Bien le bonjour, c'est BlackRaven91. Ne vous emportez pas maintenant, s'il vous plaît. J'ai bien conscience d'être une horrible personne de vous laisser mariner comme ça, m'absenter durant un mois (ou deux, je ne sais plus...) et me pointer, comme une fleur, fin septembre. Je vais de ce pas vous expliquer la raison de ce manquement, après c'est à vous de voir si vous prenez comme quelque chose de valable ou non.
J'ai écopé durant tout le reste des vacances d'été d'une panne d'inspiration et lorsque je l'ai retrouvée, paf ! Le travail reprenait. Je me suis dit que j'arriverai quand même à trouver du temps pour écrire. A quel point me suis-je trompée... Dès les premiers jours, j'ai été laminée de boulot ! Je m'y attendais vraiment pas. Imaginez une montagne de paperasse avec moi en dessous et vous comprendrez ce que j'éprouve...
M'enfin, bref. Je ne suis pas là pour vous parler de mes problèmes de travaux. Venons en au fait qui vous intéresse...
Disclaimer : Aucun des personnages ne m'appartient. Ils sont la propriété de Square Enix et de Disney.
Merci à tous pour votre soutien continu. Même si je n'y réponds pas régulièrement, je vous en suite éternellement reconnaissante.
MissManga : Cela fait longtemps, comment vas-tu depuis la dernière fois ? J'espère que tout se passe bien de ton côté. Xehanort est le porteur de bon nombre de maux dans l'univers de Kingdom Hearts, toujours à nous pourrir la vie de la manière la plus insolite. Je suis bien d'accord avec toi là-dessus. Magicienne, moi ? Merci beaucoup pour cette appellation. Je pensais plutôt être une sorcière ou toute chose s'y apparentant. Quant à Xemnas et Xehanort l'apprenti, je ne les vois pas du tout comme des bourreaux, ce sont plutôt des victimes. Désolée d'avoir donné cette impression, je me rattrape dans ce chapitre... Enfin, j'espère... En espérant que tu apprécies la suite.
Je rappelle que toute critique m'intéresse, positive ou négative, du moment qu'elle est constructive et que si jamais vous trouvez une faute, quel qu'elle soit, dans ce récit, je m'en excuse d'avance.
Sur ce, bonne lecture !
Terra se réveilla, le nez dans un amas de fils bruns et blancs crasseux. Apparemment, ils s'étaient endormis ensemble, Braig et lui, certainement d'exhaustion. Le porteur de la Keyblade respira un bon coup l'odeur de la chevelure sous ses narines. Le tireur d'élite ne devait pas se laver les cheveux très souvent parce que, fiou ! on ne pouvait pas dire que cela sentait la rose. Même après être passé trois fois sous le shampooing et la pomme de douche dès le retour à la Tour Mystérieuse.
Doucement, il s'extirpa de l'étreinte, tout en veillant à ne pas réveiller son protégé. Le regarder dormir si paisiblement, si détendu, si… vulnérable emballait les pulsions malsaines de son cœur. Il s'éclipsa rapidement, ramassant au passage les débris du bol cassé, mais discrètement, ne voulant pas recommencer ce qui s'était produit la veille.
Après avoir refermé la porte derrière lui, il essaya de faire le point. C'était un coup de chance que rien de très grave ne soit arrivé mais qui sait si cela ne pouvait pas se reproduire ? Il devait apprendre à dompter ses instincts et prendre des mesures le temps que Braig se rétablisse. Le porteur de la Keyblade alla donc trouver Maître Yen Sid pour mettre les choses à plat. Ils parlèrent durant quelques minutes avant de convenir la solution qui leur paraissait la plus efficace. Terra n'espérait qu'une seule chose : que cela marcherait.
…
- Dis, Braig ?
L'apprenti scientifique tourna la tête en direction du jeune homme à la chevelure argentée.
- Ouais, qu'est-ce qu'y a ?
Son collègue avait le regard fuyant et réajustait nerveusement le foulard violet noué autour de son cou. On le sentait perturbé.
- Tu penses que je retrouverai un jour mes souvenirs ?
Le tireur d'élite fut pris au dépourvu par la question du petit dernier de leur groupe. Lui d'habitude si confiant et sûr de lui semblait douter.
- Qu'est-ce qui te fait penser ça ? s'exclama le brun, la stupeur perceptible dans sa voix.
- Le Maître se plaint de plus en plus souvent de moi ces derniers temps, me qualifiant d' « insupportable gamin » ou bien de « surdoué orgueilleux ». J'ai de plus en plus l'impression de ne plus être chez moi. Je pense que c'est dû à mon amnésie. À force de la lui rabâcher, cela a certainement commencé à lui taper sur le système alors je me disais…
Il n'eût pas le temps de finir sa phrase qu'une main gantée s'abattit sur son cuir chevelu, le lui ébouriffant amicalement.
- Tu réfléchis trop. Lâcha le plus vieux des « fils » d'Ansem le Sage.
- Hein, comment ça ? lui répondit d'une question le benjamin, un air surpris plaqué au visage.
- Y'a trop de choses qui se bousculent dans ta caboche alors tu finis par mélanger ce qui faut pas ensemble. C'est pas bon pour toi d'essayer mettre les choses au point dans un tel état de stress. Quant au maître, tu le connais : Dès qu'il ne trouve pas assez rapidement la solution à un problème, il devient ronchon pendant quelques jours et, durant cette période, parle souvent sans réfléchir. C'est sa façon à lui de te montrer qu'il s'inquiète pour toi.
Son ami affichait un air peu convaincu. Devant cette sombre mine, il saccagea un peu plus ces mèches argentées si travaillées le matin et ajouta, le sourire aux lèvres :
- Allez, te bile pas pour ça ! Pour nous, tu resteras notre « petit-frère adoré ». Peu importe ce que tu feras, on t'en voudra jamais !
- Même si je détruisais par « accident » ta collection de vieilles cartouches ?
- Bon, là, ça reste à voir...
La suite se perdit dans un grand rire, retourné par le jeune homme, jusqu'à ce que tout ne devienne blanc et que les éclats de voix ne soient plus qu'un écho au lointain.
…
Lorsqu'il s'ouvrit, son œil lui révéla la chambre dans laquelle il logeait chez ce vieux con. Tout ce qu'il venait de voir n'était qu'un rêve, un souvenir du passé. Un passé où tout allait quasiment pour le mieux. Un passé où Xehanort ne les avait pas encore trahi. Un passé où lui n'était pas tout à fait l'horreur qu'il était aujourd'hui. Le petit apprenti, en fin de compte, n'avait été, lui aussi, qu'une marionnette entre les mains du vieux schnoque. Il ne méritait pas de finir comme il l'a fait.
À côté de lui manquait la source de chaleur qui l'avait accompagné durant la nuit. Il la cherchait lorsque, soudainement, la veille lui revint en mémoire. Cet enfoiré de Terra… Il n'avait pas envie de le voir, même après ses mots d'excuses de la veille. Comment avait-il pu se montrer si faible devant lui, au point de chercher du réconfort dans ses bras. Cela le dégoutait mais quelque part, au fond, il lui était reconnaissant. Cela faisait maintenant trop longtemps que personne ne lui avait témoigné de l'affection, même simulée. Pfff… voilà qu'il devenait une midinette maintenant. Il était décidément tombé bien bas.
Voulant simplement oublier ça et se morfondre en attendant que le temps passe, il ferma les yeux, espérant que le sommeil l'emporte à nouveau et lui fasse oublier ses malheurs.
…
Il fut à nouveau réveillé par le grincement d'une porte. La lumière filtra dans la chambre, agressant son œil. Il l'ouvrit et regarda en direction de la source lumineuse. À cet instant, il aurait préféré rester endormi plutôt que de voir la vision se trouvant au niveau de l'entrée, plateau en main. Même le destin s'était ligué contre lui ou quoi ?
Son visiteur referma légèrement le panneau de bois derrière lui, laissant la clarté du dehors éclairer encore un peu la pièce, et vint s'asseoir sur le rebord du lit. Après quelques instants de silence, le porteur de la Keyblade fut celui qui rompit le silence.
- Je sais que tu fais semblant de dormir. Sois responsable et fais face à tes problèmes. On a à parler.
Braig, le dos tourné à lui et percé à jour, renifla dédaigneusement.
- Dis plutôt que t'es venu me baiser. T'es là pour ça, non ? 'Toute façon, je ne suis bon qu'à ça.
La gifle faillit partir. Le comble de la mauvaise foi était cette fois-ci atteint !
- Tu m'expliques ?
Voyant que son empêcheur de dormir en rond ne lui foutrait pas la paix avant d'avoir obtenu les informations qu'il désirait, le tireur d'élite soupira, admettant la défaite. Il se releva difficilement, adossa son buste contre la tête du lit et commença, le regard au lointain :
- Les Ténèbres sont une arme redoutable, aussi bien pour l'utilisateur que la victime. J'ai toujours voulu avoir cette puissance et j'étais prêt à mettre le prix pour l'obtenir. Tu vois où ça m'a mené…
Il accentuait ses propos en montrant en exhibant sa forme squelettique, faisant déglutir le porteur de la Keyblade.
- Je ne me doutais pas que cela aboutirait à ces méthodes-là… reprit-il, plus sombre. Mais bon, lorsqu'on est jeune et con, on fait abstraction de ce genre de détail. Tout ce qui importe, c'est d'atteindre le but recherché.
- Mais, et Xehanort dans tout ça ? protesta le jeune homme.
- Chaque chose en son temps, moustique. Ton maître ne t'a jamais appris que la patience était toujours récompensée ?
- Dixit M. Je-veux-devenir-fort-en-moins-d'deux ?
L'ex N°II piaffa, rétorquant sarcastiquement.
- Pas la peine de retourner le couteau dans la plaie, tu s'ras gentil. Sinon, je disais…
Le tambourin ardent battant en permanence dans la poitrine de Terra se remit à faire des siennes. Des gouttes de sueur commençaient clairement à couler le long de ses tempes. Non, ce n'était pas le moment de flancher !
- Le vieux schnoque en est, en effet, pour beaucoup dans ce qui m'est arrivé. Xemnas et le petit apprenti n'y sont, quant à eux, pour rien. C'était au-delà de leur compréhension. Ils n'y pouvaient rien.
« Qu'est-ce que tu attends ? Vas-y, déchaîne tes instincts. Assouvis tes passions en lui. » Non, il refusait. Trop de tords avaient déjà été commis.
- C'était toujours le vieux schnock qui agissait dès qu'il avait une envie de se « soulager ». Isa était aussi une « proie » potentielle. Il peut me remercier de ne pas être passé à la casserole si jeune. Si je ne m'étais pas offert à sa place, son esprit n'aurait, à mon avis, pu jamais s'en remettre.
Le jeune homme revint à la réalité un instant pour entendre les dernières paroles racontées par son malade, horrifié à l'écoute des mots. La scène décrite le frappa de plein fouet, dans toute sa cruauté.
Il y voyait un Xemnas, les yeux luisants d'envie malsaine et pervertie, sous le contrôle du Maître de la Keyblade corrompu, zyeutant avidement un Isa nouvellement dépourvu de cœur et même pas en âge de se marier. Puis Braig, récemment devenu Xigbar, s'interposant, empêchant son supérieur d'atteindre son but, son apparence encore sauvée de la dévastation mais dont les cheveux avaient commencés à brunir et blanchir ci et là, et proposant de le « prendre » plutôt que le gamin. La moue sceptique du N°I se changeant en rictus mauvais, le trajet lourd jusqu'à ses appartements, un N°II inquiet de connaître la suite sur les talons, les ordres cruels proférés une fois arrivés et… la suite…
Il était là, à ce moment. Sa conscience avait assisté à cet abominable spectacle. Il s'en souvenait nettement, à présent. Elle avait crié, hurlé, pleuré, suppliant que cela s'arrête, ne supportant plus ce qui s'offrait à ses yeux. La migraine revint l'envahir à grands pas, lui vrillant les tympans, et son cœur s'était remis à tambouriner contre sa poitrine, battant à lui en exploser les tempes. Les Ténèbres s'y terrant réclamaient leur partie manquante à portée de main, réclamaient le fragment du cœur de l'autre. Cela en devenait insoutenable !
- Xemnas, le p'tit apprenti, même Isa et son Simili… Ils étaient tous des victimes dans un sens ou un autre. Mais moi pas. Je suis un bourreau. Les bourreaux ne peuvent obtenir une rédemption.
Il avait l'impression qu'il était prêt à imploser, tellement la douleur était forte, le pliant en deux, se tenant le ventre et haletant. Son acolyte sembla le remarquer et souffla, désillusionné.
- Tu vois que tu es venu pour ça… Vas-y, saute-moi. Je ne sers qu'à ça de toute manière…
- Arrêtes de raconter des conneries !
La phrase le prit au dépourvu, en même temps que les mains agrippant ses poignets avec force, le plaquant contre le matelas. Une situation identique au premier jour dans la Tour, si l'on exceptait le souffle saccadé et les gouttes perlant au front de Terra ainsi que la souffrance sur ses traits. Il respirait bruyamment et difficilement. Au bout d'un court, il commença à rapprocher ses lèvres dangereusement de celles de l'Archer mais s'arrêta à à peine un centimètre.
Braig s'attendait à recevoir des ordres, impulsions perverses traduites sous forme de phrase, lorsque quelque chose s'écrasa contre sa joue avec un « ploc ». Avec son œil valide, il regarda en direction de sa pommette et la vit maculée de rouge. Son regard remonta rapidement à la source du liquide carmin et vit que son tortionnaire s'était mordu la lèvre jusqu'au sang.
- Non… grogna celui-ci. Je ne leur cèderais pas…
Le tireur d'élite leva un sourcil étonné avant de reprendre un air las. Il allait rétorquer d'une réplique cinglante mais il n'eut le temps d'ouvrir la bouche que l'autre élevait de nouveau la voix.
- Tu n'es pas une prostituée. Peu importe ce qui est arrivé dans le passé, on s'en moque ! Je me fous bien de ce que les autres trouveront à dire là-dessus. Pour moi, tu es, toi aussi, une victime dans tout ça, quelqu'un qui a été mal guidé durant des années.
Il défit sa prise sur l'un des poignets de l'ex N°II et, d'un doigt, ôta délicatement le filet de sang glissant le long de la joue de l'autre ainsi que la source dont provenait le liquide carmin. Le malade, d'abord étonné, raffermit son expression et, regardant l'autre droit dans les yeux, dit :
- Tu m'abandonneras pas, hein ?
- Jamais, je ne t'abandonnerai jamais… lui répondit son protecteur, la détermination combinée à la fatigue dans sa voix.
- Même si tu te mettais tout le monde à dos…
- Même si je me mettais tout le monde à dos, répéta-t-il, comme automatiquement, je resterai avec toi…
Voilà, il se montrait faible une fois de plus. De toute façon, qui le punirait de se laisser tomber si bas ? Lorsqu'on était au bas de l'échelle sociale et morale, on pouvait bien se le permettre.
- Dans ce cas, promets.
- Je te le jure, je resterai à tes côtés, quoi qu'il arrive, peu importe ce que les autres penseront de toi ou de moi, je ne te laisserai pas !
C'était fou ce que l'on pouvait faire dire à quelqu'un à moitié inconscient mais cela lui réchauffait tellement le cœur d'entendre ces paroles. Alors que Terra était sur le point de s'écrouler, puisant dans ses dernières forces pour se maintenir éveillé, de sa main libre, Braig passa sa paume lentement sur le visage du brun. Ses lèvres, quant à elles, effleurèrent un court instant celles du porteur de la Keyblade avant qu'il ne retombe dans les vapes, suivi de près par son casse-pied favori, s'écroulant sur lui, le cerveau en ébullition.
Alors, verdict ? Personnellement, je pense que je me suis relâchée sur la fin mais, après, c'est un avis purement personnel.
J'espère pouvoir publier régulièrement dans les mois qui vont suivre mais, aux vues de tout ce que je dois faire, j'ai bien peur que cela soit quelque peu compromis... Encore une fois, désolée de ce contre-temps, sincèrement.
Sur ce, au revoir et, avec un peu de chance, à bientôt pour de nouvelles aventures !
