Cet OS a été écrit dans le cadre des Nuits du FOF. Le thème était « sensualité ».
Les femmes comme ça...
Il y avait les femmes à la beauté sensuelle, envoûtante. Celles qui marchent comme si le monde était à leurs pieds. Et pour certaines, il l'est. Celles qui savent qu'elles plaisent, en un seul regard. Celles qui peuvent avoir n'importe quel homme à genoux devant elle. Fleur Delacour faisait partie de ces femmes-là. Celles qui ont un pouvoir magnétique. Dans le cas présent, les origines de la jeune femme n'y étaient pas pour rien, mais elles savaient les mettre en avant à la perfection.
Il y a les femmes au charme fou. Les femmes qui ne se rendent pas compte qu'elles sont belles, jusqu'au jour où en se mettant en valeur, le monde s'écroule à leurs escarpins. Les femmes qui n'ont pas confiance en elles quand leur chute de reins fait se tourner les hommes sur le passage. Les femmes aveugles. Hermione Granger en faisait partie. Incapable de se sentir belle avant que Viktor Krum puis Ron ne posent les yeux sur elle. Incapable de se regarder fièrement dans un miroir avant le jour où elle avait descendu les marches pour aller au Bal de quatrième année.
Il y a les femmes étranges. Celles que l'on n'arrive à saisir que du bout des doigts. Celles qui nous échappent. Celles qui se fichent des modes, des conventions, des règles, des impertinences. Celles dont la bulle est tellement éloignée de la nôtre qu'on voudrait la percer pour les ramener à nous. Les femmes dans le regard desquelles on voit le monde entier. Luna Lovegood faisait partie de ces femmes. Elle était absente, éthérée, lunatique. Elle était ce qu'elle voulait être et personne d'autre. Elle ne s'était jamais fait avoir par les règles de la société, par les contraintes, par les bonnes manières.
Enfin, il y a les femmes ordinaires. Celles qui ne voient que la vérité en face de leur miroir. Celles qui ne se cachent pas la face. Celles qui n'ont aucune illusion, aucun espoir. Celles qui savent que l'avenir est déjà joué et que le destin n'est plus entre leurs mains. Celles qui observent les mains souvent calleuses, les genoux parfois noueux, les lèvres sèches, les cheveux rebelles. Celles qui sont conscientes autant de leurs défauts que de leurs qualités. Celles qui n'attendent rien des hommes et ne leur demandent aucun compliment. Hannah Abbot faisait partie de ces femmes.
Depuis la mort de sa mère pendant la Guerre, son regard s'était éteint. Plus rien ne parvenait à ramener un semblant de sourire sur sa figure. Quand elle se regardait dans la glace, elle accusait les cernes sous ses yeux, les larmes qui dévalaient ses joues et mangeaient son visage, la flamme qui avait disparu de son regard, les ongles qu'elle avait rongés jusqu'au sang. Pourtant, elle avait repris sa vie, elle avait surmonté cette épreuve. Elle n'avait pas besoin d'être jolie pour être heureuse. Elle n'avait pas besoin d'attirer les regards pour se sentir comblée. Elle n'attendait aucun compliment, de la part de personne.
C'était quelque part ce qui avait plu à Neville. Il s'était rendu compte qu'elle n'était pas comme les autres. Elle n'avait pas besoin de son regard pour se sentir existé mais elle ne le mettait pas non plus à l'écart de son univers. Elle n'avait pas besoin de lui mais elle n'était pas non plus indifférente à sa présence. Elle n'attendait aucun compliment et ne ferait aucun commentaire s'ils étaient mal tournés, mais elle serait quand même contente d'en recevoir, si tant était qu'ils soient sincères.
Oui, Neville Londubat avait aimé cette simplicité. Loin de l'affriolante Fleur, loin de la touchante Hermione ou de l'énigmatique Luna. Hannah Abbot était simple. Elle était entière, vraie, réaliste. C'était ce qui avait fini par le séduire totalement.
