I have a dream... that one day... i will have more than 4 reviews a chapter...

Coucou à toutes, comment allez-vous? Me voici de nouveau là pour le chapitre 18. J'espère qu'il vous plaira, je me suis bien amusée pour l'écrire. Un gros merci à Sonata sama, Plop, Sohanne et qui ont pris le temps de me laisser un commentaire. Mais vous savez, vous aussi vous pouvez le faire, non non, ça n'arrive pas qu'aux autres! :D

Sohanne: D'accord je comprends, mais je ne pense pas que ce soit tant une question d'oubli que d'étonnement lié à l'âge de la fillette à l'époque où elle a commencé à accomplir ses prouesses magiques. J'espère que ce chapitre-ci te plaira ma fidèle Sohanne. Un gros bisous à toi et à très vite pour tes impressions!

Plop: Merci beaucoup pour ce gentil compliment qui fait chaud coeur. C'est adorable. J'espère que la suite ne te décevra pas. Gros bisous et à très vite.

Chapitre 18 : Un si petit détail…

Qu'est-ce que c'est que cette mascarade ?

- Tu devrais retirer tes lèvres avant de développer une mycose Marcus !

Une grimace de dégout déformant ses traits, Lucius lui a ôté les mots de la bouche. Bouche que le maitre en potions s'empresse d'ailleurs de refermer. S'il s'était attendu à ça… Marcus Malefoy est pourtant réputé pour tout autre chose que ses blagues de mauvais goût… Entre surprise et envie de broyer la main (et la tête) de l'outrecuidant, il fait le choix de la réserve, plus judicieux à son sens pour l'instant.

Elle aussi semble abasourdie. Il faut dire que lui non plus n'avait pas envisagé un tel retournement de situation.

- Allons, redresse-toi ! Tu fais honte à ton nom ! siffle Lucius entre ses dents serrées. Imagine la tête de ton père s'il te voyait faire des courbettes à une servante !

Et il n'est pas le seul à y avoir pensé. Jamais le frère de Lucius Malefoy ne cautionnerait une telle attitude de la part de son unique fils. Toutefois, en dépit de la réaction alarmiste de son homologue mangemort, c'est ce qui convainc Severus Rogue qu'il ne s'agit là que d'une vaste plaisanterie. S'il avait été moldu, il aurait surement cherché les caméras cachées alentour. Cependant, en balayant la grande salle du regard, c'est le sourire goguenard qu'affiche Drago Malefoy qui l'interpelle. Sourire qui n'est à l'évidence, ni innocent, ni sans rapport avec la scène qu'il observe depuis l'autre bout du hall avec avidité.

La supercherie était trop grossière pour être crédible, songe-t-il en étudiant le comportement du fringuant arrivant… Apparemment pas pour tout le monde s'il en juge par la joute qui anime l'oncle et le neveu. Berné par son propre sang ! Il y a de quoi rire !

Il n'a aucun mal à deviner qui orchestre cette symphonie ridiculement surfaite, ni les raisons qui l'y ont poussé.

Un mouvement sur sa gauche le tire de sa contemplation. Il en avait presque oublié la présence de celle qui est pourtant à l'origine de toute cette comédie. Incrédule, il voit les pommettes de la jeune femme, sa domestique… sa propriété, se teinter timidement de rose. Merlin, elle ne peut pas être imbécile à ce point ?

- Je ne vois pas ce que père pourrait trouver inconvenant dans le fait que son fils sache reconnaitre la grâce lorsqu'elle lui apparait de manière aussi évidente.

- Allons Marcus, tente de le raisonner Lucius d'un air pincé, les Rosenbach nous regardent. Les blagues les plus courtes sont les meilleures, tu ne penses pas ?

La voix du maître des lieux s'est faite menaçante et il est bien de son avis. Penser une seule seconde qu'il laisserait impunément quelqu'un poser la main sur elle en sa présence, lui prendre ce qui lui appartient, c'est faire insulte à son intelligence ! Tenter de la manipuler elle, c'est tenter de se jouer de lui. Il ne saurait le tolérer !

Non il ne sombre pas dans le paternalisme ! Il ne devrait simplement pas avoir à préciser que ses jouets lui appartiennent et… qu'il ne partage pas !

Il réprime l'accès de rage qui reflue dans ses veines lorsqu'il regarde les joues rougies de son employée et l'attire vers lui en agrippant fermement son avant-bras. Deux nez pointus tellement similaires que c'en est comique, se tournent brusquement en sa direction. Les deux hommes l'examinent du même œil curieux. Il leur serait impossible de nier leur évidente parenté quand même ils le voudraient…

- Je te saurais gré d'éloigner l'avidité sexuelle de ton neveu de ce qui m'appartient Lucius, crache l'homme aux cheveux de jais tout en fixant les iris émeraude. Je n'ai pas besoin d'un nourrisson à ma charge d'ici neuf mois !

- Ne te méprends pas Severus, l'arrête l'ainé. Marcus n'envisage certainement pas cette soubrette au sang de bourbe sous cet angle là !

- Il faudrait être aveugle ou sujet à un manque grave de bon sens pour ne pas l'envisager sous cet angle ! le contredit le jeune homme en examinant intensément ladite soubrette.

Il peut presque sentir le sang palpiter à sa jugulaire. La mâchoire crispée, il se force à ne pas se remémorer les pensées douteuses qui ont envahi son cerveau quelques heures auparavant et se contente de foudroyer l'impertinent du regard. Inconsciemment, ses doigts se resserrent comme un étau sur la manche de la jeune femme qu'il ramène derrière lui. Geste qui n'est pas passé inaperçu auprès de ce séducteur de seconde zone. Qu'importe ! Il est préférable qu'il sache à quoi s'attendre s'il passe outre ses avertissements. Seule une adolescente inexpérimentée pourrait se laisser berner par ce dandy ridicule… et c'est précisément ce qu'elle est ! réalise-t-il avec un pincement inexplicable au creux de l'estomac. Les iris clairs sont rieurs.

- Rassurez-vous professeur, le nargue-t-il d'une œillade faussement déférente, mes intentions sont on ne peut plus nobles.

- Vos intentions ne m'intéressent pas ! cingle-t-il froidement. N'avez-vous pas quelque prétendante à courtiser ? Si votre réputation égale celle de votre géniteur, il ne fait nul doute que vous avez bien de quoi vous occuper par ailleurs sans avoir à jeter votre dévolu sur les affaires d'autrui.

Marcus Malefoy recule de quelques pas et se permet de le jauger, sans se départir de son insupportable sourire.

- Je vois que le chemin qui mène à cette délicieuse demoiselle est semé d'embuches. Que de perspectives excitantes !

Parasite !

- Jeune fille, votre maître ne semble pas enclin à vous laisser goûter les plaisirs de la vie. C'est bien dommage ! termine-t-il en faisant une ultime révérence.

Quel procédé lamentable ! Le fait que ce type ne cherche qu'à attirer sa sympathie afin de mieux la duper crève les yeux. La présence de Drago qui les observe encore de loin le conforte dans cette théorie. Il mettrait sa main à couper que le serpentard échafaude sa vengeance. Et quoi de plus efficace pour abaisser la garde de quelqu'un que de se présenter en grand défenseur des opprimés et surtout, de prendre l'exact contrepied de la position adoptée par celui qu'elle abhorre ?

Dans la paume de sa main, le bras de la jeune femme frémit. Le regard encore accroché à celui qui vient de quitter la scène de manière si théâtrale, elle semble à mille lieux de la réalité qui l'entoure. Sa naïveté l'énerve profondément. « C'est tout ? », reprend la voix mutine qui n'a pas l'air de vouloir le quitter depuis qu'il a plongé dans les souvenirs de cette gamine insensée. Oui c'est tout ! En dépit des conclusions que pourrait en tirer son ôte, il est à deux doigts de tourner à son tour les talons et de rentrer chez lui quand il se sent légèrement happé par le bras. Alors qu'il tourne vivement la tête pour savoir quel genre d'inconscient est capable de ce genre de geste, ses yeux glacés plongent dans une mer azurée et brillante. L'anguille qui s'est glissée entre son avant-bras et ses côtes l'attire un peu plus à lui.

- Savez-vous que j'ai pensé que vous ne viendriez pas ? susurre une voix veloutée à quelques centimètres de son visage. Cette soirée aurait eu une saveur bien insipide sans votre venue !

Ce n'était qu'une question de temps avant que le succube n'enroule ses tentacules autour de lui. Ses lèvres écarlates légèrement entrouvertes, un corsage aguicheur mettant en avant ses arguments les plus percutants, Vivian Godway semble tout droit sortie d'une gravure à l'effigie du péché de luxure. Malgré sa peau immaculée et ses yeux clairs, les intonations suaves de sa voix et les ondulations tentatrices de son bassin ne permettent aucun doute quant à la question de sa candeur.

- J'ai remarqué qu'il y avait de l'agitation par ici, reprend-t-elle d'un timbre plus naturel à l'adresse de Lucius, pourquoi par Salazar ne m'avez-vous pas dit que Severus était arrivé ?

Une moue légèrement boudeuse fronçant les ailes de son nez fin, un ton de reproche feint, elle représente tout ce qu'il déteste chez une femme. Manipulatrice et imbue de sa personne, Godway pourrait ressembler à n'importe quelle catin qui aurait eu la chance de naitre dans une noble lignée, la richesse et la beauté en prime.

- J'ai croisé votre neveu qui m'a indiqué qu'une personne des plus intéressantes venait d'arriver au manoir – ses prunelles se posent sur le visage de l'homme en noir – je comprends mieux à présent.

- J'ai la très forte intuition qu'il ne faisait pas allusion à moi Miss, tranche Rogue pour mettre un terme à cette attention insupportable dont il est l'objet.

Il n'a jamais aimé être le centre de ce genre d'attentions : fausses, illusoires… hypocrites. Cela étant, la renvoyer vers « elle » n'était peut-être pas la meilleure des choses à faire. Il le comprend dès lors qu'il aperçoit les yeux azur se plisser et la lèvre supérieure de Godway se retrousser légèrement dans une grimace plus qu'explicite. La remarque cinglante ne tarde pas à suivre.

- Pour… ça ?

Les mots semblent lui écorcher la langue. Elle la détaille de bas en haut avec une condescendance non dissimulée. Les pupilles inquisitrices se posent sur le poignet qu'enserrent les longs doigts pâles.

- Ne me dites pas que le bon gout des femmes que je vous connaissais a pu à ce point changer ! s'ulcère-t-elle.

Il ne sait pas s'il doit se sentir insulté qu'elle l'ait prise pour sa « cavalière »… surement… Il oublie de répondre, les onyx rutilants braqués sur la figure qui il y a à peine quelques minutes était celle d'une jeune fille aux portes des premiers émois amoureux. Il n'en reste plus trace à présent. Les billes fauves sont fixées sur celle qui l'insulte à demi-mots, le visage farouchement fermé. Dressée de toute sa hauteur, c'est à son tour de regarder son vis-à-vis de haut. Ses traits sont figés dans une neutralité déconcertante. Pourtant, le dédain qu'ils expriment est palpable.

A ce moment précis, dans un égarement passager, la place qui est la sienne, la tenue qu'elle porte, tout ça lui parait presque incongru. Un observateur extérieur pourrait s'étonner de la dignité de ce maintien chez une banale servante, et de la vulgarité des manières d'une aristocrate de bonne famille si richement parée. La scène est cocasse, la commissure de ses lèvres se hausse en un rictus moqueur : e flegmatique hypogriffe face au corniot à trois têtes enragé. Elle parait tellement plus grande que cette poupée de porcelaine ridicule…

Il lâche la manche sombre d'un geste vif. Trop vif… Foutaises ! Tout chez elle n'est que façade. Comment pourrait-elle encore maintenir l'illusion de la dignité après le spectacle pathétique qu'elle a offert un peu plus tôt ?

Il sait qu'elle ne répondra pas elle-même à la question qui ne lui a pas été posée même si l'envie lui consume les entrailles. Et curieusement, il n'a pas envie d'apporter cette satisfaction à Vivian Godway lui-même.

- Elle est là pour le service.

L'intervention de Lucius est pour une fois, bienvenue.

- D'ailleurs, nous allions la conduire en cuisine pour qu'elle y prenne ses instructions, continue-t-il manifestement désireux de dissiper le malaise. Viens !

Elle ne l'entend pas, le regard gelé sur la main qui maintenait encore fermement son bras il y a quelques secondes. Les sourcils légèrement froncés, les iris se lèvent sur le pâle faciès de son propriétaire. Il ne peut s'empêcher de penser qu'il y a quelque chose de dérangeant dans ce regard. Quelque chose qui ne le laisse pas serein. Quelque chose qui ressemble à une interrogation, à un reproche ?… Il lui adresse une œillade chargée de mépris avant de se détourner d'elle. Derrière lui, il entend ses pas et ceux de l'elfe s'éloigner.

Vivian Godway s'empresse de passer un bras sous le sien et lui tend une flûte de champagne qu'il refuse d'un mouvement de tête. Il sait d'ores et déjà qu'elle ne lui laissera aucun répit. Il ne se sent pas tranquille.

- Je vous sens absent Severus, rechigne-t-elle au bout d'un moment. Vous n'êtes tout de même pas inquiet pour cette petite souillon ?

Le souvenir de ce regard semble imprimé sur ses rétines. Il éveille en lui une aigreur amère.

- Nous allons sûrement la voir apparaitre d'ici peu. J'ai cru comprendre que Lucius avait procédé à une sélection rigoureuse parmi ses domestiques en vue de cette soirée. Il est en manque de personnel de service et aussi laide soit-elle, un être humain présente toujours mieux qu'un elfe de maison.

Le babillage incessant ne fait que commencer, la soirée promet d'être longue.

Il a fait en sorte de se joindre à un petit groupe de mangemorts afin de ne pas être contraint de répondre à chacune des futilités qui sort de sa bouche. Godway a l'air aux anges : elle peut enfin s'exhiber au bras de celui qu'elle n'a jamais réussi à mener dans ses filets jusqu'à aujourd'hui tout en étant l'objet de mille et une flatteries plus grasses que la panse de ceux qui les lui dispensent. Absent, il étudie les convives, reliquat de sa condition d'espion sans doute. Il ne se formalise pas des niaiseries qui irriguent ses trompes d'eustache tant qu'il obtient ce qu'il attend d'elle in fine… Rien autour de lui ne lui parait digne d'intérêt, il s'ennuie et ça l'agace. Parce que lorsque Severus Rogue s'ennuie, il pense… et ses pensées sont centrées sur un sujet dont il ne comprend pas pourquoi il l'obsède. Il a horreur de ne pas comprendre ce qui lui arrive. Ne pas comprendre c'est abandonner toute idée de contrôle, c'est ouvrir une brèche… et la première – et dernière – brèche qu'il a un jour eu la faiblesse de laisser s'ouvrir a eu les conséquences d'un séisme de magnitude 9.

Il se flagelle mentalement : pourquoi extrapole-t-il autant ? Il n'en est pas rendu à ce stade. Toutefois, il déteste quand quelque chose le travaille sans parvenir à en saisir le sens, ça l'obsède, l'irrite au dernier point.

Il en est là de ses réflexions tortueuses quand une voix féminine qu'il ne connait pas lui propose à boire. Le temps de refaire surface, il se retrouve nez à nez avec un large plateau d'argent sur lequel reposent plusieurs verres à pieds remplis d'un liquide bordeaux. Il ne lui serait pas venu à l'idée de détourner sur elle son regard si la réflexion de Mulciber n'était parvenue à ses oreilles.

- C'est que Lucius à du goût. Le service est fort sympathique vous ne trouvez pas ? dit-il en ponctuant sa remarque d'un rire dégoulinant de lubricité.

- Elles en ont de la chance de porter de si jolies tenues les petites soubrettes de ce bougre, renchérit Travers.

- Ce qu'elles ont sur le dos a du coûter bien plus cher que leur misérable peau, renifle Vivian Godway avec dégoût.

- Vous pensez Miss, il y a pourtant assez peu de tissu. Lucius devient bien généreux avec la vermine.

- Je pense que c'est avec ses invités qu'il a voulu se montrer généreux, corrige la jeune femme contrariée. A voir la façon que vous avez de dévorer cette pauvre fille des yeux, on peut dire qu'il a réussi. J'imagine que Narcissa doit apprécier…

Il n'a pas pris part à l'échange, occupé à détailler la tenue de la jeune fille aux cheveux blonds. Un uniforme de gouvernante britannique des années 70, revu et corrigé pour ce qui pourrait être d'assurer un room service très privé : un col ourlé de dentelles blanches largement échancré laisse apercevoir la naissance d'une poitrine qu'il devine généreuse, des gants blancs remontant jusqu'à mi bras, une coiffe traditionnelle ornant un chignon flou aux mèches vaporeuses, un ras de coup en dentelles noires qui répond à la perfection à la jarretière similaire fixée sur sa cuisse que laisse percevoir une robe noire fluide et trop courte. Une paire de bottines à talons hauts complète une tenue trop érotisée pour être fonctionnelle.

Voilà une donnée que Lucius avait omis de préciser en lui demandant d'emmener sa domestique afin qu'elle prenne part au service. Il entend déjà la voix suffisante lui rétorquer : « ce n'était qu'un détail insignifiant Severus », et sent ses doigts se serrer. Il ne peut s'empêcher de balayer l'immense salle des yeux sans être capable de déterminer s'il préfère l'apercevoir ou non. La perspective de la savoir sans cette fosse peuplée de prédateurs, affublée de cette tenue ne lui plait pas.

- Tu penses que les heures supplémentaires sont comprises dans le service ? demande Nott qui peine à retenir le filet de salive qui menace de choir sur le décolleté de la malheureuse servante.

- J'imagine qu'en faire monter une ou deux dans les chambres peut se négocier avec le « patron », hasarde Avery.

- Alors essaye de mettre la main sur une brune, je les préfère plus piquantes !

La tournure que prennent les choses lui déplait fortement.

Sans prononcer un mot, il profite du soudain engouement qu'a suscité l'arrivée de leur nouvelle proie pour fausser compagnie à ses compagnons. Il n'a pas parcouru cinq mètres qu'on le retient par la manche. Vivian Godway n'a apparemment pas gouté l'orientation nouvelle de la conversation et ne semble pas disposée à le laisser s'éclipser aussi facilement.

- Vous ne pensez tout de même pas que je vais vous laisser me faire faux bond ? lance-t-elle en balayant du revers de la main une anglaise noire par-dessus son épaule.

Ce comportement puéril commence à l'agacer. Il empoigne avec vigueur la main agrippée à sa manche et l'oblige à lâcher prise. Outrée, elle récupère son poignet qu'elle commence à masser en émettant un gémissement plaintif. Il s'approche si près de son oreille qu'il peut apercevoir la chair de poule se former sur la peau de sa nuque.

- Il n'est pas dans mes plans de vous laisser me filer entre les doigts, murmure-t-il d'une voix rauque et dure. Je compte bien conclure notre… conversation à mon retour.

Il est si près qu'il sent le tressaillement qui parcourt son corps ainsi que l'irrégularité de son souffle. Il sait qu'elle ne le suivra plus. Il recule d'un pas et plonge ses yeux dans les siens. Ses pupilles dilatées par le désir, le sang aux joues, elle sera obéissante.

- Pour lors, j'ai à faire, ne me suivez pas !

Sans un regard en arrière, il la laisse là et reprend son chemin en direction des cuisines en espérant qu' « elle » y sera encore. Par chance il connait le manoir comme sa poche. Il lui a déjà fallu près de dix minutes pour s'extirper de la salle de réception sans bousculer les convives, si en plus il n'était même pas sûr de la direction à emprunter…

En avançant dans la pièce adjacente, un boucan métallique quelque peu étouffé attire son attention. La porte du fond s'entrouvre alors et une coupelle d'argent roule sur le carrelage de marbre gris tout en déversant son contenu. Une main gantée de blanc passe le panneau de bois afin de la rattraper et une longue mèche de cheveux bruns vient balayer un carreau. Il accélère le pas : c'est elle !

- Vous ne devriez pas vous mettre dans une telle position, laissez-moi vous aider.

Il s'arrête net : c'est lui !

- Non, je…

- Voyons, une main aussi délicate ne devrait même pas toucher le sol.

Une main pâle vient se poser sur celle qui maintient l'écuelle et toutes deux disparaissent derrière la porte. Plus aucun son ne parvient à ses oreilles. Il sait que c'est elle, il a reconnu sa voix, ses cheveux. Lui… une bouffée de colère remonte le long de son œsophage. Il retient sa respiration afin de saisir le moindre murmure, quand…

- Vous ne pouvez pas faire ça, arrêtez !

J'espère que ce chapitre vous aura plu. N'hésitez pas à me laisser votre avis, à me faire des suggestions ou encore des critiques constructives. Tous les avis comptent et m'inté et à très vite pour la suite.