Enfin... Enfin, j'ai réussi ! Bien le bonjour, chers lecteurs, BlackRaven91 est de retour, après une absence de plusieurs mois ! J'ai vogué à travers intempéries, vides d'inspiration, embrouilles émotionnelles et paperasses en délires avant de vous retrouver ! J'ai vraiment cru que je n'allais jamais y arriver et pourtant, j'y suis quand même arrivée ! En même temps, lorsque l'on commence 36 000 projets et que l'on en finit aucun, c'est tout de suite plus compliqué... Mais je m'éloigne !

J'espère que chacun d'entre vous va très bien et est en bonne forme. Cela fait quand même un petit bout de temps depuis ma dernière visite et j'espère que pour vous tout se passe comme sur des roulettes, quel que soit le plan.

Disclaimer : Je ne possède aucun des personnages cités dans cette histoire, si ce n'est le vendeur de disque. Ils sont la propriété de Square Enix. Tout comme je ne possède aucun droit sur le groupe Queen, cité dans ce chapitre. Je n'en fais en aucun cas partie.

Merci à ceux/celles qui continuent à me lire malgré mon retard légendaire. Poutous à tous !

Miss PandaManga : Cela date depuis la dernière fois que nous nous sommes parlées. Comment vas-tu depuis, bien j'espère ? Pour ma part, je ne pète pas forcément la forme mais je pense me porter plutôt bien. Il n'y a rien de mal à être facilement attendrie. Je pleure comme une madeleine dès que je lis un livre dramatique, alors... Terra est vraiment le type fort dont n'importe quelle fille rêverait, de mon point de vue. Son seul défaut serait sa crédulité déstabilisante. Quant aux Ténèbres, nous verrons bien s'il arrive à s'en débarasser ou non. En espérant que tu apprécies la suite.

Je rappelle, comme à l'accoutumée, que je suis ouverte à toute critique, positive ou négative, du moment qu'elle est constructive et que si vous trouvez des fautes dans le récit suivant, quel qu'elles soient, je m'en excuse d'avance.

Sur ce, en espérant que l'attente en vaudra la peine, bonne lecture !


La lumière filtrée par les ignobles rideaux violets qu'affectionnait particulièrement le vieux con éclaira des doux rayons de l'aube son visage endormi. Ses cils papillonnèrent légèrement avant de libérer de sa prison son œil aux couleurs du soleil couchant. Braig fixa le plafond quelques instants, émergeant en douceur de son sommeil. Il fallait croire que, ces derniers temps, les vapes étaient sa destination favorite. Il ne faisait que ça, pioncer, depuis qu'il était arrivé là.

L'ex N°II voulut se relever mais quelque chose l'en empêcha, quelque chose de lourd. Il déplaça rapidement son regard vers le poids l'entravant. Les évènements de la veille lui remontèrent comme une cuite. Quand cet enfoiré de Terra allait se réveiller, ça ne serait décidément pas sa fête. Il lui demanderait certainement des explications sur le pourquoi du comment.

En bon lâche, puisqu'il faut dire les choses comme elles le sont, il arriva, après avoir soulevé autant que possible le mastodonte avec ses bras maigrichons, à dégager son buste et ses jambes mais ses chevilles restaient encore coincées. Punaise, Terra ferait mieux d'arrêter la muscu', trop de graisse pour son propre bien. À force de tirer dessus pour les décoincer, il finit par arriver au bord du lit et, suite à une impulsion de trop, dégringola du matelas, laissant le bas de son corps à l'air. Rhaah… Il faudrait décidément qu'il demande un pantalon, ras le bol de n'avoir rien sur la peau du cul !

Un bras fort se referma sur sa taille et le ramena sur les couettes, contre un torse bien bâti.

- Non, pas maintenant… entendit-il le porteur de la Keyblade marmonner dans son sommeil, réajustant sa prise sur lui. Dors encore un peu…

Non mais il était en train de rêver là ! Il le prenait pour quoi exactement ? Son doudou ?! Essayant une nouvelle fois de se dégager, le tireur d'élite réalisa au bout de quelques minutes à gigoter que c'était vain, que son pot-de-colle n'allait pas le lâcher. Résigné, il se remit plus confortablement dans les bras du colosse. S'il devait y rester, autant faire à ce que ce soit le moins pénible possible.

Étrangement, l'ex N°II se sentait bien dans les bras de Terra. Il n'avait jamais remarqué à quel point ils étaient chauds mais il ne fallait pas se leurrer, ce n'était certainement que les conséquences de son manque de contacts physiques. Il se rendait compte à présent que, en dépit de toute sa mauvaise foi, le porteur de la Keyblade était quelqu'un d'extraordinaire, pouvant facilement combler n'importe qui de bonheur. La fille qu'il choisira sera certainement la plus heureuse de l'Univers.

Le fait que lui, être souillé qu'il était, ait osé le salir d'un baiser le répugnait. Qui était-il pour s'accaparer ne serait-ce qu'un morceau de cet Apollon ? De plus, les illusions ne marchaient pas : Il devait penser que c'était certainement sa copine qu'il serrait dans ses bras, bienheureux qu'il était dans le pays des songes parfumés à la fraise et parsemés de gaufres au caramel. Il resterait éternellement seul et, quelque part, cela lui faisait mal.

Quelques fois, il aimerait pouvoir redevenir un Simili pour ne plus sentir cette souffrance mais tout ce qui avait été fait jusqu'ici n'aurait servi à que dalle. En plus, c'était un désir purement égoïste, contraire aux beaux préceptes sur lesquels ces mômes à la Keyblade adoraient baratiner.

Bah, il avait mal à la tête à force de se triturer la cervelle ! Ça ne lui ressemblait pas de se charcuter les nerfs ainsi pour des broutilles. Il n'avait qu'à faire comme il avait toujours fait : se fier à son instinct en faisant fi des conséquences qui pourraient en découler. Et son instinct lui disait de profiter de la chaleur du corps à côté de lui tant qu'il en était encore temps. C'était peut-être sa dernière chance d'avoir à jamais quelqu'un à ses côtés, de se sentir protégé… Après, il sera seul… pour de bon…

Les ciseaux se refermèrent en douceur sur les mèches poivre et sel, laissant la partie sectionnée tomber telle des feuilles en automne sur la couverture. Terra les mit de côté, sur l'épaule droite de son martyr, veillant toutefois à ne pas toucher la cicatrice s'y logeant, avant d'en attraper d'autres et recommencer son manège. Le matin suivant son évanouissement, il s'était réveillé dans la chambre de Braig, ce dernier sommeillant tranquillement contre lui. Le tireur d'élite avait été d'ailleurs étonnamment calme depuis, ne maugréant plus pour prendre ses médicaments et n'incendiant plus quiconque osait mettre le pied dans son antre. Il s'était même mis à respecter Maître Yen Sid, restant des heures durant à converser avec le vieux mage sur des sujets diverses et variés sans un seul éclat de voix.

La raison à tout cela ? Le porteur de la Keyblade n'en avait pas la moindre idée. Il n'avait conservé aucun souvenir d'après son monologue quant au fait que l'ex N°II n'était pas coupable. Il l'avait d'ailleurs questionné à ce sujet, étonné de se retrouver dans le même lit que le malade, mais celui-ci ne lui en avait soufflé mot, continuant de lui répéter que rien ne s'était passé et ayant détourné la conversation en insistant pour un bain, chose qu'il détestait au plus haut point en temps habituel (Et il en avait bien besoin, fouettant encore plus fort qu'un putois !) ainsi que des vêtements (Les trois Bonne Fées s'étaient disputées un bon moment sur la coupe et la couleur du pantalon pour finalement se mettre d'accord sur du marron clair). Le brun était sûr qu'il y avait anguille sous roche mais avait rapidement cessé d'y penser, se disant que rester dans l'ignorance ne l'empêcherait pas de vivre.

Et le voilà, ce jour-ci, à rafraîchir la coupe du borgne après l'avoir shampooiner sans se prendre un seul coup. Ils s'étaient entendus sur le point que sa chevelure avait bel et bien besoin de passer sous les ciseaux de quelques centimètres. Rien de bien compliqué, simplement couper les pointes fourchues mais les laisser au milieu du dos, Braig ayant fortement exprimé son mécontentement teinté d'angoisse au fait de les avoir aussi court qu'autrefois.

En tout cas, ses cheveux étaient plus jolis à regarder à présent, lavés et en partie coupés. Le tireur d'élite l'avait surpris, et pas de la bonne manière, en disant que cela faisait près d'un an qu'il ne se les était pas lavés. Avec toute la crasse qu'ils avaient accumulée en prison, de plus… Autant dire qu'il avait fallu près de six lavages pour enlever tous les détritus restants dans la coiffure de l'ex N°II. Même Ven ayant décidé d'aller jouer au cochon dans les environs de la Contrée du Départ ne rentrait pas aussi sale.

Les lames se croisèrent une dernière fois avant de laisser place aux pics de la brosse, passant délicatement à travers l'harmonie qu'était devenue la broussaille qui servait de chevelure au tireur.

- Tu ne te sens pas mieux maintenant ? demanda le jeune homme, alors que l'autre passait par-dessus sa tête le pull bleu ciel aimablement prêté par Terra trois fois trop grand pour lui, manquant d'y coincer les mains du porteur de la Keyblade dessous.

- Bof… fut la réponse constructive qu'il reçut. Je sais plus ce qui est bon ou mauvais pour moi…

- Tu dois bien te sentir plus léger, tout de même.

Il n'eut qu'un regard à moitié noir avant que l'ex N°II passe la tête sous la laine azur et qu'elle ne réapparaisse à l'autre extrémité.

- Hé ! s'écria le brun, pendant que son poison ébouriffait sa nouvelle coupe en secouant la tête dans tous les sens. Tu veux détruire mon travail ?!

- Rien que pour te faire chier ! lui dit en retour Braig, un sourire malicieux au coin de la bouche.

Terra savait qu'il disait ça pour rire. C'était fou à quel point il était devenu sociable en si peu de temps, comme s'il était une tout autre personne. Peut-être reprenait-il simplement son ancienne personnalité avant d'être mêlée par celle de Xehanort ? Ou bien essayait-il de les berner en étant docile et sage ? Le porteur de la Keyblade avait la certitude que la seconde option était fausse, les émotions du tireur d'élite étant trop vraies, trop humaines pour n'être que de simples imitations. Il le ressentait.

Maître Yen Sid avait préconisé comme solution qu'il reste le plus souvent possible aux côtés de Braig pour habituer son cœur à sa présence, bien qu'elle semblait à quitte ou double de prime abord. Au départ, cela avait été, certes, difficile, le porteur de la Keyblade se laissant souvent aller à ses pulsions mais il avait autorisé le tireur d'élite à lui donner une paire de mandales, voire deux, si jamais ces cas arrivaient. Et celui-ci s'en donnait à cœur-joie, abusant parfois un tantinet trop. Globalement, cependant, le processus avait fonctionné encore mieux que l'on ne l'avait imaginé, le pincement dans sa poitrine n'étant plus qu'un mauvais souvenir.

Après avoir rebrossé un coup les cheveux de l'ex N°II, l'avoir ramené dans les couvertures et donné ses médicaments, le brun se mit à discuter un peu avec lui. Ce jour-ci, pas de chasse aux Sans-cœur prévue pour lui et ce n'était pas pour lui déplaire. Il en avait un peu assez de poursuivre ces saletés de bestioles noires à tout vent et rentrer crevé à la fin de la journée. De plus, il pouvait en profiter pour étudier de plus près les humeurs de Braig et ses tics. Le malade, il avait remarqué, avait l'habitude d'accentuer certaines de ses phrases en levant le pouce et l'index de ses mains ou bien qu'il adorait gratter une certaine cicatrice, ce qu'il lui avait intimé d'arrêter, lui disant qu'il ne faisait qu'irriter la chair et que cela était propice aux infections.

Après avoir bien ri sur une anecdote de la vie à l'Organisation XIII à propos de Zexion transformé en hamster pour avoir bu une concoction de Vexen, croyant à du jus de mandarine, les deux eurent un instant de silence, ne sachant pas sur quoi embrayer. Braig fut le premier à rompre la glace.

- C'est un peu morne ici, tu trouves pas ?

- Tu ne penses pas que tu abuses un peu en disant ça ? contredit Terra, l'air un peu ennuyé par les paroles de l'autre. Maître Yen Sid vient te voir deux fois par jour et je joue avec toi aux jeux de sociétés et aux cartes dès que je le peux.

- Nan, c'est pas ça. J'trouve simplement qu'il y a pas assez de musique par ici, c'est tout. J'vous critique absolument pas, le vieux crouton et toi. Fais marcher ta cervelle avant de me rabrouer.

Bon, d'accord… Il était peut-être parti au quart de tour mais bon, si son martyr pouvait être plus explicite aussi… Sur ce coup-là, le tireur d'élite avait un point.

- Admettons-le, dans ce cas. Je peux aller t'acheter de quoi mettre un peu d'ambiance, si tu veux. Proposa spontanément le brun, en bonne poire qu'il était.

Il ne savait pas à quel point il regretterait sa décision plus tard.

- Tu f'rais ça, sincèrement ? OK. Alors, voici donc ce que j'aimerai que tu me trouves…

Il lui chuchota à l'oreille le titre des albums de musique qu'il souhaitait.

- Tu penses pouvoir les trouver ?

- Si tu en parles, c'est que cela doit forcément exister.

Le porteur de la Keyblade disait ça, mais il n'y connaissait pratiquement rien en art musical, si ce n'était la musique traditionnelle que Maître Eraqus leur faisait de temps à autre écouter. Il espérait vraiment pouvoir trouver ce que demandait le plus vieux…

Il n'était qu'en train de tranquillement laver ses vieilles platines lorsque ce pauvre vendeur de la ville de Traverse vit entrer dans sa boutique un grand gaillard visiblement exténué, portant dans une main un lecteur de disque de musique.

- Bonjour, monsieur. Dit-il, arrêtant ce qu'il était en train de faire et allant se mettre de l'autre côté du comptoir. J'peux vous aider ?

- Oui. Répondit son client, manquant de s'effondrer sur les planches de bois. J'aimerai savoir si vous n'auriez pas, par hasard, les CDs du groupe « Queen », s'il vous plaît…

- Eh bien, vous avez frappé à la bonne porte, mon ami ! s'exclama le propriétaire. Je dois les avoir dans la réserve. J'vais aller vous les chercher tout de suite.

Terra poussa un soupir de soulagement alors que le boutiquier détalait dans l'arrière-boutique, à la recherche des dits-disques. Enfin ils les avaient trouvés ! Il était allé à la Cité du Crépuscule, à Disneyland, même à l'épicerie des Îles du Destin, sans grand succès et aucun indice quant à où il pourrait trouver les CDs. Il avait tout de même réussi à mettre la main sur un poste de radio lors de sa virée à la ville du Soleil couchant, sachant pertinemment que Maître Yen Sid et la technologie faisaient deux, ce qui n'était pas un mince exploit.

Il était tout de même surpris que le monde de Traverse existe encore alors que tous les mondes avaient été restaurés. Peut-être que la volonté de certaines personnes désirant continuer d'y résider suffisait à le maintenir dans la réalité…

Une fois que le vendeur fut revenu et qu'il ait tout emballé, le jeune homme soupira une nouvelle fois, cherchant activement son porte-monnaie dans ses poches.

- Depuis le temps que je les cherchais… Oh merci beaucoup… le remercia-t-il, lui tendant la monnaie.

- Il n'y a qu'une seule boutique de disque en ville et c'est la mienne. Affirma le commerçant, perplexe. Je ne vois pas où est-ce que vous auriez pu aller d'autre…

C'est ce moment-là, alors que le brun se demandait quelle explication il allait bien fournir au marchand, que choisit une tête rousse à la coiffure de porc-épic pour rentrer dans le magasin, signifiant sa venue par :

- Hé, salut Nico ! Dis-moi, t'as pas du nouveau dans tes stor…

L'individu marqua une pause en voyant le tas de muscle avachi sur le comptoir puis s'exclama :

- Hey, mais si ce ne s'rait pas Terra !

Celui-ci se retourna pour croiser le regard malicieux et pétillant de Lea, poings sur les hanches et lui adressant un grand sourire éclatant.

- Lea !? s'étonna le brun, se relevant d'un coup, comme si sa fatigue s'était évaporée. Mais que fais-tu ici ?

- C'est plutôt moi qui devrai poser la question. J'suis un habitué ici. Lui répondit l'ex N°VIII, faisant signe au vendeur d'aller voir dans sa réserve les nouveautés. Isa et moi, on s'est installé ici car ce monde n'avait pas spécialement subi l'influence de l'Organisation XIII et que cela éviterait de raviver quelques mauvais souvenirs. Pas tant pour moi mais c'est pour Isa que je m'inquiète. Il a le mental et la santé fragile après tout ce qui s'est passé et une seule atteinte à son esprit pourrait lui être fatale.

Il était vrai que, lorsqu'ils l'avaient récupéré, le compagnon de la tête rousse était vraiment dans un sale état, aussi bien physiquement que psychiquement. Il avait fallu plusieurs semaines de thérapies intensives pour le remettre sur pied et encore, cela n'avait été à peine suffisant que pour pouvoir lui enlever son morceau du cœur de Xehanort en lui, après quoi il avait fallu tout recommencer. Terra se souvenait encore des cris de douleur de l'ex N°VII, vrillant les lieux nuit et jour, ainsi que ses virées imprévues en mode Berserk dès que sa souffrance devenait trop à supporter.

De plus, en conséquence, sa santé physique s'était dégradée, le laissant à la merci de n'importe quelle maladie. Son organisme n'avait pas eu la chance, comme le sien, de récupérer. Et visiblement, cela prendrait du temps de trouver un remède à ce problème, Even et Ienzo y planchant activement sans résultat concluant. Encore une raison de plus pour détester le vieux schnoque.

Lea avait été, avec le concerné, l'une des personnes les plus touchées par cette nouvelle. Le porc-épic savait à quel point son meilleur ami désirait s'amender auprès des gens auxquels il avait commis des torts et le voir dans l'incapacité de le faire lui fendait le cœur. Il s'occupait de lui comme il pouvait, d'après ce qu'il avait entendu, mais aucun de ses efforts ne semblait bon pour la situation, si ce n'était remonté le moral à son compagnon.

- Je vois… ne put que dire Terra, se sentant mal pour l'un de ceux qui avait connu le même sort que lui. J'imagine que ce n'est pas facile…

- Tu l'as dit. Mais on garde espoir. J'suis sûr qu'un jour, les deux intellos trouveront la solution à son problème. Bon, parlons de choses un peu plus joyeuses…

Le pyromane dit cette phrase en avisant le sac sur le comptoir. D'un mouvement rapide que le plus vieux des porteurs de Keyblade eut peine à suivre, il s'en saisit et l'amena à la hauteur de son visage.

- Alors, alors… Qu'avons-nous là ? s'interrogea-t-il en en sortant le contenu. Oooh… Des CDs de Queen ?! Eh ben, Terra, je ne te voyais pas écouter ça. Je te pensais plus dans la musique traditionnelle préhistorique, un peu comme celles que ton Maître t'aurait fait écouter.

- Ces CDs ne sont pas pour moi, répliqua son interlocuteur, passablement outré, et les musiques de mon Maître ne sont pas « préhistoriques », comme tu le dis.

- Ah non ? Maître Yen Sid, alors ? Quoique je l'imaginais plus du genre classique…

Décidément, il ne lâchait pas l'affaire…

- Non, ils ne sont pas non plus pour Maître Yen Sid.

- Pour le Roi, peut-être…

- Non plus.

- Alors, je vois vraiment pas…

Pendant que le roux feignait de se triturer les méninges à la recherche d'un nouveau suspect, Terra remarquait une certaine mauvaise fois agrémentant les propos du porc-épic et sa façon de nier tout au long la personne à qui étaient destinés les disques.

- Arrêtes de tourner autour du pot, Lea. Finit par dire le Porteur de la Keyblade, agacé par le comportement de l'autre. Tu sais parfaitement de qui il s'agit.

Cessant sa comédie au moment où son interlocuteur avait haussé la voix, l'asperge, remplaçant son air plaisantin par une expression sombre, regarda son vis-à-vis droit dans les yeux.

- Tu devrais pas faire autant de choses pour lui. Lâcha-t-il, le ton utilisé contrastant avec ses perches amicales de tout à l'heure. Tends-lui la main et c'est tout ton bras que tu retrouveras dévoré. Je suis bien placé pour savoir ça.

- Je comprends que vous lui en vouliez pour ce qu'il a fait à votre hameau, commença Terra, la voix ferme, mais cela ne justifie pas tout. Tout le monde a le droit à une seconde chance.

- Épargnes-moi ça, tu veux. C'est bien joli, tous ces discours, mais ça arrange rien. Il reste un criminel qui a sa part de responsabilité dans le tohu-bohu qu'ont été à un moment les mondes et la tragédie qu'est devenu le destin de centaines d'individus ! Et toi, tu joues la nounou pour un type comme lui ?! C'est moi qui ne te comprends pas.

À chaque parole, il perdait un peu plus son calme, certainement en se remémorant à chacun de ses mots ce qu'ils avaient endurés, Isa et lui. Les gens ont tendance à reporter la faute des malheurs leur étant arrivés sur le dos de la personne leur paraissant la plus coupable dans l'affaire, comme un moyen de se protéger de leurs propres méfaits… du moins, dans le cas du roux. « Peut-être, finalement, dans le cas de tout le monde » se dit Terra intérieurement.

- Je pense saisir ce que tu veux me dire. Répondit le brun, une pincée de tristesse dans la voix mais ne pouvant se permettre de perdre du terrain. Cependant, tu te demandes à quoi servent ces « beaux discours », comme tu le dis, si on ne les met pas en pratique ? Or, c'est ce que je tente de faire. Si personne n'agit, alors, effectivement, rien ne changera. Et j'essaye de le faire changer. Cela vaut aussi pour l'opinion que les gens porte sur lui. Nous avons un avenir à assurer et il n'est pas bon de reporter tous les blâmes sur le présent et d'y rester fixé.

- Tu penses détenir la science infuse, Einstein ?! Cesse de me faire la morale, tu veux ! Il faut croire que les toxines du vieux schnock t'ont également atrophié le cerveau !

Entendre le rouquin utiliser la même expression que Braig dès qu'il référait à Xehanort fit naître un goût d'ironie dans la bouche du porteur de la Keyblade. C'était bel et bien un brasier ardent qui tenait lieu de motivation à son collègue. Un brasier parfois débordant, pouvant rapidement se changer en incendie.

- Ne reportes pas ta frustration sur moi, ça n'avancera pas les choses. Répliqua l'aîné solidement. La moindre des politesses serait d'en référer directement au respon…

Leur dispute fut coupée courte par le retour du vendeur de disque, tentant de conserver tous les articles qu'il tenait maladroitement dans les bras à leur place.

- J'interromps quelque chose ? s'enquit-il, voyant les regards encore chargés de mécontentement de ses clients braqués sur lui. Si c'est le cas, je suis désolé…

- Nan, rétorqua l'asperge, passablement énervé, t'as très bien fait ! Valait mieux que ça se termine là, de toute manière…

La suite se fit en silence, seulement brisé de temps à autre par les indications de Lea au marchand quant à ce qu'il voulait. Après qu'il ait fait son choix et que le boutiquier était parti rapporté ses bibelots restants, l'ex N°VIII se tourna vers Terra, ayant entre-temps repris ses courses, le regard dur.

- T'es toujours là, toi ? remarqua-t-il dédaigneusement. T'as pas d'autres malfaiteurs à aller baby-sitter ?

- Écoutes, Lea. Je vois parfaitement ce que tu ressens. Retenta le brun. Je te considère comme un ami et ce serait stupide que l'on se déchire par une altercation aussi futile et vide de sens. Nous valons tous les deux mieux que ça.

Devant le mutisme du roux, il savait que la partie était perdue d'avance. Il n'arriverait pas à le faire changer d'avis avec des mots et certainement ceux d'un différend. Se dirigeant vers la sortie, tournant le dos à son partenaire, il articula tout de même une dernière fois.

- Cependant, je n'ai pas changé d'avis concernant d'appliquer mes paroles. Libre à toi de me croire ou non. Passe le bonjour et un bon rétablissement à Isa de ma part.

Et il était parti, laissant le porc-épic seul dans la boutique. Lorsque que Nico revint et que son habitué paya, ce dernier lui demanda :

- Dis, Nico, tu peux me rappeler le chemin vers la pharmacie la plus proche ? J'ai l'impression qu'Isa m'a refilé ses migraines.

C'était harassé que Terra, après avoir refermé derrière lui l'entrée du bureau de Maître Yen Sid, se laissa glisser le long du panneau de bois. Lui qui pensait faire une excursion tranquille, voilà qu'il se prenait la tête avec un camarade. Si, à chaque fois qu'il sortait faire une course quelconque, il se crêpait le chignon avec quelqu'un, ses relations avec les autres n'étaient pas prêtes de s'améliorer.

Les paroles de Lea lui restaient dans l'esprit. « Tu devrais pas faire autant de choses pour lui. Tends-lui la main et c'est tout ton bras que tu retrouveras dévoré. ». À la pensée de ces mots, le porteur de la Keyblade sentait la détermination d'acier qui l'avait accompagné commencer à se fissurer. Le tireur d'élite valait-il réellement la peine qu'il se préoccupe de lui ? Ne valait-il pas mieux tout simplement l'abandonner à son sort, aussi triste soit-il ? Tout semblait vouloir l'amener à cette conclusion.

À la réalisation de ce qu'il était en train de se passer avec ses méninges, le brun se secoua vigoureusement la tête. Non, non ! Il ne devait pas se laisser aller à ses inepties. Laisser quelqu'un dans son malheur, peu importe de qui il s'agissait, était criminel. Sa morale ne le tolérerait pas. C'était de nouveau conforté dans ses convictions qu'il se dirigea vers la chambre de son martyr.

Il dormait avant que Terra ne se glisse dans la chambre avec la discrétion et la souplesse d'un éléphant à qui on aurait enfilé des patins à roulettes.

- Tu sais, tu devrais faire encore plus de bruit lorsque t'entres… grogna Braig, frottant son œil encore endormi. Et après, tu dis que c'est moi qui suis pas discret.

- Avant de m'insulter, commença le dit-éléphant, déposant sa charge sur le côté du lit, commences donc par me remercier. Je ne me suis pas farci quatre mondes pour rien !

En voyant ce qui se trouvait sur la couette, l'œil du tireur d'élite passa de léthargique à curieux. Ses mains se précipitèrent pour voir ce qui se cachait à l'intérieur du sac et ne fut pas déçu lorsqu'il les en sortit.

- Nan, sérieux ! T'as réussi à les trouver ! s'exclama-t-il, s'ébahissant des CDs disposés en éventail entre ses paumes. J'pensais sincèrement pas que t'y arriverais !

- Je ne sais pas si je dois prendre ça comme un compliment… marmonna le brun, hésitant réellement sur les pensées de son malade derrière ces mots.

Enfin, l'air heureux affiché sur le visage de l'ex N°II était déjà une récompense suffisante. Ce phénomène était suffisamment rare pour s'en contenter et c'était tellement plus plaisant de le voir sourire. Lui raconter sa rencontre avec Lea ne ferait que lui rompre le moral alors autant ne pas en piper mot. Ce qui le surprit, contre toute attente, fut ce qui suivit:

- Bon, je suppose qu'il faut que j'te remercie mais un simple « merci », basta, vite fait, ça suffirait sans doute pas alors…

Braig se hissa un peu sur son matelas et vint déposer légèrement ses lèvres contre la joue du porteur de la Keyblade. À ce geste, celui-ci fut interloqué et, ses joues s'empourprant de dix teintes à la seconde, demanda, troublé :

- Euh, qu'est-ce que… C'était pour quoi, ça ?

- Ben, les gens, y te font pas la bise lorsque tu leur as rendu un service et qu'y veulent te remercier ? Tu vis avec des gens chelous…

Là, Terra ne savait que répondre. Il avait de la chance que son cœur ne se soit pas emballé mais ça tonnait quand même dans sa poitrine. Ce n'était pas dans les habitudes du tireur d'élite que de faire une telle action. Tout un tas de conjecture lui passa par la tête, telles des trains passant à toute allure sur un même carrefour. Peut-être que le retour de son cœur provoquait ce changement ? Un effet secondaire de Xehanort ? Les conséquences de sa vie ici ? ou bien tout simplement était-ce lui qui s'imaginait trop de chose ?

Quoi qu'il en soit, depuis qu'il avait compris qu'il était trop crédule, il s'entêtait à vouloir chercher la petite bête dans n'importe quelle situation.

- Hé, ça va ? l'interrogea son martyr. J'voulais pas te braquer, t'sais.

- Hein ? Ah oui, pardon. S'excusa-t-il. Non, c'est simplement que je n'ai pas l'habitude.

L'atmosphère se dessinait de plus en plus tendue au fur et à mesure que le silence s'y déclarait.

- Bon, eh bien puisque tu n'as visiblement pas besoin de moi plus longtemps, déclara Terra, ayant la soudaine envie de partir d'ici le plus rapidement possible, je vais m'éclipser.

- T'as du boulot, j'imagine. Lui répondit l'ex N°II, captivé plus par le branchement de sa radio sur la prise au-dessus de la table de nuit que par la montagne bredouillante près de son lit, bien que sonnant un peu plus morne que d'habitude. Les vieux en demandent beaucoup de toi, quand même. Penses à te reposer un peu.

Il faisait sans doute référence au fait qu'il l'avait fait courir toute la journée pour un caprice, sans réfléchir à son coursier. Une fois hors de la chambre, le brun soupira un bon, se laissant glisser le long de la porte. Il ne savait pas exactement ce qui c'était passé dans son corps mais il s'était soudainement senti mal. Les restes de sa conversation avec le pyromane peut-être ? Non, ce n'était pas cela.

Le baiser devait l'avoir troublé plus qu'il ne le pensait. Il s'était dit que ce n'était qu'un simple remerciement et pourtant, il sentait que c'était plus que cela, qu'il y avait plus caché derrière que Braig n'en laissait paraître. Visiblement, son côté cachotier du temps de l'Organisation n'avait pas vraiment disparu. Mais ce qu'il cachait n'était peut-être pas d'importance inter-mondiale ? Le porteur de la Keyblade avait l'impression que le cercle de ce secret était plus serré, plus restreint, circonscrit approximativement au niveau de la Tour Mystérieuse.

Et lui ? Que pensait-il de la situation ? Il savait que déjà, indépendamment des Ténèbres dans son corps, il n'était pas indifférent à l'effet qu'avait le malade sur lui. Quels étaient ses sentiments envers lui ? Une connaissance ? Un ami ? Peut-être l'aimait-il, dans le sens le plus profond du terme. Seulement, était-ce réciproque ? D'un côté, peut-être que oui, de l'autre, peut-être que non. Rien n'était sûr.

Alors qu'en fond sonore la voix de Freddy Mercury s'élevait, déchirant le silence, Terra déclara que l'environnement n'était pas propice à la réflexion et décida d'aller faire un peu de ménage. Cela lui calmerait les nerfs et il y réfléchirait ensuite.

- Non, tu ne t'approcheras pas de moi avec ça dans les mains !

- S'il te plaît, cesse de faire l'enfant. Ce n'est que l'espace d'un instant, je t'assure. Un simple mauvais moment à passer.

- M'en fous, dégage !

C'est de justesse que le porteur de la Keyblade évita l'oreiller lancé à son encontre. Il savait que c'était parti pour se passer comme ça dès l'instant où il était entré dans la chambre du tireur d'élite et que ce dernier avait remarqué ce qu'il tenait dans les mimines. Il se revoyait avec Maître Yen Sid quelques instants plus tôt, dans le bureau.

- Terra. Avais dit le vieux mage. J'aimerais te demander une faveur.

- Qu'y a-t-il, Maître Yen Sid ?

- C'est par rapport au fragment du cœur de Xehanort en Braig. Even et Ienzo m'ont contacté et ils auraient besoin d'un échantillon de sang de notre malade pour vérifier s'il est prêt ou non à subir l'opération. Et comme il me semble que tu es plus doué que moi sur ce terrain-ci, eh bien…

Et voilà comment il se retrouvait, une seringue vide dans la main, à se diriger vers un patient plus que peu disposé à recevoir une prise de sang. Cette situation ne lui plaisait pas plus que son martyr mais il devait le faire pour sa santé. À chaque pas le rapprochant plus du lit, l'occupant des lieux, se retrouvant à court de projectile, tentait de rattraper par lancés d'injures, lui ordonnant quelque fois entre deux de déguerpir, toujours dans le registre vulgaire et s'enfonçant plus contre le dossier en bois de chêne du lit.

Arrivé à son niveau, ce fut encore plus difficile de lui saisir le bras, gesticulant dans tous les sens et tentant à plusieurs reprises de le mordre. À force de débat et d'insultes, le brun finit par réussir à coincer le biceps du tireur d'élite sous l'un de ses bras. Le tout était maintenant de trouver une veine assez visible, ce qui serait plus aisé si le patient abandonnait la lutte. Une fois le sillon bleu repéré, Terra faillit le manquer à cause de la bougeotte frénétique s'étant emparée de Braig. Ce serait fâcheux s'il se retrouvait à lui causer une hémorragie pour avoir enfoncé l'aiguille au mauvais endroit.

Une fois le réservoir rempli à moitié par le liquide rouge, le porteur de la Keyblade retira la seringue et appliqua une compresse à l'endroit où il avait effectué la prise, relâchant délicatement le bras par la suite. Le tireur d'élite était devenu bien calme dès que son sang avait été légèrement aspiré. À le voir, il ressemblait plus à une loque qu'autre chose suite à l'opération, le regard vide, semblant soudainement plus vieux, plus frêle.

Terra quitta la pièce, après avoir remis l'oreiller derrière la tête de l'ex N°II, et apporta sa prise au vieux sorcier. Le remerciant, le maître de la Keyblade à la retraite, avant de partir en direction du Jardin Radieux, l'interpella :

- Tu ferais tout de même bien de rester près de lui. Ce genre d'épreuve est difficile pendant et après.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Il retourna aux côtés de Braig, le positionnant le dos contre son buste et lui serrant la main. Bien qu'un peu dans les vapes, ce dernier arriva encore à lui sortir des piques.

- J'te déteste…

À cela, comme par automatisme, sans réfléchir, le porteur de la Keyblade répondit.

- Oui, oui. Moi aussi, je t'aime.


Et voilà ! Qu'en avez-vous pensé ? Personnellement, je pense m'être un peu relâchée sur la fin.

Sinon, seriez-vous intéressés par une nouvelle histoire mais, cette fois-ci sur Final Fantasy ? La tenir en parallèle avec les deux qui traînent déjà sur mon compte ? C'est selon vos avis.

Je ferai tout mon possible pour finir cette histoire. Je ne pourrai pas me permettre de la laisser incomplète, même si cela doit prendre du temps (Là-dessus, je suis désolée !).

Sur ce, en espérant que vous passez d'agréables vacances, je vous dis à une prochaine fois !