Bonsoir à toutes! Un nouveau petit chapitre avant de m'envoler pour le pays d'Harry Potter! J'espère que ce chapitre-ci fera réagir un peu plus de lectrices. Les choses sérieuses vont enfin commencer mais avant ça;
RAR:
Calimanga: Merci beaucoup pour ton gentil commentaire. J'espère que la suite ne te décevra pas.
Laorah: Oui, j'essaye autant que faire se peut de conserve une cohérence dans le personnage. Même s'il ne se donne pas à voir sous son meilleur jour, il n'est pas homme à ne pas se poser de question, et contrairement à ce dont il essaye de se persuader, de cas de conscience. Je suis d'accord avec toi: c'était l'option la plus plausible.^^
Magy: Oui ce bal va être riche en... tout plein de choses. Je te laisse voir et me dire ce que tu en penses. Tu ne pouvais pas me faire plus beau compliment que celui-là. ^^ Ne t'en fais pas, si tu as lu mes autres fics (un peu vieilles certes mais je pense les reprendre afin d'enlever ce côté un peu mièvre de mes débuts d'il y a ... houlà presque 10 ans!), tu constateras que Snape ne se change JAMAIS en guimauve dégoulinante!^^
Zign: Bon, puisque tu insistes et que tu affirmes parler au nom de chacun, alors je te concède ce petit chapitre! ;)
Chapitre 27 : Un goût de possessivité
Il est dix heures du matin lorsque l'on sonne à la porte. Elle pose sur la table basse du salon le plateau qu'elle a entre les mains et se dirige en direction du couloir.
- Non ! l'arrête son Maître. Tu restes ici. Zini, vas-y !
- Bien Professeur Rogue Monsieur.
Alors qu'il regarde la petite silhouette s'éloigner, il sent le regard brun picoter son visage. Il ne lui accorde aucune attention mais il sait malgré tout que ce n'est pas la surprise qui habite ses prunelles : elle sait parfaitement qui est derrière cette porte et ne pouvait décemment pas s'attendre à ce qu'il les laisse seul ensemble ne serait-ce qu'une seconde de plus que nécessaire. Non… il est prêt à parier que c'est une lueur de défi qui irradie les iris cannelle… peut-être teintés d'un soupçon de moquerie… Mais certainement chargés en ironie.
Peu importe. Il ne cèdera aucun avantage à ce bellâtre du dimanche. Pas sur son propre terrain ! Il devra d'abord passer par lui avant de l'emmener et il ne compte pas lui rendre la tâche plus agréable qu'elle ne devrait l'être.
Un claquement de porte et quelques pas se rapprochant plus tard, il se tient dans l'embrasure du salon, tout sourire. Il n'a pas besoin de se tourner vers sa domestique pour se rendre compte qu'elle ne le regarde plus. Il aurait cru qu'elle se montrerait moins « démonstrative » avec ce qu'il a fait la veille… qu'elle serait encore sous le choc. A moins que ce ne soit sa façon à elle de lui faire comprendre qu'elle va lui faire payer…
- Bonjour tout le monde ! lâche le nouvel arrivant d'une voix conquérante.
Il sent d'ores et déjà sa mâchoire se crisper. Cache-t-il son manque de confiance derrière une apparente assurance ou bien n'a-t-il définitivement aucune pudeur ?
- Comme convenu avec mon oncle, je passe vous emprunter cette merveilleuse demoiselle pour la journée, minaude-t-il en esquissant une révérence ridicule.
« Merveilleuse »… Hypocrite !
- N'ayez crainte, je vous la ramène dès que nous aurons terminé de procéder aux préparatifs pour la soirée de demain. Bien évidemment, il faudra que vous me laissiez procéder à quelques changements d'ordre… physique, laisse-t-il entendre en adressant au maître des lieux un sourire forcé.
- Tant qu'ils n'ont bien évidemment, rien d'anatomiquement irréversibles… , lui rend-t-il son sourire.
Lui rappeler à qui elle appartient ne peut pas lui faire de mal et il sait qu'il a compris l'avertissement. Le sourire du jeune homme mue en une espèce de rictus moqueur et après un bref affrontement visuel, il s'approche de la jeune femme et s'empare de ses deux mains qu'il porte à ses lèvres.
- Ma chère, nous allons faire de vous la plus éblouissante de toutes les créatures de ce bal !
Tant de miel lui retourne l'estomac. Avec une amertume qu'il ne s'explique pas, il songe que lorsque sonneront les douze coups de minuit, le réveil risque d'être brutal pour Cendrillon.
- J'y pense, continue l'impudent, vous avez habilement esquivé la question lors de notre rencontre mais, je ne connais toujours pas votre nom.
Les onyx se posent sur le visage malaisé de leur domestique.
- C'est que…
- Eleonor, coupe-t-il d'une voix qui couvre les marmonnements de la fille.
Il ne sait pas pourquoi il est intervenu, il ignore pourquoi il s'est senti ce besoin de révéler ce qu'il ne devrait pas savoir mais, l'œillade que lui adresse Malefoy est révélatrice de son intention de ne pas se laisser distancer.
- En voilà un nom plein de noblesse pour une modeste servante…
Cet imbécile ne réalise même pas l'ampleur de sa maladresse. Il note avec une certaine déception qu'elle non plus d'ailleurs. Trop occupée qu'elle est à dévisager l'homme qui n'a pas daigné se lever de son fauteuil à l'arrivée de son « invité », la remarque déplacée ne l'a même pas faite sourciller. Chargés d'une incrédulité teintée d'inquiétude, les yeux bruns sondent les siens, cherchent à comprendre. Sans même la gratifier d'un regard, irrité par cette indifférence au commentaire déplacé du jeune homme, il s'engouffre dans la brèche qu'il a ouverte.
- C'est sûrement parce qu'on reconnaît la valeur d'une maison à l'élégance de ses domestiques…
- L'élégance a parfois de drôles d'origines… et une apparence bien malheureuse.
Il intériorise le sourire carnassier qui démange ses zygomatiques : deuxième faux pas. Ce coup-ci, il est double. Tout à sa réflexion visant à lui rendre la monnaie de sa pièce, il n'a même pas réfléchi à l'impact qu'elle aurait sur elle. Elle, si. Elle observe le jeune homme, sceptique. A l'image de sa famille, Marcus Malefoy n'est visiblement pas très malin.
- Moi aussi je trouve déplorable que la maison Malefoy se fournisse encore en domestiques vêtus de guenilles dans lesquelles transparait toute la misère de cent générations d'elfes qui y ont successivement mouché leur nez… ou peut-être le vôtre.
Si le jeune sorcier se retient de répondre à la provocation, il peut pratiquement voir la fumée lui sortir par les narines. Alors qu'il est encore occupé à le fusiller du regard, l'homme en noir se lève de son fauteuil et s'empare de l'avant-bras de sa servante. Ses mains abîmées glissent de celles de l'intrus. Les yeux bruns bifurquent vers son visage pâle. A voir l'expression qu'ils affichent, on croirait qu'elle se demande ce qu'elle fait là.
- Nous avons une affaire à régler avant que je ne vous laisse l'emmener.
Il sent sur lui le regard de l'elfe qui semble dire « Avouez que vous n'êtes pas ravi de la laisser passer toute une journée si bien accompagnée, privée de votre surveillance »… et à dire vrai…
- Zini, tu les accompagneras, ordonne-t-il à la petite créature.
D'abord incommodé, Marcus Malefoy se reprend de justesse.
- Et vous allez survivre toute une journée sans un seul de vos domestiques à portée de main? le raille-t-il.
- Ca étonnera sûrement un sorcier dont le derrière a été langé par les elfes depuis la naissance jusqu'à son trentième anniversaire, mais la plupart des sorciers de bonne constitution sont très capables de se débrouiller sans aucune sorte d'assistanat… c'est en outre ce qui leur assure de ne jamais s'abaisser à convoiter les domestiques des autres.
Les obsidiennes vrillent les prunelles acier.
- Bien, ma chère Eleonor, il semblerait que nous ayons un chaperon pour la journée. Remerciez votre papa de la confiance qu'il vous accorde.
Mais comme il ne réagit pas à la mesquine attaque, elle ne s'en formalise pas davantage. C'est l'emploi de son nom qui la fait tiquer pour la seconde fois. Il voit bien qu'il la trouble. Il tire un peu plus fort sur son bras et met un terme au contact visuel entre les deux jeunes gens.
- Comme je vous l'ai dit Malefoy, nous avons un détail à régler avant que vous ne partiez. Viens ! fait-il à l'égard de la jeune femme.
Elle semble perdue alors qu'elle marche à sa suite dans le couloir adjacent. Cela fait plusieurs secondes qu'ils se sont arrêtés mais, les sourcils légèrement froncés et l'air soucieux, elle ne parait pas se rendre compte de l'attention dont elle est l'objet. Ce n'est qu'après presque une minute entière de silence qu'elle daigne enfin lever sur lui son regard de fillette perdue. Celui qu'il déteste tant ! Celui qui a le don de l'égarer autant qu'elle semble l'être…
- E…
Sa voix chevrote, alors elle referme la bouche. Un nouvel essai :
- Eleonor, articule-t-elle d'une voix rauque.
Il n'avait pas anticipé le trouble que susciterait en elle le fait de redécouvrir son prénom. Il ne rebondit pas.
- D'où cela vous vient-il ? veut-elle savoir.
Incertain de ce qu'il doit répondre, il opte pour la solution de facilité : le sarcasme.
- Ca ne te plait pas ? marmonne-t-il en haussant un sourcil.
- Ca m'est familier. Je crois…
Non, il n'a vraiment pas mesuré l'impact de la bombe qu'il vient de lâcher. Il savait pourtant bien que ce n'était pas une information qu'il devait lui divulguer à la légère. Quoiqu'il en soit, elle a l'air moins préoccupée par l'origine de ce prénom sorti de nulle part que par les flots se souvenirs qu'il semble réveiller en elle.
- Je crois que c'est ça, note-t-elle plus pour elle-même que pour son interlocuteur. C'est mon prénom… c'est celui que mon père m'a donné, confesse-t-elle avec une franchise désarmante.
Elle lève sur lui ses yeux ambrés et parait revenir à la réalité.
- Vous le saviez n'est-ce pas ? Je ne peux pas croire que vous soyez tombé juste par hasard… Comment ? Moi-même je… je l'avais oublié… Comment avez-vous su ?
Dans sa précipitation aveuglée par le désir d'apporter des réponses au torrent de questions qui vient de se déverser dans son esprit, elle s'approche si près qu'il peut désormais appréhender à travers son regard, toute l'ampleur du tourment qui l'agite.
Quelque chose d'inconnu vient peser sur son estomac. Son attention oscille de ses prunelles à sa bouche qui esquisse une moue inconsciemment suppliante. Il a réussi l'exploit par cette révélation qui le plonge dans une situation inextricable, de se sortir de celle toute aussi délicate dans laquelle il s'était mis la veille. Il songe avec une certaine irritation qu'il a une fâcheuse tendance à cumuler les faux pas ces derniers temps. Son agacement est renforcé par cette autre habitude qu'il a prise de se trouver… « agité » du fait de chacune de leurs proximités…
La voilà sa porte de sortie. En un clin d'œil, il réduit à néant l'espace qui sépare leurs deux corps et en prenant bien garde à ce que les pupilles de la jeune femme soient plongées dans les obsidiennes, il susurre à quelques centimètres de son visage.
- La passoire qui te sert de cerveau m'étonnera toujours, lâche-t-il méprisant. Tu as déjà oublié ce que je t'ai dit hier soir ?
Elle cligne des yeux alors que le rose lui monte soudain aux joues. Il pose deux doigts à la base de son cou pour appuyer son propos. Elle grimace. Il continue.
- Tu es à moi. Je connais tout de toi et ce que je ne connais pas encore est à portée de main. Il me suffit simplement de la baisser, murmure-t-il et joignant la parole au geste, il défait le premier bouton de sa robe.
Les joues marquées se tintent fortement de rouge alors qu'elle retient sa respiration. L'échappatoire est triviale, puérile, mais elle a le mérite d'exister et pour l'instant, c'est tout ce qu'il demande. Elle lui laisse un répit suffisant. Son inconfort lui fait oublier sa question… pour le moment.
- Si tu l'oublies, – il se penche vers son oreille et sa lèvre inférieure en effleure le lobe dans un dérapage parfaitement maîtrisé – je saurais te le rappeler.
Elle ne prononce pas un mot, il la sent tétanisée. Elle ne parvient pas à réprimer le frisson qui la traverse malgré tout. Son but atteint, il se redresse et saisit fermement son menton dans sa main.
- Ca vaut pour lui aussi, précise-t-il en captant les pupilles transies. Je ne perdrai pas !
oOoOoOo
Il a beau savoir que la présence de Zini à leurs côtés le dissuadera d'adopter un comportement trop entreprenant, il doit quand même s'avouer que cette journée lui aurait paru moins longue s'il l'avait gardée ici à Spinner's End.
« Parce que tu as besoin de compagnie toi maintenant ? »
Il a arrêté de répondre aux intrusions schizophrènes. La vérité c'est que même s'il ne troquerait ses paisibles moments de solitude contre aucune compagnie au monde, il déteste être dans l'attente. Or cette solitude là est bien synonyme d'attente. Il attend. Il a attendu toute la journée. Il s'est occupé comme il a pu, parfaisant les dernières mises à jour de son cours pour la rentrée, avançant ses recherches le maximum qu'il pouvait, s'assurant que son stock de potions personnelles ainsi que celui de l'école étaient bien remplis… Mais il n'a jamais été homme à remettre au lendemain et même si d'ordinaire il trouve toujours à s'occuper, force est de constater qu'il n'avait objectivement rien à faire qui soit en mesure d'accaparer son esprit suffisamment longtemps.
Il termine de griffonner quelques notes sur un parchemin froissé, résultats d'une expérience qu'il mène depuis plus de deux heures, lorsqu'un crac sonore se fait entendre dans la pièce attenante. On frappe à la porte. Il n'a pas besoin de demander pour savoir que Zini a transplané afin de lui annoncer leur arrivée imminente. Il pose sa plume et sort de son bureau. Zini est déjà dans le salon et alors qu'il se dirige vers une lourde étagère pour y déposer quelques volumes, il entend des voix en provenance du palier.
- Vas-y ! ordonne-t-il à l'elfe tout en notant l'animation de la conversation qui a l'air de se tenir devant sa porte.
Quelques secondes plus tard, Malefoy fait irruption dans son séjour, un large sourire barrant son faciès anguleux. Un sourire qu'il n'aime pas.
- Vous auriez dû me dire que Miss Eleonor avait un tel sens de la répartie Severus ! lance-t-il d'une voix guillerette.
Miss Eleonor… Severus…
- Nous avons vraiment passé une excellente journée, n'est-ce pas ? fait-il en se retournant.
Il souhaite qu'elle n'ait pas été aussi bonne qu'il voudrait le lui faire croire.
- Eh bien mais où êtes-vous ? Ne vous cachez pas voyons !
Il s'écarte du passage et révèle sa domestique qui s'avance de quelques pas. Si deux minutes plus tôt ils discutaient avec entrain, il n'y parait plus. La première chose qu'il remarque c'est que son visage est aussi fermé qu'à l'accoutumée. Mais lorsqu'elle quitte l'obscurité du couloir pour pénétrer complètement dans le salon, il ne peut pas manquer le changement. Dans son regard, brille une lueur qu'il connait pour la voir chaque année dans les yeux des nouveaux admis à Poudlard… Ce ne sont pas les modifications d'ordre esthétique qui le frappent le plus. Ils sont pourtant notables et plutôt seyants. Ses cheveux ternes et abîmés paraissent plus brillants, leur aspect soyeux inciterait presque au toucher. La longueur a été coupée et égalisée à différents niveaux suivant les contours de son visage jusqu'en bas de son dos. Son visage… bien qu'il ne mette pas non plus le doigt sur les artifices qui le couvrent, il perçoit qu'il n'est pas nu. Ses yeux sont légèrement dessinés, ses cils noirs plus épais. La souillon, éteinte et négligée a laissé place à une jeune femme presque ordinaire et il doit admettre que le résultat n'est pas déplaisant.
- Nous avons procédé à quelques discrets petits essais pour la réception de demain. Cela vous plait-il ?
Sans laisser la moindre pensée transparaitre sur son visage, il tourne la tête vers le jeune homme. Il sait que tout le temps qu'il a passé à étudier les changements dans l'apparence de sa servante, lui, l'a passé à traquer la moindre expression que trahiraient ses traits… vainement. Ca ne lui a pas échappé. Cela étant, il le sous-estime grandement s'il pense déceler quoi que ce soit de cette façon-là.
- Monte ! lance-t-il à la jeune femme sans pousser plus avant son examen.
L'intrus aux cheveux gominés pouffe moqueusement.
- Que ça me plaise ou non n'est pas l'objet de cette mascarade à laquelle vous vous livrez.
- Vraiment ? répond son vis-à-vis avec un haussement d'épaule. Je n'ai pourtant pas eu l'impression que vous détestiez. Qu'en penses-tu Zini ?
Du coin de l'œil, il entrevoit les mains grises et ridées se tordre d'embarras. La mimique arrache un rire narquois à l'impétueux personnage.
- Nous savons tous dans cette pièce que cette jeune demoiselle ne vous laisse pas totalement insensible, sans quoi vous ne feriez pas autant de façons autour d'une simple bonne.
Severus Rogue arque un sourcil, et tout en croisant ses bras sur sa poitrine, lui renvoie son rictus.
- Je suis un homme moi aussi et quand on voit l'état dans lequel je vous l'ai empruntée, je ne nourris aucun doute quant au fait que sa… « petite transformation » ne vous laisse pas de marbre.
Les deux onyx défient les opales grises sans discontinuer.
- Vous savez, vous n'obtiendrez jamais les faveurs de la princesse que je viens de vous ramener si vous continuez à vous comporter comme un père possessif et irascible… Ce serait presque mignon si ce n'était pas aussi pathétique.
Le persifflage intensifie le rictus moqueur qui orne les lèvres fines du Mangemort.
- Vous sifflez beaucoup serpent, mais le chantier reste encore trop conséquent pour que vous vous enorgueillissiez.
- Ah, vous trouvez ? Personnellement, je pourrais tout à fait me contenter d'une œuvre inachevée comme celle-ci. Soit vous être un homme trop gourmand, soit vous n'avez pas conscience du potentiel qui est le sien.
Oh si il en a conscience, et même en des domaines qu'il ne soupçonne pas. C'est lui qui ne réalise pas que si les buts qu'ils se sont respectivement fixés n'empruntaient pas la même voie, il l'aurait depuis longtemps déjà jeté dehors à coups de Doloris. Cet imbécile arrogant croit sans doute qu'il le tourne en ridicule, que c'est lui qui tient les reines, mais il a simplement besoin qu'il l'emmène à cette soirée, qu'il lui donne cette leçon d'humilité que lui-même ne peut pas lui dispenser. Le constat accablant de son échec et de sa crédulité doit venir d'elle et en cela, Marcus Malefoy n'est qu'un pion interchangeable sur son échiquier. Un pion terriblement suffisant et imbu de lui-même, mais un simple pion malgré tout.
- De façon générale, vous vous contentez des miettes que l'on accepte de vous laisser. Pour ma part, je me satisfais rarement de peu.
- Dites-moi mon cher, qu'est-ce que ça fait de savoir la femme que vous cherchez à soumettre, prête à tomber entre mes mains au moindre claquement de doigts ?
S'il n'en laisse rien paraitre, dans ses veines son sang s'est mis à bouillonner. Ce petit prétentieux… il a néanmoins raison. Si seulement, il n'avait pas besoin de sa « contribution »…
V- ous êtes décidément un grand naïf, lâche-t-il en levant les sourcils.
Sa voix est tellement détachée lorsqu'il se laisse tomber dans son fauteuil qu'elle en laisse son vis-à-vis déconcerté.
- Je pense que vous surestimez l'importance que j'accorde à ce que peuvent penser mes domestiques, tout comme vous surestimez la vôtre dans cette histoire.
Les sourcils blonds se froncent imperceptiblement. Même s'il tente de le dissimuler, il perd en contenance.
- Je n'ai aucunement besoin de me soucier de ce qu'elle peut bien ressentir. Si j'ai envie de quoi que ce soit venant d'elle, je n'ai pas à me livrer aux ronds de jambes hypocrites et roucoulants qui sont votre quotidien… puisqu'elle est à moi.
Il pèse ces quelques mots et constate avec délectation que les traits anguleux se sont raidis. Invoquant un verre de vin d'un geste nonchalant de baguette, il analyse pourtant méticuleusement chaque mouvement de muscle sur son visage.
- Je suis surpris que vous n'ayez pas encore compris que vous ou un autre n'aurait rien changé à la donne, que vous pensiez encore être directement impliqué dans cette histoire alors qu'il est pourtant évident au vu du vécu de cette fille qu'elle aurait été séduite par n'importe quel individu qui lui aurait accordé un minimum d'intérêt.
Les muscles de la mâchoire blafarde se contractent sensiblement.
- Puisque vous perdriez la face quoi que vous fassiez à présent, je peux vous le dire sans crainte : vous n'êtes qu'une marionnette interchangeable destinée à dispenser une leçon qui n'aurait que peu de poids de ma part. Vous servez et ce depuis que vous avez levé les yeux pour la première fois sur elle, mes intérêts.
Il laisse quelques secondes s'écouler afin de laisser le temps à son rival autoproclamé de prendre toute la mesure de ses paroles.
- Votre personne n'a à la vérité que très peu d'importance.
Il voit les poings se resserrer le long du corps du jeune homme resté debout. Ce dernier le toise avec tout le mépris dont il est capable. Qu'il est doux d'avoir enfin cédé à la tentation de faire disparaitre ce sourire hautain de ses lèvres. Il a conscience que c'est elle qui fera les frais de son impuissance actuelle. Mais qu'importe ! La leçon n'en sera que plus marquante.
Il sait qu'il cherche quelque chose à dire, il perçoit sa rage de ne parvenir à rien trouver qui soit à la hauteur du superbe zéphire qui l'a expédié à mille lieues de ses orgueilleuses convictions. Une fois repu du lamentable spectacle de son inaptitude à tenir la distance, il décida qu'il serait de bon de l'achever.
- Vous connaissez le chemin de la sortie, le congédie-t-il en se levant lentement de son siège, lui tournant définitivement le dos. Zini, raccompagne notre invité il a besoin de reprendre des forces pour le bal de demain.
oOoOoOoOo
Cela vous a-t-il plu? J'ose espérer que oui. Faites-moi savoir si vous avez des intuitions sur le bal. L'épisode est imminent. Un tit commentaire pour me motiver? ;)
