Voilà le chapitre 14 ! Je m'excuse pour le retard, et je vous annonce qu'il n'y aura pas de chapitre mercredi prochain. Je pensais écrire plus rapidement que ça, mais avec les cours et les devoirs, ma vie privée, le manque d'inspiration, etc, etc, je me retrouve à devoir corriger le chapitre 17 et je suis en cours d'écriture du chapitre 18 ! Je suis sincèrement désolée, j'aurais voulu pouvoir tenir le rythme de parution de 1 chapitre par semaine, mais je suis trop lente :/...

Dans tous les cas, ne vous inquiétez pas, je ne compte certainement pas abandonner, mais la fin risque d'être un peu longue à arriver ^^" Je vais faire mon possible pour accélérer le rythme, mais ça reste assez difficile, surtout que les vacances de Noël ne sont pas réputées pour laisser beaucoup de temps libres... Bref, bonne lecture, et désolée ! Oh, et je réitère mon avertissement pour ce chapitre !

Ludy : Haha, ne t'en fais pas, j'arrive encore à comprendre le français xD Les autres langues, je dis pas, mais ma langue natale, ça le fait lol Tant mieux si tu ne te lasses pas, ça me fait super plaisir ! =D J'espère réussir à te tenir en haleine jusqu'au bout ! Alors, vu que Ludovic a les souvenirs de Sasuke, il reconnait les gens ;-) Physiquement, ils sont absolument identiques, c'est juste leur passé, et donc leurs noms et leurs caractères, qui change un peu, mais si tu vois une photo de ton oncle, qu'il porte une tenu de ninja et s'appelle Makoto ou qu'il porte un costume-cravate et s'appelle Alexandre, tu le reconnais quand même ! Je ne sais pas si c'est clair ^^" Pour Arthur, je te laisse lire, tu verras bien ! Haha, oui, c'est sûr qu'avec mon scénario j'ai un peu de mal à caser des lemons.. Mais je ne me laisse pas abattre pour autant ! ^^ Merci !

grenouille : Ohhh, merci ! C'est vraiment chouette que le coup de Ludovic/Sasuke te plaise, j'avais tellement peur de perdre les lecteurs avec ça ! Bonne lecture alors ^^


Chapitre 14

- Salut gamin !

Ludovic lâcha un grognement exaspéré.

- On vous as jamais appris à toquer ?

La porte se referma sans un bruit, et le nouveau venu balança un calepin avec quelques mots griffonnés à la hâte sur son bureau parfaitement rangé.

- L'adresse d'Enzo Carsi.

Il sursauta violemment.

- Comment...?!

Philippe haussa les épaules, et répondit d'un ton détaché.

- J'ai fouillé dans tes affaires. Tu ne veux pas de mon aide, soit, j'en ai rien à cirer, je ne te laisserai pas seul. C'est Charles, un pote flic, qui me l'a trouvé.

- Et ça fait longtemps que tu suce tes potes ?

Il était furieux. Ce type s'était permis de fouiller dans ses affaires, et avait réussi à comprendre son carnet. Et avait apparemment joué les gigolos pour obtenir des informations supplémentaires, pas besoin de s'appeler Einstein pour faire le lien entre le dénommé Charles et le policier de la ruelle. L'expression choquée, voilée d'une pointe de crainte à l'idée d'avoir été surpris durant ce genre d'acte, valait tout l'or du monde et lui prodigua une intense satisfaction, fort plaisante, qui compensait largement ses foutus nausées.

- Tu... Je...

- T'ai vu dans la ruelle, oui oui, confirma t-il. Je ne pensais juste pas que tu étais passé par ma chambre avant.

En voyant l'homme se décomposer encore plus, il se surprit à ressentir de la pitié.

- J'ai pas fait exprès, y a quand même plus discret qu'au beau milieu de la rue quoi...

Il jeta un coup d'oeil au calepin, avec la précieuse adresse, et inspira profondément. La nausée s'estompa quelque peu. Il se sentait un petit peu mieux, plus enclin à l'amabilité.

- Merci. Sincèrement. Je sais pas si c'est un piège ou quoi que ce soit, je ne sais pas à qui je peut faire confiance et du coup je me méfie de tout le monde, mais si t'es vraiment sincère, alors merci. Et pardon.

- Non, c'est... Je comprends, enfin non, je ne peux même pas imaginer ta douleur, pour que tu en arrives à de tels extrémités, mais je comprends ta méfiance.

Philippe lui adressa un petit sourire timide, gêné, et ajouta en indiquant le calepin d'un signe de tête :

- Tu voudras que je t'accompagne ?

Ludovic hésita un instant. Il n'avait pas l'air de chercher à le piéger, et autant de gentillesse et de compassion sur ce visage le déstabilisa.

- Non merci, je préfère y aller seul. Mais...

- Mais ?, l'encouragea t-il.

- Vous pourrez me couvrir ?

- Te couvrir ?

Un éclair de compréhension traversa ses yeux sombres, si similaires à ceux de Ludovic.

- Oh. Le corps. Oui, je pourrais. On est pas des poissonniers, j'ai l'habitude de ce genre de travail. Il ne restera aucune trace.

- T'as l'estomac bien accroché ?

- Faut bien, vu le métier. Pourquoi ?

- Tu en auras besoin.

Son regard s'assombrit.

- La violence gratuite n'a jamais aidé personne.

- S'il me dit gentiment où est Arthur et comment je peut le trouver, je me contenterai de le livrer à ton "pote" et à ses collègues sans une égratignure. Mais j'ai comme un doute, et je le ferai parler.

Philippe acquiesça sombrement. Il aurait agi de la même manière, et les réactions du jeune homme ne cessaient de le surprendre.

- Et toi, tu es sûr d'être prêt pour ça ? T'es qu'un gamin !

Ludovic rit, d'un rire sans joie.

- Croyez-moi, vous ne me connaissez pas.

Le plus vieux l'interrogea du regard, mais il n'obtint aucune réponse. Il haussa des épaules en soupirant.

- Tu fais comme tu veux, gamin. Préviens-moi juste avant de partir.

Ludovic se leva, enfila un jean à la fois épais et souple et un t-shirt assez prêt du corps, puis s'équipa avec les armes qu'il avait subtilisé à son frère.

- Vous voulez bien me déposer ?

- Et tu y vas comme ça, sans protection ? Tu veux sauver ton pote ou te suicider ?

- C'est pas comme si j'avais le choix, je n'ai pas le temps de trouver, payer et commander les affaires nécessaires.

Sans un mot, Philippe sortit de la chambre. Moins de deux minutes plus tard, il revenait avec un gilet pare-balle, des gants renforcés au niveau de la paume, et une coquille. Il balança le tout sur le lit, le regard sombre, et gronda :

- T'enfiles ça et pas de discussion.

Alors que Ludovic était en train de finir d'accrocher le gilet, Philippe lui colla un pistolet sur la tempe. Il se figea, et l'entendit souffler tout contre son oreille :

- Et maintenant ?

Sans prévenir, il se laissa tomber à genoux, et se redressa aussitôt en pivotant. Tout en remontant, il frappa son aîné au poignet, lui faisant lâcher son arme avant qu'il n'ai pu faire un geste. D'un mouvement vif, il lui colla sa dague sur la gorge.

- Et maintenant ? Maintenant tu m'explique ou je t'égorge.

- Où as-tu appris à te battre ? Tu pensais vraiment que j'allais te laisser partir comme ça chez un malade pareil ? Sans vérifier tes capacités ?

Ludovic ne se détendit pas pour autant. Au contraire.

- C'est mes ognons.

- Si tu veux que je te couvre, ce sont les miens aussi.

Son visage était déterminé. Il était si différent de Madara ! Et pourtant, c'était la même personne, les mêmes traits. Ludovic sentait en lui-même la confrontation entre ses deux passés. Il ne savait jamais sur quel pied danser, encore moins dans ce genre de situation. Il ne pouvait pas réagir comme il l'aurait fait à Konoha, et surtout, ses souvenirs de ce monde lui inculquaient une humanité et une répugnance à la violence plus que malvenue dans sa situation. Pourtant, il n'arrivait plus à retrouver sa carapace dénuée d'émotions. Avec un soupir lasse, qu'il regretta aussitôt, sa nausée revenue au grand galop grâce à sa petite démonstration, il relâcha Philippe.

- Je pourrais te l'expliquer de toutes les manières possibles, tu ne me croirait pas.

- Essaye toujours.

- J'ai des souvenirs d'une autre vie dans un autre monde.

- Tu te fous encore de moi comme avec ton rouquin ?

La douleur qui lui comprima la poitrine le surprit. Il ne pensait pas avoir tant besoin que ça d'une personne à qui parler, d'une personne qui le croirait.

- Je t'avais prévenu. Tu me déposes alors oui ou merde ?

Il soutint sans broncher le regard assassin de Philippe.

- Sur un autre ton, gamin.

Comme s'il allait se laisser dicter sa conduite. Sasuke avait grandi sans parents, avait abandonné son enfance pour embrasser la vengeance, et Ludovic avait appris que sa famille lui avait toujours menti et qu'ils étaient des yakuzas, et non une petite famille lambda qui travaillait dans des bureaux. Peu importe son passé, il se retrouvait toujours seul, mis à l'écart. Et peu importe son passé, seul l'amour de Naruto, qu'il soit amical ou plus, était vrai. Alors il n'allait certainement pas faire profil bas devant un vieillard prétentieux qui séduisait des flics pour obtenir des infos.
Néanmoins, il ne répliqua pas, se contentant d'enfiler un long manteaux pour cacher son artillerie. Philippe le suivit en pestant après la jeunesse de nos jours, marmonnant qu'il allait se faire buter.

Une heure plus tard, Ludovic toquait à une petite porte en bois, sur le perron d'une jolie maisonnette assez moderne, le pavillon type de la classe moyenne. Une jeune femme, à peine vingt ans selon lui, lui ouvrit la porte. Sa voix douce et son regard qui se voulait aimable trahissait une angoisse sourde, devenue instinctive.

- Bonjour, vous êtes ?

- Une personne que vous feriez mieux d'oublier. Est-ce bien ici qu'habite Enzo Carsin ?

- Comment ça ? Oui, pourquoi ?

Son joli visage se teintait de peur et d'incompréhension, et Ludovic se fit violence pour ne ressentir aucune pitié.

- Il est là ? Y a-t-il d'autres personnes ?

- Oui et non, mais vous êtes qui ? Vous êtes de la police ?

L'idée le fit sourire.

- Pas vraiment non. Dites-moi, vous avez une furieuse envie de partir chez une amie pour la journée, n'est-ce pas ?

- Hein ? Mais non, je...

- Je vous promet que vous avez terriblement envie d'aller chez une amie pour la journée, et vous allez oublier mon visage aussitôt.

Elle était aussi pâle que son pull léger. Elle hocha faiblement de la tête, et sortit en tremblant. Une voix rugit alors, provenant du fond de la maison :

- Putain tu fous quoi salope ? Magne ton cul !

La jeune femme sursauta violemment, et un frisson de peur la secoua tout entière. Ludovic lui posa une main rassurante sur l'épaule, et murmura :

- Chuuutt, ça va aller. Tout ce qu'il a bien pu vous faire, c'est fini. Ne vous en faites plus. Allez-vous en loin d'ici, reconstruisez-vous.

Ses grands yeux verts semblaient hantés, tout son corps respiraient la terreur, et Sasuke sentit la haine l'envahir. Une haine féroce envers le monstre capable de faire souffrir des gens sans le moindre remord, gratuitement. La jeune femme s'éloigna rapidement, et il entra, refermant délicatement la porte derrière lui. Enzo s'était levé, et s'avançait vers l'entrée. Il se glissa silencieusement derrière lui, et lui colla le bout de son pistolet dans le creux de l'omoplate.

- Que... ?!

- Sois gentil et retourne t'asseoir.

Enzo obéit, tout son corps tendu par la peur. Il tenta de se retourner vivement, pour lui prendre son arme, mais le brun fut plus rapide et tira. La balle lui traversa l'épaule, lui arrachant un hurlement de douleur.

- J'ai dit : sois gentil.

Enzo aquiesca, une grimace de souffrance déformant ses traits à moitié masqués par le bandage. Dès qu'il fut assis, Ludovic le ligota, en une série de mouvements rapides et précis. Il n'avait plus aucune liberté de mouvement, il était entièrement à sa merci. Sasuke tira à lui une chaise, et s'assit à l'envers, les avants-bras posés sur le dossier, le visage calme.

- Bon, je t'explique la situation. Je veux savoir où toi et tes potes détenaient Arthur, de manière précise. Et je sortirais de cette maison avec toutes les informations que je veux.

- Je pensais pas qu'un gamin comme toi aurait les couilles de tirer.

La gifle claqua, retentissante. En un éclair, Sasuke s'était levé et avait collé une gifle magistrale au châtain ligoté sur sa chaise. Il se pencha vers lui, et gronda, menaçant :

- Tu ne parleras que lorsque je t'y aurai autorisé, et uniquement pour me donner la réponse que j'attends, est-ce clair ? C'était un avertissement, il n'y en aura pas d'autres.

Il retourna s'installer sur sa chaise, en face, et constata que la marque de sa main était d'un rouge brûlant sur la joue d'Enzo. Une partie de lui, sombre et vicieuse, criait de réjouissance, alors qu'une autre était horrifiée.

- Je disais donc, tu as le choix. Ou tu coopère aimablement, et dans ce cas je me contente de te livrer à la police pour enlèvement, séquestration, et torture sur mineur, ou tu décide de jouer au plus malin avec moi et je te fais découvrir le sens du mot douleur.

Son regard, aussi tranchant que l'acier, ne quittait pas une seule seconde le visage de sa proie, analysant chaque tressautement de sa peau, chaque mimique.

- Où est Naruto ?

Seul un regard brûlant de haine lui répondit.

- J'ai dit, où est Naruto ?, répéta t-il en détachant soigneusement chaque syllabe.

- Va te faire foutre, fils de pute.

Il tira, et un hurlement suivit aussitôt. Il avait visé le genoux droit. Des larmes commencèrent à faire briller les yeux d'Enzo, et il s'écria :

- 16 impasse de la Fontaine, dans le vieux quartier ! Au deuxième sous-sol !

Un sourire satisfait étira ses lèvres.

- Bien. Comment je fais pour y accéder tranquillement ?

- Il n'y a jamais personne, sauf aux heures des repas.

Second coup de feu. Il n'était pas sûr, s'il ne le tuait pas, qu'Enzo puisse réutiliser son pied droit un jour. Sa main gauche tremblait, et il la coinça sous sa cuisse. Il ne devait pas ressentir de pitié pour ce genre de criminel, seul comptait le fait de retrouver Arthur. Il se fit violence, renforça sa carapace, et maitrisa parfaitement sa voix, la rendant froide et menaçante :

- N'essaye même pas de me mentir.

Enzo était devenu fou sur sa chaise. Il se démenait comme un beau diable pour essayer de se détacher, gémissant de douleur à chaque mouvement.

- C'est inutile. Répond.

La voix, glaciale, sembla le paralyser. Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur, et il murmura d'une voix blanche :

- Ce n'est pas Ludovic. Tu n'est pas Ludovic, tu n'es pas le même gosse que celui qu'on a enlevé il y a deux mois.

Sasuke eut un sourire carnassier.

- Perspicace. Répond maintenant.

- Il y a tout le temps deux personnes, trois au moment de la relève, toutes les six heures, et il y a un code à la cellule de ton pote, si on en tape un faux, tout explose !

Il parlait d'une voix précipitée, butant sur certains mots, en avalant d'autres.

- Le code, et les heures de roulement.

Un shuriken siffla dans les airs et entailla profondément son bras droit.

- 3641, et c'est toutes les six heures à partir de minuit !

Son visage était déformé par la douleur. Ludovic se leva, fouilla rapidement dans les placards, remplit un verre d'eau et versa deux sachets d'aspirine dedans. Il le fit ensuite boire à Enzo, en expliquant :

- Je te veux capable de me répondre.

Il reposa le verre vide sur le buffet non loin, et se rassis, à califourchon sur sa chaise.

- Maintenant, pourquoi est-ce que vous avez fais ça ?

Silence buté.

- Ne m'oblige pas à tirer à nouveau.

- ... Ta famille, c'est des yakuzas.

- Je sais. Le rapport ?

- On voulait les faire chanter.

- Pourquoi ? Quel lien avec Arthur ?

Il haussa les épaules par réflexe, et un petit cri de douleur lui échappa. Quelques larmes roulèrent sur sa joue et il se mordit la lèvre, avant de répondre :

- J'en sais rien, je sais juste que ses parents et les tiens sont liés, par le boulot, et que ceux de ton Arthur étaient apparemment intéressant pour Guillaume et Henri. Ils m'ont demandé de les aider, contre rémunération, j'ai dit oui ! Cinq cent milles balles pour un kidnapping et séquestration, tu te rend compte de la somme que c'est ?! Après ça, ils ont commencé à s'intéresser un peu plus à toi, je coordinais toutes les manœuvres, et j'ai appris que si on faisait pression sur tes parents, on faisait une pression supplémentaire sur ceux d'Arthur, parce que Guillaume n'avait toujours pas obtenu ce qu'il voulait. Alors j'ai eu l'idée des sms, pour te pousser à vouloir voir ton pote, te mettre la puce à l'oreille. Ça a marché, t'es tombé dans le piège. Barnabas m'avait déjà contacté plusieurs fois pour des cobayes, on s'en foutait de ta vie, c'était celle d'Arthur qui était importante, et je me suis encore refait trois cent milles balles par dessus rien qu'avec l'opération, plus deux cent milles d'Henri et Guillaume. On arrive à un million, juste avec cette affaire ! J'étais riche ! Tout roulait impecc' !

Un tremblement de rage et de dégoût secoua Ludovic, et l'odeur nauséabonde du sang manqua de peu de le faire vomir.

- Tout ça pour ça ? Du pognon ? Et c'était quoi cette opération ?

Denzo était plus pâle que la mort. Il se leva, et appuya le canon de son arme contre sa blessure au genou, exerçant un petit mouvement circulaire. L'autre ne semblait même plus capable de crier, les traits crispés et les dents serrées à s'en casser la mâchoire. Il finit par souffler, d'une voix qui trahissait sa souffrance.

- L'argent, c'est le pouvoir. Et l'opération, c'était un truc du genre permettre à un homme d'être enceinte ou une connerie comme ça.

Sasuke eut un haut-le-coeur. Ce type avait traficoté ses organes, avait modifié son corps !

- Qu'avez-vous fait à Arthur ?

- Rien.

Il hésita un instant, le doigt sur la gâchette, mais Enzo n'avait pas l'air de mentir. Il se redressa, se dirigeant vers la sortie, et lança par dessus son épaule, sans se retourner :

- Merci de votre coopération, Mr Carsin.

Philippe l'attendait, adossé au mur du couloir. Il se contenta de tourner légèrement la tête vers lui, sans bouger.

- C'est bon ?

Ludovic lui tendit son arme sans ralentir.

- Je te laisse faire ce que tu veux, moi j'ai fini.

Le plus vieux s'en saisit, et se dirigea vers le salon, d'où venait Ludovic. Ce dernier entendit la voix paniquée d'Enzo crier :

- J'ai coopéré ! Je vous ai tout dit, je vous jure que je ne sais rien de plus !

Il sortit, referma la porte derrière lui, et devina le bruit d'un coup de feu.

Enzo était mort.

L'isolation sonore de cette maison était excellente, et il en fut rassuré : des coups de feu auraient alerté tout le voisinage. Philippe le ramena ensuite, tout en passant quelques coups de fils afin d'éliminer toutes traces du meurtre, le visage impassible. Au moment où Ludovic allait sortir, il le retint :

- T'es sûr que ça va aller gamin ?

Une sorte de flash back lui remémora la première fois qu'il avait tué Denzo. Il le revit, rampant pour essayer de lui échapper, alors qu'il le suivait, tranquillement, sûr de son coup. Il en avait fait du chemin depuis. Il avait retrouvé un semblant d'innocence et d'humanité, qu'il s'était empressé de foutre en l'air. Son masque dénué d'émotions était revenu, et il savait que seul Naruto saurait le lui ôter.

- J'en ai vu d'autres.

Ces mots étaient terriblement vrais. Il en avait vu d'autres, et des bien pires. La main sur son avant-bras le relâcha, et il sortit. Vive Google Map, dans quelques minutes, il saurait où était détenu Arthur. Il comptait agir le jour même, il ne fallait surtout pas que les autres se rendent compte que l'un des leurs manquait à l'appel.


Alors ? J'espère que la scène avec Enzo n'a choqué personne ^^"..