Chapitre 5:

En rentrant chez elle, Alice pensa à la journée qu'elle avait eu. Elle avait montrée sa nouvelle robe à ses parents qui l'avaient trouvé magnifique. Ils semblaient plus ravis qu'elle.

"Elle met tes beaux yeux bleus en valeur!" s'était exclamé sa mère.

Alice répondit par un petit oui. Elle alla vite se coucher après le souper pour retourner aux Merveilles. Elle se sentit tomber violemment et atterrir doucement sur de l'herbe. Elle se leva et se dirigea vers le miroir. Il était encore là. Elle hésita un moment puis se mit face à lui.

Le paysage chaotique se tenait là ainsi que la fille. Elle était assise de dos. Depuis combien de temps attendait-elle? Alice toussota. L'autre se leva. Ses yeux verts étaient moins froids que l'autre fois.

"Tu es donc revenue, tu n'as plus peur du sang?

-Si, un peu.

-Tu es honnête. Ca me change.

-Comment ça?

-Je suis entourée d'une bande d'hypocrites qui ne pense qu'à eux mêmes et à l'image qu'ils envoient.

-Je suis dans le même cas.

-Tu es dans un asile?

-Pardon? Mais pas du tout. Mais je viens d'un milieu aisé."

La brunette eut un rire.

"Effectivement, je suppose que c'est un autre genre d'asile.

-Pourquoi y es-tu?

-Je pose les questions!"

Elles se turent un moment. La blonde Alice déclara:

"Faisons comme ceci. Je pose une question, tu y réponds. Tu poses une question, j'y réponds. Et ainsi de suite, ça te va?"

L'autre réfléchit un moment.

"Ca me va. Commence alors.

-Quelle est ton nom de famille.

-Lidell. Quel est le tien?

-Lidell. Es-tu fille unique?

-J'avais une sœur aînée. Et toi?

-J'ai une sœur aînée. Où-est-elle?

-Morte. La tienne?

-Mariée, un garçon de quelques mois. Où sont tes parents?

-Morts, les tiens?

-Vivants. Pourquoi es-tu à l'asile?

-Parce qu'on croit que je les ai tué. As-tu des amis?

-D'une certaine façon, oui. Es-tu une meurtrière?

-Non mais je le serai un jour. Es-tu traité comme une paria?

-Non, comme une fille bizarre mais c'est du pareil au même je suppose. Qui veux-tu tuer?

-Le meurtrier de ma famille. Tu fais semblant d'être comme eux?

-Oui, je le fais pour ma famille. Pourquoi n'est-il pas en prison?

-Il a maquillé ça comme un accident et il a beaucoup d'influence. Cela te rends heureuse?"

Alice réfléchit avant de répondre. Non, elle n'était pas heureuse. Ce n'était pas de la faute de ces filles qui dans le fond, étaient gentilles. Mais elle n'était juste pas comme elles.

-Non. Quel âge as-tu?

-17 ans. Et toi?

-De même. Pourquoi tes Merveilles sont-elles endommagés?

-Parce que je le suis aussi. Pourquoi ne l'es-tu pas?

-Mon sort n'est pas aussi horrible. Je pense que pour les questions ça ira pour aujourd'hui."

La brune fit un signe de tête. Elle regarda par delà le reflet. Comme elle enviait les merveilles de son double, si verdoyante, luxuriante. Elle ferait tout pour être à sa place. Elle regarda la blonde, elle ne semblait pas vouloir changer de côté, ce qui était compréhensible. Elle s'assirent chacune dos au miroir et se mirent à parler de leurs merveilles. Même si leurs aventures différées par leur nature, elles s'entendaient à merveille.

"Cela faisait longtemps que je n'avais pas parlé comme ça à quelqu'un, fit la brune.

-Ni moi non plus. On pourra continuer non?

-Bien sûr."

Les jours passèrent. Elles continuaient à se voir et à faire ample connaissance. La brune remarqua que ses Merveilles semblaient se reconstruire petit à petit. Etait-ce parce qu'elle avait enfin quelqu'un à qui parler? Lors d'une session avec une médecin, celui-ci lui déclara:

"Vous être en meilleures formes ces derniers jours! Continuez et vous pourrez sans doute sortir d'ici très prochainement!"

Sortir... Enfin! Et pouvoir se venger de cet être abominable qu'était Bumby! C'était la rencontre de son double blond qui lui permettait d'aller mieux. Il fallait donc qu'elle continue à la voir afin d'atteindre son but.

"Blondie, je t'ai trouvé une utilité!"

Elles continuèrent à se voir. Son double lui pressait de questions sur l'asile auquel l'autre ne voulait pas répondre. Elle était jalouse d'elle. Comment osait-elle se plaindre de sa vie! Tout le monde avait ses petits problèmes, tout le monde mentait. L'autre Alice le remarqua. Elle arrêta donc de parler sa vie et parla seulement de ses aventures aux merveilles. La brunette ne posa pas de questions. Cela l'arrangeait. Elle ne voulait rien entendre de cette vie qu'elle n'aurait plus jamais malgré tous ses efforts.

Mais lorsqu'elle lui demanda de parler de ses aventures, elle le fit avec plaisir. Elles parlaient des heures et des heures. Elle voulait rester ici en fait. Ne plus jamais partir.

"Tu m'entends, Alice?

-Oui, je voulais te remercier..."

Elle sentit une chute brutale. Elle se réveilla à l'asile, son double blond avait disparu. Elle était revenue à la réalité. Deux infirmiers la prirent.

"Ou m'emmenez-vous?"

Ils ne répondirent pas. Alice sentit la peur monter en elle. Ils entrèrent dans une salle où se trouvait une chaise électrique.

Malgré ses protestations, ils l'attachèrent et le docteur commença à actionner les décharges.

"Augmenter, le taux d'électricité."

Alice serra les dents mais la douleur était insupportable. Comment en était-elle arrivée là? Qui avait ordonné ce traitement? Etait-ce Bumby qui avait découvert qu'elle sortirait bientôt? Mais à sa grande surprise, ce qui l'inquiétait n'étais pas tant la douleur mais de ne pas pouvoir la rejoindre. Elle était si naïve, elle se ferait un sang d'encre.

"Pourquoi vous me faites-ça?" fit-elle en laissant des larmes couler.

On ne lui répondit pas. Elle ne comprenait, elle commençait enfin à aller bien? Elle en avait même presque oublié Bumby!

"Ca ira pour ce soir, remettez la dans sa chambre."

Il l'envoyèrent. Elle se laissa coucher sans riposter. Son corps était tout meurtri. Elle parvint difficilement à trouver le sommeil.

Elle ouvrit les yeux. Ses merveilles étaient là, sauf qu'ils étaient de nouveau dévasté entièrement.

"Il est condamné à rester comme ça?"

Elle se leva péniblement et alla vers le miroir. Son amie la vit.

"Que t'es-il arrivée?

-Un traitement de choc qui a duré."

Alice poussa un cri d'indignation.

"Mais pourquoi t'ont-ils fait ça?

-Si je le savais. Je suis si fatiguée...

-Viens avec moi!"

A ce moment, la brunette se trouva sur de l'herbe verte et odorante. Sa tête reposai sur celle de la blonde.

"Comment?

-Je ne sais pas. Mais on va en profiter. Repose toi, tu l'as mérité!"

Elle ferma les paupières qui cachèrent ses yeux verts. Elle était en paix, enfin depuis longtemps. Blondie lui caressa doucement les cheveux. C'était agréable. Elle s'endormit.

"Merci."

Alice lui déposa un léger baiser sur ses lèvres.

"Endors-toi, je veille sur toi.