Le déjeuner avait commencé depuis une bonne dizaine de minutes quand Juliet se rendit compte que la bonne ambiance du tout début s'était rompue. Elle interrogea Hermione qui lui répondit simplement :
« Ron a cru voir un sinistros dans les feuilles de thés du professeur Trelawney, apparemment il s'agit d'un très mauvais présage.
- Oh ! Je vois, ma mère m'a raconté que Sybille Trelawnay a inventé des milliers de prophéties mais qu'il y en a qu'une seule qui ne s'est jamais réalisée. Par contre, ma mère n'a jamais voulu me préciser laquelle.
- C'est bien ce que je pensais, précisa Hermione. Je n'aime pas l'idée de ne pas être aux commandes de ma vie.
Ron se crispa en entendant cette réplique, il avait l'impression qu'Hermione ne le prenait pas au sérieux encore une fois. Et pendant qu'il remplissait son assiette à l'aide de sa fourchette, il se tourna vers Harry :
- Tu n'as jamais vu de grand chien noir, n'est-ce pas ? Dit-il, à voix basse et d'un ton grave.
- Si, répondit Harry. J'en ai vu un le soir où je suis parti de chez les Dursley.
Ron laissa tomber sa fourchette.
- Mais quel maladroit tu fais, Ron ! S'exclama Ginny, elle avait rarement vu son frère aussi livide.
- Tu ne te souviens dont pas ?
Ginny paraissait surprise, mais de quoi pouvait dont parler son frère ?!
- C'est sans doute un chien errant, les interrompit Hermione très calme.
Ron regarda Hermione comme si elle était devenue folle.
- Hermione, si Harry a vu un sinistros, c'est... c'est très mauvais signe, dit-il. Un jour, mon... mon oncle Bilius en a vu un et il est mort vingt-quatre heures plus tard !
- Simple coïncidence, répliqua Hermione d'un ton léger en se versant un peu de jus de citrouille.
- Tu dis n'importe quoi ! S'indigna Ron qui commençait à se mettre en colère. La plupart des sorciers sont terrifiés par les sinistros !
- Voilà l'explication, répondit Hermione d'un air docte. Quand ils voient le sinistros, ils meurent de peur. Le sinistros n'est pas un présage, c'est la cause de la mort ! Et Harry est toujours avec nous parce qu'il n'est pas assez stupide pour se dire « Puisque j'en ai vu un, je n'ai plus qu'à rentrer six pieds sous terre ! ». N'est-ce pas Harry ?
Harry détestait devoir prendre parti entre ses deux meilleurs amis, mais il devait avouer qu'Hermione avait de biens meilleurs arguments que Ron. Alors qu'il s'apprêtait à répondre en cherchant bien ses mots ; Ginny choisit ce moment pour intervenir et aider Harry à s'en sortir par la même occasion.
- Ron stop ! Et calme-toi. La divination c'est très vague. Comme dirait Hermione, tout ça, ce sont des devinettes et rien de plus.
- Comment peux-tu savoir ? Tu n'es qu'en deuxième année, tu n'en fais même pas ! Répondit Ron, outré de se faire remettre à sa place par sa petite sœur qui semblait avoir plus de jugeote que lui.
- Ce que voulait dire Ginny, commença Juliet, c'est que la divination est une matière nébuleuse tandis que l'arithmancie ça c'est une matière fascinante !
Elle avait réussi à régler le confit avant d'avoir eu le temps de dire Quidditch ! Hermione que la matière « arithmancie » avait interpellé, se tourna vers Juliet d'un air intéressé. Elle l'admirait, très étonnée qu'une fille de son âge en sache autant sur cette matière qu'elle venait de découvrir quelques heures plus tôt.
- Comment en sais-tu autant sur l'arithmancie ? Vraiment, tu m'impressionnes...
- A vrai dire, ma mère était langue de plomb, dit Juliet. Elle a dû étudier longuement l'arithmancie pour en connaître les moindres rouages. Quand j'étais plus jeune, je passais une longue partie de mon temps à essayer de déchiffrer ses travaux.
- Incroyable, s'exclama Hermione joyeusement. Il paraît que les chercheurs allient les runes et l'arithmancie dans un langage bien à eux afin qu'on ne puisse pas les comprendre.
- Tu as absolument raison, j'ai seulement su déchiffrer le fonctionnement de l'arithmancie. Ce qui est déjà pas mal...
Pendant ce temps-là, Tristan s'était dirigé vers le parc de Poudlard. L'air frais de la campagne lui ferait le plus grand bien. Il allait pouvoir réfléchir en paix, seul, devant l'éternité qui se présentait à lui. Plus il y pensait et plus il se disait qu'Hermione avait eu raison de le réprimander. Elle n'avait nullement l'intention de lui nuire, pour une fois qu'il se faisait une amie il fallait qu'il gâche tout...
Ses relations avec la gente féminine ne se résumaient qu'à sa propre mère, sa marraine Jane et Juliet. Et dire qu'il n'avait même pas rendu l'appareil à Juliet, quand elle allait mal pas plus tard que ce matin. Quel égoïste, il faisait ! Il commençait à comprendre l'apriori des gens à son égard. S'il voulait passer sa scolarité à Poulard dans de bonnes conditions, il fallait qu'il change, qu'il apprenne à mesurer ses propos et à se contrôler. Cette nouvelle année allait lui réserver bien des surprises auxquelles il n'était pas préparé et pourtant il allait falloir qu'il se lance dans de nouvelles aventures. Sur ces dernières pensées, il s'installa sous un des saules près du lac. Le lac en question était immense, l'eau d'une couleur étincelante et Tristan se prit à penser que le calamar géant pourrait faire l'objet de formidables farces. L'idée lui avait même déridé les traits, il se mit à sourire en imaginant son père et le reste des Maraudeurs ensembles tentant d'inventer moultes formules et farces. Si seulement son père était là. Tristan ne s'était jamais imaginé qu'il pourrait-être exaucé en si peu de temps. C'est pourquoi, lorsqu'un grand chien noir apparut dans son champs de vision. Il ne fît pas le rapprochement, malheureusement. Néanmoins, il se rappela une chose bien connue dans le monde des sorciers : il venait d'apercevoir le sinistros ! Ni une, ni deux, il se mît à courir en direction du château.
Quand Tristan poussa les portes de la Grande Salle, il remarqua qu'elle se vidait de plus en plus. L'heure du déjeuner était sur le point de se terminer. Tristan s'installa donc en vitesse à la table des Gryffondor et prit de quoi se restaurer. Juliet, qui l'attendait depuis un quart d'heure, le laissa finir de manger avant de lui faire la conversation.
- Où étais-tu passé ? J'imagine que tu as prît la direction du parc, à cette heure-ci il n'y a personne.
- J'ai vu un sinistros, dit Tristan calmement en relevant la tête de son assiette.
- Me dis pas que toi aussi tu es persuadé que tu vas mourir ?! S'exclama Juliet en se frappant le front du plat de la main en soupirant.
- Mais de quoi parles-tu ?
- Ron, nous a fait une scène tout le long du repas en nous expliquant qu'Harry allait mourir puisqu'il avait vu un sinistros dans sa tasse de thé ce matin ! Je ne te raconte pas le débat endiablé avec Hermione. Ils sont fatigants ces deux là...
- Je n'en doute pas ! D'ailleurs, où sont-ils allés ? Demanda Tristan.
- En direction du parc, bizarre que tu ne les aies pas croisé. Ils ont cours avec Hagrid. Harry, Ron et Hermione étaient ravis de l'avoir en tant que professeur, répondit Juliet.
Puis Ginny apparut, elle paraissait fatiguée d'avoir couru si longtemps. Son visage tacheté de son avait viré au cramoisi, et de son front coulaient quelques goûtes de sueur. Tristan devina rapidement qu'ils allaient être de nouveau en retard en cours. Ce qui n'allait pas plaire à Hermione, de ça il en était sûr !
- D'où viens-tu si expressément, Tâche de Rousseur ?
- Je viens vous... vous avertir que... McGonagall ne va pas tarder à arriver, dit-elle le souffle haletant. Ensuite, les idées remisent à leur place elle considéra la manière dont l'avait appelé Tristan. Jusque-là, il lui avait à peine adresser la parole et voilà qu'il lui donnait un surnom. « Quel étrange, personnage ! se dit, Ginny »
Ils prirent donc la direction que leur indiqua cette dernière. Juliet semblait amusée, elle chuchota à Tristan que ce surnom était drôlement bien choisi.
Ils arrivèrent pile au moment où la porte de la salle de métamorphose se ferma, Ginny en première rapidement suivie de Juliet puis de Tristan. Ginny, soupira d'aise, avant d'asséner trois brefs petits coups à la porte en chêne qui la séparait des autres élèves et de leur professeur. La porte s'ouvrit avec fracas et Ginny se demanda si sa dernière heure était arrivée. Mais alors que Ginny pensait qu'elle allait recevoir une punition bien méritée avec ses nouveaux amis, elle ne remarqua aucunement le professeur McGonagall assit sous sa forme féline. Quant à Tristan, trop heureux d'échapper à une nouvelle punition, il répliqua :
- Ouf ! C'était moins une. Vous imaginez la tête de la vieille McGo si on était réellement arrivés en retard.
C'est Juliet qui comprit dans un premier temps où pouvait bien se trouver Minerva McGonagall. Si Ginny n'était pas autant stressée et Tristan assez observateur, ils auraient remarqué la présence d'un chat en pleins milieu du bureau professoral. Au même moment, le professeur de métamorphose reprit son apparence normale sous les yeux admiratifs de tous ses élèves.
- Vous êtes vachement douée, ne put s'empêcher de prononcer Ginny avant de mettre une main sur sa bouche.
Il faut dire que McGonagall n'était pas le genre de femme à exposer ses pouvoirs à tout bout de champs.
- Oh merci pour ce compliment, Miss Weasley! Mais il serait peut-être plus utile que je vous métamorphose vous, Miss Lupin et Monsieur Disraeli devant le reste de la classe si l'un de vous arriverait peut-être à l'heure.
- On s'est perdus, désolée, répondit Juliet.
- Ou peut-être devrai-je essayer de vous métamorphoser en plan de l'école ! Vous n'en avez pas besoin pour trouver vos places.
Les trois élèves s'installèrent chacun à leur tour à une place de libre. Ensuite, McGonagall distribua aux trois retardataires un parchemin où étaient inscrites les consignes de leur première interro de l'année. Ils avaient une dizaine de minutes en moins que les autres élèves pour y répondre, alors il fallait se dépêcher. Ils sortirent de leur sac leur nécessaire à plume et des parchemins avant de noircir leurs feuilles d'encre bien décidés à rattraper les autres. Le reste du cours se passa dans ces conditions jusqu'à la prochaine sonnerie. Juliet, fut la première du groupe à quitter la salle, la majorité de la classe était déjà dehors. Elle attendit quelques minutes, puis Tristan et Ginny la rejoignirent fatigués d'avoir tout donné. Il leurs restait encore deux longues heures d'Histoire de la Magie. Ginny les rassura en leurs expliquant que le cours de Binn's ressemblait d'avantages à un dortoir qu'à réel cours stimulant. Soulagés, Tristan et Juliet ralentirent la cadence jusqu'au cours suivant. Quant à Ginny, elle dut ralentir le pas afin qu'ils puissent la suivre mais elle était heureuse. Elle s'était enfin fais des amis./
Loin de là, à des centaines de kilomètres, il y avait un cottage dans lequel deux amies de longue date discutaient. Apparemment, dans "La Gazette du Sorcier" qui sortirait le lendemain matin, des informations circulaient à propos de Sirius Black. L'homme qu'elles voulaient à tout prix retrouver...
- Si ces journalistes ont des infos, il se pourrait bien que Sirius se fasse attraper, disait Alexia une femme d'une petite trentaine.
Elle avait les cheveux d'un blond vénitien qui commençait à ternir avec les années, ses grands yeux bleus que quiconque connaissant ses liens de parenté aurait pu reconnaître, regardaient la femme qui était assise en face d'elle. Cette dernière avait les cheveux d'un blond cendré qui tirait sur le châtain, ses cheveux tombaient en de grosses boucles lâches autour de son visage tiré par la fatigue. Quant à ses yeux, ils possédaient la couleur exact de la pierre de jade. Elles portaient des capes qui empêchaient quiconque de voir ce qu'elles mettaient en dessous. Son interlocutrice lui répondit :
- Bien sûr que non ! Sirius ne peut pas se permettre de faire tout ça pour rien. Et, il ne s'est jamais fait chopper à Poudlard. J'imagine qu'il a gardé ses réflexes. De même, son animagus lui permet de passer inaperçu. Il faut y croire, Alexia.
- J'ai peur Jane, tellement. Et admettons que Pettigrow soit décédé, que pourrons-nous faire pour Sirius ? Demanda Alexia Disraeli qui perdait pied, plus le temps passait.
- Je suis au regret de te dire que si jamais Sirius ne retrouvait pas Pettigrow, il passerait le reste de sa vie en cavale, dit Jane, elle aussi défaitiste.
- Peut-être que Remus pourrait nous aider, non ? Demanda Alexia pleine d'espoir.
- Il s'est détourné de cette voie il y a bien longtemps… La réponse de Jane aurait pu paraître assez énigmatique, cependant Alexia comprit où son amie voulait en venir.
Elles avaient toutes les deux les yeux dans le vague se remémorant de sombres souvenirs quand un soir l'une débarqua chez l'autre anéantie avec sa fille de 10 ans un certain jour de Septembre. Depuis cette soirée, Jane et Remus n'avait plus jamais évoqué leur passé commun, ni James et encore moins Sirius. Il lui semblait pourtant que Remus avait mis le doigt sur quelque chose dont il ne fallait pas parler, il n'y a pas si longtemps. De cela, Jane en était certaine… Mais qu'est-ce que ça pouvait-bien être ? Si seulement Remus acceptait de les aider… Sirius aurait alors sa chance !
