Coucou tout le monde, un peu de retard j'avoue pour la publication de ce chapitre. Mais encore une fois, j'attendais vainement le retour de mes lecteurs enfuis! snif!

erci beaucoup à toi Sohanne pour ta review, je suis contente que le chapitre t'ait plu, oui j'utilise toujours ma boite mail ^^. J'espère que ce chapitre ci te plaira aussi. En revanche je n'ai pas compris pourquoi tu as adressé cette deuxième review à Mirliton. Merci aussi à Cassandre 8 pour demeurer fidèle au poste ainsi qu'à toi Sonata Sama pour ton message perso.

Je vous souhaite à toutes une excellente lecture, en espérant que ce chapitre vous donne l'inspiration nécessaire pour me laisser vos impressions! ;)

Chapitre 17 : Concilier pulsions et raison

- Professeur Rogue Monsieur ?

La vieille horloge de son bureau annonce 11h00 lorsque la voix criarde de l'elfe l'extirpe de la semi torpeur dans laquelle il était doucement en train de sombrer.

- Entre, intime-t-il d'une voix rauque.

La créature ouvre la porte et reste un instant coite devant tant de classe. Avachi dans son haut fauteuil, vautré sur l'accoudoir, ses doigts masquent ses yeux fatigués. Il porte encore la chemise de la veille, froissée, un poil débraillé… Elle a l'air de celle qui ne s'en remettra jamais !

- Est-ce que le professeur Rogue désire un remède contre la migraine ?

Les énormes yeux sont inquisiteurs. Essaye-t-elle d'insinuer qu'il a l'air d'avoir bu ? Il n'a toutefois pas le courage de poser la question et se contente de hocher négativement la tête.

- Nuit difficile, marmonne-t-il en guise d'explication.

Nouveau temps mort.

- Que le maître pardonne à Zini sa curiosité mais… le professeur Rogue n'a-t-il pas passé la nuit dans la chambre de la jeune demoiselle ?

Il l'aurait parié. De mémoire de sorcier, il n'a jamais connu un elfe aussi vif ni aussi prompt à fourrer son nez partout où il peut glaner des informations embarrassantes. Il parierait que Dumbledore savait parfaitement ce qu'il faisait en lui collant entre les pattes un serviteur aussi tordu.

- Que veux-tu Zini ? élude-t-il la question à laquelle il sait qu'elle a déjà apporté une réponse plus ou moins éloignée de la réalité.

- Zini voulait savoir ce que le maître aimerait manger au déjeuner aujourd'hui.

- N'est-ce pas là son office que tu remplis ? interroge-t-il plus sèchement.

- La jeune demoiselle est encore un peu fiévreuse Monsieur. Zini craint qu'elle ne fasse une vilaine rechute si elle se surmène alors qu'elle n'est pas encore tout à fait remise. Mais que le professeur Rogue se rassure Monsieur, se hâte-t-elle d'ajouter avant qu'il ne puisse rétorquer quoi que ce soit, toutes les tâches seront accomplies. Zini supplie le maître de laisser à la jeune demoiselle encore une petite journée de repos. Zini redoublera d'efforts afin que le service ne s'en ressente pas.

- Hm… grommèle-t-il dans sa barbe.

Après tout, Zini peut très bien s'en sortir sans ce bras cassé… à dire vrai, elle constitue même plutôt un handicap. Et puis, il préfère la savoir alitée il a besoin de réfléchir posément à ce qui s'est passé cette nuit sans que sa présence ne vienne sans cesse parasiter ses pensées.

- Je n'ai pas faim, lâche-t-il de mauvaise grâce. Tâche de faire en sorte qu'elle soit sur pieds rapidement ! Je la veux opérationnelle dès demain matin.

Alors qu'elle s'en retournait vers la sortie, la créature se retourne lentement, ses grandes oreilles soudainement dressées comme si elle avait capté dans les propos du sorcier quelque chose de particulièrement intéressant.

- Est-ce que Zini doit comprendre que le maître souhaite qu'elle prenne soin de la jeune demoiselle ?

Il n'est pas stupide, il connait cette expression qu'affichent les globes oculaires disgracieux de sa servante. Il sait ce qu'elle cherche à lui faire avouer… Tss… à trop côtoyer le vieux fou, sa personnalité a fini par déteindre. Depuis quand un elfe de maison se permet-il de se montrer si intrusif dans la vie privée de ses maîtres ? Depuis quand qui que ce soit se permet-il de telles largesses avec lui ?

- Ce qu'il faut comprendre petite impertinente, siffle-t-il ses yeux injectés lançant des éclairs, c'est que nous sommes tous deux attendus demain soir au manoir Malefoy. Et au vu du travail qui risque de lui être confié, il vaudrait mieux pour elle comme pour ma réputation, qu'elle soit au meilleur de sa forme.

Plusieurs secondes s'écoulent durant lesquelles elle le dévisage intensément.

- Et en ce qui concerne le déjeuner du maître ? rappelle-t-elle manifestement mécontente de la réponse du sorcier.

- Prépare plutôt une infusion à base d'essence de marjolaine.

- Le maître est souffrant ? Encore une de vos migraines ? s'enquiert la créature, l'inquiétude ridant soudainement son front.

- Pas moi, se rappelle-t-il les paroles de l'enfant. Mais le réveil risque d'être rude pour elle.

Le regard dont le gratifie Zini semble osciller entre amusement et offuscation. Il la connait suffisamment pour savoir qu'elle ne va pas le louper sur ce double aveu. Il a vraiment besoin de sommeil.

- Zini est ravie de voir que le maître songe enfin au bien être de la jeune demoiselle, commence-t-elle arrachant une grimace désapprobatrice à l'homme qui n'a guère l'énergie de protester davantage. Toutefois, elle ose espérer que le professeur Rogue n'a pas profité de sa faiblesse pour…

Il l'observe silencieusement, scrutant la mine mi curieuse mi outrée entre son index et son majeur. Elle parait sérieuse. Satanée bestiole ! Il jurerait avoir perçu dans les gros yeux vitreux l'étincelle à la fois inquisitrice et réprobatrice qui habite ceux du directeur de Poudlard, après qu'il ait appris que son maître en potions a encore chargé le carnet de retenues de son élève préféré.

- Dehors ! ordonne-t-il d'une voix lasse qui ne laisse néanmoins aucun doute quant au caractère impérieux de l'injonction formulée.

A contrecœur, l'elfe consent à quitter le bureau plongé dans la pénombre et referme la porte dans un claquement suffisamment audible pour manifester sa frustration.

Il y a du laisser aller dans le comportement de son personnel, songe-t-il en passant une main blafarde sur son pâle faciès. Il doit impérativement remettre en ordre ce que l'arrivée de cette teigne inutile a détraqué. Il repense à l'excuse qu'il lui a fournie : la soirée chez les Malefoy… il a déjà préparé la lettre dans laquelle il décline l'invitation « avec ses regrets les plus sincères ». Il a besoin de temps pour lui, pour réfléchir posément à ce qu'il va faire d'elle après ces révélations. Quoiqu'il ait pu dire à la gamine rencontrée la nuit passée, il n'a pas aimé ce que ces images ont réveillé en lui. Il ne la sent pas prête à affronter ce qui va lui tomber dessus lors de cette soirée.

« Elle n'est pas prête ou tu n'es pas prêt à affronter ce qui lui tomberait dessus ? »

Tss… voilà qu'il se met à débattre avec sa conscience maintenant. Il se gifle mentalement au moment où lui vient à l'esprit l'image saugrenue d'un enfant en bas âge aux cheveux noirs et gras et aux traits disgracieux habitant un recoin de sa mémoire.

Tout ceci est absurde ! Il est certain qu'après ce qui s'est passé sous son propre toit alors que seulement Drago et Lucius s'y trouvaient, elle ne ferait pas un pli au manoir si quiconque s'en prenait à elle. Ce n'est pas comme s'il pouvait la tenir en laisse, quoique l'idée ait quelque chose de plaisant. Du reste, il sait l'adolescent vindicatif, il ne manquera pas l'occasion de faire payer à la jeune femme l'affront qu'elle lui a fait, et… « tu ne seras pas là cette fois », le nargue une petite voix dans sa tête qui ressemble désagréablement à celle de la fillette qui l'insupporte tant.

Qui voudrait d'un jouet qu'un autre a utilisé ? se raisonne-t-il.

Malgré lui, il esquisse l'ombre d'un sourire en coin en imaginant la réaction de l'elfe si elle avait pu entendre l'odieuse pensée.

Non, il n'ira pas. Il n'en avait déjà pas envie du temps où seule sa personne était conviée à ce genre de soirées… si en outre il doit supporter les assauts de Vivian Godway en mal de conquêtes, il n'a pas fini de vider les légendaires réserves d'Armagnac de la famille Malefoy ! Seules deux choses au monde sont susceptibles de retenir l'attention de cette menthe religieuse, les deux étant généralement étroitement liées : amasser un maximum de prétendants jappant à ses pieds et les hommes de pouvoirs. Il incarne au moins l'un de ces deux appâts, et pas le moindre. Si la croqueuse n'est pas en manque de prétendants, en revanche, quoi de mieux que le bras droit du Seigneur des Ténèbres pour redorer le blason des Godway?

Il n'a jamais été un bel homme. Il se sait même franchement laid. L'attrait de cette femme tant convoitée pour sa personne ne le dupe pas : il est d'autant plus douteux qu'il se sait repoussant. C'est tout de même curieux comme une demoiselle de noble lignée peut, par son comportement, se rapprocher de la plus méprisable des filles de joie.

oOoOoOo

Trois coups retentissent et le font sursauter sur son fauteuil. Courbaturé, il lève les yeux vers la pendule et réalise qu'il a dormi toute la journée. Cela fait des années qu'il n'avait pas sombré aussi profondément dans les contrées tortueuses de ses rêves. Et au vu de leur teneur, il comprend pourquoi son cerveau semble s'interdire toute escapade trop poussée sur les rivages sensibles. Heureusement que les apparitions court vêtues de Vivian Godway se trémoussant autour de lui afin de le faire céder à ses charmes, ont réussi à détendre la pesante atmosphère qui y régnait… même si tout n'a pas été sujet au même phénomène, note-t-il en desserrant la ceinture de son pantalon.

Il enfouit son visage entre ses mains et les passe dans ses cheveux. Un torticolis atroce martyrise ses cervicales. Avec un soupir douloureux il masse fermement sa nuque. Trois nouveaux coups, secs et espacés, comme impatients, sont portés à la porte. Il ne les a donc pas rêvés. Ignorant les fourmis qui se promènent allègrement le long de ses jambes jusque sous la plante de ses pieds, il se redresse et avance en direction du panneau de bois. Les yeux encore embués de fatigue, il abaisse la poignée et ouvre la porte.

- Bonsoir Monsieur.

L'apparition qui a fait jour dans l'encadrement le foudroie. Que fait-elle ici et… dans cette tenue ? Le visage fermé, il la détaille de haut en bas, un sourcil légèrement haussé. Une chemise de nuit diaphane et mal boutonnée, les cheveux en bataille et les yeux encore brillants de sa récente convalescence, elle grelotte dans le couloir mal éclairé. Malgré lui, son regard se perd sur les plis du tissu presque transparent. Il ne peut s'empêcher de noter que le premier bouton fermé se situe bien en deçà des clavicules. Il suit la courbe fluide que dessine la trop fine étoffe, notant au passage que sa mâchoire est à présent au moins aussi contractée que ses muscles à son réveil. Les lèvres plus pâles que d'ordinaire, les doigts entremêlés et l'air perdu, elle ne pourrait pas être plus près du tableau de la fillette égarée qu'il a découverte dans sa mémoire. L'air est frais, et alors qu'elle enserre ses bras de ses mains pour se réchauffer, il devine à travers le coton les protestations épidermiques de sa poitrine contre le froid. Ses doigts se crispent sur la poignée tandis qu'il se surprend à devoir chercher ses mots.

- Qu'est-ce que tu veux ? demande-t-il, sèchement.

Ce n'est tout de même pas la première fois qu'il voit le corps d'une femme, ce genre de réactions d'adolescent boutonneux est indigne de lui. Comment son… anatomie peut-elle réagir avec autant de fougue à cette simple vision ?

« La femme qu'elle est ne vous laisse pas indifférent »… Ce petit jeu de questions- réponses automatiques qui s'est instauré dans sa tête depuis qu'il est revenu de son expédition nocturne, commence à singulièrement l'agacer.

- Zini m'a expliqué que vous… aviez passé la nuit à me veiller et me soigner, avoue-t-elle avec l'entrain de celle qu'on a obligée à se tenir là où elle se trouve, ce qui ne l'étonnerait qu'à moitié de la part de l'elfe.

Elle fait un pas en avant. Elle est proche. Qu'est-ce qui a bien pu ravager le cerveau de cette saleté de bestiole pour qu'elle soit allée lui raconter ce genre d'inepties ? Lui, la veiller ? Soit elle est naïve au-delà des mots soit elle est d'une fourberie incroyable !

Il ne peut s'empêcher de penser que la créature et Dumbledore ont surement des antécédents génétiques communs.

Elle est trop près.

Il sent sa gorge s'assécher alors que l'échancrure entre les pans de la chemise de coton offre à son regard une vue de plus en plus plongeante sur la naissance des seins à la peau ambrée.

Beaucoup trop près.

La réalité le heurte alors de plein fouet : ce serait une hérésie de l'emmener au manoir après ce qui s'est passé avec Malefoy junior, et d'autant plus dangereux qu'elle n'a même pas conscience de ce que peuvent susciter ses virées dans un tel accoutrement. A moins que ce ne soit le manque qui commence à se faire sentir… Quand il pense que Vivian Godway n'attend qu'un signe de sa part…

- Elle m'a suggéré de vous remercier comme il se devait, le sort-elle de ses pensées dans un murmure.

Il se fige. Son esprit lui joue des tours ou bien il y a dans ces quelques mots quelque chose de scandaleusement tendancieux ?

D'un geste sec il lui claque la porte au nez avant qu'elle n'ait l'occasion de remarquer la manifestation hormonale qui a, aussi douloureusement que soudainement, tendu le tissu de son pantalon.

Finalement, il se pourrait bien qu'il fasse un saut à cette soirée et, il vaudrait mieux que cette croqueuse de Vivian Godway soit en forme.

oOoOoOo

- Le maître ne va pas faire d'effort vestimentaire particulier ? interroge l'elfe d'une voix railleuse en le jaugeant d'une façon qui ne lui plait guère.

Le comportement de Zini s'est tellement dégradé à son égard ces derniers temps qu'il pourrait trouver ça comique si l'envie de l'étouffer avec sa propre langue ne prenait pas le dessus. On pourrait croire à une comédie satirique en les observant.

- Tu as quelque chose à redire à ma garde-robe ? interrogea-t-il menaçant.

- Du tout Monsieur. En revanche, il serait un peu triste que la jeune demoiselle vous soit complètement assortie, vous ne pensez pas ? Ses toilettes risquent d'être du plus mauvais effet au manoir Malefoy.

- Tu ne sembles pas avoir intégré le fait qu'elle ne ferait pas partie des réjouissances ! Elle ne m'accompagne pas, siffle-t-il avec une moue pleine de dégoût. Elle servira.

Les derniers mots laissent place à un silence pesant. L'elfe le regarde maintenant avec des yeux ronds qui semblent hésiter entre stupéfaction et totale réprobation.

- As-tu terminé de préparer mes effets ? rompt-il le silence non sans laisser percer dans sa voix un soupçon de satisfaction.

- Oui, répond-t-elle sèchement. Dois-je préparer quelques affaires pour la jeune demoiselle si tous deux découchez ?

- Je ne crois pas que cela soit nécessaire. Elle aura de quoi s'occuper durant la nuit.

- Bien… Monsieur.

Il repose l'ouvrage qu'il était en train de feuilleter et relève doucement les yeux sur elle. Pas de doute : cette morveuse est réellement contagieuse !

Elle l'attend dans l'entrée, raide comme une statue, le visage fermé. Elle n'a pas l'air très serein à l'idée de se retrouver dans l'antre des Malefoy avec qui le premier contact s'est avéré plutôt houleux. Elle ne lève pas les yeux sur lui et même sans capter son regard, il peut sentir toute l'appréhension qui émane d'elle.

- Nous y allons, rompt-il le silence en fixant son poignet qu'il n'ose pas toucher.

Les prunelles brunes croisent les prunelles noires et durant une fraction de seconde, il a le sentiment de faire quelque chose de mal. Comme s'il s'arrêtait à ce genre de considérations d'ordinaire… En détournant le regard, il empoigne presque brutalement le bras de sa servante. Il y a quelques jours, la simple pensée d'entrer en contact avec sa peau le dégoutait, mais depuis la nuit dernière… cette rencontre l'a perturbé plus qu'il ne le pensait.

Lorsqu'ils « atterrissent » à l'entrée du domaine Malefoy, le bras de la jeune femme se dérobe vigoureusement à sa prise. Il se retourne et l'aperçoit, pliée en deux, la respiration haletante, les yeux emplis de larmes. Elle n'a pas l'air de s'habituer au transplanage. Une moue sarcastique ourle sa lèvre inférieure et il reprend son chemin.

- Suis-moi ! ordonne-t-il en s'avançant vers un imposant et lugubre portail.

D'un geste de sa baguette, il déverrouille la protection magique en place et passe au travers du monument de fer forgé, sans même ralentir l'allure. Derrière lui, il n'entend plus les pas de la fille. Encore une fois, il fait volte face, agacé, et aperçoit sa domestique, figée et l'air ahuri. En d'autres circonstances, il pourrait se délecter du spectacle que lui offre cette vision de tétanie, mais il commence à bruiner et il est pressé de se mettre à l'abri. Il revient sur ses pas et saisissant fermement son poignet, la traine à sa suite. Elle freine des deux pieds et étouffe un glapissement au moment où elle franchit le portail. Il lui lance un discret coup d'œil par-dessus son épaule elle a le teint blafard, malade… et ce n'est que le début songe-t-il avec une certaine excitation mêlée d'appréhension. Malgré une réticence qu'il sait justifiée, il brûle de la voir à l'œuvre, de savoir comment elle accusera le coup.

Une fois qu'ils ont monté les marches menant au parvis du manoir, il frappe trois coups avec le lourd heurtoir. Quelques secondes plus tard, la haute porte à doubles battants grince et s'ouvre enfin sur le brouhaha assourdissant qui baigne l'immense hall d'entrée. Les réjouissances semblent être bien entamées.

Une petite créature semblable à Zini accueille les nouveaux venus.

- Qui dois-je annoncer au Seigneur Malefoy ? couine un elfe de maison vêtu d'un torchon miteux.

Il ne peut s'empêcher de hausser un sourcil, sarcastique, en entendant la ridicule appellation.

- Pousse-toi !

La voix froide retentit dans un claquement qui fait écho au coup de canne que reçoit la créature. Dans un couinement douloureux, elle a disparu de l'autre côté du chambranle. Il en a reconnu le propriétaire avant même d'avoir posé ses yeux sur lui. Il n'est d'ailleurs pas le seul : il n'a pas besoin de la regarder pour la sentir se tasser dans son dos. Comment peut-elle envisager qu'il la protègerait alors même qu'il la conduit dans la gueule du loup ? Prend-t-elle conscience seulement maintenant que l'affront qu'elle a fait endurer aux Malefoy père et fils va se devoir se payer ?

- Tiens, tiens, tiens, qu'avons-nous là ? persifle Lucius en contournant le sorcier tout de noir vêtu. Ta petite moldue de domestique nous fait l'honneur de sa présence… Tu parais moins fière ce soir à te cacher derrière ton maître comme un chien blessé, crache-t-il dédaigneux.

Il s'approche lentement d'elle et ce faisant, fait remonter la canne le long de sa paume, si vite qu'il heurte le menton de la jeune femme en émettant un tintement métallique. Elle grimace mais retient un gémissement. Ses sourcils se froncent.

- Il n'y a pas de place pour le personnel rebelle ici, menace-t-il dans un murmure à peine audible. Tu vas filer très très droit…

S'il peut lire la détresse dans les pupilles sombres, Lucius le peut aussi. Puisqu'elle ne veut pas de son aide, il n'interviendra pas.

- … je te le garantis !

- Ne me l'abîme pas trop ! J'aimerais ne pas avoir à supporter la vue d'un monstre tant qu'elle sera à mon service.

- Cela peut s'arranger, marmonne le mangemort aux cheveux platine. Etre défiguré n'est pas un obstacle diriment pour rentrer au mien…

- Elle n'est pas à vendre Lucius, coupe-t-il en sentant s'accroitre l'étrange intérêt qu'il porte à la jeune femme.

- Quel dommage !

Les deux mangemorts font volte face de concert. Un jeune homme d'une trantaine d'années, une flûte de champagne à la main, s'avance vers eux d'une allure élégante teintée de nonchalance. Des cheveux blonds courts et luisants coiffés en arrière, des yeux verts étincelants, un sourire charmeur accroché aux lèvres, il saisit délicatement la main féminine dans le creux de la sienne et, en prenant garde de ne pas poser sa bouche sur la peau mate, la gratifie d'un baisemain révérenciel digne d'un roman du XVIIIème.

- S'il y avait un prix à payer pour rendre justice à pareille splendeur, je n'hésiterais pas un instant et vous rendrais votre liberté !

oOoOoOoOo

Q'uen dites vous? J'ai la suite sous le bras, je l'envoie? ;)