Cet OS a été écrit dans le cadre des Nuits du FOF, en décalé. Le thème était « kermesse ».

A la manière moldue

« Hermione, vraiment, je ne comprends pas pourquoi… » Se lamenta Ron Weasley.

« Ron, on en a déjà parlé. Nous irons. Et tu poseras ta baguette à la sortie de la maison. Tu n'en as quand même pas besoin pour aller à une kermesse ! Les malfrats ne vont pas te poursuivre jusque-là. »

« Oui mais tu es vraiment sûre que tu veux prendre une voiture… Tu sais à peine conduire… C'est dangereux. »

« On ne va pas aller à une fête moldue en balai, imbécile. Et je sais parfaitement conduire, bien mieux que toi. Fais-moi un peu confiance pour une fois ! » S'agaça Hermione.

« Je veux bien, mais… quand même. Je ne voudrais pas risquer la vie des enfants… »

« Tu me prends pour un assassin ? Une inconsciente ? Comment peux-tu seulement envisager l'idée que je puisse mettre sciemment mes enfants en danger ! »

« Papa, Maman, vous ne voudriez pas vous disputer une autre fois ? On va être en retard là ! » Intervint Rose Weasley.

Du haut de ses huit ans, la petite fille avait mis ses poings sur ses hanches et attendait impatiemment que ses parents arrêtent enfin de se disputer. Elle n'était pas inquiète pour deux mornilles. C'était toujours pareil avec eux. Ils s'aimaient à la folie mais ils se disputaient pour un rien dès que l'occasion s'en présentait. A croire qu'ils ne savaient pas être heureux sans se taper dessus, comme disait Hugo, son petit frère. Cette fois, elle n'avait pas le temps de les laisser à leur diatribe. Il fallait absolument qu'elle soit à l'heure à sa kermesse. Son maître moldu avait bien insisté sur ce point.

Hugo et elle allaient dans une école primaire moldu. Hermione Weasley avait décidé que c'était le mieux s'ils voulaient que leurs enfants aient un minimum d'éducation et comprennent ce qu'étaient les moldus et la façon dont ils vivaient. Elle disait que c'était le premier pas vers la tolérance, pour éviter de perpétrer les erreurs d'autrefois. Rose n'avait pas très bien compris mais il lui semblait que ça avait un rapport avec la Guerre qui s'était déroulée des années auparavant.

De ce fait, ils participaient activement à tous les programmes de l'école, et Rose préparait un spectacle avec sa classe. Ils devaient être présents sur les lieux un peu avant 14h30 pour pouvoir répéter une dernière fois. Elle avait déjà enfilé son costume de fée, cousu magiquement par sa grand-mère, pour éviter qu'il ne craque au moindre mouvement. ça, bien sûr, Rose éviterait de le mentionner.

Elle n'avait parlé à personne de sa magie, comme le lui avaient demandé ses parents. Ils lui avaient expliqué en long, en large, et en travers la raison pour laquelle elle ne devait jamais en parler ou laisser échapper un peu de magie, par inadvertance. Un accident était vite arrivé mais elle faisait de son mieux pour se contrôler. Heureusement qu'elle n'était pas métamorphomage comme Teddy, son cousin. Lui n'aurait jamais pu aller à l'école moldue.

Au début, Rose avait un peu pleuré. Ses cousins n'y étaient pas tous allés, la plupart avaient eu un précepteur sorcier à la maison pour leur apprendre ce qu'il y avait de plus utile pour les préparer ensuite à Poudlard. Mais sa mère n'avait jamais cédé et son père avait fini par se ranger de son côté.

Oh ils avaient les moyens de lui payer un précepteur, mais personne ne pouvait rester à la maison pour les garder le reste du temps. Son père était pris par son travail d'auror et sa mère travaillait au département de justice magique du ministère. Deux emplois très prenants. Les deux enfants s'y étaient habitués, et profitaient de chaque moment passés avec eux.

Et puis aujourd'hui, la petite fille ne regrettait absolument pas d'être allée à l'école moldue. Elle avait des amies formidables, qu'elle ne reverrait sans doute pas beaucoup après, mais ça n'était pas grave. Pour l'instant, elle en profitait. Elle avait encore trois ans devant elle pour apprendre la vie avec les moldus. Bon, parfois, elle devait mentir un petit peu, et éviter de dire que la vaisselle ne se faisait pas avec une machine mais à la baguette, que ses parents transplanaient tous les matins pour l'amener à l'école ce qui réduisait nettement le temps de trajet. Mais on s'y faisait.

Et là, elle allait présenter un spectacle devant tout le monde. Ses parents et son petit frère seraient au premier rang. Ils allaient la regarder, l'observer, avoir les yeux rivés sur elle. Il fallait qu'elle soit à la hauteur. Ensuite, ils iraient jouer à des tas de jeux moldus, comme le chamboule-tout, acheter des pommes d'amour ou de la barbe-à-papa, et s'en gaver jusqu'à plus faim. Elle allait passer une journée formidable. Dès que ses parents voudraient bien monter dans la voiture.