Bonjour,

Merci encore pour votre fidélité: j'espère que cette nouvelle partie vous plaira et que le rythme n'est pas trop pesant mais il ne me semblait pas judicieux de liquider la confrontation entre Pansy et Ron en deux lignes sans établir le contexte.

Bonne Lecture à tous !


La sorcière observa discrètement Weasley et songea que ce type était le deuxième Britannique courtois à son égard depuis deux jours. Certes, les vieux Aurors ne lui firent aucun mal lors de leur entrevue de la veille, néanmoins, leurs regards perçants semblaient lui transpercer l'échine durant toute la durée de sa brève permanence à Londres.

Flashback :

Lors de son arrivée en Angleterre la veille, les Aurors la soumirent à une longue inspections pour s'assurer de l'absence de desseins belliqueux ou malveillants de la part de Pansy Ensuite, ils annoncèrent que son visa exceptionnel durait cinquante minutes ce qui lui donnait largement le temps de rendre visite à Patrick Parkinson manifestement mourant.

Pansy acquiesça puis un jeune Auror voulut l'emmener chez le vieil homme grâce au réseau de cheminettes mais l'accès de la jeune femme fut interdit car le sorcier ne voulait pas la recevoir. L'auror chargé d'accompagner Pansy se rendit donc seul chez les Parkinson où le moribond confirma son refus. Pire encore, le vieillard affirma encore une fois son dégoût à l'égard de Pansy:

« _ J'ai déshérité cette idiote il y a bientôt dix-neuf ans.

- Mais c'est votre fille ! Protesta l'auror surpris.

- Jeune homme, je n'ai qu'un seul enfant : mon fils Patrick qui vient de rentrer de Poudlard pour les vacances. Affirma le vieux sorcier._ »

L'Auror surpris tenta de reprendre contenance avant de prendre poliment congé du malade. Une fois de retour au Ministère, le fonctionnaire informa Pansy des propos de Parkinson senior remarié depuis dix-huit ans ainsi que de l'existence de Patrick Parkinson junior inscrit en septième année à Serpentard...

La sorcière accablée s'efforça de retenir ses larmes devant ses enfants ou encore les aurors pour ne pas donner satisfaction à ces hommes conscients de leur statut de vainqueurs. Ensuite, elle décida de profiter du temps restant pour faire visiter l'Allée de Traverse à ses enfants et leur acheter des chocogrenouilles mais les Aurors l'informèrent que son visa lui permettait seulement de se rendre chez Parkinson par le biais de la poudre de cheminette.

Aussi, ils la contraignirent à rester dans une salle du ministère jusqu'à la fin des premières quarante minutes. La jeune femme contrariée dissimula donc son chagrin de son mieux et s'occupa de ses enfants afin de les faire patienter.

Enfin, les Aurors vinrent la chercher puis la firent escorter jusqu'au portoloin par un seul d'entre eux. La sorcière dépitée le suivit sagement en compagnie de ses deux bambins mais elle resta surprise par les adieux de ce type moins de cinq minutes après leur arrivée. Le jeune auror affirma être âgé de seulement huit ans au moment de la guerre et donc juger par lui-même au lieu de se fier aveuglément aux récits populaires sur la malignité légendaire des Serpentards.

Ensuite, il estima que l'absence de la Marque des Mangemorts sur son bras démontrait qu'elle n'était pas comme ceux en train de pourrir à Azkaban depuis près de vingt ans. De plus, l'auror avait lu le dossier sur son procès et ne la considérait pas dangereuse, encore moins après l'avoir entendu raconter à ses enfants de jolies histoires pour les occuper durant leur permanence dans la salle.

Enfin, le jeune homme penaud confessa son désir de surprendre sa petite amie en arrivant à leur rendez-vous à l'heure pour une fois au lieu de la faire poireauter à cause d'une mission de moindre importance. Pansy acquiesça et lui souhaita une bonne soirée avant d'attendre l'activation du portoloin dans cinq minutes…

Fin du Flashback


C'est à ce moment que le Destin ou la fatalité selon les points de vue, mit Weasley sur son chemin. Pansy inquiète était d'ailleurs soulagée de l'absence de lésions sur le corps du rouquin car elle n'aurait pas aimé subir les foudres des deux autres membres du Trio d'Or ou des aurors s'il fut resté blessé malgré sa tentative de sauvetage.

Quoique, Granger n'aurait peut-être rien dit si elle s'était vraiment séparée de Weasley comme le suggérait les propos du sorcier la veille. Pansy contempla discrètement le Gryffondor et nota son embonpoint, ses cernes autour des yeux ou encore l'absence de son alliance. Elle le trouva également très éprouvé mais tout ceci était probablement lié à la rupture.

La sorcière chercha ensuite des souvenirs sur le fameux Roger Davies évoqué par Weasley et finit par se souvenir du cavalier de Fleur Delacour lors du Bal de Noël en quatrième année. L'évocation de la fête fit légèrement sourire Pansy en songeant à son excitation ce soir-là car Draco était son cavalier. Certes, elle ressentit une furieuse jalousie momentanée à la vue de son regard sur Granger métamorphosée en diva au bras de Krum mais Draco avait rapidement oublié cette fille avant de la faire danser une bonne partie de la soirée.

Toutefois, cette époque insouciante était révolue depuis longtemps et Pansy la chassa de son esprit pour revenir au présent. La jeune femme curieuse s'interrogea sur les motivations de Granger pour quitter Weasley car ils étaient toujours collés l'un à l'autre depuis leur première année à Poudlard. Certes, ces deux abrutis passaient la majeure partie de leur temps à se disputer mais cela semblait leur moyen de communication préféré puisqu'ils finissaient toujours par se rapprocher après chaque altercation.

Aussi, leur séparation intriguait Pansy au plus haut point car elle ne connaissait plus rien du monde sorcier britannique depuis son expulsion du pays. En effet, aucunes nouvelles de son ancien monde ne lui parvenaient en Mongolie et elle ne s'était jamais abonnée à La Gazette du Sorcier en raison du prix exorbitant de la livraison quotidienne des journaux jusqu'à la steppe mongole.

Enfin, les sorciers ne s'adaptaient toujours pas aux temps modernes et ne faisaient donc aucun usage d'internet, ni ne publiaient des articles en version numérique malgré les lamentations de Pansy qui se serait damnée pour pouvoir consulter la gazette depuis une tablette ou un Smartphone.

Pansy songeuse se demanda soudainement comment Granger était parvenue à quitter Weasley car un mariage sorcier était en théorie indissoluble puisque les rites du sang liaient les deux conjoints jusqu'à la mort de l'un des époux. Certes ils existaient quatre types d'exceptions qui permettaient d'obtenir l'annulation du sortilège et la séparation, néanmoins, cela restait extrêmement rare :

- L'adultère mais très peu dénonçaient leurs conjoints volages hormis les maris de la mère de Zabini mariée sept fois…

- L'absence d'enfant causée par la stérilité de l'un des conjoints ou son refus de concevoir une descendance.

- Un degré de parenté trop proche.

- Le silence de l'un des deux époux sur un secret extrêmement grave avant le mariage puis sa découverte par l'autre conjoint.

Or Weasley ne lui semblait pas du tout le type à tromper sa femme, ni à refuser des enfants puisque lui-même était le membre d'une grande fratrie et ne détenait aucune parenté avec Granger. A moins qu'il ne dissimule un secret à son épouse, néanmoins, cela restait vraiment improbable car les Weasley étaient trop honnêtes pour cacher un squelette dans leur placard à balai.

En revanche, les secrets avaient toujours jalonné la vie de Pansy à son insu puis l'un d'eux en particulier ruina sa vie et celle de ses enfants, néanmoins, elle s'efforça de chasser cette pensée car ce n'était pas le moment de s'appesantir sur son propre passé mais d'entamer une discussion avec Weasley.


La jeune femme songeuse se demanda comment aborder des sujets aussi délicats que la tentative de suicide de Ronald la veille ou encore sa propre requête. Or, Pansy ne voulait pas susciter la colère de Weasley à cause d'une parole maladroite car le sorcier était connu pour son caractère colérique à Poudlard et pourrait fort bien se méprendre sur ses intentions s'il estimait sa sollicitude seulement dictée par son besoin d'aide.

Elle retint ensuite un soupir en songeant à sa stupidité qui l'incita à imiter son Malefoy chéri en se moquant des Gryffondor durant leur scolarité. A présent, Draco vivait toujours en Angleterre grâce à tous ses dons aux œuvres caritatives après la guerre même s'il avait reçu la marque et elle se retrouvait dans la steppe mongole seule avec ses enfants ainsi que sa vieille grand-mère... L'espace d'un instant, Pansy imagina sa vie luxueuse si elle fut devenue Mrs Malefoy, néanmoins, elle estima ne jamais utiliser un Retourneur de Temps pour modifier son passé car ses fils adorés ne seraient jamais venus au monde dans ce cas.

Pansy finit cependant par chasser ses pensées de son esprit et proposa de nouveau du thé à Weasley pour rendre leur conversation plus amicale. Ron accepta tout en l'observant préparer le breuvage. Ensuite, la jeune femme porta deux tasses ainsi que des biscuits puis les deux sorciers se mirent à siroter leur thé l'un en face de l'autre. Au bout d'un moment, Pansy rompit enfin le silence :

« _ Hier soir, nous avons eu très peur après votre chute. Commença-t-elle.

- Je suis désolé de vous avoir causé tant de soucis surtout devant vos enfants. S'excusa Ron penaud.

- Mes fils n'ont pas compris la raison de votre geste mais moi je ne suis pas dupe.

- Oh, ce n'est pas ce que vous croyez car il s'agissait vraiment d'une chute de balai causée par ma cuite. Bafouilla-t-il honteusement.

- C'est bien vrai ou je dois me demander si vous allez recommencer une fois rentré chez vous au Terrier ? L'interrogea Pansy plus inquiète qu'elle ne voulait le laisser paraître.

- Je vous jure n'avoir jamais tenté de mettre fin à mes jours : ma chute était vraiment accidentelle. Affirma-t-il.

- J'espère pouvoir vous croire sinon, je vais passer les prochains jours à m'interroger sur votre sort après votre départ. Révéla Pansy dans un lapsus._ »

Ron surpris observa attentivement la sorcière avant de s'interroger sur les circonstances qui rendirent une Serpentarde aussi gentille envers les autres. Toutefois, il finit par songer que sa sollicitude dérivait probablement de sa peur de recevoir la visite d'un auror s'il venait à disparaître après son séjour chez elle.

L'espace d'un instant le sorcier ressentit un profond dépit car nul ne s'inquiétait vraiment pour lui hormis ses parents ou sa fratrie. Certes, Ron possédait une famille et des enfants formidables mais aucune femme ne consultait l'horloge sorcière en attendant impatiemment son retour pour passer la soirée ensemble. En revanche, Hermione se dépêchait de finir son travail pour retrouver Roger Davies chez eux contrairement aux innombrables soirées où Ron restait seul même durant leurs soi-disant anniversaires de mariage... Qui sait, son ex finirait peut-être même par se marier avec son Auror chéri et lui donnerait un nouvel enfant après l'avoir refusé à Ron durant des années.

En son for intérieur, le sorcier estima finir sa vie entre les murs du Terrier comme un vieux garçon en compagnie de sa mère. Cette seule idée le fit d'ailleurs frémir d'horreur non pas pour Molly elle-même mais la perspective de sa vie réduite entre le canapé du salon et sa chambre d'adolescents en attendant les visites de ses enfants.

Toutefois, ces derniers devenaient de plus en plus indépendants car Rose âgée de dix-sept ans comptait poursuivre des études de droit en septembre l'année prochaine puis Hugo en ferait de même après la fin de sa scolarité à Poudlard. Les jeunes gens vivraient leurs propres expériences professionnelles ou amoureuses avant de créer leur foyer où il serait parfois invité mais devrait ensuite retrouver sa solitude chez ses vieux parents.

En revanche, Hermione bénéficierait probablement de plus d'égards puisqu'elle détenait une complicité majeure avec leurs enfants devenus des puits de sciences dans son genre prêts à embrasser eux aussi la carrière juridique. Elle passerait donc beaucoup de temps avec eux grâce à leurs études similaires ou encore leurs dossiers communs si les jeunes gens finissaient par travailler dans son département comme Rose semblait en avoir l'intention.


Ron tenta de ne pas s'apitoyer sur lui-même puis il fut distrait par les gestes de la sorcière en face de lui qui avait saisi un récipient couvert d'un torchon avant de soulever ce dernier. La sorcière observa sa préparation et l'estima enfin prête. Elle saisit donc les pommes rouges mises de coté après le repas. Son invité curieux l'observa ensuite les peler avant de lui demander ce qu'elle comptait préparer. La jeune femme expliqua son intention de préparer une Apple pie ou tourte aux pommes digne de ce nom pour fêter le retour de ses jumeaux vers dix heures. Ron l'interrogea aussitôt sur ses deux fils et apprit qu'ils étudiaient à l'école de sorciers d'Oulan-Bator depuis le 1er septembre.

Ensuite, Pansy continua ses préparatifs car la cuisine lui permettait de se concentrer afin de se préparer mentalement à affronter les questions qui finiraient certainement par fuser au bout d'un moment. Une fois, le nombre de pommes nécessaires atteint, la sorcière rangea les autres dans son panier à fruits et en tint seulement quatre. Elle utilisa sa baguette pour faire léviter les deux premières jusqu'à ses cadets toujours en train de regarder la télévision puis tendit la troisième à Ron.

Les yeux du Gryffondor glissèrent de la pomme aux yeux veloutés en amande ainsi que la bouche petite mais charnue de cette superbe Eurasienne puis il chercha de rassembler ses souvenirs sur une fable racontée par Hermione à propos d'une certaine Eve, son mari Adam et un serpent. Ron ne parvint pas à se rappeler la fin de l'histoire, néanmoins, il se serait damné pour effleurer les lèvres de cette femme si envoutante même s'il s'agissait d'un Serpent déguisé en jolie maman mongole. Le sorcier finit cependant par se ressaisir et saisit le fruit avant de le mordre à pleine dents. La sorcière en fit de même avec sa pomme tout en finissant tranquillement de préparer sa tarte avant de la mettre au four.

Face à sa tranquillité, Ron penaud réalisa que le don de la pomme n'était donc pas une tentative de séduction déguisée sous la forme d'une plaisanterie. Toutefois, il ne put s'empêcher d'admirer les lèvres pulpeuses en train de croquer la pomme puis il décida de reprendre la conversation pour ne pas s'attarder comme un malade sur cette bouche hors-de-portée. Ron interrogea donc la jeune femme sur ses jumeaux :

« _ Pourquoi avoir choisi de les envoyer dans une école mongole au lieu de les envoyer à Poudlard ?_ »

La sorcière blêmit puis l'observa un instant sans se douter de la honte de Ron qui se rendit compte de son indiscrétion habituelle et se demanda comment réparer sa bévue. Un silence pesant plana entre eux mais Pansy finit par décider de lui répondre simplement la vérité :

« _ Tout simplement parce qu'aucune lettre en provenance de Poudlard n'est jamais arrivée pour Nansal et Toorjii.

- Euh la Mongolie c'est certainement trop loin pour les hiboux. Déclara Ron précipitamment pour ne pas l'embarrasser.

- Ou tout simplement mes fils ne sont pas les bienvenus. Rétorqua sèchement Pansy._ »

La sorcière se tourna aussitôt sous le prétexte d'enfourner sa tourte dans le four encastré dans le poêle afin de ne pas montrer à Weasley sa honte ou encore sa peine pour ses enfants privés de Poudlard par sa faute…


Voilà comment trouvez-vous Ron et Pansy dans cette partie ? Éprouvez-vous de la sympathie pour Pansy ou estimez-vous son sort mérité après avoir tenté de livrer Potter pour sauver sa peau en 1998 ?

A plus et bon dimanche !

Ps: Apparemment le règlement n'autorise pas la publication des réponses aux reviews dans les chapitres. Alors je suis en train de les effacer et de les envoyer personnellement par mail. Je ne sais pas encore comment ça fonctionne pour les review des guest ou anonymes. Donc je les efface pour le moment et vous prie de m'en excuser. Je m'excuse en particulier auprès de Samia qui en a écrit beaucoup et dont les reviews sont toujours très pertinentes.