Cet OS a été écrit dans le cadre des Nuits du FOF (en décalé). Le thème était « poche ».

Comme ma poche

« Qu'est-ce que tu as ? » Demanda fermement Tonks, les poings sur les hanches.

« Rien. Rien du tout. Pourquoi ? » Répondit surpris Remus, assis sur leur canapé, reposant son magazine à côté de lui.

« Parce que, je te connais. Quand tu fais cette tête, c'est que ça ne va pas. Tu tournes en rond depuis ce matin, tu ne tiens pas en place plus de deux minutes, tu n'arrives même pas à te concentrer. »

« Et alors ? »

« Alors ça veut dire que tu as quelque chose. Et j'exige de savoir quoi. On est ensemble, j'ai le droit de savoir quand tu ne vas pas bien. Je peux peut-être t'aider. » Répondit-elle doucement en s'asseyant à côté de lui.

« Non, c'est rien, je t'assure. C'est juste que… j'ai eu un hibou de Serverus Rogue. Tu sais, il menait quelques recherches pour moi, pour avoir une potion encore plus efficace que le Tue-Loup… »

« Et alors ? Il n'avait pas trouvé un livre prometteur, récemment ? »

« Si, il avait pas mal d'espoirs d'ailleurs. Mais finalement, ça ne menait à rien et ça n'a abouti à aucune solution. Il n'y a rien. Aucun moyen de me guérir. Aucun moyen de m'empêcher de te faire du mal. Il m'a envoyé un hibou ce matin, pendant que tu dormais encore. » Répondit-il amèrement.

« Eh bien ce n'est pas grave, on trouvera bien autre chose un jour pour te guérir ! Allez, tu ne vas pas faire la tête pour un petit espoir qui s'est envolé, il y en a plein d'autres ! » Se força-t-elle à sourire, remettant tendrement une de ses mèches brunes en place.

« Si tu le dis… » Fit-il avec un petit sourire.

Depuis qu'ils étaient ensemble, trouver une solution pour anéantir le loup en lui et l'empêcher de pouvoir l'attaquer était devenu une obsession de Remus. Il n'arrêtait pas d'y penser. Il fouillait tous les livres sur le sujet qui lui tombaient sous la main. Il interrogeait des scientifiques qui auraient pu avoir une idée. Il cherchait par tous les moyens de la protéger. Même si elle s'escrimait à lui dire qu'elle savait qu'il ne lui ferait pas de mal, qu'il ne la toucherait jamais, parce qu'elle comptait trop pour lui et que même le loup le savait.

Elle était persuadée que le simple fait qu'il s'en inquiète l'empêcherait au dernier moment de la frapper, et que son instinct humain reprendrait alors le dessus. Elle n'avait aucune inquiétude. Mais elle le laissait chercher, explorer, parce que s'il ne le faisait pas, il ne pourrait pas vivre. Pas en sachant qu'il ne tentait pas de trouver un moyen de ne plus être qui il était.

« Parfois, je me demande comment tu fais… » murmura-t-il.

« Comment je fais quoi ? Attention, si tu me demandes encore comment je fais pour te supporter, je t'assure que je t'enferme à la cave pour que tu y réfléchisses ! » S'emporta légèrement la jeune femme.

Elle avait suffisamment lutté pour sortir avec Remus Lupin, ça n'était pas maintenant qu'elle allait le laisser tout ficher en l'air, simplement parce qu'il n'y croyait pas encore, ou que c'était trop beau pour lui, ou toute autre bêtise insensée du genre. Elle commençait à avoir l'habitude et elle préférait la perdre, si c'était possible.

« Oh, non, je me demandais juste… comment tu avais fait pour savoir que je n'allais pas bien et que j'avais envie de t'en parler sans oser ? » Souffla-t-il, les yeux baissés, triturant ses mains l'une dans l'autre.

« Parce que je te connais comme ta poche ! » Sourit-elle. « Enfin, non, mieux que ma poche, en fait, parce que je ne sais jamais ce que je mets dans mes poches ! Je te connais… comme si je t'avais fait ! »

« C'est un peu étrange… » Grimaça Remus.

« Oui, tu as raison. » Admit-elle. « Parce que je t'aime ? »

« Mmm, ça me va ! » Sourit-il avant de s'approcher d'elle, de saisir délicatement son menton, et de l'embrasser.

« Je paye en nature ma consultation. » ajouta-t-il, un brin moqueur.

« Il va me falloir plus que ça, alors ! » Répliqua-t-elle avant de les faire basculer sur le canapé.

Ils éclatèrent de rire.