Salut à toutes et à tous. J'espère que le chapitre 7 vous a plu et que la reprise n'est pas trop difficile. Je commence donc par les RAR:

Pinkly: Merci beaucoup à toi d'avoir été là et d'y être encore aujourd'hui, ton commentaire me fait chaud au coeur. Je sais que mon style a changé, c'est dommage je trouve mais j'espère que ça n'enlèvera rien à l'histoire. Merci d'être là. Je suis bien d'accord avec toi concernant les Severus Rogue cyniques! Moi je les aime comme ça: irritants, dérangeants et horriblement sarcastiques! J'espère te lire bientôt. Bisous.^^

Mirliton: Comme je suis contente de retrouver un des fameux membres de la dream team! ;) Merci de continuer à me suivre!^^ Oui Severus et son humanisme, Dumbledore l'a parfaitement souligné avec son "vous lui avez offert un ... "travail""... J'aime bien ce vieux barjo. Et comme j'ai prévu de pousser au paroxysme les traits de caractère de chaque personnage que j'utiliserais, j'espère que tu ne seras pas déçue. Ils ne vont pas rester en huis clos très longtemps rassure-toi. Des gens vont venir et ils vont sortir également^^... mais je n'en dis pas plus pour l'instant si ce n'est qu'il y aura de la magie, de la blondeur et de la perversion (de ma part ;) dans l'air! A tout bientôt j'espère. Zoubiiiis.

Devines qui c'est: Ben ça alors... j'ai du mal à dire vrai... je sais pas vraiment... je pencherais peut être pour une jeune fille un peu blonde, un peu folle, un peu rêveuse, un peu nadorable... non j'vois pas! ;)

Bonne lecture à toutes!

Chapitre 8 : Ambivalence

Il jauge la fille un instant.

- Tu finiras plus tard. Occupe-toi du salon !

Il la voit lancer un regard inquiet en direction de l'elfe. Elle a compris. Avant qu'il n'ait le loisir de réitérer son injonction, elle quitte la pièce et les laisse seuls.

Ses yeux se braquent aussitôt sur la petite créature qui, tête baissée, tort nerveusement ses grandes mains noueuses face à lui.

- Zini demande pardon au Maître Monsieur : elle n'a pas rempli son devoir durant trois jours. Zini voulait se punir Monsieur mais le Maître lui a ordonnée de venir le voir dès que Zini serait en état, alors Zini se mettra la tête dans le four plus tard…

- Zini ! la coupe-t-il.

Merlin que le babillage incessant des elfes de maison est insupportable ! Elle sursaute et ses oreilles s'affaissent. Elle semble attendre la sentence.

- Tu n'auras pas à mettre ta tête dans le four ni où que ce soit d'autre… si tu me dis comment tu t'es retrouvée dans un tel état.

Les yeux globuleux fuient alors qu'elle recommence à triturer ses doigts maigrelets. Un gémissement s'échappe de sa gorge. Pourquoi parait-elle à ce point embarrassée ? Aurait-elle peur de ce que sa nouvelle concurrente pourrait lui faire endurer si elle parle ?

- Si tu gardes le silence, je l'allumerai moi-même et je m'assurerai que tu ne puisses pas en sortir, crache-t-il en songeant qu'à bien des égards elle lui rappelle sa nouvelle domestique.

Il ne se rappelle pas avoir déjà été si acerbe avec elle. En règle générale, il garde son fiel pour les élèves de Poudlard et ses incompétents de subordonnés. Il ne comprend pas pourquoi depuis son arrivée, il se sent si irritable. Elle semble chercher désespérément un endroit où se réfugier. Dumbledore l'avait prévenu qu'elle était d'une émotivité rare (sans doute avait-il voulu lui apprendre à maîtriser ses aigreurs en lui collant une pleureuse entre les pattes), mais là… il se pince l'arête du nez en poussant un long soupir. Devoir verser dans la psychologie de bas étage avec un elfe de maison…

- Je sais que ton absence, aussi longue fut-elle, ne t'est pas imputable, reprend-t-il en essayant tant bien que mal de poser sa voix. La seule ici à mériter une punition est cette peste.

Ses oreilles de chauve-souris géante se redressent instantanément… il avait presque oublié qu'elle était bipolaire.

- Oh non Monsieur, le coupe-t-elle avec une moue désapprobatrice. La jeune demoiselle ne l'a pas fait exprès. Elle l'a expliqué à Zini Monsieur. Elle s'est bien occupée d'elle quand elle était blessée. La jeune demoiselle s'en voulait tellement. La pauvre a présenté ses excuses à Zini cent fois au moins.

Elle qui semblait terrifiée à la simple idée de poser ses yeux sur lui a soudainement recouvré l'usage de la parole avec un tel débit qu'il a du mal à la suivre. Néanmoins…

- La jeune demoiselle a pleuré pour Zini Monsieur ! Personne n'avait jamais pleuré pour Zini…

Impensable ! En seulement cinq jours, cette fille odieuse a réussi à s'en faire une alliée. Elle… il se rappelle encore son attitude nonchalante lorsqu'il a découvert l'elfe dans son lit, le détachement méprisant de sa remarque… essaye-t-elle de monter l'elfe contre son Maître ou bien est-elle sincère dans sa démarche ?

- Zini s'en veut terriblement que la jeune demoiselle se soit faite prendre à voler dans le laboratoire du Maître ! Tout ça pour soigner la blessure de Zini…

Elle semble carrément en avoir oublié que c'est cette peste qui lui a infligée les blessures qui l'ont faite agoniser trois jours durant.

- … Elle n'aurait jamais dû faire une chose aussi grave pour Zini. Zini n'est qu'une elfe de maison.

- Il y a trois jours encore tu la qualifiais de crasseuse et répugnante ! Aujourd'hui c'est… « la jeune demoiselle » ?

Il sent une grimace de dégoût déformer sa lèvre alors qu'il prononce la sordide appellation.

- Oh mais elle ne l'est plus Monsieur ! Zini a fait comme le Maître l'a dit, elle a fait en sorte que la jeune demoiselle ne soit plus ni sale ni repoussante… Le Maître le sait !

Maudite elfe !

Cette petite impertinente a avancé ses pions bien plus vite qu'il ne l'aurait pensé. Il n'aurait jamais imaginé un tel revirement de 1a part de Zini, surtout après le traitement qu'elle a dû lui faire endurer. Merlin sait qu'il a dû en falloir pour clouer sur place un être de cette puissance magique… Versatile créature !

- Elle t'a presque tuée, surenchérit-il en prenant garde de ne pas élever la voix.

- Elle dormait quand le grand cercle rouge a projeté Zini. Oh, Zini a eu peur Monsieur ! Elle a d'abord cru que la jeune demoiselle voulait lui faire regretter les vilaines paroles que Zini avait eues à son encontre quand elle est arrivée à la maison. Mais quand elle s'est réveillée, la jeune demoiselle lui a tout expliqué. Zini sait qu'elle ne contrôle pas cette chose, c'est pour ça que sa mère…

C'est comme si la foudre venait de le frapper. Il se redresse lentement dans son fauteuil et dévisage l'elfe qui vient de porter ses mains à sa bouche, l'air horrifié.

- Parle ! intime-t-il d'un ton dur. C'est pour ça que sa mère…

- Zini n'aurait pas dû Monsieur. Zini ne doit pas ! Elle a fait une promesse.

- Une promesse plus importante que le devoir de servir ton Maître ?

Sa voix est basse, menaçante. Il la voit frémir. Elle semble tiraillée entre la parole qu'elle a donnée et son honneur d'elfe de maison. Elle doit parler… il ne peut pas prendre le risque de regarder dans sa tête ce qui s'est passé. La légilimencie laisse des traces dans l'esprit contre lequel elle s'exerce et cette elfe appartient à Dumbledore… Elle relève d'un mouvement franc son faciès vers lui, une lueur déterminée dans le regard. Il sait qu'elle a pris sa décision…

- Zini ne parlera pas Monsieur ! Punissez-la tant qu'il vous plaira mais Zini ne trahira pas sa parole !

Evidemment, avec les aspirations révolutionnaires de l'elfe fou que Dumbledore a soutiré aux Malefoy pour l'« employer »… où va le monde… il n'y a rien d'étonnant à ce qu'elle ait été contaminée par cette vague de démence… Sans compter qu'entre un Maître dur et exigent et une niaise qui pleure à son chevet, son choix était prévisible.

Il sent la colère l'envahir. Il était si près de l'avoir… Il sait qu'il n'en saura pas davantage. Les elfes ne sont pas créatures à parler sous la menace, ils y sont trop habitués. Néanmoins, de nature bavarde, il sait que d'autres occasions se présenteront.

- Tu l'as déjà fait, dit-il méchamment en observant le visage hideux se décomposer.

Une brèche s'est ouverte, elle ne conservera pas son avance bien longtemps. Ce n'est qu'une question de temps.

oOoOoOoOo

Les heures qui suivent mettent sa patience à rude épreuve : il a corrigé la moitié de sa pile de copies mais…entre les inepties qu'il lit et les pensées qui affluent dans son esprit sans qu'il puisse les en empêcher, il sait d'avance qui devra repasser sur chacun des parchemins. Quelle perte de temps !

Cette fille s'annonce plus maligne que dans ses espérances et s'il n'avait pas ce besoin viscéral de lui rabattre son caquet chaque fois qu'elle ouvre la bouche, il doit s'avouer curieux du potentiel qui serait le sien s'il la prenait en mains. Lorsqu'il l'a ramenée chez lui, il pensait s'en amuser, l'utiliser pour passer le temps… il a toujours ressenti quelque chose de très particulier chez cette gamine mais… il commence à entrevoir qu'il est peut-être loin du compte. Il est maintenant persuadé que son esprit a bien plus à offrir.

Oui il la déteste, évidemment il vomit ses manières, sa façon de parler, sa simple démarche fait naître en lui l'irrépressible envie de la remettre à sa place sans cérémonie. Pourtant… il ne peut s'empêcher de penser que tout ceci représente un monstrueux gâchis. A l'évidence, cette petite pimbèche regorge de capacités tant sur le plan magique que cérébral, qui ne demandent qu'à être exploitées.

Tss… Doter une telle énergumène de tant de prédispositions est un crime. Il ne saurait même pas dire s'il trouve injuste ou simplement normal que la vie l'ait privée de toute alternative de nature à les développer.

Cette ambivalence chez lui l'agace au dernier point. Il n'a pas pour habitude de se soucier des gens qui l'entourent de près ou de loin et lorsque par la force des choses il est amené à se lier d'une quelconque manière avec quelqu'un, aucune interrogation de cette nature ne s'impose à lui. Alors pourquoi ? … C'est tout de même un comble que pour une fois qu'il trouve un attrait à quelqu'un, il soit incapable de se décider sur la façon dont il va l'appréhender, sur quel aspect se focaliser.

Merlin qu'elle est dérangeante ! Qu'il peut se détester… qu'il peut LA détester ! Ça lui donne envie de la bousculer, physiquement et psychologiquement. A défaut de le fixer sur ce qu'il va en faire, ça aura au moins le mérite de le soulager. Et à propos de bousculer… cette histoire qu'a laissée échapper Zini est à creuser ! Si les conclusions, peut-être prématurées, qu'il en a tirées sont les bonnes, il aura entre les mains une arme supplémentaire. Du reste… il dispose de l'aptitude parfaite qui lui permettra d'être renseigné… en temps voulu… oui, il va prendre son temps. Cette pression qui l'étreint depuis qu'elle vit chez lui n'a pas lieu d'être. Pas de son côté à lui en tout cas.

- Zini !

Pour lors, il a besoin de s'aérer l'esprit, se changer les idées, s'il veut parvenir à terminer la masse de travail qu'il s'est fixé d'ici demain.

- Le professeur Rogue a demandé Zini Monsieur ?

- Où est-elle ? interroge-t-il d'une voix neutre.

- Le Maître veut sans doute parler de la jeune demoiselle…

S'il ne connaissait pas l'elfe et compte tenu des circonstances, il pourrait croire qu'elle le provoque.

- … elle est dans sa chambre Monsieur. Elle est montée se mettre au lit il n'y a pas cinq minutes.

- Se mettre au lit…, répète-t-il en haussant un sourcil, ébahi par la stupidité de cette fille.

- Il est déjà minuit passé, reprend l'elfe à qui rien n'échappe… malheureusement. Nous avons terminé toutes les tâches ménagères pour la journée.

- Vous avez terminé les… rappelle-moi l'intérêt d'avoir une servante chez soi.

- C'est de pouvoir être servi à toute heure Monsieur, dit-elle humblement en faisant une légère révérence.

- Depuis combien de temps est tu attachée à mon service ?

- Cela va bientôt faire deux ans Monsieur.

- En deux ans, combien de fois t'es-tu permis de ne pas te présenter devant moi quand j'ai fait appel à toi ?

- … Jamais Maître, répond la petite créature, ses oreilles s'affaissant légèrement. Mais Zini est une elfe de maison : elle ne vit que pour servir ses Maîtres. La jeune demoiselle est…

- Ta semblable sous ce toit, termine-t-il d'une voix froide.

- Mais Monsieur…

- Il n'y a pas de « mais » Zini, élève-t-il la voix. Elle dormira quand je l'aurais décidé, elle mangera si je l'ai décidé, se vêtira comme je l'ai décidé et me servira quand je l'aurais décidé ! Depuis quand te permets-tu te contredire ton Maître ? Sa présence à tes côtés t'a rendue aussi insolente que cette pouilleuse !

- Oh non Zini ne voulait pas ça Monsieur ! Zini voulait simplement rappeler au Maître qu'elle est toujours là, prompte à le servir quelle que soit l'heure. Si le Maître veut bien dire à Zini ce qui lui ferait plaisir, Zini se fera une joie de s'en charger sur le champ.

- Je te trouve bien contestataire aujourd'hui, fait-il remarquer. Va me la chercher ! Un thé sera le bienvenu pendant que je corrige ces horreurs et… je veux que ce soit elle qui me l'apporte.

Il voit à l'expression de son visage que sa fierté est blessée.

- Très bien Monsieur.

Au moment où elle quitte la pièce il se lève et marche en direction du miroir qui surplombe le chiffonnier. D'un coup de baguette, il fait apparaitre l'image qu'il souhaite. Elle se tient dos à lui. Elle a déboutonné le haut de sa robe, laissant entrevoir ses épaules. Avec la semi-pénombre qui règne dans sa chambre, les grossiers dessins qui marbrent sa peau sont nettement visibles. Il fronce les sourcils… certaines marques ont l'air tellement régulières qu'elles semblent avoir été infligées par une main humaine. Perdu dans sa contemplation, il revient à lui quand elle se dirige vers le lit. Elle empoigne le chien en peluche et s'assoit sur les couvertures… elle chuchote. Même avec l'ouïe qui est la sienne, il ne parvient pas à capter ce qu'elle baragouine. Gâteuse avant l'âge !

Il note tout de même qu'elle a réussi à se départir de cette sale manie de faire suivre son jouet où qu'elle aille… sans doute a-t-elle fini par comprendre qu'il était plus sage, si elle tenait à le préserver, de le laisser là-haut.

- Miss…

L'elfe vient d'entrer dans son champ de vision. La fille l'observe sans répondre.

- Le Maître a envie d'une tasse de thé… il a insisté pour que ce soit vous qui la lui apportiez.

Elle ne réagit d'abord pas… puis prenant appui sur le matelas, se lève et commence à rajuster le col de sa robe… C'est tout ? Il est presque déçu.

- Si le Maître a insisté, lâche-t-elle.

L'appellation entre ses lèvres sonne presque comme une insulte. Le ton est acerbe… bien. Il se sent sourire.

- Je suppose que je n'ai pas le choix.

Elle rattache le dernier bouton et avant de quitter la pièce lance :

- Je cracherais bien dans la tasse si je n'étais pas certaine qu'il s'en aperçoive.

Avise-t-y !

- Oh Miss ! Je ne peux pas vous laisser dire une chose pareille du Maître !

La porte s'est refermée… Zini se trompe : au contraire, elle a compris à qui elle a affaire. D'ailleurs c'est préférable pour elle. Elle analyse vite, c'est bien. Il va lui falloir au moins ça.

Il coupe le contact visuel et prend de nouveau place derrière son bureau. Le temps que cette empotée comprenne comment faire bouillir l'eau, il aura le temps de corriger au moins trois copies supplémentaires.

oOoOoOoOoOo

On frappe à la porte. Surpris, il jette un œil à la pendule : dix minutes à peine se sont écoulées. Circonspect, il l'invite néanmoins à entrer.

- Je ne peux pas, entend-t-il de l'autre côté de la porte.

Il hausse un sourcil en levant lentement les yeux sur le monument de bois qui les sépare… Elle se moque de lui ?... Il attend près d'une minute. Elle n'entre toujours pas.

- Tu penses me faire attendre encore longtemps ?

- Je vous ai dit que je ne pouvais pas entrer. Mes mains sont prises, je ne peux pas ouvrir la porte.

D'un mouvement brusque de sa baguette, il envoie la porte claquer violemment contre l'étagère avoisinant le chambranle. Il la voit sursauter. Un plateau dans les mains, elle pénètre dans la pièce d'un pas mal assuré. Il sait qu'elle essaye de se concentrer pour ne rien renverser de manière à ce qu'il n'ait pas matière à la disputer.

- J'espère pour toi qu'il n'est pas froid avec tes imbécilités !

- Zini peut peut-être se… téléporter d'une pièce à l'autre, commence-t-elle sans même le gratifier d'un regard, mais jusqu'à présent, je n'ai jamais rien inhalé qui aurait pu me laisser croire dans un moment d'égarement, que j'avais le pouvoir de traverser les cloisons.

Le ton qu'elle emploie combiné à l'impertinence de son comportement l'excède. Apparemment, la leçon est difficile à retenir.

- Continue comme ça, et tu risques d'apprendre à le faire très vite même sans le moindre talent magique, lâche-t-il calmement mais d'un timbre qui la fait frémir.

Elle ne le regarde pas mais il aperçoit ses yeux s'agiter sous ses paupières, aussi basses soient-elles. Il sait qu'elle s'est rendue compte du danger au moment même où elle a terminé de prononcer ces mots.

- Où dois-je vous poser ceci ? demande-t-elle alors comme si rien ne s'était passé, tachant de moduler son intonation.

Il débarrasse un coin de son bureau et elle pose le plateau. Alors qu'elle lui sert une tasse de thé, il observe ses gestes : maladroits, sans la moindre assurance ni précision… Elle se redresse et lui tend le breuvage. Il trempe à peine les lèvres et repose le récipient avec une grimace.

- Qu'est-ce que c'est que cette chose ?

Il lui en aurait bien lancé le contenu à travers la figure s'il n'avait pas eu peur de la défigurer alors qu'elle vient à peine de reprendre forme humaine… il veut pouvoir continuer à jouir de ce spectacle jubilatoire que lui offre son visage lorsqu'il la met à l'épreuve.

- C'est le thé que vous avez demandé… Monsieur.

Elle le cherche, le provoque… c'est plus fort qu'elle. Même sa patience feinte l'irrite.

- Tu oses appeler ça du thé ? Il n'a pas même fini d'infuser ! Il n'a pas le moindre goût, c'est infâme.

- Votre elfe m'a assurée que vous n'aimiez pas le thé quand il était trop fort.

- Il y a un monde entre un thé léger et l'eau de vaisselle que tu me sers, petite idiote !

- C'est curieux que vous trouviez tant à y redire, parce que c'est Zini elle-même qui l'a préparé…

Elle ment, il sait qu'elle ment : Zini se serait coupé un bras plutôt que d'accepter de lui servir une telle horreur ! Mais si elle veut jouer sur ce terrain-là…

- Tu te permets de déléguer les tâches que je te confie ? interroge-t-il sournois.

- Sauf erreur de ma part, vous avez demandé à ce que je vous serve un thé, pas à ce que je le prépare.

Cette petite impertinente se croit sans doute maligne à toujours avoir réponse à tout. Il se lève lentement et contourne son bureau en caressant doucement l'ébène du bout des doigts. Il se plante devant elle… Il sent qu'elle n'est pas aussi à l'aise qu'elle aimerait le lui faire croire. Dans l'obscurité de la pièce, il peut voir la chair de poule qui parsème la peau que laisse entrevoir le col de sa robe.

- Je ne t'entretiens pas sous mon toit à ne rien faire, tranche-t-il d'une voix basse mais qu'il sait parfaitement audible.

- Je n'ai jamais demandé à vivre sous votre toit ! réplique-t-elle d'une voix sourde.

Il observe ses mains, rageusement serrées sur sa jupe. Il sourit intérieurement et approche sa bouche à quelques centimètres de son oreille.

- Ce que tu me dois petite fille… c'est la vie. Et ta virginité accessoirement, mais qui en voudrait ? se moque-t-il méchamment.

Il l'entend retenir sa respiration.

- Tant que je n'aurais pas décidé d'effacer l'ardoise, tu satisferas mes moindres désirs, qu'il s'agisse de ramper sur une montagne de verre pilé ou de me préparer un thé.

Il prend un peu de distance pour constater sur elle l'effet de ses paroles. Les yeux perdus dans le vague, emprunts d'une lueur assassine, les poings crispés, il est convaincu que dans un coin de sa tête elle s'imagine l'égorger.

Il la sort de ses « rêveries » en lui remettant de force le plateau entre les bras, si brutalement à vrai dire que la porcelaine tinte. Elle le saisit d'un geste brusque, son regard mauvais se raccrochant au sien.

- Tâche de ne pas me décevoir une nouvelle fois. Il serait regrettable que cette pauvre Zini ait des ennuis.

Les yeux de furie semblent vouloir le transpercer de part en part : elle a parfaitement compris l'allusion. Elle tourne les talons et s'avance vers la porte.

- Je ne veux plus entendre les fadaises que tu m'as servies pour que je te serve de portier, lance-t-il avant qu'elle ne quitte la pièce. Tu ne me feras pas avaler que tu n'as pas trouvé le moyen d'entrer. Avec quoi as-tu toqué ?

- Avec la tête, l'entend-t-il marmonner entre ses dents alors qu'elle s'apprête à franchir le seuil.

La porte se referme devant elle avec une violence inouïe, si près de son visage que son nez frôle le bois lourd. La surprise lui arrache un cri.

Elle se fige, n'ose pas tourner la tête vers lui. Elle est moins confiante maintenant ! … Le loquet se ferme dans un cliquetis sonore. Il peut sentir son angoisse à plusieurs mètres.

- Je t'avais prévenue. Je ne tolérerai plus ton insolence !

oOoOoOoOo

J'espère que vous avez apprécié la suite. N'hésitez pas à formuler tout commentaire, je réponds à toutes les reviews! Et pis, vous commencez à me connaître c'est ce qui me fait poster plus vite ;). J'espère vous lire nombreuses mes tites muses!Zoubis et à très vite selon si vous êtes gentils ou non :D. Saizo: l'affreuse!