C'était par une froide et grise fin de journée de Septembre. Le temps avait changé lorsque le soleil s'était couché : vent violent, ciel de granit, puis une pluie fine. Dire qu'il y avait à peine une heure, les rayons du soleil propageaient encore une douce chaleur qui allait bientôt disparaître. La tristesse telle que pouvait l'être une soirée d'hiver, nous étions pourtant encore en été. Hélas, les détraqueurs avaient recouvert d'un manteau de brume les collines environnantes.

Malgré les vitres étroitement closes, l'air froid et humide pénétrait à l'intérieur de la pièce où Remus Lupin cogitait. Il était plongé dans un lointain souvenir dont il avait gardé une certaine amertume. Le même que son ex-femme Jane Malloy avait évoqué avec Alexia Disraeli à mille lieux d'ici à peu de choses près au même moment. On pourrait se demander s'il s'agissait bel bien du hasard ou bien si la destinée avait choisi ce moment pour réunir ces deux âmes... désormais séparées.

FLASH BACK:

La nuit avait recouvert le ciel d'un sombre ton que les étoiles hautes dans l'immensité ci et là éclairaient partiellement. Remus se souvenait parfaitement de ce soir là, chaque petit détails lui revenaient en mémoire. Telle que la manière dont la lune en croissant laissait entrevoir le commencement du salon dans lequel Remus venait d'entrer par la porte principale. Il était tard ce soir là, il n'avait pas pour habitude de laisser sa femme et son enfant seules aussi longtemps. Mais dans des circonstances comme celles là, il n'avait pas pu pas voulu le choix ne le concernait en rien. C'était son cœur qui avait parlé au souvenir de ce qu'il avait été... il était une fois à Poudlard. Cela lui paraissait si loin et pourtant dix ans plus tôt quand Vous-savez-qui avait détruit la seule part de bonheur qu'il n'avait jamais connu, il s'était rendu compte de l'importance qu'avait eu Poudlard pour lui. Il y avait rencontré ceux qui étaient devenus ses meilleurs amis et sa femme, il y a vingt ans de cela. Et aujourd'hui, Harry Potter, le fils de ses défunts amis était à son tour entré Poudlard. Comme quoi, la vie recommençait son court une nouvelle fois, se disait-il.

Remus avait pris la direction de leur chambre à coucher. Lorsqu'il pénétra dans la pièce, il prit conscience que Jane l'attendait depuis certainement un long moment. Il s'approcha à pas léger de sa femme qui semblait paisible enroulée dans un plaide sur le fauteuil au fin fond de la chambre. Le fauteuil en question reposait sur la grande baie vitrée qui agrémentait la pièce de lumière. La tête de sa femme se trouvait d'ailleurs sur cette dernière. La vitre était glacée cependant elle ne perturbait pas Jane le moins du monde. Avec cette délicatesse qu'il ne lui réservait qu'à elle, les mains de Remus s'enroulèrent autour de Jane qui se réveilla brusquement. Non pas que le geste en lui-même l'avait dérangé, mais les paumes toutes chaudes de Remus avaient eu raison de son sommeil.

« T'as vu l'heure ? Comment se fait-il que tu rentres si tard ? Commença t-elle, ses yeux papillonnant légèrement le temps qu'elle s'habitue à la luminosité que la lune offrait à la pièce.

Il parut réfléchir, il ne lui avait jamais fait de cachotteries jusque là. Néanmoins, durant un court instant il sembla se demander ce qu'il allait pouvoir lui révéler.

- Jade, mon chaton euh, il cherchait ses mots.

- Pas de ça avec moi Remus ! S'exclama t-elle.

« Ce n'est certainement pas la journée propice pour me cacher quelque chose...»

C'était délicat pour Remus, il n'avait pas envie de la faire souffrir en lui rappelant la mort de son meilleur ami. Alors qu'elle avait eu tant de mal à s'en remettre...

- Tu...tu...

- Bien sûr que je me souviens ! Cette date n'est pas anodine... Tu croyais quoi que j'allais oublier quand mon filleul entre à Poudlard ? Que j'allais oublier que je n'ai même pas pu le récupérer quand ils sont morts ? Si tu savais tous les regrets qui me guettent Remus.

La colère avait laissé place à la tristesse, elle semblait perdue dans ses songes.

- J'ai rendu une petite visite à Albus après mon travail. Je n'arrivais pas à penser à autre chose. Harry est vraiment le portait craché de James sauf qu'il a...

-...les yeux de Lily, termina Jane en fixant son regard dans celui de Remus.

Puis, elle reprit la parole plus déterminée que jamais. Remus la regardait, incrédule, attendant avec patience qu'elle parla enfin.

- Ecoute, Remus. Je veux que tu me serres dans tes bras, plus fort que tu ne m'as jamais serré, que toute ta force s'imprime en moi.

Lorsque Jane se leva de son fauteuil, Remus l'entoura de ses bras forts dans une étreinte qui la rassura. Elle savait que Remus serait prêt à encaisser ses erreurs. Parce qu'il se trouvait là avec elle et que plus rien ne comptait, rien hormis Remus et elle tendrement enlacés.

- Ecoute, Remus. Je voulais te dire... la petite fille que nous aurions eu tous les deux...

- Oui.

- Tu sais, je l'aurais bien défendu contre tout.

- Oui, Jade.

- Oh ! Je l'aurais serré si fort qu'elle n'aurait jamais eu peur, je te le jure. Ni du soir qui vient, ni de l'angoisse de la première guerre, ni des fantômes... Notre petite fille, Lunard ! Elle aurait eu une maman qui ne ment jamais et plus sûre que toutes les mères du monde. Tu le crois, n'est-ce pas ?

- Oui, mon amour. Nous l'aurions aimé, autant que nous aimons Juliet.

- Oh ! Tu nous aimes, Remus, tu m'aimais, tu en es bien sûr, ce soir là ? Lui demanda t-elle en se blottissant de nouveau contre lui.

- Quel soir ?

- Tu es bien sûr que le soir où tu es rentré et que tu as appris que j'avais perdu notre bébé, que tu m'aimais encore ? Tu es sûr que tu n'as jamais regretté depuis, jamais pensé, même tout au fond de toi, même une fois, que tu aurais plutôt dû m'abandonner ?

- Idiote. Je l'ai promis devant témoin, c'était pour le meilleur comme pour le pire.

Remus embrassa le front de Jane avant de lui caresser les cheveux.

- Tu m'aimes toujours, n'est-ce pas ? Tu m'aimes comme un homme aime une femme ? Tes bras qui me serrent ne mentent pas ? Tes grandes mains qui me caressent ne mentent pas, ni ton odeur, ni ce bon chaud, ni cette grande confiance qui m'inonde quand j'ai la tête au creux de ton cou ?

- Oui, Jade, je t'aime comme une femme.

- Je voulais te dire que j'avais été très fière d'être ta femme, ta vraie femme, sur qui tu as posé ta main, le soir, en t'allongeant près de moi, comme sur une chose bien à toi. Puis, Jane se détacha doucement de Remus, elle prit ensuite un autre ton. Voilà. Maintenant, je vais te dire encore deux choses. Et quand je te les aurais dîtes, il faudra que tu sortes sans me questionner. Même si elles te paraissent extraordinaires, même si elles te font de la peine. Jure-le-moi.

- Qu'est-ce que tu vas me dire encore ?

- Jure-moi d'abord que tu sortiras sans rien me dire. Sans même me regarder. Si tu m'aimes, jure-le-moi. Elle le regarda avec son pauvre visage bouleversé. Tu vois comme je te le demande, jure-le-moi s'il te plaît, Lunard... C'est la dernière folie que tu auras à me passer.

- Je te le jure.

- Merci. Alors, voilà. Tu te souviens du soir où j'ai perdu notre bébé ?

Rémus hocha la tête, attendant la suite.

- Quand tu as compris en voyant le berceau vide dans notre chambre pendant que je vomissais mes tripes dans le cabinet de toilettes accompagnée de Lily qui me tenait les cheveux.. Ton regard avait l'air tellement éteint. Je me suis prise à avoir du remord. Tu ne méritais pas ça. James, Sirius et Peter t'entouraient et te réconfortaient. Eux aussi étaient tristes du malheur qui nous arrivait. Puis nous sommes sorties des toilettes Lily et moi, je me suis précipitée sur toi en m'excusant gracieusement. Tu ne doutais pas un seul instant que je n'étais responsable en rien. Et pourtant, tu te trompais gravement...

- Qu'est-ce que ça signifie ? Tu veux dire que notre enfant est vivante ?

- Tu m'as juré de ne pas me demander le pourquoi du comment. Tu m'as juré, Remus. Je t'en supplie... D'ailleurs, je vais te le dire. Ce n'est pas ton enfant, c'est le mien. Et elle a onze ans maintenant. O, mon chéri, pardon ! Je ne voulais pas te tromper et James non plus. Ca n'était pas prémédité. Lily avait appris qu'elle était enceinte depuis peu et Albus leurs avait rendu visite quelques temps avant les fêtes pour leurs annoncer la prophétie qui visait Harry. Bien entendu, James avait seulement mis dans la confidence Sirius. Tu sais bien qu'à l'époque, on soupçonnait qu'un membre de l'Ordre nous trahissait. Finalement, c'est Alexia qui m'a mise au courant en m'avouant à demi mot qu'elle entendu son grand-père parler avec le professeur Trelawney. J'ai donc coincé James, le soir de Noël, quand je suis restée dormir au cottage des Potter. Il m'avoua qu'il ne m'avait rien dis dans l'unique but de me protéger. J'étais furieuse contre lui, alors il m'a prise dans ses bras pour me calmer. Et tout est allé très vite. Je ne vais pas te faire l'affront d'entrer dans les détails, Remus. Je n'ai jamais cherché à te blesser.

- Pourquoi ?

Jane mît son doigt sur sa bouche, puis continua comme si Remus ne l'avait pas interrompu.

- Quelques semaines plus tard, je me suis rendue compte que j'étais enceinte. C'est là que j'ai commencé à douter. Plus les jours passaient et plus il me semblait que James était le père de cet enfant. J'avais si peur Remus, peur que tu me rejettes. Tel que l'avait fait Sirius un peu plus de deux mois auparavant quand j'étais revenue dans sa vie. On venait à peine d'officialiser notre relation. Alors, je t'ai fait croire que c'était notre enfant. Tu avais l'air si confiant, si heureux. Je ne voulais absolument pas te décevoir. Tu m'avais tellement apporté. L'Ordre me demandait d'être prudente en mission. Puis, au cinquième mois de grossesse je suis allée voir le gynécomage de Lily. Il m'a fait savoir que l'on pouvait voir le sexe du bébé ainsi que certaines caractéristiques. Ce que j'ai vivement accepté, voulant en savoir plus. C'est là que j'ai su que c'était une fille, que ses cheveux allaient être bruns. Et j'ai complètement paniqué, Remus. Ca me rendait malade. J'avais tellement peur qu'elle soit le portrait craché de son père. Je n'avalais plus rien, je maigrissais à vue d'oeil et dépérissais. Et tu as commencé à t'inquiéter toi aussi. Alors, tu t'es confié à Lily. Tu ne voulais plus que j'effectue des missions pour l'Ordre et tu voulais que je sois surveillée en permanence. Lily, m'a donc proposé d'habiter au cottage jusqu'à la fin de ma grossesse. James et elle étaient ravis de m'accueillir. J'ai accepté. Et quand James partait en mission, Lily m'interrogeait de plus en plus assidûment. Elle voyait bien que quelque chose me tracassait. J'ai finis par lui avouer en pleurant, ce fardeau était trop lourd à porter. Tu sais comment était Lily, elle ne m'a jamais reproché quoique ce soit et a gardé le secret jusque dans la tombe. J'ai finalement accouché le 26 juillet. Vous étiez tous en mission. Lily et moi avons rejoint notre appartement et elle a contacté ma cousine Marlène pour m'accoucher discrètement. L'accouchement s'est déroulé dans des circonstances atroces. Je n'étais pas prête à mettre au monde un enfant. Ca m'a déchiré dans les deux sens du terme. Enfin, quand après maintes poussées le bébé est sorti. J'ai pleuré les dernières larmes que mon corps retenait avant de m'endormir. Marlène est restée à mon chevet pendant que Lily déposait ma fille devant la maison de son ancienne meilleure amie moldu une certaine Beth Granger.

Là dessus, Remus soupira, avant de sortir de la chambre à coucher. Jane, le regardait partir, hélas c'en était fini de leur mariage. Tandis que Remus parcourait les derniers mètres qui le séparait de la porte d'entrée, il entendit un léger bruit de pas derrière lui. Il se retourna une dernière fois avant de s'en aller. C'est à ce moment là qu'il prit conscience de l'horrible vérité, sa petite Juliet avait certainement tout entendu. Enfin, c'est ce qu'il soupçonna en la regardant droit dans les yeux. Il vit les yeux de sa fille s'embuer à mesure qu'elle comprenait l'imminent départ de son père. Il souffla un ultime « adieux » à son unique enfant sans toutefois s'arrêter puis il transplana.

FIN DU FLASH BACK/

En y réfléchissant bien, Jane était la meilleure chose qui lui soit arrivé dans la vie mais aussi la pire. Il l'avait profondément aimé et elle lui avait préféré l'un de ses meilleurs amis : James. Il n'y avait rien d'étonnant à cela en même temps. James et Jane avaient toujours été extrêmement proche depuis leur plus tendre enfance. Quand Sirius, Peter et lui étaient entrés dans leurs vies en même temps qu'ils entraient à Poudlard, il avait toujours soupçonné que James et Jane étaient une seule même âme dans deux corps différents. Puis Sirius était devenu leurs alter égo à mesure qu'ils grandissaient tandis que Peter et lui faisaient tout leur possible pour leurs ressembler. C'est pourquoi il avait tout accepté d'eux ; qu'ils transgressent le règlement, qu'ils deviennent des animagus non-déclaré, qu'ils s'en prennent à Severus Rogue... Mais cela en avait valu la peine, parce que ses meilleurs souvenirs c'est à Poudlard qu'il les devait. Sans la confiance de Dumbledore à son égard, il n'aurait jamais accédé à l'ultime bonheur qui avait été le sien durant les sept années qu'il avait passé ici.

Remus se souvint également de la recherche dont il s'était acquitté dans l'espoir de découvrir l'identité de la fille que Jane avait abandonnée. Il avait dans un premier temps cherché dans un annuaire qui pouvait bien être cette fameuse Beth. Après, maintes recherches plutôt foireuses ; il avait déduit qu'aucune Elizabeth Granger n'avait habité dans les environs de l'impasse du Tisseur dans une ville industrielle du nord de l'Angleterre. Mais, il apprit qu'une certaine Lisa comme elle se faisait appelé quand elle était plus jeune habitait dans un quartier similaire à quelques rues de l'impasse en question. Son nom de famille était Bennet et elle avait rencontré pendant ses études à l'Université de Médecine de Londres un certain William Darcy Granger. Apparemment, la jeune Lisa avait eu une fille a à peine vingt ans qu'elle avait prénommé Hermione. Au terme de ses études, elle avait épousé le Dr Granger et ils avaient ouverts un cabinet dentaire. Remus s'en était ouvert à ce sujet au professeur Dumbledore un an plus tôt. Ce dernier l'avait écouté, interloqué, et lui avait parlé de la jeune Hermione Jane Granger, qui étudiait en deuxième année dans la maison de Godric Gryffondor. Rassuré, Remus lui avait demandé de lui faire parvenir des nouvelles de la jeune Hermione. C'est comme ça qu'il apprit, au détour d'une lettre qu'elle avait été pétrifié. Il s'était alors rendu plusieurs fois à son chevet en espérant qu'elle se réveille rapidement. Quelques mois plus tard, Sirius s'échappait d'Azkaban et Dumbledore lui proposait le poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

Et c'est dans le Poudlard Express, qu'il avait fais la connaissance d'Hermione Granger et d'Harry Potter. Il fut très étonné mais ravis de les rencontrer en sachant qu'ils étaient déjà des amis. Comme quoi le destin faisait bien les choses parfois. S'ils savaient...

Malefoy ne revint en classe que le jeudi matin après le petit déjeuner pendant le cours en commun de Potions qui rassemblait les élèves de Gryffondor et de Serpentard. Durant le petit déjeuner qui précéda le cours de Potion, Malefoy fit exprès de se faire remarquer comme à son habitude :

« Ca te fait très mal, Drago ? Demanda Pansy Parkinson, une élève de Serpentard qui aimait beaucoup trop la présence de Malefoy.

- Ca dépend des moments mais j'ai eu de la chance malgré tout, d'après Mme Pomfresh une minute de plus et je perdais l'usage de mon bras. Se vanta Drago Malefoy en affichant la grimace de celui qui souffre avec courage. Je ne vais pas pouvoir faire mes devoirs pendant des semaines... »

A la table des Gryffondor, plus loin, Harry, Ron et Hermione discutaient entre eux :

« Ecoutez-moi cet idiot, commença Ron, il en fait vraiment des tonnes avec son bras !

- Oui mais au moins Hagrid n'est pas renvoyé, lui répondit Harry.

- Mais, il paraît que le père de Drago est furieux. Cette histoire n'est pas terminée... Hermione semblait soucieuse, cependant elle fut interrompue par l'un des élèves de sa maison qui s'exclama : « Il a été vu, il a été vu, s'exclama Seamus haut et fort.

- Qui ? Lui demanda Ron.

- Sirius Black!

- Han ! Sirius Black ! Crièrent la plupart des élèves.

Harry, Ron et Hermione se rapprochèrent du groupe à leur gauche qui examinaient la Gazette du Sorcier. Hermione, prit le journal dans ses mains et lut rapidement le contenu avant de débiter à voix haute le nom d'une ville : « Dufftown, ce n'est pas très loin d'ici ».

- Vous ne croyez pas qu'il va venir à Poudlard ? Non ? Demanda Neville, inquiet.

- Avec les détraqueurs à toutes les entrées, répondit Lee Jordan, les jumeaux Weasley à ses côtés.

- Les détraqueurs, il leurs a déjà filé entre les doigts, il peut très bien recommencer, disait Seamus.

- C'est vrai, Black peut-être n'importe où. C'est comme essayer d'attraper de la fumée, essayer d'attraper de la fumée avec les mains. »

Tristan, Juliet et Ginny se trouvaient un peu plus loin et écoutaient la conversation qui s'éternisait sur Sirius Black. Tristan n'aurait jamais avoué à quiconque que Sirius Black est son père et qu'il est innocent. Apparemment, personne ne l'aurait cru... Juliet, de son côté, regardait Tristan légèrement gênée. Quant à Ginny, elle frissonnait à l'idée que Black ne se trouvait pas très loin du château.

La table des Serpentard, était redevenue silencieuse, en entendant la nouvelle. Il faut dire que Sirius Black était reconnu pour être un dangereux criminel. Malefoy, quant à lui, fixait depuis quelques minutes déjà Harry qui sembla s'en apercevoir.

« Qu'est-ce que tu me veux Malefoy ?

- Tu veux essayer d'attraper Black à toi tout seul, Potter ? Toi qui ne peux t'empêcher de jouer au héros, le nargua Drago.

- Exactement, répondit Harry d'un ton dégagé.

Les lèvres minces de Malefoy s'étirèrent en un sourire mauvais.

- Si j'étais à ta place, dit-il tout haut pour que tout le monde puisse entendre, j'aurais déjà tenté quelque chose. Je ne resterais pas à l'école comme un gentil garçon, je sortirais d'ici pour aller le chercher. Il avait dit cela d'un ton tellement sérieux.

- Qu'est-ce que tu racontes, Malefoy ? Dit Tristan d'un ton brusque.

Il venait de s'incruster dans la conversation.

- Tu ne sais donc pas, Potter ? Répondit Malefoy, la question qu'il posa était rhétorique et elle n'amenait pas de réponses.

- Je ne sais pas quoi ?

Malefoy laissa échapper un petit ricanement.

- Tu préfères sans doute ne pas risquer ta peau et laisser les détraqueurs faire le sale boulot ? Dit-il. Mais si j'étais toi, je me vengerais. J'essaierais de le retrouver moi-même.

- De quoi tu parles ? Dit Harry avec colère.

Mais au même moment, la sonnerie retentit.

Le professeur Lupin n'était pas là lorsqu' Harry et Ron arrivèrent à son premier cours de Défense Contre les Forces du Mal. Ils s'installèrent dans la classe, sortirent leurs affaires et commençaient à bavarder de choses et d'autres lorsqu'il apparut enfin accompagné d'une nuée d'élèves. Lupin eut un vague sourire et posa son cartable râpé sur le bureau. Il paraissait aussi miteux qu'à l'ordinaire, mais il avait l'air en meilleure santé, comme s'il avait fait quelques bons repas.

« Bonjour, dit-il. Vous voudrez bien s'il vous plaît remettre vos livres dans vos sacs. Aujourd'hui, nous allons faire des travaux pratiques. Vous n'aurez besoin que de vos baguettes magiques.

Les élèves échangèrent des regards intrigués et rangèrent leurs livres. Ils n'avaient encore jamais eu de séance de travaux pratiques en cours de Défense Contre les Forces du Mal. Il leurs désigna une armoire gigantesque dont l'intérieur faisait un bruit étrange.

- Cela vous intrigue, n'est-ce pas ?

Les bruits à l'intérieur de l'armoire s'accrurent et les élèves la regardèrent légèrement inquiets.

- Quelqu'un peut-il se hasarder à nous dire ce qu'i l'intérieur ?

- C'est un épouvantard !

- Très bien monsieur Thomas. Et quelqu'un peut-il me dire à quoi ressemble un épouvantard ?

- Personne le ne sait, commença Hermione.

- Depuis quand elle est là ? Chuchota Ron à l'oreille d'Harry.

- Ils changent d'aspects à volonté. Les épouvantards prennent toujours la forme de ce qui nous effraie le plus. C'est pour ça qu'ils sont si...

- Si terrifiant, oui oui oui. Je n'aurais pas pu donner une meilleure définition, approuva le professeur Lupin.

Tout à coup, la porte au fin fond de la salle, s'ouvrit avec fracas. Tristan venait juste d'arriver en courant, il avait la respiration qui était très forte et haletante. Il reprit sa respiration difficilement puis s'excusa de son retard auprès de son parrain et professeur. Tous les autres élèvent murmurèrent entre eux, tandis que le professeur Lupin leurs expliquait la venue soudaine de cet élève de deuxième année.

« Tristan Disraeli fera partie de notre classe tout au long de l'année pour vous aider à progresser dans cette matière où il paraît évident que vous avez du retard.

- Mais il n'est qu'en deuxième année, professeur ! S'exclama Drago, qui trouvait aberrant qu'un mioche d'à peine douze ans puisse les aider.

- En effet, monsieur Malefoy. Mais il a un niveau probablement plus proche d'un septième année que d'un deuxième année dans cette matière.

Tous les autres élèvent fixèrent Tristan avec étonnement. Hormis le célèbre trio, qui avait bien vu de quoi était capable le protégé du professeur Lupin dans le Poudlard Express. Il avait réussi à mettre à mal un détraqueur alors qu'il avait à peine douze ans. Alors que tout le monde le fixait, Tristan se faufila dans la foule histoire de passer presque inaperçu. C'était sympa d'être sous le feu des projecteurs mais à petites doses, juste pour amuser la galerie en somme. Là, il avait plutôt l'impression que ses camarades le regardait comme s'il était une bête étrange doué mais trop. Il allait falloir qu'il se la joue modeste s'il voulait réussir à se faire des amis.

Puis, le professeur Lupin reprit son cours en main :

- Heureusement, un sortilège très simple permet de s'en débarrasser. Nous allons nous exercer.

Les bruits à l'intérieur de l'armoire retentirent de nouveau.

- Sans baguettes, s'il vous plaît. Après moi, Riddikulus.

- Riddikulus!

- C'est très bien. Puis il fit une pause avant de reprendre. Un peu plus fort et distinctement, écoutez Riddikulus !

- Riddikulus!

- C'est son cours qui est riddikulus, chuchotta Malefoy à ses deux gorilles.

- C'est très bien. Mais c'était la partie la plus facile, en effet l'incantation seule ne suffit pas. Ce qui neutralise un épouvantard c'est...le rire. Vous devez l'obliger à prendre une forme que vous trouvez désopilante. Je vais vous montrez. Euh Neville voulez-vous venir s'il vous plaît. Allez n'ayez pas peur ! Venez ! Bonjour, Neville. Qu'est-ce qui vous fait le plus peur ?

- Le professeur Rogue, dit-il tout bas.

- Pardon ?

- Le professeur Rogue dit-il plus fort alors que les rires fusaient de ci et là.

- Le professeur Rogue, répéta Lupin sous le coup de l'humour. Il fait peur à tout le monde. Vous habitez chez votre grand-mère, je crois ?

- Oui monsieur, mais je ne veux pas que l'épouvantard prenne sa forme… Hésita-t'il.

- Non. Rassurez-vous. Je veux que vous voyez ses vêtements seulement ses vêtements très clairement dans votre tête.

- Elle porte un grand sac à main rouge…

- Non, ne nous dîtes rien si vous voyez le sac nous le verrons. Maintenant, je vais ouvrir l'armoire et voici ce que vous allez faire : pensez au professeur Rogue avec les habits de votre grand-mère.

Neville le regarda avec des yeux indignés.

- Vous pouvez le faire ?

Neville approuva.

- Préparez votre baguette : un, deux, trois.

Un bouquet d'étincelles, jailli de l'extrémité de la baguette de Lupin, vint frapper la poignée de la porte qui s'ouvrit brusquement. Le nez crochu, l'air menaçant, le professeur Rogue sortit aussitôt de la penderie en fixant Neville d'un regard flamboyant.

Neville recula d'un pas, sa baguette brandie et remua les lèvres sans parvenir à prononcer la moindre parole. Rogue s'avança vers lui en cherchant sa baguette magique dans une poche de sa robe de sorcier.

- R…R…Riddikulus ! Dit Neville d'une petite voix aiguë.

Il y eut alors le bruit semblable à un claquement de fouet. Rogue trébucha et se retrouva soudain avec une longue robe ornée de dentelles vertes, un grand chapeau surmonté d'un vautour empaillé mangé aux mites et un énorme sac cramoisi qu'il tenait à la main.

Un grand éclat de rire retentit dans la salle de classe.

- Formidable Neville, formidable, incroyable ! Très bien, je vous remercie Neville.

L'épouvantard hésita, visiblement déconcerté et le professeur Lupin appela alors :

- Parvati ! A vous !

Parvati s'approcha, l'air décidé. Rogue se tourna vers elle, il y eut un nouveau claquement et un énorme serpent apparut à sa place. Le serpent sifflait et s'avançait sinueusement, Parvati leva son bras raide et « Riddikulus », s'exclama-t-elle.

Le serpent se métamorphosa en un clown dans une boite qui penchait doucement.

- Ron, à vous ! Lança le professeur Lupin.

Clap ! Des hurlements retentirent. Une araignée géante d'un mètre quatre-vingts de haut, couverte de poils répugnants, s'avança vers Ron en faisant cliqueter ses grosses pinces menaçantes. Pendant un instant, Harry crut que Ron était paralysé par la terreur, mais :

- Riddikulus ! Hurla Ron.

Les pattes de l'araignée se retrouvèrent avec des patins à roulettes et glissèrent drôlement dans tous les sens.

- Vous voyez, très bien ! Magnifique, tout simplement magnifique, un très grand moment ! S'exclama Lupin, d'excellente humeur.

Puis Tristan s'avança et le clown se mit à tourner plusieurs fois sur lui-même avant de prendre la forme d'une femme sur le sol.

Le professeur Lupin, reconnut Alexia Disraeli, la propre mère du jeune Tristan. Il l'encouragea. Et ce dernier finit par lancer un : « Riddikulus ».

Tous les élèves avaient eu le souffle coupé en voyant la plus grande peur de leur camarade. Il avait peur de voir disparaître un être cher.

Enfin, le tour d'Harry arriva. Et le pantin désarticulé s'approcha dangereusement d'Harry. Remus Lupin, n'était pas rassuré. On ne pouvait pas rire de tout et certaines peurs étaient plus néfastes que d'autres. Soudain, l'épouvantard prit la forme d'un détraqueur qui s'avança vers Harry. Il eut à peine le temps de lever sa baguette que Lupin cria en direction du détraqueur : « ici ».

Une lune apparut enfin caché derrière quelques nuages, mais le professeur Lupin lança rapidement un : « Riddikulus » d'un ton presque nonchalant. La sphère argentée se transforma en un ballon de baudruche qui fila dans la salle avant que le professeur Lupin ne le rangea à l'aide d'un sort dans l'immense armoire.

- Bien, je suis désolé. Euh, ça suffit pour aujourd'hui. Allez récupérer vos livres au fond de la classe. Le cours est terminé. Merci, désolé, désolé il ne faut pas abuser des bonnes choses. »

Alors que la salle de classe se vidait, seul Harry restait immobile en pleine réflexion. Pourquoi le professeur Lupin l'avait délibérément empêché d'affronter l'épouvantard ?