Bonne année 2016 à tous ! Bonne santé, et tous le bonheur du monde !

Avec une journée de retard (je m'améliore ! lol Mais hier c'était mon anniversaire ^^" C'est valable comme excuse ?), voici le chapitre 18 de Älskande ;-) J'espère qu'il vous plaira, n'hésitez pas à me le dire si vous trouvez que c'est ennuyant ou quoi que ce soit !

Ludy : Non, c'est clair que personne n'aime être malade.. C'est cool que tu aille mieux ^^ Ah, j'avais pas fait gaffe, désolé.. Je suis trop contente que tu aime le fait que Kakashi soit aussi dans les deux mondes =D J'espère du fond du coeur que ce chapitre te plaira tout autant ! Et pour répondre à ta question, oui, merci, j'ai passé de supers vacances de noël ! Trèèès très chargées, je n'ai pas beaucoup dormi, mais j'ai beaucoup trop mangé lol Et toi ? Merci encore ! Bonne année à toi aussi !


Chapitre 18

Ce n'était pas possible, c'était biologiquement impossible, un homme ne pouvait être enceinte. Ludovic ne cessait de se répéter cette phrase en boucle, en une vaine tentative de méthode Coué. Il pouvait sentir le serpent vicieux de la peur ramper dans son dos, le long de son échine, distillant son poison dans chacun de ses membres, le paralysant petit à petit, annihilant toutes pensées cohérentes. La peur de l'inconnu, du rejet, de la responsabilité que cela impliquait, toutes ces angoisses primaires tourbillonnaient en lui, ne lui laissant aucun répit. Ses yeux restaient rivés sur le test, et sur son maudit résultat. Impossible. C'était tout bonnement impossible.

Quelqu'un toqua à la porte.

Ludovic sursauta brusquement, rattrapa de justesse le test, et le fourra dans sa poche.

- Tu sors ou tu squate ? T'es pas le seul à vouloir y aller hein !

- Oh ça va !

Il se recomposa un masque, seule discipline dans laquelle il passait pro, avec tuer des gens sans sourciller, tira bruyamment la chasse d'eau et sortit. En le voyant enfin libérer la place, son père s'écria d'un ton moqueur :

- Ma parole, je pensais que tu étais tombé dans le trou depuis le temps !

- J'ai dû escalader le tuyau pour remonter, renchérit-il d'un air moqueur.

Son père éclata de rire en refermant la porte derrière lui. Étape "Agir comme si de rien n'était" réussie avec succès. Son sourire et son apparente bonne humeur disparurent à peine la porte de sa chambre refermée. Il n'arrivait pas à y croire. Il était enceinte ! Le serpent s'enroula autour de lui, comme pour s'assurer qu'il ne puisse s'échapper.

Une idée de génie lui traversa alors l'esprit, et il sauta sur ses pieds, de nouveau plein d'espoir. Il n'avait qu'à se faire avorter ! Discrètement, en passant par des instituts anonymes qu'il pourrait attaquer en justice si qui que ce soit apprenait quoi que ce soit, et hop, plus de bébé ! Plus de peur, plus de responsabilités, ni de contraintes ! Il se jeta sur son ordinateur, brûlant d'impatience, et commença à se renseigner sur les dates limites en France, sur le processus d'avortement, s'il y avait un coût, etc... Au fur et à mesure des sites visités, il sentit une terrible nausée l'envahir. Il n'avait, selon le test, pas dépassé le stade des sept semaines, même en ajoutant les deux semaines obligatoires, ce qui signifiait qu'il pourrait opter pour la solution médicamenteuse, envisageable jusqu'à sept semaines de grossesse. Une simple pilule, du Méfigyne®, à avaler, puis deux jours plus tard une autre qui provoquait l'expulsion, et le petit foetus quittait ce corps où il n'était pas désiré. Au delà, une sorte d'aspirateur aspirait le contenu de l'utérus. A force de lire ces lignes, de se renseigner sur le processus d'avortement, sur la façon dont les molécules du médicament annonçaient au corps "vous pouvez y aller, y a pas de bébé, on détruit tout !" alors qu'un début d'être humain, fragile petite flamme tremblotante, s'accrochait désespérément à ce monde, tantôt cruel, tantôt bienveillant, il sentit un terrible sentiment de culpabilité et de malaise l'étreindre.

Pouvait-il décider de supprimer une vie, comme ça, sans lui laisser le temps de découvrir le monde ? Lui qui en avant déjà tant vus, avait-il le droit de décider arbitrairement que ce bébé, grandissant en lui, ne verrait jamais ce monde ? Ne connaîtrais jamais la peur, la joie, la tristesse, les rires, l'amour ? Une autre question s'imposa alors à son esprit : "Serait-je capable d'assumer ?". Accepter de porter cette vie en lui signifiait en accepter la responsabilité. Serait-il capable de supporter le regard des autres, l'incompréhension, le mépris, la curiosité malsaine face à sa différence ? Être enceinte à son âge n'était déjà pas facile pour une femme, alors un homme ! Ce tourbillon de questions, d'émotions contradictoires lui donnaient envie de vomir. Il ne souhaitait qu'une seule chose : pouvoir se blottir sous sa couette et tout oublier, se réveiller et que ce ne soit qu'un rêve. Il lui semblait que la vie s'acharnait contre lui, et s'amusait à lui laisser entrapercevoir le bonheur comme pour mieux le narguer, pour mieux lui dire "Ça à l'air chouette hein ? Ben non, tu n'y auras jamais droit !".

Ludovic finit par se rendre compte qu'il n'arrivait tout simplement pas à réaliser. Consciemment, il savait que c'était vrai, il savait qu'Orochimaru/Barnabas était capable de faire ce genre de chose, il savait qu'Arthur ne lui en aurait jamais parlé s'il n'était pas sûr de lui, et il pensait sincèrement que le test ne pouvait pas se tromper, mais inconsciemment, tout son être se révoltait à cette idée. Il essaya de réfléchir à qu'est-ce qui le bloquait. C'était, à ses yeux, indispensable pour lui permettre de réaliser, et seulement après il serait capable d'adopter le comportement adéquat. Il ne voulait pas agir à la légère, peu importe la décision qu'il prendrait, ce serait pénible, et il y aurait des conséquences irréversibles sur sa vie. Il finit par mettre le doigt sur un fait qui le gênait. Ce genre de test était prévu pour des femmes, afin de détecter les hormones spécifiques à la grossesse. Mais il savait que certaines hormones avaient un rôle chez la femme et un autre très différent chez les hommes, alors qu'est-ce qui lui disait que le test n'avait pas détecté une hormone naturellement présente chez les hommes, mais signe de grossesse chez les femmes ? Son ordinateur fut de nouveau mis à contribution, et en quelques minutes à peine, il savait que l'hormone détectée par son test était la béta-hCG, et il savait qu'elle était naturellement présente chez les hommes à un taux assez faible, mais que son taux augmentait considérablement en cas de cancer des testicules. Génial. Il eut une grimace dégoutée assez créative. Que choisir entre la peste et le choléra ? Soit les hormones étaient là parce qu'il attendait un enfant, soit parce qu'il avait un cancer des testicules. Il ne pût s'empêcher de faire le lien entre les deux et éclata de rire, un rire nerveux, mais qui lui fit du bien tout de même. Ce qui signifiait cancer chez l'un signifiait vie chez l'autre, en sachant qu'un cancer n'était qu'un amas de cellules mutées et donc différente du corps, tout comme un bébé n'était qu'un amas de cellules étrangères au corps, ces hormones étaient assez cohérentes. Elles devaient avoir en quelque sorte un rôle de "attention, développement de cellules bizarres dans les parties génitales !" chez l'être humain en générale, mais tout de même, comparer un bébé à un cancer ! Sa mère appelant la maisonnée à table l'arracha à ses réflexions, et son masque se remit naturellement en place. Ils ne devaient pas se douter que quelque chose n'allait pas.

En le voyant arriver, Alice sut instantanément que son fils était soucieux. Ces derniers temps, elle avait l'impression qu'il lui glissait entre les doigts, et cela lui faisait mal au coeur. Elle essayait de se persuader que c'était l'adolescence, mais elle savait qu'il avait tué des gens lorsqu'il était parti sauver son meilleur ami, et le fait qu'il n'en parle pas l'inquiétait plus qu'elle ne voulait l'admettre. Il aurait du être en larmes, en état de choc, prendre une vie n'était pas un acte aisé dont on sortait indemne, mais non, rien, et elle savait d'expérience que retenir ses émotions était mauvais. Son époux ne semblait se rendre compte de rien, ce qui l'exaspéra. Il continuait inlassablement de faire le pitre, sans voir que le sourire de leur petit Ludovic était forcé et que son regard avait quelque chose d'éteint.
Lorsque le lendemain, le lycée l'appela pour lui demander si l'absence de Ludovic était normal, une bouffée d'inquiétude l'envahit. D'une voix blanche, elle répondit que oui, qu'il ne se sentait pas très bien. S'il avait séché, c'était que les choses étaient vraiment graves, elle ne voulait pas qu'en plus de ça le lycée le punisse. Elle raccrocha le combiné d'une main tremblante, puis sortit en attrapant sa veste au vol. Son mari et son aîné étaient au travail, elle trouverait son fils seule.

Dès le lendemain matin, Ludovic était parti voir un médecin. Il ne pensait pas avoir de tumeur, exceptée le taux de hCG élevé, il n'avait aucun autre symptôme, mais au moins il serait fixé. Le médecin lui avait posé un tas de questions, et il avait dû jouer les hypercondriaques pour qu'il accepte de faire des examens sans qu'il n'ait à lui expliquer qu'il avait fait un test de grossesse, chose qui l'aurait définitivement fait passer pour un malade mental. Il joua si bien le jeune homme perdu et en panique, ce qu'il était tout de même au fond de lui, que le médecin lui obtint en urgence un examen à l'hôpital le plus proche. Il s'était beaucoup renseigné avant d'y aller, et normalement la radiographie était très localisée, ce qui, il espérait, limiterait au maximum les risques au cas où il serait enceinte. Après plusieurs heures d'attente, un moment pour le moins gênant où le médecin fit glisser une sonde sur ses testicules, puis encore un peu d'attente, le médecin l'appella pour lui montrer les résultats. Il utilisa une multitude de termes techniques que Ludovic se rappella vaguement avoir entendu en cours de SVT, pour finalement conclure :

- Comme vous pouvez le voir, Monsieur, il n'y a strictement rien. Vos testicules sont en parfaite santé !

Avant d'éclater de rire, trouvant apparemment ses propos très drôles. Sasuke, lui, pâlissait à vue d'œil devant la radiographie. Il ne savait pas s'il était soulagé de ne pas avoir de cancer, ou désespéré parce que cela signifiait qu'il attendait un enfant. Comme dans un rêve, il remercia le médecin et sortit, sans vraiment voir où il allait. Il marcha pendant des heures, comme un automate, en état de choc. Il n'arrivait pas à y croire, il ne 'pouvait' pas y croire.

- Ludovic !

Le cri venait de derrière lui, et exprimait un soulagement et une joie intense. Par pur réflexe il se retourna, pour voir sa mère lui sauter dessus et le serrer dans ses bras à l'étouffer, en répétant inlassablement quelque chose s'approchant de "Oh mon dieu mon chéri j'ai eu si peur, ça fait des heures que je te cherche, où étais-tu passé ?". Sasuke se laissa faire, incapable de réagir. C'était donc ça l'amour maternel ? S'il gardait le bébé, est-ce qu'il l'aimerait autant, est-ce qu'il deviendrait plus important que sa propre vie ?

Sa mère était toute échevelée, il était évident qu'elle n'avait pas mangé à midi, ses lèvres étaient légèrement bleui par le froid, elle n'avait même pas pris la peine de prendre une écharpe. C'en fut trop. Il fondit en larmes, en s'agrippant à sa mère, cette mère qu'on lui avait arraché trop tôt à Konoha, et il pleura toutes les larmes de son corps. Il entendait sa mère lui demander ce qu'il se passait, s'excuser, alors qu'elle n'était en rien responsable de ce qui lui arrivait, puis elle l'entraina à sa suite, et le ramena chez eux.
Elle le fit s'installer dans son lit, puis lui apporta un chocolat chaud pour le réconforter, et s'assit face à lui, douce et attentive, mère soucieuse pour sa progéniture. Mais il ne pouvait pas lui en parler, pas maintenant, il fallait déjà que lui digère. Tout s'était passé trop vite. Il avait tout de même appris qu'il était mort dans un autre monde, et qu'il était enceinte parce qu'il avait eu un rapport sexuel dans cet autre monde, cela dépassait l'entendement, il ne pouvait pas juste dire "Oh, très bien, et sinon, on a maths demain ou le prof participe à la réunion de 11 à 12 ?".

- Si tu veux parler, peu importe ce qu'il t'arrive, peu importe l'heure ou le moment, je serais là, d'accord ?, murmura-t-elle.

Il aquiesca faiblement, les genoux remontés, ses bras autour, le menton posé dessus. Il entendit la porte d'entrée s'ouvrir puis se refermer, et il sentit une bouffée d'angoisse l'envahir. Il ne voulait pas que les autres membres de sa famille le voit dans cet état, ils s'inquiéteraient et poseraient des questions auxquelles il n'était pas prêt à répondre. Les pas se rapprochaient de sa chambre, et il lança un regard désespéré à sa mère.

- J'ai pensé qu'un ami serait peut-être préférable à une maman, expliqua-t-elle avec un petit sourire gêné.

Ludovic se sentit paniquer. Gwenvael, elle avait appelé Gwenvael ! Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir lui dire ? Il ne pouvait pas se confier à lui non plus ! D'une profonde inspiration, il mit tous ses sentiments et toutes ses émotions de côté, et se recomposa un masque, sous le regard stupéfait de sa mère. Il lui fit un petit sourire, et s'assit de manière plus naturelle, moins révélatrice de sa détresse. La porte s'ouvrit, et Naruto s'arrêta sur le seuil, le regard indéchiffrable. En le voyant, le coeur du brun rata un battement. Il allait immédiatement comprendre, et il allait le rejeter. Quoi qu'il ai bien pu dire par amour, la réalité de la chose allait le faire fuir, et Sasuke serait seul, sans la personne la plus important du monde à ses côtés. Il pouvait tout affronter, pour un sourire, un regard du blond. Sans lui, même avorter lui semblait infaisable. Les nouvelles hormones auxquelles son corps n'était pas habitué, et pour lesquelles il n'était pas censé être prévu, eurent raison de son masque parfait en apparence, et il fondit en larmes. Sa mère sembla désemparée, elle avait pensé lui faire plaisir et avait espérer que la présence d'Arthur l'aiderait. Elle ne savait plus quoi faire, elle essayait maladroitement de le consoler, mais il n'arrivait même plus à savoir pourquoi il pleurait.

Naruto ne fit pas attention une seule seconde à la mère de Ludovic. En le voyant ainsi, lui, l'homme qu'il aimait, Sasuke Uchiha, Ludovic Ilops, si fort et si courageux, réduit à l'état de petite chose fragile et perdue, il ressentit un instinct de possession dévastateur. C'était 'son' Sasuke qui souffrait, et il ne pouvait tolérer ça. En trois enjambées, il était près du brun, son genou appuyé sur le lit, et il l'embrassait délicatement, transmettant toute la force de son amour dans ce simple contact. En voyant son fils se faisant embrasser par son ami d'enfance, Alice eut un hoquet de surprise, qui se transforma en cri de peur lorsqu'elle remarqua l'inconnu qui se tenait dans l'embrasure de la porte, un sourire énigmatique aux lèvres. Tous se tournèrent brusquement vers elle, alors qu'elle dévisageait le nouveau venu. Sasuke suivit machinalement le regard de sa mère, tout en prenant une profonde inspiration afin de lui expliquer la situation, et s'étrangla de surprise en voyant l'homme.

- Kakashi ! s'écria-t-il.

Sa joie tout autant que sa surprise étaient évidentes. Il tenta maladroitement d'essuyer ses joues trempées, mais les larmes continuaient de couler contre son gré, et il esquissa un pauvre sourire.

- Je me suis dit que tu préférerais peut-être le voir lui plutôt que moi, murmura Naruto. Il est au courant, précisa-t-il.

- Comment ? Il est au courant de quoi ? Et c'est qui ?

La mère du brun semblait prête à étrangler Kakashi s'il ne déclinait pas son identité dans la seconde. Ce dernier lui tendit la main, un sourire avenant sur le visage bien que son regard restait grave :

- Karl Gobtsch. Enchanté Madame, je suis une connaissance de votre fils et d'Arthur, et également ingénieur dans l'entreprise de votre aîné. Pardonnez-moi pour être ainsi entré sans invitation, Arthur m'a emmené ici en m'expliquant que Ludovic n'allait pas bien et que c'était urgent, j'ai fait au plus rapide.

Alice accepta les excuses d'un signe de tête, trop abasourdi pour comprendre ce qu'il se passait. Après un regard à son fils qui semblait déjà reprendre vie en présence de ces deux hommes, elle se décida à les laisser. Elle n'avait pas été capable de calmer son fils, et le simple fait qu'ils soient dans la même pièce que Ludovic avait suffi à le calmer et à apaiser ses larmes. Seules une ou deux perles rebelles roulaient encore le long de sa joue, mais il y avait une étincelle qu'elle n'avait jamais vue dans son regard qui brillait depuis qu'ils étaient là. Elle referma doucement la porte derrière elle, et appela aussitôt Arnaud, espérant qu'il en saurait un peu plus sur ce qui mettait Ludovic dans cet état.

En voyant la porte se refermer sur sa mère, Sasuke poussa un soupir de soulagement, et se laissa aller contre le mur derrière sa tête de lit. Il s'en voulait terriblement d'avoir craqué devant elle, deux fois en plus. Naruto lui tenait la main, fort, et ce geste le réconfortait. Il avait été stupide d'avoir si peu foi en lui. Naruto serait toujours là pour lui comme il serait toujours là pour le blond. Kakashi s'était assis sur sa chaise de bureau, qu'il avait fait rouler pour se rapprocher du lit. Il fut le premier à rompre le silence qui s'éternisait :

- Orochimaru, hein..., murmura-t-il.

Ce simple nom ramena Sasuke à la réalité, et il sentit son coeur se serrer douloureusement. Son regard se perdit dans le vide, et toute la peur et le désespoir qu'il cachait en lui se reflétèrent dans ses yeux. D'une voix tremblante, sans oser les regarder, sa main serrant celle de Naruto comme une bouée de sauvetage, il répondit :

- Trois à quatre semaines selon le test, soit quatre ou cinq semaines pour les médecins...

Naruto le prit dans ses bras, en lui chuchotant :

- Je suis désolé. Je suis tellement désolé Sas'ke ! C'est de ma faute sur toute la ligne...

La détresse qui transparaissait dans sa voix en prononçant la dernière phrase fit réaliser au brun la culpabilité que ressentait Naruto. Il parvint à retrouver son ton cassant d'Uchiha pour répliquer :

- Le concept de faire l'amour, c'est que c'est à deux aux dernières nouvelles, et je ne vois pas en quoi c'est de ta faute si tu t'es fais enlevé, et si... Si Orochimaru s'est amusé..., termina-t-il péniblement.

La réalité de la situation le terrifiait. Certes, la présence d'Arthur et Karl à ses côtés le faisait se sentir soutenu, et s'il avait pu s'enfuir loin dans les montagnes avec juste eux deux à ses côtés, sans personne d'autres, il aurait presque pu se réjouir de pouvoir connaître le bonheur qu'il y avait à avoir un enfant, mais ils vivaient au 21è siècle, dans un monde noyé de technologies et orchestré par tout un tas de législations qui empêchaient ce genre d'idée de devenir autre chose qu'un rêve futile.

Naruto resta silencieux, incapable de trouver les bons mots. Sasuke pouvait sentir son désir de lui parler, de le soutenir, et ce simple fait suffisait à l'apaiser, en partie du moins. Il articula lentement, hésitant à prononcer ces mots à voix haute, car cela signifiait concrétiser sa pensée :

- J'ai... J'ai pensé à avorter.

Cela lui semblait la chose la plus simple à faire, et au fur et à mesure qu'il parlait, il commençait à penser que peut-être, cette idée serait réellement envisageable.

- Je pourrais trouver une jeune femme enceinte mais qui ne souhaite pas avorter, pour qu'elle aille aux rendez-vous, qu'elle récupère les pilules, et qu'ensuite elle me les donne, je peux encore opter pour la solution médicamenteuse, expliqua-t-il, toujours avec prudence. Au test de contrôle, quand les médecins verraient qu'elle est toujours enceinte, elle n'aurait qu'à dire que finalement elle ne veux plus avorter, et ce serait bon.

Kakashi ne répondit rien, le regard sombre, attendant respectueusement que le blond prenne la parole. Ce dernier avait baissé la tête, et ses cheveux masquaient son regard. Seules ses lèvres, serrées en une fine ligne blanche, trahissaient son désaccord.

- Est-ce que tu es sûr que c'est ce que tu veux ? Avorter, ça peut être un véritable traumatisme, d'autant plus qu'avec ton super stratagème, tu n'aurais aucun soutien psychologique. Kakashi et moi ne pourront pas te soutenir comme il se doit..., termina-t-il d'une voix presque suppliante.

Sasuke ne chercha pas à masquer sa surprise.

- Tu veux qu'on le garde ?

Naruto le regarda droit dans les yeux. Oui, il voulait le garder. Sasuke n'osait pas formuler à voix haute toutes les questions qui le terrifiaient, il n'osait pas demander au blond s'il avait réellement réfléchi aux conséquences. Élever un enfant, avoir un enfant, n'était pas un sujet à prendre à la légère, ce n'était pas comme adopter un chaton.

- Tu es sûr d'être prêt Naruto ? Et toi, Sasuke ? C'est tout de même toi qui va le porter, c'est une décision que vous devez prendre ensemble, après en avoir calmement discuté, avoir pesé le pour et le contre, et pas sur un coup de tête.

Kakashi s'était levé tout en parlant.

- Peu importe ce que vous déciderez, je vous soutiendrais, à condition que vous y ayez réellement réfléchi et que vous soyez sûr de vous. Ne vous forcez pas à accepter des responsabilités que vous ne vous sentez pas de supporter.

Sasuke ouvrit la bouche pour répondre, mais il lui coupa aussitôt la parole.

- Non, Sasuke. La responsabilité d'une vengeance n'est dictée que par la haine et la colère, et implique de ne se soucier de personne, pas même de soi-même. Un enfant a besoin d'amour et demande à ce que l'on prenne soin de lui. Réfléchissez-y. Sérieusement.

La porte claqua. Kakashi était visiblement de mauvaise humeur. Ludovic sentit les larmes lui monter, encore, aux yeux. Il avait besoin que quelqu'un l'aide, le guide, pas l'engueule ! Naruto serra sa main avec un peu plus de force.

- Pardon. Je me sens tellement inutile !

Le brun le rassura d'un sourire, qui sonnait terriblement faux. Il se leva, et lança :

- Ça te tente d'aller au Rolicco ?

Arthur chercha dans son regard l'idée cachée, mais ne décela rien dans les yeux d'encres de son amant.

- Si tu veux ?, répondit-il prudemment.

- Super, alors on y va.

Toute traces de tristesse ou de mal-être s'étaient envolées comme par magie. Il prévint sa mère d'une voix joyeuse et entraîna Naruto à sa suite, direction le café. Cependant, à la dernière seconde, il l'entraina dans une ruelle plus à l'écart, sur leur droite.

- Sas'ke, qu'est-ce que...?

Il ne termina pas sa phrase. Sasuke venait de lui intimer le silence en faisait les gros yeux et en posant son index sur ses lèvres en un geste qui dépassait toutes les barrières de la langue. Ils se glissèrent à l'ombre d'une porte cochère, et attendirent quelques minutes. Enfin, ils arrivèrent. Olivia, l'ex-petite amie rencontrée sur internet, et le blond qui suivait Arthur et avait visiblement embauché la rousse pour obtenir des informations sur lui. Arthur étouffa un petit cri en les reconnaissant.

Fu et Minato se tenaient non loin d'eux.

Fu, et le père de Naruto.


Il était un petit peu plus long que d'habitude ^^ N'hésitez pas à laisser une review !