Chapitre 1 : Un mystérieux miroir

« Alice ! M'écoutez-vous ? »

Au son de cette voix je me réveillais en sursaut. Je levais la tête et vit mon institutrice me jetant un regard des plus noirs.

« Encore une fois Mademoiselle, vous étiez dans les nuages. Trouvez-vous donc que l'histoire de notre pays est ennuyante ?

-Mais cela se résume presque souvent à des guerres contres les pays voisins, fis-je remarquer.

-Insolente ! Mais quel âge avez-vous donc ?

-17 ans madame.

-On dirait que vous en avez 4 ! On m'a dit que vous étiez rêveuse mais je n'imaginai pas à ce point là ! Pensez-vous vraiment qu'avec une telle attitude, vous trouverez un mari ? »

Je ne répondis pas. Personnellement, je ne voulais pas me marier du moins pas maintenant. Ma sœur était mariée depuis quatre ans déjà et avait mis au monde un garçon que ce qui avait fait la joie de sa belle-famille. Je ne me sentais pas lier à ces gens, trop terre à terre mon goût.

« Levez-vous Mademoiselle et regardez-vous dans ce miroir. Vous n'êtes plus une enfant que diable ! »

Je fis que qu'elle me demanda et je me regardai dans la glace.

« Je vois une fille blonde aux yeux bleus. Mais est-ce vraiment moi ?

-Encore ces questions stupides ! Mais évidemment que c'est vous !

-Il me représente physiquement mais montre-t-il ce que je suis vraiment ?

-Oh mon dieu ! C'en est assez ! »

Mon institutrice s'en alla en claquant la porte. Je l'entendis vaguement parler, ou plutôt crier, avec mes parents. Je soupirai. Je regardai par la fenêtre. Il pleuvait très fort. Je pensai vaguement que je n'aurai pas besoin d'arroser mes petits légumes.

Était-ce ma faute si je ne me trouvai point faite pour ce monde ? Je n'avais pas d'amis. Toutes les personnes de mon âge me trouvaient bizarre. J'avais essayé de leur montré mon point de vue mais sans résultats. Je l'admettais, je me sentais très seule. Je me sentais moi-même quand j'étais dans le monde des Merveilles.

Mais encore, suis-je vraiment moi dans le monde des Merveilles ? Tout est si différent là bas…

La porte s'ouvrit. Je me retournai. Mes parents se tenaient là, avec un air contrarié. Mon père prit la parole.

« Alice, vous êtes loin d'être une jeune fille idiote, nous l'avons constaté. Mais vous ne faites aucun effort pour intégrer qu'une femme anglaise doit savoir pour quand elle sera mariée. Car Alice, un jour ce sera à vous de savoir tenir une maison notamment. Et pour fréquenter la bonne société, vous devez connaître un minimum d'histoire de notre Nation ! Sinon, vous serez seule à jamais ! Sans parlez que vous ferez honte à la maison ! »

A ces mots, je sentis mon cœur se serrer.

« Alors, si je ne me marie pas, vous ne m'aimerez plus ? »

Mes parents semblèrent choqués à ces paroles. Mon père continua :

« Bien sûr que non, quelle sottise dis-tu là !

-Nous sommes inquiets pour toi, ma fille, renchérit ma mère. Tu sais que nous ne serons pas toujours là. Nous voulons être sûrs que tu pourras être heureuse.

-Comment être heureuse avec des gens qui me rendent indifférente, que je trouve antipathique mère ?

-Si tu faisais des efforts, certainement tu verrais que nos fréquentations sont de braves gens : »

Je voulus ajouter quelque chose mais je m'arrêtai net. Un feu sortit de nulle part encadrait mes parents. Ils ne semblaient pas le voir et restaient là à me fixer et parler. Ils ne criaient pas pourtant j'entendais des hurlements ! Je tendis la main, attrapai ma mère et me serrai contre elle en fermant les yeux

« Alice mais que t'arrive-t-il ? »

Je rouvris les yeux. J'étais toujours enlacé mais le feu semblait voir disparu et aucune trace de brûlure n'était en vue.

Pourtant, je l'ai vu…

« Je… je… »

Mes parents me regardèrent, inquiets.

« Je ne me sens pas très bien. Mais je vous le promets, je ferais des efforts mais ne me laissez pas ! »

Ma mère mit la main sur mon front.

« C'est bon Alice. Nous te faisons confiance. »

Un domestique arriva à ce moment.

« Madame Newton est arrivée.

-Parfait ! Faites la rentrer ! »

J'ignorais que ma sœur venait nous rendre visite. Je ne la voyais plus aussi souvent que je le voulais à cause de son mari et de son bébé.

Mon cœur battait la chamade, je respirai fort pour tenter de le calmer. Elle arriva, toujours aussi belle et souriante. Je me rendais compte que j'étais un peu jalouse d'elle. Elle était la fille, la femme et l'épouse parfaite.

Je sentis mon cœur se serrer un peu. Je me demandai vaguement si ma famille ne serait pas mieux sans moi. Après le dîner, je me reposais dans le salon. Ma sœur me rejoignit.

« Alice, je sais que tu penses que tu es différentes, tu grandis juste un peu plus lentement que les autres. Mais je sais aussi que quand tu seras une jeune femme, tu seras la désirée de tous. Tu n'auras pas de mal à trouver un mari. Aie plus confiance en toi. Tu es belle, intelligente, tu viens d'un bon milieu, ne t'en fais pas. »

Mais ses consolations ne m'atteignirent pas. Je ne voulais pas être comme tout le monde, je voulais quelque chose que ne se faisait pas sans savoir ce que c'était.

Je lui dit que j'étais fatiguée, lui souhaitai la bonne nuit et montai me coucher.

Je m'allongeai près de la fenêtre. Le ciel était clair, on pouvait apercevoir les étoiles.

Je me demande s'il y a des gens là haut.

Je fermai les yeux. Je sentis une chaleur m'envahir pareille à la lumière du soleil. Mes paupières se levèrent. J'étais revenue au pays des Merveilles.

Je me relevais, je ne portais plus ma chemise de nuit mais robe bleue avec mon tablier blanc.

Je portais cette robe la première fois que je suis venue ici. Pourquoi suis-je toujours habillée de cette façon ? Parce que je pense comme une enfant ? On me traite souvent d'enfant et en même temps on me dit que j'ai un corps de femme. Hum, c'est bizarre.

Sur ces pensées, je me mis en route. J'entendis des pas précipités qui m'étaient familier ainsi qu'une voix inquiète :

« En retard ! Je suis vraiment en retard !

-Pour où ? Pour quoi ?

-Pas le temps ! je suis vraiment en retard ! »

Il me dépassa. Je me demandai si j'allai le suivre mais je n'eus pas l'envie.

Lapin n'est vraiment pas ponctuel, ça au moins je le suis. On ne m'a jamais traité de retardataire, quoique… on m'a dit que je suis en retard par rapport aux autre gens. Serais-je mieux vu si j'étais en retard dans les rendez-vous et pas dans ma tête ? Curieux, plutôt curieux…

Je levai la tête et me rendis compte que j'étais sortie du chemin. Devant moi, se dressait un mur de pierre taillé et qui était légèrement plus haut que moi.

« Je n'ai jamais vu ce mur ! Qu'y a-t-il derrière ?

-Quelque chose… »

Je me retournai et vit un sourire dans les branches.

« Quelle chose Chester ?

-Tout, d'ici je vois des arbres et de l'herbe, ce sont des choses.

-Alors vois-tu quelque chose… d'extraordinaire ?

-Dis moi d'abord qu'est-ce qui est extraordinaire pour toi.

-Eh bien… hum… Bon, y a-t-il autre chose que de l'herbe et des arbres ? »

Je vis Chester fixer au loin et dire :

« Un miroir se tient là-bas.

-Y-a-t-il des habitations ?

-Non seulement le miroir.

-D'habitude un miroir se trouve dans une chambre à coucher.

-Pourquoi ? N'y a-t-il seulement que dans ta chambre que tu peux te voir ?

-Dans mon monde mais ici… Ce miroir montre-t-il ce que nous sommes ? Montre-t-il même quelque chose ?

-Une seule façon de le savoir ? »

Je me tournai. Chester était apparu complètement.

« Mais c'est la première fois que je vois ce miroir entre nous. »

Je n'ajoutai aucun commentaire et m'approchai du mur pour l'escalader tant bien que mal. N'étant pas une grande sportive je tombai lourdement de l'autre côté.

« Rien de cassé ? me demanda Chester.

-Non, ça va. La prochaine fois je prendrais une échelle. »

Je me relevai et m'approchai du miroir. Plus je m'avançai, plus une ombre se formait.

« Tu vois ce que je vois ?

-Pourquoi verrais-je le même reflet ? Nos yeux sont différents. »

L'ombre m'intriguait. Je m'avançai davantage et je m'arrêtai stupéfaite.

Dans le miroir le paysage était dévasté, brûlé, comme si la guerre venait juste de passé. Il donnait des frissons. Il était le contraire de Merveilles qui était si clair, joyeux. Mais étrangement ce ne fut pas cet horrible paysage qui me choqua le plus.

A la place de mon reflet physique exacte, se tenait une jeune fille de mon âge. Elle était brune avec des yeux verts magnifiques mais qui donnait froid dans le dos. Elle était habillé à peu près de la même façon que moi, à part que sur son tablier des taches sang apparaissaient. Cette fille me regardait d'un air aussi perplexe que moi. Avant même que je n'ouvrit la bouche, elle prononça ses mots :

« Qui es-tu ? »