Cet OS a été écrit dans le cadre des Nuits du FOF. Le thème était « oreiller ». Pour la petite histoire parce qu'elle m'a fait rire, à l'instant où je l'ai tiré, il était tard et je rêvais justement de bientôt aller au lit… Drôle de coïncidence !

Injustice

« C'est bientôt mon anniversaire. » S'enorgueillit Dudley Dursley, du haut de ses dix ans bientôt révolus.

« Ça veut dire que tu auras encore une montagne de cadeaux ? » S'enthousiasma son ami Malcolm.

« Et que tu en feras profiter à tes vieux potes, n'est-ce pas ? Tu as demandé un nouveau vélo, comme on en avait parlé ? » Demanda Piers Polkiss.

Dudley regarda son meilleur ami, son bras droit, et acquiesça.

« Et un avion radio-commandé. Sans parler de la télé qu'ils doivent me changer. Et des jeux vidéo. Cette année, je devrais avoir trente-neuf cadeaux. Il y aura forcément quelques surprises. » Ajouta-t-il en haussant des épaules.

La qualité n'avait pas toujours de l'importance. Ce qui comptait, c'était la quantité. Et l'argent que ses parents étaient prêts à dépenser pour lui. Pour céder à ses caprices. Pour lui donner ce dont il rêvait, même si ça n'était que cinq minutes. Pour lui montrer qu'ils l'aimaient, et qu'il était le seul pour lequel ils éprouvaient autant d'affection. Même s'il devait avouer que voir sa mère étaler ses sentiments en public commençait à le gêner.

Ça n'était pas de cette façon qu'il allait devenir un homme. Il avait besoin d'être pris pour ce qu'il était : un dur à cuire. Il n'avait pas besoin que sa mère le chouchoute en public, même s'il était important que tout le monde sache qu'elle était très fière de lui. Tout comme son père. Son modèle. Il allait bientôt aller dans le même collège que lui. Faire de grandes études. Suivre sa voie. Devenir un homme. Un vrai.

Il voulait être un de ces hommes que l'on craignait. Qui marchait sur les pieds des autres avant qu'on n'en fasse de même avec eux. Un homme qui avait de l'influence, du pouvoir. Comme son père, qui prenait de si grandes décisions dans son entreprise de perceuses. Lui était un véritable homme, comme celui qu'il devait devenir. Pour l'instant, Dudley s'estimait en bonne voie. Il était déjà respecté voire adulé de tous les enfants de l'école primaire. Certains tremblaient en le voyant. Il ressentait à chaque fois quelques frissons de plaisir quand il s'en rendait compte. Il fallait qu'il trouve le moyen de poursuivre son œuvre au collège Smeltings.

« L'anniversaire de ton cousin, ça n'est pas dans un mois ? » Demanda tout à coup Gordon.

Les autres se tassèrent un peu et reculèrent d'un pas. Dudley, sorti de ses pensées de la plus haute importance, se retourna et le fixa de ses petits yeux.

« En quoi est-ce que ça peut t'intéresser ? Est-ce que tu aurais envie de lui souffler une bougie, peut-être ? A cette vermine qui ne mérite même pas d'être dans ma maison ? » Susurra-t-il.

« Ab… Absolument pas. » Bégaya son prétendu ami. « Je me demandais simplement si tes parents allaient daigner lui offrir quelque chose ou pas, à ce minable. » Se reprit-il en prenant un ton suffisant.

« Oh. Je ne pense pas. Il n'en aurait aucune utilité. Je crois que l'année dernière, il avait reçu une bricole, peut-être… Pour meubler un peu son placard. »

« Son placard ? »

« Oui, enfin, je veux dire sa chambre quoi. Minuscule. On lui a donné la plus petite de la maison. Il n'allait quand même pas avoir droit aux mêmes prestations que moi. » Se rattrapa Dudley.

Ses amis ne savaient pas où Harry logeait. Si ses parents apprenaient qu'il n'avait pas pu tenir sa langue, ils risquaient fortement de le punir. Bien sûr, il pourrait toujours pleurer un peu, faire un caprice, et sa mère cèderait aussitôt mais ce serait tout de même fâcheux. Surtout si cela venait à s'apprendre. Son père lui avait appris que si eux trouvaient ça normal de lui laisser la place qu'il méritait, certains enquiquineurs ne seraient pas de cet avis. Et pourraient même avoir l'idée stupide de les envoyer en prison pour avoir remis le môme en place. Dudley devait absolument tenir sa langue.

« Je pense que cette année, mes parents lui offriront… un oreiller, sans doute. Je crois qu'il en voulait un. Il aura au moins quelque chose d'utile, comme ça. Qu'il ne se plaigne pas. » Conclut-il.

« Bonne idée. C'est même trop. » Approuva Piers.

« Bon, et si on allait rappeler à ce cher Mattew qu'il a oublié de me saluer la dernière fois qu'on s'est croisés ? » Changea de sujet Dudley.

Ses acolytes hochèrent vigoureusement de la tête. Il avait réussi à les faire changer de sujet. Ça n'était pas bien difficile, avec eux. Ils marchèrent donc d'un pas décidé vers leur prochaine victime. Un programme réjouissant les attendait. Bien plus intéressant que son débile de cousin.