Bon bon bon, je sais, vous me haïssez mais je fonctionne aux électrochocs ces temps-ci. J'ai mille idées en tête, mille choses à faire en ce moment (entre la thèse, le déménagement, mon départ imminent à l'étranger et les revues de manga dans lesquelles j'ai commencé à écrire...). L'électrochoc m'a été donné par Guest que je remercie pour son immense review de début et sa review un peu "rentre dedans" de la mi-septembre. Même si elle m'a agacée au départ parce qu'elle sentait clairement le reproche, elle était tout à fait justifiée et je comprends totalement à quel point ces longues absences sont lourdes. Merci de m'avoir remotivée! ^^ Bon après, je ne vous apprendrai rien, mais le fait de recevoir le plus de review mois (voire plus) après la publication du chapitre, n'est pas motivant pour la suite. Parce que ne voyant rien venir, ben on se démobilise, on sort du truc, on perd le filon et après, terminé jusqu'à ce que la motivation revienne. Souvenez-vous pour les anciens, à quel point j'étais réputée pour ma rapidité de publication avant? ;) Y'a pas de mystères dans la vie.

RAR:

Guest: Merci beaucoup pour ces magnifiques reviews. Pour répondre à ta question, c'est en effet par rejet total de sa condition de sorcière qu'elle a renoncé à la possibilité de retirer l'anneau. J'ai un peu l'impression qu'elle se noie dans une sorte de culpabilité mêlée de dégoût d'elle-même autodestructrice. Reste que comme elle ne constitue pas le seul danger pour elle-même, il faut bien que ce pauvre Severus veille au grain. Ne t'en fais pas, en dépit de mes absences, je pense constamment à mes fics et n'ai l'intention d'en abandonner aucune. Pour être honnête, après le chapitre 36 quand même assez lourd, il me fallait aussi du recul pour appréhender mes personnages de manière crédible par rapport à ce qu'ils venaient de vivre et ne pas partir sur quelque chose de totalement improbable. J'attends de savoir ce que tu penses de ce que j'en ai fait! ;) Encore merci pour ta patience angélique!

Maryline: Merci beaucoup de manifester autant d'intérêt et d'impatience pour la suite. J'espère que l'attente ne t'aura pas découragée et que tu apprécieras. Me dire que mon histoire prend aux tripes est le compliment parfait par excellence!

Lookie: Je suis ravie que la suite t'ait plue. Merci beaucoup de l'intérêt que tu portes à cette fic. J'espère que la suite répondra à tes questions et ne te décevra pas! ;)

Ellya: Merci beaucoup pour ton message. Voici la suite! ^^ J'espère qu'elle te plaira.

Merci également à mes très chères Fantomette 34 et Li'le Sonata : mes premières revieweuses et toujours présentes au RDV!

Bonne lecture à toutes!

Chapitre 37 : Fourbe

Les flammes crépitent dans l'âtre depuis une éternité. Elles font onduler les ombres inquiétantes sur la pierre polie dont est serti l'anneau qu'il fait pensivement rouler entre ses doigts. Il a l'impression que ça fait plusieurs heures qu'il cherche dans les reflets rutilants une explication à ce qui s'est passé ce soir. Il n'a aucune idée de l'heure qu'il est. Il a perdu la notion du temps après son troisième verre de Whisky. Pas qu'il soit saoul… bien que le niveau de la bouteille ait considérablement descendu et malgré tous ses efforts, Merlin ne semble pas décidé à lui accorder la grâce d'oublier, ne fût-ce que pour une poignée de minutes, ce qu'il a fait. Il ne sait pas depuis combien de temps les os saillants de ses fesses sont ancrés dans le fauteuil qui fait face à la cheminée… suffisamment longtemps pour que ça commence à devenir douloureux en tout cas. Il ne se souvient même plus de la dernière fois que c'est arrivé.

Tout ce qu'il sait, c'est que même si elle a arrêté de pleurer depuis certainement un bon moment déjà, il continue d'entendre à l'intérieur de son crâne, les inspirations saccadées qu'elle a tenté d'étouffer depuis l'autre côté de la porte. Il les entendra sûrement encore pendant plusieurs jours ces sanglots qu'il lui a arrachés…

Et il aurait pu lui arracher tellement plus.

Il vide d'un trait le reste de son énième verre et s'en verse un nouveau. Il est presque surpris par son propre calme.

Il y a quelques temps de cela, il aurait sans doute cassé un certain nombre de choses, balancé au feu sa bouteille et son verre, de rage, d'impuissance… de frustration…

Mais à l'instant, il ne reste que le dépit.

Il a pris la mesure de ce dont il était capable. Il a enfin compris, même s'il le supputait depuis toujours… Si elle n'avait pas desserré ses doigts, si elle n'avait pas fini par abdiquer… il ne sait pas s'il aurait pu s'arrêter.

A quoi tout ça rime-t-il ? A quel moment son cerveau malade a-t-il estimé que ce serait une idée lumineuse de faire entrer cette fille sous son toit ? Dans sa tête ?

Depuis ces quelques mois qu'elle est à son service, depuis ces quelques mois qu'il s'en amuse, qu'il s'en inquiète et Merlin lui vienne en aide, qu'il la désire… il a fini par acquérir une certitude avec l'expérience de cette nuit : il finira par la tuer.

Tu parles d'un divertissement estival ! Si le Seigneur des Ténèbres ne lui fait le cadeau de lui ôter la vie dans les prochaines années, il est certain de passer le restant de ses jours à Azkaban ! Soit parce qu'il l'aura massacrée pour une raison ou une autre, soit parce qu'il aura mis en pièce l'un de ces petits cons au sang pur…

Quant à eux… rien que d'y penser, il sent ses doigts se serrer sur le verre. Le regard qu'il fixe sur le foyer est de ceux qui pourraient à eux seuls geler les flammes vrombissantes. Bien qu'il sache que Dumbledore se soit montré plus sage qu'il ne l'aurait été lui-même, il n'arrive pas à se satisfaire de la réponse du vieux mage face au problème.

« Heureusement, vous avez pu lui éviter le pire ! »

Quelle consolation !

S'il avait dû en plus composer avec l'échec de son plan visant à duper les mangemorts avec lesquels il était censé sévir tandis qu'il tentait d'empêcher leur progéniture de nuire, il aurait sans doute ravagé le bureau directorial.

Le directeur a refusé de procéder à l'expulsion, ne fût-ce que temporaire des agresseurs. Le plus rageant est que son raisonnement était aussi désespérément juste que pertinent.

« Même si cette chère Zini dit les avoir reconnus, la parole d'une elfe de maison n'aura jamais le poids nécessaire face aux réclamations des familles les plus puissantes du monde sorcier. Révéler que vous les avez vous-même identifiés est totalement inconcevable. Quant à elle… ne vaut-il pas mieux lui épargner le traumatisme d'une nouvelle humiliation lorsqu'elle se trouvera confrontée à l'ensemble du comité disciplinaire ? »

« Alors on ne fait rien ? »

Sa voix n'était plus qu'un ronronnement léger et profond, avertissant le vieil homme de l'imminence de l'explosion.

« Je crains que dans ces circonstances, sa parole n'ait pas davantage de valeur que celle de Zini… Sans compter que… »

« Que ? »

« Il n'a échappé à personne qu'elle a pu être à votre service, Severus. Aucun mangemort et a fortiori aucun des parents des élèves incriminés ne pourra croire que vous n'ayez pas réussi à la faire taire pour le salut des enfants de vos camarades. »

Il a eu raison. Il sait qu'il a eu raison. Mais imaginer que ces criminels en herbe ne seront pas inquiétés et dorment sans doute sur leurs deux oreilles à l'heure qu'il est ne peut pas le laisser indifférent. Qu'il se trouve obligé de constamment assurer les arrières de cette fille et de surveiller leurs agissements tandis qu'ils auront à loisir d'échafauder une nouvelle embuscade, constitue à la fois une charge et un stress supplémentaires dont il n'a pas besoin.

Heureusement Dumbledore n'a pas insisté pour la voir après qu'il lui ait appris qu'elle était probablement en train de se morfondre dans sa chambre ! S'il avait appris que plus qu'eux, c'était sans doute lui qui était la cause de son état, ses rapports avec le directeur s'en seraient certainement trouvés pour le moins altérés.

Il va lui apprendre. Il doit lui apprendre. Plus que jamais il a la certitude de cette absolue nécessité. Il doit lui enseigner comment se protéger des autres… comment se protéger de lui…

En dépit des images insoutenables qui défilent sans relâche derrière ses paupières chaque fois qu'il cligne des yeux, il ne peut pas se permettre le luxe de perdre du temps dans des remises en cause ou des remords stériles. Même s'il lui apparait implacable et cruel, il doit profiter de la situation et agir avant qu'elle n'ait recouvré ses esprits. Parce qu'il en a conscience. Il a conscience que lorsqu'elle aura de nouveau érigé ce mur épais, qu'elle aura à nouveau la force irrationnelle d'arborer ce masque d'indifférence insupportable, il sera trop tard.

Il n'a pas réussi à fermer l'œil cette nuit-là. A la vérité, il n'a même pas essayé. Il s'est contenté d'une douche glacée pour chasser la torpeur générée par la combinaison de l'épuisement et de l'alcool avant de partir pour son premier cours de la journée. Il ne l'a pas croisée. Lorsqu'il a quitté ses cachots ce matin il faisait encore nuit. Il ne sait pas quelle attitude il aurait été capable d'adopter s'il l'avait vue après ce qu'il a manqué de lui faire. Il ne sait pas quel comportement elle aurait eu si elle avait croisé son regard. Pourtant, il ne pourra pas l'éviter indéfiniment s'il veut battre le fer tant qu'il est chaud. Du reste, ce n'est pas comme s'il ne savait pas jouer l'indifférence… il a toujours su afficher un visage en parfaite opposition avec ce qu'il ressentait. Pourquoi cette fois-ci serait-elle différente ?

Elle ne s'est présentée ni au petit-déjeuner ni au déjeuner. Il la soupçonne de ne pas s'être non plus présentée sur son lieu de travail. Il la soupçonne même de ne pas avoir quitté sa chambre de la matinée. Ce n'est que lorsqu'il intercepte un ricanement sardonique en provenance de la tablée de droite qu'il aperçoit le petit groupe de Serpentards qu'il a délogés de la bibliothèque la veille aviser le siège vide à la table des professeurs. Certains font ouvertement entendre un rire goguenard qui crispe instantanément ses mâchoires : ils savent pertinemment que rien ne leur sera reproché. Vu leur âge, certains auraient même pu être jugés devant le Magenmagot et être condamnés à une peine d'incarcération. Il songe avec amertume qu'une fois encore, si ces ordures s'en sortent indemnes, c'est par souci de ne pas se trahir lui ! En définitive, le nœud de toutes les difficultés se cristallise autour de sa personne.

Au milieu des regards suffisants, il intercepte celui de Drago. Si ses camarades se félicitent d'avoir échappé à la sanction qui leur aurait été imposée s'ils avaient été élèves dans n'importe quelle autre maison, lui, ne sourit pas. Il détourne le regard vers le contenu de son assiette après quelques secondes d'un échange aussi silencieux que meurtrier. Au milieu d'une conversation avec le professeur McGonagall, il sent la main du vieux mage sur sa gauche lui presser discrètement le bras. Il ne relève pas mais dégage son bras hors de sa portée tandis qu'il se lève de table. Il n'a pas besoin que celui qui ne se salit jamais les mains le rappelle à l'ordre. Il sait. Il ne sait que trop bien que même s'il est la source de tout ce qu'elle endure, il ne peut agir sans perdre sa couverture… Couverture que le directeur ne le laissera jamais risquer, peu importe ce ou qui il devra sacrifier.

Il en aurait presque oublié avec quelle classe a lieu le dernier cours de sa journée… comme si voir ces crétins se pavaner impunément à l'heure du déjeuner ne lui avait pas suffi, il enchaîne à présent sur deux heures de Défense contre les forces du mal en cours double avec les 7ème année. Il ne manque plus que Potter pour fignoler le tableau ! Heureusement, les Serpentards partagent cette matière avec les Poufsouffles. Néanmoins, le programme n'en sera pas plus reposant pour autant. Il est censé les faire travailler sur les sortilèges informulés…

Tandis qu'il balaye l'assemblée – dont une moitié semble confiante alors que l'autre voudrait disparaitre sous terre – du regard, il décide de ne pas mener ce cours comme à son habitude. D'ordinaire, sa part inhérente de sadisme l'incite à obliger les deux maisons à se mélanger afin d'apaiser momentanément la soif de persécution de ses propres élèves et d'éponger temporairement l'ennui profond qu'il éprouve à enseigner à pareils décérébrés. Mais là…

- Choisissez un partenaire ! intime-t-il à la classe en leur tournant le dos pour écrire quelques instructions au tableau.

Comme aucun son ni raclement de chaise ne lui parvient, il comprend que chaque maison attend LA précision. Celle qui va permettre à une partie des étudiants de s'exercer à la tyrannie à laquelle beaucoup se livreront une fois leur diplôme en poche et assurer des cauchemars à l'autre pendant le reste de la semaine.

- En plus d'être idiots vous êtes aussi devenus sourds ? marmonne-t-il en se retournant à demi, la main toujours levée sur le tableau.

La ruse à eu l'effet escompté. Lorsqu'il fait de nouveau face à l'assemblée d'adolescents, les Serpentards l'observent avec surprise tandis que les Poufsouffles lui lancent des regards craintifs à l'idée qu'il défasse les paires qui se constituées au cœur même de chaque maison. Seuls deux élèves qui n'ont pas trouvé de camarade de leur propre couleur ont été contraints de se mettre ensemble en dépit de leur aversion mutuelle.

Il ne pouvait pas se permettre d'impliquer d'autres étudiants dans l'hypothèse où ses avortons décideraient de procéder à des représailles.

- Comme vous l'aurez compris, aujourd'hui vous vous exercerez à la pratique des sortilèges informulés. J'aurais besoin d'un volontaire pour une démonstration.

Par souci de crédibilité, son regard se pose d'abord sur l'assemblée de bourdons tremblotant misérablement.

- J'imagine qu'il est inconcevable d'espérer qu'aucune catastrophe ne se produise si je m'adresse à l'un d'entre vous, assène-t-il avec un sourire moqueur. Après tout, vous êtes cette élite de sorciers à avoir été placés en considération de leur… absence totale d'aptitudes.

Là où il pourrait se frotter à l'indignation des Gryffondors ou des Serdaigles, les Poufsouffles n'offrent pas la moindre résistance. Ils semblent trop soulagés de ne pas compter une nouvelle victime dans leurs rangs pour vitupérer contre lui… ce qui lui permet de se tourner en toute logique vers les élèves de sa propre maison.

- Mulciber, appelle-t-il et la silhouette dodue s'extirpe du troisième rang, profitant de l'occasion pour donner un coup d'épaule à son voisin de droite en arborant un sourire goguenard.

Si en apparence, il l'accueille avec un rictus satisfait, il a en réalité de plus en plus de mal à supporter leurs façons de faire. Salazar Serpentard lui-même se retournerait dans sa tombe s'il voyait quels voyous grossiers et ridicules sont devenus ses précieux élus qui autrefois s'illustraient pour leur ruse et leur finesse d'esprit.

Si tous ses camarades s'esclaffent avec plus ou moins de retenue, il aperçoit du coin de l'œil le sourire distant de Drago. Il ne semble pas tout à fait avoir été dupé par la situation et à dire vrai, il tablait là-dessus. S'il ne comprenait pas ce qui était en train de se jouer, rien de ce qu'il s'apprête à faire n'aurait d'intérêt et s'il ne peut valablement s'en prendre directement au fils de Lucius Malefoy, il peut à tout le moins le mettre en garde de façon détournée. Il est intelligent et plus subtil que la plupart de ses camarades à bien des égards. Il comprendra que si sa position d'enseignant et de mangemort l'empêche d'agir à visage découvert, il ne se privera pas, lui non plus, d'utiliser des chemins détournés pour parvenir à ses fins.

- Bien, puisqu'une bonne moitié d'entre vous n'est qu'une bande de bons à rien braillards dont la seule aptitude consiste à geindre, j'imagine que vous n'avez pas encore acquis les réflexes les plus rudimentaires de la façon dont on procède afin de lancer des sortilèges informulés.

Nouveau ricanement contagieux parmi la foule des Serpentards.

- C'est avant tout quelque chose que vous devez sentir profondément en vous. Mr Mulciber, nous allons donner l'exemple. Vous attaquez, je défendrai. La magie informulée n'est pas moins puissante, explique-t-il aux autres. Elle peut même vous conférer un avantage certain à l'occasion des duels, votre adversaire ne sachant ni quand ni comment vous allez attaquer.

Il demande à Mulciber de s'éloigner d'une dizaine de pas et de sortir sa baguette. Lorsque lui-même dégaine la sienne, il entend la moitié gauche de la salle retenir son souffle. Même s'il ne les regarde pas directement, il est certain d'avoir vu le premier rang se tasser sur le second par anticipation.

- Allons-y Mr Mulciber ! Lancez-moi un sortilège offensif !

- Diffindo !

Imbécile !

Sans un mot, d'un simple et ample geste de baguette, il repousse le sortilège de découpage et la force de la riposte est telle que le jeune homme part s'écraser lourdement contre la porte dans son dos.

Il n'a pas besoin de regarder la foule de ses étudiants pour savoir que la frayeur qui étreignait les Poufsouffles en début d'heure s'est maintenant propagée à certains Serpentards.

- Il va sans dire, commence-t-il en remettant rudement l'étudiant encore sonné sur ses pieds, que plus le sortilège que vous contrez est puissant, plus la défense devra l'être.

Encore heureux que ce crétin ne se soit pas mis en tête, dans son ambition irraisonnée de montrer à l'assemblée à quel point il est au fait des sortilèges les plus redoutables de magie noire, de lancer un sortilège impardonnable !

- Alignez les tables devant les fenêtres et faites de la place… vous en aurez besoin, précise-t-il en repoussant sèchement Mulciber qui lui adresse à présent un regard craintif. Il est évidemment interdit de vous aventurer à lancer des sortilèges aussi dangereux. L'école n'a pas suffisamment de moyens pour assumer l'hospitalisation de tous les idiots qui chercheraient à s'offrir quelques jours de vacances à Sainte Mangouste.

Tandis que Nott accueille son partenaire échaudé avec un rire condescendant repris en écho par ses camarades de table les plus proches, il ne peut manquer l'œillade circonspecte que lui lance Drago à la dérobée. Lui seul semble avoir décelé qu'il s'agit de représailles détournées.

- A présent que vous commencez à obtenir certains résultats, lance-t-il ironiquement en passant entre les rangées au bout d'une heure de baguettes expulsées et de furoncles violacés, les attaquants vont tenter de lancer les sortilèges sans les formuler à voix haute.

Alors que les murmures s'élèvent face à la complexité de la tâche, il continue calmement d'arpenter la salle, les mains croisées dans son dos.

- Les attaques informulées sont pernicieuses. Vous ne saurez pas quelle est la nature du sortilège qui vous touchera. Le niveau de votre défense devra, par conséquent, être optimal et votre concentration… indispensable.

Le premier quart d'heure s'écoule sans que rien d'autre que des soupirs d'exaspération n'atteignent ses oreilles, quand enfin le visage d'Hannah Abott se retrouve couvert d'une épaisse fourrure blonde. L'attroupement qui se crée autour de l'adolescente gémissante est le signal de départ qu'il attendait.

- Bien que vous ayez accompli la prouesse de faire enfin taire Miss Abott, je vous saurais gré d'escorter votre camarade à l'infirmerie, Mr. Finch-Fletchley, lâche-t-il avec un rictus méprisant. Il n'y a pas de place dans cette salle de classe pour les espèces non répertoriées.

Le remarque lui attire des regards noirs de la part des étudiants qui aident la pauvre fille à se remettre sur ses pieds tandis que derrière lui, la foule des vert et argent s'étouffe dans une bruyante exclamation d'hilarité générale. Dans un élan de cruauté, il ajoute avant que les deux élèves n'aient franchi la porte :

- 5 points pour Poufsouffle Mr. Finch-Fletchley… pour avoir rendu Miss Abott plus regardable.

Les rires intarissables redoublent d'intensité.

Détestable… Il lui aura fallu plus d'une heure pour réussir à rentrer dans ce rôle détestable qu'il endosse sans mal d'ordinaire. Ce rôle qui jadis était comme une seconde nature.

A compter de cet instant, l'émulation générée par cette première réussite pousse ceux restés en marge jusqu'alors à redoubler d'efforts. C'est avant tout sur l'égo bafoué des vert et argent d'avoir été doublés par un médiocre, qu'il compte pour les inciter à se dépasser. Dès lors, les premiers résultats ne tardent pas à apparaître.

Parfait…

Alors qu'il atteint de nouveau l'avant de la classe, il accroche le regard acier de l'arrogant héritier Malefoy.

- Allez Drago, le presse Zabini un sourire rivé aux lèvres, ne me dis pas que tu n'es pas capable de le faire. Tu passes ton temps à te vanter de nous surpasser, montre-nous ce que tu as dans le ventre !

Ce qui est fantastique avec les amitiés Serpentard, c'est que la frontière avec la concurrence est si infime qu'il est toujours possible pour un joueur expérimenté de les exploiter à dessein. Il s'adosse à son bureau et attend, bras croisés sur la poitrine. Le jeune homme blond pince les lèvres, ses doigts se crispent sur sa baguette alors qu'il lance à son vis-à-vis un regard assassin.

Il est nerveux. Bien. Très bien.

Après quelques secondes durant lesquelles Blaise Zabini continue de le railler, l'attention de la classe entière est braquée sur les deux garçons. Drago semble de plus en plus agité. Sa main tremble, ses sourcils cendrés sont froncés à l'extrême et les ailes de son nez frémissent à mesure que sa respiration se fait plus bruyante.

- Je ne peux pas croire que tu ne saches pas faire quelque chose d'aussi basique, toi le grand Drago Malefoy !

- La ferme Blaise ! l'avertit l'autre, visiblement vexé.

Les rangs du fond commencent à ricaner. Les yeux gris s'embrasent d'une fureur qu'il a du mal à contenir. C'est le moment.

- Ce n'est vraiment pas la p…

Le sourire goguenard a quitté les lèvres du garçon efflanqué. Sa voix ne peut plus sortir. Il porte une main à sa gorge et recule de quelques pas, titubant.

Les « Bien joué Drago ! » hypocrites fusent alors que le principal concerné tient toujours sa position, baguette levée, une lueur d'incompréhension mêlée de folie dans le regard. Zabini tend une main vers l'avant, comme pour signifier qu'il rend les armes et lui demander d'arrêter.

- Il est en train de s'étouffer, s'écrie une fille du côté des Poufsouffle en avisant les lèvres bleuies du jeune homme plié en deux.

Essayant vainement de reprendre sa respiration en cherchant à désarmer son partenaire en des mouvements désordonnés de sa baguette, le défenseur finit par tomber à terre.

- C'est bon Drago, je crois qu'il a compris, enchaîne Pansy Parkinson l'air inquiet en essayant de lui faire baisser son bras armé.

- Mr. Malefoy, s'impose-t-il alors. Veuillez cesser immédiatement !

L'incompréhension dans les prunelles pâles se change en panique quand elles croisent les obsidiennes… Il a enfin compris.

Tandis qu'il s'accroupit derrière l'élève suffoquant pour le redresser, l'attaquant abaisse enfin sa baguette. Zabini prend une profonde inspiration qui le secoue tout entier avant de lever sur son camarade des yeux haineux. Ceux de Malefoy sont vissés sur son professeur, chargés d'un effroi qu'il leur a rarement vu.

- Il me semble clair qu'il est dangereux de provoquer la colère de certaines personnes, lâche-t-il à l'adresse du jeune homme qu'il tient par les épaules sans pour autant quitter Drago du regard. Peut-être serait-il prudent que vous tous appreniez à connaître la réelle puissance de ceux dont vous pensez pouvoir vous jouer impunément.

S'il n'est pas clair pour ses hommes de main, il sait à l'horreur qu'il lit dans ses pupilles, que le commanditaire de l'attaque de la veille a compris le message. Que les répercussions retombent directement sur lui ou qu'il finisse isolé de sa horde de complices à la fiabilité discutable, il est désormais prévenu que s'il tente encore une fois de le courcircuiter avec cette déloyauté qui caractérise chacun de ses actes, il se heurtera à plus sournois que lui.

- Le cours est terminé ! lâche-t-il enfin en mettant un terme au contact visuel avec celui qui, tout du long, a été SON partenaire de duel.

Il est 17h quand il regagne les cachots. Après avoir retourné plusieurs fois dans sa tête la façon dont il a procédé, il ne voit pas comment cet avorton pourrait être crédible s'il en venait à parler de ce qu'il s'est passé cet après-midi. Son père lui-même ne croirait pas une histoire aussi peu probable, sans compter qu'il aurait avant tout à s'expliquer de la raison qui aurait poussé son professeur favori à agir ainsi… Seul Dumbledore pourrait le soupçonner d'être allé aussi loin pour assouvir sa maigre vengeance et faire passer au gamin un message qu'il n'aura pas intérêt à oublier de si tôt… Dumbledore… comme si le directeur était la personne vers laquelle il se tournerait spontanément…

Quand il ouvre la porte qui mène à ses appartements, elle est là. Debout, devant la cheminée ronflante, le regard perdu dans les flammes. Un pincement étreint son estomac l'espace d'une seconde.

Malgré le claquement de la porte dans son dos, elle n'esquisse pas le moindre mouvement. Ce n'est que lorsqu'il atteint le centre de la pièce et qu'il la dépasse pour déposer les quelques parchemins qui encombrent ses bras sur un bureau sens dessus dessous, qu'elle prend la parole.

- Je vais le faire.

C'est faible. A peine plus élevé qu'un chuchotement, si bien qu'il n'est pas sûr de ce qu'il vient d'entendre. Lentement, il se retourne. Elle lui fait face. Ses yeux sont profondément cernés mais affichent une résolution farouche qu'il connait bien.

- Je vais le faire !

oOoOoOoOoOo

Voilou voilou. La suite est en cours d'écriture. Je risque de publier rapidement avant mon départ les chapitres suivants de ma fic sur Hellsing et de STOM. So...

PS: je dois m'avouer assez surprise. Je pensais (et je flippais un peu aussi de) recevoir des commentaires indignés de la façon dont Severus s'est comporté avec elle. A la place, vous avez été nombreuses à me laisser des commentaires du genre "heureusement qu'il est là pour lui faire comprendre quand même!" Ca m'a surprise mais je vous remercie d'avoir compris où je voulais en venir. ;)