Bonjour à toutes, j'attendais ma dernière lectrice pour lancer la publication du dernier chapitre. J'espère qu'il vous plaira, merci beaucoup à mes chères revieweuses: Cassandre 8, Mirliton, Arnavin et Sohanne.

Sohanne: Merci beaucoup à toi pour ton soutien et tes gentils commentaires. J'espère que le chapitre suivant ne te décevra pas. C'est vrai que je ne devrais pas douter, cela fait même plus de trois ans que tu me suis. J'ai encore en archives tes jolis dessins, si tu te sens l'âme d'en refaire, ce serait avec plaisir.

Arnavin: Je te remercie beaucoup pour ton soutien, merci de continuer à me lire, j'ai hâte de connaitre ton avis sur la suite. Bisou miss.

Chapitre 16 : Dérangeante clairvoyance

La pièce est plongée dans une obscurité lugubre, la mine enfantine est misérable. Pourtant, c'est à un gros gâteau recouvert de crème au chocolat et parsemé de bougies que la fillette fait face.

- Tu as fait un vœu ? demande la voix faussement enjouée de son père dans son dos.

Elle hoche la tête et souffle sur les quatre petits bouts de cire rouge, éparpillant des dizaines de paillettes marrons sur la table. Quelques bruits de pas plus tard, un mince filet de lumière éclaire le visage fermé de la petite fille, avant que le soleil brûlant du mois d'août ne vienne disperser ses rayons incandescents à travers la cuisine. Le sorcier examine minutieusement la « salle des fêtes » une affreuse banderole rose et dorée agresse plus qu'elle ne souhaite un joyeux anniversaire à la reine de la journée, des ballons aux couleurs criardes sont accrochés un peu partout dans la pièce et un ridicule chapeau pointu orné d'étoiles décore la tête des deux protagonistes.

Il ne peut retenir un reniflement méprisant.

Cet homme… essayait-il d'atténuer le chagrin de son enfant ou bien espérait-il le dissimuler à ses propres yeux par cette mascarade pitoyable ? Il aurait fallu être idiot ou totalement dépourvu de clairvoyance pour ne pas saisir l'évident contraste entre le décor festif et l'air morose qu'affiche la gamine.

- Qu'est-ce que tu as souhaité ? interroge le père en coupant une énorme part du dessert écœurant qu'il laisse mollement tomber dans son assiette.

- Si je te le dis, il ne se réalisera pas, répond doucement l'enfant.

Un léger sourire nait sur les lèvres de l'homme en train de retirer une goutte de cire fondue de la part qu'il vient de servir dans une autre assiette.

- Mais de toute façon… je peux bien te le dire, puisqu'il n'a aucune chance de se réaliser.

Il interrompt son geste et son regard se fige alors que les commissures de sa bouche s'affaissent lentement. Il relève la tête et pose la question, l'air inquiet, dont il connaît déjà la réponse. Rogue peut le voir dans ses yeux.

- Quel était ton vœu ma chérie ?

Elle met un certain temps avant d'ouvrir de nouveau la bouche et une goutte d'eau salée vient éclaircir le nappage crémeux.

- Que maman soit là, tombe la réponse comme un couperet pour le parent impuissant.

Le mage noir remarque que ses yeux papillonnent, qu'il cherche à fuir le regard de sa fille. Manœuvre inutile elle ne le regarde pas. Il semble qu'elle ne le regardera plus. Elle est loin. Elle ne le voit déjà plus…

La fumée vient d'engloutir la table, le père et sa fille, le gâteau et les banderoles. Pourtant, il ne parvient pas à se sortir ces yeux chagrins et résignés de la tête.

- Ne prenez pas cet air consterné, murmure l'enfant.

Il réprime un sursaut. Plongé dans des scènes qui lui semblent trop familières pour qu'il reste serein, il a l'impression d'être le témoin de ce misérable mélodrame depuis des jours. Il en oublie presque la présence de son guide par moments.

- Le gâteau était très bon et j'ai été gâtée, répond-t-elle au regard noir qu'il lui adresse.

- Et ton vœu a-t-il été exaucé ?

- … Eh bien…

Le fantôme du passé se tient à nouveau devant lui et lui tourne le dos. Il se fait la réflexion qu'elle porte la même tenue que dans le souvenir précédent et en observant de plus près son visage à moitié collé contre la porte d'entrée, il distingue quelques traces de chocolat mal essuyées autour de la bouche enfantine.

- Ca ne s'est pas arrangé avec l'âge, pose-t-il comme un constat à l'adresse du double.

Du coin de l'œil, il la voit esquisser un sourire amusé et se surprend à s'en trouver satisfait. Qu'est-ce qui lui prend de chercher à faire de l'humour avec cette enquiquineuse de première ? Comme s'il était dans ses habitudes de s'apitoyer sur le sort des gens ou de jouer les consolateurs ! Il est inconcevable que cette gamine le ramollisse de la sorte il n'a pas oublié dans quelles perspectives il l'a « accueillie » sous son toit. Et aucune forme, même larvaire, de complicité n'a sa place entre eux !

Quel idiot !

Il n'empêche que c'est bien la première fois que quelqu'un d'autre que Dumbledore a su capter son second degré sans s'offusquer de ses remarques acides…

- C'était le soir même. Mon père et ma mère étaient sur le palier, explique-t-elle, malgré tout, je n'entendais quasiment rien de leur conversation.

Ce qui explique sans doute la fougue avec laquelle son vis-à-vis colle l'oreille contre le panneau de bois comme si elle nourrissait le secret dessein de ne plus faire qu'un avec lui.

Il avance à son tour, suffisamment près de la porte pour pouvoir saisir les quelques bribes de la conversation qui ont pu être perçues par l'enfant. La première chose qu'il entend sont les supplications du père : larmoyantes, pathétiques…

- … que tu rentres. Elle en a fait le vœu avant de souffler ses bougies d'anniversaire. Est-ce que tu peux imaginer ce que j'ai ressenti ?

- N'insiste pas ! répond une voix cassée qu'il peine à reconnaître comme étant celle de sa femme. Je ne remettrai pas les pieds dans l'antre de cette erreur de la nature.

Instinctivement, il baisse les yeux sur la petite tête brune ses lèvres tremblent puis se pincent rageusement pour empêcher les gouttes de déborder de ses yeux.

- J'entends ce que tu m'as raconté à propos de ce qui est arrivé à tes parents. Mais tous les sorciers ne sont pas mauvais ! Tu m'as épousé moi, lui rappelle-t-il.

- Première erreur, marmonne-t-elle.

- J'ai promis de ne plus user de la magie en ta présence pour ne pas raviver tes blessures et j'ai tenu ma promesse. Mais Eleonor… elle a l'âge où les enfants prennent conscience de leurs capacités, nous n'avons pas le droit de lui enlever ce qu'elle est.

- Qu'elle reste un monstre, mais loin de moi.

- Quel genre de monstre penses-tu être toi ?

- Ca suffit ! s'écrie soudain la femme.

Il a senti la folie poindre de nouveau sous le timbre éraillé. C'est qu'il a fait preuve de cran pour une fois en rappelant au bon souvenir de sa femme, la monstruosité de son comportement vis-à-vis de sa fille.

- Il faut… reprend la voix féminine si bas qu'il doit tendre l'oreille pour entendre, que nous en discutions.

Perfide !

- … Rentrons, je…

- Non, le coupe-t-elle en haussant le ton. Je… préfère qu'on en parle ailleurs, je ne veux pas la voir.

La douleur qui fait vaciller les prunelles de l'enfant le ramènent à ce qui se passe dans l'entrée exiguë. Elle s'est écartée de la porte de sorte qu'il n'entend plus la conversation qui se tient à l'extérieur. Elle se laisse glisser contre un mur adjacent et place sur ses genoux le chien en peluche. Plongés dans les billes de plastique fauve, ses yeux paraissent tout exprimer à la fois : questions et réponses… espoirs et résignations… douleur et tristesse… force et fragilité… orgueil et rejet de soi…

- Mon père n'a jamais plus refranchi le seuil de cette porte.

- Alors il n'est pas…

- Je n'en sais rien, se hâte-t-elle de le couper comme si elle ne pouvait se résoudre à entendre LE mot. Tout ce que je sais, c'est qu'il ne s'est pas bêtement laissé mourir comme tout le monde a l'air de le croire.

Un ange passe.

- C'est le dernier souvenir dont tu parlais ?

- Oui.

- Alors, je n'ai plus rien à faire ici.

La fillette se mord la lèvre inférieure elle semble vouloir dire quelque chose qui manifestement ne la met pas très à l'aise. Finalement, hésitante, elle se lance.

- Vous… vous allez…

- Tu m'as donné bien plus de clefs qu'il ne m'en faudrait pour faire de sa vie un véritable enfer, l'interrompt-il à la limite de la réprimande, ce qui l'étonne lui-même. Je ne t'ai rien promis concernant ta requête, laisse-moi te rappeler que je ne te suis redevable en rien.

- En réalité, ce n'est pas tout à fait exact, l'arrête-t-elle contrariée.

Les sourcils noirs se froncent.

- Vous êtes responsable de son état à différents égards, lâche-t-elle sévère.

La lèvre inférieure du mangemort se retrousse.

- Non seulement, vous avez causé un grand trouble en elle en lui retirant ce qui lui restait de plus cher, mais en plus, elle ne peut dorénavant plus compter sur le sceau pour canaliser ce bouleversement. Et cela, elle vous le doit.

- Pour reprendre dans l'ordre tes accusations : il n'en tenait qu'à elle de prendre la décision qui aurait pu sauver son… précieux souvenir, siffle-t-il méprisant. En ce qui concerne le pseudo-sceau créé par ton cher papa, je te trouve un peu culotée de me mettre sa disparition sur le dos alors que c'est toi-même qui l'a rendu inutilisable il y a de ça dix-sept ans !

Elle fixe les yeux noirs de ses prunelles brunes, une lueur farouche au fond du regard.

- Si elle, du haut de ses trois ans n'a pas su voir l'évidence, il en est autrement de moi. Cela fait des années que je me nourris de ses pensées, de son ressentiment et de ses souvenirs, alors je sais ce que je dis.

Sa voix est ferme, ne souffre aucune contestation. Pourtant, malgré tout le mystère dont elle s'entoure, pour aussi énigmatique qu'elle soit, elle ne l'impressionne pas. Malgré son âge et à l'instar de son apparence physique, elle reste une petite fille. Etrange certes, mais rien de plus qu'une enfant.

- Ne prenez pas mon avertissement à la légère, continue-t-elle le visage grave.

- Un avertissement, répète-t-il amusé, rien que ça ?

- Parfaitement… Le problème n'est même pas de savoir si vous le lui devez. Vous LE devez c'est tout. Il s'agit moins d'une dette que d'un impératif. Que pensez-vous qu'il adviendra la prochaine fois qu'elle sera terrifiée ou en colère ?

Que cherche-t-elle à faire ? L'effrayer ? La bonne plaisanterie…

- Vingt ans de magie contenue tentent de percer ses barrières propres, vingt ans qui se battent dans ses veines, qui bouillonnent de fureur contre vous… Vingt ans qui menacent de se déverser sans aucun sceau pour les contrôler.

Il hausse un sourcil, dubitatif. Il adopte un air détaché, mais il sait que tout ceci est hautement probable.

- Vous avez l'air étonné, note-t-elle d'une petite voix faussement douce. Mais pourquoi pensez-vous qu'elle se retrouve dans un tel état ?

Ca se tient. D'ailleurs… il doit s'avouer que c'est peut-être une des raisons –infime – qui l'ont poussé à agir lorsqu'il a constaté lé sérieux de la situation.

- Alors, l'accule-t-elle, parviendrez-vous à canaliser sans aide, vingt années d'énergie magique enfermées dans un corps aussi faible et abîmé ? Si elle laisse déferler sans en avoir la moindre maîtrise toute cette puissance, ce sera un véritable désastre.

- Hm…

La fillette perd sa suffisance lorsqu'elle aperçoit sur les lèvres du mangemort l'ombre d'un sourire inquiétant.

- Voilà qui promet d'être exaltant ! lâche-t-il avec une étincelle démente au fond des yeux.

Son timbre irrégulier et tremblant trahit son excitation. Il braque sur elle des pupilles rutilantes et entrevoit le malaise qui l'a envahie. Visiblement déstabilisée, elle ne sait plus si elle a bien fait de lui révéler tout ça, de rentrer dans les détails fondateurs de ce qui l'a faite telle qu'elle est aujourd'hui. Elle perçoit dès lors l'épée de Damoclès qui danse patiemment au-dessus de sa tête. Et cette épée, c'est Severus Rogue qui l'a en main. Pire encore : c'est elle-même qui l'a placée dans sa paume… Tout se passe très vite mais les grimaces figées sur le visage enfantin sont tellement limpides pour ses yeux experts, qu'il lui semble être en train de se délecter de cette expression d'horreur depuis un certain temps déjà.

- Comme je l'ai dit, tente-t-elle de reprendre contenance, c'est un pari risqué. J'ai retourné mes cartes et vous les avez à présent en mains. Au risque de me répéter, ce n'est pas vraiment comme si j'avais eu d'autres alternatives… Je ne vous fais pas confiance mais pour lors, je n'ai pas d'autre choix que de m'en remettre à vous.

Est-elle tellement confiante en la nature humaine ou bien est-elle simplement désespérée ? Au vu de son vécu, il ne peut pas sérieusement envisager la première supposition. Elle est désespérée… et il n'y a rien de plus dangereux que le désespoir. Il fait agir sottement, à la hâte, favorise les faux pas et… précipite la chute. Un sourire carnassier étire les fines lèvres pâles.

- Dans ce cas je crois que nous n'avons plus rien à nous dire, conclut-il victorieux.

- Je crois que si, le contredit-elle.

Il hausse un sourcil circonspect.

- Deux choses. La première après la joyeuse rencontre que nous avons organisée tous les deux, elle risque d'avoir une sacrée migraine au réveil, ne soyez pas trop dur avec elle.

- Hmpf, pouffe-t-il dédaigneux.

- La seconde, continue-t-elle imperturbable ne faites pas comme si son sort vous indifférait totalement. Je n'ai pas vos pouvoirs, mais tout ce temps retranchée à me repasser inlassablement les scènes de sa vie m'a au moins dotée d'un fameux atout : j'observe et me trompe rarement !

Le rictus ne disparait pas mais les sourcils de jais se froncent légèrement.

- Et ?

- Et vous ne la détestez pas autant que le voudriez. Je vous crois capable de tout, s'empresse-t-elle d'ajouter se souvenant sans doute qu'elle n'a rien à gagner à le contrarier de trop, surtout du pire, mais… elle ne s'en rend peut-être pas compte parce que… c'est elle, moi, je sais comment vous la regardez.

- En voilà une première page de la gazette ! la raille-t-il, plus ébranlé par sa révélation qu'il ne veut le laisser paraitre.

- Vous la jaugez comme un prédateur guète sa proie, vous êtes à l'affut de ses moindres faiblesses mais… lorsqu'elles vous apparaissent vous êtes indécis, vous n'avez pas profité de toutes les brèches qu'elle a ouvertes.

- Il faut croire que je n'ai pas su les voir, lance-t-il détaché… faussement ?

C'est au tour de la fillette de sourire.

- Pourquoi ne pas admettre que votre dessein à son égard n'est plus aussi tranché qu'au départ ? l'interroge-t-elle sournoise.

- Ma mère a toujours eu beaucoup de mal à me faire intégrer le concept selon lequel c'est mal de jouer avec la nourriture, susurre-t-il avec une légèreté feinte. Cela étant, crois-moi, il n'est pas dans ton intérêt que je me presse.

Quelques secondes de silence durant lesquelles il croit percevoir un léger tressaillement sous l'étoffe déchirée… Cette gosse l'irrite plus que de raison. Si elle savait à quel point elle à tout faux… « Vraiment ? » Oui vraiment ! … « Alors pourquoi ce qu'elle raconte te tape-t-il à ce point sur les nerfs ? » A la vérité, il n'en sait rien. Ce n'est pas comme s'il n'était pas habitué aux ragots ou autres bruits de couloir sans fondement, circulant à son sujet…

- Quoique vous puissiez dire, vos sarcasmes sont vains : vous ne parviendrez pas à faire changer mes certitudes avec de jolies pirouettes de pure façade.

Il plisse les yeux l'espace d'un instant et peut alors lire dans les siens : un partout !

- D'ailleurs, reprend-t-elle une pointe de défi luisant dans les rétines brunes, si j'en crois mes toutes récentes intuitions, la femme qu'elle est ne vous laisse pas indifférent non plus !

Cette fois, il n'extériorise rien : pas un battement de cil, pas de crispation, rien… Pourtant, il boue, qu'insinue-t-elle ? Lui, attiré par cette… mioche ? Il la sent jubiler intérieurement. Mais…

- Oh… est-ce là ta bénédiction ?

Le minois de poupée se décompose. Manifestement, elle ne s'attendait pas à ce genre de réponse. Peut-être pensait-elle qu'il allait démentir ou étaler sa fureur … il n'aurait fait que donner du crédit à ses propos. Satisfait de l'effet bombe H de ces quelques mots, il examine le faciès soudainement rubicond se liquéfier. Non seulement il vient de tuer dans l'œuf la réaction qu'elle escomptait mais en plus, elle se sent maintenant plus que jamais en danger. C'est en observant cette crainte grandir au fond des rétines chocolat qu'il se demande s'il lui est possible de confirmer ses pensées en allant fouiller dans celles de cette « entité ».

Avait-elle compris ce qu'il s'apprêtait à faire ? Quelques secondes d'inattention ont suffi pour qu'à cet instant précis, il se retrouve propulsé vers l'extérieur.

Quand il rouvre les yeux, la première chose qu'ils rencontrent est une épaisse chevelure foncée. Il réalise alors qu'elle a profité de son absence pour l'expédier hors de son esprit. Un rictus étire le coin droit de ses lèvres : elle s'est sentie menacée et n'a pas su faire face. Il songe alors qu'elle n'a pas réfléchi aux conséquences de ses actes : il pourrait très bien le faire payer à la jeune femme… si la perspective qu'elle ne comprenne rien aux évènements ne vidait pas l'initiative de son sens. Il pourrait aussi retourner à sa rencontre… mais rien ne dit qu'elle se montrerait hospitalière ni combien de temps il lui faudrait pour lui remettre la main dessus. De toute façon, il a maintenant en sa possession plus d'informations qu'il n'aurait pu en espérer en entreprenant son … « exotique » voyage.

Quel sens y a-t-il à lui faire subir des outrages dont elle serait incapable de comprendre le sens et dont il ne pourrait que supputer les fruits sur la chose qui habite son inconscient ?

Sans compter que si cette gamine est vraiment ce qu'elle prétend être, à savoir, un amalgame de frustration, de refoulement et de magie cumulée, elle sera amenée à disparaitre tôt ou tard maintenant que plus aucun sceau ne vient entraver la libre extériorisation de ce trop-plein d'énergie… Maintenant qu'il y pense, il doit vérifier quelque chose les paroles de la fillette sonnaient bizarrement.

Avant de desserrer sa prise autour de la taille de sa servante, il pose une main sur son front. Il la supputait riche en possibilités de divertissements, mais jamais il n'aurait soupçonné l'existence de ce qu'il a découvert dans une partie sombre de son inconscient… Lentement, il décolle son bassin des hanches chaudes et s'extrait du lit sans un bruit. La fièvre a très largement baissé. Une fois debout, son regard est attiré par la lumière au dehors rien d'étonnant à ce qu'il se sente aussi vidé : il a passé toute la nuit à déambuler dans les méandres de son esprit. Cela fait bien longtemps qu'il n'a pas ressenti de façon aussi prégnante le besoin de dormir, il n'ose même pas imaginer la quantité d'énergie qu'il a déployée pour maintenir la connexion si longtemps. Les obsidiennes se baissent de nouveau sur le corps étendu sous l'épaisse couverture. Elle fronce les sourcils et il s'étonne d'avoir pris la peine de procéder à une esquive discrète… marque de prévenance inconsciente à n'en pas douter ! Il avait l'esprit bien trop occupé pour faire attention à sa gestuelle !

Il hausse un sourcil en observant la jeune femme se retourner et ce faisant, dégager son dos de sous la lourde étoffe.

Tss… elle est à moitié dans le coma, comme si mon absence pouvait la réveiller !

C'est sans prendre garde à ne pas faire craquer le plancher, qu'il quitte la petite chambre.

La gamine le savait, elle savait qu'il ne s'engagerait pas à accéder à sa requête. Il n'a pas à se sentir obligé. Elle a choisi de prendre le risque et ce faisant, d'attiser sa curiosité sur un point. Point qu'il doit éclaircir.

De retour dans le salon du rez-de-chaussée, il s'empare du tisonnier qui repose contre une paroi de la cheminée et s'accroupit devant l'âtre endormi. Durant plusieurs minutes, il retourne les morceaux de buche calcinées, fouille les cendres, écarte les coupures de journaux charbonneuses et puis il l'aperçoit enfin. Enseveli sous une épaisse poussière anthracite, entre deux rondins de bois noircis, il aperçoit l'objet de sa recherche.

Ses yeux se plissent : il l'aurait parié !

Père indigne…

oOoOoOo

J'espère que ce chapitre vous aura plu, prochain arrêt dans le monde réel. A votre avis, les réactions de notre cher mangemort? Compassion? Acharnement renouvelé? Je vous dis à très bientôt, et espère vous voir nombreuses. Bises!