Chapitre 3

Lorsqu'il se réveilla, il ne sut pas tout de suite où il était. Après s'être frotté les yeux et assit dans son lit, un coup d'œil circulaire lui permit de reconnaitre sa chambre. La première information que son cerveau lui transmit fut la grande photo accrochée à sa porte. Une photo de lui et Arthur, en cosplay de Sasuke et Naruto. Il se passa la main dans les cheveux en soupirant. L'information suivante fut bien plus douloureuse. Son ami d'enfance, la personne avec laquelle il entretenait le lien le plus spécial, avait disparu. Ses yeux commencèrent de le piquer, sa vision se troubla. Il les frotta d'un geste agacé. Il ne devait pas pleurer. C'était inutile. Stupide même.

Il voulait fuir la douleur, fuir la réalité, qu'Arthur arrive et lui dise en rigolant que ce n'était qu'un mauvais cauchemar. Lorsqu'il entra dans la cuisine sous le regard inquiet de sa mère, il avait déconnecté. Son esprit était parti loin, il n'était plus réellement conscient de ce qui l'entourait, tout ses gestes n'étaient qu'automatisme. En voyant cela, son père fronça les sourcils et lui demanda :

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Ludovic ne réagit pas.

- Fiston ?!

Il releva la tête, posant son regard absent sur Pierre, qui continuait de l'interroger du regard.

- Hn ?

Il comprit sans que son père n'ai besoin de répéter. Il baissa la tête, ses fins cheveux noirs tombant sur son visage, le cachant, et murmura :

- C'est rien, t'inquiète...

Tout criait le contraire. Arnaud siffla :

- Tu nous l'a fait pas à nous celle-là. Je suis pas allé au boulot aujourd'hui exprès, alors j'apprécierais que tu gardes tes mensonges pour quelqu'un d'autre.

Ludovic s'en voulut immédiatement. Il ignorait quel était le métier de son frère, mais il savait que c'était quelque chose de très important. Ils s'étaient tous réellement fait du souci pour lui. Il réfléchit rapidement à ce qui aurait pu le mettre dans ce genre d'état. Le massacre de toute sa famille, même la mort d'un seul de ses membres, et la disparition ou la mort d'Arthur. La disparition d'un membre de sa famille ne l'aurait jamais mis dans ce genre d'état car il les savait plus aptes à se défendre, à se protéger, à s'enfuir. Sa mère lui avait appris une bonne partie des mouvements de combat qu'il connaissait... Seulement, personne dans sa famille n'était décédé, et il refusait de leur avouer pour Arthur. Il devait leur donner une réponse, détourner leur attention.

- Je... J'ai découvert que ma petite amie me trompait et j'étais vraiment amoureux, souffla t-il.

Il se gifla mentalement, se maudissant. Non mais quelle idée de merde ! Sa famille n'allait jamais avaler une idiotie pareille, comme s'il était suffisamment stupide pour se mettre dans cet état à cause d'une fille !

Alice avait écarquillé les yeux de surprise. Son fils leur avait menti. Deux fois d'affilé. Alors qu'il n'avait jamais menti de sa vie entière, faisant de la sincérité une règle d'or. Elle chercha les yeux de son époux, puis de son fils aîné. Il valait mieux ne pas insister. Si Ludovic ne voulait pas en parler, et était prêt à leur mentir pour qu'ils lui fichent la paix, il fallait lui faire confiance et attendre qu'il leur en parle de lui-même. Les deux hommes, si semblables, hochèrent discrètement la tête en signe de compréhension. Ils n'insisteraient pas.

Ludovic était retourné dans le monde des automatismes. Une fois en cours, il sortit son cahier, saisit un stylo, et regarda la professeure sans la voir, l'écoutant sans l'entendre. Il ne réagit que lorsqu'il entendit sa classe éclater de rire. Il cligna des yeux de surprise, remettant brutalement les pieds sur terre, et regarda autour de lui. Tous le regardait et riait.

- Ah, je vois que Monsieur Astronaute a eu la bonté de redescendre sur terre ! Alors Ludovic, ça va, c'était sympa la Lune ?

- Hein ?

La professeure avait les yeux pétillants de malice, ses petites rides de rires au coin des yeux plus marquées que jamais.

- Sérieusement, je n'ai rien contre l'astrologie, mais là on est en cours d'histoire-géographie, alors reste concentré et dors la nuit. C'est toi qui passe le Bac à la fin de l'année, le mien je l'ai depuis longtemps.

Le ton, les mimiques, toute l'attitude de cette femme était faite pour faire rire, peut importe ce qu'elle disait.

- Non mais c'est vrai, il a raison sur un point tout de même. Aller sur la Lune de cette manière est bien moins chère et bien moins polluant qu'avec une fusée !

L'air assuré et la voix toujours aussi aiguë et familière arrachèrent un demi-sourire au brun. En voyant cela, la prof bondit :

- Ah ! Tu te fiches de moi en plus ! Non mais, vous avez vu ça ? s'exclama t-elle en prenant la classe à témoin. Non seulement tu te fais un petit voyage dans les étoiles sur MON heure de cours, mais en plus tu te permet de rire !

Le sourire de Ludovic s'élargit encore face à la fausse indignation de son enseignante. Celle-ci continuait sur sa lancée :

- Bon aller, je vais parler comme les petits vieux, même si en vrai j'en suis une aussi, "De mon temps", dit-elle d'une voix chevrotante. "Ah la jeunesse, c'est plus ce que c'était !"

Elle rit, et reprit de cette même voix, imitation stéréotypée de personne âgée :

- "De mon temps, on était quand même plus discret pour rêvasser, et on avait intérêt à l'être parce qu'on n'avait pas toujours le copain pour nous mettre un coup de coude bien placé dans les côtes et souffler un «réveille-toi !» avant que le prof ne nous remarque !"

Toute la classe rit de plus belle, quelques "Vous deviez être la première à mettre un bon coup de coude Madame !" rieurs fusant de-ci, de-là. Ludovic souriait maintenant franchement, et il adressa un regard reconnaissant à la brune sans âge, qu'il lui rendit un regard profondément gentil, presque maternel.

À la cantine, son presque-meilleur-ami, Gwenvael, s'installa à une petite table ronde, leur imposant ainsi de n'être que tout les deux, alors que d'ordinaire il insistait toujours pour manger avec plein de monde. Ludovic ne chercha pas à cacher sa surprise :

- On mange juste tout les deux ?

- Oui. Pour parler, c'est mieux.

Le brun regarda son ami, sidéré. Gwenvael voulait... parler ? Décidément, les choses ne tournaient vraiment pas rond dernièrement. Il observa soigneusement son visage, cherchant à deviner ses pensées. Gwenvael avait des cheveux brun aussi, légèrement plus clairs que ceux de Ludovic toutefois, un visage aux traits assez fin, et des yeux incroyablement pâles. La seule couleur à laquelle Ludovic pouvait rapprocher ces iris était le nacre. Son ami avait des yeux nacrés, avec quelques reflets rosés selon la luminosité. Le plus étonnant était que sa pupille ne ressortait pas du tout. Pourtant, du noir sur du clair, il n'aurait dû voir que ça, mais elles paraissaient comme pâlie. Il se rappela la première qu'ils s'étaient rencontrés. Il avait cru que Gwenvael était aveugle, pour lui seule la cécité pouvait donner ce genre de teinte à des yeux. Mais non, celui qui était devenu un ami précieux voyait parfaitement bien. Il arborait en ce moment une expression qui se voulait impassible, bien que Ludovic le connaissait suffisamment pour déceler l'inquiétude au fond de ses si étranges yeux. Son ami n'était pas un bavard, s'il voulait parler c'était forcément qu'il y avait un problème. Le brun sentit une boule d'appréhension se former dans sa gorge. Il ne voulait pas plus de mauvais nouvelles. Il se força à prendre un air nonchalant, et demanda :

- Ah bon ? Tu veux parler de quoi ?

Gwenvael le fusilla du regard.

- Ne joue pas à ce petit jeu avec moi.

- Hein ?

Ludovic était de nouveau surpris. De quoi diable parlait son ami ?

- Faut pas s'appeler Einstein pour voir que quelque chose ne va pas. Ça fait deux semaines que t'a pas pipé mot à propos d'Arthur, hier t'as séché les cours; et non, le coup du "J'étais malade" ne marche pas avec moi, et aujourd'hui la prof d'histoire a clairement essayé de te faire rire. Ça crève les yeux que tu vas pas bien. Alors maintenant, tu m'explique tout d ou je me fâche pour de bon. Je suis ton ami bordel, pas juste un pot de fleur qui sert à décorer à côté de toi.

Ok, là il avait largement dépassé le stade du surpris. Sidéré, scotché, stupéfait, tous ces mots étaient beaucoup trop faible pour exprimer ce qu'il ressentait.

- Tu... Je... Désolé.

- J'm'en tamponne les amygdales de tes excuses. Je veux savoir ce qui ne va pas et t'aider si c'est de l'ordre du possible.

Ludovic inspira profondément.

- Pas ici. Dehors. Il y a trop de monde là.

Gwenvael lui rendit un regard à la fois entendu et suspicieux. Un regard qui voulait dire "Je suis d'accord que c'est pas le meilleur endroit pour parler, mais ne t'imagines pas que je vais laisser tomber". Ils expédièrent rapidement le truc peu ragoûtant que le lycée osait nommé nourriture, ou repas, et sortirent. Ils montèrent au second étage du bâtiment principal, étage condamné pour cause d'insalubrité, et s'installèrent dans leur ancienne salle de biologie. Ici, personne ne risquait de venir les déranger ni d'entendre leur conversation. Le jeune homme aux yeux de nacre relança son ami :

- Alors ? Raconte-moi tout, on a plus de deux heures devant nous.

Le brun eut un regard désespéré. Il ne voulait pas le dire. Ce serait reconnaitre que c'était vraiment vrai, ce serait accepter cette réalité. D'un autre côté, s'il pouvait mentir à sa famille, même si c'était quelque chose qu'il abhorrait, il ne pouvait pas tricher avec un véritable ami. Il se résigna. Alors qu'il ouvrait la bouche pour enfin avouer la terrible réalité, ses mains et sa lèvre inférieure se mirent à trembler. Il mordit cette dernière tout en baissant la tête, les larmes commençant déjà de noyer ses yeux d'encres. Il sentit une main se poser sur son épaule et entendit :

- Chuuut, ça va aller. Vas-y, crache le morceau. Ça ira mieux après.

Les larmes roulèrent sur ses joues. Lentement d'abord, puis de plus en plus vite.

- C'est... Arthur... Il... hoqueta t-il, secoué par de violent sanglot.

- Qu'est-ce qu'il a ? Il te fait la tête ? T'inquiète pas pour ça, vous allez bientôt vous réconcilier !

- Non ! Il... Il a disparu, ça fait deux semaines... et je m'en était même pas rendu compte !

Ses mains étaient crispés sur son jean, à tel point que les jointures en étaient blanches. Il pleura :

- Je m'en veux, mais je m'en veux ! En plus on venait de se disputer pour des bêtises, si ça se trouve il est... Il est...

Ludovic recommençait d'hoqueter, de chercher sa respiration. Il était incapable de prononcer ce mot : mort. Il s'étouffait avec ses larmes, il était dans une rage noire contre lui-même. En rage parce qu'il s'était disputé avec Arthur pour une fille. En rage parce qu'il avait mis deux semaines à réagir et à découvrir sa disparition. En rage parce qu'il était incapable de garder le contrôle de ses émotions dès qu'Arthur était impliqué.

Face à la crise de son ami, Gwenvael ne savait pas comment réagir. Il était comme une poule devant un couteau. Si Arthur avait disparu, alors c'était grave. Très grave. Il avait rapidement compris que le lien qui unissait ces deux-là était un lien spécial, très loin de la simple amitié. Ils étaient tout simplement inséparable, l'un ne pouvait vivre sans l'autre. Quand il les avait vu ensemble pour la première fois, sa première pensée avait été "La réincarnation doit réellement exister, et ces deux-là ont été tour à tour meilleurs amis, jumeaux, et amants, c'est pas possible autrement !". S'il ne pouvait s'imaginer à quel point Ludovic souffrait, il pouvait au moins le comprendre. Il le prit dans ses bras, ne sachant comment le consoler autrement :

- Ça va aller, ça va aller... Ça va le faire Ludovic, on parle d'Arthur là. Je suis sûr qu'en ce moment même il est en train de peaufiner un plan complètement retord pour s'en sortir !

Et il l'espérait sincèrement. Il appréciait le blond, et cachait sa tristesse du mieux qu'il pouvait. Il ne voulait rien laisser paraître devant le brun, il souffrait déjà bien assez comme ça. Soudainement, une phrase le fit tiquer. Ludovic avait dit " Il a disparu, ça fait deux semaines... et je m'en était même pas rendu compte !" ? Il avait mit deux semaines à réaliser ? Il se recula et releva le visage de son ami, l'obligeant à le regarder droit dans les yeux :

- Attends. Deux semaines ? Ça fait deux semaines que tu n'as plus aucune nouvelles d'Arthur ?

Le brun le regardait avec de grands yeux larmoyants.

- Ben à part les sms pour dire qu'il ne pouvait pas venir aux sorties que j'essayais de prévoir pour m'exc... !

Ils se regardèrent, aussi étonnés l'un que l'autre.

- Les sms ? Il t'a envoyé des sms ?

Ludovic se saisit précipitamment de son portable.

- Oui ! A chaque fois il trouvait une excuse pour dire qu'il ne pouvait pas venir !

Il relu les rares sms qu'ils avaient partagés durant les quinze derniers jours. C'est là qu'il se rendit compte de l'étendue de sa stupidité et de son aveuglement.

- C'est pas lui qui les a écrit.

- Hein ? Comment ça ?

Gwenvael était pommé. Arthur avait disparu mais il avait envoyé des sms à Ludovic, mais ce dernier disait que ce n'était pas lui qui les avait écrit. Mais qui alors ? Comme s'il lisait dans ses pensées, le brun répondit :

- Les sms, il y a des abréviations, mais c'est pas celles qu'Arthur utilise d'ordinaire. Idem pour les smileys. C'est inspiré de son style d'écriture, mais c'est pas le sien quand même. Ça veut dire qu'il s'est fait enlever, et que son ou ses ravisseurs se sont bien amusés.

Il mit en coup de poing rageur dans le mur le plus proche.

- Putain mais qu'est-ce que je suis con !

Le désespoir l'envahit de nouveau et il se laissa lentement glisser au sol, les larmes revenant noyer ses yeux et ses joues. Gwenvael le regarda pleurer, et décréta qu'il était de son devoir d'ami de le secouer un peu. Il prit sur lui et lâcha d'un ton froid :

- Je confirme, t'es con. T'es même pitoyable là.

Aucune réaction.

- Même si ton boulet d'Arthur est mort, tu crois que c'est ça qu'il voudrait ?

- Je t'interdit de parler de lui comme ça, c'est clair ?! Il n'est pas mort ! Il n'a pas le droit !

Ah, une réaction. Assez violente même.

- Comme s'il avait besoin d'une autorisation. Et quand bien même il ne serait pas encore mort, vu l'efficacité des flics, ça ne saurait tarder. Tu peut faire ton deuil tout de suite mec.

Le brun à ses pieds était à la limite de la crise d'hyper-ventilation. Mais il devait le faire réagir.

- Ça sert à rien de chialer pendant cinquante ans. Ça ne te le ramènera pas. Et d'abord, t'es qui ? Ludovic il agit, il attend pas que les autres fassent pour lui en pleurnichant comme un môme de trois ans à qui on a piqué son doudou. Ludovic, quand il voit qu'Arthur va se faire renverser par une voiture, plutôt que de crier "Attention !", il se jette sur la route, le pousse, se fait renverser à sa place, et survit on ne sait pas trop comment. Donc toi là, l'espèce de loque, t'es qui ?

Le brun le regardait avec une expression horrifiée. Gwenvael prit un air méprisant, et tout en faisant demi-tour, il cracha :

- Je suis ami avec Ludovic, pas avec toi. Quand t'aura décidé de te remuer le cul, fais-moi signe.

Et sur ces aimables paroles, il s'en alla.

Lorsque Ludovic arriva dans la salle de maths, avec dix bonnes minutes de retard, Gwenvael ne sut dire s'il avait pris la bonne décision ou s'il avait fait la connerie de sa vie. Le brun avait le regard légèrement plus déterminé, mais vide.

- Je venais juste vous prévenir que ce n'est plus la peine de m'attendre en cours, je ne viendrais plus.

Le prof buga, littéralement.

- P...pardon ?

Gwenvael n'aurait pas dit mieux. Il conclut qu'il avait fait la connerie de sa vie.

- Je ne viendrais plus en cours, pour le moment.

- Et pourquoi donc ? L'école est obligatoire, tu es au courant ?

- Jusqu'à 16 ans, j'en ai 17. La raison ne vous regarde pas. Ce que je peut vous dire, c'est que j'ai d'autres chat à fouetter, et que c'est autrement plus important pour moi que de maîtriser la loi binomiale ou toutes les subtilités des suites. Sur ce, bonne fin de journée.

Le brun aux yeux d'encres salua celui aux yeux nacrés, de deux doigts au niveau du front qu'il écarta, comme une sorte de salut militaire, et sortit. Gwenvael se mordit la lèvre. C'était pas la connerie de sa vie, c'était la plus belle connerie de la terre.

Ludovic se dirigea droit vers l'appartement de son ami. Une fois en face de sa mère, il lui fit subir un véritable interrogatoire. Il fit ensuite un tour rapide de cette chambre qu'il connaissait par cœur, avant de rentrer chez lui. Là, il s'enferma dans sa chambre, sortit son ordinateur, et tâcha d'assembler les pièces du puzzle. Ils s'était disputés le samedi 5, dans l'après-midi. On était le 21. Lorsque Gauthier, le père d'Arthur, était rentré de son travail, vers 22h, son fils n'était pas là. Et il n'était jamais rentré.

Arthur avait donc disparu dans la soirée du 5. Il était volontairement sorti de l'appartement puisque sa veste, une paire de chaussures, son portable et ses écouteurs avaient disparu également. Ce qui signifiait qu'il avait pu être enlevé n'importe où dans la ville. L'ordinateur venait seulement de finir de s'allumer. Il le referma, attrapa son blouson, et sortit. Quand il était en colère, le blond allait toujours dans une maison abandonnée, trois rues plus loin. Il rapportait parfois un peu de nourriture avec lui, pour donner aux chats qui y avaient élu domicile. Avec un peu de chance, il pourrait y trouver un quelconque indice. Une fois arrivé, il fit le tour de la bicoque en ruine, observant soigneusement les alentours sans rien voir d'intéressant, et rentra par une fenêtre à l'arrière. Toutes les issues étaient condamnés, sauf celle-là, qui avait dû l'être dans une autre vie. La vitre était brisée, et les planches qui en bloquait autrefois l'accès tombaient maintenant de pourriture. L'endroit était sombre. Il sortit son portable, remerciant intérieurement la si géniallisime application lampe-torche. La première chose qu'il éclaira en lançant l'application fut le sol à ses pieds.

Qui n'étais pas si poussiéreux que ça.

Ou plutôt, qui laissait voir des traces de pas. De nombreuses traces de pas. Sa main se crispa sur son téléphone, la sensation de danger se faisant de plus en plus vive. Un sixième sens l'avertit, trop tard.

- Nous t'attendions.


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