Chapitre 7 : La fuite de la grosse dame.

En très peu de temps, la Défense Contre les Forces du Mal était devenue le cours préféré de la plupart des élèves. Seuls Drago Malefoy et sa bande de Serpentard trouvaient matière à critiquer le professeur Lupin.

- Regardez dans quel état sont ses vêtements, disait Malefoy à voix basse mais suffisamment fort pour se faire entendre lorsque Lupin passait devant lui. Il s'habille comme notre vieil elfe de maison.

Mais personne d'autre ne s'intéressait à l'état d'usure des robes du professeur Lupin. Les cours suivants se révélèrent tout aussi intéressants que le premier. Après les épouvantards, ils étudièrent les Chaporouges, d'horribles petites créatures semblables à des gobelins qui s'embusquaient dans tous les lieux où le sang avait coulé, les cachots des châteaux ou les champs de bataille désertés, attendant l'occasion d'assommer quiconque s'y perdrait. Des Chaporouges, ils passèrent aux Kappas, de monstrueux habitants des eaux qui ressemblaient à des singes couverts d'écailles avec des mains palmées avides d'étrangler les imprudents qui s'aventuraient dans leurs mares.

Tristan aurait bien aimé prendre autant de plaisir à suivre l'enseignement des autres professeurs. Malheureusement, ce n'était pas vraiment le cas avec les autres enseignants dont la majorité des cours l'ennuyaient en vertu de son niveau plutôt élevé pour son jeune âge. Il avait essayé d'en faire part, dans un premier temps, à Remus avec qui les rapports s'étaient distendus depuis son altercation avec son arrière-grand-père ; Remus qui lui avait reproché sa façon dédaigneuse de considérer ses pairs, ceux de son âge notamment, qui n'avaient pas eu la chance d'avoir des cours de magie à la maison pour avancer dans leur programme selon leur bon vouloir. Il avait donc attendu patiemment que les semaines passent, tout en appréhendant chaque heure de cours passées dans l'atmosphère étouffante dans laquelle il avait le sentiment de se trouver. Juliet avait bien essayé de lui changer les idées, en l'intégrant parmi ses camarades. Elle avait noué pendant ces quelques semaines passées au château des liens avec certains élèves, notamment avec la petite Ginny Weasley qu'il surnommait Tâche de Rousseur. Pourtant, même si la compagnie de Juliet ainsi que celle de Ginny pouvait être agréable, il n'avait pas l'impression d'apprendre grand-chose tant et si bien que son niveau stagnait. Alors qu'Halloween approchait à grand pas, Tristan avait fini par prendre la décision de s'entretenir avec Albus Dumbledore à ce sujet. Cette fois, c'était sa dernière chance et il faudrait qu'ils donnent le plus d'arguments possibles et valables afin que le directeur de Poudlard puisse accéder à sa requête. Il lui paraissait désormais évident que ça n'allait pas être une mince affaire, Dumbledore refuserait de faire preuve de favoritisme en sa faveur, surtout pour éviter d'être taclé de népotisme par Lucius Malefoy qui était de loin l'homme qui favorisait à fortiori sa famille. Tristan prit donc la direction du bureau directoriale, en ce début de matinée, les pensées complètement parasitées par ses problèmes. Les couloirs de Poudlard lui paraissaient immenses à mesure qu'il se rapprochait de sa destination, c'était comme s'il avait l'impression que plus il avançait plus le chemin qui lui restait s'agrandissait. Faut croire que le château se jouait de lui, pensa-t-il. Tristan eut le temps de se remémorer le long mois qu'il avait passé entre ses murs lorsqu'il arriva devant les deux gargouilles qui gardaient le bureau directorial. Il s'empressa de donner le mort de passe avant que le mur d'en face ne s'entre-ouvre et que l'escalier en colimaçon commence à se soulever alors qu'il accélérait la cadence. Une fois devant la grande porte de bois sculptée, il frappa trois coups distinctement et entra. Le directeur de Poudlard était assis à son bureau le nez penché dans un long rouleau de parchemin. Il ne prit même pas la peine de relever la tête, puis il s'adressa à Tristan :

« En quel honneur viens-tu me rendre visite, mon garçon ?

Tristan s'avança doucement dans la pièce, il ne s'attendait pas à autant de bienveillance de la part du vieil homme. Il faut dire que la dernière fois qu'ils s'étaient adressés la parole. Il était reparti refroidi par la tournure de la conversation, enfin c'était peu dire !

- J'aimerai vous parler, professeur, commença Tristan ne sachant pas trop comment s'adresser au directeur de cette école qui était également un membre de sa famille. Attendant l'aval du professeur Dumbledore.

- Je t'écoute. De quoi voulais-tu me parler, Tristan ? Albus Dumbledore venait de relever la tête dans sa direction, plus intéressé tout d'un coup par le jeune homme qui l'avait interrompu dans sa lecture. Ses yeux bleus cachés derrière des lunettes en demi-lune pétillaient de malice.

- Eh bien, je ne saurais par où commencer sans avoir l'air d'un petit prétentieux quémandant quelque chose, mais je m'ennuie professeur. Et, j'aimerai poursuivre le reste de l'année avec les élèves de troisièmes années. En effet, le seul cours où je me sens à ma place est le cours de Défense Contre les Forces du Mal que je partage avec eux. J'ai beaucoup réfléchis et c'est avec discernement que j'ai pris la décision de venir vous parlez. Tristan avait dit cela d'un air anxieux, ses mains se tordant pendant qu'il parlait, signe profond de son mal-être.

Le directeur acquiesçait, la main gauche sous son menton, et ne tarda pas à lui répondre :

- Appelle-moi, Albus, Tristan. Je sais que tu es un jeune homme intelligent et que tu es au courant que cette décision ne doit pas être prit à la légère. La décision qui s'impose a été mûrement réfléchis avec l'aval du corps professoral. Et nous en avons déduit que tu serais d'avantages à ton aise en cours avec les troisièmes années. Bien entendu, il va falloir que tu rattrapes les cours du mois de Septembre et de la première semaine d'Octobre que tu as loupé, et il n'y a personne de mieux qualifié pour cette tâche que la jeune Hermione Granger. » Quand il eut terminé, Albus Dumbledore fit de légères arabesques à l'aide de son index, puis un morceau de parchemin se matérialisa et se dirigea vers Tristan. Ce dernier le prit et lut les inscriptions qui y étaient inscrites.

« Chère Miss Granger,

J'espère que la surcharge de travails ne pèse pas trop sur votre humeur ! Je viens à vous, une dernière fois, afin de vous proposer d'aider le jeune Tristan Disraeli à rattraper son retard dans l'espoir qu'il soit rapidement apte à suivre tous les cours de troisième année. Connaissant votre tempérament, je ne doute pas que cette fameuse tâche ne soit assez ardue pour vous découragez.

Cordialement,

Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore. »

Tristan jeta un dernier coup d'œil à l'endroit où se trouvait le professeur Dumbledore et le remercia chaleureusement. Avant qu'il ne quitte son bureau, le directeur ajouta :

- Ne me déçois pas, Tristan.

La première semaine d'Octobre était passée à une vitesse, selon Juliet, qu'elle en oublia l'évidente satisfaction que la saison de Quidditch allait lui procurer. Sa mère n'avait pas arrêté de lui rappeler que les plus grands joueurs de Quidditch avaient fait leurs études à Poudlard à chaque fois qu'elles allaient voir un match. Juliet avait ressenti la passion de sa mère pour ce sport et elle s'était demandé plus d'une fois si le réel engouement de sa mère pour le Quidditch n'était pas plutôt le résultat d'une tout autre chose… Mais quoi ?

Elle avait accompagné Ginny chaque jeudi soirs à l'entraînement quotidien de l'équipe de Gryffondor. Ginny adorait regarder Harry voler et elle avait pris l'habitude depuis son plus jeune âge de soutenir ses frères pendant les entraînements de Quidditch. Bien que son obsession pour Harry, fasse beaucoup rire Juliet, elle ne ratait pour rien au monde un entraînement et de temps en temps Tristan leurs tenait compagnie.

Ce soir-là, Olivier Dubois, un garçon de dix-sept ans à la silhouette massive, convoqua les joueurs à la fin de l'entraînement. Il y avait quelque chose de désespéré dans le son de sa voix lorsqu'il s'adressa aux six autres joueurs de l'équipe avant qu'ils ne se dirigent vers les vestiaires glacés du terrain de Quidditch :

- Cette fois, c'est notre dernière chance – ma dernière chance – de remporter la coupe de Quidditch, leur dit-il en faisant les cent pas. Je quitte définitivement l'école à la fin de l'année. Je n'aurai donc plus jamais d'autre occasion. Il y a maintenant sept ans que Gryffondor n'a plus gagné de coupe. Nous avons eu toute la malchance du monde – des blessures, l'annulation du tournoi l'année dernière…

Dubois s'interrompit, comme si ces souvenirs lui seraient encore la gorge.

- Mais nous savons aussi que nous sommes indiscutablement la meilleure équipe de l'école, reprit-il en tapant du poing dans la paume de sa main, une lueur un peu folle dans le regard.

- Nous avons trois superbes Poursuiveurs.

Dubois montra Alicia Spinnet, Angelina Johnson et Katie Bell.

- Nous avons deux Batteurs, imbattables.

- Arrête, Olivier, tu vas nous faire rougir, répondirent en chœur Fred et George Weasley.

- Et nous avons un Attrapeur qui nous fait toujours gagner ! Continua Dubois, en regardant Harry avec orgueil.

Et puis, il y a moi, ajouta-t-il après un instant de réflexion.

- Toi aussi, tu es très bon, dit George.

- Remarquable Gardien, approuva Fred.

- La coupe de Quidditch aurait dû porter notre nom ces deux dernières années, poursuivit Dubois. Dès qu'Harry a rejoint notre équipe, j'ai pensé que ce serait dans la poche. Mais le fait est que nous n'avons pas gagné et que c'est notre dernière chance cette année d'y graver enfin le nom de notre équipe…

Dubois avait l'air si accablé que même Fred et George semblaient compatir.

- Olivier, cette année sera la bonne, dit Fred.

- On y arrivera, Olivier ! Assura Angelina.

- C'est sûr et certain, ajouta Harry.

- Hip Hip Hip, Hourra ! Firent-ils en chœur. Les huit joueurs se tapèrent dans les mains et s'enlacèrent montrant leurs joies.

Du haut des gradins, Juliet, Tristan et Ginny, les applaudirent à tout rompre. Décidément, cette année allait rester dans les annales, pensa Juliet, tout heureuse.

Les jours raccourcissaient, le temps devenait plus froid et plus humide, mais ni la boue, ni la pluie, ni le vent ne pouvaient décourager l'équipe et ses supporters.

Un jeudi soir, après l'entraînement, Harry, Ginny et Juliet, retournèrent dans la tour de Gryffondor, glacés, mais content du travail de l'équipe.

Lorsqu'ils entrèrent dans la salle commune, ils trouvèrent leurs camarades en proie à une agitation fébrile :

- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Harry, à Ron et à Hermione qui étaient assis auprès du feu, dans deux des meilleurs fauteuils, et s'appliquaient à dessiner une carte du ciel.

- Premier week-end à Pré-au-lard, répondit Ron en montrant une note d'information épinglée au tableau d'affichage. Fin octobre, pour Halloween.

- Parfait, dit Fred qui était entré dans la salle après les deux autres. Il faut que j'aille faire un tour chez Zonko, je n'ai presque plus de boules puantes.

Juliet se laissa tomber sur la banquette où se trouvait Tristan en train de bouquiner, les livres qu'Hermione lui avait empressement prêté. Quant à Ginny, elle s'assit en tailleur auprès de la dite banquette. Elle sembla s'apercevoir que l'allégresse qu'avait Harry, il y a quelques secondes encore, avait soudainement disparu tout comme Hermione.

- Harry, je suis sûre que toi aussi, tu pourras y aller la fois d'après, dit Hermione. Ils vont sûrement attraper Black bientôt, il a déjà été repéré.

- Black n'est pas assez idiot pour tenter quelque chose à Pré-au-lard, dit Ron. Demande à McGonagall si tu peux y aller tout de suite, sinon, tu risques d'attendre encore longtemps.

- Ron ! S'indigna Hermione : Harry doit rester à l'intérieur de l'école.

- Il ne va quand même pas être le seul à ne pas venir, dit Ron. Demande à McGonagall, Harry.

Avant qu'Harry n'ait le temps d'ajouter quoique ce soit, Ginny prit la parole :

- Harry ne sera pas tout seul, ni Juliet et ni moi n'y allons ! Ginny s'était levée, offusquée, que Ron ne tienne même pas compte de sa présence.

- Mais c'est normal, Ginny ! Ils ne vont pas laisser des bébés s'aventurer hors des murs du château ! S'exclama Ron, en se tournant vers sa jeune sœur.

Piquée au vif, Juliet prit la défense de Ginny.

- Tu parles, on n'a même pas un an de différence, commença Juliet, il n'était pas facile de la mettre en rogne, mais s'il y a une chose qui insupportait Juliet c'était qu'on lui rappelle son jeune âge. Elle ajouta, d'ailleurs Tristan non plus n'a pas le droit d'y aller alors qu'il est en troisième année, c'est juste une question de sécurité ! Là-dessus, Juliet mit la main devant sa bouche se rendant compte de la bévue qu'elle venait de commettre.

- Mais quel est le rapport entre Tristan et moi ? Demanda Harry, soudain intéressé par la tournure qu'avait pris la dispute.

Tristan fusilla Juliet du regard, avant de s'en aller à grand pas. Il était furieux. Juliet partit à sa suite essayant de s'excuser dignement.

Le Trio d'Or, suivit le départ Tristan puis de Juliet les sourcils froncés. Quant à Ginny, elle prit la direction de son dortoir comme si de rien n'était.

C'est ce moment-là que choisit Pattenrond, le chat d'Hermione, pour embêter Ron.

Le lendemain, Ron n'avait toujours pas pardonné à Hermione que son chat s'en soit pris à son rat. Il lui adressa à peine la parole pendant le cours de Botanique alors qu'il travaillait à la même table qu'elle, en compagnie d'Harry et de Tristan.

- Comment va Croûtard ? Demanda timidement Hermione qui vidait dans un seau de bois de grosses cosses roses pleines d'haricots étincelants.

- Il se cache au fond de mon lit et n'arrête pas de trembler, répondit Ron avec colère, manquant le seau et répandant ses haricots sur le sol.

- Attention, Weasley, attention ! S'écria le professeur Chourave tandis que les haricots germaient brusquement sous leurs yeux.

Ce fut là les dernières paroles de Ron, en direction d'Hermione, qui peinait à ne pas montrer que les paroles de Ron l'avait touché. Seul Tristan, s'en était aperçut, et pour n'éveiller les soupçons de personnes, il passa une de ses mains sous la table qui partit rejoindre celle d'Hermione. Cette dernière le remercia discrètement.

Ils avaient ensuite un cours de Métamorphose, ils rejoignirent donc la file des élèves qui attendaient devant la salle. Plus ils s'approchaient de l'entrée de la salle, plus ils entendaient des éclats de voix. C'est Lavande Brown qui pleurait. Parvati avait passé un bras autour de ses épaules et expliquait quelque chose à Seamus Finnigan et à Dean Thomas qui avaient la mine grave.

« Qu'est-ce qui se passe, Lavande ? Demanda Hermione d'une voix inquiète en s'approchant avec Tristan, Ron et Harry.

- Elle a reçu une lettre de ses parents ce matin, murmura Parvati. Son lapin est mort, il a été tué par un renard.

- Oh, pauvre Lavande, dit Hermione.

- J'aurais dû m'en douter, sanglota Lavande d'un air tragique. Tu sais quel jour on est, aujourd'hui ?

- Vous ...

- Bah le 16 Octobre, pourquoi ? Répondit à sa place, Tristan.

- Tu te souviens de ce qu'a dit le professeur Trelawney ? « Ce que vous redoutez tant se produira le vendredi 16 Octobre. » Elle avait raison !

Toute la classe s'était rassemblée autour de Lavande. Tandis que Seamus hochait la tête d'un air sérieux, Tristan se détourna de la foule en soufflant comme un bœuf, cette fille à de ses lubies, pensa-t-il. Mais Hermione, qui aimait par-dessus tout comprendre le pourquoi du comment, hésita puis dit :

- Tu avais peur que ton lapin se fasse tuer par un renard ?

- Pas nécessairement par un renard, mais j'avais peur qu'il meure, c'est évident !

- Ah bon… Il était vieux, ton lapin ? Demanda Hermione.

- Non… Sanglota Lavande, c'était encore un bébé !

- Mais alors, pourquoi craignais-tu qu'il meure ?

Parvati, qui tenait Lavande par l'épaule pour essayer de la réconforter, lança un regard féroce à Hermione.

- Il faut être logique, reprit Hermione en s'adressant aux autres élèves. D'abord, le lapin n'est pas mort aujourd'hui, elle a simplement reçu la lettre, aujourd'hui. Et elle ne s'attendait pas du tout à sa mort puisque la nouvelle a été un choc pour elle.

- Ne fais pas attention à ce qu'elle dit, Lavande, lança Ron. Elle se fiche complètement des animaux des autres.

A cet instant, le professeur McGonagall apparut et ouvrit la porte. Hermione et Ron entrèrent dans la salle de classe en se lançant des regards assassins et s'assirent de part et d'autre d'Harry sans s'adresser la parole. Tristan vint s'assoir à la place vacante à côté d'Hermione.

Lorsque la cloche sonna la fin du cours, Tristan remarqua qu'Harry semblait dans ses réflexions. Il se douta qu'elles concernaient la manière dont il allait s'y prendre pour essayer de convaincre la vieille McGo de le laisser aller à Pré-au-lard.

- Un instant, dit-elle alors que les élèves s'apprêtaient à partir. Si vous voulez aller à Pré-au-lard, vous devrez me donner vos autorisations de sortie avant Halloween. Sans autorisation, pas question de visiter le village, alors n'oubliez surtout pas !

Neville leva la main.

- Professeur, je crois que j'ai… j'ai oublié… dit-il.

- Votre grand-mère me l'a envoyée directement, Londubat, l'interrompit le professeur McGonagall. Elle a estimé que c'était plus sûr. Voilà, vous pouvez partir, maintenant.

- Vas-y, c'est le moment de lui demander, chuchota Ron à Harry.

- Non, il ne faut pas… Commença Hermione.

- Vas-y, Harry, Ron insiste.

- Ca ne fonctionnera pas, laisse tomber, Harry. Ajouta Tristan.

Ron le fusilla du regard, puis il prit ses affaires et sortit rapidement de la classe. Hermione l'avait regardé partir, interloquée. Elle s'adressa ensuite à Tristan, dans l'espoir qu'il la suive :

- Tu viens, Tristan ? On t'attend dehors, Harry.

- J'arrive, lui répondit Tristan en lui faisant signe de partir.

Harry attendit que les autres élèves, hormis lui et Tristan, soient sortis, puis, un peu nerveux, s'approcha du professeur de Métamorphose.

- Qu'est-ce qu'il y a, Potter ?

Harry prit une profonde inspiration.

- Professeur, mon oncle et ma tante ont… heu… oublié de signer mon autorisation, dit-il.

Le professeur McGonagall le regarda par-dessus ses lunettes carrées sans rien répondre.

- Alors… heu… je me demandais s'il serait possible… Je veux dire, est-ce que je pourrai quand même aller à Pré-au-lard ?

Minerva McGonagall ramassa les papiers posés sur son bureau et répondit à Harry.

- J'ai bien peur que non, Potter, déclara-t-elle. Vous avez entendu ce que j'ai dit ? Pas d'autorisation, pas de sortie, c'est le règlement.

- Mais, professeur, si c'était vous qui la signiez je pourrais y aller…

- Je ne peux pas seuls les parents ou un tuteur peuvent signer comme je ne suis ni l'un ni l'autre, ça ne servirait à rien. L'interrompit, le professeur McGonagall.

Son visage eut alors une étrange expression qui ressemblait à de la pitié.

- Je suis navrée Potter, c'est mon dernier mot !

Harry grimaça, cependant il ne put rien faire d'autre que de prendre ses affaires et de quitter la salle de classe sans un regard en arrière.

Entre temps, Tristan qui avait rangé ses affaires et écouté la conversation, se dirigea naturellement vers le bureau de son professeur. Cette dernière le regarda avec une certaine suspicion, depuis qu'il était arrivé au château Tristan avait la mauvaise impression que tout le monde se méfiait de lui en particulier ceux qui connaissaient son arbre généalogique.

- Et vous Disraeli, qu'est-ce que vous voulez ? Ne me dîtes pas que vous veniez pour la même raison que monsieur Potter ? C'est non !

- Mais, professeur et si je demandais l'autorisation à Remus. Je pourrais y aller ?

- Les professeurs Dumbledore, Lupin et moi-même avions convenu que vous ne sortiriez pas de ce château tant que Black est dans la nature. Est-ce clair ?

- Mais, professeur, ils vont tous se demander pourquoi je n'ai pas le droit de sortir…

- Ca ne concerne en rien les autres élèves, monsieur Disraeli. Maintenant, sortez !

Le jour d'Halloween, Tristan et Harry se sentirent complètement démoralisés lorsqu'ils descendirent prendre leur petit déjeuner, bien qu'ils fassent de leurs mieux pour ne rien laisser paraître.

- On va vous ramener pleins de bonnes choses de chez Honeydukes, dit Hermione qui paraissait désolée pour eux.

- Ouais, plein, ajouta Ron.

Hermione et lui avaient fini par oublier leur querelle, effacée par leur compassion pour Harry ainsi que par la nouvelle mission qu'ils s'étaient entendus à percer ensemble. Comme quoi, leur amitié surpassait des montagnes quand il y avait nécessité…

- Ne vous inquiétez pas pour moi, dit Harry d'un ton qu'il essayait de rendre désinvolte. Je vous retrouverai au banquet. Amusez-vous bien.

Tristan ne prit même pas la peine d'ajouter quoique ce soit, le matin n'était déjà pas son fort quand il était de bonne humeur. Alors, quand l'humeur n'était pas la bienvenue il préférait se taire au lieu de risquer de blesser quelqu'un.

Ils les accompagnèrent dans le hall d'entrée où Rusard, posté à la porte, vérifiait que les élèves qui sortaient correspondaient bien à ceux figurant sur la liste.

- Qu'est-ce que tu comptes faire, Harry ? Demanda Tristan.

- Je ne sais pas, je vais sûrement retourner dans mon dortoir me reposer et qui sait ce que je ferais après…

- Tu n'as qu'à nous tenir compagnie à Juliet, Ginny et moi. Si tu ne sais pas quoi faire, bien sûr ? Lui proposa, Tristan.

- Je préfère rester seul mais merci quand même. Répondit Harry, alors qu'il s'apprêtait à partir, Harry se retourna et lui demanda abruptement. Qu'est-ce que tu caches si soigneusement, Tristan ? Ron, Hermione et moi, nous finirons bien par le découvrir, soit en sûr ! Puis, il partit, laissa là Tristan pantois. Son secret était visiblement en danger. Qu'allait-il faire ?

Pendant que Tristan et Ginny jouaient à la bataille explosive, Juliet s'était éclipsée en direction du bureau de son père. Elle avait besoin de lui parler de quelque chose à propos de sa mère. Juliet prit donc la direction de la sortie, le tableau pivota lorsqu'elle arriva devant et elle franchit l'ouverture qui permettait d'accéder aux nombreux escaliers du château. Ils étaient encore beaucoup à se promener dans les couloirs, remplis d'élèves de première et deuxième années mais aussi d'élèves plus anciens qui avaient si souvent visité Pré-au-lard que le village avait perdu tout attrait à leurs yeux. Une fois arrivée au deuxième étage, elle se dirigea vers le couloir des appartements professoraux. Celui du professeur Lupin était tout au fond à droite, quand elle fut devant la porte, elle frappa deux coups mais aucune réponse ne lui parvint. Elle décida d'entrer dans l'appartement sans le consentement du propriétaire, après tout il était son père. Lorsqu'elle pénétra dans le salon, elle fut accueillie par un feu dans l'âtre de la cheminée. Juliet se rendit ensuite dans la pièce qui lui servait de bureau. Il n'y avait personne, bien entendu, et ce dernier était étrangement en fouillis comme si son père avait cherché quelque chose sans avoir mis la main dessus. Elle s'approcha de l'immense table qui lui servait de bureau et se pencha sur ses notes. Néanmoins, rien de bien intéressait n'y figurait et Juliet décida de poursuivre ses recherches à son grand étonnement. « Chaque famille à ses secrets, essayait-elle de se convaincre ? ». Au bout d'un moment, son instigation déboucha sur une découverte plus qu'étonnante. « Mais que faisait le dossier d'Hermione dans le bureau de son père ? ». Juliet utilisa un sortilège qu'elle avait si souvent entendu dans la bouche de sa mère pour rapetisser un objet et le mettre dans sa poche ni vu ni connu ! Quand elle eut terminé, elle sortit de l'appartement discrètement et elle se dirigea vers le parc afin de se trouver un endroit tranquille afin de feuilleter sa trouvaille sans se faire remarquer. Le parc était presque vide d'élèves, elle entendit pourtant clairement la voix de son père ainsi que celle d'Harry. Longeant le parc, elle prit la direction du pont et plus elle se rapprochait, plus les voix lui parvenaient.

« Professeur, je peux vous poser une question ? Dit la voix qu'elle reconnut comme étant celle d'Harry.

- Vous voulez savoir pourquoi je vous ai empêché d'affronter l'épouvantard, c'est ça ? Je pensais que c'était évident… J'imagine qu'il aurait pris l'aspect de Lord Voldemort. Répondit son père.

- J'ai d'abord pensé à Voldemort, c'est vrai, mais ensuite je me suis souvenu de la nuit dans le train et du détraqueur.

- Oh, je suis impressionné alors ce dont vous avez le plus peur c'est de la peur elle-même, c'est une preuve de sagesse.

- Avant que je ne m'évanouisse, j'ai entendu quelque chose, une femme, elle criait.

- Les détraqueurs nous obligent à revivre les pires moments de notre vie. Ils tirent leurs pouvoirs de notre souffrance.

- Je crois que c'était ma mère, la nuit où elle a été tuée.

Il reprit sa respiration : Vous savez, la première que je vous ai vu, Harry, je vous ai tout de suite reconnu. Pas à votre cicatrice mais à vos yeux, vous avez les yeux de votre mère. Oui, oui, je l'ai connu. Remus Lupin se détourna d'Harry et se positionna à son opposé, de l'autre côté du pont. Votre mère m'a aidé à une époque où les autres me tournaient le dos. Elle n'était pas seulement une sorcière extrêmement douée, elle était aussi d'une très grande bonté, elle avait l'art de voir la beauté chez les autres et peut-être même plus particulièrement quand la personne ne voyait pas ce qu'il y avait de beau en elle. Quant à votre père, il avait un certain – comment dire – haha, un certain talent pour ce qui était de s'attirer des ennuis. Un talent dont d'après ce qu'on dit, vous avez hérité. Il reprit sa place auprès d'Harry. Vous leurs ressemblez plus que vous ne le pensez. Avec le temps, vous verrez à quel point…

Juliet, se fit remarquer en toussotant. Son père la remarqua ainsi qu'Harry, ils décidèrent ensembles d'aller prendre une tasse de thé.

« La boutique de bonbons Honeydukes est super, commença Ron. Mais, le mieux c'est Zonko la boutique de farces et attrapes. On n'a pas eu le temps d'aller voir la cabane hurlante, on dit que c'est la maison…

- La plus hantée de Grande Bretagne, oui je sais, le coupa Harry.

Harry, Ron et Hermione montaient les escaliers en prenant la direction de leur salle commune. La plupart des Gryffondor rejoignaient la salle commune au même moment. Un bouchon était rapidement apparut et aucun élèves n'avaient l'air de comprendre la raison de son apparition.

- Mais qu'est-ce qui se passe ? Demanda Harry.

- Hum, Neville a dû encore oublier le mot de passe, répondit Ron.

- Hey, s'exclama Neville. Le Trio d'Or se retourna, il était derrière eux depuis le début, sembla remarquer Tristan.

- Oh, tiens ! T'étais là ? S'étonna Ron.

- Laissez-moi passer, s'il vous plaît. Excusez-moi, je suis préfet en chef, dit Percy.

Du bruit commençait à se faire entendre, notamment de la part des tableaux vivants.

- Vous reculez tous, s'il vous plaît. Personne n'entrera dans ce dortoir tant qu'il n'aura pas été fouillé !

Juliet se faufila à travers les élèves, Ginny sur les talons : la grosse dame, elle n'est plus là !

- Elle a été poignardé, ajouta Ginny.

- Elle l'a bien cherché, elle chante comme une casserole, répondit Ron.

- Ce n'est pas dôle, Ron. Reprocha, Hermione.

Le bruit qui retentissait des tableaux se faisait d'avantage ressentir. On entendit même, un bébé pleurer.

- Du calme, il n'y a rien ! S'exclama Percy. Du calme, retournez dans vos dortoirs ! Disait Percy en voyant quasiment tous les élèves du château se rapprocher de l'accident.

- Laissez passer, laissez passer, dit Rusard, la voix nasillarde.

- Le directeur est ici, reprit Percy.

- Ecartez-vous, ajouta Rusard.

Un instant plus tard, Albus Dumbledore écarta de son chemin les élèves et se rendit devant le tableau fissuré. La grosse dame avait disparu du tableau que quelqu'un avait lacéré avec une telle violence que des lambeaux de toile jonchaient le sol. Il toucha les parties déchirées, puis dit : monsieur Rusard, rassemblez les fantômes, dîtes leurs de faire le tour de tous les tableaux du château pour retrouver la grosse dame.

- Inutile de faire appel aux fantômes, professeur. Commença Rusard, il fixait un tableau accroché un étage plus haut. La grosse dame est là, il montra de son index le tableau en question.

Han, firent tous les élèves. Ils s'empressèrent d'atteindre le bon étage.

- Hey ! Où allez-vous comme ça ? Ralentissez ! S'exclama une nouvelle fois, Percy Weasley. Je suis préfet en chef ! Revenez !

- Avancez, laissez-moi passer, écartez-vous ! Dit Rusard, en bousculant certains élèves un peu trop curieux.

Le professeur Dumbledore monta les marches de l'escalier jusqu'à l'étage suivant, ensuite il s'approcha du tableau et demanda : chère madame, qui a osé vous faire cela ? Le tableau représentait une savane ainsi que des hippopotames en train de brouter de l'herbe. La grosse dame se cachait derrière l'un deux.

- Ohohoh, sanglota-t-elle. Il a les yeux du démon, atroce, et l'âme aussi noire que le nom qu'il porte. C'est lui professeur, celui dont tout le monde parle, il est ici quelque part dans le château. Sirius Black. Aaaaahhhhhhhh !

- Condamnez, les issues monsieur Rusard ! Tout le monde se rend dans la grande salle. »

Alors que toute la cohue d'élèves prenait la direction de la grande salle, Harry s'était figé ainsi que Tristan. Hermione porta une main réconfortante sur Harry et le couva de son regard le plus doux. En même temps, Juliet s'était précipitée sur Tristan. Le regard qu'elle porta sur lui avait l'air inquiet, et si son père avait raison…

La nuit qui s'était installée sur le château, le rendait silencieux. Au loin les détraqueurs veillaient, mais à l'intérieur de Poudlard les élèves de toutes les maisons confondues étaient regroupés dans la Grande Salle, allongés dans un sac de couchages, profondément endormis.

Rusard avait fait le tour de Poudlard pour s'assurer que les élèves ne risquaient rien.

« J'ai inspecté la tour d'astronomie et la volière, monsieur. Il n'y était pas.

- Oh, merci ! Répondit Albus.

Le petit professeur d'Histoire de la Magie, entra à son tour dans la grande salle.

- Il n'est pas non plus au troisième étage, monsieur.

- Très bien !

Enfin, le professeur Rogue, fut le dernier à entrer.

- J'ai fouillé tous les donjons, aucune trace de Black, ni ailleurs dans le château.

- Je ne m'attendais pas à ce qu'il traîne dans les parages…

- Un véritable exploit, vous ne trouvez pas ? Pénétrez dans l'école sans l'aide de personne sans même être repéré.

- Un véritable exploit…

- Auriez-vous une idée de la façon dont il a pu entrer ?

- J'en ai beaucoup, mais toutes sont invraisemblable…

- Vous vous souvenez sans doute, qu'avant le début du trimestre, je vous ai fait part de mes inquiétudes suite à la nomination du professeur Lupin.

- Oh ! Aucun des professeurs de ce château n'aurait aidé Sirius Black à y entrer. Je pense que nous ne sommes plus en sécurité ici et j'ai bien l'intention de renvoyer les élèves dans leur maison respective.

- Et concernant, Potter ? Faut-il le prévenir ?

- Peut-être, mais pour l'instant laissons-le dormir. Quand nous rêvons nous entrons dans un monde qui n'appartient qu'à nous… Laissons-le nager dans l'océan le plus profond ou planer au-dessus des nuages les plus hauts… »

Tous les élèves dormaient, à l'exception d'Harry et de Tristan, qui pour une fois ne pouvaient pas trouver le sommeil pour la même raison.