Comme promis, la suite !
Je rage, au moment de sauvegarder mon ordi s'est éteint pour faire des mises à jours -"...
Bonne lecture !
Chapitre 22
Sasuke dévisagea un instant l'étrange jeune femme, complètement perdu.
- Tu t'es réveillé ! J'ai cru que tu ne reviendrais jamais parmi nous, bon sang tu m'a foutu une de ces frousses !
Il avait l'impression de ne pas réussir à réfléchir correctement, comme si son cerveau tournait au ralenti. La seule pensée qui lui semblait cohérente était "Je veux mon bébé". Miss Cheveux-Bleus sembla s'en rendre finalement compte, car il sentit un petit corps chaud être déposé sur son ventre. Elle lui sourit tendrement tout en installant délicatement le nouveau-né, et murmura :
- Tout s'est parfaitement bien passé. Toutes mes félicitations pour ce joli petit garçon.
Il était toujours perdu, trop de souvenirs contradictoires tourbillonnaient dans son esprit, mais la simple présence de ce petit être l'apaisait. Une image lui revint alors en tête, avec force. Celle d'un beau jeune homme, le regard horrifié et pourtant débordant d'amour, lui murmurant "J'aurais aimé qu'on l'appelle Enwe" juste avant que le véhicule ne tombe de la falaise. Comme en écho, le brun chuchota tendrement :
- Enwe..
Il ne savait pas si ces images étaient celles d'un rêve, ou plutôt d'un cauchemar, ou un souvenir. Il sentit le sommeil l'emporter de nouveau, et se laissa aller avec un soupir. Il avait dû se prendre un coup sur la tête, ce qui expliquerait ses idées confuses.
Lorsqu'il se réveilla à nouveau, il était là. Ce beau jeune homme aux cheveux comme des rayons de soleil encadrant le ciel de ses yeux. Ce beau jeune homme pour qui son coeur s'emballa en un instant. Il portait son enfant et lui donnait le biberon, son regard tendre ancré sur le visage du bébé. Sasuke tenta péniblement de se redresser. Il voulait, il devait faire le tri dans ses pensées et tout ce fatras d'émotions. Fatras d'émotions qui comprenait principalement de l'amour, de l'amour, et encore de l'amour. A l'égard de cet homme, et de ce bébé. Une pensée survint, imposante : Un homme ne pouvait être enceinte. Alors que faisait-il là, allongé ? Où était la mère ?
La jeune femme aux cheveux bleus réapparu comme en réponse. Sasuke ne comprenait pas ce qu'elle disait à l'homme blond, son esprit semblait embrumé. Il était loin, très loin de cette pièce, et pourtant son instinct lui hurlait de s'accrocher, de comprendre. Mais comprendre quoi ? Il ne savait même pas quel était son nom ! Ce qui lui semblait être des souvenirs lui disaient Sasuke, Ludovic, Iah ou encore Zuko, il se voyait simple lycéen, tueur au sang froid, ou prince magicien. Il se voyait humain puis vampire. Qui était-il ? Il sentait qu'on l'appelait, on le secouait, mais il ne voulait pas revenir dans cette espèce de chambre où tout lui était étranger. Il voulait qu'on le laisse partir, il voulait...? Il ne comprenait même plus l'origine de ses désirs, pourquoi est-ce qu'il souhaitait si ardemment être avec ce Naruto ? Et qui était cet Arthur ? Était-il donc si volage pour que divers noms lui viennent à l'esprit ?
Brutalement, une voix couvrit tout, et il n'y eu plus rien, plus d'incertitudes. Une douce chaleur se répandit en lui, et toutes les pièces du puzzle s'imbriquèrent les unes dans les autres. Il rouvrit brutalement les yeux, haletant, choqué par les informations qu'il était forcé d'assimiler. La jeune femme était toujours là, souriant avec bienveillance.
- Es-tu prêt à m'écouter ?
Sasuke hocha faiblement la tête en réponse.
- Bien. Peux-tu me dire ce que tu as vu ?
Il hésita un instant.
- Je.. On aurait dit des souvenirs, mais qui ne correspondaient pas. Et après, j'étais dans le néant total, tout ce qu'il y avait, c'était six... Six sortes de boules, un peu comme une représentation du système solaire, mais avec les planètes en file indienne et qui formeraient un cercle. J'étais au milieu de ce cercle, et il y avait une sorte de Soleil, une boule plus grosse et super lumineuse, et juste à côté on aurait dit la Terre et la Lune, et à chaque fois, chaque boule ne devait sa forme qu'à un enchevêtrement de fils lumineux. Toutes les "planètes" étaient reliées entre elles par ces fils, et quand j'en ai touché un sur la plus grosse boule, j'ai vu...
Il inspira profondément, sa voix tremblant sous l'effet de l'incertitude.
- J'ai vu Enwe qui pleurait. C'est ça qui m'a réveillé.
Miss Cheveux-Bleus avait l'air quelque peu surprise, mais elle se reprit rapidement.
- Tout ce que tu as vu étaient bel et bien des souvenirs. Pour ton "système solaire", cela va m'aider dans mes explications. Nous sommes actuellement dans ce que tu as qualifié de Soleil. Chaque "planète" que tu as vu est un monde différent. Il existe cinq mondes au total. Lorsqu'une personne meurt, son âme passe au monde suivant, et ainsi de suite. Lorsque l'on meurt dans le cinquième monde, l'âme ne disparait pas. Elle vient dans un sixième monde, où, à ses dix-huit ans, tous ses souvenirs de toutes ses précédentes vies lui reviennent. Ton Soleil est ce sixième monde. J'ai entendu beaucoup de gens le qualifier de Paradis. C'est un endroit où il ne peut rien d'arriver de mal. Tu ne peut être réellement blessé, les maladies existent mais ne sont jamais graves ni longues, et l'on ne peut mourir avant l'heure. Bien sur, il y a des deuils. L'âme des gens ne s'arrête jamais ici, c'est une sorte de pause, un endroit où être heureux, avant que le cycle ne recommence.
- Mais... Ça veut dire qu'il y a un nombre limité de personnes, que tout est déjà joué d'avance ?
La femme sourit calmement.
- Non, pas exactement. Ton fils, Enwe, est une nouvelle vie par exemple, il n'a jamais vécu avant. Lorsque tu es né la première fois, une nouvelle vie était créée, mais chaque fois que tu es né dans les mondes suivants, il s'agissait toujours d'une même vie, la tienne. Tu vois ce que je veux dire ?
- Je crois.., répondit-il prudemment.
- Ensuite, tout n'est pas joué d'avance. De manière générale, les même événements se répètent. J'ai entendu parler d'un dénommé Hitler : il créera toujours les camps de concentrations, et sera toujours responsables de millions de morts, peu importe le nombre de fois que tu vivras dans ce monde. Ce qui change, par contre, ce sont les réactions de certaines personnes. Dans une vie, une personne n'osera rien dire, mais peut-être que dans la suivante, elle s'engagera dans la Résistance, ou deviendra un collaborateur. Des détails peuvent changer, mais la généralité est effectivement déjà jouée. Toi et le petit blond, vous êtes morts jeunes dans le dernier monde. Peut-être que la prochaine fois, ça changera, et peut-être pas.
- Ouais, donc grosso modo tout est joué d'avance quand même... C'est glauque. Mais si une personne ne nait pas dans un monde, son âme elle va où ? Elle saute un monde, elle disparaît, elle revient ici ? Parce que si pour une raison quelconque, Hitler ne naissait pas, il n'y aurait plus de Seconde Guerre Mondiale !
- Les dates peuvent changer, mais ce genre d'évènement ne change que très très rarement. Si une personne n'est pas censée exister dans un monde, son âme est comme mise en veille, en attendant d'aller dans le suivant.
- Et si elle n'existe plus du tout ?
- C'est extrêmement rare.
- Mais ça arrive. Si Orochimaru ne m'avait pas bidouillé, Enwe ne serait jamais né. Deux hommes ne peuvent pas avoir d'enfant normalement. Que deviendra t-il dans les autres mondes ?
- Ton corps a été changé, et ce irrémédiablement. Dans toutes tes vies futures, tu porteras Enwe en ton ventre. Si une vie venait à être définitivement supprimée de tous les mondes, alors son âme se souvient de chacune de ses vies, et elle est libéré.
- Libéré où ?
Elle soupira, et répondit patiemment :
- Il y a longtemps, une vie a été créé, et s'est avéré être l'âme soeur de ma mère. Le passé a été ainsi changé, ma mère n'a plus jamais regardé mon père, qu'elle avait épousé par défaut, et ce peu importe le nombre de fois où l'Histoire se répétait, ce qui fait que je ne suis plus jamais née. Mon âme a été libéré, et me voici, ici. Je suis immortelle, je ne suis pas supposée exister, alors je me suis appropriée ce monde, dont je suis en quelque sorte la Déesse. J'aide les gens, je leur explique ce qu'est cet univers, et je profite de ma mère chaque fois qu'elle passe ici. Lorsqu'une âme est libérée, elle revient à son monde d'origine, et y fait ce qu'il lui plait, pour l'éternité.
- Oh. Alors... Ce ne sont bel et bien que des souvenirs ? De toutes mes vies passées ?
Elle comprenait son hésitation. Il avait été vampire, maître du feu et humain, et n'était encore jamais passé par ce monde. C'était plus facile après. Les gens se souvenaient de tout, y compris de leur premier passage par ce monde où elle leur avait tout expliqué, exactement comme elle venait de le faire avec ce jeune brun. Ce qu'elle s'était bien gardé de lui dire, c'était que lorsqu'une âme était libérée, elle n'était plus limitée par son enveloppe physique. En clair, elle pouvait faire un peu ce qu'elle voulait niveau magie, chaque âme ayant tout de même des affinités particulières avec telle ou telle élément. Elle avait permis à ce minuscule être humain de sortir du ventre de son père sans encombre, et elle avait achevé les modifications entamées pour lui permettre de mettre au monde son fils sans aide à l'avenir. Si elle n'avait pas été là, il en serait certainement mort...
Le jeune homme soupira, et se frotta les yeux.
- C'est un peu dur à digérer d'un coup, mais passons. Où sont Enwe et Arthur ?
Elle se dirigea vers l'autre bout de la pièce où elle prit délicatement le petit poupon qu'elle déposa dans ses bras. Le regard de Sasuke s'illumina d'amour. Il se rappelait tout maintenant, y compris ses dix-huit premières années dans ce monde et sa grossesse. La jeune femme quitta silencieusement la pièce, et Naruto entra juste après.
- Salut, dit-il timidement.
Le brun leva vers lui des yeux brillants d'émerveillement.
- Je me rappelle. De tout !
Naruto éclata d'un rire soulagé et l'embrassa fougueusement, le retenant d'un bras pour lui éviter de basculer avec leurs fils dans les bras.
- Donc tu te rappelle que je t'aime, et que notre fils s'appelle Enwe, demanda t-il en insistant sur le "notre".
- Je me rappelle effectivement que je t'aime, et que grâce à Orochimaru, on est parents, murmura Sasuke en réponse tout contre les lèvres du blond.
Quelques jours plus tard, Ludovic était de retour dans la maisonnette qu'il partageait avec Arthur, et dorénavant avec leur fils également. Il avait les yeux bleus de son père, juste un tout petit peu plus sombre, et avait la fâcheuse manie de se réveiller au moins trois fois dans la nuit en hurlant de manière à ce que même les voisins soit au courant que "Enwe s'était réveillé et avait faim !".
- Alors, comment va mon petit-fils préféré ?
Minato venait tout juste d'arriver avec son épouse. Naruto n'aurait jamais soupçonné que ses parents puissent être aussi gaga de leur unique petit-enfant, ils étaient carrément collant, venant tous les jours. Il leva les yeux au ciel, bien que son soupir démente son exaspération prétendue :
- Il ne peut être que ton préféré, puisque c'est le seul.
Ludovic apparut dans l'entrée, un biberon à moitié vide dans une main et une lueur triomphante dans les yeux :
- Il dort enfin ! Bonjour, dit-il en les embrassant, désolé, je le couchais, il n'a presque pas dormi de la nuit.
- Et nous non plus, jugea utile de préciser Naruto.
Kushina rit le plus silencieusement possible.
- Les joies de la maternité, fiston ! Tu verras, quand il louchera sur les décolletés des filles et rentrera à quatre heures du matin, tu regretteras le moment où tu devais lui changer sa couche en priant pour qu'il ne se décide pas à faire pipi pile à ce moment là.
Sasuke fit une moue dégoutée.
- Parle pas de malheur, il ne nous as pas encore fait ce coup là, et j'espère bien qu'il ne nous le fera pas !
La sonnerie retentit, et Naruto ouvrit aussitôt la porte d'entrée. Itachi et son compagnon Shisui, ainsi que les parents du premier se tenait sur le perron.
- Coucou, invasion surprise ! s'écria Itachi.
- Chuuuut, Enwe dort ! le gronda son frère.
- Oh, Minato et Kushina sont là aussi ! Comment vous allez ? s'exclama Mikoto en embrassant Naruto.
- Super, on était venu voir notre petit-fils préféré mais il dort.
- Votre petit-fils préféré, votre petit-fils préféré, n'oubliez pas que c'est d'abord mon neveu préféré ! lança Shisui.
Toute la joyeuse bande entra dans la maison en plaisantant et s'échangeant des nouvelles, le sujet centrale étant : Enwe, Enwe, et encore Enwe.
Naruto laissa un sourire amusé se dessiner sur ses lèvres, et croisa le regard mi-amusé mi-exaspéré de son amant. Ce dernier, en entendant un éternel "petit-fils/neveu préféré" leva les yeux au ciel et soupira :
- Ce gosse va être pourri gâté, une horreur.
- Mais c'est parce qu'on l'aime !
Voilà, c'est la fin ! Je suis désolée, ce chapitre est un peu court ^^"
