Cet OS a été écrit dans le cadre des Nuits du FOF. Le thème était "impulsion".


Impulsion

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Ça l'avait pris comme ça. Teddy ne savait pas trop pourquoi et maintenant, il s'en sentait tout gêné. Sa rentrée commençait le lendemain, à la faculté de médicomagie de Glasgow, et malgré sa terreur vis-à-vis des transplanages et le peu de temps qu'il lui restait pour rassembler ses affaires, il avait décidé de prendre le temps d'accompagner ses cousins à la gare King Cross.

Ça allait être la première année de plusieurs d'entre eux et ils seraient ainsi neuf à Poudlard. Autant dire une bonne tripotée. Il voyait Albus qui discutait avec son père, se demandant sans doute dans quelle maison il serait envoyé, et si ses parents pourraient lui envoyer une lettre de temps en temps.

Il aimait bien ce petit bonhomme. Il l'avait vu grandir au fil des années, étant arrivé dans la famille de son parrain Harry alors que son cousin avait à peine deux ans. Celui-ci l'avait tout de suite considéré comme son grand frère. Même s'il avait été peu présent à cause de ses études à Poudlard, le petit garçon venait souvent dans sa chambre pour lui poser des questions, ou simplement profiter de sa présence. Il fallait dire aussi qu'avec un grand frère comme James, la vie n'était pas de tout repos, et il ne devait pas se sentir tellement en sécurité. L'autre était quand même un sacré diable.

Teddy savait également que Rose et Louis allaient eux aussi faire leur première rentrée à Poudlard, après l'avoir tant attendu. Ça allait être difficile pour Oncle Ron et Tante Hermione de voir leur progéniture partir. Surtout pour Oncle Ron. Le jeune homme riait déjà à imaginer les conseils qu'il devait faire à sa fille. Oncle Bill et Tante Fleur devaient être un peu moins inquiets, après tout, leurs deux filles y étaient déjà, le petit Louis ne ferait que les rejoindre. Il n'avait pas pensé à le taquiner, d'ailleurs, mais il n'allait peut-être pas commencer tout de suite, sinon, il pouvait être sûr qu'on l'étriperait.

De toute façon, il n'était pas vraiment venu pour ça. Non. Il ne savait même pas bien pourquoi il était venu. Ou il le savait trop bien. Il n'y avait pas tellement de doutes. Ça n'était pas pour rien qu'il avait enfilé cette veste sur laquelle Victoire lui avait déjà fait un compliment, qu'il avait tenté, sans succès, de coiffer un peu mieux ses mèches rebelles, et qu'il s'était même parfumé. Mû par une impulsion, il avait décidé au dernier moment qu'il accompagnerait tout ce petit monde à la gare pour leur grand départ. Et s'il avait réussi à articuler sans bafouiller que c'était pour aider à tenir les petits, son parrain avait eu ce sourire en coin qui le faisait douter de l'efficacité de son mensonge.

A présent qu'il était là, il se sentait un peu pataud. Il fouilla des yeux la foule. Il y avait un sacré monde quand même, et ça allait lui faire un pincement au cœur de ne pas les accompagner dans ce château qu'il avait adoré. Soudain, ses yeux attrapèrent au vol un éclat doré. Sa chevelure. Celle de Victoire.

C'était cet été que tout avait changé. Ou un an plus tôt. Deux ? il ne savait pas. il ne savait pas depuis quand ça avait commencé à changer. Il ne savait plus. Tout ce qu'il savait, c'est que c'était maintenant que c'était devenu une évidence. Un besoin. il fallait qu'il le lui dise. C'était obligé. Elle ne pouvait pas partir sans savoir, il ne pouvait pas la laisser partir sans savoir. et si elle rencontrait quelqu'un là-bas ? Elle avait du succès, il l'avait bien vu, il ne pouvait pas se permettre de la perdre. Il ne le supporterait pas. elle était tout ce qu'il avait.

Mû par cette même impulsion qui le caractérisait depuis quelques heures et dans laquelle il ne se reconnaissait pas, il s'avança, fendit la foule, la trouva.

« Eh Teddy, que fais-tu là ? » s'exclama-t-elle.

Son sourire lui transperça le cœur et comme un idiot, il se retrouva muet. Quand il reprit enfin ses esprits, il faillit se fouetter tant il fut maladroit et bégayant :

« Je…j'étais venu pour te voir. »

C'était sorti. C'était dit. il ne pouvait plus revenir en arrière. Et bizarrement, ça le soulagea d'avoir dit la vérité.