Chapitre 4: Bonjour Mademoiselle Alice
Je courais longtemps puis je me sentis tomber. Je me réveillais, toujours près de la fenêtre. Mon cœur battait la chamade. Je mit la main dessus pour tenter de le calmer. Je ne me souvenais pas d'une aussi grande frayeur. Qui était cette fille brune aux yeux verts si terrifiante et qui partageait mon nom? Une nouvelle partie des Merveilles que je n'avais pas encore vu? Sauf que je n'avais aucune envie d'aller de l'autre côté de ce miroir.
Je rejoignit mon lit et m'endormit. Ce fut la bonne qui me réveilla le lendemain. Elle me souhaita le bonjour. Je le lui rendis.
"Mademoiselle, avez-vous bien dormi?
-Oui, merci."
Je m'habillais pour prendre le petit déjeuner. Ma sœur et mes parents étaient déjà là. Je leur souhaitais bonjour. J'eu l'impression que mes parents me répondirent sur un ton froid. Je mangeais sans grande conviction tandis que ma famille discutait. mon père prit alors la parole:
"Ce weekend, nous sommes invités à un grand pique-nique. Que des gens de la bonne société."
Je sentis mon cœur se serrait, je détestais ce genre de sortie. Et je sentais que mes parents comptaient là-dessus pour me trouver un fiancé "digne" de moi. Je me levais:
"Je vais sortir. Je reviens pour le déjeuner."
Je saisis mon chapeau et mes gants et partis très vite. Je marchai complètement au hasard. Bizarrement ce qui m'occupait le plus l'esprit n'était pas le pique-nique mais cette autre Alice. Que devrais-je faire la prochaine fois? Essayer d'en savoir plus? Malgré la peur, je tenais absolument à savoir.
Des rires me tirèrent de ma rêverie. Je tournai mon regard dans cette direction. Il y avait là mes voisines qui semblaient prendre un brunch sous un arbre. Je pensai à ce qu'avait dit mes parents. Il fallait que j'essaye.
Je respirai un bon coup puis j'allais vers elle. Je les saluait très timidement. Elles me saluèrent.
"Alice, que fais-tu ici?
-Je me promenais et je vous ai entendu. Puis-je vous rejoindre?"
Elles se regardèrent comme si elles ne voulaient pas de moi. Mais Anne Brown répondit:
"Bien sur que tu peux, cela nous fait plaisir."
Je souris et me sentit mieux. Père et mère avaient raison, je devais laisser une chance.
La matinée passa très vite et chacune prit congé de l'autre pou le déjeuner. Je rentrais chez moi ravie. Je racontais tout cela pendant le déjeuner. Mes parents semblaient ravis.
"Père, mère. Elles vont faire des emplettes demain. Puis-je les accompagner?
-Mais bien sur ma chérie, nous sommes ravis pour toi."
Je crois bien que j'étais la plus heureuse. J'avais parlé avec ces filles comme une lady digne de ce nom. Aucune mention des Merveilles. Enfin, je n'allais plus être seule. Et pourtant bizarrement, je me sentais un peu triste mais je savais pourquoi. J'aurais préférée être avec des gens comme moi mais je supposais qu'on ne pouvait pas tout avoir dans la vie. Et qui sait si l'une d'entre elles n'était pas dans ma situation? Avoir peur de dire ce qu'elle aimait. Je le saurais en les connaissant mieux.
Le lendemain, je rejoignis mes amies.
"Bonjour!
-Bonjour Alice, mais qu'est-ce que tu portes?
-Euh... Une robe?
-Mais non, ces motifs ne sont vraiment plus à la mode! Depuis quand tu n'es pas allée faire les courses? demanda Anne Brown
-Des siècles je parie!" dit une des filles
Il est vrai qu'acheter des vêtements n'était vraiment pas mon hobby préféré Du coup je rougis de honte.
"Allons, allons. Il était temps que tu viennes avec nous. Nous allons renouveler ta garde robe. Vu que tu ne dépenses presque jamais, tu dois avoir beaucoup d'argent. Tu prendras aussi des accessoires et des chaussures. Oh, je sais! nous allons te choisir une tenue pour le pique nique car tu as été invité aussi non?
-Euh, oui.
-Donc, pour aujourd'hui juste une robe d'occasion, tu feras ta garde robe plus tard."
Je rougis. Quelqu'un me poussa assez violemment; je trébuchais.
L'homme qui m'avait bousculé cria:
"Pouvez pas regarder devant vous?"
Les filles m'aidèrent à me relever.
"Non mais quel malotru! Ca va Alice?
-Oui. Continuons."
Nous passâmes devant le magasin de vêtements.
"Oh regardez! Un tissu qui vient de Paris."
Les filles s'exclamèrent de joie. Même s'il était beau, je ne voyais pas en quoi il était exceptionnel.
"Dommage, il en reste juste assez pour une robe.
-Regardez ces motifs bleus! Vous ne trouvez pas qu'ils iraient avec les yeux d'Alice?
-Oh oui!"
Je ne pus m'empêcher de sourire de les voir jouer à la poupée avec moi. Des motifs assortis à mes yeux...
Mais cette autre Alice, maintenant que j'y repensais. ses yeux reflétaient de la colère mais aussi de la détresse et de la solitude. Sans doute le serais-je aussi si mes Merveilles étaient détruites. C'était décidé! La prochaine fois que je serais à mes merveilles, je retournerai au miroir en espérant qu'elle soit là.
Le soir venu, je me couchais assez tôt.
