Vous avez vu ? Pour une fois, je ne suis pas en retard ! ^^
Ludy : Je suis super contente que l'idée te plaise ! J'avais très peur que les lecteurs soient perdus, alors ta review, en plus de me faire super plaisir, me rassure un peu ^^ Et oui, il en veut, comme je dit, il a enclenché le mode "Uchiha pas content" lol
Chapitre 13
Il était équipé comme il se devait. Il avait les différentes armes qu'il avait gentiment réquisitionnées dans l'entreprise de son frère, des habits sombres et suffisamment près du corps pour ne pas se coincer partout, et le must, une lampe frontale, bien plus pratique que devoir tenir son portable à la main. Il s'engagea d'un pas décidé vers l'arrière de la maisonnette, ignorant la petite bruine qui s'infiltrait sous les vêtements et le glaçait.
Ludovic vérifia que la pièce par laquelle il entrait était bel et bien vide, il ne tenait pas à avoir le même coup que la dernière fois. Une fois rassuré, il entra, aussi silencieux qu'un chat. La poussière accumulée au fil des décennies était telle qu'il lui fut aisé de retrouver les traces de ses propres pas, deux mois plus tôt.
Il avait du mal à se rendre compte qu'autant de temps était passé depuis. Il avait l'impression que c'était hier qu'il se disputait avec Arthur, et en même temps il lui semblait que c'était dans une autre vie. Et d'une certaine manière, ça l'était. Cette dispute s'était passée dans sa vie avant qu'il ne se souvienne. Avant qu'il ne soit autant Sasuke que Ludovic. Il vit nettement l'endroit précis où Denzo, ou plutôt Enzo, le dingue au bandage, l'avait endormi d'une piqûre avant de l'emmener. Les traces de pas le menèrent vers une porte, qui débouchait sur une volée de marches menant à la cave.
Il continua, sans hésiter un seul instant.
Quelques rats s'enfuirent sur son passage, et il dérangea plusieurs araignées, énormes, noires et velues, en rouvrant la discrète porte qui menait à ce qui avait dû être le repère de la vermine, dans tous les sens du terme. Il reconnut le long couloir par lequel étaient arrivés ses sauveurs : son père, son frère, et Madara, qui apparemment se nommait Philippe dans ce monde. En progressant, il repéra le passage secret par lequel les quatre ravisseurs s'étaient enfuis, mais l'ignora pour le moment. Un soupir de soulagement lui échappa quand il vit que les cadavres des hommes de mains avaient été retiré. Il s'en doutait, étant donné qu'aucune odeur nauséabonde de charogne en décomposition lui était parvenu, mais il craignait tout de même de tomber sur vingt cadavres qui pourrissaient sur place depuis deux mois. Il avait déjà vu des morts, plus qu'il ne pouvait en compter, et était responsable du trépas de la plupart, il n'empêchait qu'entre un cadavre frais, et un vieux bien entamé par les vers, les rats, et autres bestioles fort ragoûtantes, il y avait un grand pas, qui correspondait à son seuil de tolérance niveau dégoût. Il arriva finalement à un embranchement.
Il avait le choix entre continuer tout droit, ou tourner à angle droit sur sa droite. Il choisit la première option, et après quelques mètres, il fut dans la salle où Orochimaru l'avait "opéré". Il redoutait plus que tout de savoir ce que ce malade lui avait fait. Il était capable de tout, du meilleur comme du pire, et surtout du pire... Tout avait été vidé et nettoyé, il ne restait plus aucune trace des atrocités qui avaient dû se jouer ici, pas plus que dans la pièce du fond. Ludovic revint sur ses pas, et s'engagea dans le couloir, maintenant à sa gauche. Il se retrouva alors dans une pièce circulaire, où huit cellules étaient alignées les unes à côtés des autres, chacune garnies de chaînes métalliques pour retenir leurs prisonniers si besoin.
Un frisson d'horreur descendit le long de sa colonne vertébrale. C'était là qu'il avait été retenu, là que Arthur, que son Naruto, avait passé un temps indéterminé. Ludovic prit sur lui, et se mit à fouiller méthodiquement chaque compartiment, espérant trouver une quelconque trace le guidant vers le blond. Ce fut dans l'avant-dernier qu'il trouva. Une planche en bois pourrie qui devait jadis être un banc inconfortable retenu par de lourdes chaînes métalliques se délogeait de son emplacement. En la retournant, il vit des inscriptions, vulgaires gribouillis au premier coup d'œil, gravés à la force des ongles, que son sens aiguisé de l'observation reconnu immédiatement comme étant un message codé. Il se saisit aussitôt de son carnet et du crayon qu'il n'avait pas oublié d'emporter, et les recopia soigneusement. Il aurait pu les prendre en photo avec son portable, tout simplement, mais il savait à quel point il était facile de pirater ce genre de technologie, et n'avait aucune envie que quelqu'un de mal avisé ne tombe dessus. Il eut beau fouiller le restant de la pièce, il ne trouva rien d'autre.
Il revint au passage secret, et constata avec amertume qu'il ne s'agissait que d'un long couloir puant et bourré de toiles d'araignées menant à une échelle qui revenait à la surface, au niveau d'une bouche d'égout oubliée depuis belle lurette, quelques rues plus loin. Il ne trouva rien d'autre dans le couloir, et se résigna à rentrer chez lui. Au moins avait-il le message laissé par Arthur, ce qui n'était pas rien, et le rassurait quelque peu. Le blond avait été en vie et en mesure d'écrire un message codé discrètement, ce qui confirmait ses espoirs concernant le fait que les ravisseurs le voulaient vivant et dans un état correct, bien qu'il y ait pu avoir une quinzaine de revirements de situation entre-temps.
A peine dans son lit, il s'endormit d'un sommeil profond, hanté par les pleurs de Naruto causés par son cauchemar. Le lendemain, il fut réveillé par des bruits de vaisselle. Toute la fatigue, aussi bien émotionnelle que physique ou dû à son manque de sommeil, l'avait rattrapé et il était déjà treize heures passées. Il pesta contre lui-même, furieux d'avoir dormi aussi tard.
Chaque minute comptait !
Une petite voix lui souffla, et il crut entendre Kakashi, qu'il fallait qu'il soit frais et dispo s'il voulait être efficace et que cela ne servait à rien qu'il s'épuise à la tâche si c'était pour s'écrouler quand viendrait le moment. Il se leva et parti petit-déjeuner, sous le regard amusé de sa mère qui lâcha un "Ah les ados !" attendri tout en lui tendant la bouteille de lait. Il englouti son bol et retourna dans sa chambre, pressé de décodé le message laissé par Arthur. Après de longues minutes à se triturer le cerveau sans parvenir à comprendre quoi que ce soit, il réalisa une chose.
Le blond avait laissé ce message à Ludovic, son ami d'enfance pas enquêteur pour deux sous, et non à Sasuke, ninja aguerri. Il observa soigneusement le tout d'un regard nouveau, et la lumière se fit enfin.
Arthur était le pire cinéphile qu'il connaisse, il avait une collection de DVD absolument stupéfiante. Ce qu'il croyait n'être que des gribouillis étranges étaient en réalité des chiffres, gravés comme il l'avait pu du bout des ongles dans une planche en bois pourri, et chaque chiffre ou nombre était séparé du suivant par un point grossier. Chacun indiquait une position d'un DVD, dont la première lettre serait certainement la lettre à prendre pour réécrire les mots qu'avaient voulu graver Arthur. Ils en avaient déjà discuter ensemble, quand ils plaisantaient du fait que ce serait sympa qu'ils aient un code rien qu'entre eux deux. Ludovic n'avait pas voulu, il trouver que c'était trop compliqué, surtout qu'il ne connaissait pas par coeur la vidéothèque de son ami !
D'un bond, il fut sur ses pieds. Il couru jusque chez Lise, toqua vigoureusement à la porte, et s'écria d'une traite dès qu'il l'a vit s'ouvrir sur une blonde :
- Bonjour s'il-vous-plaît laissez-moi entrer il faut que j'aille dans la chambre d'Arthur tout de suite !
La femme resta un instant stupéfaite, puis elle sembla retrouver la parole :
- Pourquoi donc ?
Son enthousiasme s'effondra net. Il ne pouvait pas lui dire qu'il avait peut-être une piste. S'il échouait, il lui aurait donné un cruel faux espoir.
- Euhhh... Je... J'avais oublié ma clé USB la dernière fois que j'étais venu, et là j'en ai vraiment besoin.
C'était nul comme excuse, mais c'était la première chose à laquelle il avait pensé. Lise s'effaça néanmoins, et répondit :
- Tu connais le chemin. Rien n'a bougé.
La peine dans sa voix lui rappela sa propre douleur, et il dût se faire violence pour ne pas se mettre à pleurer, à hurler contre les murs immuables l'injustice de la condamnation de Naruto. Il prit en photo les DVD, remercia poliment la mère de son ami, et dès qu'il fut dans sa chambre, il se mit au travail. Il bénit la qualité d'appareil photo et d'affichage de son smartphone, et une bonne demi-heure plus tard, c'était fini. Il avait deux noms. Enzo Carsi et Barnabas Brissaud. L'identité de deux des quatre kidnappeurs. Un sourire féroce se dessina sur ses lèvres, et il se mit aussitôt en quête des adresses de ces deux enfoirés. Ils allaient payer, et il saurait enfin où ils détenaient Arthur. Trois heures plus tard, il pensait sérieusement devenir fou. Rien, il ne trouvait rien ! Il vérifia pour la énième fois avec les DVD, et trouva encore et toujours la même chose. Arthur s'était-il trompé ? C'était fort possible. Avec amertume, il constata qu'il était à peu près l'heure à laquelle son ami d'enfance allait habituellement au Rolicco. Il voulait suivre l'étrange blond, afin de tirer cette nouvelle énigme au clair. Il y avait un peu trop de choses qui se jouaient autour de son Naruto à son goût...
Vingt minutes plus tard, il était installé comme à son habitude, surveillant l'homme du coin de l'œil.
- Un café allongé s'il-vous-plaît.
La voix, bien trop proche de lui, le fit violemment sursauter. Il se tourna d'un coup vers la personne qui venait de parler, tranquillement installée en face de lui.
- Tu peut m'expliquer à quoi tu joues ?
Madara... Il ne pouvait pas dire qu'il le considérait comme un ami, pas plus qu'un ennemi. C'était juste un fou dangereux prêt à tout les sacrifices pour atteindre son idéal de paix. Et dire qu'il avait presque pensé comme lui pendant une courte période... Toutefois, ici il se nommait Philippe, et il était venu le chercher quand il s'était fait enlevé. Il lui était donc pour le moins redevable.
- Comment ça à quoi je joue ?
Il ne voyait pas où son aîné voulait en venir.
- Tu pensais que je n'avais rien remarqué ? Clamer haut et fort "Je veux apprendre à tirer pour gagner à la fête foraine" et ne jamais y mettre un pied, c'est pas discret. Tu aurais au moins pu y faire un petit tour.
- Finalement un pote m'a invité chez lui.
L'expression se fit narquoise.
- Bien sûr, pourquoi n'y ai-je pas pensé ? Laisse-moi deviner, ton pote il habite une maison abandonné ?
Ludovic sentit son sang se glacer dans ses veines. Il était au courant. De beaucoup trop de choses à son goût.
- Comment tu sais ?
- Je sais c'est tout. Réponds-moi, à quoi tu joues ?
Il grimaça. Il était obligé de lui dire la vérité, ce type était bien trop perspicace pour avaler le premier bobard qui lui traverserait l'esprit.
- Ça ne te regarde pas.
- A partir du moment où c'est ma famille, si, ça me regarde. Et tes magouilles me regardent d'autant plus que j'ai menti à ta famille pour te couvrir.
- Trop aimable, ricana t-il pour toute réponse.
Un regard assassin le décida. Mieux valait ne pas jouer trop longtemps avec ce genre de personnes, au vu de son efficacité avec une arme à feu et son statut de yakuza, il n'avait pas envie de tenter le diable.
- C'est..., il prit une profonde inspiration, péniblement. Mon meilleur ami, Arthur, s'est fait enlevé par les même types qui m'ont enlevé. Je me suis juré de le sortir de là. Seul. C'est hors de question que j'implique qui que ce soit là-dedans, c'est hyper dangereux, je vous ai déjà mis en danger, avec mon père et mon frère, à cause de cet histoire.
- Et tu t'es bien rendu compte que c'était dangereux pour ceux d'en face, moins pour nous.
- On n'est jamais à l'abri d'une balle perdu. Je veux sauver Arthur, pas avoir une mort sur la conscience, ni lui imposer ce genre de culpabilité.
- Quel noble esprit !
La voix était clairement moqueuse.
- Laisse-moi au moins t'aider à trouver des informations.
Ludovic sonda son regard, cherchant le vice, la clause caché, mais ne décela strictement rien.
- Et pourquoi tu ferais ça ?
- Je ne veux pas de ta mort sur ma conscience gamin. Le même sang coule dans nos veines je te rappelle.
Ça ne l'avait pas gêné apparemment Itachi, pour massacrer tout son clan au nom de Konoha. De douloureux souvenirs revinrent le hanter, et il répondit, la voix sombre :
- Ça ne veut strictement rien dire. Les liens de sang ne signifient rien.
- Pour moi, ils signifient tout. Je t'aime bien gamin, alors laisse-moi t'aider.
La partie noire de Sasuke, celle devenue aigri avant l'heure, qui avait bouffé son enfance, prit alors le contrôle, et il ne pût s'empêcher de ricaner, amer :
- Ça me fait une belle jambe. Vous verrez, lorsque vous aurez les deux jambes cassées et un sadique avec une dague en face de vous, vous regretterez d'avoir voulu m'aider et je vous garantit que vous serez plus enclin à me maudire qu'à m'expliquer l'importance des liens du sang. Je sais pourquoi j'agis, je sais parfaitement qu'est-ce que j'ai à perdre et ce que j'ai à gagner, je sais ce que je risque et j'en mesure toutes les conséquences. Vous pouvez en dire autant, quand vous me sortez "Laisse-moi t'aider" avec vos grands yeux dégoulinant de pitié ? Les types comme vous, qui se croient super gentils et qui voudraient sauver le monde, me donnent envie de gerber. En réalité, vous n'agissez ainsi que pour vous auto-flatter, vous dire que vous êtes important. Ce n'est pas le cas. Je m'en sortirais bien mieux seul qu'avec un vieil orgueilleux dans les pattes.
Son venin paralysa le brun, qui en resta coi. Il ne s'était certainement pas attendu à un tel déferlement de colère et de méfiance. Il sembla finalement reprendre vie, et réussit à articuler :
- J'ai tout de même buter des mecs pour te sauver. J'aurais pu te laisse là-bas.
- Si vous ne les tuiez pas, ils vous auraient tué. Et vous êtes venus me chercher pour mon père. Si je vous explique que le roux assis en face de nous m'a déjà menacé plusieurs fois de me trouver et de me tuer, et qu'il a déjà envoyé un colis piégé chez moi, qu'il m'a repéré mais qu'il n'ose pas agir parce qu'il y a trop de monde, et qu'il va me suivre pour guetter un moment où nous serions seul, vous allez le chercher pour l'éliminer discrètement dans un coin ?
Philippe eut un petit rire.
- Rien que ça gamin ! Il est sacrément hargneux ton rouquin !
Son regard lança des éclairs, et sa voix se fit glacée, aussi tranchante qu'une lame trop aiguisée :
- Vous ne me croyez même pas. Et je suis censé vous faire confiance et remettre la vie de la personne à laquelle je tiens le plus au monde entre vos mains, en acceptant ce que vous appelez pompeusement votre "aide" ?
- Ok, j'ai perdu gamin. Sache toutefois que ma proposition reste valable. Si tu as besoin d'aide un jour, tu pourras m'appeler. Je viendrais.
- Je n'en doute pas un seul instant, répondit-il, sarcastique.
Celui qui fut Madara, dans une autre vie, un autre monde, se leva et s'en alla, sans ajouter un seul mot.
Une heure et demie plus tard, d'humeur maussade, Ludovic se décida enfin à rentrer, en passant par les petites ruelles peu fréquentées. Il voulait être seul. A cause de cet idiot de Philippe, il avait quitté le blond des yeux, et il s'était volatilisé. Il avait attendu en vain son retour, et était furieux. Il s'était fait avoir en beauté. Il était si paranoïaque qu'il en venait même à les soupçonner de complicité, mais son instinct lui soufflait qu'il avait tort, et il s'était rarement trompé.
Il tourna à droite, perdu dans ses pensées, et stoppa net.
Cette ruelle, d'ordinaire déserte, abritait des regards indiscrets deux hommes apparemment trop pressés pour attendre d'atteindre un lieu plus... approprié. A son grand damne, il reconnut immédiatement les deux hommes, fort célèbres dans l'autre monde. Madara était agenouillé, et dévorait littéralement le membre tendu d'Hashirama, qui, au vu de son uniforme, avait tout l'air d'être policier ici. Un yakuza et un flic, le couple improbable, stéréotypé à en pleurer. Les "Philippe !" gémis, alors que les mains d'Hashirama se crispaient dans les longs cheveux d'un sombre châtain, lui parvenaient à cette distance. Ils avaient tout les deux les yeux fermés, semblant chacun savourer ce qu'ils faisaient.
Décidément, son frère et Loïs, maintenant eux deux... Il avait le chic pour surprendre les membres de sa famille dans des situations pour le moins embarrassantes, et eux avaient apparemment le chic pour les couples gay-plus-cliché-tu-meurs. Avec un soupir agacé, il se détourna et s'en alla, pas assez rapidement. A quelques mètres d'une rue plus fréquentée, ses fines oreilles captèrent un râle de satisfaction typiquement masculin. Ses pensées partirent immédiatement vers la soirée avec Naruto, après l'anniversaire de Sakura.
Il se glissa au milieu de la foule, se frayant un chemin tant bien que mal, retenant à grand peine les larmes qui lui brouillaient la vue, alors que le visage épanoui de Naruto dansait devant ses yeux, comme pour mieux lui rappelait ce qu'il avait perdu.
J'espère que le chapitre vous as plu !
Et je vous préviens d'avance, au cas où il y ait des coeurs sensible, le prochain chapitre est... sombre. Je ne le considère pas comme particulièrement choquant, mais je préfère que les lecteurs se disent "Oh, c'est tout ?" plutôt que "Mais c'était quoi ça !" et soient choqués ;-)
A la semaine prochaine ! (J'ai l'impression d'être dans Silence ça pousse quand je dis ça mdr)
