Coucou à toutes! Voici l'update de Spinner's end. Je suis désolée pour l'attente. Je prépare un entretien avec mon directeur de thèse qui doit avoir lieu demain après-midi et ça ne se présente pas sous les meilleurs auspices. Priez pour moi! :S Brûlez un cierge et siouplait, soyez là après coup pour me consoler! J'en aurai très certainement besoin! ^^
RAR:
Maya: Je t'avoue avoir pris un certain plaisir à visualiser la scène de toi te jetant sur ton téléphone et te promets que le délai pour le prochain chapitre sera moins long. Merci beaucoup pour ta considération. Ca fait chaud au coeur de voir qu'il y a des personnes attentives qui pensent comme ça! Quelle ambiance crains-tu de perdre avec un séjour à Poudlard? Roh, bébé-chou! *o*... suis toute émue! Mais je prends! Encore merci pour ta présence et détrompe-toi! Rien n'égaye autant mes journées que vos commentaires. Surtout lorsqu'ils sont aussi adorables!
Magy: J'ai beaucoup aimé ta gradation dans la prise de conscience de Severus vis à vis d'Eleonor! J'ai terriblementhâte que tu me donnes tes impressions sur la suite. Merci en tout cas pour tes impressions sur celle-là. C'est vrai que comme l'intrigue s'est jusqu'à présent déroulée à huis clos, je ne pouvais faire ressortir ses sentiments que par un dialogue intérieur puisque vous n'avez pas la possibilité de visualiser les scènes aussi précisément que je les imagine. J'espère en tout cas, te donner suffisamment matière à imaginer! ^^ A très bientôt pour la suite.
Cassandre 8: Yo la revenante! C'est avec plaisir que j'ai vu ton nom s'afficher dans la barre des fidèles! J'attends donc tes impressions sur la suite. Bises Miss.
Chouploum: Merci beaucoup miss! Ton impatience fait plaisir à lire. J'espère que la suite ne te décevra pas. Le prochain chapitre dans très peu de temps si je suis toujours aussi gâtée! ^^
Calimanga: Hmm... romantique... l'emploi du qualificatif me laisse perplexe. Toi aussi je suis sûre d'ailleurs. Serait-ce une pointe de déception? ;) J'espère que non. Sans aller jusqu'à dire qu'il devient romantique, il était peut-être temps au bout de 30 chapitres qu'il réalise certaines choses et surtout que lui aussi a changé dans son approche vis à vis d'elle. Mais n'aie crainte. Il restera parfois un beau salopard!
Zign: Merci tout plein pour cet adorable message Zign. Merci d'être toujours fidèle au poste. Je compte sur toi pour la suite! ;p
Shukrat: Merci beaucoup pour tes reviews la miss, mes réponses en MP.
Bonne lecture à toutes!
Chapitre 31 : un pas en avant, deux pas en arrière
Il entend un gémissement incommodé lorsque les sourcils bruns se froncent. Il met de côté les dernières notes de son programme destiné aux septième année. Elle ne va pas tarder à ouvrir les yeux. Il fait volontairement claquer le tiroir du bureau en le refermant et observe les traits féminins se contracter. Il est bientôt l'heure et il n'aime pas crier. Il n'est pas non plus certain que la réveiller d'une tape sur l'épaule soit une très bonne idée.
« Parce que le contact te rebute peut-être ? »
Précisément. Il n'est pas question de se montrer trop familier après ce qui s'est passé dernièrement. Alors, même s'il ne s'agit pas exactement de rebut à proprement parler, il vaut mieux limiter les contacts.
Le corps engourdi tente de s'étirer sous l'épaisse cape qui le recouvre. De nouveau, le visage se crispe. Si on met de côté la position inconfortable dans laquelle elle s'est endormie, de sérieuses courbatures vont l'accompagner toute la journée durant. Le contrecoup du doloris risque d'être compliqué à gérer.
Il sait qu'elle a ouvert les yeux à l'instant où elle essaye de déplier ses jambes. Un sifflement évocateur franchit ses lèvres quand ses pieds touchent le sol. Il ne la regarde pas mais il sent qu'elle a arrêté de bouger. Elle ne semble prendre conscience de l'endroit où elle se trouve qu'au moment où la cape dont elle était recouverte tombe sur ses genoux. D'un geste brusque, elle la ramène devant sa poitrine pour cacher sa presque nudité. Elle balaye la pièce du regard et si lui ne l'observe pas directement, il sent que les prunelles fauves se sont posées sur sa personne. Il attend encore quelques secondes mais elle n'a pas l'air décidé à effectuer le moindre geste… alors il prend la parole.
- Zini a fait apporter tes affaires à Poudlard, l'informe-t-il sans se donner la peine de sortir le nez des papiers en pagaille qui jonchent son bureau. Dépêche-toi de te préparer, nous avons beaucoup à faire aujourd'hui.
Elle ne se lève pas pour autant.
- Tu es devenue sourde durant la nuit ? s'impatiente-t-il en levant la tête en sa direction.
Les joues rosies, les cheveux en bataille et les yeux hagards, il semble que son cerveau fonctionne à toute vitesse. Elle cherche… la raison de sa présence dans cette pièce. Le pourquoi de cette tenue. Il sait qu'elle retrace le déroulé de la soirée et comprend qu'elle est arrivée à la conclusion qui l'a menée sur ce fauteuil lorsque sa lèvre inférieure s'abaisse légèrement et que ses yeux s'écarquillent. Jusqu'alors braqués sur le faciès cireux, elle a le bon goût de les détourner à mesure que ses pommettes s'empourprent. Soudain, elle resserre l'étoffe contre elle et se lève d'un bond.
- Je… ne me suis pas réveillée, bafouille-t-elle et le phénomène est assez rare pour qu'il comprenne qu'elle est troublée comme jamais. Je vais préparer le petit-déjeuner.
Elle titube jusqu'à la porte.
- Ce n'est pas ce que je t'ai demandé, l'arrête-t-il d'une voix ferme, en contournant l'imposant meuble qui les sépare.
Il n'est plus qu'à un mètre de distance quand elle se retourne. Il ravale le rictus qui lui brûle les lèvres lorsqu'il s'aperçoit que le visage balafré a déjà revêtu son masque de marbre. Compte tenu des circonstances, il est surpris qu'elle parvienne à retrouver une contenance si rapidement. Si lui-même n'avait pas craint que le dérapage de la veille ne complique les choses, il serait presque déçu qu'elle n'en paraisse pas davantage perturbée.
- Pardonnez-moi.
C'est une voix calme et posée, parfaitement maîtrisée qui lui répond. Les yeux bruns sont arrimés aux siens, sans la moindre trace de pudeur. Etre capable de travestir ses émotions avec une telle aisance… si elle gagnait en maturité, cette peste ferait un parfait agent double.
- Pouvez-vous répéter ce que vous attendez de moi ?
Il vrille le regard féminin, agacé, et il le remarque alors. Bien qu'enfoncées au plus profond des siennes, les pupilles de la jeune femme ne le voient pas. Elles sont aveugles, immuablement hermétiques à ce qui les entourent.
Il savait bien… que non seulement la situation ne pouvait pas la laisser totalement insensible mais qu'en plus elle ne pouvait pas donner le change avec cette perfection qui aurait requis une honnêteté totale. Elle s'est déjà enfermée là où il ne peut plus l'atteindre. Elle a senti le danger et a préféré se murer hors de sa portée… amatrice !
- Nous partons dans une heure. Tâche de te débarbouiller et te vêtir correctement, lâche-t-il en la détaillant de la tête aux pieds d'une manière dont il sait qu'elle va la plonger dans l'embarras.
Irrité par cette retenue qui est la sienne alors qu'il la sait fébrile, il plaque sa main au-dessus de sa tête et réduit brusquement la distance qui les sépare. Les paupières de la jeune femme clignent plusieurs fois, signe qu'elle peine à conserver son calme. Prise au piège contre le panneau de bois, il entend ses ongles crisser contre le pin. Quand l'espace entre leurs deux visages est si restreint qu'il peut sentir son souffle sur ses lèvres, elle détourne vivement la tête. Un mince mais néanmoins triomphant sourire étire la bouche de l'homme. La respiration de l'arrogante se fait tremblante quand il effleure la marque violacée à la base de son cou. Les lèvres fines se détournent de sa nuque quand la chair de poule gagne la peau brune et viennent s'attarder contre son lobe. Un geignement de pur délice lui confirme que la partie est terminée et il n'a pas besoin de la toucher pour savoir que son corps encore chaud du sommeil dont il a été tiré, s'est raidi. Il a remporté la bataille.
- Mauvaise actrice, murmure-t-il à son oreille avant de reculer.
Elle n'ose plus croiser son regard et c'est sans demander davantage de précision qu'elle se précipite hors du bureau.
oOoOoOoOoOo
- Y a-t-il autre chose pour le plaisir du Maître ? demande la petite elfe de retour de l'école.
- Tu en as mis du temps pour une simple livraison de bagages, fait-il remarquer avec aigreur.
- Zini avait une course à faire sur le chemin de traverse.
- Une course… répète-t-il dubitatif. Une course qui ne pouvait, j'imagine, pas attendre que nous nous y rendions tout à l'heure ?
- Le Maître n'aurait pas aimé être associé à cette course, attise-t-elle davantage sa curiosité. Le Maître n'aurait pas non plus aimé être associé à Zini d'ailleurs.
Maudite elfe !
- La jeune demoiselle n'est pas encore prête ? interroge-t-elle en inspectant la pièce comme si elle espérait la trouver tapie dans un recoin sombre.
- Va voir ce qu'elle fabrique ! Il est déjà neuf heures passées et elle se fait toujours attendre.
- Alors qu'il aurait été tellement plus simple pour le Maître de vérifier à travers le miroir, laisse-t-elle échapper.
Les yeux noirs se plissent.
- Je te demande pardon ?
Il s'est presque étranglé avec sa propre salive lorsque l'énervante créature a prononcé ces mots. Elle ne peut tout de même pas…
- Zini se disait simplement que le dispositif mis en place par le Maître du temps où il hébergeait Mr Pettigrow pouvait encore s'avérer utile, déclame-t-elle de son air le plus innocent.
La remarque n'est sûrement pas le fruit du hasard. S'il ne peut se permettre d'éveiller davantage de soupçons dans l'hypothèse où il ne s'agirait pas d'une insinuation vicieuse, il se retient à grand peine de l'interroger plus avant. Les elfes de maison ne sont-ils pas censés être des créatures craintives dont la simple idée de manquer de respect à leur maître les pousse à s'écraser la tête contre des tisonniers incandescents ? Si elle a besoin d'aide…
Sans compter qu'il a déjà envisagé le procédé... Elle n'a cependant toujours pas quitté la salle de bains.
- Trouve-la et presse-la d'en finir ! Je suis fatigué d'attendre.
- Bien Monsieur.
Il est en train de siroter une tasse de thé dans le salon, plongé dans la dernière édition de la gazette du sorcier quand il entend les bruits de pas dans les escaliers. Il avale une nouvelle gorgée alors qu'elle fait son entrée dans la pièce. Il ne lève pas les yeux de son journal lorsqu'il s'adresse à elle d'une voix monocorde.
- Tu as pris le temps.
- Il m'en a fallu pour effacer ce qu'on m'avait mis sur le visage, commence-t-elle d'une voix pondérée, et les perles s'étaient prises dans mes ch…
- Je me fiche de tes excuses, l'interrompt-il.
- Je ne cherche pas à me justifier… Monsieur, je vous explique simplement la raison…
Elle s'arrête net quand il replie le journal sur ses genoux afin de la jauger de bas en haut. Quittant son fauteuil, il fait quelques pas vers elle et continue son inspection, les mains croisées dans le dos.
- Ca ira, déclare-t-il au bout d'un moment. Zini, appelle-t-il.
- Puis-je… vous demander pourquoi je dois porter cette tenue et où nous allons ? tente-t-elle.
- Tu n'as pas posé tant de questions quand Marcus Malefoy t'a si ridiculement parée, répond-t-il en étudiant de plus près les vêtements de sa jeune servante.
- Sans vouloir vous manquer de respect, répond-t-elle d'un ton qui trahit l'idée contraire, chaque fois que vous m'avez emmenée quelque part, les choses se sont plutôt mal terminées pour moi… aussi et si ça ne vous fait rien, j'aimerais savoir.
En y regardant de plus près, il peut noter les légers frémissements de son corps sous le chemisier de craie. Se tenir droite semble être une torture. Rien d'étonnant à ce qu'elle soit mâchée comme une vieille pomme après la soirée qu'elle a passé.
- Tes vêtements ne te conviennent pas ? interroge-t-il narquois. Ca manque sans doute de rubans et de velours…
- Il m'a pourtant semblé que les rubans et le velours ne vous répugnaient pas, se contente-t-elle de répliquer calmement.
Serait-ce une allusion à ce qu'il a fait la nuit dernière ?
- Pour ma part, ne lui laisse-t-elle pas le temps de réagir, je préfère la sobriété. C'est simplement qu'ils ne ressemblent pas à ceux auxquels j'ai été habituée jusqu'alors.
- Adresse tes doléances à Zini, c'est elle qui les a choisis.
- Elle a bon goût, relève-t-elle en plissant le tissu fin de son chemisier entre ses doigts. Je me demandais juste pourquoi un tel changement.
- Si tu m'avais écouté ce matin plutôt que de t'enfuir, tu en connaitrais la raison.
- Oui Monsieur ? couine l'elfe qui pour une fois arrive à point nommé, une cape fluide entre les bras. Vous avez appelé Zini.
- Nous partons, lance-t-il en empoignant lui-même la sienne. Retourne au château et assure-toi que tout est prêt.
La créature drape la jeune femme dans le vêtement qu'elle a apporté avant de s'éclipser.
oOoOoOoOoOo
Elle se dégage de sa prise sur son avant-bras et titube sur quelques mètres en respirant bruyamment. Il lui jette une œillade goguenarde par-dessus son épaule alors que courbée sur elle-même, elle peine à reprendre ses esprits.
- Il va falloir t'y habituer, déclare-t-il nonchalamment en consultant une petite liste qu'il a tiré de la poche de sa veste.
- Je ne vois pas pourquoi, se rembrunit-elle en lui lançant un regard en biais. Les gens normaux se déplacent normalement.
Voilà le cœur du problème… il va falloir qu'elle apprenne à penser différemment si elle doit évoluer dans ce monde. Il fait demi-tour en fourrant le morceau de parchemin dans la poche de sa cape et sans préavis, s'empare de son menton qu'il redresse rudement. Les prunelles brunes passent de la surprise à la peur en une fraction de seconde. L'espace d'un instant, il reste silencieux. Il ne devrait pas être décontenancé par les expressions changeantes de cette fille, pourtant le regard craintif lui remue les entrailles. Il s'attendait à le rencontrer farouche, empli de reproches et de haine à son égard. Pourquoi diable le fixe-t-elle de cette façon ?
- Arrête !
Bien qu'il ne reste plus rien de la poupée de cire de la veille, ce regard… est le même que celui qui lui a fait perdre la raison la nuit passée.
- Tu ferais mieux de te faire au transplanage ou bien tu risquerais d'y laisser des morceaux quand tu le pratiqueras de manière autonome, coupe-t-il court aux pensées déviantes.
Les pupilles s'agrandissent. Elle cherche à comprendre le sens de sa phrase mais il ne lui laisse pas l'occasion de s'attarder sur la question. Il ne peut pas se permettre le luxe d'une dérive incontrôlée, qu'il s'agisse de se laisser consumer par cette rageuse envie qui lui brûle les entrailles ou de lui permettre d'attirer l'attention des sorciers alentours. Il resserre ses doigts autour de son menton et approche son visage du sien. Elle gémit et porte une main au bras de l'homme dans l'espoir de lui faire lâcher prise.
- Pas maintenant ! avorte-t-il sa réaction. Regarde autour de toi ! Il n'y a que des sorcières et sorciers. Certains étaient sans doute chez Lucius hier et je doute qu'ils aient déjà oublié l'attraction de la soirée.
Le bras féminin retombe et ses lèvres se pincent. Elle a compris et il sait qu'elle craint par-dessus tout de se trouver de nouveau dans une telle configuration. Il desserre sa poigne et se redresse.
- Ne te fais pas remarquer, achève-t-il avant de tourner les talons.
Cela fait bientôt deux heures qu'ils arpentent le chemin de traverse afin de réunir tous les éléments présents sur cette fichue liste. Il songe avec une certaine impatience qu'il n'a pas choisi le meilleur jour pour s'y rendre. S'il avait procédé comme chaque année, il ne lui aurait pas fallu une heure pour boucler le tout, mais là… deux longues heures et il n'a pas rayé la moitié des articles qui noircissent son pense-bête. Une femme replète visiblement très pressée, le bouscule et manque faire tomber le paquet qu'il tient sous son bras. Elle bredouille de brèves excuses sans même freiner sa course. Un grognement lui échappe. Merlin, qu'il déteste la foule ! S'il avait été sûr que Zini ne commette aucune erreur, il l'aurait également envoyée se procurer ce qui lui manque. Il s'arrête devant la vitrine d'Ollivander et jette un œil derrière lui. A plusieurs mètres de distance, les bras chargés, elle se débat tant bien que mal pour tenter de se frayer un chemin dans cette masse impressionnante. Son regard se reporte sur la devanture… Pas maintenant. Trop risqué. Ils attireraient trop l'attention sur eux. Il ne peut pas se permettre d'être vu avec elle dans cette boutique, ça attiserait des soupçons, et s'il l'y envoie seule, elle est capable de revenir sans. Quelle plaie que cette enquiquineuse ait développé une telle aversion pour la magie !
Il passe son chemin et quelques trois heures plus tard, il a terminé ses achats. Il l'entraine alors dans une allée sombre, à l'abri des regards et s'empare du paquet qui monopolise sa main gauche. Alors qu'elle lui adresse un regard interrogateur, il tend le bras en sa direction.
- Accroche-toi ! intime-t-il.
Il lit l'inquiétude sur son visage.
- Encore ?
- C'est la dernière fois aujourd'hui, la rassure-t-il et il est le premier surpris de l'absence de rugosité dans sa voix.
Les doigts fins s'arriment à sa manche et c'est alors qu'il la remarque. La bague à son annulaire. Elle ne l'a pas enlevée. Il est impossible qu'elle n'ait pas noté sa présence, néanmoins, elle ne lui a posé aucune question quant à sa provenance. Les yeux rivés sur l'onyx, il songe qu'il serait préférable d'éclaircir les choses avant qu'elle décide de s'en débarrasser ou pire qu'elle se mette en tête – et ce serait fort possible au vu des derniers évènements – qu'il s'agit d'un présent de sa part.
« D'un collier tu veux dire… quelle ingénieuse façon de la tenir en laisse ! »
Ce n'est qu'un sceau… autrement plus efficace que la pitoyable tentative de ce sorcier de seconde zone…
Avant que lui-même se mette à douter, il serait judicieux de tirer tout ça au clair dès leur arrivée à l'école.
Elle s'écrase lourdement sur le plancher, face contre terre. En émettant une plainte d'animal blessé, elle se redresse en prenant appui sur ses mains dont les paumes sont écorchées. Il laisse échapper un ricanement mauvais en s'accroupissant sous son nez afin de rassembler les paquets qu'elle a éparpillés un peu partout sur le sol. En avisant l'égratignure au-dessus de la phalange de son annulaire gauche, il la met en garde.
- Ne l'abîme pas !
Elle pose sur lui, deux yeux courroucés par un tel manque de tact. Il désigne l'anneau qu'elle porte d'un signe de tête.
- Il remplira mieux son rôle que celui que tu portes autour du cou, précise-t-il.
- Je ne vous suis pas, confesse-t-elle en effleurant la pierre fêlée à travers son chemisier.
Une fois tous les paquets rassemblés, il se redresse et sans l'aider à se remettre sur ses pieds, continue son explication.
- Cet anneau va te permettre de canaliser les émanations incontrôlées de magie le temps que tu parviennes à la maîtriser toi-même.
Elle reste un instant muette. Un silence qu'il a d'autant plus de mal à interpréter qu'il se refuse à la regarder.
- Pourquoi faites-vous ça ?
Il se fige une seconde. L'intonation n'est ni agressive ni réprobatrice…
A dire vrai, il ne sait pas lui-même.
- Parce que tant que tu resteras à l'école, on ne peut pas se permettre que tes « explosions » mettent en danger la vie des élèves, lui apprend-t-il en continuant de ranger quelques sachets dans une armoire de son bureau.
Silence pesant…
- L'école ? bloque-t-elle en lançant des regards inquisiteurs tout autour d'elle. Vous voulez dire que là, nous sommes dans une école ?
Elle avise les vieux livres et les flacons de diverses natures disposés sur ses étagères et ses yeux s'écarquillent. Elle semble comprendre.
- Quel genre… d'école ?
- L'école dans laquelle j'officie et dans laquelle tu apprendras à maitriser tes aptitudes.
Elle se remet d'un bond sur ses pieds. L'origine de la pierre qui orne son doigt ne sera finalement pas, comme il l'aurait cru, un sujet trop épineux.
- Une école de magie ? hasarde-t-elle et à son silence, elle sait qu'elle n'a pas besoin d'entendre de confirmation. Non… Non ! répète-t-elle plus fort.
Ca y est. Elle vient de réaliser.
- Je veux retourner à Spinner's End, avance-t-elle paniquée.
Elle a le regard d'un animal apeuré, traqué.
- Je veux rentrer, je continuerai à m'occuper de votre maison…
S'il avait un jour pensé qu'elle mettrait autant de bonne volonté à se plier à la tâche…
- Pour l'année à venir, c'est ici chez moi, la coupe-t-il.
- Zini… Zini…
- Poudlard est largement fourni en elfes de maison. Zini ne sera d'aucune utilité ici, pas plus que tes services.
Les prunelles perdues accrochent le regard d'acier.
- Alors… qu'est-ce que je fais ici moi ?
- Je te l'ai déjà dit. Tu vas apprendre.
Passé le choc de la révélation, un léger ricanement s'échappe de ses lèvres pales alors qu'elle s'entoure de ses bras, comme pour se réchauffer dans un antre trop froid.
« Se rassurer en milieu hostile, tu veux dire… »
- Je suis trop vieille pour intégrer une école, avance-t-elle avec l'espoir vain d'emporter la conviction.
- Tu ne seras pas sur les bancs de l'école avec les autres. Je t'apprendrai.
- Quoi ?
Il tente de ne pas se formaliser de la tétanie qui a engourdi le corps féminin à l'annonce qu'il serait, lui, son professeur.
- Bien évidemment, tu ne resteras pas ici gratuitement.
- Je vais devenir la domestique de cet endroit ?
Il pouffe légèrement. Elle ne saisira le grotesque de sa question qu'une fois qu'elle aura visité les lieux.
- Il y en a suffisamment au château.
- Château ?
- Tu sais lire alors tu te rendras utile à la bibliothèque. Les dispositions ont déjà été prises, tu commences demain.
Les yeux écarquillés rivés au sol, elle porte les mains à son visage et frotte vigoureusement ses paupières.
- Une minute ! Je ne veux pas apprendre à… devenir un monstre. Et puis pourquoi soudainement proposer de m'enseigner ?
- Ce n'est pas une proposition. Tu te plieras à ce que j'édicte. Il n'y a pas matière à discussion.
- Non ! s'écrie-t-elle en fonçant sur lui. Qu'est-ce qui se passe ? J'ai été promue depuis hier ?
Effrontée…
- C'est ça ? C'est une façon de vous assurer de pouvoir recommencer en toute quiétude ou bien une forme d'excuses de votre part ? Vous préférez une putain instruite qu'une esclave inculte ?
Elle tente de le faire abdiquer par la provocation.
Inconsciente !
D'un geste vif, il l'agrippe par le bras et la plaque contre la bibliothèque dans son dos. Plusieurs livres tombent pêle-mêle sur le plancher. Ses mains sont rudes mais son visage reste impassible.
- Si l'envie me prend de recommencer, qu'il soit bien clair dans ton esprit que je n'ai ni excuse à formuler ni compensation à fournir ! Tu m'appartiens.
Il la sent frémir mais les pupilles furieuses continuent de vriller les siennes.
- Je ne le ferai pas, persiste-t-elle.
C'est bien la première fois qu'il rencontre une opposition aussi farouche chez un nouvel apprenti sorcier.
- Je n'ai pas le souvenir de t'avoir demandé ton avis, lance-t-il nonchalamment, déjà las de la conversation qu'il prédit sans fin.
- Je n'apprendrai pas la magie ! réitère-t-elle avec force. Vous perdez votre temps. Je n'apprendrai pas.
Il resserre l'étau autour des poignets féminins et son visage se ferme.
- « Il » est étudiant ici aussi… Si tu as déjà oublié, lui et ses petits camarades ne te feront pas ce cadeau.
Nouvelle gifle pour l'impertinente qui ne daigne pas réagir.
- Ôte-moi d'un doute, murmure-t-il d'une voix doucereuse en réduisant l'espace entre eux, je n'ai pas eu l'impression que tu appréciais franchement ta position hier. Refuser d'apprendre à contrôler tes pouvoirs revient à refuser d'apprendre à te défendre lorsque la situation se reproduira. Parce qu'elle se reproduira ! Les Malefoys sont des sorciers rancuniers qui ne jouent jamais fair-play.
Il marque une pause pour laisser à ses paroles le temps d'infuser dans l'esprit de la jeune femme littéralement pétrifiée.
- Alors explique-moi… si tu es d'accord pour refuser de te défendre, cela signifie que tu n'accordes pas la moindre importance à ce qui pourrait arriver à ce corps qui m'appartient.
Les prunelles brunes suivent le mouvement des doigts noueux qui viennent de se poser sur le col de son chemisier et d'en détacher les premiers boutons.
Toujours pas de réaction…
Il s'approche de son oreille et susurre d'une voix scandaleusement basse :
- Peut-être vaudrait-il mieux que je m'assure de ne pas être doublé dans ce cas.
Ce disant, d'un mouvement habile du genou, il vient s'intercaler entre les cuisses de la jeune femme et profite de la brèche pour coller tout son corps contre le sien. Elle étouffe une exclamation. Il sent les battements affolés de son cœur contre ses côtes, sa respiration haletante, ses cuisses fermement refermées autour de la jambe intruse et ses seins qu'il écrase contre sa poitrine. Malgré son regard alarmé, elle n'esquisse toujours pas le moindre geste.
- Je te l'ai dit hier. Je ne laisserai personne prendre une autre de tes premières fois !
Cette fois-ci la réplique a l'effet escompté. Elle le repousse de toutes ses forces et il la laisse se dégager sans vraiment opposer de résistance.
Il aurait voulu ne pas avoir à en arriver là pour la convaincre. Pas tant parce qu'il a dû la conduire dans ses derniers retranchements, que parce qu'il avait le pressentiment qu'il ne saurait pas gérer cette réaction de rejet, de dégout de sa part.
« A quoi t'attendais-tu ? »
- C'est bien ce que je pensais, lâche-t-il avec un rictus qu'il veut triomphant. Que tu en aies l'envie ou non, tu apprendras…
oOoOoOoOoOo
Voili voilou les louloutes! Merci beaucoup pour vos commentaires au chapitre précédent. Comme dit plus haut si vous me réconfortez gentiment je saurai me montrer docile et rapidement publier la suite! (C'est moi ou ça fait grave pervers!?)
Plus sérieusement, je suggère à ceux qui aiment et suivent régulièrement les nouveautés des pairings "Hermione/Severus" de lire la suite de ma fic qui s'appelle "Souviens-toi, oublie-moi"... peut-être vous semblera-t-elle... disons "familière" comme me l'a fait remarquer une adorable lectrice.
Sur ce, bises à toutes et à, promis, beaucoup plus vite cette fois-ci.
