre eux, sa baguette pointée en avant. Il n'avait aucune idée du sort qu'il voulait lancer mais il avait été mué par une espèce de sentiment qui n'avait rien à voir avec ce qu'il ressentait habituellement. Il avait été envahi d'une certaine impression, d'une volonté de fer, et il s'était dit qu'il devait agir, il devait faire quelque chose.
Alors il avait réagi, il leur avait fait face, et il leur avait dit que ça n'était pas bien ce qu'ils comptaient faire, qu'ils allaient tous les pénaliser, et qu'il n'en était pas question. Ils étaient ses amis et quelque part, ça l'embêtait beaucoup de s'opposer à eux, ils étaient à peu près les seuls à accepter de lui parler, à le traiter correctement et à bien l'aimer. Mais il n'avait pas le choix. Il devait faire quelque chose.
Quand Hermione l'avait pétrifié et bien plus tard, quand Dumbledore l'avait félicité devant la Grande Salle entière, Neville avait compris. Il avait compris qu'il était à sa place dans cette maison. Lui aussi avait du courage. Il suffisait de le débusquer derrière sa timidité et son manque de confiance.
