Je publie enfin le chapitre 15 ! Pardon pour le retard (j'ai l'impression de dire ça à chaque fois lol), et Bonne Lecture ;-)

Ludy : Oh, ton message m'a fait super plaisir ! C'est tellement frustrant de ne pas pouvoir te répondre dans l'immédiat et de devoir attendre que je poste le chapitre suivant ! Et je suis désolée mais il n'y aura pas trop de scènes de ce genre je pense, je pense même que ce sera la seule, je ne vois pas pourquoi est-ce qu'il y en aurai d'autre.. C'est cool si tu as compris mon exemple ^^ Merci beaucoup pour tout tes encouragements, tu n'imagines pas le sourire que j'avais en lisant ton message ! Sincèrement, merci ! Bonne lecture ;-)


Chapitre 15

Ludovic se recomposa un masque aimable, allant directement dans sa chambre comme si de rien n'était. Tout un tas de sentiments et d'émotions, la plupart contradictoires, tourbillonnaient en lui, l'épuisant mentalement alors que physiquement il était prêt. Une part de lui voulait se battre, voulait les faire payer, voulait voir la même souffrance sur le visage des trois autres que ce qu'il avait vu sur celui d'Enzo. La satisfaction et l'impatience se mêlaient à l'appréhension et au traumatisme. Il avait torturé quelqu'un. Quelque part au fond de lui, il était horrifié par son acte. L'immonde bruit de la chair ensanglantée alors qu'il faisait tourner le canon de son arme dans la plaie ouverte le hantait, tout comme les cris et le visage tordu de douleur d'Enzo. Mais une satisfaction bestiale l'habitait, étouffant l'horreur, et il ne savait pas ce qui l'effrayait le plus. Avoir torturer quelqu'un ou avoir ressenti une joie féroce en voyant sa souffrance, en ayant enfin obtenu une information valable, qui allait lui permettre de retrouver Arthur. Il avait torturé, et n'avait pas eu le courage de l'achever, et l'odeur du sang lui avait donné envie de vomir alors qu'elle ne l'avait jamais dérangé auparavant !

Il était en colère contre lui-même, contre sa faiblesse, contre la peur qui lui tordait le ventre à l'idée d'aller se jeter dans la gueule du loup alors qu'il bouillait d'impatience de se battre. Une petite voix en lui se révoltait. Son éducation dans ce monde lui criait que l'on ne torturait pas les gens comme ça, que ce n'était pas la bonne procédure, tout en sachant pertinemment qu'il n'y avait pas d'autres solutions. Il se sentait perdre pied, s'enfoncer petit à petit, laisser sa rancœur et son désespoir le contrôler, bien qu'il ne le veuille pas. Mais il ne se débattait pas. Il savait qu'ainsi, une fois sa carapace soigneusement perfectionnée, il ne serait plus qu'une machine à tuer dénuée d'émotions, et c'était exactement ce qu'il avait besoin d'être pour sauver Arthur. Il avait besoin de le voir, d'entendre sa voix, de le sentir prêt de lui, à tel point qu'il en aurait hurlé de douleur. C'était la seule personne capable de le tirer vers le haut, et maintenant qu'il avait commencé à plonger, tout ce qu'il pouvait faire était de se dépêcher d'atteindre le fond pour pouvoir prendre son élan et remonter le plus rapidement possible à la surface.

Il se débarrassa de tout son attirail, le glissant à la va-vite sous son lit, puis attendit nerveusement que son ordinateur ne daigne s'allumer. Dès que la page internet s'ouvrit, il tapa à la vitesse de l'éclair sa recherche, et saisit sa souris, jouant avec en de petits mouvements vifs qu'il suivait des yeux sur l'écran.

L'impasse en question était à plus de trois-quart d'heures de chez lui, à pied et en marchant bien. Une toute petite dizaine de minutes en voiture, mais il tenait à y aller seul. Il ne voulait surtout pas risquer que quelqu'un soit blessé par sa faute, et il était persuadé que sa famille savait où était Arthur. S'ils n'avaient pas bougé, c'était qu'ils avaient leur raison, il ne comptait certainement pas leur avouer qu'il se souvenait pour essuyer un refus et risquer d'être surveillé. Il prit le plan en photo, enregistrant mentalement le chemin à suivre, puis hésita. A quelle heure devait-il y aller ? Un coup d'œil à sa montre lui indiqua seize heure. Dans deux heure, il y aurait un changement, et il préférait compter large et se dire qu'il arriverait au bon endroit en une heure. Ce qui lui laissait une heure pour agir, avec deux personnes fatiguées de monter la garde. Il pouvait clairement le faire, mais il se devait d'être prudent et de ne pas trop précipiter les choses. Il observa la maison dont le sous-sol détenait son amant, espérant que les images n'étaient pas trop anciennes, puis se renseigna sur les propriétaires. Le nom ne lui disait rien, et il ne trouva aucune information particulière sur l'homme qui y vivait. Il ne s'agissait pas de l'un des deux autres kidnappeurs en tout cas, le prénom ne correspondait pas. Sa mère toqua doucement, et il réduisit rapidement la fenêtre, en ouvrant aussitôt une autre où le logo rouge de YouTube attirait le regard.

- Oui ?

La porte s'ouvrit, et le doux visage de sa mère lui sourit :

- Je pars en courses avec ton père, ton frère ne devrait pas tarder. Je suppose que rester seul quelques instant ne te dérange pas le moins du monde et que tu te réjouis déjà à l'idée d'être tranquille ?

Ses yeux noirs pétillèrent d'amusement. Perdre ses parents si jeune avait contribué à le rendre aussi sombre, Sasuke avait voulu se couper de tout affection potentielle, pour se protéger, et les voir vivants et heureux lui procurait une joie intense. Un sourire illumina son visage, et l'espace d'un court instant, ses soucis s'envolèrent.

- Aucun problème ! Promis je serais sage, ajouta t-il avec un clin d'œil complice.

- Tu as plutôt intérêt !

Sa voix était rieuse, aucune trace de menace ne gâchait la bonne humeur qui émanait d'elle.

- Aller, on file ! Bisous !

- Bisous !

Dès qu'il entendit la porte d'entrée claquer, sa joie s'envola. Comme à Konoha, ses parents partaient en emportant ses émotions. La seule différence était que là, ils allaient revenir. Sans un mot, le visage impassible, il se rééquipa, cachant soigneusement ses armes sous une chemise flottante. Il laissa le gilet pare-balle sous le lit, et commença de recharger ses armes.

- Qu'est-ce que tu... ?

La voix le fit violemment sursauter, et inconsciemment il pointa le pistolet qu'il avait à la main sur le nouveau venu, qui leva aussitôt les mains en l'air, par réflexe.

- Attends, tire pas Ludovic !

Il baissa aussitôt son arme, les yeux écarquillé de stupeur.

- Je t'ai pas entendu...! souffla t-il, sidéré.

- Frérot, pose ton arme, s'il-te-plait.

Arnaud avait commencé à s'avancer vers lui, prudemment.

- Pourquoi faire ? J'ai agi par réflexe, tu m'as pris par surprise. Je ne compte certainement pas te tuer !

Arnaud avait encore fait deux pas.

- Pose ton arme, répéta t-il doucement. Où est-ce que tu as obtenu ça ?

Ludovic se tendit. Il recula, relevant son pistolet.

- Ne bouge plus.

Son frère s'immobilisa aussitôt, l'incompréhension se lisant sur son visage.

- Pourquoi est-ce que vous n'êtes jamais allé chercher Arthur ?

- Quoi ?

L'impassibilité laissa un instant la place à l'exaspération et à la colère, et il fit un mouvement dans l'air de la main qui tenait son arme. Il ne craignait pas de tirer par erreur, il n'avait pas ôté la sécurité.

- J'ai eu mes armes dans l'entrepôt à côté de ton entreprise, tu m'as appris à tirer, et je fais tout ça pour sortir Arthur de la merde noire dans laquelle il est. Ma question est : pourquoi, quand vous m'avez sauvé, vous n'êtes jamais allé chercher Arthur ? Il était juste là, vous auriez pu le sauver.

Arnaud resta un instant muet de stupeur, ne comprenant pas la réaction de son cadet, avant de s'exclamer :

- Tu te rappelles ? Depuis quand ?

- C'est pas là question. Oui je me souviens, de tout. Absolument tout.

- Même pour...

- Notre famille ? Oui. Je sais que vous êtes des yakuzas, je sais que tu fais du trafic d'armes, et je sais que c'est à cause de ça que j'ai été enlevé.

En face, son frère avait l'air de sincèrement regretter.

- Je suis désolé que tu l'ai appris aussi brutalement, je...

- J'en ai rien à battre. Pourquoi vous n'avez pas sauvé Arthur ?

- De quoi tu parles ? Ça fait trois fois que tu me poses la question, c'est quoi le rapport avec Arthur ?

Ludovic sentit la colère bouillir en lui. Il en voulait à son frère, à sa famille, au monde entier pour avoir laissé celui qu'il aimait pendant si longtemps aux mains de malades comme les quatre qui les avaient enlevés. Sa voix devint glacée, et il gronda dangereusement :

- Je parles de l'enlèvement d'Arthur.

Arnaud sembla tomber des nues.

- A... Arthur a été... enlevé ? bégaya t-il d'un air ahuri. C'est pas possible, c'est...

- Tu veux me faire avaler qu'un type comme toi ne s'est même pas rendu compte que quelque chose clochait ? Te fous pas de ma gueule.

- Mais qui l'a enlevé ? Et pourquoi ?

- Quatre types. Henri, Guillaume, Barnabas et Enzo. Parce que ses parents savent apparemment des choses qu'ils veulent savoir.

La même colère qui faisait bouillir intérieurement Sasuke embrasa les traits de son frère alors que la lumière semblait se faire dans son cerveau, et il grogna :

- Les connards. Je vais les buter.

- Pour Enzo pas besoin.

- En quel honneur ?

Le yakuza, entraîné à tuer de sang froid, avait pris la place du gentil grand frère qui ne se prend pas trop au sérieux.

- Il est déjà mort.

Au regard interrogateur et surpris, Sasuke précisa :

- Je l'ai fait parler. Philippe l'a achevé.

Le grand frère protecteur revint au grand galop, l'inquiétude faisant briller ses yeux sombres :

- Et ça va ? Tu te sens bien ? Pourquoi tu ne nous as pas demandé de l'aide si tu te souvient ?

- Parce que j'étais persuadé que vous saviez, putain ! Et parce que je ne veux pas que d'autres personnes que j'aime soient blessées, voir pire !

Il avait crié. Il reprit, d'une voix cassante :

- Et je vais parfaitement bien, c'est très gentil à toi de t'en inquiéter au bout de plus de deux mois, merci. J'irais beaucoup mieux une fois qu'Arthur sera libre. Si ça ne te dérange pas, j'aimerais y aller d'ailleurs.

Il attrapa ses munitions, et sortit de sa chambre en bousculant son frère resté dans l'encadrement de la porte.

- Attends !

Il s'arrêta.

- Quoi ?

Sa voix n'était qu'un grondement sourd et menaçant.

- Laisse moi deux minutes. Je viens.

- Hors de question.

Il fit soigneusement claquer la porte d'entrée pour bien illustrer sa détermination et sa colère, et il s'en alla à longues enjambées, rapide, pressé d'en découdre. Il atteignait à peine le bout de sa rue qu'une vieille Ford Escort se garait brutalement devant lui, Philippe en jaillissant du côté passager.

- T'es vraiment con quand tu t'y met, gamin ! Tu compte faire quoi, seul contre deux malades ? S'il n'y en a que deux ! Tu sais qui ils sont au moins ?

Sasuke le dépassa sans ralentir, l'ignorant royalement. Philippe lui saisit le bras sans délicatesse, le retournant pour qu'il lui fasse face.

- Tu m'écoute bordel ?

Arnaud sortit à son tour de la voiture, suivit de prêt par le conducteur. Le flic de la ruelle. Il s'imagina un instant monter dans la voiture, en songeant que ce serait une voiture entièrement gay, et un mince sourire moqueur étira ses lèvres.

Son frère était presque à son niveau maintenant.

- Tu m'écoute Ludovic ?

Il posa son regard froid sur la main qui le retenait, et se dégagea d'un violent coup sur un point de pression au niveau du poignet de Philippe. En seulement quelques mouvements, les trois hommes furent à terre. Il les jaugea, méprisant, et lâcha :

- Vous ne ferez que me gêner et vous mettre en danger. Retournez jouer au petit méchant qui enfreint les lois ou au bon policier qui met les vilains en prison, et n'essayait même pas de vous remettre en travers de mon chemin.

Un violent coup dans le creux du genou le déstabilisa, et il ne reprit son équilibre que de justesse. Arnaud n'attendit pas, et réattaqua aussitôt, enchaînant coup sur coup. Ludovic paraît sans cesse, habilement, mais n'avait pas le temps de répliquer. Il se retrouva obligé de reculer, petit à petit. Volontairement, il recula vers le capot de la voiture, l'air de rien, soutenant sans peine la lueur furibonde de son aîné. Lorsqu'il buta contre, un sourire triomphant éclaira le visage d'Arnaud. Ludovic prit appui de son talon sur le dessus de la roue, s'en servant comme d'une marche pour grimper sur le capot, et sauta. Avant que son frère ne réalise ce qu'il se passait, il était derrière lui et l'avait brutalement plaqué contre la voiture, lui faisant une clef de bras qui lui arracha un cri de douleur.

- Tu veux encore une autre démonstration ou t'as eu ton compte ?

Il avait craché ces mots, extériorisant toute sa colère. Bordel, il voulait aller chercher Arthur, qu'est-ce que ces andouilles foutaient ici, à le ralentir ?! Arnaud répliqua, sur le même ton :

- Tant que tu ne te décideras pas à nous laisser t'accompagner, je continuerais.

- Tu seras mort d'épuisement avant.

Il savait que le mépris froid de sa voix avait blessé son frère. Dans un sens, c'était ce qu'il voulait. Le blesser dans son orgueil, pour qu'il s'en aille, et ne se mette pas en danger là-bas. Il savait de quoi étaient capables ceux qui détenaient Arthur, et même s'ils n'étaient pas exactement les même qu'à Konoha, il ne doutait pas que la cruauté et le vice étaient profondément ancrés en eux, tout comme la gentillesse l'était en Arthur ou en Loïs. Il recula d'un pas, le relâchant, et le défia du regard d'essayer de l'attaquer à nouveau.

- Pourquoi est-ce que tu ne veux pas qu'on vienne ?

C'était la première fois qu'il entendait la voix de Charles. Une lueur amusée brilla un instant dans son regard : ce n'était pas tout le monde qui entendait les gémissements de plaisir d'une personne avant d'entendre le son de sa voix habituelle. Mais son expression se fit aussitôt plus grave. Il n'y avait absolument rien de drôle dans cette situation.

- Parce que vous serez en danger.

- Et toi ? Tu crois que tu ne le seras pas ? Tu te prétend invincible ?

Il retint une grimace. Ils ne comprenaient vraiment pas. Il prit une profonde inspiration, souffla lentement, inspira à nouveau, et expliqua calmement :

- Certainement pas. Je sais que je vais au devant du danger, mais j'en connait beaucoup plus sur eux, leurs manies, leurs réflexes, qu'ils ne le croient, et je compte utiliser ça autant que possible à mon avantage. Et à moi seul, je suis plus fort que vous trois, qui savez vous battre. Je connait mes limites, et j'ai l'habitude de faire les choses seul. Je ne sais rien de vous, de vos réflexes, de vos failles. De plus, j'ai une réelle motivation. Non, c'est encore plus que ça. Sans Arthur, je ne suis plus rien, mais pour vous il n'est personne. Quelle raison vous poussera à vous battre jusqu'au bout ? Et toi, Charles, t'es flic par dessus le marché. Instinctivement, tu vas vouloir jouer selon des règles, qu'ils ne respecteront pas. Ma seule règle est de faire sortir Arthur vivant. Ce que je veux que vous comprenez, c'est que je sais que je suis capable de le faire seul, si je n'ai personne à surveiller. Si vous êtes avec moi, je vais m'inquiéter pour vous, vouloir vous protéger, et c'est comme ça qu'on fait des erreurs stupides et qu'un accident arrive. Vous comprenez ? Si l'un de vous meurt, ou se fait embarquer, je n'aurai rien réussi du tout. Ce serait juste une vie contre une autre, et je ne veux pas de ça.

Ah. Vu leurs têtes, ils avaient enfin imprimé...

- Et donc tu penses qu'on va te laisser y aller seul pour ça ?

... ou pas.

- Tu n'as jamais entendu ça ? L'union fait la force ? Ignore nous, agit comme si tu étais seul, on est suffisamment grand pour faire gaffe à nos fesses.

Ludovic souffla, agacé. Ils n'allaient jamais le lâcher !

- Frérot, on ne te laissera jamais y aller seul. Et si tu meurs ? Tu crois que je le vivrais comment ? Oh tiens, j'ai laisser mon petit frère avec des psychopathes, j'aurai pu l'en empêcher hein, mais je l'ai pas fait !

C'était à qui aurait le regard le plus chargé d'éclairs.

- Comme vous voulez. Mais venez pas chialer après.

Et il monta en voiture, suivi de près par trois hommes souriants et soulagés. Il savait qu'ils seraient venus de toute façon, il ne voulait pas avoir une mauvaise surprise en arrivant. Lorsque la voiture se gara devant la petite maisonnette, Sasuke sentit l'impatience lui serrer le coeur. Il avait besoin de voir Arthur.

Maintenant.

Il entra sans frapper, et immédiatement, plusieurs hommes de mains se jetèrent sur leur petit groupe. Il s'en doutait, tout comme Arnaud et Philippe, mais Charles fut complètement prit par surprise. Ils avaient voulu l'accompagner, très bien, ils lui avaient dit de les ignorer, parfait. Sans plus se soucier de ces trois compagnons, il se fraya un passage à coup de dague en plein coeur ou en pleine gorge, laissa six ou sept cadavres ou mourants dans son sillage, et s'engouffra dans d'étroits escaliers qui menaient au sous-sol. L'endroit était un véritable repère de personnes toutes plus dangereuses les unes que les autres, encore plus clandestines que la mafia. Un nid de criminels, violeurs, braqueurs, tueurs, tout ce petit monde devaient avoir trouvé ici une sorte de mini paradis. En bas des marches, il tourna à droite, et se retrouva dans un laboratoire assez semblables à celui où il avait été "opéré", bien que mieux équipé. Barnabas y était, observant quelque chose dans un microscope. Il se glissa sans bruit derrière lui, collant sa dague contre sa jugulaire, le retenant par ses cheveux noirs.

- Où est Arthur ? Précisément.

L'homme hoqueta de surprise, puis rit doucement, comme satisfait.

- Je savais que tu reviendrais.

Sasuke le retourna violemment, l'entaillant légèrement de sa lame effilée.

- Réponds.

Les yeux verts étaient brillants, un véritable gosse à Noël.

- Tu le sens toi aussi ? Ça se voit dans tes yeux. On t'a soigneusement observé, et ces derniers temps tu ne te comportes plus pareil. Il y a des signes qui ne trompent pas.

La rage reflua un instant, laissant la place à l'incompréhension.

- Hein ? De quoi tu parles ?

Apparemment, le gosse était absolument ravi de son cadeaux. Barnabas était euphorique.

- De toi ! Tu n'as pas remarqué ? Tu dors beaucoup plus, tu as même commencé à avoir des nausées matinales, tu ne prend plus la même chose au café où tu vas tous les soirs, et l'odeur des croissants chauds qui avant te faisait saliver t'arrache maintenant des grimaces de dégout absolument hilarantes ! J'ai réussi !

Toutes ces petites choses insignifiantes, auxquelles il n'avait jamais fait attention, ou qu'il avait mis sur le compte du choc de se souvenir et de la douleur, citées ainsi ensembles paraissaient soudainement beaucoup plus anormales et menaçantes. Une irrépressible angoisse le saisit.

- Qu'est-ce que tu m'as fait ?

Un air moqueur et suffisant remplaça la folie euphorique de l'homme :

- Moi ? Pas grand chose. Une petite opération expérimentale. C'est toi qui as fait le plus gros ! Tu ne savais pas qu'il fallait toujours baiser en étant protégé ? J'ai réussi ! Tu es enceinte !

Son rire dément résonna dans la pièce, avant qu'il ne reprenne, d'un air de fausse confidence :

- C'est Arthur qui va être jaloux. Il n'a que ton nom à la bouche ! Alors, c'est qui le père ? Le beau brun aux yeux nacrés ? Humm, Gwenal, c'est ça ?

- Gwenvael, siffla t-il entre ses dents. Vous êtes vraiment un grand malade. Peut importe ce que vous m'avez fait, je ne peux pas attendre un enfant.

- Gwenvael, c'est ça. Et je suis formel ! Tu veux qu'on fasse une échographie ?

Sasuke l'ignora, se concentrant à nouveau sur ce pour quoi il était venu. Ce type était fou, tout simplement.

- Où est Arthur ?

Barnabas le défia du regard, moqueur. D'un coup sec, il lui déboîta l'épaule, puis s'appuya nonchalamment dessus, répétant en martelant chaque mot :

- Où est Arthur ?

Un grognement de douleur lui répondit. Il prit sa dague, posa la main valide de l'autre homme à plat sur le sol, et appuya dessus.

- Je te couperait tes phalanges une par une, jusqu'à ce que tu parles.

Barnabas lui lança un regard terrifié, et vit dans son regard qu'il était capable de le faire. Il balbutia :

- En bas des escaliers à gauche, troisième cellule à droite.

- Le code.

Il ne fit même pas semblant de ne pas comprendre.

- 3641 !

- Bien.

Sasuke se releva, songeant qu'Orochimaru avait été un adversaire beaucoup plus intéressant à Konoha qu'ici, et sortit son revolver.

- Non, n...

Il ne lui laissa pas le temps de finir, et tira. A bout portant, en plein front. Sans un regard en arrière, il se dirigea vers la cellule d'Arthur.
Alors qu'il s'apprêtait à taper le code, il devina une présence derrière lui. Il se retourna vivement, mais Guillaume le tenait déjà en joux, avec un pistolet. Son unique œil visible brillait d'une lueur triomphale et d'une joie malsaine. Il se délectait de la peur qu'il infligeait, de la souffrance qu'il provoquait.

- Tu croyais faire quoi ?

Avec horreur, Sasuke réalisa qu'il ne pourrait rien faire. L'arme était appuyée contre son ventre, il n'aurait jamais le temps de s'écarter assez vite, et l'abattre en premier n'était même pas pensable. Son cerveau tourna à plein régime, cherchant à gagner du temps, mais il savait qu'il était trop tard, que c'était vain. Il allait mourir, comme ça, bêtement, si près du but.

C'était fini.

Il avait perdu.

Le bruit du coup de feu le fit violemment sursauter. Son coeur battait à tout rompre. Il porta instinctivement la main à son ventre, et constata qu'il n'avait rien. Pas la moindre égratignure. La peur et la colère écarquillaient ses yeux, ses pupilles étaient dilatées à l'extrême.

- 3641 le code, au cas où.

- Tu...

Sasori était là, son arme encore à la main, le corps sans vie de Deidara effondré à ses pieds. Il secoua la tête, d'un air navré.

- Franchement, pauvre gosse quoi. Et désolé pour la dernière fois, mais tu comprendras bien que je ne pouvais pas agir autrement, sinon je me serais grillé tout seul.

Ludovic était bouche bée, il ne savait plus quoi dire. La terreur qu'il avait ressenti en réalisant qu'il allait mourir, qu'il avait échoué, était toujours aussi vive. Il avait du mal à réaliser qu'il était vivant.

- Mais, tu... Enfin... Je...

- Je suis un flic infiltré, mais ils s'en sont douté, et vu que l'idée de me faire buter me tentait pas trop, bizarrement, j'ai du me faire tout petit et jouer selon leurs règles. Alors merci, ma mission est enfin finie. Vous avez sacrément bien nettoyé le coin, avec ta famille et le Charles !

Avec un clin d'œil complice, Henri s'en alla.

- Je te laisse, je retourne voir en haut s'ils ont encore besoin d'aide !

Sasuke ne se posa pas plus de question. Précautionneusement, il entra le code, et la porte s'ouvrit doucement, avec un petit claquement sec. N'y tenant plus, il l'ouvrit en grand, et se précipita à l'intérieur.

Arthur était là.

Debout, au milieu de la pièce, légèrement de profil, stupéfait. Tout deux n'osaient y croire. Sasuke se débattait avec lui-même, les mains tremblantes. Est-ce qu'il se rappelait, lui aussi ? Il crevait d'envie de le serrer dans ses bras, de l'embrasser à en perdre le souffle, de s'enivrer de son parfum, de le sentir contre lui, vivant. Il en avait besoin. Arthur était vivant. Alors qu'il était encore là, figé, ne sachant quelle réaction adopter, le blond murmura, presque timidement :

- C'est vraiment pas chouette, mourir pendu. Surtout quand on est innocent.


Je sais, c'est méchant de ma part de vous laisser comme ça, mais le prochain chapitre devrait me permettre de me rattraper un petit peu ^^" A dans un petit peu moins d'une semaine et demi maintenait !