Chapitre 4

Une délicieuse odeur le réveilla doucement. Lorsqu'il entra dans la cuisine, Naruto était en train de finir d'installer une incroyable table de petit-déjeuner. Il oubliait toujours que son ami était orphelin de naissance et avait donc dû cuisiner lui-même ses repas depuis bien des années.

- Oh t'es réveillé ! C'est cool ! Tu n'as plus qu'à t'asseoir, tout est prêt ! s'exclama le blond d'un air enjoué, un immense sourire déjà collé au visage.

Sasuke le remercia d'un simple hochement de tête et commença à se servir, tandis que son ami était déjà en train d'engloutir une quantité inhumaine de ramens. Il le regarda faire en silence, ressassant ses rêves bizarres. Est-ce qu'il tenait tant que ça à Naruto ? A peine le petit-déjeuner terminé, ou plutôt englouti dans le cas de l'Uzumaki, que ce dernier bondissait déjà, s'écriant qu'il voulait s'entrainer contre le brun.

- Pas envie.

Le ton sans appel stoppa net le blond.

- Hein ? Pourquoi ? T'as peur que je te batte à plate couture ? le taquina t-il.

- Tu imagine réellement pouvoir me battre un jour ? Je te suis largement supérieur ! répondit Sasuke d'un ton hautain.

- Vraiment ? Alors viens te battre avec moi et montre moi ta prétendue supériorité !

Il n'avait pas envie de retourner au terrain d'entraînement, mais Naruto ne le lâcherait pas. C'était une andouille doublée d'une tête de mule. Avec un soupir, il se leva et se prépara rapidement. Plus vite il lui aurait mis sa raclée, plus vite il pourrait rentrer chez lui. Une fois arrivé, le brun fut soulagé de constater qu'il n'y avait personne.

Il fit un demi-pas sur le côté, sans retirer les mains de ses poches. Le poing de Naruto siffla tout près de son oreille, sans le toucher, le déplacement d'air faisant légèrement voleter une de ses mèches de cheveux. Il se retourna pour faire face au blond, et lança un narquois :

- Tu en est au point où tu dois attaquer de dos pour espérer avoir une chance de gagner ?

Le jeune homme en face de lui éclata de rire et réattaqua en souriant. Sasuke évitait tout les coups, juste en se déplaçant. Il n'avait toujours pas sorti les mains de ses poches. Le blond recula d'un pas, et lorsqu'il lança son pied en direction du visage du brun, cinq autres blonds, parfaitement identiques, attaquèrent à leur tour. L'Uchiha se résigna à sortir ses mains de ses poches et bloqua le pied de son ami d'une main. Il évita toutes les attaques des clones, sans quitter l'original des yeux. Seul lui l'intéressait. Sur sa gauche, il y avait un arbre. D'un pas, il se décala, prit appui sur le large tronc, et sauta en direction de Naruto, qui le regardait faire d'un air curieux. Il atterrit juste derrière lui, et s'apprêta à frapper. Son bras fut immédiatement bloqué par celui du blond qui s'était retourné à la vitesse de l'éclair. Chaque coup de l'un était immédiatement paré par l'autre, sans qu'aucun ne prenne réellement le dessus. Les clones avaient disparu.

Soudainement, Sasuke fit un pas sur sa gauche et immédiatement fit un croche-pied de la jambe droite. Son ami bascula en arrière avec un petit cri de surprise. Le brun sourit en le voyant tomber : ils avaient été tellement absorbé par leur corps à corps où ils n'utilisaient que leurs bras qu'ils en avaient oublié d'utiliser leurs jambes pour attaquer. Il y avait pensé en premier, ce qui signait sa victoire. Il écarquilla les yeux de surprise en se sentant tomber en arrière à son tour. Quand est-ce que Naruto avait pu...? Il comprit, trop tard, que le blond lui avait fait un croche-pied à son tour tout en tombant. Il s'écrasa brutalement au sol, et avant même qu'il n'ait le temps de s'en rendre compte, deux mains puissantes se refermaient sur ses poignets, les bloquant de chaque côté de son visage. Naruto, essouflé mais toujours souriant, le retenait au sol, à califourchon au dessus de lui, ses pieds coinçant ses genoux, l'empêchant techniquement de se dégager. Techniquement. D'un coup de rein, il le souleva, l'obligeant à desserrer son étreinte sur ses genoux un instant. Immédiatement, il replia ses jambes, mit ses deux pieds au niveau du ventre de son asversaire, et le repoussa violemment. Il avait juste oublié un petit détail. Le blond retenait toujours fermement ses poignets. Il tomba donc sur Naruto, qui était à son tour étendu par terre.

Rapidement, il s'assit sur lui, puisqu'il avait pu expérimenter le fait que bloquer les genoux avec les pieds était inutile. Comme il n'avait toujours pas un libre usage de ses mains, il bloqua les bras de son adversaire en s'appuyant sur ses coudes qu'il avait placé dans le creux des coudes du blond. Avec un sourire, il souffla :

- Il ne faut jamais crier victoire trop vite.

Le jeune homme en face de lui eut un sourire qu'il ne lui avait jamais vu, un sourire qu'il aurait décrit comme pervers, et releva la tête, rapprochant son visage à quelque millimètre de celui du brun, qui ne pouvait bouger sans risquer de le libérer.

- Oui, et je crois que je vais commencer à aimer perdre si à chaque fois ça finit comme ça.

En sentant le souffle de Naruto tout contre ses lèvres, Sasuke se redressa d'un coup, comme s'il s'était électrocuté. Le blond en profita aussitôt pour réinverser leur position, s'asseyant à son tour sur le brun, retenant d'une main ses poignets au dessus de sa tête. Il rapprocha encore une fois son visage du sien, et chuchota tout contre son oreille :

- Mais finalement, c'est quand même mieux de gagner. Je préfère dominer la situation.

Sasuke était en train de virer au rouge pivoine. Il ne pouvait pas se dégager, et la situation en question était carrément suggestive. Un soudain élan d'orgueil Uchiha le poussa à reprendre le contrôle. Il murmura dans l'oreille du blond :

- Et tu ne crois pas que la situation en question ne serait pas plus confortable... ailleurs ?

Naruto le fixa, une expression stupéfaite sur le visage, tandis qu'il devenait rouge à son tour. Sous lui, Sasuke arborait une expression la plus sexy possible, ses cheveux de jais retombant tout autour de son visage, en mettant la finesse en valeur. Le blond balbutia :

- Hein ? Quoi ? Ben... Je...

Sasuke afficha un sourire éblouissant et encourageant. D'un coup, sans prévenir, il mit un violent coup de tête dans le front du blond, qui l'en lâcha. Il se mit à se frotter le crâne.

- 'tain t'es con, qu'est-ce qui t'as pr...

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Sasuke venait de l'assommer d'un bon coup sur l'arrière de la tête. Il regarda le corps évanoui à ses pieds, essayant désespérément de calmer les battements désordonnés de son coeur. C'était quoi ça ? Pourquoi est-ce qu'il avait aussi chaud ? Et surtout, pourquoi est-ce qu'il avait répondu ÇA à Naruto ? Il n'aurait pas pu trouver autre chose ? Ses joues le brûlaient, et le souvenir du souffle du blond contre son oreille n'arrangeait en rien les choses. Il jura intérieurement, maudissant ses réactions. Fichus hormones, il était si frustré que ça ? Il se faisait penser à une pucelle devant son amant. Cette idée fut accompagné de nouveaux jurons, tous plus fleuris les uns que les autres. Il se décida enfin à ramener l'inconscient à l'appartement, en le portant sur son dos. En le voyant passer, Kiba s'exclama :

- C'est pas possible ! Toi, et maintenant lui ? Il y a un truc avec ce terrain ou quoi ?

Sasuke grogna :

- Non, c'est moi qui l'ai assommé.

- Hein ?

Sasuke soupira, exaspéré, et continua son chemin.

- Attend ! Ça va pas la tête ?! Pourquoi tu l'a assommé ?

Le simple fait de se remémorer la scène fit rosir le brun.

- Pas tes ognons.

La réponse claqua, sans appel. L'Inuzuki n'insista pas, et ravala son inquiétude, se rassurant en se disant que le blond n'avait pas l'air particulièrement mal en point.

Quelques minutes plus tard, Sasuke déposait délicatement Naruto sur son lit. Il n'hésita qu'un court instant avant de se dire qu'être allongé tout habillé sur un lit n'était pas vraiment idéal. Il se résigna donc à ôter les chaussures de son ami et tira la couverture afin de l'en recouvrir, le bordant soigneusement. Il ferma les volets, puis sortit de la chambre, refermant discrètement la porte. Il regarda l'heure à sa montre : dix heures. Il ressortit, direction l'épicerie cette fois-ci, y fit les courses nécessaires et eut le plaisir de tomber sur Hinata. Alors qu'il s'apprêtait à l'ignorer et continuer son chemin, elle l'interpella de sa petite voix timide :

- Heuuu... Sasuke ? Excuse-moi de... de te déranger, mais je... je voulais savoir si... tu avais quelque chose de prévu pour... pour le... le week-end dans quinze jours ?

L'Uchiha leva les yeux au ciel, exaspéré. Un quart d'heure pour lui demander s'il avait quelque chose de prévu le week-end prochain, cette fille battait des records. Elle attendait sa réponse, tête baissée, jouant nerveusement avec ses doigts.

- Non.

Elle releva la tête, un petit sourire éclairant son visage.

- Vrai... vraiment ? C'est chouette ! Ce... ce sera l'anniversaire de Sa... Sakura, et je... voulais savoir si toi et Naruto, vous... vous viendriez ?

Un anniversaire, ça voulait dire des gens, beaucoup, du bruit aussi. Il n'en avait aucune envie. Mais il connaissait suffisamment Naruto pour savoir qu'il serait enchanté à l'idée. Et qu'il refuserait de le laisser seul.

- Tsss...

- Si... Si tu ne veux pas, c'est... c'est pas grave hein...

Il la regarda droit dans les yeux, peinant à masquer son agacement.

- On y sera. Tout les deux.

La jeune fille eut l'air légèrement surprise, mais lui adressa un sourire franc.

- Su... super ! Au... au revoir !

Sasuke la suivit des yeux, et ne reprit son chemin que lorsqu'elle eut disparu à l'angle de la rue. De retour chez lui, il rangea rapidement ses courses, et s'attela à la préparation du repas. A 12h30, la table était prête, les mets fumants disposés avec goûts. Et lui, il devait aller réveiller le blond. Qui allait inévitablement le tuer pour l'avoir assommé. Il vérifia une dernière fois que tout était en ordre, et se retourna pour sortir de la pièce. Ce qu'il ne fit pas. Naruto était dans l'embrasure de la porte, une expression ahurie sur le visage. Ses yeux ne cessaient de faire des allers-retours entre la table et le brun, qui s'était raidi, redoutant le moment où l'Uzumaki exploserait.

- Tu... Putain la vache ! Tu m'assommes quand tu veux si à chaque fois y a un repas pareil qui m'attend !

asuke en resta bouche bée. Comment ? Pas de hurlements ? De "N'essaie même pas de recommencer" ? Le blond s'était assis et se jetait déjà sur le bol de ramens préparé tout spécialement pour lui. La bouche pleine, il marmonna :

- Nan. Finament n'échait même pas de recommencher. Je fais comment pour te protéger moi chi je chuis dans les vappes ?

Il avala, et repris :

- Sérieusement, imagine que tu refaisais une sorte de crise pendant que j'étais évanoui ? Je m'en serais voulu à mort jusqu'à la fin de mes jours ! Entre un super bon repas et toi, la question ne se pose même pas Sasuke.

Ce dernier détourna le regard et s'assit à son tour, sans un mot. Si le blond n'avait pas eu ce comportement aussi ambiguë, il n'aurait jamais eu besoin d'en arriver là. Il se concentra attentivement sur son assiette, craignant de rougir de nouveau.

- Dans quinze jours on est invité à l'anniv de Sakura.

Le visage en face s'illumina...

- Sérieux ?!

... pour immédiatement redevenir plus sérieux et hésitant.

- Et... tu as envie d'y aller toi ?

Le brun releva la tête, surpris. Son regard croisa celui interrogateur du blond. Il pensait que Naruto se serait mis à faire des bonds partout en criant "Ouaiiiiiiis ! On y va ! On y va Sasuke !". L'idée qu'il puisse lui demander son avis ne lui avait même pas effleurer l'esprit.

- J'ai déjà dit à Hinata qu'on y serait. Fallait pas ?

- Si si si ! C'est génial ! On va s'éclater !

Et sur ces mots, il replongea gaiement dans son bol de ramens. Sasuke le regarda engloutir son repas, un semblant de sourire affectueux se dessinant sur ses lèvres. Il n'y avait réellement qu'en présence du blond qu'il arrivait à se détendre, à vivre. Lorsqu'ils étaient ensemble, il avait l'impression de planer sur un nuage de tranquillité et se sentait apaisé. En ce moment même, il se sentait merveilleusement bien. Heureux. Tout simplement. Quand l'eau glacée s'écrasa sur son visage, il eut à peine le temps d'ouvrir la bouche de surprise avant de perdre brutalement connaissance.

...

Il s'assit en sursaut, l'eau dégoulinant sur ses cheveux, son visage, son t-shirt, il voulut s'essuyer les yeux, ce qui fit tinter les chaines accrochées à ses poignets. Il redressa vivement la tête, cherchant à voir qui lui avait balancé un seau d'eau froide.

- Lève toi.

La voix était très différente de celle qu'il avait entendu dans la maison abandonnée. Elle sonnait presque... métallique. C'était étrange de définir une voix ainsi, mais c'était l'impression qu'elle lui donnait. Il réalisa soudainement qu'il avait des chaines aux pieds et aux mains.

- Vous êtes qui ?

La voix éclata de rire. D'un rire digne des stéréotypes de méchant dans les films, un rire qui vous file des sueurs froides et qui en dit bien plus long sur la suite du programme qu'un grand discours. Le rire s'arrêta net.

- Je t'ai dit de te lever.

Le ton était menaçant. Le brun obtempéra, et se releva tant bien que mal. Il ne voyait toujours rien. La pièce était plongée dans le noir complet, et il ne savait à peu près où se tenait son ravisseur que grâce au bruit de sa respiration.

- Suis moi.

Ludovic avala péniblement sa salive.

- Je... Je vois rien.

Il entendit le brusque froufrou des vêtements, indiquant que l'autre homme venait de se retourner, puis sentit une pression sur la chaine à ses poignets. Il se laissa guider ainsi, évitant les obstacles dont la voix métallique l'avertissait, se cognant aux autres. Ils descendirent des escaliers, marchèrent longuement dans un étroit couloir, remontèrent quelque marches, et enfin la pression cessa, et il entendit :

- On est arrivé ! Barnabas ? Enzo ? Je vous ai ramené le futur emmerdeur !

Le futur emmerdeur en question, qui ne comprenait strictement rien à la situation si ce n'était qu'il était en danger, entendit des bruits de pas, et fut soudainement ébloui par la vive lumière qui venait d'être allumée. Deux hommes d'âge mure pénétrèrent dans la pièce par une porte en face, souriants d'un air satisfait. Lorsque ses yeux se furent enfin habitués à la nouvelle luminosité, Ludovic détailla la pièce et les personnes présentes.

La salle était de forme circulaire, ou plutôt octogonale étant donné qu'elle était composée de huit murs plats et non arrondis, qui mis bout à bout formaient une sorte de cercle. Ces fameux murs étaient d'un blanc éclatant, tout comme le sol et le plafond, ce qui donnait un aspect d'hôpital à l'ensemble, aspect confirmé par la table d'opération au centre de la pièce et les plans de travail chargés de différents ustensiles d'opérations.

L'un des deux hommes était d'ailleurs vêtu d'une blouse de médecin. Sa peau était effroyablement blanche, comme de la craie, ses cheveux noirs et raides, et ses yeux d'un vert étrange rappelaient ceux d'un reptile. En fait, tout l'individu faisait penser à un serpent, sournois et dangereux. Ludovic déglutit avec peine. La seconde personne à être entrée par l'autre porte avait des cheveux châtains, assez foncé, des yeux de la même couleur, mais le plus surprenant était qu'un bandage recouvrait toute la partie droite de son visage. Ce dernier répondit en souriant :

- Merci Guillaume. Comment va l'autre ?

Ludovic frissonna en reconnaissant la voix de celui qui l'avait "attendu" dans la vieille maison. Celui qui l'avait amené ici, et qui apparemment répondait au nom de Guillaume, s'avança, ce qui lui permit de l'observer à son tour. Il avait des cheveux blonds coiffés d'une manière absolument improbable : ils retombaient sur la partie gauche de son visage, mais à l'arrière de sa tête, on aurait dit qu'il avait une queue de cheval. Ses yeux étaient d'un bleu-gris assez clair, et il avait ce même sourire sûr de soi et satisfait que les deux autres.

- Il va bien, il continue de répéter qu'il nous butera tous !

Il rit en répétant les propos de cet "autre".

- Il arrête pas de gronder qu'il commencera par Barnabas, puis par toi, Enzo !

Le cerveau de Ludovic tournait à plein régime. D'après ce qu'il venait d'entendre, il y avait une autre personne enfermée ici, et il était prêt à parier qu'il s'agissait d'Arthur. Ensuite, l'homme qui l'attendait dans la maison abandonnée et avait un étrange bandage sur le côté droit du visage se nommait Enzo, celui qui faisait penser à un serpent se nommait Barnabas, et celui qui l'avait réveillé avec un seau d'eau froide et l'avait amené ici se nommait Guillaume. Enfin, il était dans une salle d'opération de toute évidence illégale, ce qui signifiait qu'il allait très certainement faire un tour sur la table centrale, et qu'il avait peu de chances d'en redescendre vivant; et le blond l'avait surnommé "le futur emmerdeur", ce dont il n'avait absolument aucune idée de ce que cela pouvait bien vouloir dire. Barnabas prit la parole pour la première fois, et sa voix correspondait parfaitement à l'aura qui émanait de lui : sifflante et vicieuse.

- Tu es sûr que les drogues ont bien été éliminés par son organisme ? Tu as bien respecté mes consignes ?

Le blond leva les yeux au ciel.

- Évidemment ! On bosse ensemble je te rappelle !

Le châtain au bandage se mit à rire.

- Parfait ! Absolument parfait ! Alors je propose que l'on commence sans plus attendre. Ses parents n'ont toujours pas donné de nouvelles, soit ils préparent quelque chose, soit ils n'en ont rien à faire, après tout ce n'est que le cadet. Dans le doute, je préfère que l'on fasse l'expérience tout de suite, ce sera fait comme ça.

- Et je suis impatient de vérifier si mes calculs sont justes ! s'exclama la face de serpent.

Ludovic commençait réellement à paniquer. Il n'avait pas la moindre idée de combien de temps il était resté inconscient, et la perspective d'être un cobaye pour une expérience hasardeuse ne l'enthousiasmait pas des masses. Au contraire. Soudainement, il se rendit compte que le blond l'avait lâché. C'était le moment. Il se mit à courir, refaisant le chemin en sens inverse, espérant trouver une sortie dans cette direction. Ses chaines le gênaient, et il venait seulement d'atteindre le long couloir quand il sentit qu'on l'attrapait par le col et qu'on le tirait brutalement en arrière. Il voulut se relever et se remettre à courir, mais quelqu'un devant lui le repoussa sans ménagement. Le nouveau venu avait de court cheveux d'un vieux rose un peu grisé, des yeux de la même couleur, et un visage presque angélique qui lui donnait une apparence très jeune. Il sourit :

- Non non non, ce chemin t'est interdit, désolé. Tu vas être un gentil garçon et nous obéir bien sagement. Pour ton propre bien.

Terrifié, Ludovic se mit à reculer, se poussant avec ses pieds, marchant avec ses mains, sans plus avoir la force de se remettre debout. Le dénommé Enzo le regardait faire d'un air moqueur.

- Rien à voir avec l'autre, dit-il pensif.

Il sentit soudainement qu'on le soulevait. Guillaume l'entraina vers la table, rapidement aidé par Enzo. Il se débattait de toutes ses forces, mais les deux hommes étaient beaucoup, beaucoup plus fort que lui. Ils l'y ligotèrent prestement, grâce à de solides sangles prévues à cet effet : une pour chaque poignet, cheville, genoux, une autre au niveau des épaules et une qui encerclait son front. Il était d'une pâleur terrifiante, les yeux crispés, il attendait. Il attendait que ces malades le torturent et le tuent. Barnabas, ravit, s'exclama joyeusement :

- Super ! Messieurs, je ne vous retiens pas ! Je vais de ce pas commencer l'opération.

Henri s'approcha et se pencha vers Ludovic :

- Ne t'inquiète pas, tu es censé ressortir vivant d'ici. Il a pris tous les paramètres possibles et imaginables en compte, rien n'a été laissé au hasard ! C'est une expérience scientifique qui pourrait révolutionner la science et le monde, tu es bien trop précieux pour qu'il se permette de faire une erreur.

- Trop aimable, je me sens tellement mieux d'un coup !

Le regard de Ludovic était brûlant de colère face à l'hypocrisie du jeune homme. Si c'était si merveilleux et sans danger que ça, il n'avait qu'à prendre sa place ! La peine et la compassion qu'il lut en retour dans les yeux rosé le surprit, et l'inquiéta davantage encore. Il n'allait définitivement pas s'en sortir indemne. Les trois hommes sortirent, le laissant seul avec Barnabas. Ce dernier s'approcha de lui, une aiguille à la main :

- Tout sera fait sous anesthésie, tu ne sentiras rien.

Impuissant, il sentit l'aiguille mordre sa chair. Il y eut quelques secondes pendant lesquelles rien ne se passât, puis sa vision se flouta, sa respiration se fit douloureuse, et tout devint noir.

...

Sasuke cligna plusieurs fois des yeux, et tourna la tête sur le côté. Des murs blancs. Il était déjà de retour à l'hôpital. Et il avait mal. Il se sentait au bord de l'inconscience, il ne comprenait rien à ce qui lui arrivait. Il se rendit soudainement compte de la présence de Tsunade, entourée de plusieurs autres personnes qu'il ne chercha pas à reconnaître. La blonde était au dessus de lui, ses deux mains au niveau de son ventre, et essayait de toute évidence de le soigner. Elle sembla alors remarquer qu'il était plus ou moins conscient :

- Ça va aller Sasuke, tu vas t'en sortir ok ? Panique pas, concentre toi juste sur ta guérison. Personne ne compte abandonner, t'en fait pas, on a de super techniques pour te soigner, ça va le faire, d'accord ? Fais nous confiance !

Le brun la regarda d'un air absent. Il avait du mal à analyser les informations perçues. Tsunade avait peur, elle parlait, mais elle semblait plus chercher à s'auto-persuader que le rassurer lui. Il y avait des gens, qui bougeait dans tous les sens et parlaient aussi. L'Hokage avait parler de soigner, et de guérison. Il vit un tissu plein de sang sortir de la pièce. Un tissu plein de son sang. Il écarquilla les yeux, et eut juste le temps d'entendre Naruto hurler :

- Laissez-moi le voir ! Putain LAISSEZ-MOI LE VOIR !


C'est si nul que ça pour que personne ne me laisse de review ? :/

Je remercie du fond du coeur Froshe pour ses gentils messages, mais les autres ? Même si vous n'aimez pas, n'hésitez pas à le dire, les critiques sont enrichissantes !