Me revoilà ! Je m'excuse pour le retard : à cause de la tempête il n'y avait plus d'électricité chez moi :/ Voilà seulement que j'ai l'occasion de poster.. J'espère sincèrement qu'il n'y a pas de dégâts chez vous ! Mon village est dans un sale état, c'est impressionnant O.o
Bref, voilà le chapitre 6, j'espère qu'il vous plaira !
Chapitre 6
Sasuke se réveilla avec l'arrière-goût amer de son rêve. Il s'était endormi en se demandant ce que Ludovic ressentirait pour Arthur, s'il serait aussi hésitant que lui. Ce qu'il éprouvait pour Naruto n'était-il réellement qu'une simple amitié, ou était-ce... plus ? Et voilà que dans ce monde imaginaire il l'avait purement et simplement oublié !
Une agréable odeur vint lui chatouiller les narines et fit gargouiller son ventre vide. La culpabilité l'étreignit en même temps que la faim. Il s'en voulait d'être aussi conscient de la présence du blond, il n'avait pas le droit de devenir aussi ambiguë quant à ses sentiments à son égard, mais il s'en voulait tout autant de constater que dans ses rêves il l'avait complètement oublié, alors que c'était ces même rêves qui avaient commencé de le faire douter. Il n'avait pas envie de se lever, d'affronter les deux perles azurs qui semblaient capables de lire en lui comme dans un livre ouvert. Il n'osait imaginer la réaction de l'Uzumaki s'il se rendait compte de quoi que ce soit. Au même moment, il entendit frapper à la porte de sa chambre. Il sursauta violemment, avant de tirer le plus discrètement possible la couverture vers lui, faisant semblant de dormir profondément.
- Sasuke ?
Il ne répondit pas. La poignée tourna, la porte s'ouvrit lentement, et Naruto fit un petit bruit amusé, que le brun trouvait carrément craquant. Il se mit une gifle mentale pour avoir eu ce genre de pensée. Il n'avait pas le droit ! Le plancher grinça, signe que le blond s'approchait.
- Trop mignon, chuchota t-il.
Il s'assit sur le bord du lit et soupira, tout en se mettant à jouer avec une mèche noire qui retombait sur le visage du prétendu endormi.
- Si tu savais tout ce qui me passe par l'esprit chaque nuit...
Sa voix avait des intonations tristes. Sasuke dût se faire violence pour ne pas immédiatement ouvrir les yeux et lui demander ce qui lui passait par l'esprit chaque nuit. Il sentit quelque chose de doux et chaud se presser délicatement contre son front.
- Bonne grasse mat'.
Naruto se leva sans bruit et quitta la pièce. Dans son lit, l'Uchiha rosit. Il l'avait embrassé. C'était un baiser, ce que le blond avait déposé sur son front. Certes, ce n'était que sur le front, et ça n'avait aucune signification particulière, mais c'était un contact physique auquel ils n'étaient pas habitués, et c'était suffisant pour envoyer tout un tas de papillons danser dans son ventre pendant que des étoiles faisaient de même dans ses yeux. Il se leva rapidement, un petit sourire heureux collé sur le visage, avant de se rendre compte de sa réaction. Il s'assit sur son lit, perplexe. Depuis quand réagissait-il ainsi vis à vis de Naruto ?
Son comportement était chaque seconde plus incontrôlable. Son regard se posa sur la porte. Non loin, le blond était certainement en train de commencer de petit-déjeuner sans lui. Il se laissa lourdement retomber en arrière. Ses hormones lui jouaient décidément un bien mauvais tour. Il ne devait surtout pas confondre amitié sincère et amour. Quand on était amoureux, on voulait faire ce genre de chose... Le rose de ses joues devint alors rouge pivoine. Son esprit tordu avait apparemment décidé de faire copain copain avec ses hormones et de lui mettre quelques images censées être censurées dans la tête. Il roula sur le côté, enfonçant son visage dans les draps, comme pour effacer les images qui défilaient sans son autorisation dans son esprit. Le grincement de la porte de la salle de bain, dont les gonds avaient soufferts à cause de l'humidité, le sortit enfin de sa rêverie. Naruto était parti prendre sa douche. Il se dépêcha d'aller petit-déjeuner, ne voulant surtout pas le croiser. Après une brève hésitation, il laissa un mot sur la table qu'il avait maintenant débarrassée et nettoyée, indiquant qu'il était sorti et ne rentrerait certainement que tard dans la soirée, et qu'il serait chez Kakashi, afin que son garde du corps attitré ne panique pas.
Dehors, les arbres prenaient lentement de jolies teintes oranges, rouges ou cuivrées, et bientôt, seules des branches nues s'élèveraient vers le ciel, comme autant de bras implorant pour le retour du beau temps. Il n'avait pas réellement de saison préférée. Il aimait l'automne, quand les feuilles devenaient or et tombaient doucement en virevoltant dans les airs; il aimait l'hiver, quand tout était recouvert d'un épais tapi blanc qui étouffait chaque bruit; le printemps, quand tout semblait ressusciter, et que les oiseaux revenaient gazouiller dans les arbres; et enfin l'été, quand il faisait agréablement chaud, que tout était vert et que les journées étaient plus longues. Kakashi le fit entrer sans lui poser de question, et sans s'offusquer de le voir arriver ainsi, à l'improviste. Il se contenta de le regarder en silence, attendant patiemment qu'il lui explique la raison de venue. Sasuke ne savait quoi lui dire. Il avait pensé à Kakashi en premier, mais il cherchait juste un endroit où fuir le blond. Il ne voulait pas que ses sentiments naissant ne prennent de l'ampleur, il voulait les éliminer, les enterrer au fin fond de son esprit comme on repousse un mauvais souvenir. Il regardait fixement ses pieds, incapable de se trouver une excuse crédible. Le plus vieux sourit gentiment et lui ébouriffa les cheveux :
- Tu peut rester autant de temps que tu le désire, et si tu as quelque chose sur le coeur, tu peut me le dire, je serais une tombe si tel est ton souhait. Ce n'est pas bon de tout garder pour soi.
Le brun lui lança un regard reconnaissant, sans pour autant oser bouger de l'entrée.
- Si tu veux faire le pied de grue ici, ça ne me dérange pas, mais je pense tout de même que tu serais plus à l'aise dans le salon, dit-il d'un ton amusé, tout en indiquant la direction de la pièce en question.
- Euhh... Je... Oui. Merci.
La pièce était étonnamment jolie et aménagée avec goût. Deux canapés en cuir formaient un L autour d'un tapi beige clair qui ressortait sur le plancher et mettait en valeur la table basse en bois. Face à cette dernière, une somptueuse cheminée abritait un feu qui crépitait doucement. Il ne manquait plus que le rocking-chair et le chat en boule devant le feu, songea Sasuke. Un bar, perpendiculaire au mur ayant la cheminée, séparait le salon de la cuisine : côté salon, cinq tabourets à l'assise du même cuir que les canapés étaient alignés, permettant ainsi de profiter de la chaleur de l'âtre dans le dos, tandis que côté cuisine, la surface qui faisait bar surplombait un large plan de travail et un évier sous lesquelles il y avait des placards. Une minuscule porte à battant, comme dans les saloon de western, sur la droite du bar permettait de passer aisément d'une pièce à l'autre. Enfin, lorsque l'on était face à l'évier, le mur de droite était la continuité du bar, agrémenté de placards en hauteur, le tout du même bois que la table basse. Tout était fait pour s'accorder, et le rendu était incroyable.
- Je te sers quelque chose à boire ?
La voix de Kakashi arracha le brun à sa contemplation.
- Hn.
Il s'en fichait complètement. Son attention venait d'être attirée par la maquette de navire posée sur la cheminée. Il s'approcha lentement, et se pencha, observant les moindres détails. On aurait dit un bateau-fantôme. Quand il lut le nom, Sasuke resta un instant interloqué. Le 'Black Pearl'. Ce nom lui disait quelque chose, il savait qu'il l'avait déjà entendu, mais sans savoir d'où.
- D'où vient le nom de ta maquette ?
Puisqu'il était le propriétaire de ce 'Black Pearl' miniature, Kakashi saurait sûrement lui rafraichir la mémoire.
- Pourquoi ?
Le brun fut surpris du ton méfiant de son ex-mentor.
- Parce que je n'arrive plus à me rappeler où j'ai déjà entendu ce nom, répondit-il tout en se tournant vers le plus vieux, toujours derrière le bar.
Ce dernier le dévisageait, et il avait clairement l'air stupéfait. Gêné, Sasuke ajouta :
- C'est un truc évident que tout les mômes connaissent c'est ça ? Désolé, mais ces dernières années, j'ai préféré retenir les différentes façons d'éliminer rapidement et proprement quelqu'un plutôt que le nom d'un machin qui flotte.
- Non non, justement. Normalement, personne ne connait ce nom.
- Oh.
Aucun des deux n'insista. Sasuke s'installa au bar et se mit à jouer avec le verre que venait de lui servir son aîné, pensif. Ses pensées s'orientèrent naturellement vers une certaine tête blonde. Il devait être en train de tourner comme un lion en cage dans l'appartement, s'il n'était pas déjà en route. En parlant de cage... Si Ludovic avait oublié Arthur, cela signifiait qu'il ne le chercherait plus. Ça n'avait beau n'être qu'un rêve, il s'en voulu. Il devait virer schizophrène. Son conscient commençait à loucher sur Naruto, pendant que son subconscient le faisait enfermer loin de lui et l'oubliait ! Il reposa sans délicatesse son verre. Sans Naruto, il était perdu. Il n'avait personne vers qui se tourner, et il n'en revenait pas que Kakashi l'ait accepté chez lui comme ça, sans poser de question. Il n'avait personne à qui parler, personne à qui il pouvait poser le millier de questions qui le tourmentait, et pourtant, il en aurait bien eu besoin. Il n'avait que dix-sept ans ! Dix-sept ans, orphelin et les mains déjà tachées de sang, un seul ami, pour lequel ses sentiments étaient assez ambiguë, et une santé qui déconnait ces derniers temps. Top comme curriculum vitae.
Il souffla de lassitude, et s'amusa de voir la surface de l'eau dans son verre se troubler. Il recommença, jouant à moduler son souffle afin d'obtenir différents effets : un creux assez profond, puis de simples petites rides circulaires, puis de nouveau un creux, mais en moins profond et accompagné de grosses rides, et ainsi de suite. Il avait perdu toute notion du monde qui l'entourait, laissant enfin son esprit se vider. Il souriait bêtement lorsque Kakashi, qui observait son jeu en silence depuis un moment, craqua et explosa de rire.
- Je ne pensais pas qu'un simple verre d'eau suffirait à te remonter le moral de la sorte !
Sasuke tressailli et cessa immédiatement, tentant de cacher son embarras. L'autre homme eut un sourire tendre et amusé à la fois.
- Sérieusement, qu'est-ce qui t'amène ? Je doute que tu sois venu dans le but de jouer avec un verre d'eau !
Le brun se plongea dans la contemplation des nœuds du bois. Il n'avait pas envie de répondre. Il eut soudain une illumination, la réponse parfaite qui collait parfaitement avec le caractère qu'il voulait que tous croient être le sien.
- Naruto me saoule. Il est vraiment chiant quand il s'y met, j'ai besoin de faire une pause.
Il était extrêmement satisfait de son mensonge. Enfin, demi-mensonge. Naruto le saoulait réellement, a être aussi gentil, attentionné, sans-gêne, sexy... Oubliez le dernier mot. Bon sang, chaque fois qu'il pensait à lui, ses pensées étaient obligées de dériver ! Oui, Naruto était chiant. Sa capacité hors-norme à lui faire perdre le contrôle de ses émotions et à révéler le vrai Sasuke, celui qu'il avait tenté d'enfermer au plus profond de son coeur depuis le massacre de sa famille, était extraordinairement chiante. En fin de compte, son excuse n'était même pas un mensonge. Juste une reformulation acceptable et présentable de ses pensées. Une phrase qu'il pouvait crier haut et fort sans que cela ne choque personne ni ne fasse voler en éclat le Sasuke de façade, le Sasuke officiel. En face de lui, le ninja s'était remis à rire.
- Excuse acceptée ! Tu viens ici quand tu veux, si ça nous permet d'éviter de retrouver Naruto en pièces détachées !
La journée s'écoula tranquillement. Les deux avaient l'habitude de vivre seul, et chacun s'occupa de son côté, sans déranger l'autre. Lorsque le soleil commença de se coucher, Sasuke se leva du confortable canapé et remercia son aîné pour son hospitalité, avant de se diriger vers la sortie. Au moment où il allait partir, Kakashi l'interpella, le visage grave.
- Sasuke ?
- Oui ?
- La fuite n'a jamais été une solution.
- Pardon ?
Il était maintenant juste en face de lui.
- Passe une bonne soirée !
Le ton du plus vieux était redevenu léger, et il ébouriffa affectueusement les cheveux du brun en disant ces mots. Sasuke s'en alla, perturbé. Est-ce que son ancien mentor avait compris qu'il lui cachait quelque chose ? En tout cas, il avait compris qu'il avait fui Naruto en venant ici. Mais en soupçonnait-il la raison ? C'était impossible. Aussi intelligent fut-il, Kakashi ne pouvait deviner qu'il faisait des rêves étranges, ni qu'il commençait à douter de la nature de ses sentiments envers le blond.
Il rentra le plus discrètement possible, espérant que Naruto serait déjà couché, et si possible profondément endormi.
Il se glissa dans le noir, et sursauta violemment quand la lumière s'alluma soudain.
- Désolé, je ne voulais pas te faire peur.
- Tu m'attendais ?!
Le blond s'était levé et se dirigeait droit sur lui.
- Évidemment ! Tu étais sorti toute la journée, tranquille, et moi je n'avais qu'à attendre que monsieur se décide enfin à rentrer ? T'as une idée du nombre de scénario catastrophe que je me suis fait ?
Il s'était mit à crier. Sasuke recula, par pur réflexe, tandis que son instinct reprenait le dessus et que sa carapace revenait au grand galop.
- Baisse d'un ton. Je n'ai aucun compte à te rendre. Je t'avais laissé un mot pour te prévenir, je n'étais pas en danger.
Sa voix était devenue glaciale.
- Et mon rôle de protecteur t'en fait quoi ? Ça sert à quoi que je sois ici si je ne peut pas être à tes côtés ?
Il eut un sourire moqueur et hautain, un sourire d'Uchiha.
- A rien. Ta présence ne sert strictement à rien, si ce n'est flatter ton égo. S'il m'arrivait quelque chose, tu ne pourrais rien faire.
Le blond en resta bouche bée. Sasuke pouvait clairement voir qu'il l'avait blessé, et c'était ce qu'il avait voulu. Le blesser pour qu'il s'éloigne. Et pourtant, voir cette expression de peine sur ce visage d'ordinaire souriant lui faisait horriblement mal. Il ne pût s'empêcher d'ajouter, dans un faible murmure :
- Même si j'aime bien quand t'es là...
Il se réfugia aussitôt dans sa chambre, priant pour que Naruto ne l'ai pas entendu. Les jours s'écoulèrent ainsi, chaque matin, le brun allait passer sa journée chez Kakashi, qui agissait comme si de rien n'était, se contentant d'être présent et à l'écoute, et chaque soir, il rentrait à l'appartement, fuyant le blond avec zèle, blond qui s'obstinait à l'attendre pour inévitablement obtenir un "J'ai déjà mangé" glacé de la part du brun. Il redevenait Ludovic dans ses rêves, et ne se souvenait toujours pas d'Arthur ni des révélations sur le statut de yakuza de sa famille fictive.
Un après-midi, Kakashi le mit gentiment à la porte, car il avait quelque chose de prévu. Sasuke erra dans les rues, marchant à pas lents vers sa maison. Il devait encore s'éloigner du blond. Il lui manquait cruellement, mais c'était le seul moyen à ses yeux d'étouffer ses sentiments. Il ne devait plus rien ressentir pour lui, il devait effacer jusqu'à leur amitié et le faire devenir un parmi tant d'autre, une personne qu'il n'apprécierait ni ne détesterait. Un arbre de plus dans le parc. Il savait d'expérience que les sentiments n'apportaient jamais rien de bon, que ce n'était qu'une intarissable source de souffrance. Une délicate mélodie le tira de ses sombres pensées. Elle provenait d'une petite boutique à laquelle il n'avait jamais prêté attention, mais qui semblait vendre toute sortes de choses. L'anniversaire de Sakura approchait à grands pas, et il n'avait toujours pas de cadeau. Pas que cela lui importait réellement, mais elle serait heureuse et lui ne serait pas regardé comme un monstre égoïste durant toute la fête. Il pénétra dans le magasin.
- Bienvenue, jeune homme !
Il haussa uniquement le sourcil droit, d'une façon assez comique. La femme en face de lui semblait sans âge. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il aurait été incapable de lui donner ne serait-ce qu'une tranche d'âge, et on aurait pu lui dire qu'elle avait vingt-et-un ans ou qu'elle en avait quarante-cinq, il l'aurait cru.
- Vous désirez quelque chose en particulier ou vous voulez simplement regarder ?
Ce ton très professionnel dénotait d'une certaine expérience, confirmée par sa volonté de mettre le client à l'aise. A moins qu'elle n'est toujours été dans le milieu commercial, elle dépassait certainement les vingt-cinq ans, toutefois sa voix était claire et assurée, elle était donc en dessous de la barre des cinquante ans. Au dessus, le timbre de voix se parasitait d'un petit quelque chose indéfinissable, mais qui pour quelqu'un d'aussi entraîné que lui était immanquable.
- Monsieur ?
- Oh, excusez-moi. Je cherche un cadeau pour une connaissance infirmière.
Elle lui sourit et demanda quelques précisions sur la nature du cadeau.
- C'est pour son anniversaire.
- Mais ce n'est qu'une simple connaissance ?
- Exact.
- Excusez mes propos, mais la question sous-entendue était : souhaitez-vous séduire cette jeune fille, lui faire comprendre de manière diplomatique qu'il ne pourra jamais rien avoir entre vous, ou est-elle une amie et il est impensable pour vous deux qu'il y est autre chose ?
Ok, elle faisait carrément fausse route. Pour commencer, il ne connaissait personne, si ce n'était Naruto, qui soit digne d'être qualifié d'ami à ses yeux. Et forcément, un homme qui voulait offrir quelque chose à une femme, il y avait une raison sentimentale, ce ne pouvait être un simple cadeau d'anniversaire, par pure politesse.
- Excusez mes propos, mais la réponse sous-entendue était : par le terme "connaissance" je signale que je n'ai aucun intérêt pour cette fille, et la précision "cadeau d'anniversaire" signifie que je suis invité et donc que j'agis par pure obligation sociale.
Il avait repris le ton légèrement sarcastique de la vendeuse, y ajoutant une pincée de mépris Uchiha, et une bonne dose de fraicheur polaire de son cru. Au vu de l'expression gênée qu'elle adopta, il fut plutôt satisfait du mélange. Elle lui proposa alors diverses choses, qui lui semblaient toutes futiles. Il remarqua enfin un petit livre, qui devait aisément tenir dans n'importe quelle poche.
- C'est un livre recensant différents types de plantes que l'on trouve dans la nature et leurs propriétés médicinales. En tant qu'infirmière, je doute qu'elle est utilité de ce genre d'...
- Je le prend.
Il l'avait coupé net, tout en lui prenant l'ouvrage des mains. Il semblait assez résistant, et il était sur que la jeune fille aux cheveux roses apprécierait ce cadeau. Sur le terrain, si l'un de ses camarades était blessé ou empoisonné, il était bon de savoir utiliser toutes les ressources offertes par son environnement. Il régla rapidement son achat et s'en alla, s'étonnant de l'heure tardive. La vendeuse l'avait retenu pendant bien trop longtemps, il ne rentrait jamais si tard d'habitude. En rentrant, il craignit de tomber sur un Naruto furibond qui lui demanderait où il était durant tout ce temps, et il fut surpris de trouver l'appartement plongé dans le noir. Le blond semblait couché. Il pénétra silencieusement dans la cuisine, ne tenant absolument pas à le réveiller. Une vague d'émotion l'envahit quand il constata qu'une assiette l'attendait sur la table, avec un petit mot :
"Je suis couché, désolé si c'est froid quand tu rentres, c'était chaud à la base. J'ai bien compris que tu me fuyait, mais j'apprécierais que tu m'explique pourquoi...
Ton ami, Naruto"
Sasuke eut un petit rire en constatant que le blond avait signé. Ce n'était pas comme s'il y avait beaucoup d'autres personnes dans cette maison susceptibles d'avoir écrit ce message. Et pourtant, ces trois malheureux mots suffisaient à provoquer une véritable tempête en lui. Naruto s'était qualifié d'ami à son égard, et ce terme éveillait en lui un tas de sentiments contradictoire. La joie, l'affection, d'être considéré comme un ami, et la peine, une déception stupide, car "ami" sous-entendait "et rien d'autre", ainsi qu'une sourde angoisse. L'Uzumaki était loin d'être stupide, il avait compris qu'il le fuyait, et maintenant il réclamait des explications. Réaction parfaitement logique, mais à laquelle il ne s'était pas préparé. Il se mit à manger, lorsqu'un détail le frappa soudain. Comment est-ce que Naruto pouvait savoir qu'il n'avait pas encore mangé ? Au goût, il ne détectait rien de louche, et en relisant le petit message, il fut forcé d'admettre que personne ne pourrait imiter aussi fidèlement l'horrible écriture du blond. Ce dernier avait donc deviné, il ne savait trop comment, qu'il n'aurait pas mangé en rentrant ce soir. Il termina rapidement son assiette et se coucha en songeant qu'il devrait tirer cela au clair le lendemain.
N'hésitez pas à me laisser des reviews, et à me rassurer sur l'état de votre maison/appartement ! La tempête à fait de gros dégâts ^^"
