Le lendemain matin, lorsque Juliet se réveilla à l'aube de cette nouvelle journée dans le dortoir des filles de deuxième année de Gryffondor ; la pièce lui parut immense comparée à sa petite chambre à l'intérieur du mas provençale dans lequel Juliet avait vécu sa tendre enfance. Les murs blancs de la pièce la rendaient encore plus grande qu'elle ne l'était déjà et les larges rideaux de velours pourpres s'accordaient à merveille à cet ensemble. Juliet n'en revenait pas, elle était enfin à Poudlard comme elle en rêvait dans ses rêves les plus fous depuis son entrée au collège de Beaubâton. Cette année, sa mère lui avait laissé le choix. Soit elle continuait sa scolarité au sein de son ancien établissement ou soit elle avait la possibilité de finir ses études à Poudlard où son père enseignait. En effet, sa mère Jane Leane Malloy anciennement Lupin avait pris la décision de suivre sa meilleure amie Alexandrianna à la recherche de Sirius Black qui venait de s'échapper d'Azkaban. Bien entendu, elle ne comprenait pas la décision irréfléchie de sa mère et de sa marraine qu'elle croyait folle. Black était dangereux, c'était un traître, son père le lui avait assez répété dans ses dernières lettres. Et il avait toujours trouvé sa mère bien trop intrépide à son goût. Il faut dire que Remus Lupin et Jane Malloy étaient radicalement opposés et leur couple en avait surpris plus d'un à l'époque. Mis à part l'amour des livres qu'ils partageaient quand ils étaient encore étudiants, Jane était bien plus proche de James Potter, le père d'Harry, qu'elle avait connu enfant. C'est ce qu'on lui avait dit. D'ailleurs, elle ne souvient pas vraiment d'avoir un jour vu ses parents heureux ensembles.

Ginny Weasley, émergea de son sommeil un peu plus tard et réveilla ses camarades de chambré avec l'aide de Juliet. Elles descendirent dans la Grande Salle pour le petit déjeuner puis elles rejoignirent Harry, Ron et Hermione à la table des Gryffondor. Ces derniers, trop occupés à écouter Draco Malfoy raconter une histoire apparemment désopilante à tout un groupe d'élèves de Serpentard ne les virent pas arrivées. Et l'un des jumeaux Weasley assit près du groupe commença à parler en leur tendant quelque chose :

« Les emplois du temps des troisième année. Faites passer. Qu'est-ce qui t'arrive, Harry ?

- Malfoy, dit Ron.

Assit de l'autre côté de Georges, il lança un regard furieux à la table des Serpentard. George leva les yeux et vit Malfoy qui faisait à nouveau semblant de s'évanouir de terreur.

- Ce petit crétin, dit-il d'une voix calme. Il était beaucoup moins fier, hier soir, quand les Détraqueurs sont venus fouiller notre compartiment, tu te souviens, Fred ?

- Il a failli faire pipi dans sa culotte, répondit Fred en jetant à Malfoy un regard de mépris.

- Je n'étais pas très à l'aise non plus, dit George. Ils sont vraiment horribles...

- On dirait qu'ils te gèlent les entrailles, tu ne trouves pas ? Dit Fred.

- Mais toi, tu ne t'es pas évanoui ? Demanda Harry à voix basse.

- Laisse tomber, Harry, dit George en essayant de le réconforter. Un jour, Papa a été obligé d'aller à Azkaban, tu te souviens, Fred ? Il nous a raconté que c'était l'endroit le plus effrayant qu'il ait jamais vu. Il en tremblait encore quand il est revenu... Ces Détraqueurs ont le chic pour désespérer tout le monde. La plupart des prisonniers deviennent fous, là-bas.

- On verra bien si Malfoy sera toujours aussi joyeux à la fin de notre prochain match de Quidditch, dit Fred. Gryffondor contre Serpentard, première rencontre de la saison.

- Vous êtes dans l'équipe ? Demanda Juliet intéressée en fixant les garçons. Ma mère a toujours adoré le Quidditch, bien qu'elle ne sache pas monter sur un balai elle m'emmenait souvent regarder des matchs en France. Son regard pétillait de malice quand son équipe favorite remportait le match et souvent elle se perdait dans de lointains souvenirs m'a-t-elle dit.

- Bien sûr, répondirent les jumeaux Weasley à l'unisson. Nous sommes les batteurs de l'équipe et Harry est l'attrapeur depuis sa première année ! Essayèrent de l'impressionner les jumeaux.

- Depuis ta première année ! S'exclama Juliet en se tournant vers le dit Harry. C'est vraiment impressionnant. Apparemment, tu as hérité des talents au Quidditch de ton père.

Harry plus gêné que flatté, lui répondit :

- C'est ce que l'on m'a dit.

Un peu consolé, Harry remplit son assiette et préféra se tourner vers Ron et Hermione qui examinaient attentivement leurs emplois du temps.

- Ah, très bien, on a des nouvelles matières, aujourd'hui, dit-elle, ravie.

- Hermione, dit Ron en regardant par-dessus son épaule, ils se sont complètement trompés dans ton emploi du temps. Regarde, ils t'ont collé une dizaine de cours par jour. Tu n'auras jamais le temps de tout faire.

- Je m'arrangerai. J'ai mis tout ça au point avec le professeur McGonagall.

- Impossible, répondit Ron avec un grand éclat de rire. Tu as vu, ce matin ? Neuf heures : Divination. Et en dessous, neuf heures : étude des Moldus. Et…

Incrédule, Ron se pencha plus avant sur l'emploi du temps d'Hermione.

- Là, regarde ! Encore en dessous… Neuf heures : Arithmancie. Je sais que tu es brillante, mais personne ne peut être brillant au point de se trouver dans trois classes différentes à la fois.

- Ne sois pas stupide, répliqua sèchement Hermione. Bien sûr que je ne vais pas suivre trois cours à la fois.

- Alors ?

- Passe-moi la marmelade, dit Hermione.

- Mais…

- Ron, qu'est-ce que ça peut te faire si mon emploi du temps est un peu chargé ? Lança Hermione, agacée. Je t'ai dit que j'ai tout mis au point avec le professeur McGonagall.

En regardant Ron et Hermione se disputer, Juliet se dit que cette année n'allait pas être de tout repos. Harry avait bien du courage avec ces deux-là !

Au même instant, Hagrid entra dans la Grande Salle. Il portait son long manteau en peau de taupe et tenait dans son énorme main un cadavre de putois qu'il balançait machinalement.

- Ça va ? Demanda-t-il en s'arrêtant à leur table. Vous allez assister à mon premier cours ! Tout de suite après déjeuner ! Je me suis levé à cinq heures du matin pour tout préparer… J'espère que ça se passera bien… Moi, professeur ! Si j'avais pu me douter…

Il eut un large sourire et poursuivit son chemin vers la table des enseignants en balançant toujours son putois mort derrière lui.

- Je me demande ce qu'il a préparé, dit Ron d'un ton un peu inquiet.

Peu à peu, les élèves commencèrent à quitter la salle pour se rendre à leur premier cours. Alors que le trio prenait la direction de la tour du nord, Ginny examinait encore son emploi du temps perdue dans ses pensées. Quelques minutes plus tard, Juliet la sortie de ses rêveries :

- Ginny, l'appela Juliet en claquant des doigts juste sous son nez.

- Oui ?

- Où allons-nous pour cette première heure de cours ?

- En Potion, avec le professeur Rogue. Je te préviens d'amblé ce n'est pas un professeur avec lequel tu pourras discuter. Il n'apprécie que les élèves de sa maison, les Serpentard, et encore seulement s'ils sont doués en Potion. Avec les autres élèves des différentes maisons, il se montre infect. Heureusement que tu n'as pas eu ton premier cours de Potion avec lui. Il nous avait traité de cornichons t'imagine. Et je ne te parle pas de ce qu'il fait subir à Harry quotidiennement depuis sa première année. Ron m'a raconté la manière dont il s'en prenait à lui, c'est vraiment injuste… Après une rapide réflexion, Ginny continua : Mais en fait, tu n'as pas reçu d'emploi du temps pas vrai c'est la raison pour laquelle tu me demandes à quel cours on va ?

- Effectivement. Le professeur Dumbledore a dû oublier de nous faire passer le nôtre à Tristan et à moi. Les yeux de Juliet s'écarquillèrent soudainement. Mais… Où se trouve Tristan ? Se demanda Juliet à haute voix.

- Aucune idée, répondit Ginny. Juliet dépêches-toi de te lever, nous allons être en retard et le professeur Rogue ne plaisante pas avec ça.

- Mais… Ginny lui tira sur la manche.

- Si jamais nous croisons Colin Crivey en chemin, nous lui demanderons s'il l'a vu ce matin. »

Elles se dépêchèrent de quitter la salle le plus rapidement possible et elles se hâtèrent en direction des cachots. Durant le long trajet qui les mena vers leur cours de Potion, elles prirent le temps de mieux se connaître :

« Alors comme ça tu es amoureuse de Harry Potter ? Commença Juliet qui n'avait jamais aimé les longs silences, pesant selon-t-elle. Elle arborait un magnifique sourire qui laissait entrevoir ses dents blanches parfaitement alignées.

- Comment tu le sais ? S'alarma Ginny en rougissant de plus en plus. Bientôt, elle serait aussi rouge que ses cheveux !

- Eh bien, tu as cette façon toute particulière de parler de lui. On a l'impression que tu veux le protéger. Et tes yeux brillent d'une étrange manière. Mais le plus flagrant c'est quand tu es près de lui. Tu rougis jusqu'à la racine de tes cheveux et baisses la tête pour ne pas qu'il te regarde dans les yeux, dit Juliet.

- Ça se voit tant que ça !

- Evidemment, ça fait à peine une journée que je suis là et je l'ai déjà remarqué. Harry le sait ? Gloussa Juliet, les yeux pétillants.

- Malheureusement…

- Comment ça ?

- L'année dernière pour la Saint Valentin je lui ai envoyé une déclaration d'amour. Mon poème était un vrai désastre. Je m'en suis rendue compte lorsque la lettre dépliée s'est mise à lui fredonner les paroles en le suivant partout, répondit Ginny.

- Oh la honte, dit Juliet en mettant la main devant la bouche l'air choqué.

- Tu sais maintenant pourquoi je ne peux m'empêcher de baisser le regard quand il lève ses yeux verts dans ma direction.

Avant que Juliet n'ait pu répondre, le professeur Rogue les fit entrer dans sa salle de classe, elles venaient enfin d'arriver et à l'heure en plus. Enfin ce n'était pas le cas de tout le monde…

En effet, Tristan n'avait pas pris la peine de se lever à l'heure pour son premier jour de cours. A vrai dire, il éprouvait encore de la rancoeur vis à vis du professeur Dumbledore qui était également son arrière grand-père. Il lui en voulait de ne pas être totalement honnête envers lui et de le considérer comme un enfant. Ce qu'il était bien évidemment mais le faite de savoir que son père s'était échappé d'Azkaban pour une obscure raison l'avait fait mûrir bien plus vite que n'importe quel enfant de son âge. Il savait d'ailleurs produire un patronus, sortilège qu'on était censé maitriser qu'à la fin du deuxième cycle, c'est-à-dire en septième année. Et qu'il n'était pas fort aisé d'apprendre, alors que Tristan l'avait maitrisé facilement. Il faut reconnaître qu'il n'avait pas vraiment le niveau d'un deuxième année. Ses connaissances dans certaines matières comme la Métamorphose, les Sortilèges, les Potions et l'Astronomie surpassaient celles d'un élève de cinquième année. Quant à la Défense contre les forces du mal, il pouvait aisément assister à un cours de septième année sans être perturbé. Il n'y avait qu'en Botanique, Histoire de la magie et Soins aux créatures magiques qu'il avait le niveau d'un deuxième année. C'est ce que le teste que lui avait fait passer le professeur Dumbledore au courant de l'été avait révélé. Bien entendu, ni Alexia sa mère, ni Dumbledore n'avaient accepté de lui faire sauter une classe au vu de son niveau. Ils considéraient que ce geste pourrait-être pris pour de la faveur auprès des membres du corps professoral et par les élèves qui en viendraient à connaître son ascendance. Cependant, Tristan se contre-fichait de ce que pouvaient bien penser le reste du monde. Il était là, assied en tailleur sur son lit, à réfléchir à ce qu'il allait bien pouvoir faire. Sa mère et celle de Juliet, sa seule véritable amie, étaient parties à la recherche de son père persuadées qu'il était innocent de tous les crimes qu'on lui incombait. Alexandrianna avait depuis la naissance de son fils unique fait en sorte qu'il croit en l'innocence de son père et qu'il se rende compte que la vie n'était pas juste. Après tout, son père n'avait même pas eu le droit à un procès équitable. On l'avait directement embarqué à Azkaban quand il avait été découvert écroulé de rire devant les restes de son ancien ami Peter Pettigrow. Sa mère n'avait jamais su lui expliquer ce fait, c'est plutôt sa tante Jane qui connaissait le mieux Sirius qui penchait pour la théorie du complot. Vous allez me dire mais quel complot ?! Je dirai tout simplement que Jane avait vu juste, et qu'elle connaissait suffisamment ses amis pour savoir ce dont ils étaient capables.

Lorsque que Juliet arriva en cours, elle comprit à la minute où il commença, ce que lui avait dit Ginny. En effet, le professeur Rogue se comporta avec les Gryffondor comme il avait pris l'habitude de le faire depuis qu'il enseignait les Potion à Poudlard, c'est-à-dire exécrablement. Et comme il n'y avait pas de bouc émissaire, et qu'il fallait bien qu'il s'en prenne à quelqu'un d'autres. Son choix se porta sur la nouvelle arrivante, après tout il n'avait jamais apprécié son père quand ils étudiaient encore au château. Il s'approcha de façon inopinée et soudaine de la chaise où Juliet s'était assise quelques minutes auparavant en la faisant sursauter.

« Lupin, tenez-vous convenablement ! Aboya- t-il.

N'étant pas du genre à se laisser démonter, Juliet prit la parole sans en être invité.

- Excusez-moi professeur mais vous m'avez fait peur, ce n'est pas comme si je me balançais sur ma chaise et que je risquais de tomber, répliqua-t-elle docilement.

- Taisez-vous, insolente ! Je ne vous ai pas donné l'autorisation de parler. Vous êtes dans ma classe ici et c'est moi qui décide…

- Et moi j'ai décidé de prendre la liberté de m'exprimer. Vous connaissez sûrement la liberté d'expression, selon Miranda Fauconet dans De la magie et des Droits …

- Me prenez-vous pour un imbécile Lupin ?

Pour une fois, Juliet réfléchît avant de se permettre d'insulter un professeur et d'aller trop loin. Son père enseignait ici, il ne lui pardonnerait jamais son audace. Et alors qu'elle s'apprêtait à formuler une réponse certes hypocrite mais néanmoins polie, la porte s'ouvrit sur Tristan pas le moins du monde embêté d'interrompre le cours de Potion.

- C'est bien ici le cours de Potion ? En fait, je n'ai pas vraiment d'excuse je... je me suis perdu.

- C'est vrai que vous n'avez pas passé quelques jours au château cette été histoire de le visiter et de vous mettre dans l'ambiance du collège grâce au privilège que vous avez d'avoir du sang de Dumbledore dans les veines.

- Vous savez professeur ça fait plus d'un mois que j'y ai mis les pieds, il va me falloir quelques jours de réadaptations !

La totalité des élèves qui composait cette classe éclatèrent de rire devant l'ironie mordante dont Tristan faisait preuve. Il faut dire qu'ils ont douze ans, chose que le professeur Rogue eut du mal à comprendre !

- FERMEZ-LA !

- Disraeli, installez-vous au fond de la salle de classe à la dernière place vacante et vous viendrez me voir à la fin de l'heure pour que je vous explique comment ça se passe ici afin que vôtre réadaptation se passe dans de meilleures conditions ! Quant à vous Lupin, je parlerais à votre père de ce petit incident et j'enlève 20 points à Gryffondor pour les deux phrases que vous avez dites de trop ! »